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| Père Jean-Paul Regimbal, O.ss.t. |
Par Benoit Voyer
13 août 2026
Au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, à Cap-de-la-Madeleine, devenu un arrondissement de la ville de Trois-Rivières depuis 2002, la neuvaine de l’Assomption qui a lieu du 7 au 15 août 1974 a pour thème « Apprends-nous à prier ». Durant cette montée spirituelle, les invités, dont plusieurs évêques, parlent de : « La prière au Père », « La prière par le Fils », « La prière dans l'Esprit », « La prière individuelle et communautaire », « La prière de louange », « La prière de demande », « La prière des psaumes » et « La prière avec Marie »[1]. En parallèle, « un local spécial pour la "Prière avec et sur les malades". »[2] est aménagé.
Durant l’événement, le père Jean-Paul Regimbal anime une « Grande veillée de prière charismatique » et, le jour de la fête de l’Assomption, le 15 août 1974, une « Célébration des malades »[3].
Quelques semaines après l’événement, dans un article qu’il écrit pour la sérieuse revue « Liturgie et vie chrétienne »[4], Jean-Paul raconte : « [Le 15 août 1974] exerçant depuis cinq ans le ministère de guérison, j’ai pu constater l’efficacité remarquable de la foi personnelle et communautaire implorant la guérison des malades même atteints de maladies incurables. Lorsque, par surcroît, les circonstances me permettaient d’offrir le sacrement des malades, j’ai pu constater l’efficacité propre de ce sacrement particulier. Il me souvient notamment d’avoir exercé ce ministère en public à la basilique de Notre-Dame-du-Cap lors de la neuvaine en l’honneur de l’Assomption de Marie. Quantité de malades furent guéris spontanément, soit au moment de l’onction elle-même, soit encore durant la bénédiction du Saint-Sacrement qui suivit immédiatement. Cas de cécité, un de surdité, deux de sclérose en plaques, etc. Il y eut en tout un peu plus de trente guérisons. »
Parmi les personnes qui se rendent à la neuvaine de cette année-là, on retrouve Hélène-Marie Cadrin [5], une sœur du Bon-Pasteur, et plusieurs de ses compagnes. Elles seront présentes les 14 et 15 août.
La religieuse témoigne : « Deux de mes compagnes, sans s'être concertées, me préviennent à tour de rôle qu'elles solliciteraient pour moi la guérison de ma surdité et qu'il faudrait accepter de faire prier sur moi au local des malades. Je dois avouer mon peu d'enthousiasme, non par manque de confiance et de foi, mais plutôt par respect humain, par crainte du spectaculaire, par peur de devoir rendre publique ma guérison. »
Devant l'insistance de ses compagnes, en arrivant sur le terrain de ce lieu qui doit son premier rayonnement grâce au bienheureux franciscain Frédéric Janssoone, elle se rend « faire prier sur elle » au bureau aménagé pour l’occasion. Le père Valérien Gaudet, un Oblat de Marie Immaculée, la reçoit.
La religieuse poursuit : « Au cours de l'imposition des mains sur mon oreille droite, qui ne percevait aucun son depuis plus de vingt ans, le nerf auditif étant mort, j'éprouvai une grande certitude que je serais guérie grâce à la prière confiante de mes sœurs, et ce, pour la joie et le bien de la communauté. Je pressentais que cette grâce s'accompagnerait de faveurs spirituelles, en particulier celle d'une meilleure compréhension de la parole de Dieu. Toutefois, je n'éprouvai aucun symptôme de guérison, si bien que le lendemain, quand je rencontrai le père Gaudet, je lui dis : "Père, rien n'est arrivé encore, je suis dans l'attente… Et lui de me dire en riant : "Mais vous êtes guérie !" » […]. « Le soir, la nuit, le matin du 15, je testais mon oreille, je n'entendais rien… »
Le 15 août, en après-midi, après la marche mariale, elle réussit à se trouver une place dans la basilique qui est pleine à craquer. Elle se retrouve dans une allée latérale. La célébration des malades connaît un grand succès cette année. La réputation du Trinitaire y est pour quelque chose.
Hélène-Marie Cadrin raconte : « C'est alors qu'après la bénédiction du Saint Sacrement aux malades, le père Jean-Paul Regimbal, trinitaire, fit prier la foule à partir de textes évangéliques. Il conseilla aux personnes qui avaient déjà reçu l'effusion de l'Esprit d'imposer les mains sur les malades qui leur étaient chers. Une de mes compagnes, qui avait réussi à s'approcher, posa alors spontanément sa main sur mon bras. Lui-même étendit les mains sur la foule, pria en langues et proclama des guérisons s'opérant à l'instant même : une femme atteinte de cancer, une pulmonaire, un paralysé… Moi-même, je sentais dans la partie droite de ma tête une chaleur et une circulation nouvelle quand le Père déclara : "Une personne souffrant de surdité depuis longtemps à l'oreille droite est en voie de guérison." C'était moi ! J'entendais ma voisine de droite.
Les miracles du père Jean-Paul Regimbal
Thérèse Corriveau a eu le privilège de côtoyer au quotidien le père Jean-Paul Regimbal. Pendant de nombreuses années, elle était à la tête du Carrefour de la prière, situé sur la rue Avery, à Granby, à quelques pas de la maison de ressourcement spirituel des Trinitaires.
Comme son nom l’indique, le Carrefour est un organisme qui offre une ligne d’écoute pour les personnes qui ont besoin de se confier, via le téléphone, et de recourir au soutien de la prière d’une équipe de pieux catholiques. C’est aussi le quartier général du ministère du Religieux trinitaire où on le soutient dans son ministère sacerdotal. Ainsi donc, Thérèse Corriveau travaille discrètement pour lui. En d’autres mots, elle est sa secrétaire, sa coordonnatrice et, surtout, sa chaste amie.
Dans un entretien qu’elle accordait à la journaliste Lise Lapalme dans le cadre d’un « visage d’Église » diffusé dans l’émission télévisée « Parole et Vie »[6], animée par Roland Leclerc, elle racontait des prodiges dont elle a été témoin dans les années 1970, à Granby :
« Il y a eu de nombreuses guérisons, ici au Monplaisant [7]. J'ai été témoin de plusieurs guérisons. [Une] guérison qui m'avait frappé, c'était un jeune, peut-être 6-7 ans, qui était à la chapelle pendant une veillée de prière et le père [Jean-Paul Regimbal] avait fait des prières spécifiques pour les malades et le petit bonhomme qui avait une prothèse, enlève cette prothèse, se met à courir, il va se jeter dans les bras du père […] et le père […] dit : "Mais ce n’est pas moi, c'est Jésus." Alors, il se met les deux mains autour du tabernacle, il dit : "Merci Jésus !" Il marchait alors que, quand il est arrivé, il ne pouvait pas marcher sans ce support. »
Elle ajoute après un bref silence : « Et il y a le cas aussi d'un jeune de Sudbury qui avait été présenté au père [Jean-Paul Regimbal] pour qu'on prie sur lui. Il faisait une tumeur cancéreuse au poumon. Et celui qui l'avait présenté, c'était un médecin. Il savait très bien l'état de ce jeune. Et il a fait radiographier le jeune plus tard, [et] il n'avait plus de cancer. Et ça, il a tous ces dossiers-là chez lui. C’est le docteur Raymond Bonet de Sudbury en Ontario. »
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[1] Gabriel Destrempe. Du 7 au 15 août – En fête avec Marie, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[2] Gabriel Destrempe. Du 7 au 15 août – En fête avec Marie, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[3] Gabriel Destrempe. Du 7 au 15 août – En fête avec Marie, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[4] Jean-Paul Regimbal. ”La liturgie dans le renouveau charismatique”, Liturgie et vie chrétienne, nᵒ 90, octobre-décembre 1975, pp. 294 à 320. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/06/la-liturgie-dans-le-renouveau.html
[5] Marie-Hélène Cadrin. Témoignage – Bonté de la Vierge du Cap, Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 28 et 29. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/jean-paul-regimbal-en-fete-avec-marie.html
[6] Document conservé dans le fonds Benoit Voyer (P049) de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, à Granby. https://shhy.info L’émission est disponible en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=breLPkfypAc&list=PL9wL_zxleKDY-8uzaZtDHV810ik7a7f2_&index=5&t=1529s
[7] Thérèse Corriveau fait référence à la maison de ressourcement spirituel des Trinitaires, située au 200, boul. Robert, à Granby. https://www.maisontrinitaires.com/
