Les charismes


Les charismes

Au nom du Père, au nom du Fils et au nom du Saint-Esprit. En réalité, si je m’adresse à vous cet après-midi, c’est vraiment au nom des trois personnes divines qui se sont concertées, dans leur amour infini, pour vous créer à leur image et à leur ressemblance. Et si je m’adresse à vous cet après-midi, c’est parce qu’un jour, vous avez été baptisés au nom du Père, au nom du Fils et au nom du Saint-Esprit. Donc, nous sommes faits pour nous comprendre. Enfants de Dieu, enfants de l’Église, voilà ce qui nous unit dans les liens de l’Esprit.

La promesse de l’Ascension… Je me réjouis vraiment que ce congrès se situe entre l’ascension et la pentecôte parce que le Seigneur nous indique lui-même ce qu’il va faire durant ces jours merveilleux.

Le jour de l’ascension, Jésus a prononcé un certain nombre de paroles que les apôtres nous ont transmises fidèlement. Jésus a dit ceci : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Mt 28,18). Et il a dit à ce moment a ses apôtres de « ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre ce que le Père avait promis » (Ac 1,4). Il leur dit aussi : « Mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 4-18)

S’accomplit dans la pentecôte
Lorsque Jésus est retourné vers son Père, il a accompli sa promesse en envoyant l’Esprit saint sur ses apôtres, le jour de la pentecôte. Il faut donc nous préparer aujourd’hui si nous voulons avoir la bénédiction de demain. Je suis sûr d’une chose, c’est que le Seigneur est trop pressé pour faire des effusions de l’Esprit sur une base unitaire. Le temps est venu de produire des pentecôtes communautaires. Le monde est dans une telle angoisse, dans un tel désarroi, que chaque chrétien doit devenir porteur de la puissance de Dieu. Chaque chrétien devra, par la force même des événements, exercer de nombreux charismes, pour que cette humanité redécouvre Jésus rédempteur et qu’elle fasse l’expérience de Jésus sauveur. Mais pour que ce message soit proclamé avec force, il nous faut le revêtement de puissance dans l’Esprit saint.

L’Église vit une nouvelle pentecôte… J’espère que vous avec lu l’encyclique « Redemptor hominus ». Lors de ma récente visite à Rome, en avril dernier, j’ai eu le bonheur de rencontrer le pape Jean-Paul II et de lui dire : « Très Saint Père, je vous félicite pour cette encyclique et vous remercie au nom de tous les prêtres, de tous les jeunes et de tous les laïcs engagés que je dirige. Je tiens à vous remercier au nom de l’Église et au nom du monde, pour ce message vibrant. » Il me regardait dans les yeux avec joie.

Pour réaliser un renouveau charismatique Ce message de Jean-Paul II est au fond très simple : il est une exhortation aux fils de lumière, une exhortation à ce qu’ils témoignent de la lumière qu’ils portent en eux, car il répète le cri angoissé de saint Paul : « La création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu… avec l’espérance d’être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement… dans l’attente de sa rédemption » (Rm 8, 19-24). Le temps est venu pour les enfants de Dieu de se révéler. Le temps est venu pour eux de proclamer la bonne nouvelle du salut avec assurance, avec autorité, mais aussi avec amour.

Le don du Saint-Esprit
Cet après-midi, je vous interpelle tous, qui que vous soyez, du plus petit au plus grand, du plus jeune au plus âgé. Le jour de votre baptême, vous avez reçu sept cadeaux précieux appelés « dons du Saint-Esprit ». Aucun de vous ici présents ne peut dire : « Je ne les ai pas reçus ». Vous les avez tous reçus! Mais le problème, c’est que vous ne les avez pas encore déballés. Vous avez mis vos sept cadeaux du Saint-Esprit dans un placard et les cadeaux demeurent toujours enveloppés dans leur emballage.

On dit souvent que les charismatiques sont des gens « emballés ». Je dis : non! Ce sont des gens déballés; ils ont déballé les cadeaux qu’ils ont reçus du Saint-Esprit. Les vrais chrétiens « emballés » sont ceux qui n’ont pas pris la peine de faire l’inventaire de ces dons du Saint-Esprit, ces sept cadeaux que Dieu a faits dès le premier jour de votre baptême. Il vous a donné le don de sagesse, le don de science, le don d’intelligence, le don de conseil; il vous a donné le don de force, le don de piété et le don de crainte de Dieu. Vous pensiez que je me trompais, n’est-ce pas.

Un jour que je faisais la classe aux tout petits, je leur ai demandé quels étaient les sept dons du Saint-Esprit. Savez-vous ce que j’ai eu comme réponse? L’orgueil, l’avarice, l’envie… Si j’avais tenté l’expérience avec vous cet après-midi, peut-être aurions-nous eu des surprises! On m’aurait donné les sept péchés capitaux au lieu des sept dons du Saint-Esprit… Qu’avons-nous donc fait de ces donc du Saint-Esprit? Nous les avons remisés en prenant grand soin qu’ils ne se détériorent pas : c’est bien sûr! En ne s’en servant pas, ils n’ont pas même la chance de s’user! Mais le Seigneur est en train d’interpeller son Église; Il est en train de nous faire prendre conscience que nous ne sommes pas seulement des baptisés; nous sommes aussi des confirmés.

Qu’est-ce qu’un confirmé? Un confirmé, c’est un ambassadeur du royaume. Il est en ambassade auprès de tous ses frères pour faire connaitre le message du royaume et pour donner le gout du royaume a la multitude de ceux qui ne le connaissent pas. Nous avons recu un ordre du Seigneur et cet ordre s’adresse à tous les baptisés, a tous les confirmés. « Allez, enseignez toutes les nations. De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Mais quand arrive le temps d’exécuter ce mandat, la peur nous prend. Notre problème, c’est la gêne, l’amour propre, la timidité; c’est le temps de sortir les sept péchés capitaux : l’orgueil, l’envie, l’avarice, la jalousie et surtout la peur. Nous avons peur! Voilà pourquoi nous avons besoin de ce revêtement de force qui s’appelle « baptême dans l’Esprit saint » ou « effusion de l’Esprit » dont on nous a parlé ce matin.
Qu’est-ce qu’un charisme? Cet après-midi, nous verrons… 
1.Ce qu’est un charisme; 2. Pourquoi les charismes; 3-Comment s’en servir pour bâtir le peuple de Dieu dans l’agape, dans l’amour.

Disons d’abord que le mot « charisme » n’est même pas un mot français, mais un mot grec, bâti à partir de sa racine grecque « xap » (on prononce car) qui veut dire « joie », en grec. Le mot « charisme » signifie donc un cadeau gratuit qui provoque la joie. Quand on fait un cadeau a quelqu’un, c’est habituellement pour lui faire plaisir. Si la personne qui reçoit le cadeau ne le déballe pas et qu’elle vous dise : « Merci, tu es bien gentil d’avoir pensé à moi » et qu’elle le mette dans le placard sans l’ouvrir, qu’est-ce que vous pensez de ça? N’est-ce pas décevant de constater l’ingratitude, voire l’indifférence. Pourtant, nous sommes tous un peu comme cette personne : nous avons reçu du Saint-Esprit de merveilleux cadeaux, mais nous ne les avons pas déballés et les avons rangés dans l’armoire.

Un charisme, c’est un cadeau gratuit qui donne la joie. Mais quand il ne devient pas un « charisme » et « charismata », c’est quand on manifeste le « contenu du cadeau » : - donc, on le déballe – qu’on se réjouit d’avoir un tel cadeau et surtout qu’on s’en sert. C’est pour que nous nous en servions que le Seigneur nous fait des cadeaux! Or, saint Paul, dans la première épitre aux Corinthiens, chapitre 12, nous dit que les charismes « sont des manifestations de puissance par lesquels le Saint-Esprit bâtit la communauté – pas pour vous - : pour la communauté, pour le bien commun, pour bâtir ensemble des communautés de service et de présence, des communautés qui ont connu l’amour. Voilà ce que veut le seigneur.

Hélas, nous avons reçu de si beaux cadeaux et nous ne nous en servons pas! Le Seigneur veut donc, cet après-midi, que nous en fassions la découverte ensemble. Nous allons prendre ces cadeaux un par un et les déballer. Nous allons nous réjouir de ce que le Seigneur aime tellement son Église – après tout elle est son Épouse – qu’il lui a fait de si beaux cadeaux d’alliance. Jésus, par les charismes, fait des cadeaux à son Épouse, l’Église. Vous, les épouses, est-ce que vous n’aimez pas ça quand votre mari pense à vous et vous donne un cadeau? Je ne parle pas du cadeau pour le jour de votre anniversaire de mariage – parce que là, c’est la convenance, même s’il oublie de temps en temps… - Je parles du cadeau surprise, inattendu, imprévu! Ah! Ça, c’est de la gratuité; ça, c’est de la tendresse; ça, c’est de l’attention.

Jésus aime son Église avec tendresse. Il a beaucoup d’attentions pour elle et veut la combler de cadeaux pour que, remplie de joie, elle témoigne que son époux est vivant et qu’il exerce aujourd’hui la même puissance qu’autrefois, lorsqu’il est venu sur la terre des hommes, car « Jésus est le même aujourd’hui, hier et a jamais » (He 13,8). C’est ce même Jésus qui vit par et dans son Église, c’est ce même Jésus sauveur en qui nous sommes tous unis qui veut faire des cadeaux à son Église « pour rassembler dans l’unité toutes les brebis dispersées ». Certaines ont quitté le bercail, d’autres ignorent la porte qui permet d’entrer dans le bercail. D’autres encore ne savent absolument rien de tout cela et attendent l’annonce de la bonne nouvelle. Nous avons reçu du Seigneur un Esprit, son Esprit. Nous n’avons pas reçu « un esprit de crainte ou un esprit de peur », nous avons reçu au contraire « un esprit de force, un esprit d’amour et de maitrise de soir » (2 Tm 1,7).

Or les charismes ne sont pas autre chose que « l’action du Saint-Esprit qui manifeste la puissance de Jésus, dans cette Église qui est l’Épouse du Christ ». Et tous sans exception, vous êtes appelés à exercer vos charismes dans l’Église et dans le monde. C’est pourquoi le concile nous dit de les accueillir « avec gratitude et joie spirituelle » (Décret des laïcs no 3; Lumen Gentium no 12) et c’est ce que nous voulons faire cet après-midi.

Le don de sagesse Vous avez d’abord reçu le don de sagesse. Vous l’avez! Regardez quelque part dans l’armoire, il est surement là, sur la deuxième ou la sixième tablette, mais il est surement là! Sortez-moi ça, que nous le déballions ensemble.

Quand on a déballé le don de sagesse, on s’aperçoit que c’est un cadeau par lequel le Seigneur « veut nous faire gouter, savourer, apprécier les merveilles de sa grâce et la tendresse de son amour », pour nous permettre de parler de lui avec tant de joie, tant de chaleur, tant d’enthousiasme que ceux qui nous entendent, aient le gout de Jésus, le gout de sa Parole, le gout des sacrements, le gout de l’Église, du service, de l’amour. Ah! Que c’est beau des gens qui ont le gout d’aimer et qui on le gout de vivre parce qu’ils ont le gout d’aimer.

Or, sommes-nous dans l’Église de Dieu, « la lumière qui brille dans les ténèbres » avec suffisamment d’éclat autour de nous, dans nos milieux de vie alors que vous entendez constamment autour de vous des plaintes de toutes sortes : « Je suis écœuré! Chienne de vie! Je ne sais pas quoi faire de ma peau! Empaille-la, tu es trop bête! ».

Ces gens-la ont besoin de retrouver le gout de vivre, le gout de l’engagement, du défi, le gout du travail. Mais qui leur donnera ce gout, sinon vous-mêmes? Vous êtes le sel de la terre et quand le sel s’affadit, il n’est plus bon a rien; mais quand le sel a toute sa saveur, il donne le gout aux aliments. C’est ça que nous sommes dans le peuple de Dieu. Non seulement « lumière » qui apporte l’éclat de la vérité, mais « sel de la sagesse » qui donne le gout de Jésus, le gout du partage et de l’engagement, le gout du service jusqu’au dépassement. Voilà ce que fait pour nous le cadeau qui s’appelle la Parole de sagesse.

Les paraboles : Paroles de sagesse Jésus, lorsqu’il nous parlait des merveilles du royaume, inventait toutes sortes de paraboles pour nous dire les beautés et les merveilles du royaume. Et son cœur ne tarissait pas d’exemples; il prenait des choses simples, modestes, concrètes, autour de lui. Vivant dans un pays de pêche, il parlait de poissons! Il parlait aussi de blé, de farine. Il parlait ensuite de troupeaux, de bergers, de bergerie, de bercail parce que c’étaient des réalités qui l’entouraient quotidiennement. Ah! Quand on a le gout de Jésus dans notre cœur, on en trouve des paraboles pour faire comprendre et on en donne le gout a ceux qui nous entourent.

Ne sentez-vous pas le besoin de recevoir du Saint-Esprit ce merveilleux cadeau qui vous permettra de parler de Jésus avec enthousiasme, avec joie, avec débordement pour que les gens n’aient qu’une envie : « Mais, donne-nous donc ce Jésus dont tu nous parles » et que vous ayez l’audace, comme l’apôtre Pierre de dire dans la foi : « Je n’ai ni or ni argent, mais ce que j’ai, je te le donne. Au nom de Jésus, je te l’ordonne, lève-toi et marche » (Ac 3,6). Quand tous les chrétiens auront cet idéalisme de la foi, en plus de la parole de sagesse, pour parler de Jésus et en transmettre le gout, ils auront l’audace de la foi charismatique pour ordonner que ça se fasse sur place! Vous comprenez que la face de la terre va être renouvelée avec des chrétiens comme ça!

Tant que nous aurons des chrétiens ‘incolores, inodores et sans saveur », nous aurons une Église moribonde. Mais si nous vivons dans l’explosion de la résurrection pascale, nous aurons une Église vivante. Et l’épouse du Christ retrouvera son visage sans tache, ni ride, ni rien de pareil. Imaginez-vous la joie d’un époux qui voit sa femme « sans tache, ni ride, ni rien de pareil! » Le gars est fou de joie! Ça ne lui a pas couté un sou. C’est un traitement du Saint-Esprit, c’est quelque chose! « Demandez et vous recevrez… car le Père donne l’Esprit saint a ceux qui l’en prient. » (Lc 11,913).

Le don de science
Fouillons encore dans notre armoire, un deuxième cadeau nous attend : Le don de science. Il est pris quelque part au fond d’un tiroir peut-être. Tirez, allez au fond, faites du ménage un peu! C’est la; vous l’avez déjà parce que vous êtes baptisés. Cet après-midi, vous allez le déballer pour découvrir ce cadeau précieux.

Qu’est-ce que le don de science? C’est cette capacité de pouvoir parler du Seigneur à l’œuvre dans son peuple, en découvrant « les causes premières des situations que vous constatez ». Le Seigneur ne nous donne pas une nouvelle connaissance intellectuelle : il nous donne la « connaissance du cœur » et c’est ce qu’on appelle « la science des saints ». Tant qu’on connait seulement avec sa tête, on ne peut pas vivre au niveau de l’être parce qu’il se produit un blocage, une espèce de « bouchon intellectuel » et la cruche bouchée ne peut pas recevoir le « vin nouveau ». Il faut d’abord enlever le bouchon et vider le vin nouveau d’une cruche vide!

La parole de science donne l’aptitude de parler en connaissance de cause de celui que le cœur connait, et non plus seulement la tête. Et quand on connait Jésus avec son cœur, oh! Comme on apprend la meilleure manière dont il s’y prend pour rejoindre les cœurs les plus endurcis. Jésus nous communique ce savoir qui va au fond des problèmes.

Quand quelqu’un nous arrive en disant : « Je ne sais pas ce que j’ai, j’ai le cœur lourd, je suis angoissé, je suis triste, je ne sais pas ce quoi m’accable, je suis dans le noir! Aide-moi! Au secours! » Alors jaillit la parole de science : « Mon enfant, souviens-toi, ton cœur est alourdi d’un poids caché. C’est tel péché que tu as caché à la confesse, il y a vingt-deux ans. Voilà ce qui t’empêche d’ouvrir ton cœur. C’est parce qu’a un moment donné, tu as refusé de t’accepter toi-même parce que tu avais honte de ton corps ou parce que tu n’as pas accepté telle épreuve dans ta vie, voilà où se situe ton blocage. » Et quand la personne se sent connus de Dieu grâce à la parole de science, tout s’éclaire. La personne renait devant vos yeux et vous constatez que cette connaissance ne venait pas de vous, mais qu’elle venait de l’Esprit saint qui vous donnait le discernement du cœur pour connaître le besoin de l’autre et par-dessus tout, le remède à son problème.

L’esprit saint et l’inconscient profond Un des grands problèmes de la psychiatrie moderne, c’est d’être venu à trouver des noms scientifiques pour toutes les maladies observées, mais de chercher encore la manière de les traiter pour que leurs patients en sortent complètement guéris. L’Esprit saint ne s’embête pas avec les étiquettes. L’Esprit saint va au fond du cœur. Il met le doigt sur la plaie. Il nous fait connaître le dedans comme Dieu lui-même le connaît, l’endroit où la blessure fait le plus mal. Oh! Comme il fait bon de se savoir connu et aimé par un Dieu qui nous pénètre jusqu’au fond de nous-mêmes.

Remarquez ce passage de la bible qui nous dit que Dieu « sonde les reins et les cœurs » (Ps 7,10. Jr 11,20). Ça embête bien du monde : « Qu’est-ce qu’il a à faire dans nos « reins », veux-tu bien me le dire? Les psychiatres et les psychologues modernes ont traduit ça par d’autres mots, mais cela veut dire la même chose : ils ont parlé du « conscient » puis de « l’inconscient ». Le conscient c’est quand Dieu scrute « le cœur » et que l’Esprit passe dans notre cœur en même temps que nous autres, on le connaît. Mais quand il sonde les « reins », il sonde notre « inconscient » profond, nos motivations cachées, les secrètes pulsations qui nous portent à tel ou tel comportement et qui traduisent bien souvent notre impuissance à changer nos conduites.

Quand le Seigneur pénètre par la parole de science jusqu’au fond des entrailles, il libère le cœur par la puissance de son Esprit. Est-ce que ce n’est pas beau, un cadeau comme celui-là? Et dire que vous pourriez vous en servir, si seulement vous donniez à l’Esprit saint la permission d’activer en vous les cadeaux que vous avez reçus au baptême. Il n’y a pas de raison pour que chaque baptisé n’ait pas trois, quatre ou cinq charismes actifs dans sa vie.

Pas d’élitisme dans le renouveau Le renouveau charismatique n’est pas fait pour une petite élite, il n’est pas un club d’admiration mutuelle ou l’on dit : « Moi, j’admire chez toi le don de prophétie; moi, j’ »admire chez toi le don de guérison » ou bien « on devrait aller voir une telle, elle a un don de miracles ». Non. C’est l’amour de Dieu qui veut se traduire concrètement au sein de son peuple pour bâtir dans l’agape afin de bâtir des communautés intimement liées ensemble, des communautés dont l’unité devient un témoignage irréfutable. Voilà ce que le Seigneur veut faire. Voyez-vous, quand vous dites : « Moi, je n’ai pas de charismes » et surtout « je n’en veux pas », vous bloquez l’amour de Dieu, vous bloquez la mission de l’Église, vous bloquez les ministères que le Seigneur a donnés à son Église. Mais en disant .oui. a ces cadeaux, en prenant la peine de les déballer, vous les mettez en service pour que les communautés se bâtissent en atteignent leur pleine maturité.

Je vous prédis que d’ici dix ans, les églises paroissiales seront trop petites parce que si véritablement on annonce la Parole de Dieu dans la puissance du Saint-Esprit, c’est par centaines de mille que les gens viendront enfin faire la découverte de Jésus sauveur. Ils verront dans notre unité, l’authenticité de notre message et chaque fois qu’on proclamera la Parole de Dieu avec puissance, des signes suivront nécessairement. Après chaque grand-messe, figurez-vous donc, les gens repartiront transformés. A la fin de la messe, les aveugles lèveront la main et diront : « Aie, monsieur le curé, nous voyons! Votre sermon a été bon, ce matin. Nous étions aveugles et maintenant nous voyons! ». « Monsieur le curé, nous étions sourds et maintenant nous entendons! » « Monsieur le curé, je suis entré en chaise roulante et regardez-moi, je cours dans l’allée! »… Quand nous aurons des grands-messes paroissiales dans ce style-là, n’ayez pas peur, les églises seront trop petites : on devra louer des arénas!

Le don d’intelligence
Prenez garde, je ne parlerai pas ici de quotient intellectuel, je laisse ça aux psychométriciens, c’est leur métier parce que le don d’intelligence ne correspond pas au degré de quotient intellectuel de telle ou telle personne! D’ailleurs, c’est cela qui me sauve… Voyez-vous, le Seigneur aime tellement son Église qu’il va donner dans la bouche des gens les plus humbles, des paroles prophétiques, grâce au don d’intelligence et au don de conseil qui se combinent ensemble pour nous permettre de lire dans les événements ce que le Seigneur est en train de faire aujourd’hui pour l’Église de demain. C’est cela le don de prophétie.

Il nous permet de lire, dans les événements, le plan amoureux de Dieu. Le rôle du prophète, lorsqu’il adresse cette parole au peuple de Dieu, c’est de lui rappeler les exigences de l’alliance, les promesses du Très-haut, de l’inviter a la conversion et a la réconciliation. Le prophète, c’est tout simplement celui qui parle devant les autres « prophanein » et qui fait éclater la merveilleuse lumière de la révélation devant les yeux des croyants. Et les gens sont éblouis devant cette clarté qui vient d’en-haut.
Et parce que les yeux s’ouvrent, les cœurs s’épanouissent. Et quand les cœurs s’épanouissent, les pardons sont faciles, les réconciliations vont de soi. C’est cela la puissance de la parole de prophétie. Imaginez-vous la mère de famille qui est capable de parler à son grand gars de 18 ans et a sa grande fille de 16 ans qui sont toujours en train de se chamailler et leur adresse une parole de prophétie et que les deux fondent en larmes et sautent dans les bras l’un de l’autre… C’est ça l’unité : savoir s’accueillir et se pardonner. Et c’est la Parole de Dieu qui fait, qui produit, qui agit et qui transforme.

Imaginez ce qui arriverait dans le peuple de Dieu si les Nord-américains tombaient e amour avec les amérindiens… L’amour nous rendrait capables de rendre a chacun ce qui lui est dû, dans le respect, dans la justice et dans la paix. Il n’y a que la parole prophétique pour faire cela. Imaginez-vous encore ce qui arriverait si les catholiques tombaient en amour avec les protestants et les protestants nous sautaient dans les bras pour nous embrasser… Imaginez!

Par la parole de prophétie, Dieu parle à son peuple, il encourage, il exhorte, il le stimule, le corrige, mais surtout il l’instruit en lui donnant la vision de ce qui s’en vient. Et ce qui s’en vient, mes amis, est merveilleux. Nous n’avons vu que les premières lueurs d’une aube nouvelle. Ce que nous voyons, même si c’est très beau, n’est en réalité que les lueurs premières de l’aube d’un jour nouveau. Qu’est-ce que ce sera quand le soleil atteindra son zénith! Quelle splendeur de gloire nous verrons! « Je te dis que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (Jn 11,40).

L’Église : un peuple de prophètes Dieu a constitué son Église en un peuple de prophètes. N’ayons pas peur de prophétiser. N’ayons pas peur de professer notre foi, ne rougissons pas de Jésus sauveur mais parlons de lui avec autorité, avec audace, avec amour. Quand tout le peuple de Dieu sera devenu un peuple prophétique, le monde sera forcé d’entendre. Au moment où je vous parle, un prophète se promène. Son nom est Jean-Paul II! Il vient de s’arrêter en Pologne et parce qu’il s’est arrêté aujourd’hui en Pologne, sa parole prophétique a pénétré le rideau de fer jusqu’ici fermé à la Parole de Dieu. Le Saint Père, avec les seules armes de l’amour et la puissance de la parole prophétique, a forcé de s’ouvrir les portes du rideau de fer. Mes amis, quel geste prophétique! Je n’ai pas besoin de vous donner des exemples : vous en avez sous les yeux. Demain, vous entendrez un prophète, le prophète de l’Espérance. Quand Mgr Helder Camara vous adressera la parole, vous pourrez dire qu’une fois dans votre vie, vous aurez vu et entendu un authentique prophète de Dieu!

Un jour, Paul VI recevait en audience Mgr Helder Camara. Et le pape lui adresse cette salutation : « Mon frère Helder, je sais que tu es un authentique prophète pour l’Église d’aujourd’hui. Aurais-tu pour moi une prophétie? » Et Helder se recueille un long moment et dit enfin : « Très saint père, Dieu me dit de vous adresser ce message : « Prêchez l’espérance, prêchez l’espérance, prêchez l’espérance! »
Si nous voulons assumer notre rôle prophétique aujourd’hui, déballons nos cadeaux et proclamons l’espérance. Le jour se lève et la nuit s’achève. L’hiver est terminé, voici qu’arrive le printemps et que les colombes roucoulent, car voici un jour nouveau, une nouvelle source de sève et de vie pour l’Église universelle. Les arbres, qui aujourd’hui sont en feuilles, demain seront en fleurs; les arbres, qui aujourd’hui sont en fleurs, demain seront en fruits et les fruits seront surabondants « des fruits qui demeurent » (Jn 15,16).

Mais si les prophètes ne parlent pas, la sève ne monte pas. Et le peuple de Dieu se meurt desséché. Puisse le Seigneur susciter dans l’Église des prophètes aux paroles de feu pour embraser le peuple de cet amour agape. Quand le peuple entendra la parole prophétique, il dira comme à Pierre et aux apôtres : « Frères que devons-nous faire? » Pierre leur répondit : « Repentez-vous, convertissez-vous, reconnaissez que Jésus est Seigneur et recevez le baptême en son nom, vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. Car c’est pour vous qu’est la promesse, ainsi que pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Ac 2,37-40).

Vous êtes aujourd’hui ceux à qui Jésus adresse ces paroles. Vous êtes, mes amis, invités à recevoir les dons du Saint-Esprit parce que vous êtes appelés à être les artisans de cette civilisation de l’amour. Elle est finie, la civilisation de la haine : je proclame aujourd’hui même, l’ouverture de « la civilisation de l’amour ».

Les trois charismes de l’Esprit
1-La foi charismatique

Le Seigneur, par son Esprit, nous donne trois charismes pour la parole : parole de sagesse, parole de science et parole de prophétie pour permettre à ses disciples de parler comme il parlait lui-même. Mais il nous donne aussi trois autres cadeaux pour nous permettre de penser comme lui : le charisme de la foi, le charisme de l’interprétation et celui du discernement.

Oh! Qu’ils sont précieux ces cadeaux, mais vous le savez déjà, mes amis. Seulement, si vous êtes des chrétiens emballés, déballez vos cadeaux : ça presse! Ils sont en vous, servez-vous-en! Cette merveilleuse foi charismatique, qui est tellement sûre de la Parole de Dieu, qu’elle ose appliquer la Parole et s’attendre avec assurance que cette Parole s’accomplira. C’est toute la différence au monde entre croire que Dieu est tout-puissant, de croire que Dieu peut faire des miracles et de dire : Je te l’ordonne aujourd’hui, par le nom de Jésus, sois guéri »!

Pendant que je pointe, si vous accueillez dans la foi le message que Jésus vous adresse à vous, madame qui êtes en chaise roulante, vous allez sentir d’ici la fin du congre que Jésus aura agi par sa Parole. Accueillez cette parole dans la foi, car Jésus a la puissance d’agir. Et il peut toucher vos jambes, votre colonne et tout votre être. Accueillez la Parole de Dieu dans la foi. C’est ça la foi charismatique! On s’expose a des ennuis, mais si j’avais eu l’ombre d’un doute dans mon cœur, j’aurais tourné ma phrase autrement. Commander au nom de Jésus, d’être guérir d’ici la fin de la session! Nous n’avons pas reçu un don de peur, de crainte mais un don d’amour, d’audace, un don d’assurance. C’est cela la foi charismatique.

II-Le discernement spirituel

Ensuite, le Seigneur nous a donné le discernement pour pouvoir faire la part des choses. Vous avez reçu le don d’intelligence. Donc, l’Esprit saint active l’intelligence pour nous permettre de discerner ce qui vient de Dieu, ce qui vient du malin et ce qui vient de nous – et il y en a beaucoup qui vient de nous! – « Voyons donc, c’est ton imagination furibonde! » D’autres viennent me dire : « Le diable est après moi! » - Ce n’est pas le diable, ce sont tes passions mal contrôlées. Il faut faire la part des choses! Il y en a qui voient des démons derrière chaque rosier et d’autres qui n’en voient nulle part. Les deux ont besoin de discernement.

N'oublions surtout pas que le vrai discernement spirituel est fait à 80% de jugement (bon sens) et de 20% d’inspiration divine. La grâce ne substitue pas à la nature; elle vient l’enrichir et l’élever pour lui permettre d’opérer à un niveau surnaturel. Combien ce merveilleux cadeau de l’Esprit saint est nécessaire aujourd’hui à tous ceux qui œuvre dans l’éducation, dans la pastorale, dans la direction spirituelle et dans les diverses responsabilités sociales.

III-L ’interprétation

Ce charisme de l’interprétation, comprenons-le bien, ne se substitue en rien au magistère de l’Église, aux recherches théologiques, ni à l’exégèse scientifique! Il est un cadeau gratuit de l’Esprit qui vise à faciliter, pour le croyant, une lecture chrétienne des événements, à reconnaitre les « signes des temps » et aussi à interpréter, en langage courant, les messages en langue qui s’adressent à l’assemblée.

Le charisme de l’interprétation nous permet de « penser comme Jésus » au cœur des événements difficiles à comprendre et plus difficiles encore à accepter. Grace a ce merveilleux cadeau, l’Esprit saint instruit le croyant en lui faisant comprendre le plan d’amour global qui préside au déroulement providentiel de notre vie. Il « re-situe », a la lumière du mystère de la croix, le sens positif et valorisant de telle ou telle épreuve, de tel échec, de telle humiliation. Il élargit aussi le champ de vision du croyant pour saisir la dimension parousiaque et/ou eschatologique de l’histoire contemporaine.

Dans le chaos et la confusion des temps actuels, combien ce don d’interprétation devient utile et nécessaire pour vivre d’espérance et pour rayonner la joie, la sérénité et la paix au cœur de la tourmente. Si vous ne l’avez pas encore déballé, hâtez-vous de le faire, car vous en aurez besoin, non seulement pour vous, mais pour vos familles ainsi que pour tous vos frères humains qui se débattent dans le noir et qui cherchent désespérément la lumière.

Hélas! Le temps m’empêche de parler des trois autres charismes : don de guérison, don des miracles et don des langues. Mais vous aurez au moins compris le message : devenez des chrétiens déballés et aspirez aux dons les plus parfaits en n’oubliant jamais que tous ces cadeaux du Seigneur sont au service de l’amour qui est le lien de toutes les vertus et le sommet de la chrétienne.

Jean-Paul Regimbal

« Les charismes » est une conférence prononcée au Congrès charismatique national, le 2juin 1979 au Stade olympique, a Montréal (atelier no 6).
Tiré d'un document de l'Assemblée canadienne francophone du renouveau charismatique catholique paru en 1980. Document conservé a la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby (P049)

En ce 12 avril 2025

 Ma semaine sainte

Je suis un chrétien de tradition catholique. Je me prépare donc a la montée pascale qui conduira vers la fête de Pâques. Je vous invite a participer avec moi a ce temps riche en spiritualité. Voici ou j'irai me recueillir cette semaine. Si vous me croisez en ces lieux, n'hésitez pas a me dire "bonjour!"

Messe a Sainte-Julienne

En ce 11 avril 2025, j'ai participé a la messe de 16h30, a l'église catholique de Sainte-Julienne, dans Lanaudière, présidée par l'abbé André Chevalier. J'ai lu la première lecture, un extrait du livre de Jérémie.

Vous êtes toujours l'âme de mon âme

Éric Nicolaï



Éric Nicolai

L’abbé Éric Nicolaï est un prêtre de la Prélature de l’Opus Dei, ordonné prêtre en 1994, à Rome. Il est aumônier du Centre Riverview, une résidence d’étudiants située près du campus de l’Université McGill, à Montréal. Il anime des retraites spirituelles et donne des causeries. En 1995, il obtenait un doctorat à l’Université pontificale de la Sainte-Croix, à Rome, avec une thèse sur les Règles exégétiques chez Hugues de Saint-Victor.

Article paru en octobre et novembre 2003


Voici comment et pourquoi
je suis devenu prêtre de l’Opus Dei

Pourquoi Éric Nicolaï a-t-il décidé de devenir prêtre de l’Opus Dei? Ce n’est assurément pas à cause d’un manque de jugement.

L’homme est d’une intelligence au-dessus de la moyenne et possède une solide formation humaine, spirituelle et universitaire. En 1995, après avoir obtenu une maitrise en histoire de l’art de l’Université Laval à Québec avec une thèse portant sur les portrits d’enfants au 19e siècle, il obtient un doctorat en théologie de l’Université pontificales de la Sainte-Croix, à Rome, avec un mémoire ayant pour thème : « Les règles exégétiques de Hugues de Saint-Victor ». Ordonné prêtre le 15 septembre 1994 pour la Prélature de l’Opus Dei, l’homme aujourd’hui âgé de 41 ans est habité par un feu dévorant d’amour pour le Christ. Son parcours de vie est unique.

BENOIT VOYER – Monsieur l’abbé, qu’est-ce qui vous a amené à devenir prêtre de l’Opus Dei?

ÉRIC NICOLAI – C’est une longue histoire. D’abord, j’étais protestant. Donc, avant d’adhérer à l’Opus Dei, j’ai dû demander à être reçu dans l’Église catholique.

B.V.- Alors, commençons par le début. Vous êtes originaire d’où?

É.N.- Je suis né à Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal. Mes parents, des immigrants allemands, voulaient que je fréquente une école catholique. Mais de religion protestante, il n’y avait pas de place pour moi. Elle acceptait d’abord les enfants catholiques et, après, s’il restait de la place, les protestants. Il n’y a jamais eu de place pour moi! J’ai donc étudié à l’école protestante du quartier ou j’habitais, à Saint-Lambert. Jusqu’à l’âge de 17 ans, je n’ai pas pratiqué de religion, suivant ainsi les traces de mes parents.

B.V.- Qu’est-ce qui s’est passé dans votre vie a 17 ans?

É.N.- Je me posais des questions sur le sens de la vie. Il me semblait qu’il devait y en avoir un qui ne soit pas banal. De plus, je me suis rendu compte que je devais répondre à une interrogation fondamentale : « Est-ce que Dieu existe, oui ou non? » Ce n’était pas une simple question intellectuelle, car la réponse donnée a cette interrogation suppose toujours un engagement vital.

Au Cégep, je fréquentais un ami catholique. Nous nous connaissions depuis l’enfance. Mes autres amis étaient protestants, comme moi, mais j’étais non pratiquant. Les protestants étaient très enclins au prosélytisme. Ils m’encourageaient fortement à vivre plus intensément ma foi protestante et surtout à lire la Bible. Chaque fois que je m’exclamais : « Ah! Mon Dieu! Oh! My God », ils disaient : « Tu ne peux pas dire ça!| Tu ne peux pas dire ça! C’est un sacrilège! » (rires). Ils m’ont fait réaliser à quel point je disais souvent « Oh my God! », sans lui donner vraiment toute sa valeur. Leur attitude m’indisposait énormément.

Mon ami catholique, Dwight, était tout le contraire d’eux. S’il avait une difficulté, parce que j’étais son ami, je l’encourageais, je le soutenais. Je ressentais un devoir de l’aider. Par exemple, je l’accompagnais même a la messe, non pas parce que la messe comme telle m’intéressait, mais parce que je l’appréciais et qu’il était content de me voir l’accompagner. Nous parlions de toutes sortes de choses.

Un jour, en marchant vers l’église, il me dit : « Écoute, c’est le seul moment que j’ai pour réciter mon chapelet. Tu devrais m’aider! Sinon, je vais me distraire et je n’aurai pas le temps. » Je lui ai demandé : « Qu’est-ce que le chapelet? » C’est alors qu’il m’a appris la partie du chapelet que je devais dire « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pécheurs, maintenant et a l’heure de notre mort. » J’ai donc prié avec lui sans vraiment prier, simplement parce que je voulais lui être utile.

B.V.- Est-ce que Dwight était membre de l’Opus Dei?

É.N.- Non, mais il connaissait un prêtre de la Prélature. Il fréquentait le Centre Riverview, la maison pour les étudiants ou je suis actuellement aumônier. Il s’y rendait occasionnellement pour sa formation spirituelle.

B.V.- D’où lui venait cette ferveur religieuse? C’est rare chez les jeunes!

É.N.- Dwight étant d’une grande sensibilité religieuse, l’Opus Dei l’aidait à mieux comprendre sa foi. Il me parlait de la foi comme on parlait de bien d’autres sujets. Il ne me donnait pas l’impression de vouloir me convaincre comme mes amis protestants. Parfois, je lui exposais mes arguments et on en discutait.

B.V.- Est-ce que vous avez gardé un lien avec Dwight?

É.N.- Nous nous rencontrons assez régulièrement. Après avoir fait des études dans une école culinaire, il est devenu cuisinier. Je continue de lui apporter mon soutien. Il habite Montréal.

B.V.- A quel moment avez-vous décidé de devenir catholique?

É.N.- Un jour, assis dans un autobus, je réfléchissais à mes conversations avec Dwight. Jésus-Christ, l’Évangile, l’histoire de l’Église… « Il serait tout à fait absurde que tout cela soit une pure invention humaine. Qui aurait la folie de dire : On va inventer un paquet d’histoires pour induire les gens dans l’erreur? » C’était clair pour moi que toute cette tradition devait reposer sur une vérité. Ce jour-là, j’ai décidé d’être catholique.

B.V.- Mais vous n’étiez pas baptisé…

É.N.- Mes parents protestants m’avaient fait baptiser dans leur communauté protestante lorsque j’étais enfant, mais je ne savais pas qu’il fallait être reçu dans l’Église, dans la grande Église, pour porter le nom de catholique.

B.V.- De quelle manière avez-vous appris cela?

É.N.- Au Cégep, entre jeunes, un jour que nous parlions de religion, chacun disait quelle était la sienne. « Je suis bouddhiste, moi », puis un autre, « moi, je suis protestant… ». « Et toi, Éric, qu’est-ce que tu es? » J’ai répondu « Je suis catholique! » Il y a eu un silence. Une fille m’a regardé et m’a dit : « Tu n’es pas catholique, toi! » J’ai rétorqué : « Oui, je suis catholique! Je crois tout ce que l’Église enseigne… » Elle ajouta : « Tu penses que tu es catholique… mais tu ne l’es pas! » Sa réponse m’a bouleversé parce que je pensais l’être.

J’ai mentionné à Dwight ce qui m’était arrivé. « Il faut que tu sois accueilli dans une communauté de foi », m’a-t-il répondu. Alors j’étais catholique dans mon cœur, mais baptisé protestant, je n’étais pas en plein communion avec l’Église catholique.

J’ai suivi alors quelques catéchèses initiatiques. Mgr Norbert Lacoste m’a bien expliqué les fondements de la foi catholique. Ensuite, le 14 mars 1982, j’ai fait une profession de foi durant une célébration eucharistique a la paroisse Saint-François-d ’Assise, à Saint-Lambert. J’avais 18 ans. Mes parents ont assisté à la cérémonie.

B.V.- Est-ce qu’ils étaient d’accord avec votre choix?

É.N.- Ils pensèrent surement que cela n’était qu’une étape de mon adolescence et que je m’en sortirais. (Il lance cette phrase sur le ton de la plaisanterie avant de poursuivre plus sérieusement) Toutefois, ils ne se sont pas opposés à mon choix parce qu’ils ont toujours eu un grand respect de la liberté.

B.V.- Pourquoi n’y a-t-il pas eu un nouveau baptême?

É.N.- Vous savez sans doute que l’Église catholique reconnaît la validité du baptême reçu dans certaines communautés protestantes et que l’on ne peut être baptisé deux fois. C’est la raison de ma profession de foi.

B.V.- Quand avez-vous fait votre initiation aux sacrements du pardon et de l’eucharistie?

É.N.- Quelques jours auparavant, Mgr Lacoste avait entendu ma première confession et, a l’occasion de ma profession de foi lors de la célébration eucharistique, j’ai pu faire ma première communion au « corps du Christ ». Cela a été un moment très émouvant pour moi. Des ce jour, j’ai commencé à assister chaque jour à la messe. C’est ainsi que le Seigneur a pris peu à peu une grande place dans mon âme.

B.V.- Quelles sont les circonstances qui vous ont amené à connaître l’Opus Dei?

É.N.- C’est mon ami Dwight qui m’a fait connaître l’Opus Dei. Un jour, on s’est donné rendez-vous au métro Guy-Concordia, à Montréal. Sans me dire quoi que ce soit, il m’emmène à la résidence Riverview près de l’Université McGill pour me montrer à quel endroit habite son directeur spirituel.

J’entre. Il me présente. Je m’entretiens environ cinq minutes avec un prêtre qui habite l’endroit. « Comment vas-ti, Éric? Est-ce qu’il t’arrive de prier? » Nous bavardons.

L’homme au col romain doit mettre un terme a la conversation afin de descendre à la chapelle pour le salut au Saint-Sacrement. Je n’ai aucune idée de quoi il s’agit. Il m’invite. L’hostie est exposée dans un merveilleux ostensoir. Bien que je ne sache pas trop ce qui se passe, je suis très impressionné. Je savais que je pouvais communier au « corps du Christ », mais je ne savais pas que nous pouvions l’adorer. Ce fut le début d’un grand amour pour le Seigneur dans l’eucharistie.

B.V.- Vous avez commencé à fréquenter l’Opus Dei dès cette journée?

É.N.- Occasionnellement, j’y retournais pour la méditation du vendredi soir. Au mois d’août 1983, ma famille déménageait à Toronto parce que mon père y était muté par son employeur. J’ai donc cessé de fréquenter la résidence universitaire.

A mon départ, on m’a dit : « Tu pourrais appeler le centre de l’Opus Dei à Toronto… » J’ai répondu positivement à l’invitation, mais je ne pensais pas donner suite à cela.

Un mois plus tard, ne connaissant personne à Toronto, j’ai décidé de téléphoner pour bavarder un peu. Une voix répond : « Comment t’appelles-tu? » Je me présente. « Éric, comment ça va? Viens faire un tour! » L’homme au bout du fil est fort gentil. Nous nous donnons rendez-vous. C’est ace moment que j’ai commencé à fréquenter régulièrement la maison de Toronto pour la méditation et pour la direction spirituelle avec le prêtre.

B.V.- Quelles sont les circonstances qui vous ont amené à adhérer officiellement a l’Opus Dei?

É.N.- Après un certain temps, on m’en a fait la proposition. Un jour, j’ai parlé de l’idée du mariage avec un ami. Par la suite, j’en ai discuté avec mon accompagnateur spirituel. Le prêtre me lance : « Peut-être que dieu te demande PLUS que te marier ». Tout en soulignant que le mariage est un authentique chemin de sainteté, il me dit que l’Église a besoin aussi d’homme qui se consacrent au célibat. Aussitôt que le mot PLUS est tombé de sa bouche, je n’ai pu m’arrêter d’y penser.

B.V.- Pourquoi?

É.N.- Je prenais conscience que ce n’est pas juste moi qui planifie ma vie. Dieu est toujours là pour me demander quelque chose de PLUS. Ce PLUS était pour moi une invitation au célibat apostolique et la possibilité de travailler avec plusieurs personnes, surtout pour faire connaître l’enseignement du Christ et de l’Église. L’idée m’a fait un peu peur, mais, en même temps, elle m’attirait.

Dans une prière, j’ai dit au Seigneur : « Je veux bien te suivre, mais je ne peux pas abandonner ma passion pour la peinture et les arts. » J’ai finalement compris que Dieu ne voulait pas que j’abandonne cet univers et que je pouvais le suivre complètement à l’intérieur de cette profession.

B.V.- Est-ce que vous avez accepté sans trop y penser?

É.N.- C’était le temps de Noel. J’ai donc pris quelques semaines de vacances dans les Cantons-de-l ’Est, au chalet de mes parents. Pendant ces trois semaines, j’ai surtout essayé d’enlever cette idée de mon esprit, mais elle revenait toujours. Le 14 janvier 1984, j’ai écrit une lettre au prélat de l’Opus Dei pour lui signifier mon désir de devenir membre de la prélature a titre de laïc célibataire.

B.V.- A quel moment avez-vous reçu l’invitation à devenir prêtre?

É.N.- En devenant membre de l’Opus Dei, il n’était pas question pour moi de devenir prêtre. On m’a expliqué : « Tu es célibataire. Tu restes laïc. Tu pourrais aussi devenir prêtre si on te le demande, mais tu es libre de dire non. »

J’ai donc terminé une maîtrise à l’Université Laval en histoire de l’art et j’ai commencé à travailler à titre d’assistant à la recherche pour une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal. L’histoire de l’art me passionnait. Le temps passait. Or, un jour, je suis invité à réfléchir sérieusement sur la possibilité d’aller étudier la théologie à Rome. Une fondation montréalaise, la Fondation pour la culture et l’éducation, qui finance les études de séminaristes qui fréquentent l’Université pontificale Sainte-Croix à Rome, m’offre une bourse.

L’idée était de me préparer à être encore PLUS au service de l’Opus Dei, d’approfondir son esprit et d’étudier afin d’être davantage disponible pour des tâches de formation. Ces études seraient pour moi un temps de réflexion sur la possibilité de devenir prêtre. J’ai accepté.

B.V.- Comment vos parents ont-ils réagi à votre projet d’aller étudier à Rome?

É.N.- Au début, ils ont été surpris parce qu’ils s’étaient toujours imaginé que j’allais un jour me marier. Finalement, voyant mon enthousiasme devant ce projet et que j’étais heureux à l’intérieur de l’Opus Dei, ils m’ont encouragé.

B.V.- Est-ce que vous avez travaillé durant ces années en Italie?

É.N.- J’ai travaillé occasionnellement au service de traduction au Vatican, étant donné ma connaissance des langues allemande, espagnole, italienne, française, anglaise et latine. Ce travail m’a permis de rencontrer le Saint-Père et de lui parler personnellement.

Au début de 1994, en plein milieu de ma thèse doctorale, après cinq ans d’études à Rome, on m’a demandé si j’acceptais d’être ordonné prêtre. J’ai accepté cet appel comme un PLUS pour servir Dieu a l’intérieur de l’Opus Dei. J’ai été ordonné le 15 septembre 1994 à la basilique Saint-Eugène, à Rome.

B.V.- Qu’est-ce qu’il y avait d’impressionnant ce jour-là?

É.N.- Nous étions 44 membres de l’Opus Dei à recevoir le sacrement de l’ordre en même temps et la basilique était pleine à craquer! Une trentaine de membres de ma famille qui habitent en Allemagne sont venus et d’autres sont venus du Canada. Tous étaient protestants. Ma mère et ma sœur ont pleuré. Après la célébration, mon père m’a dit être très fier de moi.

B.V.- Quand êtes-vous revenu au Canada et quel a été votre parcours depuis ce temps?

É.N.- Je suis revenu à Montréal a l’été 1995. J’ai travaillé à Toronto comme aumônier d’une résidence de l’Opus Dei. J’ai eu aussi l’occasion d’enseigner dans une école secondaire privée. Depuis quelques années, je suis aumônier du centre universitaire Riverview, situé tout près des universités McGill et Concordia, sur l’avenue du Musée, à Montréal.

En plus de m’occuper du bureau d’information de l’Opus Dei au Canada, j’anime des retraites spirituelles et des ateliers d’études dans des centres de formation confiés à l’Opus Dei.

B.V.- Pourquoi avez-vous choisi de devenir prêtre de l’Opus Dei?

É.N.- Comme saint Josémaria Escriva, je veux devenir un saint en sachant que je serai« un pécheur jusqu’à la fin de mes jours. N’allez pas penser que le saint est une personne parfaite et sans défaut. Mais le saint est celui qui, s’il lui arrive de trébucher, se relève aussitôt, en toute humilité, pour continuer sa route au service des autres. Je veux répondre à cet appel personnel que Dieu m’a fait et je désire être son instrument pour amener les âmes au Christ.

Tiré de: Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », éditions Logiques, une division de Québecor, 2005, pp.177 à 185. Article paru initialement dans la Revue Sainte Anne. Le livre est conservé chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 204.4 V975t 2005).

En ce 11 avril 2025

Une visite au Zoo de Granby en 1986. Images de Benoit Voyer conservées a la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby.

Dans tout bonheur se mêle un secret effroi

Dorothée Berryman


Dorothée Berryman

Dorothée Berryman est actrice et interprète de jazz. Elle participe à l’enrichissement du paysage culturel du Canada francophone, depuis plus de 30 ans. Elle a joué des rôles marquants au cinéma, a la télévision, au théâtre et elle interprète de grands classiques du jazz sur disque ou sur scène. Chaque samedi et dimanche. De 18h30 a 20h, elle anime une émission de jazz sur les ondes d’Espace musique. La chaine culturelle de Radio-Canada.

Au cinéma. On se souvient de son rôle de Louise dans Le Déclin de l’empire américain (1986) et Les Invasions barbares (2002) de Denys Arcand. De Bibiane Guérin dans Je n’aime que toi (2003) de Claude Fournier et de sa participation dans Chocolat, crème glacée et autres consolations (2001) de Julie Hivon.

C’est en 1971 qu’elle commence sa carrière. Le metteur en scène Paul Hébert lui confie le rôle d’Élise Doolittle dans la pièce Pygmalion de Georges Bernard Shaw. Elle incarnera ensuite plusieurs rôles au théâtre.
A la télévision, on la retrouvera dans Des dames de cœur (Radio-Canada), ainsi que dans les miniséries Bombardier, Réseaux, Cauchemar d’amour, Rivière-des-Jérémies, Tribu.com, The Hunger et Urban Angel.

Article paru en mai 2002

Son frère a été guéri par la bonne sainte Anne

Lorsqu’il est question de Sainte-Anne-de-Beaupré, plein de souvenirs d’enfance surgissent de la mémoire de la comédienne et interprète de jazz Dorothée Berryman, celle qui incarne le rôle de sœur Agnès dans la série télévisée Rivière-des-Jérémie, présentée chaque mardi, a 20h, à la Société Radio-Canada (SRC).

Le plus sensible de ses souvenirs est celui de la guérison de son frère Édouard, le benjamin de la famille. Le petit de quelques mois souffrait d’un angiome qui déréglait son système lymphatique. Il a été guéri grâce a la prière d’intercession de la mère de sa mère « à la bonne sainte Anne », la grand-mère de Jésus selon la tradition.

« Je vous raconte cela avec mes souvenirs de petite… C’était proche du cerveau et il y avait la une sorte d’excroissance énorme qui poussait tout le temps. On a fait une biopsie. Les médecins ont identifié la maladie et ont dit qu’il n’y avait rien à faire parce que c’était trop proche de certains nerfs du cerveau. A l’époque, c’était dangereux d’opérer dans cette région du corps humain! Il y a plus de 40 ans de cela! » raconte Dorothée Berryman.

Cette époque ou son jeune frère était hospitalisé, elle s’en souvient comme si c’était hier : « Les trois autres enfants chez nous, dont moi, pleuraient. On ne pouvait pas imaginer notre petit frère malade pour toujours. Cela voulait dire qu’ils allaient l’opérer, enlever une partie de l’angiome, que ça allait resurgir et qu’il devrait revenir continuellement à l’hôpital. C’était affreux pour nous! »

Ne pouvant accepter une telle situation, sa grand-mère décide de prier la mère de Marie, la grand-mère du Nazaréen, en promettant, a la guérison du bébé, un abonnement a vie a la Revue Sainte Anne.

Quelques mois plus tard, de retour à la maison…

« Tout a coup, une nouvelle infection est apparue! Édouard a fait une fièvre monstre! Là on pensait que ça y était, que c’était la fin. En réalité, ça a été la dernière crise! » ajoute-t-elle la voix remplie d’émotions.

Les médecins n’on jamais pu expliquer ce qui était arrivé. D’après eux, le petit malade a développé des anticorps. Médicalement, ils n’ont guère été capables d’expliquer clairement la soudaine guérison. Pour la famille de Dorothée, ce fut le miracle attendu.

« Vous savez. Il reçoit encore la Revue Sainte Anne! » s’exclame la comédienne.

Souvenirs de la neuvaine Il y a longtemps que Dorothée Berryman n’a pas visité le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. Elle se promet bien d’y retourner très bientôt.

Cependant, lorsqu’elle était encore une fillette, elle y allait en famille a chaque neuvaine. Le 26 juillet, veille de l’anniversaire de sa mère, était une journée familiale sacrée. Elle se souvient surtout des processions aux flambeaux.

« Je me rappelle de nous, quatre enfant, assis dans la voiture et insistant pour que daddy arrête acheter des patates fruites. Il me semble qu’il attendait toujours le dernier restaurant pour arrêter. Nous désespérions! » raconte-t-elle.

« J’ai la foi! » Même si elle vit maintenant sa foi hors d’une communauté chrétienne, elle affirme croire en Dieu et elle le sent bien présent dans son existence.

« Je crois que Dieu est un tout! Je crois aussi au sacré. Je me sens proche d’Einstein quand il s’émerveille devant le mystère de la vie » dit Dorothée Berryman.

Elle pratique sa foi en tentant de respecter la vie. Elle lance qu’il faut faire le plus avec les cadeaux que nous avons reçus. Chacun est responsable de ses talents et de ce qu’il apprivoise, pour rependre l’expression du Petit prince.

Sœur Marie-Louise-de-la-Trinité Avant de conclure, elle demande de remercier les religieuses a qui elle doit sa vocation de comédienne. Elle veut particulièrement rendre homme a sœur Marie-Louise-de-la-Trinité.
« Je me trouve privilégiée d’avoir fait mon cours classique chez les Sœurs de la Charité de Saint-Louis et a la Congrégation Notre-Dame au Collège Bellevue, à Québec, et de certaines rencontres, comme celle de cette religieuse qui a orienté ma vie. J’avais 13 ans à l’époque! Elle a pressenti en moi un talent artistique et m’a guidée vers une école de théâtre » insiste-t-elle en disant au passage que sa tante Gabrielle est membre de la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie et que sa tante Jacqueline a donné sa vie au service des Hospitalières. Cette dernière habite Chicoutimi.

Dorothée Berryman ne manque pas de modèles pour l’inspirer dans son interprétation du rôle de sœur Agnès dans la télésérie Rivière-des-Jérémie et les souvenirs de Sainte-Anne-de-Beaupré lui font dire : « Merci la vie! »

Tiré de: Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », éditions Logiques, une division de Québecor, 2005, pp.193 à 196 Article paru initialement dans la Revue Sainte Anne. Le livre est conservé chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 204.4 V975t 2005).

En ce 10 avril 2025


Encore bien de la neige au sol à Sainte-Julienne à la limite de Rawdon.

Gilles Poirier


Gilles Poirier

Le père Gilles Poirier est missionnaire au Kenya depuis 2001. Il est membre de la Société des prêtres des missions étrangères. De 1969 à 1985, il a été missionnaire en Argentine et, par la suite, au Soudan, de 1989 à 1999. Le père Poirier est originaire d’Alfred, en Ontario.


Article paru en juillet 2000

Expulsé du Soudan par les musulmans

“C’est dégradant d’être manipulé comme ça, comme un criminel!”

Le 7 août 1999, tard en soirée, le père Gilles Poirier, 57 ans, de la Société des prêtres des missions étrangères, descend de l’avion ou l’a fait monter, quelques heures plus tôt, le gouvernement du Soudan afin de l’expulser de son pays. Dans les couloirs de l’aéroport de Dorval, il est calme malgré la grande souffrance intérieure que viennent de lui infliger les dirigeants soudanais qui cherchent à restreindre toutes actions de l’Église catholique en terre soudanaise passée sous régime islamique, il y a quelques années. Son seul commentaire en descendant de l’avion est: “C’est dégradant d’être manipulé comme ça, comme un criminel!”

L’ordre de partir arrive le 17 juillet 1999. Pendant trois semaines, il tente tout – avec l’avocat du diocèse où il habite – pour connaître les raisons qui poussent le gouvernement à l’expulser. Il va jusqu’à visiter les ministères un a un, sans jamais officiellement recevoir de réponse.

“Le motif, ils ne me l’ont jamais dit. J’ai été au ministère de l’immigration et ils ont exigé que je quitte le pays. J’ai demandé quelles étaient les raisons de mon expulsion. Ils m’ont dit: “Nous, on est sous des ordres que nous exécutons. Nous ne savons pas les raisons”. J’ai demandé ou je pourrais aller m’informer. Ils m’ont envoyé à la Sécurité d’État du ministère des Affaires sociales qui inclut les affaires religieuses. C’est à ce moment qu’a commencé mon pèlerinage d’un bureau à l’autre. Cela n’a pas donné de résultats”, a-t-il confié.

Le 7 aout, il doit quitter le pays sous peine d’emprisonnement. Comme convenu, il se rend à l’Immigration. Des fonctionnaires soudanais l’escortent à l’aéroport pour s’assurer de son départ. Ce n’est qu’une fois à bord de l’avion qu’ils lui remettent son passeport.

“On ne m’a jamais dit les motifs, sauf que nous savons à la longue! Le gouvernement avait payé un informateur qui vivait dans notre communauté chrétienne. On lui a donné quelques sous en échange de renseignements...”, ajoute le missionnaire, qui aimerait bien retourner là-bas.

Dans ce coin du Soudan, les missionnaires catholiques s’occupent de petits projets de développement. Les femmes y tiennent notamment un petit commerce pour apporter un peu de pain à la maison, le salaire des maris ne suffisant pas aux besoins de leurs familles.

Il poursuit: “Un nouveau projet que nous voulions établir voulait être un apport pour l’Église afin de permettre à un prêtre soudanais qui arrive pour nous remplacer d’avoir des possibilités financières pour continuer les œuvres. Nous avions des machines à moudre le grain dans un secteur, des restaurants dans deux secteurs et un petit magasin dans un autre coin. Un des hommes les plus engagés de l’Église locale ne payait pas ses engagements. Il n’apportait rien! Avec le temps, on a dû sévir. Par esprit de vengeance, il m’a dénoncé au gouvernement sous de faux prétextes.”

Les gens du village connaissent cette histoire. C’est d’eux que les vraies raisons sont venues. Habituellement, c’est le silence sur les situations d’expulsion dans ce pays, mais cette fois, ce ne fut pas le cas à cause de la pression de l’Église. Le lendemain du départ de Gilles Poirier, l’affaire faisait la manchette des journaux soudanais, à la surprise du gouvernement. Celui-ci a répondu aux journalistes que le religieux a semé la haine entre les chrétiens et les musulmans, qu’il a fait de la corruption en donnant beaucoup d’argent - surtout aux étudiants afin d’alimenter la haine – et qu’il a été expulsé de plusieurs pays. Rapidement, le gouvernement a nié cette déclaration: “Nous n’avons pas dit cela!”

“On m’a confirmé, lors des derniers échanges, que je serais réintégré. Cependant, je ne projette pas retourner immédiatement parce qu’il y a trop de douleurs et de conflits dans la paroisse ou j’étais. Je ne suis pas assuré que mon retour soit une bonne chose pour l’instant”, explique-t-il. Au moment de l’entrevue, il lorgnait du côté du Kenya ou il y a beaucoup de déplacés de guerre qui viennent du Soudan. C’est là qu’il risque de re retrouver en septembre.

Gilles Poirier est entré dans la Société des prêtres des missions étrangères en 1964 et est devenu prêtre en 1969. Il a travaillé seize ans en Argentine, cinq ans à la formation des jeunes missionnaires de sa communauté et neuf ans au Soudan. Son expulsion, le 7 aout 1999, restera à jamais gravée dans son âme comme une blessure qui ne guérit pas.

Tiré de: Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », éditions Logiques, une division de Québecor, 2005, pp.103 à 106. Article paru initialement dans la Revue Sainte Anne. Le livre est conservé chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 204.4 V975t 2005).

En ce 9 avril 2025

Autoroute des Cantons-de-l'Est, le 8 mai 2024

Louis Rousseau


Louis Rousseau

Louis Rousseau est professeur au Département des sciences religieuses de l'Université du Québec à Montréal, depuis 1969, et professeur titulaire depuis 1982. Même s'il en est à ses dernières années de travail à l'UQAM, il ne se prépare pas encore à prendre sa retraite dans l'immédiat. Il y verra à 70 ans, peut-être! Il est passé à la phase « conseil » de sa vie professionnelle, refusant maintenant les lourdes charges administratives.

En 1973, il obtenait un doctorat en sciences religieuses de l'Université de Montréal. Depuis cette époque, il a écrit un très grand nombre d'articles et a collaboré à plusieurs livres. Il a aussi écrit Le bas clergé catholique au dix-neuvième siècle: Approche comparative d'une population pastorale en voie de changement (Groupe de recherche en sciences de la religion, 1995). En 1994, avec Stéphane Baillargeon, journaliste au quotidien Le Devoir, il a réalisé une série d'entrevues qui forment le livre Entretiens avec Louis Rousseau Religion et modernité au Québec (Liber, 1994).

Enfin, il est bien fier de ce que devient son fils Karel, 9 ans, Quand il parle de lui, ses yeux brillent.

Article paru en mai 2001.

« Il faut favoriser des avenues vers la maturité spirituelle »

Ce matin, le professeur Louis Rousseau arrive à son bureau de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) embarrassé, gêné, mal à l'aise... « Excusez-moi, j'ai encore pris deux rendez-vous en même temps! » Le journaliste venu le rencontrer, qui trouve la situation fort amusante, rassure l'homme: « Ne vous inquiétez pas, je vous attends le temps qu'il faut! »

Elle n'est pas facile, la besogne de directeur des études de premier cycle en religiologie de l'UQAM en cette période difficile. Au moment de la rencontre, les émotions du spécialiste des phénomènes religieux, un des plus prestigieux au Canada, sont à leur sommet.

En 2001, il cosigne avec une brochette de personnalités, dont Mgr Bertrand Blanchet, évêque catholique romain de Rimouski et membre du comité épiscopal de l'éducation, une lettre ouverte portant sur « La religion et la morale à l'école réduites au statut de micromatières ».

Avec des collègues, il demande au ministre de l'Éducation du Québec, François Legault, « qu’il reconsidère sa décision quant au temps accordé en ce domaine pour être fidèle à ses propres orientations et répondre aux besoins des jeunes du Québec en cette matière [...] Les élèves ont besoin d'un temps propice à la réflexion sur le sens de la vie, la recherche éthique, la compréhension de différentes visions du monde, la recherche de la vie bonne et de leur action dans le monde. La réduction envisagée du temps d'enseignement rend cela impossible ».

« Allez! Entrez ! » lance-t-il une heure plus tard. La porte se ferme sur le monde extérieur et s'ouvre sur son univers secret. Les mystères de la sagesse et les convictions de cet homme vont se révéler. Son regard espiègle et son sourire paternel révèlent une riche personnalité. Ses cours, dont ceux d'initiation à la morale et à la religion et sur les religions amérindiennes, font les délices de ses étudiants.

Lorsque le petit fait une crise...
Le religiologue Louis Rousseau, né en 1939 au sein d'une famille ouvrière, ne passe pas par quatre chemins pour parler de la crise du christianisme en Occident: « Il faut être honnête: une des crises majeures de l'Église du Québec est l'anti-intellectualisme des responsables ecclésiaux ».

Il a un très grand respect de la tradition catholique, mais l'ancien Dominicain ne peut se taire, particulièrement en ce temps de crise sévère. Il exprime ses observations et ses commentaires, afin de lancer des pistes sérieuses pour qu'elle sorte de son marasme. Il dérange comme un prophète, et l'avenir saura fort probablement lui donner raison sur plusieurs points.

Il ne veut guère critiquer pour critiquer. Il souhaite seulement que le christianisme retrouve ses lettres de noblesse. Ses opinions, qui se veulent constructives, méritent d'être écoutées et considérées. Son expérience, riche de quarante ans de réflexion, est sérieuse. Il parle en connaisseur et en homme de foi.

L'anti-intellectualisme infantilisant

Selon Rousseau, la principale cause du désastre ecclésial tient à l'anti-intellectualisme des pasteurs chrétiens.

« Les théologiens du Québec étaient parmi les plus avant-gardistes et les plus stimulants dans les années 1960. Nous avions une grande race de spécialistes. Or, pour gérer le problème du célibat - qui n'a pas grand-chose à voir avec l'interprétation de la foi (!) -, l'Église catholique a fait disparaître pratiquement une génération de ses meilleurs théologiens», dit-il.

Pour faire une caricature de la situation, les bergers ont reçu la seule consigne d'être sympathiques. « Faites de la dynamique de groupe et ça va marcher (!) », leur a-t-on dit. L'érudit est direct sur ce point: « Le christianisme, ce n'est pas seulement être copains! La pensée jovialiste - Soyez heureux, pensez positif! - est bien meilleure en la matière. » Après tout, les fidèles ne sont pas des moutons!

Il regrette que les membres du clergé ne soient pas davantage incités à la lecture: « Plusieurs laïcs sont bien plus poussés en termes de culture. » Il trouve cette paresse intellectuelle lourde à porter. Les civils questionnent... Les prêtres sont incapables de répondre. « Le laïc se lasse et il se dit: "Puisque c'est comme ça, je reviendrai l'an prochain!" Et comme il y a plein de choses à faire dans la vie, il ne revient pas! », dit le professionnel attristé.

La crise: il y a de quoi pleurer!
Bien qu'il soit un élément central, il n'y a pas que l'anti-intellectualisme qui est à la source du problème. La crise du christianisme en Occident est multicausale. Devant la complexité du casse-tête, il y a de quoi pleurer!

Il y a aussi le problème du message et de son interprétation. Il parvient difficilement à s'adapter au contexte social où il est diffusé. Le résultat saute aux yeux: l'Évangile ne rejoint plus la masse. Il faudrait que ce qui est communiqué parvienne à toucher les personnes qui ne croient pas ce message annonciateur de la libération et qui donne un sens à la vie », ajoute-t-il. Selon lui, il faut trouver une nouvelle manière d'en parler afin qu'il devienne une bonne nouvelle.

Pour arriver à une adaptation, un travail théologique doit préalablement être réalisé. Les schèmes philosophique et théologique qui ont été développés depuis la civilisation grecque (pendant environ 1500 ans) n'ont plus de sens. Nous ne pouvons plus parler de la même manière. Le travail de traduction des images bibliques en langage moderne est urgent. « Il faut une traduction de la tradition dans des termes de référence qui sont significatifs pour le monde contemporain. » Cependant, pour cela, il faut que cessent l'anti-intellectualisme et le cloisonnement des pensées.

Enfin, il y a la question paralysante de la morale. En sachant qu'il provoque les esprits conservateurs, Louis Rousseau ose dire tout haut ce qu'il croit: « Le message de l'Évangile est attirant. Il n'y a pas de doute sur ce point. C'est le traitement de l'interprétation des textes fondamentaux en langage contemporain qui fait scandale, particulièrement en matière de morale. »

Lorsque tu seras grand...
Il faut donner les moyens à chaque personne d'entrer dans un univers religieux adulte. Pour cela, il faut favoriser des avenues vers la maturité spirituelle. L'aventure intérieure est la voie favorite de cet expert des religions.

« L'expérience de la rencontre de Dieu peut être développée dans une démarche hautement individuelle. Il faut initier les gens à la vie spirituelle. Pourquoi ne pas créer des écoles d'apprentissage à la méditation dans la pure tradition de la lectio Divina? Cela ne coûte pas cher de s'imbiber de la symbolique biblique! » suggère le spécialiste qui n'a jamais été consulté par le clergé catholique en 30 ans de pratique.

Il n'est pas nécessaire d'aller en Orient pour trouver des centres de formation à la méditation. L'expérience monastique a un enseignement riche à révéler. La mystique occidentale n'a rien à envier aux autres voies spirituelles. Tout est affaire de mise en marché. « Une spiritualité est précisément ce qui donne du souffle, ce qui permet de recueillir toutes ses énergies, encore et toujours », disait Mgr Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski, en 1992. C'est la nouvelle respiration que rêve Louis Rousseau pour le christianisme d'ici.

Pour l'avenir, il faut développer l'expérience spirituelle individuelle et réinventer des rituels destinés à la famille et au cercle d'amis. Ce sera la naissance d'une nouvelle forme de communautés de base. Ces rites feront revivre une tradition vivante afin de se souvenir que le cheminement humain se situe dans l'axe « passé-avenir » de la communauté et de la tradition. En réinterprétant l'héritage des ancêtres, il y a de l'espoir pour « un demain » de la foi chrétienne en Occident.

Il lance aussi l'idée, comme dans le rapport Risquer l'avenir, d'une Église volontaire où les nouveaux membres demanderaient d'être admis à l'âge adulte et où la communauté lieu de croissance de la foi. Louis Rousseau croit qu'il faut redéfinir l'Église comme étant le lieu d'une communauté d’appartenance libre et volontaire d'une foi adulte.

Dominicain un jour, Dominicain toujours
Le professeur Rousseau parle peu de lui, mais lorsqu'il se laisse aller, il est touchant. Il faut avoir été touché intérieurement par la rencontre de quelqu'un de bien spécial pour être habité par ce feu pacifiant qu'il y a en lui. Cela ne peut être qu'une expérience spirituelle intense.

Sa flamme est née après ses études classiques au Collège de Montréal. C'est au couvent Saint-Albert-le-Grand des Dominicains, où il entre en 1960, qu'il est séduit. En 1961, « j’ai découvert la grande prière de l'Église, les psaumes, la Bible, la liturgie et j'ai trouvé ça merveilleux. Je crois que je suis devenu vraiment chrétien à ce moment. J'ai découvert la libération qu'on peut trouver dans l'expérience religieuse intime... », lance-t-il.

À l'été 1966, à la veille d'être ordonné prêtre... « J’étais en train de définir ma vie en ne donnant aucune place au bonheur humain, quotidien et familial, comme avoir des enfants, une femme, un amour... J'avais décidé de vivre comme si je n'avais pas de corps! Tout était dans la tête. Je me suis rendu compte que ça n'avait pas d'allure pour ma vie. J'ai décidé de quitter la communauté », dit-il. Mais il a eu beau sortir physiquement de la fraternité, celle-ci n'est pas sortie de lui. Dominicain un jour, Dominicain toujours. Il reste profondément marqué par le style de vie de ces religieux.

Une nouvelle vocation: professeur << uqamien >>
C'est à ce moment qu'il décide de poursuivre ses études à la maîtrise. Il opte pour l'Institut des sciences religieuses de l'Université de Montréal. Durant ses années de formation intellectuelle, il opte pour un parcours non théologique de la religion, une approche plus près des sciences humaines. En 1967, il passe au doctorat et, à l'automne 1968, commence sa carrière dans le monde de l'enseignement au Collège Sainte-Marie.

À la fondation de l'UQAM, à l'automne 1969, le directeur du nouveau Département des sciences religieuses, Yvon Desrosiers, lui demande de se joindre à son équipe. A l'automne 1976, Louis Rousseau devient directeur du département et, par la suite, occupe divers postes. Il y a quelques mois, il est devenu le directeur de la concentration en enseignement religieux et en enseignement moral. Malgré ses tâches administratives, ce qu'il préfère est enseigner.

Être un professeur « uqamien » en religiologie veut presque dire *être un extraterrestre! » Pourtant, les sciences religieuses permettent de découvrir l'extraordinaire dynamisme créateur de l'humain qui cherche à donner un sens à la finitude de son existence. Devant cette passion qui l'habite, le professeur Rousseau ne peut se taire. Le spécialiste ne peut pas rester inactif. Il est toujours heureux de partager son expérience. Il est très occupé, mais il trouve toujours du temps, même si parfois il doit combiner inconsciemment deux rendez-vous en même temps. Une poignée de main, la porte s'ouvre... Il repart aussi rapidement qu'il est arrivé deux heures plus tôt.

Tiré de: Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », éditions Logiques, une division de Québecor, 2005, pp.131 à 137. Article paru initialement dans la Revue Sainte Anne. Le livre est conservé chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 204.4 V975t 2005).

En ce 8 avril 2025


Visite au cimetière Mgr Pelletier, a Granby

Par Benoit Voyer
8 avril 2025

Comme je le fais régulièrement durant les saisons ou il n’y a pas de neige, lorsque je vais a Granby, je commence ma journée par une visite au cimetière Mgr Pelletier afin de me recueillir quelques minutes à la tombe de mon père, décédé le 15 avril 2021 au CHSLD Villa Bonheur, à Granby, en pleine crise sanitaire de la Covid 19.

Ce 7 avril, j’en ai profité pour marcher un peu plus de 45 minutes dans les rangées de la section ou il repose afin d’explorer les noms qui figurent sur les pierres tombales. J’y ai reconnu des gens que j’ai fréquenté au fil des ans : l’ancien député de Shefford Gilbert Rondeau, Laurent Chartier (impliqué au Café d’accueil chrétien et au Mouvement action handicapé), Maurice Picard (notre voisin sur la rue Saint-François), Jean-Luc Hamelin (impliqué au Café d’accueil chrétien et en musique liturgique dans les paroisses granbyennes), mon petit cousin Grégoire Paradis (qui habitait sur la rue Saint-Jean-Baptiste), Yves Gaudord (ancien collègue Louveteau dans la troupe de Saint-Eugène. Il habitait sur la rue Saint-François), Lynne Marchand (la conjointe de Robert Frédéric avec qui j’ai travaillé quelques mois chez Transport Robert, à Rougemont. Son père était gérant à l'Esmond Mills ou mon père travaillait), le marchand de fruits et légumes Gérard Laurin (qui habitait sur la rue Saint-François), Lucette Choinière et le diacre permanent Gérard Chabot (j’étais présent à son ordination a l’église Saint-Eugène), Adrien Ménard et Marie-Jeanne Dion (Adrien était impliqué au Café d’accueil chrétien et dans plusieurs œuvres du père Jean-Paul Regimbal), Claudette Sabourin-Lalumière (elle était une régulière des voyages-pèlerinages que j’organisais pour le Comité foi et culture Granby et région), Brigitte Privé et Pierre Chartrand (ils ont longtemps été les piliers de la Fondation Gérard Bossé) et Monique Dionne (Cette sainte Oblate de Marie Immaculée et décédée il y a quelques semaines. Elle a longtemps enseigné au pri
maire et s’est impliquée dans des œuvres mises en place par le père Jean-Paul Regimbal avec ses consœurs oblates Louisette Bibeau et Suzanne Dumouchel). J’ai aussi reconnu quelques noms de personnes qui ont marqué la société de leur époque dont le chanteur country Paul Brunelle, l’homme d’affaires Gérald Scott et le Dr Gilles Rioux.

Voici quelques photos de cette visite...


















Site a la mémoire de Jacques Parizeau, premier ministre du Québec


Ce dimanche 6 avril, j'ai visité le lieu de sépulture du premier ministre du Québec Jacques Parizeau. Il est situé au Cimetière de Laval, sur le chemin du bas Saint-François.