Par Benoit Voyer
3 septembre 2026
Sur le bord du lac de Génésareth, Jésus monte dans la barque de Simon, celui à qui Jésus a donné le nom de Pierre, s'assoit et enseigne les gens venus l’entendre. Puis, contre toute logique, il se tourne vers lui et lui demande d’aller sur les eaux du lac : « Avance au large, et jette tes filets à l’eau ».
Pierre connaît son métier. Il sait qu'une nuit entière de travail n'a rien donné. Humainement, la demande de Jésus lui paraît inutile. Pourtant, il répond : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
« Sur ta parole… » Ces petits mots de Pierre montrent la confiance qu’il porte à Jésus. Ainsi en est-il de la vie chrétienne. La foi ne consiste pas à tout comprendre, mais à faire confiance. Elle invite à repartir, même après les échecs, les déceptions et les nuits où rien ne semble porter du fruit.
Lorsque Pierre écoute Jésus avec une confiance sincère, la pêche devient surabondante. Mais le véritable miracle n'est pas celui des poissons. C’est plutôt celui qui se produit dans son cœur. Devant la présence de Jésus, il découvre sa propre pauvreté : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Et Jésus lui répond par un appel : « Sois sans crainte ; désormais, ce sont des humains que tu prendras. »
La rencontre avec Jésus ne nous humilie jamais. Elle nous révèle à nous-mêmes pour nous envoyer plus loin.
Un jour, Pauline Roy, une femme de Sainte-Cécile-de-Milton qui a longtemps cheminé dans les groupes du renouveau charismatique initiés par le père Jean-Paul Regimbal, notamment lors des « soirées de prière » du lundi soir qui ont eu lieu pendant plus de 25 ans, chez les Trinitaires, à Granby, en Montérégie, me racontait qu'un jour Dieu a complètement renouvelé sa vie intérieure : « Dieu m'a fait goûter son amour. L'eucharistie, la prière et la Parole de Dieu n'avaient plus la même saveur pour moi. »[1]
N'est-ce pas exactement ce qui est arrivé à Pierre ? Les poissons sont les mêmes, le lac est le même, la barque est la même. Pourtant, après sa rencontre avec Jésus, plus rien n'a la même saveur. La réalité extérieure n'a presque pas changé, mais son cœur, lui, est devenu nouveau.
En parlant des soirées charismatiques, Pauline Roy me disait : Tu sais, « c'est mieux qu'un remède... ça m'aide à embellir ma vie. C'est ma nourriture. Quand je n'y vais pas, il y a un vide en moi. »
Voilà ce qui arrive quand on rencontre Jésus : on ne peut plus vivre comme avant. La prière cesse d'être un devoir. L'eucharistie n'est plus une simple habitude. La Parole de Dieu devient une nourriture. Ce qui semblait ordinaire devient essentiel.
Pauline parlait du père Jean-Paul Regimbal avec des mots d'une grande simplicité : « Ce qui m'a frappée chez lui, c'est sa simplicité. Il avait un véritable cœur d'enfant. Je suis sûre qu'il aide encore les gens au ciel. C'est un saint, j'en suis certaine. »
Jésus n'appelle pas des héros. Il choisit des hommes capables de se laisser transformer. La sainteté commence toujours par un cœur qui accepte de faire confiance, un cœur qui ose avancer au large malgré ses peurs.
Jésus nous demande, aujourd'hui, de jeter une nouvelle fois nos filets. Peut-être avons-nous l'impression d'avoir déjà tout essayé. Peut-être traversons-nous une nuit où rien ne semble porter du fruit. Il nous invite simplement à répondre comme Pierre : « Sur ta parole... » Le reste appartient à Dieu.
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[1] Benoit Voyer, « C'est mieux qu'un remède… Pauline Roy chemine avec le Renouveau charismatique depuis 21 ans… », Le Plus de La Voix de l'Est, 22 septembre 1996, p. 18.

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