En ce 16 janvier 2025


CHRÉTIENS PERSÉCUTÉS : 380 millions de chrétiens persécutés dans le monde en 2024 vaticannews.va/fr/monde/news/2025-01/portes-ouvertes-rapport-chretiens-persecutes-monde-2024.html?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=NewsletterVN-FR

SANTÉ MENTALE : Dans cet hôpital, les résidents qui n’ont plus toute leur tête sont surveillés… grâce à une puce ouest-france.fr/leditiondusoir/2025-01-15/dans-cet-hopital-les-residents-qui-n-ont-plus-toute-leur-tete-sont-surveilles-grace-a-une-puce-caa58feb-6f91-4761-92bd-f8aea1ade513?mgo_eu=d41d8cd98f00b204e9800998ecf8427e&mgo_l=6pmozfiqRemnVuraEYLOYw.21.3&utm_content=20250115&utm_medium=email&utm_term=840015&utm_source=sendinblue_co_newsletter_eds&utm_campaign=co_newsletter_eds&vid=1460878&mediego_euid=1460878

CATHOLIQUE : Quel avenir pour les églises du diocèse de Saint-Hyacinthe? lapensee.qc.ca/quel-avenir-pour-nos-eglises 

RADARS : Encore des millions générés par les radars photo journalsaint-francois.ca/encore-des-millions-generes-par-les-radars-photo?utm_campaign=infolettre-du-mercredi&utm_medium=email&utm_edition=202501151000&utm_source=newsletter

AUTOROUTE 25: Fermeture de nuit du tunnel dans les deux directions lareleve.qc.ca/2025/01/13/fermeture-de-nuit-du-tunnel-dans-les-deux-directions

Du 19 au 25 janvier aura lieu la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

INDUSTRIE DU LIVRE: La SODEC doit sauver Septentrion! ledevoir.com/opinion/idees/833098/idees-sodec-doit-sauver-septentrion

AU FIL DE L’HISTOIRE : Le 16 janvier 1876, Le bienheureux Louis-Zéphirin Moreau est sacré évêque par Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau. Nous sommes de lointains petits-cousins. Gaspar Boucher et Nicole Lemaire (née en 1595), ses 5e arrière-grands-parents sont aussi mes 11e arrière-grands-parents

Saint-Esprit

La circonscription de Rousseau

La Halte jardinière, a Saint-Esprit,
dans la circonscription québécoise de Rousseau,
au cœur de la belle région de Lanaudière

Les souvenirs d’enfance de Dorothée Berryman à Sainte-Anne-de-Beaupré

Dorothée Berryman dans La Muse d'un artiste

Par Benoit Voyer

16 janvier 2025

Le plus sensible des souvenirs d’enfance de la comédienne et chanteuse de jazz Dorothée Berryman est sans nul doute celui de la guérison de son frère Édouard, le benjamin de la famille. Le petit de quelques mois souffrait d’un angiome qui déréglait son système lymphatique. Il a été guéri grâce à la prière d’intercession de la mère de sa mère « à la bonne sainte Anne », la grand-mère de Jésus selon la tradition.

En 2002, elle me disait [1] : « Je vous raconte cela avec mes souvenirs de petite… C’était proche du cerveau et il y avait là une sorte d’excroissance énorme qui poussait tout le temps. On a fait une biopsie. Les médecins ont identifié la maladie et ont dit qu’il n’y avait rien à faire parce que c’était trop proche de certains nerfs du cerveau. A l’époque, c’était dangereux d’opérer dans cette région du corps humain! Il y a plus de 40 ans de cela! ».

Cette époque ou son jeune frère était hospitalisé, elle s’en souvient comme si c’était hier : « Les trois autres enfants chez nous, dont moi, pleuraient. On ne pouvait pas imaginer notre petit frère malade pour toujours. Cela voulait dire qu’ils allaient l’opérer, enlever une partie de l’angiome, que ça allait resurgir et qu’il devrait revenir continuellement à l’hôpital. C’était affreux pour nous! »

Ne pouvant accepter une telle situation, sa grand-mère décide de prier la mère de Marie, la grand-mère du Nazaréen, en promettant, a la guérison du bébé, un abonnement à vie à la Revue Sainte Anne.

Dorothée Berryman
dans Les Invasions barbares

Quelques mois plus tard, de retour à la maison…

« Tout à coup, une nouvelle infection est apparue! Édouard a fait une fièvre monstre! Là on pensait que ça y était, que c’était la fin. En réalité, ça a été la dernière crise! » ajoute-t-elle la voix remplie d’émotions.

Les médecins n’ont jamais pu expliquer ce qui était arrivé. D’après eux, le petit malade a développé des anticorps. Médicalement, ils n’ont guère été capables d’expliquer clairement la soudaine guérison. Pour la famille de Dorothée, ce fut le miracle attendu.

Edouard a été abonné à la Revue Sainte Anne toute sa vie.

La neuvaine à sainte Anne
Lorsqu’elle était fillette, elle allait au Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré en famille à chaque neuvaine. Le 26 juillet, veille de l’anniversaire de sa mère, était une journée familiale sacrée. Elle se souvient surtout des processions aux flambeaux.

Ses souvenirs de gamine restent bien vivants : « Je me rappelle nous, quatre enfant, assis dans la voiture et insistant pour que daddy arrête acheter des patates fruites. Il me semble qu’il attendait toujours le dernier restaurant pour arrêter. Nous désespérions! »

La comédienne

Dorothée Berryman doit sa vocation de comédienne aux religieuses, notamment à sœur Marie-Louise-de-la-Trinité. En 2002, elle me confiait : « Je me trouve privilégiée d’avoir fait mon cours classique chez les Sœurs de la Charité de Saint-Louis et avec la Congrégation Notre-Dame au Collège Bellevue, à Québec, et de certaines rencontres, comme celle de cette religieuse qui a orienté ma vie. J’avais 13 ans à l’époque! Elle a pressenti en moi un talent artistique et m’a guidée vers une école de théâtre ».

Elle n’est pas la seule à avoir inspiré ses rôle de « bonne sœur » au théâtre et a l’écran. Sa tante Gabrielle est membre de la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie et sa tante Jacqueline a donné sa vie au service des Hospitalières. Cette dernière habite Chicoutimi. Sœur Agnès, dans la télésérie Rivière-des-Jérémie, c’était un peu elle.

Dorothée Berryman est actrice et interprète de jazz. Elle participe à l’enrichissement du paysage culturel du Canada francophone, depuis plus d’un demi-siècle. Elle a joué des rôles marquants au cinéma, à la télévision, au théâtre et elle a interprété de grands classiques du jazz sur disque ou sur scène.

Au cinéma, on se souvient de son rôle de Louise dans Le Déclin de l’empire américain (1986) et Les Invasions barbares (2002) de Denys Arcand, de Bibiane Guérin dans Je n’aime que toi (2003) de Claude Fournier et de sa participation dans Chocolat, crème glacée et autres consolations (2001) de Julie Hivon.

C’est en 1971 qu’elle commence sa carrière. Le metteur en scène Paul Hébert lui confie le rôle d’Élise Doolittle dans la pièce Pygmalion de Georges Bernard Shaw. Elle incarnera ensuite plusieurs rôles au théâtre.

A la télévision, on la retrouvera notamment dans Des dames de cœur (Radio-Canada), ainsi que dans les miniséries Bombardier, Réseaux, Cauchemar d’amour, Rivière-des-Jérémies, Tribu.com, The Hunger et Urban Angel.

___________________________________________

[1] Les propos de Dorothée Berryman, sont tirés d’un article de Benoit Voyer paru dans la Revue Sainte Anne en mai 2002 et repris dans le livre « Les Témoins de l’essentiel » (Benoit Voyer, Éditions Logiques, 2005)

Parti conservateur du Québec de la circonscription de Rousseau

Nous avons laissé très longtemps notre administration publique croupir dans l'incurie et la corruption, et notre vie politique entre les mains de hâbleurs et de « rois nègres »

En ce 15 janvier 2025


PATRIMOINE : Une partition originale de Beethoven, volée par les nazis, appartient désormais à la Beethoven-Haus de Bonn
radioclassique.fr/classique/une-partition-originale-de-beethoven-volee-par-les-nazis-appartient-desormais-a-la-beethoven-haus-de-bonn/#xtor=EPR-3056

Saint-Roch-de-l' Achigan

La circonscription de Rousseau

Le rang de la Rivière Sud, à Saint-Roch-de-l' Achigan,
dans la circonscription québécoise québécoise de Rousseau,
dans la belle région de Lanaudière.

La compassion


Par Benoit Voyer

15 janvier 2025

Dans un texte des évangiles (Mc 1, 40-45), on raconte cette petite histoire sur la compassion de Jésus.

Une personne atteinte de la lèpre a une grande confiance en Jésus. A genou, elle l’implore de l’aider : « Si tu veux, tu as le pouvoir de me purifier »[1].

Jésus est remué intérieurement – jusqu’aux entrailles - par la confiance de cet homme. Pris de compassion, il le touche et lui dit : « Je veux, sois purifié ».

Aussitôt, l’homme est guéri.

Et Jésus lui lance : « Regarde. Ne dis rien n’a personne » et conforme toi à ce que la loi a prévu lorsqu’il y a une guérison.

Mais on le voit bien dans ce récit, devant une heureuse nouvelle, l’humain a bien de la difficulté à ne pas la partager. Le lépreux guéri a fait ce que chacun de nous ferait. Notre bonheur ou nos bonnes nouvelles on les partage.

Il n’a pas fallu bien des heures pour que tout le patelin en parle.

Nous aussi sommes invités à faire - comme Jésus - des actes de compassion en visitant ceux qui réclament un peu de notre présence et qui ont besoin d’être touchés.

Et puis, en visitant des personnes malades, nous laisserons-nous émouvoir comme Jésus?

Et nous qui sommes malades, aurons-nous la même confiance en Jésus que ce malade de la lèpre?

Oui, il peut nous purifier. Oui il peut nous guérir. Si ce n’est pas le corps, ça peut être le cœur ou notre manière de voir le monde.

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[1] Frédéric Boyer. Évangiles, Guallimard, 2022


On ne sort pas d’une souffrance en la neutralisant, mais en la vivant


 

En ce 14 janvier 2025


SELON L'ANCIEN PREMIER MINISTRE JEAN CHRÉTIEN: Justin Trudeau « aurait dû démissionner plus vite », estime Jean Chrétien
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2132335/justin-trudeau-demission-jean-chretien

ROUGEOLE: Québec appelle à la vigilance face à la rougeole à la suite du 11e cas déclaré
noovo.info/nouvelle/quebec-appelle-a-la-vigilance-face-a-la-rougeole-a-la-suite-du-11e-cas-declare.html?lid=mukszsrxmzkq

FINANCES PERSONNELLES: Enfiler une p’tite laine en février pour économiser l’énergie
ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/les-malins/segments/rattrapage/1959679/distinction-entre-simplicite-volontaire-et-etre-radin

FINANCES PERSONNELLES: Selon un sondage Ipsos pour le cabinet d’insolvabilité MNP, en décembre, 53% des Québécois ont déclaré qu’ils étaient à 200 $ ou moins de ne plus être en mesure de payer leurs dettes et factures mensuelles. De plus, 54% de Québécois estiment qu’ils ne seront pas en mesure de couvrir tous leurs frais de subsistance au cours des 12 prochains mois sans s’endetter davantage.

NORTHVOLT: Sur X, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a affirmé: « La CAQ [est] incapable de faire preuve d’un minimum de transparence pour justifier le gaspillage de centaines de millions $ de votre argent dans Northvolt. Les péquistes ou les libéraux auraient été aussi pires.»

LE CANADA AMÉRICAIN: Retour du Parti 51? Pas à court terme, dit Hans Mercier
enbeauce.com/actualites/politique/629875/retour-du-parti-51-pas-a-court-terme-dit-hans-mercier

Jésus et la maladie


Par Benoit Voyer

14 janvier 2025

Depuis le début de l’année 2003, je suis un ouvrier du milieu de la santé. Au quotidien, je suis confronté à la maladie. Vous ne pouvez pas savoir combien de fois j’ai entendu la question : « Pourquoi ça m’arrive? » « Pourquoi a lui ou à elle? » Toute expérience de la maladie soulève des questions qui demeurent sans réponse.

Il m’arrive aussi d’entendre : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ça? ». C’est une autre forme de « Pourquoi? » ça!

Ainsi donc, devant la souffrance on cherche un coupable ou tout simplement un sens à donner à la celle-ci.

Normand Provencher explique que « durant son ministère, Jésus n’a pas cherché à expliquer la maladie, mais il s’est fait proche des malades et des infirmes. Il ne se contente pas de quelques paroles de consolation ou de mots pieux. Il va auprès d’eux et il en guérit plusieurs. »[1]

A un autre moment, Jésus va jusqu’à s’identifier au malade : « J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25,36).

La question du sens à donner à la maladie et à la souffrance est légitime. Rodhain Kasuba [2] écrit: « Quiconque a la foi est en droit de se demander comment la souffrance est possible alors que Dieu est débordant d’amour. »

A l’image de la vie d’aujourd’hui, il y a dans les textes anciens que nous lisons régulièrement dans la Bible une place importante pour la plainte, le gémissement et la prière des malades et blessés de toutes conditions.

Il y aussi dans les écrits bibliques des mots et des visions du monde qu’il faut remettre en contexte. Hier on ne voyait pas les choses comme aujourd’hui. Le développement des sciences nous oblige à le faire.

En exemple, dans les textes au style littéraire évangélique, on utilise le mot « démon » pour désigner la maladie: « Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. » (Mc 1, 29-39).

En hébreu on parle de « souffle impur ». L’expression est tirée du culte juif et n’a rien à voir avec la morale. A cette époque, « le prêtre est chargé de protéger la société de ce qui pourrait menacer sa santé. Il va donc lui indiquer les réalités dont elle doit se garder : moisissures ou champignons toxiques sur les murs des maisons, malades dont les symptômes sont contagieux, animaux dont il faut éviter de consommer la chair, etc. Tout cela est « impur » au sens de menaçant, nocif, malsain, antisocial. Le grec a choisi de rendre l’expression « souffle impur » par daimôn, un mot désignant une puissance dangereuse pour les humains; de lui vient, évidemment, notre mot « démon ». Pour ma part, j’ai choisi de traduire l’hébreu par « souffle malfaisant ». Les scribes, auteurs des évangiles et des traditions qui s’y trouvent, utilisent l’un ou l’autre terme sans différence de sens. »[3]

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[1] Normand Provencher. Proche des malades, Prions en église, février 2024, p.51
[2] Rodhain Kasuba. Le mystère de la souffrance, Prions en église, février 2024, p.81
[3] André Myre. « Les démons, ancêtres des virus et des microbes », Interbible, 25 mars 2019 interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2019/comprendre_20190325.html#:~:text=Les%20humains%20ont%20toujours%20eu,où%2C%20n%27importe%20comment

L’important dans une crise


 

En ce 13 janvier 2025


PIERRE POILIEVRE: Il promet d’autoriser les prochains projets de GNL au Québec
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2132084/gnl-quebec-parti-conservateur?utm_source=adestra&utm_campaign=reg.inf.na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.saglac

CULTURE: Kim Yaroshevskaya, la fin d’une grande histoire
ici.radio-canada.ca/nouvelle/1741825/kim-yaroshevskaya-mort-deces-comedienne

Le Dr Karim Elayoubi a Thetford Mines

Chantal Dauphinais et le Dr. Karim Elayoubi
étaient a Thetford Mines

Par Benoit Voyer

13 janvier 2025

Ce dimanche 12 janvier, en après-midi, le Dr Karim Elayoubi, président de la Commission politique et porte-parole en matière de santé au Parti conservateur du Québec (PCQ), médecin généraliste et urgentologue à l’hôpital de Lachute, était au Club de golf et de curling, à Thetford Mines afin de présenter au public le programme en matière de santé de la formation politique et échanger avec les participants. Il était accompagné de Chantal Dauphinais, présidente du PCQ.

S'il le PCQ est porté au pouvoir et que le Dr Karim Elayoubi est élu dans sa circonscription électorale, ce dernier risque très fortement devenir le futur ministre de la Santé. C’est à lui que la formation dirigée par Éric Duhaime doit l’essentiel de sa plateforme électorale en santé.

Qu’est-ce que le PCQ fera de Santé Québec s’il prend en main les affaires du Québec lors du prochain scrutin? Il se référera a son programme électoral et démantèlera la nouvelle organisation créée par le ministre Christian Dubé afin de décentraliser au maximum le réseau de la santé comme cela est inscrit dans les points adoptés au congrès national de 2003 du PCQ. En effet, il a été résolu qu’on « laisse plus de souplesse et d’autonomie aux différentes régions afin de créer leurs propres instances de coordination (CISSS et CIUSSS) en fonction de divers besoins de chaque région ».

Karim Elayoubi reste prudent. Il veut que le PCQ ne soit pas dogmatique et qu’il offre aux québécois ce qu’il lui semble le mieux parce qu’il veut être « le parti des contribuables » : « On verra si le modèle qu’on tente de mettre en place est bon pour le citoyen, mais on voit de plus en plus que le ministre Dubé et sa nouvelle organisation sont en train de démontrer que le modèle de centration qu’ils mettent en place ne fonctionne vraiment pas », a-t-il dit aux participants.

Saint-Liboire

Ferme touchette et fils, rang Saint-Georges, a Saint-Liboire, en Montérégie

ARTICLE DU JOUR: Expulsé du Soudan par les islamistes

Père Gilles Poirier

Par Benoit Voyer

13 janvier 2025

Le 7 août 1999, tard en soirée, le père Gilles Poirier, 57 ans, missionnaire a la Société des prêtres des missions étrangères, descend de l’avion ou l’a fait monter, quelques heures plus tôt, le gouvernement du Soudan afin de l’expulser de son pays. Dans les couloirs de l’aéroport de Dorval, il est calme malgré la grande souffrance intérieure que viennent de lui infliger les dirigeants soudanais qui cherchent à restreindre toutes actions de l’Église catholique en terre soudanaise passée sous régime islamique. Son seul commentaire en descendant de l’avion est: “C’est dégradant d’être manipulé comme ça, comme un criminel!” [1]

L’ordre de partir arrive le 17 juillet 1999. Pendant trois semaines, il tente tout – avec l’avocat du diocèse où il habite – pour connaître les raisons qui poussent le gouvernement à l’expulser. Il va jusqu’à visiter les ministères un a un, sans jamais officiellement recevoir de réponse.

“Le motif, ils ne me l’ont jamais dit. J’ai été au ministère de l’immigration et ils ont exigé que je quitte le pays. J’ai demandé quelles étaient les raisons de mon expulsion. Ils m’ont dit: “Nous, on est sous des ordres que nous exécutons. Nous ne savons pas les raisons”. J’ai demandé ou je pourrais aller m’informer. Ils m’ont envoyé à la Sécurité d’État du ministère des Affaires sociales qui inclut les affaires religieuses. C’est à ce moment qu’a commencé mon pèlerinage d’un bureau à l’autre. Cela n’a pas donné de résultats”, a-t-il confié.

Le 7 aout, il doit quitter le pays sous peine d’emprisonnement. Comme convenu, il se rend à l’Immigration. Des fonctionnaires soudanais l’escortent à l’aéroport pour s’assurer de son départ. Ce n’est qu’une fois à bord de l’avion qu’ils lui remettent son passeport.

“On ne m’a jamais dit les motifs, sauf que nous savons à la longue! Le gouvernement avait payé un informateur qui vivait dans notre communauté chrétienne. On lui a donné quelques sous en échange de renseignements...”, ajoute le missionnaire.

Dans ce coin du Soudan, les missionnaires catholiques s’occupent de petits projets de développement. Les femmes y tiennent notamment un petit commerce pour apporter un peu de pain à la maison, le salaire des maris ne suffisant pas aux besoins de leurs familles.

Il poursuit: “Un nouveau projet que nous voulions établir voulait être un apport pour l’Église afin de permettre à un prêtre soudanais qui arrive pour nous remplacer d’avoir des possibilités financières pour continuer les œuvres. Nous avions des machines à moudre le grain dans un secteur, des restaurants dans deux secteurs et un petit magasin dans un autre coin. Un des hommes les plus engagés de l’Église locale ne payait pas ses engagements. Il n’apportait rien! Avec le temps, on a dû sévir. Par esprit de vengeance, il m’a dénoncé au gouvernement sous de faux prétextes.”

Les gens du village connaissent cette histoire. C’est d’eux que les vraies raisons sont venues. Habituellement, c’est le silence sur les situations d’expulsion dans ce pays, mais cette fois, ce ne fut pas le cas à cause de la pression de l’Église. Le lendemain du départ de Gilles Poirier, l’affaire faisait la manchette des journaux soudanais, à la surprise du gouvernement. Celui-ci a répondu aux journalistes que le religieux a semé la haine entre les chrétiens et les musulmans, qu’il a fait de la corruption en donnant beaucoup d’argent - surtout aux étudiants afin d’alimenter la haine – et qu’il a été expulsé de plusieurs pays. Rapidement, le gouvernement a nié cette déclaration: “Nous n’avons pas dit cela!”

On finira par lui confirmer, lors d'échanges, qu’il pourrait être réintégré: « Je ne projette pas retourner [...] parce qu’il y a trop de douleurs et de conflits dans la paroisse ou j’étais. Je ne suis pas assuré que mon retour soit une bonne chose ”.

Son expulsion, le 7 aout 1999, restera à jamais gravée dans son âme comme une blessure qui ne guérit pas.

Gilles Poirier est entré dans la Société des prêtres des missions étrangères en 1964 et est devenu prêtre en 1969. Il a travaillé seize ans en Argentine, cinq ans à la formation des jeunes missionnaires de sa communauté et neuf ans au Soudan.

________________________________________________

[1] Une première version de ce récit a été publiée dans l’édition de juillet 2000 de la Revue Sainte Anne et reprise dans le livre « Les Témoins de l’essentiel » (Éditions Logiques, 2005).

On est des Canadiens américains francophones d'Amérique du Nord


 

En ce 12 janvier 2025


PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Rencontre de discussion du PCQ à Thetford Mines:
monthetford.com/rencontre-de-discussion-du-pcq-a-thetford-mines/

AUTOMOBILE: Ottawa suspend aussi son programme d’incitation à l’achat de véhicules électriques:
monjoliette.com/ottawa-suspend-aussi-son-programme-dincitation-a-lachat-de-vehicules-electriques/

PIERRE POILIEVRE: « Ça montre qu’il n’a pas de respect pour nous »
957kyk.com/audio/670919/ca-montre-qu-il-n-a-pas-de-respect-pour-nous?utm_source=dialoginsight

SANTÉ MENTALE: David A. Robertson dévoile son parcours avec l’anxiété dans un livre inspirant
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2132027/sante-mentale-suiscide-anxiete-david-robertson

MAXIME BERNIER: Il s’estime «avant-gardiste» sur la question de la gestion de l’offre:
mabeauce.com/maxime-bernier-sestime-avant-gardiste-sur-la-question-de-la-gestion-de-loffre/

MAXIME BERNIER: Se présentera-t-il en Beauce en 2026?
leclaireurprogres.ca/infolettre/maxime-bernier-une-decision-pour-bientot/

Orford

Autoroute 10, direction Ouest, a Orford, en Estrie

Se convertir


Par Benoit Voyer
12 janvier 2025

Se convertir, c’est se libérer des idoles qui alourdissent nos vies et les attachements qui nous isolent. La conversion est nécessaire pour que nos cœurs atrophiés s’éveillent à nouveau. La conversion c’est le chemin de la liberté. Se convertir, c’est se tourner vers le meilleur de soi et en soi.

Les textes évangéliques contiennent de très nombreux extraits ou l’humain est appelé à changer. En voici deux exemples: « Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez- vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 14-20). « Convertissez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Mt 3,2).

Qu’est-ce que « la conversion? ». Dans un texte paru en décembre 1974 sur « La psycho-dynamique de la conversion »[1] , Jean-Paul Regimbal en brosse un portrait langagier et théorique.

Il écrit : « Changer de comportement, réviser son système de valeurs réajuster son mode d’agir à un nouveau système de valeurs, qu’est-ce donc sinon la description du phénomène extraordinaire qu’on appelle la CONVERSION ? [...]

La langue française emploie le terme CONVERSION dans plusieurs sens : en langage militaire, la conversion signifie « un changement de front » ; dans la marine, la conversion désigne « un mouvement circulaire exécuté par un corps de bâtiment » ; En mécanique, on parlera d’un « centre de conversion ». En d’autres domaines, on parlera de « conversion de rente », de « conversion d’équations », de « conversion de maladie ».

[Ici] le terme CONVERSION se réfère à un phénomène psychologique très précis. Il est pris dans son acceptation intellectuelle et morale bien qu’il conserve quelque chose de son acceptation physique. En effet, dans son sens PHYSIQUE, le terme « convertir » implique l’idée de se « tourner vers » un but nouveau, soit encore l’idée de « pivoter sur soi-même », soit enfin de « retourner et revenir vers son point d’origine ».

C’est donc au sens figuré et métaphorique qu’on emploie le terme CONVERSION sur le plan intellectuel et moral. De la notion d’orientation physique, on passe à celle de changement d’orientation intellectuelle et morale.

Au figuré, le terme CONVERSION évoquera encore l’idée de « tourner son attention vers quelque chose ou vers quelqu’un ». On rencontre encore le terme CONVERSION dans le sens de « se tourner vers un but » ou marque alors un objectif, une intention finale. »

Jean-Paul Regimbal cite l’auteur Paul Aubin qui reconnait deux types de conversions. Selon ce dernier, il existe la conversion philosophique, c’est-à-dire profane, et la conversion religieuse ou chrétienne : « Conversion philosophique et conversion chrétienne n’ont souvent de commun que le nom ; et pourtant, l’une et l’autre sont présentées comme un mouvement essentiel de vie spirituelle et morale… Leur différence apparaît vite si l’on fait attention à certaines expressions que les uns emploient plus facilement que d’autres… Le christianisme, par exemple, unit très usuellement de mot « épistrophe » au mot « metonoiein ». Rien de tel chez les philosophes ou l’expression « se tourner sur soi-même » est typique »[2].

Jean-Paul Regimbal ajoute : « En d’autres termes, la conversion chrétienne est « vers le Seigneur » et implique le dépouillement de soi-même pour adopter les idées nouvelle (métanoia) alors que la conversion philosophique ou profane se fait « vers soi-même » et implique l’idée d’une découverte progressive de ses ressources personnelles.

Dans le contexte de la psychologie moderne, il faudrait rapprocher la « conversion philosophique » a « l’insight », c’est-à-dire a un effort d’introspection et d’auto-analyse qui permet au sujet de prendre conscience de soi-même et de se situer dans le contexte global de la vie sociale.

Par ailleurs, la conversion chrétienne repose essentiellement sur la découverte de QUELQU’UN vers qui on se retourne. C’est la découverte de l’AUTRE avec qui on établit des rapports de personne à personne, et cet AUTRE c’est DIEU. C’est donc la prise de conscience de soi-même mais en face d’un AUTRE vers lequel on tend. Au lieu de se situer soi-même au sein de contingences bio-psycho-socio-culturelles, le converti se situe par rapport à une PERSONNE, qui est un absolu et dont dépend un plan universel de salut au sein duquel on a sa place précise ; une personne qui propose des valeurs nouvelles ; valeurs qui exigeront, par voie de conséquence, un comportement nouveau.

La conversion profane ou philosophique marque un certain retour à l’origine. L’homme, en se tournant vers soi-même, veut connaître sa place dans l’ensemble du cosmos. L’intelligibilité de son existence résulte de la synthèse qu’il réussit à faire autour de son point d’origine. La conversion religieuse ou chrétienne, elle, se fonde sur la découverte de DIEU et se situe par rapport à l’Alliance qui marque l’origine des rapports interpersonnels entre les deux, entre la créature et son créateur, entre l’homme et son Dieu. Le philosophe cherche à se mettre au diapason du Cosmos d’où résultera une sorte d’harmonie existentielle entre la nature et lui ; le chrétien, pour sa part, vise à se mettre en harmonie avec la volonté de Dieu, assuré par là qu’il sera en parfaite harmonie avec l’ensemble de l’univers.

Que nous envisagions la conversion profane ou la conversion religieuse, il reste toujours que cette conversion est « un acte de la raison qui implique un changement radical dans la conduite et la disposition intérieure du caractère ». Il y a une prise de conscience de certaines valeurs et prise de position en face de ces valeurs de sorte qu’il en résulte chez l’individu, une nouvelle manière de voir les choses et un comportement tout différent de celui qu’il avait auparavant.

[...] la conversion ne suit pas une démarche rectiligne et ascensionnelle vers un sommet. Au contraire, il s’agit plutôt d’un mouvement d’oscillation pendulaire. C’est une marche dialectique qui procède par mode de négation et d’affirmation.

Le sujet commence par se poser en s’opposant à l’ordre existant. Mais, il se rend compte que cette opposition est stérile puisqu’elle aboutit à l’absurde. C’est pourquoi il décide de s’opposer à son propre état de misère. En s’opposant à sa misère, il cherche à se poser dans un ordre nouveau qui est le contraire de sa misère. Cependant, il ne peut s’intégrer dans cet ordre nouveau qu’en renonçant aux anciennes valeurs. Finalement, le sujet ne peut selon les nouvelles normes et valeurs que s’il renonce pratiquement à son ancien comportement. Ce n’est qu’au terme de ce mouvement d’oscillation du négatif au positif et du positif au négatif que le sujet finit par retrouver son équilibre dans la paix et la loi qui accompagnent le repos. »

_____________________________________

[1] Jean-Paul Regimbal. Revue Trinité Liberté, septembre 1974, pages 7 à 15
[2] Paul Aubin. Le Problème de la conversion, Beauchesne, 1963, p. 186

Chacun et chacune de vous, à son niveau, doit favoriser la primauté de l’esprit sur le matérialisme


 

En ce 11 janvier 2025


AUTOMOBILE: Éric Duhaime était au podcast du Guide de l'auto, pour parler de la campagne «Mon char, mon choix!» du Parti conservateur du Québec et de la filière batterie du gouvernement Legault.
t.co/UyVBhIEOKj

ARCHÉOLOGIE: Des archéologues ont suivi un escalier oublié et ont découvert une crypte funéraire vieille de 400 ans en France
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Saint-Roch-de-L'Achigan

La circonscription de Rousseau

Autoroute 25, direction Nord, à Saint-Roch-de-L'Achigan,
dans la circonscription québécoise de Rousseau,
dans la belle région de Lanaudière.

Sainte Marguerite Bourgeoys


Par Benoit Voyer

11 janvier 2025

Marguerite Bourgeoys nait à Troyes, en 1620.

À l’âge de 20 ans, durant une procession religieuse, elle abandonne ses frivolités de jeunesse. Sa vie ne sera plus jamais la même.

Elle rencontre Louise Chomedey, une religieuse de la Congrégation de Notre-Dame de Troyes et directrice d’une communauté externe de femmes.

Marguerite prend la tête d’un groupe de jeunes femmes laïques associées à la Congrégation. Celles-ci enseignent aux enfants pauvres de Troyes. Rapidement, elle est reconnue pour son leadership et ses habiletés à rassembler les gens autour d’une cause commune.

Un jour, Marguerite écrit : « Je me suis donnée à Dieu en 1640. Quelques années après, j’ai fait le vœu de chasteté, par l’avis de mon confesseur, et peu après, j’ai fait pauvreté et ces deux vœux, avec tout le zèle et toute la perfection qui m’a été possible et une résolution de les garder toute ma vie, sans avoir jamais eu une pensée contraire.» [1]

Louise est la sœur de Paul Chomedey, seigneur de Maisonneuve et gouverneur de Ville-Marie, en Nouvelle-France, la future ville de Montréal.

Lors d’un passage à Troyes, Paul demande a sa sœur religieuse de l’aider à trouver une enseignante pour la petite colonie qu’il dirige. Sans l’ombre d’un doute, elle lui suggère la jeune Marguerite en qui elle a une grande confiance. Il ne tarde pas à la rencontrer.

Elle racontera : «On a parlé du Canada et je m’y suis portée pour y aller, et mon confesseur, qui avait eu dessein de former une communauté pour honorer la vie que la sainte Vierge a menée étant sur terre, communauté dont il avait fait des règles approuvées a la Sorbonne de Paris, qui y avaient été présentées par Monsieur le Théologal de Troyes. Et quand le temps fut venu d’aller en Canada, mon confesseur me dit que ce que Dieu n’avait pas voulu, le voudrait peut-être à Montréal. Je crois qu’il avait eu connaissance de l’image envoyée par les religieuses de la Congrégation. Je lui dis que j’étais seule, ce qui n’est pas communauté. Il me dit que mon bon ange, le sien et moi, c’était communauté. A quoi je répliquai qu’on m’avait refusé une compagne, qu’il fallait aller avec un gentilhomme que je n’avais jamais vu. Il me dit de mettre sous la conduite de Monsieur de Maisonneuve, comme sous la conduite d’un des premiers chevaliers de la chambre de la reine des anges, et que je m’en aille. Et j’eus quelque témoignage que la sainte Vierge agréait ce voyage.» [2]

Marguerite Bourgeoys se joint aux recrues de 1653. Celles-ci doivent sauver Ville-Marie et sa cinquantaine d’habitants et les aider à se défendre des attaques des Iroquois. Cet équipage permettra de tripler la population du petit patelin.

De passage chez les Carmes, on lui fait douter de sa nouvelle vocation : « Et quand je fus à Nantes, j’allais à confesse aux Carmes. On écrit une lettre que, si je voulais être Carmélite, que le provincial des Carmes, frère de Mademoiselle de Bellevue, ou j’étais logée, me ferait mettre ou je souhaiterais. Ce bon Carme presse fort là-dessus. J’écris à Paris, mais je n’en reçu point de réponse; me voilà fort en peine. » [3]

Et puis, en s’arrêtant pour réfléchir et prier, tout s’éclaire : « Je vas aux Capucins, ou je trouve le Saint-Sacrement exposé, et je reçus là une très grande force et une grande assurance qui fallait faire le voyage » [4] […] J’ai eu quelque vue que notre Seigneur voulait que je fisse ce voyage. » [5]

Durant la traversée, elle devient l’infirmière de tous. Les gens se confient naturellement à elle.

Dans sa nouvelle communauté de vie, Marguerite collabore de près avec le gouverneur et Jeanne Mance, l’administratrice de l’hôpital. Elle devient partenaire dans l’administration de la colonie.

Pour elle, il est évident que les femmes jouent un rôle important dans le développement de ce nouveau pays. Sans tarder, elle met sur pied des ateliers de travaux pratiques. Grace à eux, les femmes peuvent acquérir des connaissances et des habiletés essentielles à leur situation.

Marguerite accueillera les « filles du roi ». Ces nouvelles venues permettront la naissance de nouveaux enfants et garantir la survie et la croissance de la colonie. Elle vit avec elles, les prépare à leur nouveau rôle et les aide à trouver un mari.

En 1655, elle demande de l’aide pour la construction d’une chapelle de pèlerinage située à quelques pas du village. Elle n’abandonnera jamais son rêve, malgré les obstacles rencontrés sur son chemin, jusqu’à sa réalisation finale en 1678.

En 1658, dans une étable, elle fonde la première école de Ville-Marie. Les enfants de la colonie y apprennent à lire, à calculer, à écrire et à découvrir la foi chrétienne. Parmi ceux-ci, figure fort probablement Jeanne Leber [6], la fille du riche commerçant Jacques Leber.

Marguerite porte une attention spéciale aux jeunes filles plus âgées. Elle enseigne à ses comparses féminines des compétences qui les prépareront à leurs responsabilités futures d’épouses et de mères.

En 1670 et 1671, durant son deuxième voyage en France, Marguerite met sa propre famille à contribution. Trois nièces orphelines, filles de sa sœur Marie Bourgeoys et d’Orson Soumillard, huissier à Troyes, la suivent en Nouvelle-France. Marguerite et Catherine entrent dans la congrégation de leur tante. La cadette, Louise, épouse François Fortin, un cordonnier originaire de Bretagne, et, à la suite de son décès, Jean-Baptiste Fleuricourt, un notaire. Trois des enfants de Louise perpétue sa descendance jusqu’à nos jours. [7]

Marguerite recrute aussi d’autres jeunes femmes. Elles deviendront le noyau d’une communauté religieuse non cloîtrée, la Congrégation Notre-Dame. L’affaire n’est pas bien vue des autorités ecclésiastiques. Ils n’approuvent pas ce genre de communauté religieuse. Malgré tout, Marguerite et ses sœurs persévèrent. La Congrégation Notre-Dame sera finalement reconnue officiellement en 1698.

Marguerite Bourgeoys décède en 1700. De nos jours, elle repose dans la Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, à Montréal.

Cette pionnière de Montréal et de la Nouvelle-France est canonisée en 1982. Elle est un modèle de vie chrétienne.

Sa mémoire liturgique est le 12 janvier.


Sainte Marguerite Bourgeoys
dans un vitrail de la
Basilique Notre-Dame du Cap,
a Trois-Rivières
Marguerite Bourgeoys
en dix paroles


Notre pauvre nature humaine
« Mon expérience m’apprend que les aises du corps se prennent avec facilité, a quoi la nature s’accommode quelquefois avec quelques petits scrupules qui se passent en un moment, spécialement quand on s’y sent obligé par quelques paroles qui nous flattent… et par condescendance, mais après avoir été quelque temps dans cette vie molle et relâchée, s’il faut retourner à la petite vie, il faut de grands efforts et notre ennemi ne manque point de venir au secours de notre pauvre nature qui ne dit jamais : C’est assez; et ensuite, a des recherches inutiles et souvent nuisibles. »[8]

Le véritable amour de Dieu
« Je trouve qu’il y a plusieurs sortes d’amour parmi le monde : il y a l’amour des étrangers, des passants, des pauvres, des associés, des anges, des parents et des amants. Tous ces amours peuvent être bons ou indifférents. Il n’y a que celui d’amant qui pénètre le cœur de Dieu et à qui rien n’est refusé. […]

On aime les passants car ils apportent quelque gain; les pauvres a qui on donne le superflu; les associés, car leur perte nous est dommageable; les amis parce que leur conversation plait et est agréable; les parents, parce qu’on en reçoit du bien […]

Mais le véritable amour est celui d’amant qui se trouve rarement, car toute choses ne le touche : ni le bien, ni le mal, il donne la [sa] vie avec plaisir pour la chose aimée. Il ne connait point ses intérêts, ni même ses besoins. La maladie et la santé lui sont indifférentes; la prospérité ou l’adversité, la mort ou la vie, la consolation ou la sécheresse lui sont égales. »[9]

La prière du coeur
« Il me semble que l’on ne porte pas assez d’attention a la prière, car si elle ne part pas du cœur qui doit être son centre, elle n’est qu’un songe qui ne produit rien, car la prière doit être dans la pensée, la parole et l’exécution. On est donc obligé de s’exciter, autant que cela se peut, à faire réflexion sur ce qu’on demande ou promet; ce qui ne se fait point si l’on ne fait point d’attention à ses prières.»[10]

Dieu nous parle
« Dieu nous parle par les prédicateurs, les lectures, par toutes ses créatures et ses maximes, et il veut être écouté spécialement de ceux qu’il a reçus à son service, qui ne lui plaisent pas quand l’on s’entretient avec des pensées frivoles, avec ses inclinations ou ses bonnes amies, spécialement les matinées des jours de communion et la demi-heure du soir pour la préparation. Ce recueillement est très nécessaire après les récréations et je ne vois pas que cela s’observe.[11]

Aimer son prochain
« Dieu ne se contente pas que l’on conserve l’amour que l’on doit à son prochain, mais que l’on conserve le prochain dans l’amour qu’il nous doit porter. Il faut donc donner le manteau a qui veut avoir la robe, plutôt que de plaider »[12].

Le silence
« Le peu d’affection pour le silence tire à une vie molle et relâchée ».[13]

L’éducation des enfants
« Il est nécessaire de faire travailler les enfants a l’école et les pensionnaires. L’oisiveté est le moyen de les rendre libertines ».[14]

Les petites actions
« Notre bon Dieu se contente des petites vertus qui sont pratiquées pour son amour et il les relève, a proportion qu’elles sont exercées avec plus d’amour. Il faut donc que je tâche de faire tout pour son plus grand amour. »[15]

La communion
« Il m’a semblé que nous étions des charbons propres à faire du feu et la sainte communion était toute propre à nous allumer. Mais que ces charbons ne sont allumés que dans la superficie, aussitôt qu’ils sont écartés, ils s’éteignent; au lieu que ceux qui sont allumés jusque dans le centre ne s’éteignent pas, mais se consument.

On écarte ces charbons si, après la communion, on s’entretient dans ses humeurs naturelles, dans le soin et la recherche de ses commodités sans besoin, dans les conversations frivoles et inutiles. »[16]

La Parole de Dieu
« Quand le cœur est ouvert au soleil de la grâce, on voit des fleurs d’une bonne odeur s’épanouir, qui font voir qu’on a profité de la Parole de Dieu. »[17]

Sainte Marguerite Bourgeoys repose dans la Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours,
sur la rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal.
Il est possible de recueillir devant le lieu de sa sépulture.

_______________________________________

[1] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 250 et 251
[2] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 250 et 251
[3] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p..239
[4] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p..239 et 240
[5] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 250 et 251
[6] Il s’agit de la vénérable Jeanne Leber.
[7] Claude Auger. « Marguerite Bourgeoys et les famille», Prions en Église – édition dominicale, 12 janvier 2025, p.34
[8] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 73
[9] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 94 et 95
[10] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 243 et 244
[11] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 244
[12] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 244 et 245
[13] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 248
[14] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 249
[15] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 282
[16] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 287 et 288
[17] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 288

Sainte-Julienne

La circonscription de Rousseau

Route 125, direction Nord, à Sainte-Julienne,
dans la circonscription québécoise de Rousseau,
dans la belle région de Lanaudière.

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