À Sainte-Julienne, dans la région de Lanaudière, le 2 septembre 2026
POLITIQUE : Être un artisan de changements
Par Benoit Voyer
2 septembre 2026
En septembre 2009, en citoyen et observateur de la politique québécoise et canadienne, dans Le Devoir [1], je faisais le constat que dans ce pays on a besoin d’un projet politique qui fera espérer en des jours meilleurs. Cela m’apparaissait, et m’apparait toujours, le seul moyen pour contrer le cynisme actuel envers le système démocratique.
J’écrivais : « Pour intéresser les gens à la politique, il faut surtout créer un rêve collectif. Proposons un grand débat collectif sur le Canada et le Québec que les générations de moins de 45 ans veulent pour l'avenir et nous aurons des surprises. Ils nous parleront probablement de l'élimination des dettes collectives, d'environnement, de la transformation de l'armée en police de nos frontières (surtout celles du Nord), de diminution du fardeau fiscal et d'une réforme des institutions démocratiques du pays, voire de l'abolition du Sénat et du modèle canadien tel que nous le connaissons actuellement. Aussi, ils nous parleront de la possible accessibilité à la souveraineté de chaque province canadienne regroupée, par la suite, autour d'un Conseil de la fédération avec une présidence par alternance. Les Canadiens rêvent d'un nouveau Canada » et d’un nouveau Québec. C’était où j’en étais, il y a une quinzaine d’années.
Ma vision des choses a changé un peu au fil des ans, mais pas tant que ça !
Je demeure convaincu que pour qu’il y ait de véritables changements dans notre société, il faut un choc des valeurs. C’est un peu ce que me disait le journaliste Paul-André Comeau, en 2001 : « Pour traiter notre relativisme, il faut provoquer nos valeurs avec d’autres valeurs »[2]. Mais quelles valeurs ?
Il m’apparait que le socialisme, le multiculturalisme, le communisme, le wokisme et les 1001 nouvelles théories philosophiques au goût du jour sont dépassées. Le passé est dorénavant à gauche. L’avenir est à droite. La société doit revenir à des valeurs plus conservatrices. Je ne parle pas ici d’extrémisme, mais d’un retour au réalisme des choses, loin des utopies, à l’équilibre dans la balance et à l’essentiel. En fait, ce qu’il faut, c’est un retour aux valeurs du cœur, une sorte de révolution spirituelle. Jean-Paul Regimbal [3], à la suite du saint pape Jean-Paul II, parlait d’une « révolution de l’amour » qui mènerait à une nouvelle « civilisation de l’amour ». Qu’importe le terme ou l'expression. L’important est qu’il faut au Québec et au Canada un important changement de paradigme, sinon on s'en va directement dans un mur.
Pour que les choses changent, il faut être patients et persévérants. Pour reprendre ce que Claude Ryan me disait en 1999 : « Je crois […] à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. C'est long, je sais. [Mais] cela permet de travailler longtemps sans s'impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. »[4]
Je veux être un artisan de vrais changements pour notre société. J’aimerais vous savoir du nombre. Ensemble nous pouvons redonner à notre société et aux enfants de demain un peu d’espoir et des jours meilleurs. Ils n’ont pas à porter le poids des mauvais choix de nos actuels décideurs. Ils méritent beaucoup mieux.
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[1] Benoit Voyer. « Comment intéresser les gens à la politique ? », Le Devoir, 1ᵉʳ septembre 2009, www.ledevoir.com/opinion/lettres/265342/comment-interesser-les-gens-a-la-politique
[2] Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », 2005, p. 74.
[3] Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanke, 1981.
[4] Benoit Voyer. « Lettre : Encore vivant… », Le Devoir, 10 février 2004 www.ledevoir.com/opinion/idees/47210/lettre-encore-vivant
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Les « démons » de l'Évangile : une question de contexte
Par Benoit Voyer
2 septembre 2026
Il y dans les écrits bibliques des mots et des visions du monde qu’il faut remettre en contexte. Hier on ne voyait pas les choses comme aujourd’hui. Le développement des sciences nous oblige à le faire.
En exemple, dans les textes au style littéraire évangélique, on utilise les mots « esprit impur » ou « démon » pour désigner la maladie. Ici on insinue cet esprit parce que Jésus dialogue avec lui : « Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait. » (Lc 4,39).
En hébreu, on parle de « souffle impur ». L’expression est tirée du culte juif et n’a rien à voir avec la morale. À ce sujet, le bibliste André Myre écrivait : « Le prêtre est chargé de protéger la société de ce qui pourrait menacer sa santé. Il va donc lui indiquer les réalités dont elle doit se garder : moisissures ou champignons toxiques sur les murs des maisons, malades dont les symptômes sont contagieux, animaux dont il faut éviter de consommer la chair, etc. Tout cela est « impur » au sens de menaçant, nocif, malsain, antisocial. Le grec a choisi de rendre l’expression « souffle impur » par daimôn, un mot désignant une puissance dangereuse pour les humains; de lui vient, évidemment, notre mot « démon ». Pour ma part, j’ai choisi de traduire l’hébreu par « souffle malfaisant ». Les scribes, auteurs des évangiles et des traditions qui s’y trouvent, utilisent l’un ou l’autre terme sans différence de sens. »[1]
Il ne faut toutefois pas perdre de vue le cœur du récit. Au-delà du vocabulaire propre à son époque, l’évangéliste veut montrer que Jésus est celui qui redonne la vie. La belle-mère de Simon est couchée, incapable d’agir. Dès qu’elle est libérée de sa fièvre, elle se lève et se met au service des autres. Chez Luc, ce détail est loin d’être anodin. La guérison n’est jamais une fin en soi; elle conduit à une vie renouvelée où la personne retrouve sa capacité d’aimer, de servir et de prendre sa place au sein de la communauté.
La scène suivante va dans le même sens. Jésus accueille tous les malades que l’on amène à lui et prend le temps d’imposer les mains à chacun. Personne n’est anonyme à ses yeux. Puis, au lever du jour, il se retire dans un lieu désert pour prier avant de reprendre sa route. Malgré le succès rencontré à Capharnaüm, il refuse de s’y installer. Sa mission est plus vaste : annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu à tous. Les guérisons racontées par Luc ne sont donc pas seulement des récits de miracles; elles sont les signes d’un monde nouveau où Dieu relève l’être humain et l’envoie vivre pour les autres.
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[1] André Myre, Les démons, ancêtres des virus et des microbes, InterBible, 25 mars 2019. https://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2019/comprendre_20190325.html
MA FOI DU BON DIEU : Adoration de Saint-Sacrement à la cathédrale de Joliette
Temps de prière devant le Saint-Sacrement à la cathédrale de Joliette chaque mercredi et vendredi de 10 h à 16 h et tous les soirs de 16 h à 21 h. J'y ai fait un arrêt hier.
SAINTS ET SAINTES : Le bienheureux André Grasset
Par Benoit Voyer
2 septembre 2026
Le 3 avril 1758, sur la Place du Marché à Montréal, devenue la Place Royale, naît André Grasset. Il est le deuxième de cinq enfants.
Son père, qui porte aussi le prénom d’André, est originaire de Montpellier, en France. Il deviendra secrétaire général des Colonies et s’installera à Montréal en 1749. Il épousera Marie-Josephte Quesnel-Fonblanche, la future mère du petit André.
Ils déménageront tout près de la chapelle du Bon Secours.
Le 10 février 1763, après la signature du traité de Paris, son père vend sa propriété et repart en France avec toute sa famille. André a six ans.
De retour en France, son père l’inscrit au collège Sainte-Barbe à Paris où il termine ses études classiques avant de s’orienter vers le sacerdoce. L’archevêque de Sens remarque ses qualités et sa grande piété. Il le nomme chanoine de sa cathédrale. Deux ans plus tard, en 1783, il est ordonné prêtre.
En 1789, au moment où éclate la Révolution française, André a 31 ans.
En 1790, l’Assemblée nationale constituante supprime les chapitres des cathédrales et, en 1791, demande à tous les membres du clergé de souscrire à la « Constitution civile du clergé ».
André se réfugie chez les Pères Eudistes de Paris, dans leur maison des Tourettes. C’est là qu’il est saisi, en août 1792, pour être conduit prisonnier au couvent des Carmes, l’actuel Institut catholique de Paris.
Le 2 septembre 1792, au cours d’un simulacre de procès, chacun des 92 prêtres et des 3 évêques prisonniers des Carmes doit répondre à la question: « Avez-vous prêté le serment à la Constitution civile du clergé? ». À la suite de sa réponse négative : « Ma conscience me le défend », il est jeté au bas du petit perron qui donne dans le jardin où l’attendent des sbires avec baïonnettes, sabres et piques jusqu'à ce qu'il rende son dernier soupir
Le pape Pie XI le béatifie avec les autres Martyrs de septembre, le 17 octobre 1926.
Sa fête liturgique est le 2 septembre.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : La sainteté pour tous
GRANBY – De passage au monastère des Trinitaires, lundi soir, le père Marie-Michel de France a dit que sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a rendu la sainteté accessible à tous. Pour y parvenir à la manière de cette Carmélite, il faut découvrir sa pauvreté, l'accepter et l'aimer.
« Plus tu seras faible, plus Jésus t'aimera. Plus tu vas être petit et pauvre, plus tu vas faire craquer le bon Dieu », disait-il. Pour lui, Thérèse a connu les angoisses des gens de notre époque : « Si je n'avais pas eu la foi, je me serais suicidée », écrivait-elle dans son journal intime.
Cette soirée spéciale était organisée à l'occasion du 100e anniversaire de la mort de la petite Thérèse.
(Le Plus de la Voix de l'Est, 13 avril 1997, p. 22)
*Le texte n'est pas signé, mais il a été écrit par Benoit Voyer, responsable des communications de la maison des Trinitaires, à Granby.
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