RÉFLEXION SPIRITUELLE : La résistance du cœur humain

La résistance du cœur humain

Par Benoit Voyer

4 septembre 2026

Les évangélistes ne choisissent jamais leurs mots au hasard. En général, avec quelques variantes, les récits se ressemblent dans les quatre évangiles canoniques, particulièrement dans les trois que l’on dit « synoptiques » : Matthieu, Marc et Luc. Chacun possède des détails qui lui sont propres. Ces différences sont souvent révélatrices. En voici un exemple : « Personne, après avoir bu du vin vieux, n'en désire du nouveau. Il dit en effet : "Le vieux est bon." » (Lc 5,39)

L’auteur précise une réalité importante de la vie spirituelle : la résistance du cœur humain. Ce n’est pas pour rien.

Jésus ne condamne personne. Il ne fait qu'un constat. Il connaît le cœur humain. Il sait qu’il préfère spontanément ce qui lui est familier. Il se complaît dans ses habitudes, ses certitudes et ses sécurités. Si Dieu, dans sa bonté, lui ouvre un chemin de bonheur, quelque chose en lui murmure : « Le vieux est bon. »

Chez Luc, la foi avance rarement en ligne droite. Elle progresse par étapes. Comme si Dieu respectait le rythme de chacun : les disciples entendent Jésus sans toujours le comprendre. Ils assistent aux miracles sans saisir pleinement sa signification. Après les derniers moments de Jésus sur la croix, les disciples d'Emmaüs marchent plusieurs kilomètres avec le Ressuscité sans le reconnaître. Plus tard, dans les Actes des Apôtres, Pierre hésitera longtemps avant d'accepter que l'Esprit Saint soit donné aux païens.

Le 8 septembre marquera l’anniversaire de décès du père Jean-Paul Regimbal. En marche vers ce jour de mémoire, j’ai relu l’article « La psycho-dynamique de la conversion », un texte oublié, paru dans la revue Trinité Liberté en décembre 1974. Détenteur d’une maîtrise en criminologie, le Trinitaire commence sa dissertation par une observation qui surprend.

Afin de bien faire comprendre ce qu’est la conversion chrétienne, il reprend une idée centrale de sa thèse universitaire sur la délinquance juvénile. Il écrit : « Le criminel ne parviendra jamais à se réinsérer dans le circuit social qu'à la condition de changer son comportement et de réviser le système de valeurs qui sous-tend ce comportement criminel. Changer de comportement, réviser son système de valeurs, réajuster son mode d'agir à un nouveau système de valeurs, qu'est-ce donc sinon la description du phénomène extraordinaire qu'on appelle la CONVERSION? »

Ainsi, comme il l’indique, le problème n'est pas d'abord le comportement. Le problème est le système de valeurs. N'est-ce pas précisément de cela que parle Jésus? Celui qui a bu le vieux vin ne refuse pas le nouveau parce qu'il serait mauvais. Il continue de préférer l'ancien parce que son goût n'a pas encore changé.

La conversion chrétienne est donc beaucoup plus qu'une réforme morale. Jean-Paul Regimbal le rappelait avec force : « La conversion chrétienne repose essentiellement sur la découverte de QUELQU'UN vers qui on se retourne... Cet AUTRE, c'est DIEU. »

La conversion chrétienne est exigeante. Elle ne consiste pas seulement à améliorer quelques comportements. Elle oblige toute notre existence à changer de paradigme. Or, ce déplacement intérieur rencontre inévitablement une résistance.

Puis, Jean-Paul Regimbal décrit avec finesse les étapes de cette transformation : « On pourrait distinguer cinq phases dans la démarche de retour qu'est la conversion : la révolte contre l'ordre existant; la prise de conscience que cette révolte est sans issue; la prise de conscience des valeurs proposées; la prise de position en face de ces valeurs; enfin, la mise en pratique de ces nouvelles valeurs. On remarquera que la conversion ne suit pas une démarche rectiligne et ascensionnelle vers un sommet. Au contraire, il s'agit plutôt d'un mouvement d'oscillation pendulaire… C'est une marche dialectique qui procède par mode de négation et d'affirmation… Ce n'est qu'au terme de ce mouvement d'oscillation que le sujet finit par retrouver son équilibre dans la paix. »

Comment ne pas penser à la phrase unique du livre de Luc ? « Personne, après avoir bu du vin vieux… » Jésus ne décrit pas simplement une préférence. Il insiste sur la difficulté de quitter un ancien système de valeurs, même lorsqu'un monde nouveau s'ouvre devant soi. La résistance n'est pas le contraire de la conversion. Elle en est souvent le commencement.

Jésus ne brusque jamais les consciences. Il accompagne. Il explique. Il recommence. Il marche avec les disciples d'Emmaüs. Il reprend doucement Pierre. Il laisse le temps à la grâce de transformer les cœurs.

Nous parlons souvent de la conversion comme d'un changement spectaculaire. Luc nous montre plutôt un Dieu infiniment patient. Il sait que nous aimons le vieux vin. Il ne s'en scandalise pas. Il continue simplement à nous offrir le vin nouveau.

À cause d’une série de conférences qu’il a données en 1983 afin de mettre en garde le public contre les dérives du système monétaire international et contre ce qu'il considérait comme les effets pervers de la musique rock chez les jeunes, notamment la présence de messages subliminaux, on a démonisé Jean-Paul Regimbal. On lui a attribué des étiquettes de fanatique, de radical et de conspirationniste. Pour l’avoir côtoyé plusieurs années, je peux dire que cette image ne correspondait pas à l'homme que j'ai connu.

Le Trinitaire avait une âme d’artiste. Avant son entrée en communauté, c’était un pianiste virtuose. Au piano, il était sublime. Jean-Paul a toujours eu une sensibilité hors de l’ordinaire. Avec finesse, il savait lire dans les cœurs. Et jamais il n’a imposé sa manière de penser. Il proposait l’idéal de l’évangile et il laissait chacun faire ses choix selon ses capacités.

En le relisant, j’ai l’impression qu’il avait saisi quelque chose d'essentiel : la grâce de Dieu ne détruit pas nos résistances. Elle les traverse. Elle les éclaire. Elle les transforme de l'intérieur. Et peut-être qu'un jour, presque sans s’en rendre compte, on découvrira que notre cœur a changé de goût. Le vin nouveau nous paraîtra alors meilleur.

Alors, ne craignons pas le vin nouveau. Laissons-le nous convertir lentement, patiemment. Dieu connaît nos résistances mieux que nous-mêmes. Il ne se décourage jamais. Après tout, c'est lui le meilleur des sommeliers.

Allez! Levons nos verres à la grâce de Dieu! Chin! Chin!

MA FOI DU BON DIEU : Messe à Saint-Henri, à Mascouche

 

Chaque lundi, mardi, jeudi et vendredi, à 8 h 15, à l'église catholique Saint-Henri, à Mascouche, il est possible de participer à la messe du jour. J'aime arriver tôt pour profiter de la quiétude du lieu de prière. C'est ce que j'ai fait, hier.

JEAN-PAUL REGIMBAL : Le renouveau charismatique catholique

Père Jean-Paul Regimbal, O.ss.t.
Le renouveau charismatique catholique, ses origines et ses problématiques

Par Benoit Voyer

4 septembre 2026

Thérèse Corriveau [1], proche collaboratrice du père Jean-Paul Regimbal dans les années 1970 et 1980, explique que « le Renouveau charismatique dans son ensemble, c'est l'approfondissement de la vie chrétienne… C'est le plein épanouissement de la vie chrétienne, mais sous la mouvance de l'Esprit saint. C'est pourquoi l'Esprit saint joue un rôle tellement important comme il devrait le jouer dans la vie de tout chrétien. Le baptême dans l'Esprit saint, c'est comme une nouvelle effusion de la vie de l'Esprit saint en nous, qui libère les dons qu'on reçoit au baptême. Il n'y a pas de nouveaux dons, ce sont les mêmes dons mais qui prennent vie […]. Le père Regìmbal disait souvent… [Il] compare ça un peu à un cadeau que l'on reçoit au baptême. Il est bien enveloppé [avec] des beaux rubans, mais à un moment donné il faut le déballer et c'est ce qui se produit au moment du baptême dans l'Esprit saint ou, comme on l'appelle aussi, l'effusion de l'Esprit saint » […]. C'est l'enseignement traditionnel, si vous voulez, mais inspiré de cette foi nouvelle qui est découverte sous la mouvance de l'Esprit saint. C'est ajouter cette dimension de vie dans l'Esprit saint qui donne une coloration tout à fait nouvelle, une vie, ça devient plus vivant. »

En effet, cette pensée sur l’Esprit saint n’est pas nouvelle. En 1899 [2], dans sa neuvaine au Saint-Esprit, le bienheureux Frédéric Janssoone écrivait : « Nous savons, en outre, par la foi, que le Saint-Esprit est l’amour que se portent mutuellement Dieu le Père et le Verbe Éternel ; c’est pourquoi le don de l’amour que le Seigneur accorde à nos âmes et qui est le plus grand de tous les dons est spécialement attribué au Saint-Esprit, selon ce que dit l’Apôtre que la charité de Dieu est répandue en nos cœurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné. »

Thérèse Corriveau insiste sur le fait que « le père Regimbal ne [donnait jamais] de cadre à personne. Il communiquait cette vie dans l'Esprit Saint et ensuite chacun devait y aller selon ce qu'il était et selon l'inspiration de l'Esprit Saint. »

En 1971, dans son document « Signes et témoins du royaume », Jean-Paul Regimbal attribuait cette manière d’être à l’Esprit saint : « Personne ne contestera au Saint-Esprit le droit de "souffler où Il veut". Il agit parfois de façon très étonnante car "ses pensées ne sont pas nos pensées et ses voies ne sont pas nos voies." C'est pourquoi il faut davantage admirer et glorifier le Saint-Esprit dans ses œuvres – une fois passée la première surprise, bien entendu – que de s'en méfier ou encore de "le contrister" lorsqu'Il daigne se manifester. Un passage du décret sur les missions (Ad Gentes, nᵒ 29) nous avertit d'ailleurs que l'Esprit-Saint prend souvent l'initiative dans bien des domaines et qu'il n'y a pas lieu de s'en surprendre puisqu'Il est souverain : "Bien que l'Esprit-Saint suscite de diverses manières l'esprit missionnaire dans l'Église de Dieu ; bien qu'il ne soit pas rare que l’action de l’Esprit saint prévienne (précède) l’action de ceux à qui il appartient de gouverner la vie de l’Église, ce dicastère doit cependant, pour sa part, promouvoir la vocation et la spiritualité missionnaire." Oui, l'Esprit souffle où Il veut et quand Il veut. C'est donc, pour chacun de nous, l'occasion de constater avec "gratitude et joie spirituelle" ce que l'Esprit-Saint daigne faire dans l'Église et dans le cœur des hommes de notre temps. Puisque c'est par le renouveau charismatique que l'Esprit saint a choisi de se manifester de nos jours, il est utile d'examiner cette action de l'Esprit à la lumière des Écritures, des Pères de l'Église, des théologiens et du Magistère officiel de l'Église, notamment dans les textes conciliaires de Vatican II. »

Comme l’explique Francis Kohn dans sa biographie sur le vénérable Pierre Goursat [3] : « L’émergence du mouvement charismatique dans l’Église catholique remet en valeur la personne et l’action de l’Esprit saint qui, pour bien des gens en Occident, est le grand inconnu. »

L’histoire
Le renouveau charismatique est fortement marqué par ses origines pentecôtistes.

Le père Valérien Gaudet raconte [4] : « Un an après le concile, en 1967, l’étincelle prit feu dans l’université catholique de Duquesne, Pittsburg, Ohio, aux États-Unis, et à l’instar du renouveau liturgique, il couvrit progressivement tous les continents de ses groupes de prière et de ses ministères charismatiques. Puisque c’était le même Esprit qui était à l’origine de ces deux événements à portée ecclésiale, l’un sous l’impulsion hautement directive du concile, il était tout normal que progressivement ils se rencontrent et se fécondent l’un l’autre. En effet, l’impact de la liturgie sur le renouveau charismatique et celui du renouveau charismatique sur la liturgie ne tarda pas à se faire sentir ».

En effet, l’expérience des 17 et 18 février 1967 à l’université Duquesne, à Pittsburgs, aux États-Unis, est considérée par plusieurs comme étant le point de naissance du renouveau charismatique dans l’Église catholique.

Durant cette fin de semaine de ressourcement spirituel, plusieurs étudiants font l’expérience du « baptême dans l’Esprit », comme cela se vit dans les groupes pentecôtistes. Ce moment transforme leur existence et influencera le reste de leur vie.

Ce qu’ils vivent ressemble à ce qu’auraient vécu les apôtres au jour de la Pentecôte : une « rencontre personnelle avec le Christ », une compréhension nouvelle des textes bibliques, une Parole qui devient vivante et agissante dans leur vie, une redécouverte de l’Église, une force et une assurance pour témoigner de leur foi, la joie, l’amour fraternel et l’exercice des charismes qui sont donnés pour édifier la communauté chrétienne ». Cela est raconté dans une lettre de Paul : « C’est pourquoi je vous le rappelle : si quelqu’un parle sous l’action de l’Esprit de Dieu, il ne dira jamais : « Jésus est anathème » ; et personne n’est capable de dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint. Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. À celui-ci est donnée, par l’Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; un autre reçoit, dans le même Esprit, un don de foi ; un autre encore, dans l’unique Esprit, des dons de guérison ; à un autre est donné d’opérer des miracles, à un autre de prophétiser, à un autre de discerner les inspirations ; à l’un, de parler diverses langues mystérieuses ; à l’autre, de les interpréter. Mais celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier. »[5]

Très rapidement, et de manière spontanée, naissent des groupes de prières aux États-Unis, sans lien et sans coordination entre eux.

D’ailleurs, en 1970, un groupe de taille très modeste existe à Montréal, mais il ne connait pas un grand succès. À l’été de cette année-là, le retour au Québec du père Jean-Paul Regimbal à la suite de sa rencontre avec l’anglicane Sandy Winter, le 9 septembre 1969, à 9 h, au presbytère Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, à Phoenix, en Arizona, et son leadership remarquable contribueront, à partir de la maison des Trinitaires de Granby où il est nommé à la direction des retraites spirituelles, à l’expansion de ce renouveau au Canada, en France et dans plusieurs pays. Il a été l’étincelle qui a contribué à un embrasement du feu de l’Esprit saint.

Néanmoins, pour Jean-Paul Regimbal, la petite histoire du renouveau charismatique catholique débute avec le pape Jean XXIII lors du lancement du concile Vatican II. En 1971, il écrivait : « Cependant, c'est au cours de ce même concile Vatican II que l'Église entière […] a récité avec ferveur la prière de Jean XXIII : "Renouvelez en notre temps les merveilles de la pentecôte". Or voici que Dieu, fidèle à la promesse de Jésus-Christ : "Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l'accordera…" réalise concrètement, bien au-delà de toute attente, ce vœu si ardemment formulé. Depuis 1967, il se passe dans l'Église catholique à travers le monde entier le même phénomène qu'au jour de la Pentecôte […] L'Église demandait un renouveau doctrinal, liturgique, théologique, ascétique et mystique ; tout cela fut exaucé à merveille dans les profondes réformes entreprises à la suite des 16 textes conciliaires. Mais Dieu, infiniment libéral dans son amour et sa miséricorde, lui accorde, par surcroît, un renouveau charismatique d'envergure… Et au lieu de s'en réjouir, beaucoup s'affolent, s'apeurent et tendent à attribuer à Béelzébul, le Prince des Démons, ce qui manifestement vient de l'Esprit-Saint, conformément aux Actes des Apôtres et aux Épîtres de Paul, sans parler des promesses de Jésus lui-même que rapportent les Évangélistes ».[6]

Problématiques
Dans le renouveau charismatique, on donne une grande importance à « expérience spirituelle intense », pour reprendre l’auteur Jean-Luc Hétu qui m’a jadis enseigné. Pour le vénérable Pierre Goursat, il faut demeurer prudent afin d’éviter les dérives émotives, de l’illuminisme et du fidéisme. Il disait que pour y parvenir, il faut former l’intelligence des chrétiens. D’ailleurs, les évêques catholiques du Québec abondaient en ce sens dans un document sur le renouveau charismatique paru le 11 avril 1975.

Que ce soit au Québec, en France ou ailleurs, un des problèmes des groupes de prière charismatique est la tendance à « spiritualiser » et à se replier sur eux-mêmes. Hier, tout comme de nos jours, ces groupes doivent s’ouvrir aux autres en allant vers eux et en se mettant au service des malades et des pauvres.

Le vénérable Pierre Goursat disait, le 23 juillet 1975, lors d’une session à Paray-le-Monial [7] : « Il faut annoncer le Seigneur parce que nous avons reçu un esprit de Pentecôte, un esprit de puissance et de hardiesse […] Parce que si nous restons bien au chaud, gentiment dans nos communautés, on pourrira dans nos communautés ».

Francis Kohn explique : « Grâce au Renouveau charismatique qui se développe rapidement en France et dans le monde en ces années 1970, de nombreux chrétiens reçoivent l’effusion de l’Esprit et redécouvrent une foi vivante, fondée sur la prière et une relation personnelle avec le Christ. Certains groupes ont cependant tendance à privilégier l’expérience sensible et une lecture fondamentaliste de la parole de Dieu, pas suffisamment éclairée par la connaissance des Écritures, la tradition et le magistère de l’Église, comme le concile Vatican II l’a préconisé »[8], dans la constitution dogmatique sur la Révélation divine Dei Verbum [9] publiée le 18 novembre 1965.

Tout comme le disait jadis le père Regimbal - et comme le rediront Pierre Goursat et Francis Kohn - : le renouveau charismatique n’est pas un « mouvement » ecclésial. [Le renouveau charismatique] a cette particularité d’être né spontanément sous des formes multiples, en différents endroits du monde. [Il faut] sauvegarder l’identité spécifique de chaque communauté, considérant que la richesse du renouveau tient précisément aux charismes variés que Dieu a suscités en son sein ».[10]

Il y a aussi le fidéisme qui cause problème. Comme le disait le philosophe Michel Serres, l’humain ne peut accéder à une saine spiritualité que par l'intermédiaire du savoir. « Je crois que la spiritualité sans le savoir, c'est décidément vouloir tout avoir sans rien payer, c'est vouloir tout accueillir sans rien débourser », me disait-il en 2001 [11].

Actuellement, au sein de la société occidentale, il y a une forte tendance au fidéisme, c'est-à-dire à la tentation d'une spiritualité sans savoir ou d'un accès à la contemplation sans la connaissance.

Le fidéisme est une tendance chez plusieurs adeptes du renouveau charismatique. D’ailleurs, le vénérable Pierre Goursat s’est attaqué à ce problème dès l’instauration des premiers groupes de prière charismatique de l’Emmanuel, à Paris.

« Depuis quelques années, la connaissance a mauvaise réputation. Je vous mets en garde de ce danger. Il est sérieux, car c'est lui qui ouvre la voie à tous les mouvements comme le Nouvel Âge et toutes les sectes possibles et imaginables », insistait Michel Serres.

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[1] Les propos de Thérèse Corriveau sont tirés d’un entretien qu’elle accordait à la journaliste Lise Lapalme dans le cadre de la chronique « Visage d’Église » diffusée durant l’émission télévisée « Parole et Vie », animée par Roland Leclerc. Document conservé dans le fonds Benoit Voyer (P049) de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, à Granby. https://shhy.info L’émission est disponible en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=breLPkfypAc&list=PL9wL_zxleKDY-8uzaZtDHV810ik7a7f2_&index=5&t=1529s
[2] Frédéric Janssoone. Neuvaine au Saint-Esprit, 1899, pp. 7 et 8. https://dn790001.ca.archive.org/0/items/cihm_46408/cihm_46408.pdf
[3] Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, 2025, p. 169.
[4] Valérien Gaudet. « La célébration charismatique des sacrements », conférence prononcée au Congrès national de juin 1979, Assemblée canadienne francophone du renouveau charismatique catholique, 1980. BANQ 264.0208 G266c 1980.
[5] 1 Co 12, 3-11
[6] Jean-Paul Regimbal. « Signes et témoins du royaume – Sous la mouvance de l’Esprit, le renouveau charismatique dans l’Église catholique », Ralliement pour le Christ, 1971. BANQ (en traitement).
[7] Francis Kohn. « Pierre Goursat », Éditions Emmanuel, Paris, 2025, pp. 231 et 232.
[8] Francis Kohn. « Pierre Goursat », Éditions Emmanuel, Paris, 2025, p. 317.
[9] Paul VI. Constitution dogmatique sur la révélation divine Dei Verbum, 18 novembre 1965. https://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651118_dei-verbum_fr.html
[10] Francis Kohn. « Pierre Goursat », Éditions Emmanuel, Paris, 2025, p. 365.
[11] Benoît Voyer. « Savoir et spiritualité », Revue Sainte-Anne, janvier 2002, p. 17. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/01/le-present-du-passe-savoir-et.html

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Des concours pour le Jubilé des artistes

Des concours pour le Jubilé des artistes

Benoit Voyer

collaboration spéciale

GRANBY - Dans le cadre du Jubilé des artistes, qui aura lieu du 18 au 27 février, à l'église Notre-Dame, Arts et Patrimoine, le secteur des manifestations culturelles du Comité foi et culture Granby et région, invite toute la population à participer à des concours de photographies, de peintures et d'écriture.

Le thème « visage de Dieu » propose à l'artiste d'illustrer à sa façon la vision qu'il a de Dieu. Il est entendu que les organisateurs souhaitent surtout voir illustrer le Dieu des chrétiens puisqu'il est un organisme catholique reconnu.

Cependant, puisque Arts et Patrimoine veut être en dialogue avec l'actuelle culture canadienne, il accepte aussi tous les « visages de Dieu » (Dieu mythique, Dieu créateur et sa création, etc.). Les artistes ne seront pas jugés sur le thème, mais sur divers critères, dont l'originalité.

Critères
Les peintures seront jugées sur les points suivants : 70 % pour l'originalité, 20 % pour l'appréciation technique et 10 % pour l'utilisation du médium. La dimension des toiles se situera entre 11"14 et 16"20. Les œuvres ne devront pas être signées et encadrées.

Le jury est formé des peintres Anna Laberge et Michèle Krämer, présidente du Conseil de Boréart. Les prix à gagner, totalisant 275 $, seront remis par le Complexe funéraire LeSieur et le Studio Robillard.

Toutes les pièces de ces catégories seront exposées dans le cadre du Jubilé des artistes. Chaque visiteur sera invité à participer au prix du public. La finale aura lieu le 27 février, à 19 h.

Écriture
Enfin, le concours d'écriture, dont le gagnant sera couronné le 21 février, à 19 h, est ouvert à tous les styles : poèmes, nouvelles, contes, commentaires, prières, etc.

Les critères du jury formé de Gérald Ouellette et Luce Bérard sont simples : 70 % pour l'originalité et 30 % pour la qualité du français. Les textes auront une demi-page à trois pages et ne seront pas signés. Un prix de 50 $ sera remis par le député Bernard Brodeur. De leur côté, les élèves du secondaire auront leurs propres critères, prix et jury.

Le public a jusqu'au 17 février, à midi, pour s'inscrire. Il est possible d'obtenir des renseignements supplémentaires au 375-5111 ou en consultant le site Internet du Jubilé des artistes à l'adresse : http://foietculture.cathoweb.org/ap/ja


(Le Plus de La Voix de l'Est, 29 janvier 2000, p. 9)