Le Poste Magnan, a Sainte-Julienne

En ce 14 avril 2025, j'ai longuement marcher en plein champs sur le lieu du futur méga poste Magnan, a Sainte-Julienne.










Actualité Plus


En septembre 1986, Benoit Voyer, les Productions Vidéographes et les Productions Vidéos Granby, propose a la télévision communautaire de Transvision Plus, le bulletin "Actualité Plus".

Même si le projet n'a pas été retenu, le document produit et conservé dans le Fonds Benoit Voyer (P049) de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska est une belle pièce documentaire.

D'abord, on y retrouve le jeune journaliste que j'étais, 19 ans. J'en suis a mes débuts dans l'univers des médias.

Au sommaire de l'émission:
1-Incendie dans le bâtiment de la Terrasse du Parc et un extrait d'un entretien avec Denis Turgeon, le chef des pompiers de Granby;
2-Les initiations étudiantes au Cégep de Granby et en entretien avec Yvan Vaillancourt, directeur général de l'institution;
3-Un accident sur la rue Denison Ouest, a Granby;
4-Opinion au sujet du stationnement du l'aréna de Granby.

François Lapierre


François Lapierre

Mgr François Lapierre est évêque du diocèse catholique de Saint-Hyacinthe. De 1967 à 1971, il est missionnaire dans le diocèse d’Ica, au Pérou, ou il œuvre à titre de curé de la paroisse San Joaquin et d'aumônier diocésain de l’Union nationale des étudiants catholiques (UNEC). Après un retour au Québec de quelques années, pendant lesquelles il travaille auprès des jeunes, il quitte à nouveau le pays en 1979 pour le Guatemala. Jusqu’en 1981, il y exerce son ministère au sein d’une équipe formée de prêtres et de laïcs missionnaires. Forcé alors de quitter le pays, il devient missionnaire au Honduras ou il travaille pendant deux ans auprès des séminaristes et dans des quartiers pauvres. Le 28 mai 1991, il devient le supérieur général de la Société des missions étrangères, à Montréal. En 1997, il est réélu pour un second mandat, interrompu le 7 avril 1998 par sa nomination comme évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe. Son ordination épiscopale a eu lieu le 16 juin 1998 et a été présidé par Mgr Louis Langevin, évêque émérite du diocèse, en la cathédrale de Saint-Hyacinthe.

Article publié en septembre 1998 et l’entrevue en avril 2003.

Malgré tout, l’espérance

“Je n’étais pas un homme de grande foi. Je voyais des paysans qui regardaient la mort avec tranquillité... Pas moi... J’avoue que je sentais beaucoup de peur: Je crois qu’on aurait mis cette menace-là a exécution. J’ai bien pensé que j’allais laisser ma vie au Guatemala”, raconte Mgr François Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe, sacré le 16 juin 1998, encore sous le choc des événements qui ont bouleversé sa vie en octobre 1980.

Un beau jour, il trouve sous sa porte une lettre au ton impératif: “Si dans les 48 heures vous n’êtes pas sorti du pays, nous devrons vous supprimer”. Sans tarder, il se rend chez son évêque pour lui demander conseil. Une quinzaine de prêtres viennent d’être tués. Ce sont les semaines les plus sanglantes de la guerre civile qui sévit au pays. Le prélat n’hésite pas un instant et va lui-même le reconduire à la frontière du Honduras ou François Lapierre restera jusqu’en 1983.

“En allant le rencontrer, je me disais: si j’ai des indications claires que je dois rester, je vais rester!” se soutient-il. Mgr Lapierre croit que cet événement est providentiel. D’ailleurs, pour lui, le hasard n’existe pas: “Nous ne sommes pas guidés comme des marionnettes ou téléguidées ou programmés comme un programme d’ordinateur: Je crois à la Providence divine et que nous sommes accompagnés par le Seigneur”.

C’est en 1979 qu’il arrive avec une équipe de prêtres et de laïcs au Guatemala pour y travailler. Le Guatemala vit une guerre civile très importante. L’expérience est très difficile pour ces personnes installées dans la région ou il y a un affrontement entre l’armée et la guérilla révolutionnaire qui combat le régime établi. Raoul Léger, un Acadien faisant partie du groupe de Canadiens, y a même laissé sa peau.

“J’ai beaucoup pensé à lui dernièrement. J’ai participé aux funérailles de Mgr Géraldi qui a été assassiné au mois d’avril à cause de son implication dans la réalité des droits humains. Je me suis rappelé notre expérience au Guatemala. Il y a eu des centaines de milliers de personnes qui ont été torturées, tuées ou déplacées”, confie-t-il.

Un évêque pas comme les autres
Francois Lapierre avoue avoir de la difficulté à apprivoiser le titre de “monseigneur”, car il n’aime pas les honneurs. Le successeur de Mgr Louis Langevin est humble, d’une grande intelligence et préfère l’apostolat sur le terrain, particulièrement dans les milieux les plus défavorisés. Ses propos touchent et dérangent. Il n’a rien de ces théologiens aux discours rigoureux. Il est spirituel. Ce qu’il dit, on le sent sorti directement de ses tripes.

Il parle trois langues (anglais, français et espagnol) et se débrouille bien dans deux autres (portugais et italien).

Il ne serait pas étonnant de le voir accéder à des fonctions plus importantes au sein du catholicisme. Il pourrait bien devenir cardinal. Il n’a que 56 ans et les spéculations courent au sein du clergé. “Disons que je vais commencer par être évêque!” répond-il, un peu ennuyé par les propos rapportés et pour mettre fin à un sujet qu’il ne veut pas trop développer par modestie. Il est fort probable que le portrait pastoral de ce diocèse de la Rive-Sud du Saint-Laurent change au fil des prochains mois.

Il est un adepte de la théologie de la libération. Gustavo Gutierrez, le père de ce courant spirituel, est son ami depuis de longues années. Le 16 juin 1998, le religieux était présent à la cathédrale de Saint-Hyacinthe parmi les nombreuses personnalités invitées de partout sur la planète - dont la majorité des évêques du Québec - pour son sacre.

Théologie de la libération
“La théologie de la libération est une façon d’aborder l’expérience chrétienne. Quand on lit la bible, on s’aperçoit que la liberté est au cœur de cette expérience. Qu’est-ce que la liberté? Est-ce que c’est juste de choisir entre dix sortes de shampoings? C’est d'abord la réalité de s’ouvrir à la souffrance de l’autre. Il ne faut pas avoir peur de la liberté et de la libération. Elles font partie de la foi. Nous devons changer nos façons de voir. Nous ne devons pas être des catholiques les pieds posés sur les freins. Nous sommes trop sur la défensive! Il faut avoir le courage d’être ce que nous sommes!”, explique le berger maskoutain.

Il poursuit: “Mon expérience en Amérique latine m’a amené à voir l’importance d’une option préférentielle pour les pauvres et à voir comment l’Église peut être non seulement au service des pauvres, mais faire que les pauvres soient des acteurs privilégiés dans l’Église. C’est ce que j'ai appris de la mission en Amérique latine. Les gens pauvres, très pauvres, même analphabètes, peuvent être des acteurs importants dans la mission. Ils ne sont pas uniquement des objets”.

Il n’aime pas l’étiquette d’“homme de la gauche catholique” qu’on lui attribue. Pour lui, ces termes de la gauche et de la droite correspondent plus à une réalité politique qu’a une réalité chrétienne. Il se méfie de la polarisation, car il y a un danger de faire passer les idées avant les personnes et, ainsi, de créer une mentalité sectaire à l’intérieur de l’Église.

C’est en 1966, après quatre mois d’apprentissage de l’espagnol, au Mexique, qu’il se rend au Pérou pour travailler dans un quartier pauvre d’Ica, une petite municipalité d’environ 10 000 habitants, située au sud du pays, en plein désert. A la demande de l’évêque, il se retrouve aumônier des étudiants à l’université de l’endroit qui regroupe près de 8000 jeunes. “ C’est comme ça que j’ai connu Gustavo Gutierrez. Il était responsable du Mouvement des étudiants catholiques du Pérou. Il est devenu mon ami. J’ai beaucoup appris à son contact. Il m’a aidé à revoir ma théologie, ma façon de comprendre la foi et, surtout, à découvrir que celle-ci a une dimension sociale, une dimension collective et pas seulement une dimension personnelle, individuelle. Il m’est devenu important de voir cette dimension sociale de la foi. Je suis demeuré à Ica jusqu’en 1971” relate-t-il.

Enfance
Francois est originaire du 1055 chemin Compton à West Shefford (aujourd’hui Bromont). Une plaque commémorative est installée devant la jolie maison de campagne.

Ses parents, René Lapierre et Rachel Jolin (aujourd’hui décédés), se sont connus et mariés dans ce petit village aux précieux paysages. Sa mère était originaire du 6e rang.

Il a cinq ans lorsque la petite famille déménage rue Albert, à Granby. C’est dans ce quartier de la célèbre cité du beau jardin zoologique en Amérique du Nord qu’il grandit. Il fait ses études primaires à l’école Saint-Eugène, de Granby - dirigées par les Frères du Sacré-Cœur – et ses études secondaires à l’Externat classique Mgr Prin (nom donné en l’honneur de Mgr Jean-Charles Prince, premier évêque de ce diocèse, de 1852 à 1860) de Granby et au Séminaire de Saint-Hyacinthe.

Le couple Lapierre donne naissance à 10 enfants: François, Mance, Hélène (psychologue), Marthe (elle travaille à Développement et paix), Zoé (enseigne la musique), Jérôme (sociologue), Guy (géologue), Benoit (journaliste au quotidien La Voix de l’Est), Louis (journaliste au quotidien Le Devoir) et Eugène (il travaille à Tennis Canada).

Monsieur Lapierre a besogné sur les chantiers de construction et a été propriétaire d’une petite usine d’emballage. Durant son adolescence, François a mis la main à la pâte pour aider son père, qu’il admire beaucoup.

“Ma mère n’avait pas souvent le temps s’aller à l’église. Malgré tout, nous avons été éduqués dans une atmosphère chrétienne. Comme dans plusieurs familles, nous disions le chapelet avec le cardinal Léger, qui passait chaque soir à la radio. Nous avions donc une vie de prière à la maison”, relate-t-il en puisant dans ses souvenirs.

La prêtrise
Sa vocation religieuse, il l’attribue à sa grand-mère qui lui a donné l’habitude d’aller à l’église, puisque ses parents occupés par la marmaille et l’entreprise ne pouvaient pas toujours s’y rendre.

Il n’est pas devenu prêtre parce qu’il n’avait pas d’attirance pour la gent féminine. Bien au contraire! Il a toujours éprouvé ce besoin de relations et gardé en lui cette attirance naturelle d’un homme pour une femme. “Mais c’est mystérieux... J’avais comme un attrait plus grand: la radicalité de l’Évangile, c’est-à-dire de suivre le Seigneur et d’aller vers les plus pauvres”, dit-il.

En aout 1961, il entre à la Société des prêtres des missions étrangères et est ordonné prêtre, le 18 décembre 1965, a l’église Saint-Eugène, de Granby, dix jours après la fin du concile Vatican II.

En mission
Il part pour le Mexique afin d’apprendre l’espagnol, puis est rapidement nommé aumônier en milieu universitaire à Ica au Pérou. De 1971 à 1979, il revient au Canada et est animateur missionnaire pour sa congrégation religieuse. Il met sur pied le Mouvement des étudiants catholiques du Québec. De 1973 à 1979, il est également membre du conseil central de la Société des prêtres des missions étrangères. De 1979 à 1980, il est aumônier du Mouvement international des étudiants catholiques et du Mouvement international des professionnels catholiques à Paris et à Genève. Enfin, en 1991, il est élu supérieur général de sa communauté. Une semaine avant son sacre, il quitte son bureau de Laval et déménage à l’évêché de son nouveau diocèse.

Il soutient l’Église
“L’an dernier, je suis allé au Synode de l’Amérique. Un soir, j’ai été invité à souper chez le pape. Avec lui, nous étions huit autour de la table, dont le supérieur des Jésuites. Après le souper, le souverain pontife nous a invités à prier dans sa chapelle. Pour s’y rendre, je marchais juste derrière lui. Il s’est arrêté, m’a pris la main et m’a invité à le soutenir, car il a de la difficulté à se déplacer. Nous avons marché ensemble jusqu’au lieu de prière. J’ai vécu la une expérience très profonde. J’ai senti un homme ayant un très grand poids à porter. J’ai trouvé ça très émouvant”, se plait-il à raconter, comme un enfant émerveillé. Cependant, il insiste pour dire que ce geste gratuit n’a rien à voir avec nomination.

Un homme d’espérance
“Nous sommes au début d’un grand renouveau spirituel et de l’Église. Nous n’avons rien vu encore. L’Église est une réalité de l’avenir. Il y a quelque chose qui est en train de grandir en elle. Les prochaines années vont être surprenantes!” conclut-il.

“Je n’étais pas un homme d’une grande fois... Tous ne sont oas d’accord avec lui. Sa foi est riche et intense. Il a cette capacité d’être docile a l’Esprit saint, a la Providence divine. C’est ce qui lui a permis de sortir vivant de son expérience au Guatemala et d’être a l’écoute des signes de Dieu sur sa route. Mgr Francois Lapierre est un véritable témoin de l’Évangile. Dans son diocèse, son intimité avec Dieu lui permettra de déplacer des montagnes. Surtout que bien des gens sont en attente d’un renouvellement de certaines pratiques pastorales.

L’entrevue

BENOIT VOYER – Monseigneur François Lapierre, qu’est-ce que la résurrection?

FRANCOIS LAPIERRE – C'est “être vivant”! C’est ce qu’affirme les évangiles. “Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts?” (Lc 24,5).

Cette réalité ne se vit pas uniquement lors de notre passage de la vie à trépas au terme de notre chemin humain. Nous la vivons déjà durant notre existence quotidienne. Toutes personne vit des moments de mort et de résurrection. Au moment des ténèbres que nous traversons, au moment où nous croyons qu’il n’y a plus rien de possible, il y a toujours l’espérance d’une vie nouvelle. Déjà cette espérance est très présente dans les psaumes. Je dois vous avouer que c’est ce qui soutient ma foi.

B.V. - Cela est le sens philosophique de la résurrection. Après la pluie vient toujours le beau temps. Au bout d’un long tunnel obscur, il y a toujours la lumière qui nous attend...

F.L. - Pour représenter la résurrection, j’aime l’image de l’enfant qui vient au monde. Lorsqu’il nait, il y a rapidement une rupture avec la mère. Ainsi, nous visons une expérience nouvelle. La résurrection chrétienne, c’est faire l’expérience de devenir une nouvelle création dans le Christ. J’aime beaucoup cette pensée de Pascal: “Quelle raison ont-ils de dire qu’on ne peut ressusciter? Quel est le plus difficile, de naître ou de ressusciter, que ce qui qui n’a jamais été soit, ou que ce qui a été soit encore? (...) La coutume nous rend l’un facile, le manque de coutume rend l’autre impossible: populaire façon de juger!” (Pascal, Pensées, 222-882). Son questionnement est intéressant: celui qui a créé le monde peut aussi nous re-créer!

B.V. - Thomas dit avoir touché concrètement à Jésus après sa mort. Cela pose un doute pour l’intelligence. Est-ce que vous êtes à l’aise avec cette affirmation?

F.L. - Jésus lui dit: “ Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru”. Je crois fermement que nous sommes appelés à vivre cette béatitude des gens qui ne l’ont pas vu et qui sont appelés à vivre cette béatitude des gens qui ne l’ont pas vu et qui sont appelés a la foi. Cependant, on peut penser que cette foi ne repose pas uniquement sur une réalité vraiment rationnelle ou logique parce que toute la spiritualité chrétienne nous invite à ressusciter chaque jour, à vivre la résurrection au quotidien.

Voici une autre image de la résurrection que j’aime beaucoup. A la fin d’une journée, parfois, il m’arrive d’être très fatigué. Je me couche et ne fais rien pendant huit heures. Le matin, je me réveille reposé. L’Écriture nous parle à plusieurs reprises de la résurrection comme d’un réveil.

B.V. - Peut-on faire ce parallèle avec la réalité de la résurrection du Christ qui est le fondement du christianisme?

F.L. - Ces images sont des réalités qui peuvent nous aider à découvrir le mystère de la résurrection et à le vivre au présent. La grande question n’est pas seulement de la vie après la mort, mais de la vie avant la mort. Nous avons à nous soucier de la qualité de cette vie. C’est là que l’expérience chrétienne, quand elle est bien vécue, devient une expérience de vie. Tout le cheminement de la foi est un art de vivre. La résurrection, c’est l’expérimentation de la vie en abondance.

B.V. – Revenons a Thomas. Est-ce qu’il a vraiment touché le Christ en chair et en os? Est-ce qu’il serait plus simple pour l’intelligence d’affirmer que c’était un corps métaphysique?

F.L. – C’est le corps du Christ ressuscité.

B.V. – Comment décrire ce corps du Christ ressuscité?

F.L. – C’est une réalité qui dépasse notre entendement. La résurrection n’est pas simplement comme dans le cas de Lazare un retour à la vie antérieure. Lazare a été réanimé. La résurrection est une nouvelle création. C’est une réalité nouvelle qui dépasse notre raisonnement humain.

B.V. – Est-ce que nous pourrions comparer la résurrection du Christ a une apparition?

F.L. – Vous avez bien compris. C’est un phénomène mystique. Ce n’était plus le corps de chair du Seigneur. C’était son corps transformé, ressuscité. Sans vouloir amenuiser l’importance de la nécessité d’une compréhension rationnelle de ce phénomène, je pense que c’est une réalité qui se comprend surtout avec le cœur.

B.V. – Comment surmonter le doute?

F.L. – Le récit de la rencontre du Christ avec les disciples d’Emmaüs vous donne la recette. Il faut commencer par se mettre en route. En marchant, Jésus se présente et engage un dialogue à l’aide des Écritures. La Parole de Dieu a le pouvoir d’animer ou de réanimer un élan en soi. Parfois, il faut juste une parole.

Les étapes de leur cheminement nous montrent que la première chose qui ressuscite, c’est le cœur : Il s’ouvre à de nouvelles capacités. Une nouvelle espérance s’installe. L’amour qui renait nous amène à nous engager davantage au service des autres et à pardonner.

De plus, les jours saints que nous vivrons dans peu de temps (L’entrevue précède de peu la fête de Pâques) peuvent être une source pour retrouver l’élan. Par cette commémoration du passage de Jésus de l’épreuve a la mort et de la mort a la vie nouvelle, chacun célèbre ses vendredis saints et ses matins de Pâques,

B.V. – Qu’est-ce qu’il faut penser du doute?

F.L. – Il est normal de douter et de passer par des périodes ténébreuses. Les plus grands saints sont passés par des périodes de grande obscurité. Ce sont des étapes charnières dans notre vie. Elles ne se traversent pas toujours avec l’avancée en âge.

B.V. – Avez-vous déjà connu de ces périodes de doutes?

F.L. – (Silence. Il scrute du regard les yeux du journaliste. Il comprend que la question a pour principal but d’aider son interlocuteur à traverser ses propres doutes. D’une voix mi-éteinte, comme lorsqu’on confie un grand secret, il poursuit…) L’assassinat de mon ami Raoul Léger, avec qui j’ai travaillé au Guatemala, a engendré dans ma vie et dans ma foi une grande période d’obscurité. Ce fut une terrible épreuve pour moi. J’ai douté jusqu’à remettre en question mon apostolat.

Il y a quelques mois, lors de la présentation du nouveau film de l’ONF qui porte sur sa vie, j’ai vu un parallèle entre celle-ci et celle de Jésus. Raoul n’avait que 30 ans.

B.V. – Pourquoi avez-vous douté?

F.L. – C’est toujours la question du pourquoi qui hante l’esprit, surtout lorsqu’on a l’impression d’avoir été fidèle à l’appel reçu et qu’on a donné le meilleur de soi-même. J’ai beaucoup questionné Dieu.

B.V. – Qu’est-ce que l’épreuve a transformé en vous?

F.L. – L’expérience a été pour moi un tournant important. J’ai découvert une réalité nouvelle dans la spiritualité. Elle n’est pas une fuite, mais un au-delà. J’ai découvert une lumière dans ma nuit. C’est difficile à exprimer. C’est une expérience qui s’explique difficilement avec des mots. Si je n’avais pas vécu cet événement, mon cheminement n’aurait pas été le même. Après quelques pas dans la nuit, j’ai vu le soleil se lever. J’ai vécu l’expérience d’une vie nouvelle. La résurrection, c’est le soleil qui se lève après la nuit obscure.


Tiré de: Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », éditions Logiques, une division de Québecor, 2005, pp.153 à 163. Article paru initialement dans la Revue Sainte Anne. Le livre est conservé chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 204.4 V975t 2005).

En ce 14 avril 2025

Le Domaine Alcide Lévesque

Ce 13 avril, après le souper, j'ai fait une longue promenade dans les rues du Domaine Alcide Lévesque, a Sainte-Julienne, dans la région de Lanaudière. J'ai marché sur les rues Viau, Gariépy, Barsetti, Gauthier, Turcotte, Martial et Guy, le boul. de la Fierté et le chemin Hamilton. Voici quelques photographies...




































Mon 2e jour de la montée pascale


2e jour de la montée pascale. En ce 14 avril (lundi saint), j'ai participé à la messe de 9h a l'église catholique de Saint -Lin-des-Laurentides.

Le Parti populaire du Canada

Nicole Fournier


Nicole Fournier

Sœur Nicole Fournier est directrices générale de l’Accueil Bonneau, a Montréal. Elle est membre de la congrégation des Sœurs de la Charité, fondée par sainte Marguerite d’Youville.

Article paru en janvier 2003

“Il y a en chaque personne
un pouvoir de résurrection"

Il y a un peu plus de 18 ans que sœur Nicole Fournier, directrice générale de l’Accueil Bonneau, travaille au sein de cet organisme qui a célébré, le 7 mai 2002, son 125eanniversaire.

Depuis qu’elle est en fonction, l’œuvre de charité a considérablement grossi. Pour répondre aux besoins du milieu, l’Accueil Bonneau est passé, en 15 ans, de 5 a 28 employés. En 2001, il a donné 279 359 repas. Cependant, Bonneau est bien plus qu’une soupe populaire pour les démunis. L’organisme dispense toute une gamme de services pour venir en aide aux plus pauvres que la société canadienne oublie. L’Accueil fournit des services de dépannage (repas, comptoir d’économies, etc.), de promotion humaine et sociale (avec des intervenants quoi offrent des consultations, la gérance de budget personnel et des suivis psychosociaux) et d’habitation (117 logements supervisés).

Avec les plus pauvres de la grande ville de Montréal, sœur Nicole Fournier vit une aventure de foi hors de l’ordinaire.

BENOIT VOYER – Qu’est-ce que la pauvreté a changé dans votre conception de Dieu?

NICOLE FOURNIER – (un grand silence) Qu’il faut avoir foi en la résurrection. Dans la lutte a la pauvreté, je pense que si on a si peu de résultats, c’est que souvent on oublie que la personne est plus que ses carences. Elle a aussi une force qui habite dans son intériorité secrète. Je crois que c’est cela le grand message de l’Évangile. Il y a en chaque personne un pouvoir de résurrection que l’Esprit peut réveiller, peut faire grandir. Il ne faut jamais perdre confiance en ce pouvoir de résurrection.
Croire en quelqu’un, c’est le rendre capable de grandir. Si je ne crois pas que l’enfant puisse marcher, il ne prendra jamais le risque de se tenir debout et d’avancer ses jambes. Dans la vie, je pense que nous avons surtout besoin, au-delà de nourriture et d’argent, de quelqu’un qui croit en nous.

B.V.- Le pape Paul VI, dans son encyclique L’Évangélisation dans le monde moderne, mentionne que le monde d’aujourd’hui a besoin de personnes qui vivent comme si elles voyaient l’invisible. C’est votre relation à Dieu qui vous motive à continuer?

N.F.- Oui, parce que je crois en cette force de résurrection. (Elle n’en dit pas plus. De toute façon, ce n’est pas important, ses yeux, son sourire et son attitude parlent bien plus que ses paroles).

B.V.- Cette implication auprès des bénéficiaires de l’Accueil Bonneau a changé votre manière de vous adresser à votre Jésus et au Dieu auquel vous croyez?

N.F.- Lorsque je prie, je rappelle à Dieu tous ces gens qui nous fréquentent. Je lui demande la force d’ouvrir en eux des portes et qu’il travaille sur les causes qui peuvent amener toutes ces personnes chez nous. Je lui demande aussi de faire grandir en eux la confiance en ce qu’ils sont.

B.V. – Est-ce que vous parlez de spiritualité aux gens que vous aidez?

N.F.- Les gens qui viennent ici sont peut-être beaucoup plus près de la foi qu’on le pense. Il y a peu de temps, je suis allée rencontrer un homme atteint d’un délire religieux. Il a une déficience intellectuelle et un problème de santé mentale. Il a tellement fréquenté de centres hospitaliers dans ses moments de crise qu’un jour on l’a orienté vers un logement approprié ou sa médication lui est administré de façon très régulière. Aujourd’hui, ses crises sont beaucoup moins grandes.

Il vit dans une maison avec une dizaine de personnes éprouvant des problèmes similaires. En dehors du milieu hospitalier, l’Accueil Bonneau est à peu près le seul lieu qui lui apporte autre chose que ce qu’il trouve dans son univers fermé. Il revient souvent à son délire : « Ah! Je ne suis pas aimé de Dieu! Je suis damné! Je m’en vais en enfer… »

L’autre jour, je l’ai rencontré avec une autre personne qui, elle aussi, a une déficience psychologique, mais qui n’a pas ce genre de dérapage. Pendant que nous prenions un café dans un centre commercial, mon gars qui délire commence son discours : « Je suis perdu, je m’en vais en enfer… » L’autre lui répond : « Tu ne peux plus y aller en enfer! » Cela a saisi mon bonhomme! L’autre ajoute : « Tu es la pauvreté! Tu ne peux pas y aller en enfer! Dieu est pour les pauvres! »

Je pense qu’il ne faut pas servir un discours religieux qui soit comme un devoir ou une réponse a tout. Il faut surtout développer une confiance en Dieu.

B.V.- Ce n’est pas toujours facile!

N.F.- Je l’admets, mais en voyant l’autre avec des yeux différents, c’est possible. Ce matin est entré dans mon bureau un sidéen en phase terminale. Pour avoir 10$, il m’a raconté une histoire rocambolesque. Je lui ai répondu : « Si tu veux 10$ pour consommer un peu de drogue, je te comprends. Tu n’as pas besoin de m’inventer une histoire (!) parce que si j’étais dans l’état de souffrance que tu connais, j’aurais peut-être envie de me geler la fraise moi aussi… »

B.V.- Vous êtes très compréhensive!

N.F. – A cause de cette terrible maladie, la souffrance de cet homme est tellement rendue grande. Il m’impressionne parce qu’il a encore le courage d’être debout. Actuellement, il vit dans un de nos appartements et je pense qu’on lui permet de finir ses jours dignement.

B.V. – Ce qui semble amoral ne l’est pas toujours!

N.F. – Je suis d’accord avec vous. Et vous savez, il souffre tellement que je me dis : Qui suis-je pour lui dire que c’est de sa faute s’il a le sida? Le mal est fait et il le porte. C’est bien assez!

B.V. – Qu’est-ce qui vous a amenée à l’Accueil Bonneau?

N.F.- Il y a 18 ans, j’arrivais d’Afrique ou j’ai été professeure de français pendant 13 ans. Le Cameroun est très différent d’ici! Je cherchais donc un nouveau lieu pour travailler et on m’a proposé l’Accueil Bonneau. Ce choix me permettait de me rapprocher de la spiritualité de Marguerite d’Youville. Je suis entré chez les Sœurs grises parce qu’elles m’ont grandement interpellée. Sa personnalité s’orientait vers les plus démunis.

B.V. – Et comment a été votre entrée dans cet univers?

N.F. – Je ne connaissais rien à la toxicomanie et a la santé mentale. J’ai été initiée en plongeant directement dans le milieu. Heureusement, il y avait des personnes expérimentées pour me guider!

Tiré de: Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », éditions Logiques, une division de Québecor, 2005, pp.165 à 169. Article paru initialement dans la Revue Sainte Anne. Le livre est conservé chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 204.4 V975t 2005).

En ce 13 avril 2025


Revivez l'incendie du bâtiment de la Terrasse du Parc, au coin des rues Phoenix et Principales, à Granby, qui a eu lieu le 28 aout 1986. (Pour plus de détails sur l'incendie, voir La Voix de l'Est du 29 août 1986, page 6.) 

On y retrouve des images de l'incendie et, en s'y attardant un peu, il s'agit d'un beau document de vie urbaine. Les images sont de Benoit Voyer. De plus, on le voit (il a 19 ans) s'entretenir avec Denis Turgeon de la Fraternité des policiers et pompiers de Granby. Les images de l'entrevue sont de Pierre Bédard. Les images ont été captées pour CKSH TV avec lequel les Productions Vidéos Granby et les Productions Vidéographe avaient une entente. On ne sait pas si les images ont été diffusées au bulletin d'information télévisé.

Tiré du Fonds Benoit Voyer (P049) de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby.

Tran Lam


Tran Lam

Tran Lam a dix ans lorsque la guerre éclate au Cambodge, en 1975. Elle passera quatre années dans un camp de concentration, communément appelé “camp de la mort”. Elle devient esclave et y frôlera la mort à plusieurs reprises. Son livre, La Survivante – La guerre des autres (Éditions internationales Alain Stanké, une division de Quebecor Médias), paru il y a quelques années, continue de connaître un franc succès.

Arrivée au Québec a l’âge de 15 ans, elle refait sa vie et apprend à vivre avec les séquelles de ces horribles moments. Diplômée en psychologie de l’Université de Sherbrooke, elle s’intéresse à tout ce qui concerne les secteurs à vocation sociale et humanitaire.

Article paru en novembre 2002

Quatre ans d’esclavage dans les camps de la mort

Pendant quatre ans, Tran Lam a vécu une vie d’esclave dans les camps de la mort instaurés par les Khmers rouges au Cambodge. Son autobiographie La Survivante – La guerre des autres (Stanké) est l’écho des sales atrocités qu’elle a vécues dans son pays. L’enfant qu’elle a été et qui se cache encore en elle montre tous les tourments qu’elle a dû affronter pour rester en vie.

Il y a quelques années, elle a trouvé refuge au Canada. Vivant là-bas comme un animal quasi sauvage, elle a dû réapprendre à vivre et à se comporter dans une société civilisée. A sa première visite au cabinet d’aisance, elle ne savait même pas où faire ses besoins puisqu'au camp de la mort, la majorité du temps, elle urinait dans son pantalon et se soulageait du reste au bord de la route des chantiers ou elle devait travailler parfois jour et nuit.

Depuis qu’elle est au Canada, elle fait l’expérience d’une certaine liberté puisqu’elle est convaincue, depuis qu’elle a découvert Jésus-Christ, que la véritable liberté ne se trouve qu’en Dieu.

BENOIT VOYER – Pourquoi vous êtes-vous convertie au christianisme?

TRAN LAM – Lorsque je suis partie de chez Yanna, parce qu’elle m’a mise à la porte, je suis demeurée en parrainage dans une famille montréalaise. J’ai vécu chez une certaine dame Lacroix, pendant deux ans. J’ai été touchée par sa bonté. Elle allait à la messe et elle m’a appris à prier.

C’est en la voyant vivre que j’ai décidé que je voulais mieux connaitre ce Jésus qu’elle aimait. Je lui ai demandé si je pouvais devenir catholique comme elle. J’ai donc demandé le baptême. Durant ma préparation, elle est décédée. Cette initiation au christianisme n’était pas facile pour moi, parce que je ne comprenais pas trop bien le français. Il y avait donc un interprète qui m’aidait.

B.V.- Est-ce qu’il y a un moment ou vous avez voulu mettre fin à votre démarche baptismale?

T.L.- Une seule fois, parce que j’étais en colère.

Quand est venu le temps du baptême, plusieurs personnes voulaient que je sois baptisée dans une église ou on n’avait jamais vu un baptême d’adulte. Je n’aimais pas cette façon de faire. C’est pour cela que j’ai failli mettre un terme à ma démarche. De son côté, M. Lacroix voulait que je sois baptisée à l’église Saint-Nom-de-Jésus, à Montréal, parce que les gens de cette paroisse m’ont aidée.

Je trouvais qu’on se compliquait un peu trop la vie pour un baptême. Durant cette petite crise, j’ai regardé un film sur la vie de Jésus. Ah! J’étais tellement choquée de l’attitude de Pierre. Il m’a amenée à m’intérioriser. Je me suis dit: “Je ne suis pas mieux que lui. Je suis en train de faire la même chose”. J’ai finalement accepté le baptême. Il a eu lieu à l’église Saint-Nom-de-Jésus, lors de la veillée pascale.

B.V.- Qu’est-ce qui vous a amenée à Waterville, dans la région de Sherbrooke?

T.L.- Lors de ma formation, j’ai rencontré une sœur des Servantes du Sacré-Cœur-de-Marie. Elle m’a proposé d’aller à l’école. C’est pour cette raison que je suis partie de Montréal.

B.V.- Quelle est la différence entre votre conception de Dieu avant et après votre baptême?

T.L.- Honnêtement, je ne sais pas qui est Dieu. Je ne le savais pas plus avant.

B.V.- Qui est Dieu pour vous aujourd’hui?

T.L.- Cela est difficile à décrire. C’est une expérience qui se vit en soi. (Elle cherche ses mots) Peu importe les bêtises que font les humains, il est amour et miséricorde. Il pardonne à qui reconnait ses fautes et retourne à lui. Dieu est tellement grand! Il m’est difficile de dire avec des mots tout ce qu’il est en moi.

B.V.- Qui est Jésus pour vous?

T.L.- Pour moi Jésus, à travers ce qu’il fait, est l’expression parfaite du Père. Il est un modèle pour moi. Je veux tenter de suivre son exemple. Toutefois, j’ai une difficulté a m’expliquer pourquoi Dieu a un fils. Cependant, si Jésus l’appelle père, c’est peut-être juste un nom comme ça. Il aurait peut-être pu l’appeler mère ou Paul. Il a choisi le mot père parce qu’il a une signification pour lui. Ça doit faire plus affectueux, j’imagine!

B.V.- Qu’est-ce qui vous touche chez Jésus?

T.L.- Sa vérité d’être. Il aide les gens. Même ceux qui le détestent. Cela me dépasse! Il y a aussi son attitude devant Pilate qui me touche. Ce dernier le questionne. Il ne répond pas. Jésus sait qui il est. Il sait qu’il n’a pas besoin de se défendre. Pilate lui demande: “Es-tu le fils de Dieu?” Il répond tout simplement: “C’est toi qui le dis” Quel homme! Il est capable d’être lui-même. Jésus n’avait pas peur de se faire traiter de fou en portant la bonne nouvelle que Dieu est proche de son peuple. Il n’avait pas peur de la controverse et des opinions.

B.V.- Est-ce que vous vous reconnaissez dans son histoire? Comme lui, vous avez vécu une période d’esclavage et de persécutions.

T.L.- J’ai de la misère à voir une similitude entre son expérience et la mienne, mais… Non! Il est trop grand!

B.V.- Est-ce que vous appréciez la liberté que vous offre l’Occident?

T.L.- Nous ne sommes pas assez libres pour bien utiliser la liberté. Nous sommes les esclaves de ce que l’on est, en soi. […] Je crois que nous n’avons pas assez de liberté intérieure pour bien utiliser celle que Dieu nous donne. Cela a pour résultat que les personnes de notre temps sont esclaves de toutes sortes de choses. Le pire de l’esclavage n’a rien de physique. C’est en soi. Je crois que l’être humain n’est pas ce qu’il est réellement parce que la véritable image de l’humain, c’est Jésus qui la montre.

B.V.- De quelle manière?

T.L.- Nous sommes appelés à être bons, heureux et libres. Il me semble que nous sommes « poignés » dans nos propres « bibittes ».

Le pire ennemi emprisonné, c’est soi-même. L’esclavage physique est quelque chose d’extérieur a soi.

Regardez le monde civilisé : tous sont libres! Cependant, tous semblent être prisonniers de quelque chose. Si tu es libre intérieurement, tu peux faire n’importe quoi a l’extérieur de toi. Tu peux aller n’importe où.

B.V.- Est-ce que votre expérience chrétienne vous amène à vivre cette liberté intérieure?

T.L.- Peu à peu. Ma liberté intérieure est beaucoup plus grande qu’avant.

B.V.-Comment trouver cette liberté intérieure?

T.L.- (Un grand silence. Elle cherche une réponse.) A chaque jour, je demande à Dieu de me rendre libre. Ce n’est qu’en Dieu que je peux la trouver, a travers ma prière et en me donnant du temps pour être avec moi-même. Je suis loin d’être pleinement libre parce que, si je l’étais, je pourrais aimer n’importe qui et accepter la différence de chacun.

B.V.- Quand allez-vous la trouver cette liberté?

T.L.- Je n’en sais rien! Je le serai quand je serai totalement ouverte à Dieu et que mon cœur sera totalement guéri par lui de tout ce qui m’empêche d’être libre. Cela arrivera peut-être juste à ma mort.

Tiré de: Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », éditions Logiques, une division de Québecor, 2005, pp.170 à 175. Article paru initialement dans la Revue Sainte Anne. Le livre est conservé chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 204.4 V975t 2005).

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