DOCUMENT : Mes divins rapports avec Jésus (Réflexion spirituelle d'Eugène Prévost)


Mes divins rapports avec Jésus

Jésus, nom de suavité et d’amour


Unissons-nous aux anges et aux saints du paradis, aux justes de la terre ; unissons-nous spécialement à l’auguste Vierge Marie et à son époux, saint Joseph, pour chanter le nom de Jésus, lui rendre nos hommages, l’adorer, l’aimer, le louer comme il le mérite.

Jésus ! C’est le chant éternel de la Patrie : les anges et les saints modulent sans cesse ce nom béni qui remplit l’immensité des cieux. Le nom de Jésus est le cri de foi, d’espérance et d’amour de l’humanité croyante, souffrante et militante. Le nom de Jésus est la terreur des démons dans l’enfer.

Tout lui rend hommage : et la sainteté et la misère, et les pécheurs et les justes, et ceux qui peinent ici-bas et ceux qui jouissent dans la Patrie. Tout ce qui a voix au ciel et sur la terre chante le nom de Jésus. C’est le thème perpétuel de la foi de ceux qui croient, de l’espérance de ceux qui attendent, de l’amour de ceux qui aiment.

Quand on prononce le nom de Jésus, on est illuminé, on est pacifié, on est fortifié, on est consolé, on est embrasé, on est souverainement heureux car Jésus est la source de tout ce qui est beau, de tout ce qui est bon, de tout ce qui est grand, de tout ce qui est saint, de tout ce qui parle de bonheur, de paix et d’amour.

***

Jésus ! C’est plus qu’un monde, c’est le ciel ! On passerait sa vie à prononcer ce nom adorable, que la vie serait pleine et sanctifiante ! On passera son ciel à le répéter sans fin, et les délices de la Patrie se renouvelleront sans cesse dans ces chants d’amour et de louange.

Jésus ! Je ne connais pas de nom plus doux, plus suave, plus enivrant ! Quand j’ai dit Jésus, j’ai dit la sainteté infinie de mon Dieu ; quand j’ai prononcé le nom de Jésus, j’ai purifié mes lèvres et elles peuvent chanter à l’unisson des anges et des saints dans leurs concerts éternels.

Quand j’ai laissé le nom adorable de Jésus illuminer mon esprit, je me suis plongé dans la lumière et la vérité ; quand j’ai laissé le nom adorable de Jésus pénétrer et embraser mon cœur, je me suis senti consumé d’un amour inconnu me poussant à tous les sacrifices et à tous les héroïsmes ; quand j’ai appelé Jésus à mon secours, ma volonté s’est fortifiée et j’ai connu des courages que j’ignorais.

Quand le nom de Jésus a soufflé au milieu des tempêtes et des orages qui m’agitent, j’ai senti le calme renaître et la paix m’inonder à flots.

Oh ! oui, Jésus est tout au ciel et sur la terre. Il domine l’œuvre sortie de ses mains, il répand à flots la lumière « en tout homme venant en ce monde » (Jn 1, 9). Il éclaire les intelligences, il pacifie les cœurs, il fortifie les volontés, il embrase de la folie de son amour les âmes qui le prennent en partage et veulent se contenter de lui.

***

Jésus ! Depuis que ce nom divin s’est fait entendre ici-bas, l’exil est devenu la Patrie, parce que la terre est son royaume où il veut être connu, adoré, aimé, servi comme il l’est au ciel !

Avec ce nom béni, les âmes de foi transportent les montagnes [cf. Mt 17,20], commandent aux éléments, guérissent tous les maux, précipitent les démons en enfer, arrachent les âmes à leurs ennemis infernaux. Avec le nom de Jésus sur les lèvres et son amour dans le cœur, les phalanges des élus se sont multipliées, des armées de martyrs ont versé leur sang, les déserts se sont peuplés, les pécheurs ont abandonné leur voie perverse, les saints ont constellé le firmament de l’Église, les vierges ont rempli les cloîtres, les prêtres ont couvert le monde !

Avec le nom de Jésus sur les lèvres et son amour dans le cœur, les âmes ont goûté des joies ineffables jusque-là inconnues à la terre, elles se sont plongées dans des délices enivrantes où, détachées de toute affection terrestre, elles n’ont plus connu que les amours du ciel…

C’est le nom de Jésus qui accompagne, vivifie, purifie, sanctifie l’humanité dans sa marche vers l’éternelle Patrie. Depuis que Jésus est venu sur la terre, il s’est emparé des esprits et des cœurs, il a subjugué les volontés, il a régné sur les nations, il a gagné l’amour de l’humanité, il est devenu l’idéal que les âmes poursuivent du berceau à la tombe…

Personne n’a jamais été autant aimé, autant chanté que Jésus, notre adorable et ineffable Jésus ! Son nom est sur toutes les lèvres, on en entend les échos en tous lieux, la terre et le ciel se le renvoient sans cesse, les âmes commencent à le chanter dans l’exil pour continuer à le chanter éternellement dans la Patrie…

Avec Jésus devant les yeux et son amour dans le cœur, les âmes s’en vont joyeuses, fortes et généreuses dans les sentiers épineux de la vertu ; elles se chargent avec bonheur de leurs croix [cf. Mt 11, 29], montent au Calvaire et meurent avec Jésus dans d’ineffables jouissances !

Vivre, souffrir, mourir d’amour pour Jésus, est-il un bonheur comparable à celui-là ?

Oh ! Vivons pour connaître Jésus, pour chanter les louanges de Jésus, pour brûler d’amour pour Jésus, pour nous immoler dans l’allégresse avec Jésus !

Jésus est un triomphateur qui nous attire et nous conduit au combat [cf. Jn 16, 33]. En luttant à ses côtés, en marchant sous sa bannière, en nous laissant éblouir par sa lumière, fasciner par son amour, nous sommes sûrs d’aller de victoires en victoires.

***

Jésus ! Quand ce nom adorable de Jésus a été prononcé une première fois dans le ciel, il a été un nom d’adoration et de combat. Les mauvais anges n’ont pas voulu prononcer avec foi et amour ce nom béni et c’est pourquoi ils devront le maudire éternellement dans la haine.

Quand ce nom adorable de Jésus a été prononcé pour la première fois sur la terre, il a été entendu par la créature la plus pure sortie des mains du Créateur. Au seul nom de Jésus que lui annonça l’Ange de l’Incarnation, Marie a été éclairée, embrasée, plongée dans l’adoration et l’amour, et elle s’est abîmée dans l’humilité la plus profonde pour accomplir les desseins de Jésus qui venait sauver le monde. Ecce ancilla Domini! [Lc 1, 38]

Quand le nom de Jésus était prononcé pendant sa vie terrestre, c’était comme un courant électrique qui touchait et ravissait les âmes. Ou il fallait aller à Lui et s’abandonner à son amour, ou il fallait Le fuir et Le maudire. Jésus : ou tout, ou rien !

Quand les démons entendaient de nouveau ce nom qui les avait précipités dans les enfers, ils étaient terrassés et ils suppliaient Jésus de ne point les tourmenter [cf. Mc 5, 7].

La dernière fois que le nom adorable et divin de Jésus a été offert en adoration à l’humanité coupable, ce fut en lettres de sang. Sur la croix de Jésus mourant, le nom de Jésus de Nazareth domine le monde et reste suspendu entre le ciel et la terre [cf. Jn 19, 19] comme un étendard de sang et de feu, à la suite duquel les nations devront accourir pour vaincre l’enfer et recouvrer leurs droits au Paradis. Depuis lors, le nom adorable et divin de Jésus est gravé dans tous les cœurs et personne ne pourra jamais effacer ce nom béni qui doit être la joie de la terre et la félicité éternelle de la Patrie.

***

Jésus ! Ce nom adorable et divin est non seulement gravé sur la pierre et le marbre de nos temples, mais Il est vivant dans tous les tabernacles du monde. Celui qui le porte est toujours avec nous : c’est sa beauté que nous contemplons, c’est sa voix que nous entendons, c’est son amour qui nous presse, ce sont ses délices qui nous enivrent !

Jésus-Eucharistie est pour nous sur la terre, comme pour les élus dans le ciel, l’Agneau toujours immolé, Celui au nom duquel tout genou fléchit au ciel, sur la terre et dans les enfers ! [Ph 2, 10]

Ô Jésus ! Je veux passer ma vie à Vous louer et à Vous chanter, je veux ne jamais me rassasier de Vous prononcer, je veux trouver mon bonheur et mes délices à Vous répéter sans cesse, je veux Vous jeter à tous les échos, Vous graver dans tous les cœurs ! Je me servirai de vous comme d’une lumière éclatante et d’un feu consumant pour m’illuminer et m’enflammer moi-même, et ensuite pour éclairer et embraser tous les cœurs !

Ô Jésus ! Jésus toujours ! Jésus sans fin ! Je veux me taire pour ne plus prononcer que votre seul nom, je veux fermer les yeux à toutes les choses de la terre pour ne plus voir que Vous seul, je ne veux plus connaître d’autre affection que votre amour souverain, je veux me laisser fasciner par vos charmes irrésistibles et m’épuiser à Vous adorer, à Vous bénir, à Vous contempler, à Vous aimer sans mesure et sans fin.

***

Jésus ! Jésus ! Prenons l’habitude d’appeler par son nom le Dieu qui nous a rachetés et qui demeure nuit et jour auprès de nous au Sacrement de son amour.

C’est le nom de Jésus que nous avons balbutié sur les genoux de notre mère. C’est le nom de Jésus que nous avons mêlé à nos premières prières. C’est le nom de Jésus que nous avons chanté dans notre enfance. C’est le nom de Jésus que nous avons invoqué dans notre jeunesse. C’est le nom de Jésus qui met de la force et du courage dans l’âme, qui charme la vie et console dans la mort.

Oh ! prononçons sans cesse ce nom divin ; et quand nous ne pourrons plus le prononcer sur la terre, mourons pour aller le chanter dans la Patrie. Jésus ! Jésus seul !

Père Eugène Prévost, c.f.s.