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| (Benoit Voyer) |
ICI ET LA: 1er août 2024
Aujourd'hui, voici ce qui a retenu mon attention dans les médias:
FINANCES PERSONNELLES: Autre coup dur pour le consommateur... le compte d’Hydro risque de gonfler en avril
journaldemontreal.com/2024/08/01/votre-compte-dhydro-risque-de-grimper-denviron-5-par-mois
FINANCES PERSONNELLES: La chasse aux économies à l’épicerie, même en Ontario
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2093153/rabais-application-prix-economie-alimentation?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.ontario
LE KAMOURASKA, PAYS DE MES ANCETRES: Trois municipalités, une direction générale, ça fonctionne?
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2093159/directrice-generale-partage-municipalites-kamouraska?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.bsl
journaldemontreal.com/2024/08/01/votre-compte-dhydro-risque-de-grimper-denviron-5-par-mois
FINANCES PERSONNELLES: Hydro-Québec propose des hausses de tarifs « limitées », pour le moment
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2093309/hydro-quebec-hausses-tarifs-electricite?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2093309/hydro-quebec-hausses-tarifs-electricite?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2093153/rabais-application-prix-economie-alimentation?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.ontario
SANTÉ MENTALE: Manger du bacon vous pousse vers la démence: journaldequebec.com/2024/07/31/manger-du-bacon-vous-pousse-vers-la-demence
SANTÉ MENTALE: Intervention policière à Saint-Constant
lereflet.qc.ca/intervention-policiere-en-sante-mentale-a-saint-constant
SANTÉ MENTALE: La solitude augmenterait le risque de perte de mémoire liée à l'âge
noovo.info/nouvelle/la-solitude-augmenterait-le-risque-de-perte-de-memoire-liee-a-lage.html
noovo.info/nouvelle/la-solitude-augmenterait-le-risque-de-perte-de-memoire-liee-a-lage.html
lereflet.qc.ca/intervention-policiere-en-sante-mentale-a-saint-constant
SANTÉ MENTALE: Comment l’activité physique contrecarre la dépression avantages.ca/sante/sante-mentale/comment-lactivite-physique-contrecarre-la-depression/
SANTÉ QUÉBEC: Déficit de 1 G$ dans les établissements de santé au Québec, Lanaudière dans le rouge de plusieurs millions
monjoliette.com/deficit-de-1-g-dans-les-etablissements-de-sante-au-quebec-lanaudiere-dans-le-rouge-de-plusieurs-millions/
monjoliette.com/deficit-de-1-g-dans-les-etablissements-de-sante-au-quebec-lanaudiere-dans-le-rouge-de-plusieurs-millions/
PHARMACIE: Une pharmacienne de Québec radiée pendant 16 mois pour ventes factices
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2093147/pharmacienne-quebec-radiation-reclamations-fraude?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.quebec
CHRÉTIENS PERSÉCUTÉS: Un prêtre nigérian reprend son ministère après deux semaines d'enlèvement
vaticannews.va/fr/monde/news/2024-08/eglise-religion-pretre-enlevements-nigeria-afrique.html
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2093147/pharmacienne-quebec-radiation-reclamations-fraude?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.quebec
CHRÉTIENS PERSÉCUTÉS: Un prêtre nigérian reprend son ministère après deux semaines d'enlèvement
vaticannews.va/fr/monde/news/2024-08/eglise-religion-pretre-enlevements-nigeria-afrique.html
ESCLAVAGE: L'esclavage et le racisme persistent en Mauritanie
vaticannews.va/fr/podcast/les-dossiers-de-la-redaction/2024/07/mauritamie-droitshumains-racisme-esclavade-femmes-lutte-afrique.html
vaticannews.va/fr/podcast/les-dossiers-de-la-redaction/2024/07/mauritamie-droitshumains-racisme-esclavade-femmes-lutte-afrique.html
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LE PRÉSENT DU PASSÉ: Un pape «contemplactif» qui souhaite changer le paysage géopolitique de la planète
Depuis une vingtaine d'années, les chefs catholiques se limitent à évoquer les grands principes internationaux. Cela semble vouloir changer avec l'actuel leader du Vatican. François s'aventure hors de la sphère de la philosophie politique pour entrer dans celle de la décision.
Par Benoit Voyer
En matière de relations internationales, le pape François part de loin. Tout au long du pontificat de Jean-Paul II, il n'y a pas eu de renouvellement géopolitique au Vatican. Par la suite, Benoît XVI s'est complètement désintéressé de ce grand dossier. Cela a terni les capacités diplomatiques du Saint-Siège. On n'a eu aucun grand projet en la matière. L'actuel pontife ne marche pas sur les mêmes pas. Il s'y intéresse. Mais puisqu'il a peu de temps devant lui, il fait de la diplomatie plus réactive que prospective. Il fonctionne par petits coups concrets. Son approche semble marcher.
De l'intérieur, ce pape organise ses troupes. S'il ne réussit pas, tout ce qu'il initie se soldera par l'échec. Pour y parvenir, il lui faut de puissants relais dans les pays où les gouvernements s'intéressent à la condition de vie des catholiques, les évêques, les partis politiques et les organisations non gouvernementales (ONG).
Depuis une vingtaine d'années, les chefs catholiques se limitent à évoquer les grands principes internationaux. Cela semble vouloir changer avec l'actuel leader du Vatican. François s'aventure hors de la sphère de la philosophie politique pour entrer dans celle de la décision. Ce n'était pas arrivé depuis 1993.
Cette évolution est à l'image de la personnalité du pape François. En Argentine, bien avant d'être élu à la tête de l'Église, il a toujours ramené ses discours à des choses concrètes. Pas question pour lui de seuls rappels moraux plus ou moins abstraits. Il ne fera jamais que se contenter d'inviter les catholiques à prier. Il veut les amener vers l'action.
Le chef de l'État du Vatican est un réaliste qui place les « réalités existentielles » avant les discours théologiques. Pour lui, il ne faut « jamais perdre le contact avec la réalité, mais (…) être amants de la réalité ». « En présence d'une culture dominante qui met au premier plan l'apparence, tout ce qui est superficiel et provisoire, le défi à relever est d'aimer la réalité », a -t-il dit dans un discours le 23 août. Et puis, il a exhorté les catholiques à ne pas vivre hors du monde et à « aimer la réalité », seule manière selon lui d'être convaincants au milieu de la « culture de l'apparence ».
Il est ainsi de la véritable école jésuite. Ignace de Loyola parlait, avec ses mots, de contemplation dans l'action et de l'action dans la contemplation. On pourrait dire que ce pape est un « contemplactif » (contemple-actif).
Et puis, il est de nature « volontariste ». Il ne reste pas insensible. Il intervient. Il pose des gestes. C'est un proactif.
François est très préoccupé par la question de l'esclavage. Ce thème sera d'ailleurs celui de la 48ᵉ Journée mondiale de la paix qui aura lieu le 1ᵉʳ janvier 2015. Son message pour l'occasion a été rendu public, le 21 août, par la curie vaticane. Le thème de la Journée y fait référence : « Non plus esclaves, mais frères ». Il ne s'agit nul autre que de l'orientation diplomatique du Saint-Siège pour la nouvelle année.
Pour le pape, le mot « esclave » est antonyme de « fraternité ». C'est pour lui un scandale de notre époque. « L'esclavage porte un coup mortel à cette fraternité universelle et, par conséquent, à la paix », résume le Conseil pontifical Justice et Paix chargé de préparer ce texte. « Le phénomène abominable de l'esclavage prend aujourd'hui dans le monde des formes multiples : le trafic des êtres humains, la traite des migrants et de la prostitution, le travail forcé, l'exploitation de l'homme par l'homme, la mentalité esclavagiste vis-à-vis des femmes et des enfants. » Elles incluent aussi le trafic d'organes.
Dans son message de 2014, il dénonçait la « mondialisation de l'indifférence », « qui nous fait lentement nous habituer à la souffrance de l'autre, en nous fermant sur nous-mêmes ».
Le voyage d'un jour qu'il fera en Albanie, le 21 septembre, sera justement une occasion de sortir ce petit pays, jadis communiste, de l'indifférence planétaire.
Le 15 juin, sur la Place Saint-Pierre, le pape François expliquait les motifs de cette visite : « Je désire confirmer dans la foi l'Église en Albanie, et témoigner de mon amour et de mes encouragements à un peuple qui a longtemps souffert des conséquences des idéologies du passé. » Depuis quelques mois, il revient souvent dans ces discours sur ce thème des idéologies, notamment politiques, qui rendent l'humain esclave.
Enfin, il souhaite se rendre en Albanie parce que ce pays a réussi à faire un gouvernement d'unité nationale entre musulmans, orthodoxes et catholiques, avec un conseil interreligieux qui, paraît-il, aide beaucoup et paraît équilibré. Il souhaite leur dire : « On peut travailler ensemble ! » Ce sera une sorte de prélude au thème de sa prochaine année diplomatique.
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Huffington Post Québec, 19 septembre 2014. www.huffpost.com/archive/qc/entry/un-pape-contemplactif-qui-souhaite-changer-le-paysage-geopolit_b_5803484
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Lettre au Pape François à l'occasion de Noël
Je suis un « catholique à gros-grain », pour reprendre une vieille expression du terroir québécois. Je ne suis guère le plus chrétien, le plus fervent, le plus vertueux, le plus enthousiaste et le plus saint.
Par Benoit Voyer
Je suis un « catholique à gros-grain », pour reprendre une vieille expression du terroir québécois. Je ne suis guère le plus chrétien, le plus fervent, le plus vertueux, le plus enthousiaste et le plus saint. Bien au contraire ! Je ne vais pas à la messe chaque semaine, mais souvent. Et même si j'aime les valeurs de l'Évangile, elles ne trouvent pas toujours un écho dans mes comportements du quotidien.
Et puis, comme vous et bien d'autres personnes, j'ai mes rigidités, mais je ne suis guère fondamentaliste.
Je fuis toute forme de radicalisme. Je suis un pacifique. J'ai en horreur les conflits. Comme l'ancien premier ministre canadien Wilfrid Laurier, j'aime la conciliation. Un jour, peut-être que c'est moi qui permettra à Dieu et au diable de trouver un terrain d'entente.
Ainsi, on ne me verra guère dans les manifestations anti-avortement ou contre l'aide médicale à mourir. Je suis pro-vie dans ma vie personnelle et pro-choix pour la sphère publique. Je crois fermement que je n'ai pas à imposer mes valeurs morales et religieuses à l'ensemble de la société.
J'aime « spiritualiser » les vieilles images religieuses. Pour moi, la croix est un signe de croissance. Les mots croix, crise et croissance n'ont-ils pas la même racine langagière ? Lorsque je vois un crucifix, je vois avant tout un symbole mathématique. La croix est un « plus ». Ce « plus » est une invitation au dépassement et à additionner les gestes de charité envers les autres, surtout envers ceux qui ne m'aiment pas.
Je suis de mon époque et de ma culture. Celle où j'ai grandi et évolué ébranle mon identité catholique. Elle me force à continuellement me remettre en question, à convertir ce qui doit l'être en moi et à nommer en qui et en quoi je crois.
Ma foi chrétienne se vit comme si je portais un secret, voire un trésor dans un vase d'argile. J'en parle avec peu de verbes et avec beaucoup de gestes. Plus ces derniers paraissent anodins, plus ils semblent parler fort De toute manière, au Québec tous les mots issus du christianisme sont perçus comme des maux. Ils allument la suspicion.
Devant ma société qui est devenue réfractaire au religieux, je dois rester humble et discret, ferme et debout.
Il n'est pas facile d'être catholique au Québec. Les Québécois n'aiment pas la religion ou, en d'autres mots, en sont venus à haïr religieusement la religion. Dans un sondage CROP paru en 2014, 45 % des répondants disaient avoir une perception négative de la religion.
Je fais sourire lorsque je dis que je suis allé à la messe. Je sens les préjugés : « Ça va bien dans sa tête ? » ; « Tiens, il est allé parler à ses bonshommes imaginaires ! Est-il devenu schizophrène ? » ; « Donnez-y des pilules, quelqu'un ! »
Avoir la foi au Québec, c'est assurément devoir la professer sans porte-voix, sans trop la nommer dans la sphère publique et sans dire qu'elle inspire plusieurs de mes idées. À moins de vivre sur une île nordique au fond du Nunavut, on a affaire à des propos méprisants lorsqu'on ose le faire.
On dirait qu'il est interdit d'être différent, que tout le monde doit être pareil, qu'on ne doit pas avoir d'identité individuelle, qu'on doit se fondre dans la masse…
Est-ce que le Québec serait en train de vivre une forme de génocide ou de suicide culturel ? Ici, on a élevé la laïcité en dogme. Je suis d'accord avec la séparation de la politique et de la religion, mais mal à l'aise devant le « laïcisme » sectaire et intolérant. Il est devenu une sorte de vérité à croire, une philosophie dogmatique : hors du « laïcisme », point d'avenir. Cela rappelle le discours passéiste : « Hors de l'Église, point de salut ». Mon peuple est passé d'un fondamentalisme religieux à un fondamentalisme laïc. Est-il possible de trouver un juste milieu entre les deux ?
Il y a plusieurs années qu'on tente de chasser toutes traces du passé catholique de ma société. Bien entendu, au nom de l'art, on préserve et rénove quelques vieilles églises, mais on investit peu dans l'héritage humain et spirituel de Marguerite Bourgeoys, Jeanne Mance, Marie de l'Incarnation, Marguerite d'Youville, François de Laval, Isaac Jogues et tous les autres qui ont bâti mon pays. Devant l'adage « Je me souviens » affiché sur l'Hôtel-du-Parlement, à Québec, il est triste de constater que la mémoire est limitée « par chez nous ».
Ces temps-ci, on va même jusqu'à s'interdire de parler du Noël traditionnel dans les écoles québécoises. Que peut-il y avoir de dangereux à parler d'un enfant qui a transformé les valeurs de l'humanité et qui soit né dans la plus stricte pauvreté entre un âne et un bœuf ? N'y a-t-il pas une plus belle histoire – un conte devenu sacré pour les chrétiens – pour rappeler que c'est dans la pure simplicité que naissent les grandes choses ?
J'étais d'accord avec vous, lorsque vous affirmiez, en novembre, que « notre identité n'est pas à vendre », qu'il ne faut pas la mettre « aux enchères sous prétexte de vouloir être comme tout le monde » et que « la pensée unique est le fruit de la mondanité et conduit à l'apostasie ».
J'aime me souvenir des propos du Dalaï-Lama : « La meilleure des religions, c'est celle qui fait de toi un meilleur humain. »
À l'occasion de la fête de la Nativité, je tiens à vous exprimer mes souhaits de bonheur. L'Enfant Roi nous invite à garder le cœur ouvert.
En 2017, à l'occasion du 475ᵉ anniversaire de la fondation de Montréal et du 150ᵉ du Canada, j'espère vous savoir près de nous. Ici, on a besoin qu'on nous invite à nous souvenir du « gros grain » de nos origines. Comme dans le récit merveilleux de la naissance de l'Emmanuel, il y a quelque chose de divin dans l'histoire du Canada.
Avec l'assurance de mes prières – et merci de le faire pour mon pays et ma famille –, recevez mes salutations les meilleures.
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Huffington Post Québec, 20 décembre 2015. www.huffpost.com/archive/qc/entry/lettre-au-pape-francois-a-loccasion-de-noel_b_8813512
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le pape François, une bombe diplomatique?
François marche-t-il sur le pas de Jean XXIII, un de ses prédécesseurs ? L'histoire se souvient qu'en octobre 1962, durant la crise des missiles à Cuba, ce dernier s'était imposé en médiateur entre les États-Unis et l'Union soviétique.
Par Benoit Voyer
Le 14 août, au moment où le pape François débarquait de son avion à l'aéroport Incheon de Séoul pour sa visite en Corée du Sud, en vue, notamment, d'apporter un message de paix et de réconciliation en Asie, les dirigeants de la Corée du Nord lançaient trois missiles de courte portée dans la mer du Japon. L'après-midi même, ils en larguaient deux autres.
C'est le moyen qu'a trouvé le régime communiste pour manifester son mécontentement et menacer son voisin du Sud – de qui il est séparé depuis 1953 – et ses alliés occidentaux. Ces missiles de Pyongyang sont une menace en vue de forcer la Corée du Sud à annuler ses exercices militaires annuels prévus avec les Américains. Ceux-ci doivent avoir lieu à partir du 18 août, c'est-à-dire au lendemain de la visite du pape Jorgue Bergoglio, d'origine argentine.
Bien qu'habituée à la manière un peu rustre de s'exprimer des dirigeants coréens du Nord, la diplomatie sud-coréenne n'était visiblement pas contente de la situation. Elle n'a pas manqué de répondre : « Il est assez inconvenant de tirer ce genre de projectiles le jour de l'arrivée du pape qui vient apporter sa bénédiction à tous les habitants de la péninsule coréenne, qu'ils vivent au sud ou au nord. »
En plus de cette riposte, les autorités de Pyongyang ont refusé que quelques catholiques de leur pays se rendent rencontrer le pape à Séoul. Pourtant leur constitution garantit théoriquement la liberté de culte et de croyance, mais la réalité est autre.
La présidente Park Geun-Hye espère beaucoup de cette visite du roi du Vatican au « pays du matin calme ». Le 14 août, dans son discours d'environ neuf minutes, qui a précédé celui du souverain pontife, au salon Chungmu de la Maison Bleue de Séoul, elle n'a pas hésité à l'exprimer :
« Notre pays est divisé depuis très longtemps et cela a causé beaucoup de souffrances. De nombreuses familles n'ont pas pu se rencontrer depuis la division. Il y a 70 000 familles qui sont ainsi divisées.
Et puis, elle a osé : « Nous espérons la réunification de la Corée » et « que la Corée du Nord va renoncer aux armes, en particulier l'arme atomique, et que nous pourrons vivre tous en paix. Nous souhaitons que les deux Corée se débarrassent de toutes ces armes et vivent en paix. Pour cela, il faudrait d'abord que la Corée du Nord arrête d'abord son programme nucléaire ».
Le pape n'a pas répondu directement à sa demande. Il a préféré rester sobre en se contentant simplement de lancer que « la diplomatie en tant qu'art du possible est basée sur la ferme et persévérante conviction que la paix peut être atteinte par l'écoute tranquille et le dialogue, plus que par les récriminations mutuelles, les critiques stériles et le déploiement des forces ».
On le comprend, le Saint-Père marche sur des œufs en Asie. Néanmoins, sa seule présence dans la région semble vouloir exprimer son désir de « faire un petit quelque chose » pour aider les régions à la paix fragile de la planète. On n'a qu'à regarder son agenda pour tirer quelques conclusions : Il n'y a pas longtemps, il est allé en Israël et en Palestine. En septembre, il ira en Albanie. Et puis, il compte se rendre en Inde dans la même période.
François marche-t-il sur le pas de Jean XXIII, un de ses prédécesseurs ? L'histoire se souvient qu'en octobre 1962, durant la crise des missiles à Cuba, ce dernier s'était imposé en médiateur entre les États-Unis et l'Union soviétique.
Avec le décès de Nelson Mandela et le retrait de la vie publique du dalaï-lama, peu de leaders politiques et religieux réussissent à s'imposer en ambassadeurs de la paix. François réussira-t-il ? Sera-t-il un futur prix Nobel de la paix ? Tout est possible.
Le 18 août, le pape François a présidé une « messe pour la paix et la réconciliation » à la cathédrale de Myeongdong, à Séoul, peu de temps avant de regagner son pays de quelques kilomètres carrés. Dans son homélie, il n'a pas osé interpeller directement la Corée du Nord, préférant s'adresser aux « Coréens » dans leur ensemble pour les appeler à la réconciliation.
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Huffington Post Québec, 20 août 2014 www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-pape-francois-une-bombe-diplomatique_b_5691614
LE PRÉSENT DU PASSÉ: François le révolutionnaire
Le pape François est un révolutionnaire. Sa révolution est celle de la tendresse et de la miséricorde. Lors de son voyage à Cuba du 19 au 22 septembre, un prélude à sa visite aux États-Unis, il a agité les consciences.
Par Benoit Voyer
Le pape François est un révolutionnaire. Sa révolution est celle de la tendresse et de la miséricorde. Lors de son voyage à Cuba du 19 au 22 septembre, un prélude à sa visite aux États-Unis, il a agité les consciences.
« Jésus propose toujours la logique de l'amour. Une logique capable d'être vécue par tous, parce qu'elle est pour tous. Loin de tout type d'élitisme, l'horizon de Jésus n'est pas pour quelques privilégiés capables d'arriver "à la connaissance désirée" ou à divers niveaux de spiritualité. L'horizon de Jésus est toujours une offre pour la vie quotidienne », exhortait-il sur la Place de la Révolution, à La Havane.
À Cuba, l'Argentin a encore une fois dérangé l'ordre établi.
François ne juge point. Il ne condamne pas, mais il bouscule. Il bouscule beaucoup…
Il bouscule le marxisme en disant que « le service n'est jamais idéologique, puisqu'il ne sert pas des idées, mais des personnes. » Et il ajoute que « l'importance d'une personne se fonde toujours sur la façon dont elle sert la fragilité de ses frères. »
Il rappelle au régime Castro, sans le nommer directement, et à tous, que « servir signifie, en grande partie, prendre soin de la fragilité. Servir signifie prendre soin des membres fragiles de nos familles, de notre société, de notre peuple. Ce sont les visages souffrants, les personnes sans protection et angoissées que Jésus propose de regarder et invite concrètement à aimer. [...] Ce sont des personnes en chair et en os, avec leur vie, leur histoire et spécialement leur fragilité, que Jésus nous invite à défendre, à protéger et à servir. [...] Le chrétien est toujours invité à laisser de côté ses aspirations, ses envies, ses désirs de toute puissance, en voyant concrètement les plus fragiles. »
Et il dit encore : « Il y a un "service" qui sert les autres ; mais nous devons nous prémunir contre l'autre service, contre la tentation du "service" qui "se" sert des autres. Il y a une façon d'exercer le service qui vise comme intérêt le bénéfice des "miens", au nom de ce qui est "nôtre". Ce service laisse toujours les "tiens" dehors, en générant une dynamique d'exclusion. »
Le roi de la Cité du Vatican bouscule ceux qui croient que la prospérité économique résoudrait tous les problèmes des Cubains.
Sa révolution est surtout pour la jeunesse. Il les appelle à rêver en plaçant l'amitié au cœur de leurs aspirations : « La capacité de rêver doit rentrer dans la réalité de la vie. Et un jeune qui n'est pas capable de rêver est fermé, renfermé sur lui-même. [...] Rêve qu'avec toi le monde peut être différent. Rêve que si tu y mets le meilleur de toi-même, tu vas aider à ce que ce monde soit différent. Ne l'oubliez pas, rêvez. Parfois, vous exagérez et vous rêvez trop grand, et la vie réduit votre chemin. Peu importe, rêvez. Comptez sur vos rêves. »
Il les a invités à accueillir l'autre dans sa différence et à éviter de s'enfermer dans des pièges idéologiques fermés : « Pourquoi ne nous donnons-nous pas la main en ce que nous avons de commun ? Nous encourager à parler de ce que nous avons de commun. Et ensuite, nous pourrons parler des choses que nous avons de différentes ou que nous estimons telles. Mais je dis de parler. Je ne dis pas de nous quereller. Je ne dis pas de nous enfermer. [...] C'est possible uniquement si on a la capacité de parler de ce qu'on a en commun avec l'autre ».
C'est aussi l'Église cubaine qu'il bouscule en rappelant l'idéal de la pauvreté au clergé et aux religieux et religieuses dans ce pays sous embargo et qui est plongé dans la misère : « L'Église, notre Sainte Mère, est pauvre, Dieu la veut pauvre. « Aimez la pauvreté comme une mère ».
Personne n'y échappe. Il secoue l'ensemble des chrétiens : ils doivent se faire serviteurs des plus pauvres. L'Évangile les oblige à donner l'amour qu'il y a en eux parce qu'ils doivent être des témoins de la miséricorde en donnant eux-mêmes le pardon.
Avec une vive surprise, il ne ménage pas ses prêtres. Il les supplie de retourner au confessionnal, mais en les invitant à la prudence : « Lorsqu'il te montre sa misère, s'il te plaît, ne le défie pas, ne l'arrête pas, ne le punis pas. [...] Ne le chasse pas du confessionnal, ne le défie pas. [...] Pense à tes péchés. Et pense que tu peux être cette personne. Et pense que, probablement, tu peux arriver plus bas encore. Et pense qu'en ce moment tu as un trésor dans les mains, qui est la miséricorde du Père. S'il vous plaît – vous, les prêtres –, ne vous lassez pas de pardonner. Soyez des dispensateurs de pardon. [...] Ne vous cachez pas derrière des peurs et des rigidités. »
Et il secoue le voile des nonnes en reprenant en d'autres mots ce qu'il écrivait dans son exhortation apostolique « L'Évangile de la joie » : Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. [...] Un évangélisateur ne devrait pas avoir constamment une tête d'enterrement ».
La révolution du pape François est en marche. « Nous sommes invités à vivre la révolution de la tendresse », lançait le leader catholique au Sanctuaire de la Vierge de la Charité à Santiago de Cuba, la patronne de Cuba. « Nous sommes invités à "sortir de chez nous", à avoir les yeux et le cœur ouverts aux autres. Notre révolution passe par la tendresse, par la joie qui se fait toujours proximité, qui se fait toujours compassion ». Le chrétien se doit de vivre la nouvelle « écologie sociale », un grand changement d'environnement.
Comme on dit au Québec : « Allez ! On se bouge les fesses ! C'est là que ça se passe… »
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Huffington Post Québec, 25 septembre 2015. www.huffpost.com/archive/qc/entry/francois-le-revolutionnaire_b_8192132
ICI ET LA: 31 juillet 2024
Aujourd'hui, voici ce qui a retenu mon attention dans les médias:
SANTÉ QUÉBEC: Relation intime et consommation de drogue avec une patiente: une infirmière radiée deux ans journaldemontreal.com/2024/07/30/infirmiere-dun-centre-daide-contre-la-dependance-radiee-deux-ans--en-relation-avec-une-patiente-avec-qui-elle-prend-de-la-drogue?s=03
AFFAIRES: Mises à pied et fermetures, la relance de Bentley ne se fera pas sans heurts
journaldemontreal.com/2024/07/31/mises-a-pieds-et-fermetures-la-relance-de-bentley-ne-se-fera-pas-sans-heurts
SANTÉ MENTALE: Attention! Le pessimisme nuit à la santé mentale
journaldemontreal.com/2024/07/30/attention-le-pessimisme-nuit-a-la-sante-mentale?s=03
TAXES CARBONNES: Les crédits carbone jugés « inefficaces » par un organisme de vérification
lapresse.ca/actualites/environnement/2024-07-30/les-credits-carbone-juges-inefficaces-par-un-organisme-de-verification.php
FINANCES PERSONNELLES: Super C, Maxi, il manque d’épiceries à bas prix
24heures.ca/2024/07/31/super-c-maxi-il-manque-depiceries-a-bas-prix-au-quebec-et-cest-un-grave-probleme
24heures.ca/2024/07/31/super-c-maxi-il-manque-depiceries-a-bas-prix-au-quebec-et-cest-un-grave-probleme
FINANCES PERSONNELLES: «C’est un peu comme le sirop Buckley»: le paiement minimum sur les cartes de crédit passera à 4,5%
journaldemontreal.com/2024/07/30/cest-un-peu-comme-le-sirop-buckley-le-paiement-minimum-sur-les-cartes-de-credit-passera-a-45
SANTÉ QUÉBEC: Le réseau de la santé dans le rouge: plus d’un milliard $ de déficit l’an dernier. Le pire déficit est celui du CISSS des Laurentides.
journaldemontreal.com/2024/08/22/le-reseau-de-la-sante-dans-le-rouge-plus-dun-milliard--de-deficit-lan-dernier
journaldemontreal.com/2024/07/30/cest-un-peu-comme-le-sirop-buckley-le-paiement-minimum-sur-les-cartes-de-credit-passera-a-45
SANTÉ QUÉBEC: Le réseau de la santé dans le rouge: plus d’un milliard $ de déficit l’an dernier. Le pire déficit est celui du CISSS des Laurentides.
journaldemontreal.com/2024/08/22/le-reseau-de-la-sante-dans-le-rouge-plus-dun-milliard--de-deficit-lan-dernier
AFFAIRES: Mises à pied et fermetures, la relance de Bentley ne se fera pas sans heurts
journaldemontreal.com/2024/07/31/mises-a-pieds-et-fermetures-la-relance-de-bentley-ne-se-fera-pas-sans-heurts
journaldemontreal.com/2024/07/30/attention-le-pessimisme-nuit-a-la-sante-mentale?s=03
lapresse.ca/actualites/environnement/2024-07-30/les-credits-carbone-juges-inefficaces-par-un-organisme-de-verification.php
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le sentier Le Carcan du Parc national du Mont-Tremblant
À 16 h 30, après une bonne douche, j'étends mes jambes devant un bon feu de camp avec à la main la coupe d'un succulent rosé québécois, un petit vin corsé qui fait la joie de mes papilles gustatives. [...] Il n’y a ni chien ni loup dans le voisinage. Je peux dormir sur mes deux oreilles. Les oiseaux chantent…
Par Benoit Voyer
Il y a de quoi être aux anges Entre chien et loup, le lac des Cyprès du secteur de la Pimbina du parc national du Mont-Tremblant, dans Lanaudière, offre un spectacle inoubliable aux amateurs de plein air. Ce matin, c'est sur la rive de ce magnifique bassin naturel que je souhaitais commencer cette journée de randonnée pédestre.
C'est la première fois que je fais découvrir cette partie de l'immense territoire de 1510 kilomètres carrés à ma conjointe Manon et sa tante Johanne, une jeune active de 62 ans. Je tenais à ce que ce lieu propice à la contemplation en soit le point de départ.
La lumière du soleil de ce jour quasi sans nuages met en relief toutes les teintes de ce paysage bucolique. Le bleu du ciel et de l'eau, le vert des conifères, des sapins et de l'herbe, le brun du sable de la plage et le gris des rochers offrent des panoramas uniques.
En ce moment, le lac est si calme qu'il est comme un immense miroir. Lorsqu'on baisse la tête pour observer l'eau, on pénètre au fond de celle-ci. Elle est tellement claire qu'on voit dans ses entrailles. Les poissons d'eau douce y nagent calmement.
Et puis, il y a la pureté de l'air… L'oxygène y est ici plus abondant que dans nos cités de béton. Il entre à plein régime dans nos poumons. On n'a vraiment pas besoin de respirateur artificiel.
Un jour, j'aimerais tant explorer en canot cet écosystème marin particulier et son affluent, mais ce ne sera guère pour cette belle matinée.
En ce chaud 1ᵉʳ septembre, c'est le sentier Le Carcan, situé à quelques kilomètres d'ici – qu'on atteint par une route en gravier sinueuse – que nous explorerons. C'est le deuxième plus haut sommet (883 mètres) de ce parc national, le plus grand au sud du 49ᵉ parallèle, créé en 1895. C'est fou de penser à l'idée qu'il y a autour de nous 400 lacs.
Notre automobile file. Elle laisse derrière nous une traînée de poussière.
Enfin, nous y voilà ! Il est 9 h 30.
Sur ce parcours linéaire de 7,2 kilomètres, fort bien entretenu – qui est parfois abrupt –, on ne part jamais en solitaire. Les gardiens du parc ne viennent pas y faire la surveillance. S'il arrivait un incident, le poste d'accueil est à près de 20 kilomètres du sentier. Un coup de pouce serait nécessaire.
La randonnée commence avec une petite montée sur un ancien chemin forestier, mais assez rapidement on se retrouve en terrain facile. C'est ainsi sur une longue distance.
Cependant, après près d'une heure, la marche se corse de plus en plus. On passe à une section pour randonneurs intermédiaires. Le bout le plus difficile est sur les deux derniers kilomètres.
Aujourd'hui, c'est fort humide. L'exercice physique demande une plus grande dose d'efforts et de ne point lésiner sur l'hydratation. Il ne faut pas être téméraire. On fait des petites pauses. On mange des noix et des fruits.
Du départ au sommet, on y monte 380 mètres.
L'attrait du sentier réside dans ses petites cascades et lacs. En haut, il n'y a pas de belvédère permettant l'observation à vol d'oiseau de la région, comme c'est le cas au lac Monroe, dans le secteur de la Diable. Jadis, il y avait à cet endroit « une tour à feu » pour les gardes-chasse. Au poste d'accueil, on nous a dit que la direction du parc national a un projet en ce sens, mais cela n'est pas dans les priorités immédiates.
Après cinq kilomètres de marche, il y a un point d'observation qui offre une assez belle vue sur la région. Malheureusement, il n'y a point de bancs. Cela aurait été apprécié après un tel effort.
Pour nous trois, c'est ici que se termine notre ascension. Les randonneurs que nous avons rencontrés nous ont indiqué qu'il n'y a rien de vraiment intéressant sur les deux derniers kilomètres du sentier. Ils racontent qu'on ne fait que monter des caps de roches abruptes. Il faut aussi songer à revenir. Nous nous sommes levés très tôt ce matin et sommes sur la route depuis 5 h 15 La fatigue commence à s'installer en nous.
À 14 h 30, nous regagnons la ligne de départ. Nous venons de vivre cinq belles heures. Les endomorphines s'installent en nous. Nous regagnons l'entrée de la Pimbina qui est située dans la municipalité de Saint-Donat.
Après une halte au poste d'accueil, nous prenons la direction du camping Chanteur-Pinson où nous attend « une Huttopia ». Nous avons la tente numéro 6. Le service prêt-à-camper est vraiment intéressant ! C'est la joie du camping sans avoir à tout trimbaler et installer. On n'a qu'à apporter sa bouffe et ses couvertures pour la nuit.
À 16 h 30, après une bonne douche, j'étends mes jambes devant un bon feu de camp avec à la main la coupe d'un succulent rosé québécois, un petit vin corsé qui fait la joie de mes papilles gustatives. Ma tante ricane. Mon amour me sourit. Il n’y a ni chien ni loup dans le voisinage. Je peux dormir sur mes deux oreilles. Les oiseaux chantent…
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Huffington Post Québec, 4 octobre 2015. www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-sentier-le-carcan-du-parc-national-du-mont-tremblant_b_8173724
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Apprendre à dialoguer avec les Premières Nations afin de sortir des préjugés
La Conférence mondiale sur les peuples autochtones de l'ONU nous rappelle l'importance d'une ouverture du cœur envers les Premières Nations de la planète.
Par Benoit Voyer
La Conférence mondiale sur les peuples autochtones de l'ONU a lieu les 22 et 23 septembre.
Une chose que la vie m'a apprise, c'est que pour bien dialoguer et se comprendre, il faut écouter avec le cœur. C'est ce qu'on appelle l'empathie. Pour y parvenir, une ouverture réciproque sans peur de l'autre est nécessaire. La peur est l'ennemi de l'ouverture. Lorsque j'ai peur, une part de moi se referme. C'est un mécanisme normal de défense.
La Conférence mondiale sur les peuples autochtones de l'ONU nous rappelle l'importance d'une ouverture du cœur envers les Premières Nations de la planète.
Savoir écouter, ce n'est pas seulement entendre ce que l'autre me dit. C'est surtout savoir saisir ce qu'il tente d'exprimer avec toute sa personne. C'est ce qu'on appelle le langage non verbal. On dit qu'à peine 7 % de la communication humaine se fait avec des mots. Il y a tant de choses dont on ne trouve jamais le verbe pour l'exprimer.
Au-delà des paroles et des actions, qu'est-ce que le cœur de la personne devant qui je me retrouve veut exprimer ? Qu'est-ce que les attitudes et le langage de son corps disent ? J'aime l'idée que le corps placote autant que les syllabes en bouche.
La rencontre de cultures différentes – tout comme le dialogue intergénérationnel – se passe de la même manière qu'entre deux personnes qui tentent de se comprendre.
Être soi
Le point de départ d'un bon dialogue, c'est l'identité individuelle. Ainsi donc, ce sont deux « moi » – ou personnes – qui s'ouvrent l'un à l'autre ou, pour reprendre les termes du « Passe-Partout » de mon enfance, « deux fesses qui se connaissent ».
C'est un vieil adage : il est impossible de bien connaître l'autre qui est devant moi, si je ne me connais pas moi-même. Et puis, je ne peux guère accueillir sa différence, si je suis incapable d'affirmer la mienne. Ainsi, pour apprécier une autre culture, il faut avant tout aimer celle qui a fait de moi ce que je suis. Pour apprécier le pays d'autrui, il est préférable d'avoir visité le sien. L'autre n'est pas moi.
Les lois du dialogue culturel
Lorsqu'on veut véritablement comprendre culturellement l'autre, il est important de mettre de côté les réponses faciles, les propos superficiels et les idées préconçues.
Et puis, éviter de se comporter en conquérants ou en « personne qui fait pitié ».
Enfin, la rencontre avec une autre culture n'est possible qu'en restant humble.
Et comment faire pour reconnaître la route à emprunter dans une démarche « dialogale » ?
J'aime la réponse de l'abbé Dumont à Esther Létourneau dans le roman historique « Un amour éternel » d'André Mathieu (Éditions Coup d'œil) : « Je me demande de plus en plus s'il ne faut pas plutôt laisser la route reconnaître le voyageur. »
Ainsi donc, le plus important est de se mettre en route et de marcher ensemble sans rien précipiter.
Mon amie innue
Puisqu'il est question de rencontre culturelle, je me permets de vous parler de mon amie Marie-Suzie. Je pense souvent à elle ces jours-ci.
Il y a plusieurs mois que je n'ai point de ses nouvelles. En fait, j'ai perdu sa trace depuis qu'elle a décidé de retourner vivre dans sa Jamésie. Je sais que je la reverrai au détour d'un sentier.
J'ai connu Marie, ici, dans la grande région de Montréal. Elle était préposée aux bénéficiaires de nuit dans un hôpital de la rive nord de Montréal. Au fil des mois que nous nous sommes fréquentés, nous avons échangé bien des confidences.
Et puis un jour, elle a décidé d'aller travailler sur le territoire de la Baie-James, au Nord-du-Québec. Là-bas, l'hiver est interminable. Dans les larges rues de Matagami, il y a plus de motoneiges que d'automobiles. Et, il neige presque toujours. C'est féerique !
L'hiver dernier, je suis allé la visiter. J'étais tellement heureux de la revoir ! Assise à la table du petit restaurant de l'hôtel Matagami, elle a fini par me confesser être de la Nation crie.
« Mais pourquoi cette gêne ? Pourquoi cacher tes origines et ta culture ? Je serais tellement fier d'être un « Indien » ou un « Esquimau » !, lui ai-je lancé, triste de la voir cacher son ADN.
Elle m'a expliqué qu'il y a encore beaucoup de préjugés au Québec face aux Premières Nations et, pour ne pas subir de discrimination, elle préfère se faire discrète sur sa généalogie. Je lui ai dit comprendre son sentiment. Mais je n'ai pu m'empêcher de l'encourager à dire qu'elle est une femme autochtone.
J'espère tellement que la vie permettra qu'on puisse de nouveau se faire la bise. Elle me manque.
Des cultures à découvrir
Question de me rapprocher des cultures autochtones, il y a quelques mois, je suis allé visiter, avec ma complice de vie, le musée amérindien de Mashteuiatsh, « là où il y a une pointe », à quelques kilomètres de Roberval, dans la seule communauté autochtone de la région jeannoise. Son histoire nomade remonte à loin. Jacques Cartier a croisé les ancêtres de ces gens.
Ici, les eaux du Pekuakami (un nom montagnais pour désigner le lac Saint-Jean) sont claires. Là-bas, au sud, où on ne voit pas la terre, il y a Métabetchouan. Un peu plus à l'ouest, on trouve la Ouiatchouan. Très loin, au sud-est, c'est le royaume de Saguenay. On est ici au cœur d'une ancienne région amérindienne.
L'hiver, l'immensité de l'horizon fait rêver. Près d'ici vivait le beau Toshan, le bel Indien d'Hermine Delbeau, l'héroïne du roman de Marie-Bernadette Dupuy, « L'Enfant des neiges », dont l'intrigue se passe dans l'ancien village de Val-Jalbert, sur le bord de la rivière Ouiatchouan, et dans la forêt de la Péribonka.
Le musée amérindien nous fait entrer dans une riche culture. L'établissement muséal m'a aidé à chasser quelques mites ancrées dans ma tête de caucasien. D'ailleurs, il y a en chacun de nous un héritage de Lucky Luke. Par chance, les Indiens d'ici n'ont rien des compatriotes des Dalton. Ils sont beaucoup plus intéressants.
La Conférence mondiale sur les peuples autochtones permettra à la planète de diriger quelques flèches sur les droits et les beautés des Premières nations. Elles ont tant à nous apprendre.
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Huffington Post Québec, 21 septembre 2014. www.huffpost.com/archive/qc/entry/apprendre-a-dialoguer-avec-les-premieres-nations-afin-de-sortir_b_5844076
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Critique de livre : Les Amants du presbytère
Par Benoit Voyer
« Les Amants du presbytère » est un roman historico-policier. Par moments, il frôle même la littérature érotique. Dupuy aime la sensualité. Tous ses romans sont teintés de scènes osées.
Que voulez-vous ? « La vie est si courte, parfois ! Pourquoi se priver de ce qu'elle a de meilleur ? », pense l'abbé Roland Charvaz, vedette du dernier roman de Marie-Bernadette Dupuy, Les Amants du presbytère. Pour ce prêtre pas très catholique derrière sa sainte apparence sociale, le meilleur de l'existence est le plaisir de la chair. Il en a même « le diable au corps », pour reprendre le titre du bouquin de Raymond Radiguet.
Et puis, « quand le mal est fait, on n'ose pas faire arrière ». On finit par engourdir sa conscience en justifiant sa bassesse.
Ce n'est sûrement pas la première fois qu'un prêtre passe outre à son vœu de chasteté. Comme Charvaz, à une autre époque, plusieurs ont reçu le sacrement de l'ordre sans en avoir la vocation réelle.
C'est ce qui est arrivé au curé de Saint-Germain-de-Montron, en France, au milieu des années 1800. Il est devenu prêtre pour l'honneur : « Je n'ai pas la vocation religieuse et je ne l'ai jamais eue. Ma famille m'a poussé par de sages propos à entrer au séminaire. Étant le cadet, j'étais sans espoir d'héritage et j'ai préféré la soutane à l'uniforme ; on risque moins de se faire trouer la peau ainsi affublé », confiait-il en 1849 à Mathilde de Salignac, la splendide épouse du médecin du village qui deviendra sa maîtresse.
Malgré leur discrétion, d'aventure en aventure, ils finiront par être l'objet de commérages. Mais jusqu'où iront-ils pour préserver leur secret ?
Je ne dévoilerai rien en écrivant qu'il s'agit d'une histoire de meurtre. Le roman est inspiré d'un fait historique : la condamnation à la prison à vie de l'abbé Laurent Gothland, le 30 janvier 1851.
Dans l'épilogue de cette fiction fort bien écrite, l'auteure explique : « Cet enfant de Savoie, curé par contrainte, puis par opportunité, fut emmené le 5 avril 1851 au bagne de Rochefort-sur-Mer, sous le matricule 1063. Un an plus tard environ, le 21 mai 1852, il fut transféré à Brest sur le navire Le Laborieux. [...]. Il traversa l'océan Atlantique à bord du bateau Le Duquesne pour arriver à Cayenne le 23 août 1852. De là, on le conduisit sur les îles du Salut [...], le 5 juillet 1853. [...] Ce fut son dernier voyage, puisqu'il s'éteignit là-bas, le 5 février 1854 ».
Malgré qu'on connaisse la tragique conclusion du récit, la saga dans laquelle Marie-Bernadette Dupuy fait traverser son lecteur est passionnante. Cette Française, vedette depuis de nombreuses années des Éditions JCL, qui a pignon sur rue au Saguenay–Lac-Saint-Jean, a un don particulier pour la dramatique. Dès qu'on ouvre un de ses ouvrages, on est emporté par son imaginaire.
Roland Charvaz est un prédateur. Mathilde, sa proie, est une femme qui, dit-elle, ne connaît pas la joie en mariage, s'étant mariée par raison à un homme qui pourtant a pour elle un amour aveugle.
Un jour, avant d'être sa victime, elle confia au prêtre dans la pénombre du confessionnal : « La position sociale du docteur de Salignac a dicté le choix de ma mère, et mon père a renchéri. J'étais si jeune ! J'ai obéi. Enfant, j'étais choyé, mais on m'a ensuite envoyé au couvent et, dès que je suis sortie de chez les sœurs, il a fallu me marier. Au fond, je n'ai aucun reproche à faire à mon époux, qui me comble de cadeaux. Mais il s'emporte vite… et il est très jaloux ».
Les Amants du presbytère est un roman historico-policier. Par moments, il frôle même la littérature érotique. Dupuy aime la sensualité. Tous ses romans sont teintés de scènes osées. Le plus souvent, ses héroïnes sont honorées du cunnilingus, mais dans cet ouvrage, elle fait appel à l'acte sexuel plus animal et sauvage.
Quelle plume ! « Il la plaqua contre lui, émoustillé par sa nudité voilée d'un fin tissu blanc. Ses mains solides de montagnard s'égarèrent, impérieuses. La peau de Mathilde était satinée et tiède. Il la parcourut de caresses hâtives. [...] Il l'allongea sur l'herbe. Lascive, comblée, la jeune femme oublia tout ce qui aurait pu freiner son ivresse : la soutane de son amant, [...] les risques encourus en se livrant à l'adultère dans le jardin familial. Leur étreinte fut brève, mais intense, voire bestiale.
Et puis, « le curé était venu au rendez-vous [...] Sans lui dire un mot, il l'avait embrassée et caressée, étendue sur du foin jauni pour laisser libre cours à son désir, décuplé par la contrariété et la peur d'être surpris en flagrant délit d'adultère. Jamais encore Charvaz ne s'était montré aussi brutal, aussi grossier. À peine son plaisir pris, il l'avait grondé de reproches. Es-tu folle ? Un dimanche ! »
En confidence, elle lui avait confié au début de leur relation : « Je rêve d'amour, mon père, du véritable amour… » Dans les bras de Roland Charvaz, le découvre-t-elle vraiment ? Son retour à la réalité risque d'être cruel. Parfois, on pense trouver ailleurs ce qu'on a déjà auprès de soi. Parfois, on tricote une corde pour s'y pendre. L'illusion paradisiaque qu'apporte la bonne chair peut parfois conduire en enfer. Quand le corps s'enflamme, le diable fait son œuvre.
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Huffington Post Québec, 16 novembre 2015. www.huffpost.com/archive/qc/entry/critique-de-livre-les-amants-du-presbytere_b_8392808
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Val Notre-Dame: la vallée de l'émerveillement et des divines tentations
Sur cette terre quasi-bénite, on sent une présence particulière, une sorte de souffle régénérateur qui pénètre les entrailles de l'être. Que l'on soit athée ou croyant, on ne peut rester insensible à cette réalité.
Par Benoit Voyer
Au loin, l'écho de la cloche de l'abbaye Val Notre-Dame résonne. Il s'élève dans la vallée, comme une prière élève l'âme vers les hauteurs. Il est 6 h 45 Pas très loin d'ici, à l'intérieur de la chapelle monastique, commencent les laudes, le deuxième espace communautaire où les moines cisterciens s'adressent à leur Dieu. Ces hommes catholiques qui vivent en retrait de la société – mais encore bien ancrés dans celle-ci – sont éveillés depuis 4 heures, heure matinale des vigiles.
Le jour se lève sur ce 14 octobre, mais le soleil arrive difficilement à se faire une place à travers la masse nuageuse. Il a plu toute la nuit. Le temps est sombre, mais les météorologues annoncent une journée magnifique. Comme dans toute existence, le beau temps finit toujours par revenir après les heures grises.
J'en suis à ma troisième visite en autant de semaines sur ce site d'exception qui offre quinze kilomètres de sentiers pédestres. Ce sont les pistes de l'ancienne station touristique de la Montagne-Coupée que les moines laissent gratuitement à la disposition du public. L'hiver, elles font place à la raquette et au ski de fond.
Ce matin, à 6 h 10, je me suis mis en piste sur le sentier du mont Saint-Joseph. C'était encore la nuit et la température était fraîche. Ces jours-ci, le thermomètre affiche une descente significative du mercure. Un bon matin, les premiers flocons de neige devraient apparaître à la cime des montagnes du Piedmont.
Je me suis habillé chaudement pour affronter la grisaille. J'ai commencé ma petite randonnée avec une lampe frontale afin d'être en sécurité au cœur de la forêt. La nuit expose à la part d'ombre en soi.
Sur cette terre quasi-bénite, on sent une présence particulière, une sorte de souffle régénérateur qui pénètre les entrailles de l'être. Que l'on soit athée ou croyant, on ne peut rester insensible à cette réalité.
J'ai marché près de 45 minutes avant de pouvoir distinguer les couleurs multicolores de l'automne. Malgré le ciel sombre, la nature demeure merveilleuse.
À l'aube de ce jour, l'odeur des feuilles mortes embaume l'air. L'expérience olfactive est mémorable.
En altitude, au pied de la falaise, j'observe au loin l'abbaye. À travers la grande baie vitrée de la chapelle, il m'est possible d'être en contact visuel avec le tabernacle. Aussi, j'y vois les moines en prière et les chandelles de l'autel du mémorial eucharistique qui scintillent.
Les nuages se dissipent peu à peu. Je me remets en piste. Je souhaite arriver à l'heure à la messe de 8 h 15 Est-ce que j'y atteindrai un autre sommet à l'intérieur de moi ?
***
Malgré ses charmes, le sentier du mont Saint-Joseph ne mène pas au secteur le plus intéressant du réseau pédestre de l'abbaye. Le plus marquant est le trajet de cinq kilomètres (un aller-retour) qui conduit du magasin jusqu'à l'Auberge de la montagne coupée. Là-haut, on retrouve deux belvédères qui offrent des points de vue impressionnants sur les montagnes et la plaine de la région.
Il y a quelques jours, ma conjointe Manon et moi étions charmés. C'était le 10 octobre. Il faisait un temps radieux. Le soleil était au rendez-vous. Il était même à son meilleur ! Le ciel était dégagé. Durant la montée, à travers la forêt, il y avait une pluie de feuilles provoquée par le vent. En haut, en contemplation, nous nous émerveillions devant ce tableau grandeur nature digne d'un chef-d'œuvre. Celui qui a créé tout ça a manifestement du génie !
Ce jour-là, on n'a remarqué qu'un seul défaut au réseau pédestre : la difficulté de s'y retrouver parce que la signalisation et les repères sont rares ou confondants. Néanmoins, on finit par s'y retrouver.
Mais on dit que ce sont les premières fois qui nous marquent le plus. La mienne a eu lieu le 28 septembre. Après une petite prière aux intentions de ma famille, de ma famille et de personnes malades à la chapelle monastique, et après avoir bavardé avec un moine à la boutique où j'ai acheté du caramel fabriqué sur place et un livre, j'ai parcouru à travers la forêt un sentier de 1,8 kilomètre qui m'a dirigé jusqu'au monastère. Et je suis revenu à mon point de départ. Le silence de ce lieu m'a impressionné.
Mais c'est surtout le regard pénétrant, le sourire et le rire de l'homme de prière qui m'a accueilli au magasin qui m'ont touché. On s'imagine que ces bigots catholiques mènent une vie austère. J'ai rapidement été confronté à un homme joyeux et visiblement heureux. Sa qualité de présence a contaminé positivement le reste de ma journée. Cela a mis un baume à mon vide intérieur fatigué suite à cette nuit difficile à veiller, dans la pénombre d'une chambre, une dame âgée souffrant d'une démence de type Alzheimer et subir ses injures.
Il est assez facile de se rendre à l'abbaye Val Notre-Dame. De l'autoroute 40, on suit la 31 en direction de Joliette. Et puis, juste avant d'entrer dans la municipalité, on prend la route 131 nord jusqu'à Saint-Jean-de-Matha. On tourne à gauche sur le chemin de la Montagne-Coupée. Au bout se trouve l'abbaye. Juste un peu avant, c'est le magasin. Les sentiers débutent à l'arrière du stationnement.
Avant ou après la randonnée, il faut se laisser tenter. La boutique des moines est un incontournable. Tous les circuits touristiques de Lanaudière y font un détour. De toute manière, il faut se rendre au comptoir pour obtenir une carte des sentiers.
À l'intérieur, on trouve de nombreux produits fabriqués dans la pure tradition monastique. J'ai toujours eu un faible pour leurs caramels et chocolats. Ils ont un goût divin ! Bien des démons aimeraient mettre la main sur les recettes des moines.
J'ai déjà hâte de revenir entendre l'écho de la cloche de l'abbaye Val Notre-Dame résonner dans la vallée.
www.abbayevalnotredame.ca
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Huffington Post Québec, 25 octobre 2015. huffpost.com/archive/qc/entry/le-11-septembre-1984-jean-paul-ii-etait-a-montreal_b_5777444
LE PRÉSENT DU PASSÉ: L'autre moitié du Québec
Madame Denise Bombardier,
Je fais partie de ce que vous appelez « l’autre moitié du Québec », de tous ces gens qui ne baignent pas dans la culture de masse. En vous lisant, je me suis reconnu. Pour bien des gens, je suis un marginal : je m'intéresse à la lecture d'ouvrages sérieux en psychologie, en histoire, en théologie, en sciences politiques et en sociologie. Pour m'informer, je lis les journaux et magazines haut de gamme. Je déteste le style du Journal de Montréal et j'adore ceux du Monde, du Devoir et de l'Osservatore Romano.
Je déteste m'informer à la télévision. C'est fou de penser que les nouvelles des bulletins de TVA et de TQS, mot à mot, couvrent à peine une demi-page de tabloïd. Ce n'est pas assez pour moi. Nous sommes mieux avec le quotidien Métro. J'aime la musique jazz, classique, sacrée et gospel. Avez-vous déjà écouté les disques des moines et moniales de la Fraternité monastique de Jérusalem qui habitent avenue du rue Mont-Royal ou ceux d'Alain Lefevre et de Marie-Nicole Lemieux ?
J'écoute peu la télévision et les humoristes à la mode m'énervent à cause de leur langage vulgaire. Je m'ennuie de Sol et de son humour intelligent. De plus, je suis un catholique qui fréquente au moins une fois par semaine une église, sans toutefois tomber dans un vieux conservatisme. Du côté politique, je m'intéresse aux partis politiques qui se préoccupent de santé, des marginaux, dont les enfants malades, leurs familles et les personnes âgées, et d'environnement.
Jadis, j'ai été membre du Nouveau Parti démocratique du Canada (NPD) et, aux dernières élections, j'ai voté pour le Parti vert (12 % de la population a fait comme moi). Actuellement, j'ai à l'œil Stephen Harper. J'attends de voir s'il était sérieux quand il a fait son mea-culpa en faveur de l'environnement, au début de janvier. Enfin, j'observe sérieusement Stéphane Dion. Il pourrait me convaincre de voter pour la première fois en faveur du Parti libéral à cause de son appui au protocole de Kyoto et de son plan environnemental. Madame, je vous remercie de penser à nous, « l’autre moitié du Québec ».
Benoit Voyer
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Le Devoir, 22 janvier 2007, p. A-6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2810006?calendar_open=1
ICI ET LA: 30 juillet 2024
Aujourd'hui, voici ce qui a retenu mon attention dans les médias:
ALIMENTATION: Les récoltes de fraises friseraient le déclin a cause du réchauffement climatique
lapresse.ca/actualites/environnement/2024-07-29/rechauffement-climatique/les-recoltes-de-fraises-frisent-le-declin.php
ALIMENTATION: Le temps chaud fait craindre de grosses pertes aux producteurs de bleuets
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2092008/bleuetiere-agriculture-secheresse-canicule?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.cotenord
ALIMENTATION: Des agriculteurs de l’Est de l’Ontario tirent la sonnette d’alarme
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2092179/changement-climatique-impact-agriculture-ottawa-ontario?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.ottgat
CIRCULATION ROUTIERE: Des travaux se tiendront sur les routes 158 et 341 à Saint-Alexis et à Saint-Jacques.
monjoliette.com/des-travaux-se-tiendront-sur-les-routes-158-et-341-a-saint-alexis-et-a-saint-jacques/
ÉCONOMIE: Les magasins Korvette et Bentley passent dans le giron de Hart. Son propriétaire, Paul Nassar, possède déjà l’entreprise lavalloise Hart, qui compte 130 succursales de magasins d’articles de maison au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.
FINANCES PERSONNES: Gare aux institutions financières qui partagent vos informations grâce aux services d’actualisation du crédit journaldemontreal.com/2024/07/29/gare-aux-institutions-financieres-qui-partagent-vos-informations-grace-aux-services-dactualisation-du-credit
GÉNÉALOGIE: Une première exposition des registres paroissiaux de Port-Royal pendant le CMA 2024
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2092162/registres-centre-acadien-exposition-cma-port-royal?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.acadie
PATRIMOINE: Le dimanche le 8 septembre 2024, de 13h à 17h. il y aura "Portes ouvertes" à la Chapelle Saint-Antoine-de-Padoue du Séminaire de Saint-Hyacinthe et, de 14h a 15h30, un concert d'orgue et de chant choral. On pourra y rencontrer l'historien Martin Ostiguy et l'archiviste Anne-Sophie Robert. Les artistes invités seront: Jacquelin Rochette, musicien (opus 1313) et Franklin Tagakou, ténor, accompagné du Grand Chœur Céleste. Le programme musical sera entrecoupé de brefs exposés sur l’histoire du Séminaire, de la chapelle et de l’orgue. Il sera également question du père Michael J. McGivney, fondateur des Chevaliers de Colomb, qui a étudié au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Dans la chapelle, une exposition consacrée aux Soeurs Saint-Joseph sera également présentée.
PATRIMOINE: Le 7 septembre, a 13h30 et 19h, la chapelle du Monastère des Sœurs adoratrices de Précieux Sang, a Saint-Hyacinthe, présente "Un cri d'amour sous les voutes du monastère". Il s'agira d'un hommage a Catherine Aurélie Caouette (1833-1905), fondatrice de la congrégation monastique. Pour faire connaître cette maskoutaine d’exception, quelques passages de ses écrits seront lus. La musique qui sera présentée a été choisie dans le répertoire monacal des communautés féminines depuis l’époque de la Nouvelle France jusqu’à celle des Archives de la communauté des Adoratrices au 20e siècle. Animation : Johanne Biron, chercheuse. Artistes invitées : Geneviève Solis, musicienne et Angèle Trudeau, mezzo-soprano. Événement gratuit, mais puisque les places sont limitées, il faut réserver la sienne sur:
histoiredemaska.com/orgues-et-patrimoine-2024/
PHARMACIE: Pourquoi les produits menstruels sont-ils de plus en plus chers?
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2090551/prix-tampons-serviettes-hygieniques-menstruations?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.ontario
RECYCLAGE: Comment faire des choix environnementaux à l’épicerie ?: monjoliette.com/comment-faire-des-choix-environnementaux-a-lepicerie/
SANTÉ MENTALE: Des outils (et du bois) pour combattre la solitude
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2090748/isolement-organisme-ebenisterie-sante-publique?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.bsl
lapresse.ca/actualites/environnement/2024-07-29/rechauffement-climatique/les-recoltes-de-fraises-frisent-le-declin.php
ALIMENTATION: Le temps chaud fait craindre de grosses pertes aux producteurs de bleuets
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2092008/bleuetiere-agriculture-secheresse-canicule?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.cotenord
ALIMENTATION: Des agriculteurs de l’Est de l’Ontario tirent la sonnette d’alarme
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2092179/changement-climatique-impact-agriculture-ottawa-ontario?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.ottgat
CIRCULATION ROUTIERE: Des travaux se tiendront sur les routes 158 et 341 à Saint-Alexis et à Saint-Jacques.
monjoliette.com/des-travaux-se-tiendront-sur-les-routes-158-et-341-a-saint-alexis-et-a-saint-jacques/
ÉCONOMIE: Les magasins Korvette et Bentley passent dans le giron de Hart. Son propriétaire, Paul Nassar, possède déjà l’entreprise lavalloise Hart, qui compte 130 succursales de magasins d’articles de maison au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.
FINANCES PERSONNES: Gare aux institutions financières qui partagent vos informations grâce aux services d’actualisation du crédit journaldemontreal.com/2024/07/29/gare-aux-institutions-financieres-qui-partagent-vos-informations-grace-aux-services-dactualisation-du-credit
GÉNÉALOGIE: Une première exposition des registres paroissiaux de Port-Royal pendant le CMA 2024
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2092162/registres-centre-acadien-exposition-cma-port-royal?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.acadie
PATRIMOINE: Le dimanche le 8 septembre 2024, de 13h à 17h. il y aura "Portes ouvertes" à la Chapelle Saint-Antoine-de-Padoue du Séminaire de Saint-Hyacinthe et, de 14h a 15h30, un concert d'orgue et de chant choral. On pourra y rencontrer l'historien Martin Ostiguy et l'archiviste Anne-Sophie Robert. Les artistes invités seront: Jacquelin Rochette, musicien (opus 1313) et Franklin Tagakou, ténor, accompagné du Grand Chœur Céleste. Le programme musical sera entrecoupé de brefs exposés sur l’histoire du Séminaire, de la chapelle et de l’orgue. Il sera également question du père Michael J. McGivney, fondateur des Chevaliers de Colomb, qui a étudié au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Dans la chapelle, une exposition consacrée aux Soeurs Saint-Joseph sera également présentée.
PATRIMOINE: Le 7 septembre, a 13h30 et 19h, la chapelle du Monastère des Sœurs adoratrices de Précieux Sang, a Saint-Hyacinthe, présente "Un cri d'amour sous les voutes du monastère". Il s'agira d'un hommage a Catherine Aurélie Caouette (1833-1905), fondatrice de la congrégation monastique. Pour faire connaître cette maskoutaine d’exception, quelques passages de ses écrits seront lus. La musique qui sera présentée a été choisie dans le répertoire monacal des communautés féminines depuis l’époque de la Nouvelle France jusqu’à celle des Archives de la communauté des Adoratrices au 20e siècle. Animation : Johanne Biron, chercheuse. Artistes invitées : Geneviève Solis, musicienne et Angèle Trudeau, mezzo-soprano. Événement gratuit, mais puisque les places sont limitées, il faut réserver la sienne sur:
histoiredemaska.com/orgues-et-patrimoine-2024/
PHARMACIE: Pourquoi les produits menstruels sont-ils de plus en plus chers?
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2090551/prix-tampons-serviettes-hygieniques-menstruations?utm_source=adestra&utm_campaign=na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.ontario
RECYCLAGE: Comment faire des choix environnementaux à l’épicerie ?: monjoliette.com/comment-faire-des-choix-environnementaux-a-lepicerie/
SANTÉ MENTALE: Des outils (et du bois) pour combattre la solitude
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LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le Plan Nord
Il n'y a pas que les grands projets miniers pour développer les terres en haut du 49ᵉ parallèle. Il faut aussi miser sur les petites et moyennes entreprises et le tourisme.
Par Benoit Voyer
Le Plan Nord ne semble pas encore donner les retombées espérées dans les régions au-delà du 49ᵉ parallèle. En décembre, dans une lettre ouverte adressée au gouvernement de Philippe Couillard et signée par 16 dirigeants d'entreprises du secteur de Sept-Îles, on expliquait que « jusqu'à maintenant, le Plan Nord a créé six emplois sur la Côte-Nord alors que plus de 1000 emplois ont été perdus dans les trois dernières années avec la baisse du marché des métaux ». Les signataires sont d'avis que le plan représente jusqu'à maintenant une simple illusion.
À les lire, on a l'impression que ces entrepreneurs croient aux contes de fées. C'est comme s'il avait fallu la création de la Société du Plan Nord pour que tout apparaisse plus facile pour eux.
Les signataires – comme plusieurs citoyens au nord du 49ᵉ – perdent espoir. Ils auraient aimé qu'enfin arrivent des mois et de bonnes années de développement économique accéléré pour la Haute-Côte-Nord et les territoires de la Baie-James-Eeyou Istchee et du Nunavik. Il ne faut pas désespérer.
Le ministre Pierre Arcand le disait avec sagesse, l'automne dernier, le Plan Nord « ne veut pas dire croissance instantanée, il faut travailler fort pour ça [...] Il y a des cycles, l'offre, la demande, on ne peut pas vivre dans un boum perpétuel ».
Le Plan Nord est arrivé en situation mondiale difficile, notamment avec un ralentissement économique et une baisse du prix des métaux sur la scène mondiale. C'est la Chine qui aurait créé cette conjoncture. L'Empire du Milieu est le plus important consommateur de produits de base et est à l'origine d'une faible augmentation de la demande ces dernières années. Puisque son économie est au ralenti, la Chine a diminué ses importations de métaux et de minéraux. Avec la baisse de la demande asiatique, il y a un surplus sur le marché mondial.
Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord ajoutait que « le problème n'est pas juste l'état de l'économie, c'est aussi qu'il y a bien du monde là-dedans. Les Africains sont agressifs, les Australiens ont augmenté leur production… On n’est pas tout seul à solliciter.
Le premier ministre québécois, Philippe Couillard, et son équipe économique sont en mouvement. Il suffit de suivre le moindrement les annonces et les missions économiques pour voir à quel point ils ont une volonté ferme d'attirer des investisseurs au Québec. Le Plan Nord et la Stratégie maritime, en accord avec la lutte aux changements climatiques, sont visiblement des priorités pour les libéraux.
Ils ont compris que pour obtenir à terme des résultats, il ne faut pas abandonner la partie. « Le démarchage doit se faire de façon continue, de façon permanente », pour reprendre Pierre Arcand. « On ne parle pas de petits projets, on parle de projets de milliards de dollars [...] Ça prend des contacts humains », beaucoup de contacts !
Le prix du fer et de l'aluminium a connu une déprime ces derniers mois, mais il y a d'autres ressources qui demeurent en demande, et même en très forte demande. Il y a notamment le lithium. Il s'agit d'un marché d'avenir parce qu'il sert à fabriquer les batteries des véhicules électriques.
Déjà, on a annoncé, l'automne dernier, la construction d'une mine sur le territoire de la Baie-James-Eeyou Istchee, près du village des Cris de Nemaska, situé à l'ouest du lac Champion, à 240 km au nord-est de Matagami. Il s'agit d'un investissement de près de 200 M$. La mine devrait commencer sa production en 2018 et créera 250 emplois en période de construction et 190 emplois permanents, sur au moins 26 ans.
Et voilà qu'un projet de mine de fer à enfournement direct pourrait s'établir à Schefferville. Une entente de principe a été conclue entre Québec et TS Global Minerals Holdings. L'annonce a été faite à Davos, en marge du Forum économique mondial, le 20 janvier.
Donner de l'espoir
En attendant que les investisseurs arrivent et que l'économie mondiale reprenne, les gouvernements du Canada et du Québec devraient peut-être donner un peu plus d'espoir aux citoyens qui vivent au nord du 49ᵉ parallèle.
Une manière de faire serait de lancer un gros projet d'infrastructures. Depuis le temps qu'ils en rêvent, pourquoi ne pas en profiter pour compléter la route 138 ? Ce méga projet donnerait de la visibilité à la région partout en Amérique et créerait des petits et moyens projets moins coûteux à réaliser que les grands projets miniers et, aussi, plus permanents pour l'économie de la côte. Le budget fédéral consacré aux infrastructures pourrait aider considérablement à cela.
Pour reprendre encore une fois le ministre : « Le Québec ne peut être seul à investir. Si le développement nordique est une priorité canadienne, il va falloir que ça se reflète dans l'avenir. »
Finir la 138, c'est détourner les automobilistes qui passent par les provinces maritimes pour se rendre à Terre-Neuve. La nouvelle route permettrait un trajet plus court et moins dispendieux pour eux. Prendre le bateau de Blanc-Sablon à Sainte-Barbe n'est pas plus long que traverser le Saint-Laurent de Sorel à Berthier.
Finir la 138, c'est s'assurer un rapprochement économique et culturel avec les habitants de Terre-Neuve et du Labrador.
Finir la 138, c'est permettre un lien plus étroit entre les petites localités de la Côte-Nord.
Finir la 138 a le potentiel d'attirer le développement touristique de la région. Combien de gens, comme moi, aimeraient partir à la découverte de la vallée de Gilles Vigneault, des magnifiques îles Mingan, des étranges citoyens de Blanc-Sablon (un peuple « de francs chialeux au langage coloré », dit-on) et de la petite communauté de la Grande séduction ?
Finir la 138, c'est aussi permettre, à travers de petits projets, l'établissement de communautés de Québécoises et Québécois intéressés par l'idée de passer leur vie en Haute-Côte-Nord. Pour cela, il faut des emplois permanents.
Et en annonçant la finalisation de la 138, pourquoi ne pas en profiter pour créer un nouveau parc national québécois (SEPAQ) entre Natashquan et Blanc-Sablon ?
Il n'y a pas que les grands projets miniers pour développer les terres en haut du 49ᵉ parallèle. Il faut aussi miser sur les petites et moyennes entreprises et le tourisme. C'est ce que permettrait la finalisation du prolongement de la 138.
Le Plan Nord ne semble pas encore donner les retombées espérées dans les régions au-delà du 49ᵉ parallèle. En décembre, dans une lettre ouverte adressée au gouvernement de Philippe Couillard et signée par 16 dirigeants d'entreprises du secteur de Sept-Îles, on expliquait que « jusqu'à maintenant, le Plan Nord a créé six emplois sur la Côte-Nord alors que plus de 1000 emplois ont été perdus dans les trois dernières années avec la baisse du marché des métaux ». Les signataires sont d'avis que le plan représente jusqu'à maintenant une simple illusion.
À les lire, on a l'impression que ces entrepreneurs croient aux contes de fées. C'est comme s'il avait fallu la création de la Société du Plan Nord pour que tout apparaisse plus facile pour eux.
Les signataires – comme plusieurs citoyens au nord du 49ᵉ – perdent espoir. Ils auraient aimé qu'enfin arrivent des mois et de bonnes années de développement économique accéléré pour la Haute-Côte-Nord et les territoires de la Baie-James-Eeyou Istchee et du Nunavik. Il ne faut pas désespérer.
Le ministre Pierre Arcand le disait avec sagesse, l'automne dernier, le Plan Nord « ne veut pas dire croissance instantanée, il faut travailler fort pour ça [...] Il y a des cycles, l'offre, la demande, on ne peut pas vivre dans un boum perpétuel ».
Le Plan Nord est arrivé en situation mondiale difficile, notamment avec un ralentissement économique et une baisse du prix des métaux sur la scène mondiale. C'est la Chine qui aurait créé cette conjoncture. L'Empire du Milieu est le plus important consommateur de produits de base et est à l'origine d'une faible augmentation de la demande ces dernières années. Puisque son économie est au ralenti, la Chine a diminué ses importations de métaux et de minéraux. Avec la baisse de la demande asiatique, il y a un surplus sur le marché mondial.
Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord ajoutait que « le problème n'est pas juste l'état de l'économie, c'est aussi qu'il y a bien du monde là-dedans. Les Africains sont agressifs, les Australiens ont augmenté leur production… On n’est pas tout seul à solliciter.
Le premier ministre québécois, Philippe Couillard, et son équipe économique sont en mouvement. Il suffit de suivre le moindrement les annonces et les missions économiques pour voir à quel point ils ont une volonté ferme d'attirer des investisseurs au Québec. Le Plan Nord et la Stratégie maritime, en accord avec la lutte aux changements climatiques, sont visiblement des priorités pour les libéraux.
Ils ont compris que pour obtenir à terme des résultats, il ne faut pas abandonner la partie. « Le démarchage doit se faire de façon continue, de façon permanente », pour reprendre Pierre Arcand. « On ne parle pas de petits projets, on parle de projets de milliards de dollars [...] Ça prend des contacts humains », beaucoup de contacts !
Le prix du fer et de l'aluminium a connu une déprime ces derniers mois, mais il y a d'autres ressources qui demeurent en demande, et même en très forte demande. Il y a notamment le lithium. Il s'agit d'un marché d'avenir parce qu'il sert à fabriquer les batteries des véhicules électriques.
Déjà, on a annoncé, l'automne dernier, la construction d'une mine sur le territoire de la Baie-James-Eeyou Istchee, près du village des Cris de Nemaska, situé à l'ouest du lac Champion, à 240 km au nord-est de Matagami. Il s'agit d'un investissement de près de 200 M$. La mine devrait commencer sa production en 2018 et créera 250 emplois en période de construction et 190 emplois permanents, sur au moins 26 ans.
Et voilà qu'un projet de mine de fer à enfournement direct pourrait s'établir à Schefferville. Une entente de principe a été conclue entre Québec et TS Global Minerals Holdings. L'annonce a été faite à Davos, en marge du Forum économique mondial, le 20 janvier.
Donner de l'espoir
En attendant que les investisseurs arrivent et que l'économie mondiale reprenne, les gouvernements du Canada et du Québec devraient peut-être donner un peu plus d'espoir aux citoyens qui vivent au nord du 49ᵉ parallèle.
Une manière de faire serait de lancer un gros projet d'infrastructures. Depuis le temps qu'ils en rêvent, pourquoi ne pas en profiter pour compléter la route 138 ? Ce méga projet donnerait de la visibilité à la région partout en Amérique et créerait des petits et moyens projets moins coûteux à réaliser que les grands projets miniers et, aussi, plus permanents pour l'économie de la côte. Le budget fédéral consacré aux infrastructures pourrait aider considérablement à cela.
Pour reprendre encore une fois le ministre : « Le Québec ne peut être seul à investir. Si le développement nordique est une priorité canadienne, il va falloir que ça se reflète dans l'avenir. »
Finir la 138, c'est détourner les automobilistes qui passent par les provinces maritimes pour se rendre à Terre-Neuve. La nouvelle route permettrait un trajet plus court et moins dispendieux pour eux. Prendre le bateau de Blanc-Sablon à Sainte-Barbe n'est pas plus long que traverser le Saint-Laurent de Sorel à Berthier.
Finir la 138, c'est s'assurer un rapprochement économique et culturel avec les habitants de Terre-Neuve et du Labrador.
Finir la 138, c'est permettre un lien plus étroit entre les petites localités de la Côte-Nord.
Finir la 138 a le potentiel d'attirer le développement touristique de la région. Combien de gens, comme moi, aimeraient partir à la découverte de la vallée de Gilles Vigneault, des magnifiques îles Mingan, des étranges citoyens de Blanc-Sablon (un peuple « de francs chialeux au langage coloré », dit-on) et de la petite communauté de la Grande séduction ?
Finir la 138, c'est aussi permettre, à travers de petits projets, l'établissement de communautés de Québécoises et Québécois intéressés par l'idée de passer leur vie en Haute-Côte-Nord. Pour cela, il faut des emplois permanents.
Et en annonçant la finalisation de la 138, pourquoi ne pas en profiter pour créer un nouveau parc national québécois (SEPAQ) entre Natashquan et Blanc-Sablon ?
Il n'y a pas que les grands projets miniers pour développer les terres en haut du 49ᵉ parallèle. Il faut aussi miser sur les petites et moyennes entreprises et le tourisme. C'est ce que permettrait la finalisation du prolongement de la 138.
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Huffington Post Québec, 14 février 2016. https://www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-plan-nord_b_9191670
Huffington Post Québec, 14 février 2016. https://www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-plan-nord_b_9191670
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