Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Mgr François Lapierre
Mgr François Lapierre:
«Je n'étais pas un homme de grande foi. Je voyais des paysans qui regardaient la mort avec tranquillité ... Pas moi ... J'avoue que je sentais beaucoup de peur. Je crois qu'on aurait mis cette menace-là à exécution. J'ai bien pensé que j'allais laisser ma vie au Guatemala», raconte Mgr François Lapierre, le nouvel évêque de Saint-Hyacinthe qui a été sacré le 16 juin dernier, encore sous le choc des événements qui ont bouleversé sa vie, en octobre 1980.
Un beau jour, il trouve sous sa porte une lettre disant impérativement: «Si dans les 48 heures vous n'êtes pas sorti du pays, nous devrons vous supprimer physiquement». Sans tarder, il se rend chez son évêque pour lui demander conseil. Celui-ci n'hésite pas l'ombre d'un instant. Une quinzaine de prêtres viennent d'être tués. Ce sont les semaines les plus sanglantes de la guerre civile qui sévit au pays. Le prélat est lui-même allé le reconduire à la frontière du Honduras où François Lapierre restera jusqu'en 1983.
«En allant le rencontrer, je me disais: si j'ai des indications claires que je dois rester, je vais rester!», se souvient-il. Mgr Lapierre croit que cet événement est providentiel. D'ailleurs, pour lui, le hasard n'existe pas: «Nous ne sommes pas guidés comme des marionnettes ou téléguidés ou programmés à l'avance comme un programme d'ordinateur. Je crois à la Providence divine et que nous sommes accompagnés par le Seigneur».
C'est en 1979 qu'il arrive avec une équipe de prêtres et de laïcs pour travailler au Guatemala. L'expérience est très difficile pour ces personnes. Le Guatemala vit une guerre civile très importante. Ils sont dans la région où il y a un affrontement entre l'armée et la guérilla révolutionnaire qui combat le régime établit. Raoul Léger, un Acadien, membre du groupe de Canadiens, y a même laissé sa peau. «J'ai beaucoup pensé à lui dernièrement. J'ai participé aux funérailles de Mgr Gérardi qui a été assassiné au mois d'avril à cause de son implication dans la réalité des droits humains. Je me suis rappelé notre expérience au Guatemala. Il y a eu des centaines de milliers de personnes qui ont été torturées, tuées ou déplacées», confie-t-il à la Revue Sainte Anne.
Un évêque pas comme les autres
François Lapierre avoue avoir de la difficulté à apprivoiser le nouveau titre de «monseigneur», car il n'aime pas les honneurs.
Le successeur de Mgr Louis Langevin est humble, d'une grande intelligence et préfère l'apostolat sur le terrain, particulièrement dans les milieux les plus défavorisés.
Ses propos touchent et dérangent. Il n'a rien de ces théologiens aux discours rigoureux. Il est spirituel. Ce qu'il dit, on le sent sorti directement de ses tripes.
Il parle 3 langues (anglais, français et espagnol) et se débrouille bien avec 2 autres (portugais et italien).
Il ne serait pas étonnant de le voir accéder à des fonctions plus importantes au sein du catholicisme, tel que devenir cardinal. Il n'a que 56 ans et les spéculations courent au sein du clergé. «Disons que je vais commencer par être évêque!», répond-il, un peu embêté par les propos rapportés et pour mettre fin à un sujet qu'il ne veut pas trop développer par modestie.
Il est fort probable que le portrait pastoral de ce diocèse de la rive sud du Saint-Laurent change au fil des prochains mois
Il est un adepte de la théologie de la libération. Gustavo Gutierrez, le père de ce courant spirituel, est son ami depuis de longues années. Le religieux s'est fait remarquer, le 16 juin, puisqu'il était présent à la cathédrale de Saint-Hyacinthe parmi les nombreuses personnalités invitées de partout autour de la planète - dont la majorité des évêques du Québec - pour son sacre.
Théologie de la libération
«La théologie de la libération est une façon d'aborder l'expérience chrétienne. Quand on regarde la Bible, on s'aperçoit que la liberté est au coeur de cette expérience. Le problème est la façon dont on conçoit la liberté. Qu'est-ce que la liberté? Est-ce que c'est juste de choisir entre dix sortes de shampoings? C'est d'abord la réalité de s'ouvrir à la souffrance de l'autre. Il ne faut pas avoir peur de la liberté et de la libération. Elles font partie de la foi. Nous devons changer nos façons de voir. Nous ne devons pas être des Catholiques avec les pieds sur les freins. Nous sommes trop sur la défensive! Il faut avoir le courage d'être ce que nous sommes!», explique le nouveau berger maskoutain.
Il poursuit: «Mon expérience en Amérique Latine m'a amené à voir l'importance d'une option préférentielle pour les pauvres et de voir comment l'Église peut être non seulement au service des pauvres, mais faire que les pauvres soient des acteurs privilégiés dans l'Église. C'est ce que j'ai appris de la mission en Amérique Latine. Les gens pauvres, très pauvres, même analphabètes, peuvent être des acteurs importants dans la mission. Ils ne sont pas uniquement des objets».
Il n'aime pas l'étiquette d'«homme de la gauche catholique» qui lui est attribuée Pour lui, ces termes de la gauche et de la droite correspondent plus à une réalité politique qu'à une réalité chrétienne. Il trouve qu'il faut faire attention avec la polarisation, car il y a un danger de faire passer les idées avant les personnes et, de cette façon, créer une mentalité sectaire à l'intérieur de l'Église.
C'est en 1966, après quatre mois d'apprentissage de l'espagnol, au Mexique, qu'il se rend au Pérou pour travailler dans un quartier pauvre d'Ica, une petite municipalité d'environ 10 000 habitants, située au sud du pays, en plein désert. A la demande de l'évêque, il se retrouve aumônier des étudiants à l'université de la place qui regroupe près de 8000 jeunes. «C'est comme ça que j'ai connu Gustavo Gutierrez. Il était responsable du Mouvement des étudiants catholiques du Pérou. Il est devenu un ami. J'ai beaucoup appris à son contact. Il m'a aidé à revoir ma théologie, ma façon de comprendre la foi et, surtout, découvrir que celle-ci a une dimension sociale, une dimension collective et pas seulement une dimension personnelle, individuelle. Il m'est devenu important de voir cette dimension sociale de la foi. Je suis demeuré à Ica jusqu'en 1971», relate-t-il.
Enfance
François est originaire du 1055 chemin Compton à West Shefford (aujourd'hui Bromont). Depuis quelques semaines, une plaque commémorative est installée devant la jolie maison de campagne
Ses parents, René Lapierre et Rachel Jolin (décédés), se sont connus et mariés dans ce petit village aux précieux paysages. Madame Lapierre est originaire du 6e rang.
Alors qu'il n'avait que 5 ans, la petite famille déménage sur la rue Albert à Granby. C'est dans ce quartier de la célèbre cité du plus beau jardin zoologique en Amérique du Nord qu'il grandit.
Il fait ses études primaires à l'école Saint-Eugène, de Granby - qui est dirigée par les Frères du Sacré-Coeur - et ses études secondaires à l'Externat classique Mgr-Prince (nom donné e l'honneur du Mgr Jean-Charles Prince, 1er évêque de ce diocèse, de 1852 à 1860) de Granby et au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Le couple Lapierre donne naissance à 10 enfants: François, Mance, Hélène (psychologue), Marthe (elle travaille à Développement et paix), Zoé (enseigne la musique), Jérôme (sociologue), Guy (géologue), Benoît (journaliste au quotidien La Voix de l'Est), Louis (journaliste au quotidien Le Devoir) et Eugène (il travaille à Tennis Canada).
Monsieur Lapierre a besogné sur les chantiers de construction et a été propriétaire d'une petite usine d'emballage. Durant son adolescence, François a mis la main à la pâte pour aider son père pour qui il a beaucoup d'admiration. «Ma mère n'avait pas le temps d'aller souvent à l'église. Malgré tout, nous avons été éduqués dans une atmosphère chrétienne. Comme dans plusieurs familles, nous disions le chapelet avec le cardinal Léger qui passait à chaque soir à la radio. Nous avions donc une vie de prière à la maison», puise-t-il dans ses précieux souvenirs.
Devenir prêtre
Sa vocation religieuse, il l'attribue à sa grand-mère qui lui a donné l'habitude d'aller à l'église puisque ses parents occupés par la marmaille et l'entreprise ne pouvaient pas toujours s'y rendre.
Il n'est pas devenu prêtre parce qu'il n'avait pas d'attirance pour la gent féminine. Bien au contraire! Il a toujours éprouvé ce besoin de relations et gardé en lui cette attirance naturelle d'un homme pour une femme.
«Mais c'est mystérieux ... J'avais comme un attrait plus grand: la radicalité de l'Évangile, c'est-à-dire de suivre le Seigneur et aller vers les plus pauvres», dit-il.
En août 1961, il entre à la Société des prêtres des missions étrangères et est ordonné prêtre, le 18 décembre 1965, à l'église Saint-Eugène de Granby, dix jours après la fin du concile Vatican II.
En mission
Il part rapidement pour le Mexique afin d'apprendre l'espagnol. Il est rapidement nommé aumônier en milieu universitaire à lca au Pérou. De 1971 à 1979, il revient au Canada et est animateur missionnaire pour sa congrégation religieuse. Il met sur pied le Mouvement des étudiants catholiques du Québec.
De 1973 à 1979, il est également membre du conseil central de la Société des prêtres des missions étrangères. De 1979 à 1980, il est missionnaire au Guatemala. De 1980 à 1983, il poursuit la mission au Honduras où il s'est réfugié. De 1983 à 1991, il est aumônier du Mouvement international des étudiants catholiques et du Mouvement international des professionnels catholiques à Paris et à Genève. Enfin, en 1991, il est élu supérieur général de sa communauté. Une semaine avant son sacre, il quitte son bureau de Laval et déménage à l'évéché de son nouveau diocèse.
Il soutient l'Église
«L'an dernier, je suis allé au Synode de l'Amérique. Un soir, j'ai été invité à souper chez le Pape. Avec lui, nous étions huit autour de la table, dont le supérieur des Jésuites. Après le souper, le Souverain Pontife nous a invités à prier dans sa chapelle. Pour s'y rendre, je marchais juste derrière lui. Il s'est arrêté, m 'a pris la main et m'a invité à le soutenir, car il a de la difficulté à se déplacer. Nous avons marché ensemble jusqu'au lieu de prière. J'ai vécu là une expérience très profonde. J'ai senti un homme ayant un très grand poids à porter. J'ai trouvé ça très émouvant», se plaît-il à raconter comme un enfant émerveillé. Cependant, il insiste pour dire que ce geste gratuit n'a rien à voir avec sa nomination.
Un homme d'espérance
«Nous sommes au début d'un grand renouveau spirituel et de l'Église. Nous n'avons rien vu encore. L'Église est une réalité de l'avenir. Il y a quelque chose qui est en train de grandir en elle. Les prochaines années vont être surprenantes!», conclut-il.
«Je n'étais pas un homme d'une grande foi ... » Tous ne sont pas en accord avec lui. Sa foi est riche et intense. Il a cette capacité d'être docile à l'Esprit Saint, à la Providence divine. C'est ce qui lui a permis de sortir vivant de son expérience au Guatemala et d'être à l'écoute des signes de Dieu sur sa route. Mgr François Lapierre est un véritable témoin de l'Évangile. Dans son diocèse, son intimité avec Dieu lui permettra de déplacer des montagnes. Surtout que bien des gens sont en attente d'un renouvellement de certaines pratiques pastorales.
Benoît Voyer
Un homme d'espérance
«Je n'étais pas un homme de grande foi. Je voyais des paysans qui regardaient la mort avec tranquillité ... Pas moi ... J'avoue que je sentais beaucoup de peur. Je crois qu'on aurait mis cette menace-là à exécution. J'ai bien pensé que j'allais laisser ma vie au Guatemala», raconte Mgr François Lapierre, le nouvel évêque de Saint-Hyacinthe qui a été sacré le 16 juin dernier, encore sous le choc des événements qui ont bouleversé sa vie, en octobre 1980.
Un beau jour, il trouve sous sa porte une lettre disant impérativement: «Si dans les 48 heures vous n'êtes pas sorti du pays, nous devrons vous supprimer physiquement». Sans tarder, il se rend chez son évêque pour lui demander conseil. Celui-ci n'hésite pas l'ombre d'un instant. Une quinzaine de prêtres viennent d'être tués. Ce sont les semaines les plus sanglantes de la guerre civile qui sévit au pays. Le prélat est lui-même allé le reconduire à la frontière du Honduras où François Lapierre restera jusqu'en 1983.
«En allant le rencontrer, je me disais: si j'ai des indications claires que je dois rester, je vais rester!», se souvient-il. Mgr Lapierre croit que cet événement est providentiel. D'ailleurs, pour lui, le hasard n'existe pas: «Nous ne sommes pas guidés comme des marionnettes ou téléguidés ou programmés à l'avance comme un programme d'ordinateur. Je crois à la Providence divine et que nous sommes accompagnés par le Seigneur».
C'est en 1979 qu'il arrive avec une équipe de prêtres et de laïcs pour travailler au Guatemala. L'expérience est très difficile pour ces personnes. Le Guatemala vit une guerre civile très importante. Ils sont dans la région où il y a un affrontement entre l'armée et la guérilla révolutionnaire qui combat le régime établit. Raoul Léger, un Acadien, membre du groupe de Canadiens, y a même laissé sa peau. «J'ai beaucoup pensé à lui dernièrement. J'ai participé aux funérailles de Mgr Gérardi qui a été assassiné au mois d'avril à cause de son implication dans la réalité des droits humains. Je me suis rappelé notre expérience au Guatemala. Il y a eu des centaines de milliers de personnes qui ont été torturées, tuées ou déplacées», confie-t-il à la Revue Sainte Anne.
Un évêque pas comme les autres
François Lapierre avoue avoir de la difficulté à apprivoiser le nouveau titre de «monseigneur», car il n'aime pas les honneurs.
Le successeur de Mgr Louis Langevin est humble, d'une grande intelligence et préfère l'apostolat sur le terrain, particulièrement dans les milieux les plus défavorisés.
Ses propos touchent et dérangent. Il n'a rien de ces théologiens aux discours rigoureux. Il est spirituel. Ce qu'il dit, on le sent sorti directement de ses tripes.
Il parle 3 langues (anglais, français et espagnol) et se débrouille bien avec 2 autres (portugais et italien).
Il ne serait pas étonnant de le voir accéder à des fonctions plus importantes au sein du catholicisme, tel que devenir cardinal. Il n'a que 56 ans et les spéculations courent au sein du clergé. «Disons que je vais commencer par être évêque!», répond-il, un peu embêté par les propos rapportés et pour mettre fin à un sujet qu'il ne veut pas trop développer par modestie.
Il est fort probable que le portrait pastoral de ce diocèse de la rive sud du Saint-Laurent change au fil des prochains mois
Il est un adepte de la théologie de la libération. Gustavo Gutierrez, le père de ce courant spirituel, est son ami depuis de longues années. Le religieux s'est fait remarquer, le 16 juin, puisqu'il était présent à la cathédrale de Saint-Hyacinthe parmi les nombreuses personnalités invitées de partout autour de la planète - dont la majorité des évêques du Québec - pour son sacre.
Théologie de la libération
«La théologie de la libération est une façon d'aborder l'expérience chrétienne. Quand on regarde la Bible, on s'aperçoit que la liberté est au coeur de cette expérience. Le problème est la façon dont on conçoit la liberté. Qu'est-ce que la liberté? Est-ce que c'est juste de choisir entre dix sortes de shampoings? C'est d'abord la réalité de s'ouvrir à la souffrance de l'autre. Il ne faut pas avoir peur de la liberté et de la libération. Elles font partie de la foi. Nous devons changer nos façons de voir. Nous ne devons pas être des Catholiques avec les pieds sur les freins. Nous sommes trop sur la défensive! Il faut avoir le courage d'être ce que nous sommes!», explique le nouveau berger maskoutain.
Il poursuit: «Mon expérience en Amérique Latine m'a amené à voir l'importance d'une option préférentielle pour les pauvres et de voir comment l'Église peut être non seulement au service des pauvres, mais faire que les pauvres soient des acteurs privilégiés dans l'Église. C'est ce que j'ai appris de la mission en Amérique Latine. Les gens pauvres, très pauvres, même analphabètes, peuvent être des acteurs importants dans la mission. Ils ne sont pas uniquement des objets».
Il n'aime pas l'étiquette d'«homme de la gauche catholique» qui lui est attribuée Pour lui, ces termes de la gauche et de la droite correspondent plus à une réalité politique qu'à une réalité chrétienne. Il trouve qu'il faut faire attention avec la polarisation, car il y a un danger de faire passer les idées avant les personnes et, de cette façon, créer une mentalité sectaire à l'intérieur de l'Église.
C'est en 1966, après quatre mois d'apprentissage de l'espagnol, au Mexique, qu'il se rend au Pérou pour travailler dans un quartier pauvre d'Ica, une petite municipalité d'environ 10 000 habitants, située au sud du pays, en plein désert. A la demande de l'évêque, il se retrouve aumônier des étudiants à l'université de la place qui regroupe près de 8000 jeunes. «C'est comme ça que j'ai connu Gustavo Gutierrez. Il était responsable du Mouvement des étudiants catholiques du Pérou. Il est devenu un ami. J'ai beaucoup appris à son contact. Il m'a aidé à revoir ma théologie, ma façon de comprendre la foi et, surtout, découvrir que celle-ci a une dimension sociale, une dimension collective et pas seulement une dimension personnelle, individuelle. Il m'est devenu important de voir cette dimension sociale de la foi. Je suis demeuré à Ica jusqu'en 1971», relate-t-il.
Enfance
François est originaire du 1055 chemin Compton à West Shefford (aujourd'hui Bromont). Depuis quelques semaines, une plaque commémorative est installée devant la jolie maison de campagne
Ses parents, René Lapierre et Rachel Jolin (décédés), se sont connus et mariés dans ce petit village aux précieux paysages. Madame Lapierre est originaire du 6e rang.
Alors qu'il n'avait que 5 ans, la petite famille déménage sur la rue Albert à Granby. C'est dans ce quartier de la célèbre cité du plus beau jardin zoologique en Amérique du Nord qu'il grandit.
Il fait ses études primaires à l'école Saint-Eugène, de Granby - qui est dirigée par les Frères du Sacré-Coeur - et ses études secondaires à l'Externat classique Mgr-Prince (nom donné e l'honneur du Mgr Jean-Charles Prince, 1er évêque de ce diocèse, de 1852 à 1860) de Granby et au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Le couple Lapierre donne naissance à 10 enfants: François, Mance, Hélène (psychologue), Marthe (elle travaille à Développement et paix), Zoé (enseigne la musique), Jérôme (sociologue), Guy (géologue), Benoît (journaliste au quotidien La Voix de l'Est), Louis (journaliste au quotidien Le Devoir) et Eugène (il travaille à Tennis Canada).
Monsieur Lapierre a besogné sur les chantiers de construction et a été propriétaire d'une petite usine d'emballage. Durant son adolescence, François a mis la main à la pâte pour aider son père pour qui il a beaucoup d'admiration. «Ma mère n'avait pas le temps d'aller souvent à l'église. Malgré tout, nous avons été éduqués dans une atmosphère chrétienne. Comme dans plusieurs familles, nous disions le chapelet avec le cardinal Léger qui passait à chaque soir à la radio. Nous avions donc une vie de prière à la maison», puise-t-il dans ses précieux souvenirs.
Devenir prêtre
Sa vocation religieuse, il l'attribue à sa grand-mère qui lui a donné l'habitude d'aller à l'église puisque ses parents occupés par la marmaille et l'entreprise ne pouvaient pas toujours s'y rendre.
Il n'est pas devenu prêtre parce qu'il n'avait pas d'attirance pour la gent féminine. Bien au contraire! Il a toujours éprouvé ce besoin de relations et gardé en lui cette attirance naturelle d'un homme pour une femme.
«Mais c'est mystérieux ... J'avais comme un attrait plus grand: la radicalité de l'Évangile, c'est-à-dire de suivre le Seigneur et aller vers les plus pauvres», dit-il.
En août 1961, il entre à la Société des prêtres des missions étrangères et est ordonné prêtre, le 18 décembre 1965, à l'église Saint-Eugène de Granby, dix jours après la fin du concile Vatican II.
En mission
Il part rapidement pour le Mexique afin d'apprendre l'espagnol. Il est rapidement nommé aumônier en milieu universitaire à lca au Pérou. De 1971 à 1979, il revient au Canada et est animateur missionnaire pour sa congrégation religieuse. Il met sur pied le Mouvement des étudiants catholiques du Québec.
De 1973 à 1979, il est également membre du conseil central de la Société des prêtres des missions étrangères. De 1979 à 1980, il est missionnaire au Guatemala. De 1980 à 1983, il poursuit la mission au Honduras où il s'est réfugié. De 1983 à 1991, il est aumônier du Mouvement international des étudiants catholiques et du Mouvement international des professionnels catholiques à Paris et à Genève. Enfin, en 1991, il est élu supérieur général de sa communauté. Une semaine avant son sacre, il quitte son bureau de Laval et déménage à l'évéché de son nouveau diocèse.
Il soutient l'Église
«L'an dernier, je suis allé au Synode de l'Amérique. Un soir, j'ai été invité à souper chez le Pape. Avec lui, nous étions huit autour de la table, dont le supérieur des Jésuites. Après le souper, le Souverain Pontife nous a invités à prier dans sa chapelle. Pour s'y rendre, je marchais juste derrière lui. Il s'est arrêté, m 'a pris la main et m'a invité à le soutenir, car il a de la difficulté à se déplacer. Nous avons marché ensemble jusqu'au lieu de prière. J'ai vécu là une expérience très profonde. J'ai senti un homme ayant un très grand poids à porter. J'ai trouvé ça très émouvant», se plaît-il à raconter comme un enfant émerveillé. Cependant, il insiste pour dire que ce geste gratuit n'a rien à voir avec sa nomination.
Un homme d'espérance
«Nous sommes au début d'un grand renouveau spirituel et de l'Église. Nous n'avons rien vu encore. L'Église est une réalité de l'avenir. Il y a quelque chose qui est en train de grandir en elle. Les prochaines années vont être surprenantes!», conclut-il.
«Je n'étais pas un homme d'une grande foi ... » Tous ne sont pas en accord avec lui. Sa foi est riche et intense. Il a cette capacité d'être docile à l'Esprit Saint, à la Providence divine. C'est ce qui lui a permis de sortir vivant de son expérience au Guatemala et d'être à l'écoute des signes de Dieu sur sa route. Mgr François Lapierre est un véritable témoin de l'Évangile. Dans son diocèse, son intimité avec Dieu lui permettra de déplacer des montagnes. Surtout que bien des gens sont en attente d'un renouvellement de certaines pratiques pastorales.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, septembre 1998, pages 343 et 371)
UN PEU DE MOI: René Étienne Voyer (1715-1785)
Par Benoit Voyer
7 décembre 2025
René Voyer nait le 11 novembre 1715 [1] à Beaufort-en-Vallée [2], en Anjou. Il est le fils de René Voyer, fils de René Voyer et Simonne Thourault, et de Marie Bellanger, fille de Pierre Bellanger et Marie Couet, qui ont uni leurs destinées dans l’église Notre-Dame, à Beaufort-en-Vallée, en Anjou, le 26 juin 1710 [3].
Il est le frère ainé de Marie (née le 27 juin 1717) et Adrien (né le 4 octobre 1721). Adrien épousera Françoise Busque, fille de Jean-François Busque et Michelle Renault, le 23 novembre 1751, à Beaufort-en-Vallée [4]. Il passera sa vie dans son patelin natal et deviendra serrurier. Il y décédera le 19 mai 1794, vers 7h du matin [5].
Dans certaines régions de France, le prix du sel qu’on utilise pour la conservation des aliments est fort élevé et est l’objet d’une taxe spéciale [6]. René Voyer, comme plusieurs autres, en achète illégalement afin de le revendre dans son milieu [7]. Malheureusement, il se fait prendre la main dans le sac. René est condamné pour trafic de sel par le système judicaire royal [8]. Ainsi donc il est un « faux saulnier » [9].
Sa condamnation : La prison à vie ou l’extradition permanente dans la colonie de la Nouvelle-France ou il devra se mettre un certain temps au service de “l’habitant” ou de la “milice” avant de retrouver sa pleine liberté.[10]
C’est ainsi que René, un célibataire de 30 ans, est obligé, bien malgré lui, de quitter sa région natale, l’Anjou. Il ne choisit donc pas de migrer en Amérique.
Avec d’autres prisonniers, il est embarqué à La Rochelle [11]. Il part pour un long voyage en bateau de la compagnie de Fonville [12] de la France jusqu’au port de Québec. A bord, l’hygiène et la nourriture seront de piètre qualité.
Le 11 juillet 1744, il arrive à Québec. Lui et plusieurs autres prisonniers débarquent du navire, malades. Sa mauvaise condition physique nécessite des soins urgents.
Sans tarder, il est hospitalisé à l’Hôtel-Dieu du Précieux-Sang. Il en ressortira le 5 aout. Durant ses semaines de soins, il donne quelques renseignements à son sujet. Ceux-ci seront notés dans le registre des malades. De sa déclaration, on note qu’il s’appelle « Étienne », du moins c’est ce qu’on répétera pendant très longtemps. Malheureusement, la personne qui a écrit la note n’a pas une très bonne calligraphie. En réalité, elle a noté « et Renne ». Ainsi donc, il s’agit de René Voyer, mais, à partir de ce jour, il sera connu du prénom d’Étienne.
En 1744, l’église catholique est dirigée par Mgr de Pontbriand, arrivé à Québec en aout 1741.
Depuis plusieurs années, la population de la Nouvelle-France est en forte croissance. Les dirigeants décident donc d’ouvrir de nouveaux territoires à la colonisation. C’est ainsi que le 23 septembre 1736, le marquis de Beauharnois, gouverneur de la Nouvelle-France, concède à Thomas-Louis Taschereau, une seigneurie qui couvre une étendue de trois lieus des deux côtés de la rivière Chaudière.[13] Celle-ci est baptisée du nom de Sainte-Marie de la Nouvelle-Beauce et deviendra une mission catholique en 1738 et une paroisse en 1744.
Étienne Voyer et plusieurs habitants de l’île d’Orléans flairent la bonne affaire. Ils s’y établiront.[14]
Le 28 février 1746, le seigneur Tashereau donne un terrain à la fabrique pour la construction d’une petite église catholique. Le voisin de ce terrain est « Voyer ». Ce dernier cultive une propriété de trois arpents de front sur une profondeur de 40 arpents.[15] De nos jours, son terrain est devenu en grande partie la rue Marguerite-Bourgeoys, en plein centre-ville de la municipalité de Sainte-Marie.
Durant ses premiers mois à Sainte-Marie, le travail d’Étienne est principalement de « faire de la terre », c’est-à-dire de défricher la forêt ancestrale. Il fallait jusqu’à trois ans de travail pour rendre une terre cultivable.
En 1748, dans la nouvelle seigneurie de Sainte-Marie, en Nouvelle-Beauce, on ouvre un nouveau cimetière. Il est voisin de la terre d’Étienne. [16]
Le 7 février 1750, Étienne Voyer épouse dans la petite église catholique de Sainte-Marie Magdeleine Dupont.[17] Elle a une quinzaine d’années de moins que lui. Leur convention de mariage sera signée le 20 juin 1750 à la greffe du notaire Claude Barolet [18].
En 1751, 1752 et 1754, Étienne et Magdeleine donnent naissance à Thérèse, Étienne et Louis.
En 1754, à Sainte-Marie, on construit une première église en bois. Le temple devient voisin de la terre d’Étienne et Magdeleine.
En 1755, le conflit entre les colonies anglaises et françaises est bien amorcé en Nouvelle-France. Durant cet été, l’Hôtel-Dieu de Québec ou a été soigné Étienne a l’été 1744, est la proie des flammes.
En 1756 et 1758, Étienne et Magdeleine donnent naissance à Louis et Julienne.
En juillet 1759 a lieu le siège de Québec. Après d’importants bombardements sur la petite ville de Québec, le 18 septembre 1759 Québec capitule aux mains des Anglais.
Mgr de Pontbriand, l’évêque de la Nouvelle-France, est conciliant avec l’envahisseur britannique. Il demande la même attitude de la part des catholiques. Il veut à tout prix préserver l’Église canadienne et éviter qu’elle devienne anglicane. Il décédera le 8 juin 1760, quelques mois avant la capitulation de Montréal en septembre 1760.[19] Puisque l’envahisseur est hostile au catholicisme, il n’y aura pas d’évêque à Québec jusqu’en 1766.[20]
En 1760, Étienne et Magdeleine donnent naissance à René. Son nom est fort probablement donné en hommage au grand-père d’Étienne.
Le recensement de 1762 permet d’apprendre qu’Étienne et Madeleine comptent 3 “enfants mâles au-dessous de 15 ans” et 3 enfants femelles”. Ils possèdent trois arpents de terre et 9 en semences, un boeuf, deux vaches, deux “taurailles”, etc.[21]
En 1763, année de la fin du Régime français, débuté en 1674 [22], Étienne et Magdeleine donnent naissance à Marie-Madeleine.
En cette année 1763 est signé le Traité de Paris dans lequel la France cède presque l’entièreté de ses possessions territoriales en Amérique du Nord, dont le Canada, aux Britanniques. Londres adopte la Proclamation royale et crée la « Province of Quebec ». C’est la naissance du Régime britannique en Amérique. Les Anglais voudront à partir de ce moment « britanniser » son nouveau territoire par l’immigration et l’assimilation de la population francophone, qui compte environ 60 000 habitants.[23]
Les affaires administratives et religieuses passent ainsi sous la domination de l’Angleterre.
Marie-Claire Fleury de la Gorgendière, devenue seigneuresse à la suite du décès de son mari, procède au règlement de la succession et régularise les titres de propriétés de ses censitaires.[24] Puisqu’Étienne n’avait reçu qu’une concession verbale, on lui concède le lot 52. L’acte est enregistré dans le registre du notaire Pierre Parent le 26 février 1764.[25]
En 1765, Étienne et Magdeleine donnent naissance à des jumeaux : Jean-Baptiste et Jacques-François. Ils décéderont la même année, de même que le petit Étienne.
En 1766 et 1768, Étienne et Magdeleine donnent naissance à Jean-Baptiste et Marguerite.
Le 22 juin 1774, le roi Georges III ratifie l’Acte de Québec. Il sera permis au Canadiens français le droit de conserver leur langue, leur droit civil et la religion catholique.[26]
Devant la faible immigration britannique dans la « Province of Quebec », « le mécontentement des Canadiens d’origine française et le contexte tendu dans les Treize colonies américaines obligent Londres à faire preuve de réalisme et à écouter les conseils du gouverneur Guy Carleton. Ce dernier recommandait de renoncer au projet d’assimiler les Canadiens pour entretenir l’harmonie et faciliter la gestion de la colonie. Sa position reçut des appuis à Londres, notamment parmi ceux qui ne voulaient pas répéter les erreurs commises en Irlande.
Les mesures importantes instaurées en 1774 sont le rétablissement des lois civiles françaises et du régime seigneurial, l’élargissement considérable de la Province of Quebec et l’abolition du serment du test. Celui-ci, en obligeant les individus à renier l’autorité papale et la transsubstantiation du Christ dans l’Eucharistie, restreignait l’accès des catholiques français aux charges publiques.
Un Conseil législatif, dont les membres sont toutefois nommés par le gouverneur, est aussi instauré par l’Acte de Québec. Des Canadiens français catholiques seront nommés par le gouverneur et vont pouvoir siéger au sein de ce nouveau conseil. […]
Les diverses mesures mises en place par l’Acte de Québec plaisent bien entendu aux élites seigneuriales canadiennes et à l’Église catholique, mais déplaisent en revanche aux marchands britanniques de Montréal et de Québec, qui voient les nouvelles mesures comme une victoire des catholiques français. L’élargissement d’une province « papiste » sur les terres fertiles de l’Ohio crée aussi du mécontentement dans les Treize colonies et contribue à la Révolution américaine.
Si on prend la nation québécoise comme objet d’étude, l’Acte de Québec incarne une forme de renaissance. Évidemment, sur le terrain, l’application de la Proclamation royale était déjà assez souple en réalité. Néanmoins, en 1774, une nation conquise dont le destin était de disparaître se voit tout à coup reconnue par son conquérant, qui renonce officiellement à l’assimiler, lui redonne ses institutions et lui permet de continuer d’exister.
À première vue, cette nation issue de la colonisation française semble ainsi se voir offrir un nouvel horizon des possibles, lui permettant d’espérer et de se projeter dans l’avenir. »[27]
A Sainte-Marie, en 1778, on construit une chapelle en bois consacrée à sainte Anne. Ce lieu de piété a pour but de satisfaire la dévotion envers la grand-mère de Jésus des catholiques de la seigneurie et implorer cette dernière de les préserver des dégâts de inondations.
En 1781, le curé Jean-Marie Verreau et le seigneur Gabriel-Elzéar Taschereau font construire une deuxième église. Celle-ci sera en pierre et remplacera la précédente faite de bois.
Le 30 juillet 1785, la justice ordonne [28] à la seigneurie de Sainte-Marie et ses habitants de procéder aux réparations des ponts sur son territoire et l’élargissement du chemin du roy. La terre de la famille d’Étienne Voyer figure sur la liste des propriétés touchées. Le jugement stipule que les travaux devront être terminés au plus tard le 26 juillet 1786.
Étienne Voyer, ne verra pas la fin des travaux puisque qu’il décède le 8 décembre 1785, à Sainte-Marie. Ses funérailles sont célébrées le 10 décembre dans l’église paroissiale [29], située juste à côté de sa propriété et il est inhumé dans le cimetière de Sainte-Marie ou on enterre les défunts de la seigneurie depuis 1748. Il y rejoint ses quatre enfants décédés en bas âges.
____________________
[1] Le 5 aout 1744, durant son séjour à l’Hôtel-Dieu de Québec, Étienne déclare qu’il a 30 ans. La note est inscrite au registre. S’il a 30 ans, il serait né vers 1714. Manon Mailhiot et moi avons regardé page par page les registres de la paroisse Notre-Dame de Beaufort en Vallée de 1709 à 1724. Il n’y a aucune trace d’Étienne Voyer. Cependant, puisqu’ il serait né vers 1714, nous avons la conviction qu’en réalité Étienne est René Voyer né en novembre 1715. Trois remarques : La première est que le prénom « Étienne » pourrait être un dérivé de “et renne” (à prononcer : « et René »). Puisque la calligraphie dans les registres laisse parfois à désirer, cette réalité est possible. En second lieu, il serait intéressant de se transporter dans le temps pour écouter notre sujet parler. Roule-t-il ses « R » lorsqu’il parle ? Ainsi, lors de son inscription à l’Hôtel-Dieu, lorsqu’il a dit « Je m’appelle : Erenne Voyer », la personne qui a pris la note aurait pu comprendre « Étienne ». Enfin, est-ce que l’homme aurait volontairement décidé de changer son prénom sur le bateau entre la France et le Port de Québec ? L’historienne Josiane Paul, dans sa thèse universitaire publiée sous le titre : “Exilés au nom du roi – Les fils de famille et les faux-sauniers en Nouvelle-France 1723-1749" (Septentrion, 2008) explique que cela était une pratique régulière. Ainsi donc, la recherche n’est pas terminée. Nous avons le projet de vérifier page par page les registres de plusieurs paroisses de la région. Pour ce récit biographique, j’ai choisi d’utiliser le prénom « René » pour la partie de sa vie en Europe et « Étienne » pour sa vie en Amérique. La page du registre de l’Hôtel-Dieu de Québec: www.ancestry.ca/mediaui-viewer/collection/1030/tree/39755893/person/19875093304/media/0d57c5cc-f055-4a1e-9648-e902c2cbb1ba?galleryindex=26&sort=-created
[2] Beaufort-en-Vallée est le lieu du mariage de René Voyer et Marie Bellanger, ceux que les chercheurs affirment de plus en plus être ses parents. Leur union a été célébrée le 26 juin 1710 en l’église Notre-Dame. Tout porte à croire qu’il s’agit des parents de René-Etienne. En 1744, lors de sa déclaration à l’Hotel-Dieu de Québec, il dit que ses parents portent les noms de Voyer et Bellanger.
[3] Cf. Mariage René Voyer et Marie Bellanger. "Beaufort en Vallée - Notre-Dame - Registre 1710-1719" (page 22) https://recherche-archives.maine-et-loire.fr/v2/ad49/visualiseur/registre.html?id=490005246
[4] Cf.Fiche Mariage Adrien Voyer et Françoise Busque www.filae.com/v4/genealogie/searchresults.mvc/viewerwithoutimage?actId=ec5c8f34-48e6-4a6a-b4a4-7bf57951dedc&personId=1&documentType=2&isFree=True
[5] Cf. acte de décès d’Adrien Voyer https://www.filae.com/v4/genealogie/searchresults.mvc/viewerosd?IdActe=2b61940e-6146-4396-92f8-9abd2a204695&IdPerson=1&FirstName=Adrien&LastName=Voyer&Source=Etat%20civil%20-%20Archives%20du%20Maine-et-Loire&IsFree=False&Category1=209&BaseType=8&IsFromArchives=False
[6] Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Cf. www.erudit.org/en/journals/cd/1999-n56-cd1043958/7895ac.pdf
[7] En images modernes, c’est comme s’il avait acheté 2 ou 3 caisses de cartons de cigarettes dans une réserve amérindienne pour les revendre à l’unité à quelques membres de son entourage. Le roi avait besoin de peupler ses colonies et il avait trouvé ce moyen pour le faire.
[8] Les chercheurs recherchent l’acte de condamnation.
[9] Le 5 aout 1744, à sa sortie de l’Hôtel-Dieu de Québec, Étienne déclare être un « faux saulnier ». La note est inscrite au registre. Les chercheurs espèrent trouver l’acte royal de sa condamnation. Cf. www.ancestry.ca/mediaui-viewer/collection/1030/tree/39755893/person/19875093304/media/0d57c5cc-f055-4a1e-9648-e902c2cbb1ba?galleryindex=26&sort=-created
[10] Le livre “Exilés au nom du roi – Les fils de famille et les faux saulniers en Nouvelle-France" de Josiane Paul (Septentrion) permet de mieux comprendre les condamnations royales.
[11] Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Cf. www.erudit.org/en/journals/cd/1999-n56-cd1043958/7895ac.pdf Les chercheurs recherchent le registre des départs.
[12] Selon sa déclaration lors de son hospitalisation à l’Hôtel-Dieu du Précieux-Sang a l’été 1744. Cf. www.ancestry.ca/mediaui-viewer/collection/1030/tree/39755893/person/19875093304/media/0d57c5cc-f055-4a1e-9648-e902c2cbb1ba?galleryindex=26&sort=-created
[13] Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Les chercheurs recherchent le registre des départs. Cf. www.erudit.org/en/journals/cd/1999-n56-cd1043958/7895ac.pdf
[14] Depuis sa sortie de l’Hôtel-Dieu, vit-il sur l’île d’Orléans ? C’est fort possible. Pour l’instant, il s’agit d’une hypothèse. Autre fait intéressant, en 1744, il y a déjà la famille de Joseph Voyer (1728-1753) a Sainte-Famille, un descendant de Pierre Voyer et Catherine Crampon. Pour l’instant, on n’a pas trouvé de lien de parenté.
[15] Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Les chercheurs espèrent trouver ce document. Cf. www.erudit.org/en/journals/cd/1999-n56-cd1043958/7895ac.pdf
[16] Le premier cimetière de Sainte-Marie, en Beauce, ouvre en 1748 et ferme en 1878. Le site de ce cimetière de Sainte-Marie est l’actuel stationnement situé à côté de l'église de Sainte-Marie, en Beauce. Le cimetière de jadis est sous 3 à 4 mètres de terre et de gravier ajoutés pour l'aménagement du stationnement. À la suite d’un appel communautaire, peu de dépouilles ont été exhumées du lieu. Ainsi donc, les restes d'Étienne Voyer et de plusieurs de ses enfants y sont encore inhumés. Une plaque commémorative rappelle l'existence de ce lieu. Le cimetière était jadis derrière l'église. Le lieu fait actuellement face à l'Avenue Marguerite-Bourgeoys, c'est-à-dire l'ancienne terre d'Étienne. À la suite du décès de son mari, Madeleine Dupont a migré dans la région de Kamouraska. Sa dépouille repose au cimetière Saint-Louis, de Kamouraska.
[17] Cf. www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1091/images/d13p_31191272?pId=15028990
[18] Cf. www.ancestry.ca/imageviewer/collections/61062/images/45894_83024005549_1547-00042?pId=1207571271
[19] Cf. Philippe Roy-Lysencourt. “Le diocèse de Québec : Éléments historiques », « 350 ans de sens et d’action - Église catholique de Québec – Reflets d’hier a demain », le magazine officiel du 350e anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p.10
[20] Cf. Philippe Roy-Lysencourt. “Le diocèse de Québec : Éléments historiques », « 350 ans de sens et d’action - Église catholique de Québec – Reflets d’hier a demain », le magazine officiel du 350e anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p.11
[21] Cf. www.ancestry.ca/mediaui-viewer/collection/1030/tree/39755893/person/19875093304/media/b6c1570c-7351-4610-b71c-43701183c18c?galleryindex=23&sort=-created
[22] Cf. Philippe Roy-Lysencourt. “Le diocèse de Québec : Éléments historiques », « 350 ans de sens et d’action - Église catholique de Québec – Reflets d’hier a demain », le magazine officiel du 350e anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p.10
[23] Cf. Martin Lavallée. « Il y a 250 ans, l’Acte de Québec redonnait vie au Canada francais », Journal de Montréal, 22 juin 2024 www.journaldemontreal.com/2024/06/22/il-y-a-250-ans-lacte-de-quebec-redonnait-vie-au-canada-francais
[24] Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Les chercheurs espèrent trouver ce document. Cf. Sylvie Tremblay. « Les Voyer : d’Étienne à Bernard, explorateur contemporain », Cap aux diamants, no 56, hiver 1999, p.52. Les chercheurs espèrent trouver ce document. Cf. www.erudit.org/en/journals/cd/1999-n56-cd1043958/7895ac.pdf
[25] Selon une recherche qu’a fait Réal Giguerre du Club riverain de généalogie, a la demande de l’auteur de ce récit, le terrain redeviendra la propriété de la famille Tashereau. En effet, en 1809, lors de la liste des censitaires, le lot leur appartenait et portait le numéro 32. Plus tard, en 1857 au cadastre seigneurial, Abraham Mercier avait 1.5 x 39 arpents ; Joachim Lemieux ( 1 x 39 arpents ) et les religieuses de la congrégation Notre-Dame 0.5 x 40 arpents. Au cadastre officiel de 1888, on donna le numéro 507 pour la partie des religieuses et la partie d'Abraham Mercier et Joachim Lemieux appartenait à Clovis Mercier sous le numéro 520.
[26] Cf. Philippe Roy-Lysencourt. “Le diocèse de Québec : Éléments historiques », « 350 ans de sens et d’action - Église catholique de Québec – Reflets d’hier a demain », le magazine officiel du 350e anniversaire du diocèse de Québec, décembre 2023, p.11
[27] Martin Lavallée. « Il y a 250 ans, l’Acte de Québec redonnait vie au Canada francais », Journal de Montréal, 22 juin 2024 www.journaldemontreal.com/2024/06/22/il-y-a-250-ans-lacte-de-quebec-redonnait-vie-au-canada-francais
[28] Procès verbal du 30 juillet 1785 numerique.banq.qc.ca/patrimoine/archives/52327/3426594
[29] Cf. www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1091/images/d13p_31191444?pId=15020084
VISION CATHOLIQUE: Gabriel et Marie
Par Benoit Voyer
7 décembre 2025
Je souris à chaque fois que je relis le récit de l’apparition de l’ange à Marie : À nos petits-enfants, on dit que c’est la cigogne qui apporte le nouveau bébé à sa maman.
Ce texte ressemble à une sorte de conte fantastique : Un ange venu d’un autre monde dit à Marie qu’elle sera enfantée par un esprit : il « te prendra sous son ombre ». C’est bien ce que nous venons de lire : un dénommé Gabriel annonce à Marie, qui, dit-on, ne connait rien aux petits plaisirs de la vie, qu’elle va tomber enceinte sans avoir une relation sexuelle.
Nous, les hommes, savons ce que veut dire l’expression « prendre » une femme « sous son ombre ». Surtout lorsqu’elle nous appelle « mon ange ». On n’a pas besoin de faire un dessin pour comprendre la nature humaine.
Trêve de plaisanterie, soyons un peu plus sérieux…
Il est clair qu’il ne faut pas lire ce texte au premier degré. Il faut plutôt en chercher le sens profond, le sens spirituel.
Le rédacteur de ce récit est un juif instruit qui connait la Torah. Il sait fort bien que si Jésus est ressuscité, il est inévitablement né d’une vierge. C’est écrit noir sur blanc dans le livre d’Isaïe.
Dans cette histoire, l’archange annonciateur de nouvelles, le messager de Dieu, Gabriel, apparaît à Marie, la nouvelle Ève, la future maman choisie par le Très-Haut pour être la mère humaine de son Fils.
Apparition ? On n’en sait rien. Pour le croyant, tout est possible. Une chose est sûre, Marie a eu une illumination intérieure : une voix a parlé en elle.
Dans la vie spirituelle ou surnaturelle, l’illumination intérieure est un classique. C’est comme cela que l’humain a la certitude de toucher le divin.
Ce que Marie apprend lui semble impossible. Mais elle écoute la voix de l’archange Gabriel. Elle reste humble et accueillante : il arrivera bien ce qui doit arriver. Tout ce que je veux, c’est faire la volonté de Dieu.
Plus tard, sa cousine Elisabeth confirmera à Marie la véracité de ce qui lui a été révélé parce qu’elle aussi a reçu la visite de l’archange.
N’oublions pas la phrase centrale de ce récit : « Rien n’est impossible à Dieu. ». Vous avez bien entendu : « Rien n’est impossible à Dieu. ».
Être devant un mystère,
c’est être devant une réalité inépuisable.
Allons plus loin. Pour mieux comprendre le récit de l’annonce et de la naissance de Jésus raconté par Luc, il faut le faire avec l’imagination d’un enfant parce que l’évangéliste utilise la structure littéraire du conte. Si cher aux temps de l’Avent et de Noël, l’esprit d’enfance est nécessaire.
Dans son livre « Créés pour être aimés » (Médiaspaul, 2012), Mgr Christian Lépine explique que Jésus enfant « se présente à nous comme l’humble par excellence, le petit par excellence, le pauvre par excellence ». 1 L'archevêque catholique de Montréal écrit : « Le temps de Noël, qui est un temps d’espérance et de joie, est aussi un temps où on célèbre l’esprit d’enfance devant Dieu qui se fait enfant à nos yeux. Je suis invité à retrouver le sens de l’accueil confiant et à l’approfondir sans cesse. Dieu se livre à des mains humaines et fragiles, il nous fait confiance avant que nous lui fassions confiance. Il espère en nous avant que nous espérions en lui (Péguy). Dieu a posé chaque personne dans l’existence en ayant en vue une identité à réaliser, une mission à accomplir. Est-ce que je veux me recevoir de Dieu dans l’abandon du nouveau-né qui se laisse porter, dans la docilité de l’enfant qui se laisse conduire ? »
L’incarnation, c’est-à-dire le fait que Dieu s’est fait chair, est pour le croyant un « mystère ». Ce « mystère » dans la foi chrétienne n'est pas ce qu'on ne peut comprendre, mais ce qu'on n'a jamais fini de comprendre, et qui ne peut être compris de façon ultime que dans la foi, et on le sait, la foi n’est pas un fait scientifique.
Pour Christian Lépine, « le mot « mystère » est un mot-clé de la révélation. C’est un mot qui veut dire « faire silence ». Faire silence parce qu’être devant un mystère, c’est être devant une réalité que je ne peux connaitre en la saisissant par la seule force de ma raison, sans qu'elle me soit révélée. »
Il ajoute : « Mais il y a autre chose, être devant un mystère, c’est être devant une réalité inépuisable. C’est-à-dire que j’ai beau en connaitre quelque chose, il y en a toujours plus que j’ignore. C’est pourquoi toutes les paroles que je peux en dire sont toujours enveloppées dans le silence : elles viennent du silence et retournent au silence. »
Le Seigneur est avec toi.
Dans « Créés pour être aimés », Mgr Christian Lépine donne des pistes pour bien comprendre l’apparition de l’ange à Marie, une manifestation du mystère de Dieu :
« C’est l’ange qui parle, mais c’est Dieu qui l’envoie. Devant le fait de cette manifestation du ciel, et devant le contenu de la salutation, Marie « fut toute bouleversée ». À travers tout l’Ancien Testament, c’est là la réaction typique lorsque le mystère de Dieu se manifeste d’une façon ou d’une autre : être saisi d’étonnement, se sentir dépassé, submergé.
Mais l’ange, sans laisser le temps à Marie de répondre, lui dit : « Sois sans crainte. » C’est que Dieu ne veut pas nous écraser avec son mystère, mais nous combler. Devant le mystère de sa présence et de sa parole, il invite à la paix et à la confiance.
Marie reconnaît le mystère qui se présente à elle, elle est mise en confiance devant lui. Mais elle demeure active en se posant des questions : « Elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation », et en questionnant l’ange : « Comment cela va-t-il se faire ? »
Mais ces questions ne sont pas des réticences, elles sont un effort pour mieux connaître la volonté de Dieu. En effet, Marie n’a qu’un désir : être « la servante du Seigneur ». C’est là la toile de fond de sa vie, de toute son existence. C’est avec une disponibilité de tout son être qu’elle accueille le mystère de Dieu dans sa manifestation.
À l’intérieur de son entière disponibilité, elle reconnait le mystère, est en confiance devant lui, cherche à mieux connaitre la volonté de Dieu et y répond par un oui total : « Que tout se passe pour moi selon ta parole. »
Le mystère divin peut s’exprimer de bien des manières. On le retrouve manifestement de façon appropriée dans la salutation de l’ange lorsqu’il dit à Marie : « Le Seigneur est avec toi. » Mystère insaisissable et inépuisable d’une présence qui nous rejoint. Mystère d’une nouveauté qui vient non pas du monde, de l’histoire, mais du surnaturel, de l’éternité.
« Le Seigneur est avec toi », cette parole est dite à Marie afin qu’elle puisse être dite en vérité à chacun et chacune d’entre nous. À Noël, l’ange me dit : « Le Seigneur est avec toi. » Ce don est la manifestation gratuite de l’amour de Dieu. »
PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 7 (1993)
Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 7 (1993)
Au programme:
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre du prophète Ezéchiel;
2- Les Compagnons de Montréal - Vincent de Villiers;
3- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - Ou sont les signes de Dieu?
4-Le centre de créativité du Gesu, a Montréal;
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le psaume 50;
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des Frères maristes ;
7-Robert Sauvageau de l'Office de l'Éducation au diocèse catholique de Montréal - Les mardis de l'éducation;
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est-ce que l'évangile est une bonne carte dans son jeu?;
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres.
10-André Beauchamps: Le mariage;
11- La comédienne Mireille Thibault lit un extrait de la bible.
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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 07 (Fonds Benoit Voyer)
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby
LE PRÉSENT DU PASSÉ: L'OCS distribue ses prix
Remise des prix de l'Office des communications sociales: Le film «De beaux lendemains» reçoit un prix pour ses valeurs
En plein hiver sur la route glissante, un autobus rempli à pleine capacité tombe dans un ravin. Des enfants crient à pleine voix ... Des cris déchirants à perdre l'âme. La glace du lac où ils se retrouvent s'effondrent sous le poids du véhicule Catastrophe! Le bus devient le tombeau de ces pauvres jeunes qui n'ont même pas le temps de réagir pour sauver leur peau. Cette tragédie routière rappelle le terrible drame des Éboulements, au Québec, l'an dernier.
Cette scène du film «De beaux lendemains» du réalisateur torontois Atom Egoyan donne des frissons. Il n'est pas étonnant qu'il soit le grand gagnant de la remise des prix annuels de l'Office des communications sociales (OCS) – tenue le 24 avril de 17 à 19 heures au Château Champlain, à Montréal - qui a pour but de promouvoir la qualité dans les médias et certaines valeurs telles l'accueil, la générosité, la tolérance et l'entraide. Cette oeuvre a déjà, entre autres, obtenu le grand prix du jury, le prix de la critique internationale et prix du jury œcuménique au Festival de Cannes, en 1997.
Le jury est unanime: «Ne jouant aucunement sur le pathos ni sur un quelconque sensationnalisme, le cinéaste fait plutôt partager de façon très sensible et pudique le parcours intérieur de diverses personnes affligées par un malheur qui les dépasse. Pour ce faire, il a recours à une construction à la fois complexe et fluide, multipliant les points de vue et exposant graduellement le drame profond vécu par chaque personnage. Leur psychologie se trouve ainsi révélée davantage à chaque saut dans le temps. Il s'agit certainement du film le plus généreux et le plus dense d'Atom Egoyan à ce jour.»
L'histoire du film «De beaux lendemains» raconte les tribulations d'un avocat qui tente de convaincre les parents des victimes de ce terrible accident de participer à un recours collectif. Un film vraiment touchant!
Autres prix
De nombreux autres prix ont été décernés par l'association catholique reconnue par les évêques catholiques du Canada.
Le Prix télévision a été donné aux Productions Mucumba pour le document «Roses de Lima» de la série «Vivre en ville». Ce reportage tourné à Lima au Pérou dénonce la violence familiale et montre comment des femmes s'organisent pour changer leur situation sociale
Dominique Payette, journaliste à l'émission «275-allô» diffusée sur les ondes de la Première chaîne de Radio-Canada, a reçu le Prix radio pour un grand reportage donnant la parole à des adolescents qui ont des difficultés à vivre leur homosexualité.
Le Prix télévision communautaire a été remis à Louise Nadeau de la télé régionale de l'Amiante pour son document «En parler le plus possible», portant sur les abus et les négligences envers les aînés. Une réalité qui touche 4% des personnes âgées.
Le récipiendaire du Prix publicité est l'agence Amalgame créativité stratégique pour son message «Miroir, miroir» qui illustre les services du réseau pharmaceutique Famili-Prix. Des images d'une grand tendresse sur une histoire humaine qui pourrait être la nôtre.
Enfin, le Prix livre est allé à Michel Arsenault pour sa biographie de Lucille Teasdale et Piero Corti «Un rêve pour la vie» (Éditions Libre Expression). Des mentions spéciales ont été faites aux Éditions Paulines pour «Une soupe au caillou», une réflexion sur l'injustice économique, publiée par un collectif d'auteurs; «Un roi qui venait du bout du monde», un livre jeunesse de Sylvain Trudel (Éditions de la Courte Échelle); et, «Open house», un radio-théâtre produit par Radio-Canada Gaspésie-Les Îles qui traite de la prévention des MTS et des toxicomanies chez les jeunes.
Enfin, Jacques Paquette a été décoré de la Médaille du mérite pour ses 27 années de dévouement au service de l'OCS.
Assemblée générale
L'Office des communications sociales qui porte officiellement le nom de Centre éducatif en communications sociales CECS inc. a tenu son assemblée générale quelques heures avant la remise des prix.
L'abbé Jean-Guy Dubuc a été élu président. Il possède une solide expérience du monde des communications. Il a notamment été journaliste et éditorialiste au quotidien La Presse (Montréal) et président-éditeur des quotidiens La Voix de l'Est (Granby) et La Tribune (Sherbrooke).
«En perdant son pouvoir au point de vue social, l'Église a à le reprendre. Je suis gêné devant le silence de l'Église», disait-il aux membres du Centre éducatif quelques minutes après sa nomination.
Avec le nouveau directeur général, Bertrand Ouellet, il veut donner à l'OCS toute la place qui lui revient dans le monde des médias.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, juillet-août 1998, page 302)
POLITIQUE: A l’aube du troisième référendum ?
Par Benoit Voyer
6 décembre 2025
Je ne m’en cache pas : je suis membre du Parti conservateur du Québec (PCQ). Pour faire une histoire courte, je suis de centre-droit politique pour les raisons suivantes : pour faire baisser le prix de l’essence et le coût du panier d’épicerie, pour qu’il y ait plus d’argent dans mes poches en baissant les taxes et les impôts, pour réduire la paperasse et la bureaucratie qui étouffent nos entreprises, nos agriculteurs et chacun de nous et pour améliorer l’accès aux soins de santé en additionnant la contribution du privé, sans frais pour le patient.
Aussi parce que je souhaite qu’en tout temps je puisse rester libre de mes choix lorsque j’achète une automobile ou que je fais mes emplettes et parce qu’il y a cinq ans, Éric Duhaime, le chef du PCQ, a dit vouloir que le PCQ cesse d’être un parti fédéraliste en faisant l’option du nationalisme.
Enfin, en 2023, j’ai également été séduit par la résolution 2.2 des membres au congrès national du PCQ : « Permettre aux citoyens d’organiser un référendum d’initiative populaire engageant le gouvernement. Pour ce faire, les organisateurs devront obtenir un minimum de 10 % de signatures de citoyens en âge de voter dans chacune des circonscriptions de la province du Québec. Un référendum devra se tenir le premier lundi du sixième (6ᵉ) mois suivant le dépôt de la pétition et la validation des signatures par le directeur général des élections. »
Cela dit, je suis obligé de me dissocier de la pensée d’Éric Duhaime qui ne souhaite pas entendre parler d’un référendum sur la souveraineté du Québec en affirmant haut et fort son allégeance au Canada.
Bien que je ne souhaite pas qu’il y ait un référendum en faveur ou non de l’accès du Québec à l’indépendance, nous devons nous y préparer advenant l’élection du gouvernement du Parti québécois (PQ) au scrutin de 2026. Selon les sondages, ce parti de souche socialiste et woke remporterait une majorité de sièges à l’Assemblée nationale.
Lors du dernier référendum sur le sujet, l’Action démocratique du Québec (ADQ), dirigée par Mario Dumont, un parti politique de mouvance conservatrice, avait appuyé le camp du Oui. L’ADQ souhaitait un vote favorable afin de renégocier une entente constitutionnelle avec le Canada. Le modèle proposé favorisait la pleine autonomie des provinces au sein d’une véritable confédération d’États membres. L’idée demeure d’actualité et demeure à mes yeux la meilleure voie d’avenir pour le Canada. C’est pour cette raison que je demeure en faveur du référendum proposé par le PQ.
Les sondages disent que ce référendum sera perdant. Les chiffres du moment disent vrai. On le sait, l’opinion publique pourrait rapidement changer.
Si j’étais dans les souliers du chef du PCQ, je me réjouirais de la tenue d’un tel exercice démocratique parce que ses membres sont en faveur de référendums d’initiative populaire. De plus, que la conclusion soit positive ou négative, par la suite la raison d’être du PQ n’existera plus. Il n’y aura jamais plus de référendums sur cette question. Et le PQ pourra enfin disparaitre avec les derniers baby-boomers. On pourra alors se concentrer sur l’aide aux citoyens et on pourra continuer de rêver à visiter nos Rocheuses et les îles de neige du Nunavut.
Je me répète : je ne souhaite pas un troisième référendum sur l’avenir du Québec, mais il faut s’y préparer. S’il a lieu, je voterai en faveur de la nation québécoise.
VISION CATHOLIQUE : Flavien Durocher (1800-1876)
Par Benoit Voyer
6 décembre 2025
L’arbre généalogique de Flavien Durocher est impressionnant. Il comporte des ancêtres et proches parents aux tempéraments forts. Quelques-uns ont marqué l’histoire.
D’abord, on retrouve de nombreux marchands influents et assez fortunés. En exemple, sa grand-mère Geneviève Marchesseau (1748-1777) est inhumée dans l’église paroissiale de Saint-Antoine-sur-Richelieu, un privilège réservé aux familles financièrement aisées.
L’arrière-arrière-arrière-grand-père de Flavien est Blaise Juillet (1611-1660), un des deux compagnons de Dollard des Ormeaux (1635-1660). Il est mort noyé le 19 avril 1660 près de l’île Saint-Paul en fuyant une attaque des Iroquois.
Geneviève Durocher, la mère de Flavien, a été « élevée » par sa tante Marie-Anne Mauvide (1736-1799), épouse du René-Amable Durocher (1737-1786), dans le manoir seigneurial de Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Le Manoir Mauvide-Genest [1] rappelle leur mémoire.
Son grand-père paternel, Olivier Durocher (1743-1821) était sur le champ de bataille, le 8 juillet 1758, lors de la victoire du général Montcalm a Carillon, sur le lac Champlain. Le fort de Carillon porte de nos jour le nom de Fort Tigonderoga et est situé dans l’actuel État de New York. Olivier, qui avait 14 ans, a mené le combat dans la troupe de Bourlamaque posté sur le Richelieu. Laissé pour mort, on se rend compte qu’il respire encore. Sans tarder, on le transporte. On lui sauve la vie. Plus tard, de 1786 à 1789, il sera marguiller à Saint-Antoine-sur-Richelieu et, de 1796 à 1800, député du comté de Surrey (Verchères). De 1800 à 1821, il vivra retiré chez son fils.
Son arrière-grand-père paternel est le médecin-chirurgien Olivier Durocher (1717-1795) qui a pratiqué la chirurgie à l’Hôtel-Dieu-de-Montréal.
Enfin, ses arrière-arrière-grands-parents paternel, Joseph Durocher (1681-1749) et Marguerite Leroy (1685-1749) sont originaires d’Angers, dans l’actuelle région de Maine-et-Loire, en France. Ils se sont mariés dans l’antique église-cathédrale Saint-Maurille, le 6 juin 1705.
Sa famille
La petite histoire du père de Flavien et de sa famille mérite une attention spéciale. Ses origines expliquent en grande partie l’exemplarité de sa vie chrétienne et de plusieurs de ses frères et sœurs.
Olivier Durocher (1771-1859) fait de bonnes études et se destine à devenir prêtre de l’Église catholique romaine. C’est son souhait le plus cher. Il sent en lui la vocation. Olivier est un homme de grande piété.
Le père d’Olivier s’objecte sur le choix de vie de son fils. Il n’est pas question qu’il devienne prêtre! N’ayant que deux enfants et un seul fils, il veut que son gars lui donne une descendance afin de perpétuer son nom. Ainsi donc, Olivier n’aura pas le choix de se marier. Le 20 janvier 1794, il épouse Geneviève Durocher (1768-1830), une petite-cousine, à Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Il deviendra cultivateur et s’établiront à Saint-Antoine-sur-Richelieu.
Olivier et Geneviève donnent la vie à onze enfants : trois mourront en bas âge, trois se marieront et cinq choisiront le célibat en devenant religieux ou religieuses. Faut-il s’en étonner? Olivier Durocher (1771-1859) a transmis sa grande foi en Dieu a ses enfants.
Séraphine (1809-1852), la sœur de Flavien, entrera dans la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, fondée par sainte Marguerite Bourgeoys.
Eulalie, a la demande de Mgr Ignace Bourget, fondera la communauté des Sœurs de Jésus Marie, destinée à l’enseignement des jeunes. Lors de ses vœux, elle prendra le prénom de Marie-Rose. Reconnue pour sa sainteté, elle a été déclarée « bienheureuse ». De nos jours, elle repose dans la cathédrale de Longueuil.
Théophile Durocher (1805-1852) sera notamment curé à Beloeil. À 20 ans, Eulalie Durocher y sera sa gouvernante pendant quelques années.
Eusèbe Durocher (1807-1879) étudiera au Séminaire de Saint-Hyacinthe. Il exercera son ministère dans cette ville avant d’entrer chez les Oblats de Marie Immaculée.
Puisqu’il est pensionnaire à Montréal pour ses études et que durant les vacances avec sa famille il visite ses oncles et ses tantes et, par la suite au loin pour son travail ecclésiastique, il connaître peu les plus jeunes de ses frères et de ses sœurs, dont Eulalie, la future bienheureuse Marie-Rose Durocher, née en 1811.
Ainsi donc, Flavien Durocher nait à Saint-Antoine-sur-Richelieu le 7 septembre 1800. Il est le fils d’Olivier Durocher et Geneviève Durocher, des cousins germains.
Prêtre
En 1817, Flavien Durocher entre au Grand séminaire de Montréal. Il n’a que 17 ans. Il y fait ses études en philosophie et en théologie et y enseigne jusqu’en 1823.
Le 29 septembre 1823, il est ordonné prêtre. Il sera vicaire à Notre-Dame, à Montréal, et à Trois-Rivières.
En 1827, il entre chez les Sulpiciens. Continuera d’enseigner jusqu’en 1929 et travaillera auprès des algonquins, à Oka, jusqu’en 1843.
Dans les premiers jours de 1830, Geneviève Durocher, sa mère, est atteinte d’une grave maladie. Tout espoir de guérison s’évanouit. Il ne faudra que deux semaines pour que son dernier souffle arrive.
En 1895, dans Fidelis (chapitre 1, note 64, p.94), une œuvre sur la vie de la bienheureuse Marie-Rose Durocher, sa sœur cadette, l’auteur écrit : « Au dernier moment, la famille, a l’exception de la religieuse, entoura le lit de la mourante. Le curé de la paroisse la confesse; puis Flavien qui était prêtre lui administra les sacrements d’eucharistie et d’extrême-onction ». La religieuse absente c’est Séraphine. Ce départ sera difficile pour tous ses enfants.
En 1843, Flavien entre chez les Oblats de Marie Immaculée, communauté fondée par saint Eugène de Mazenod et installée dans diocèse de Montréal depuis le 2 décembre 1841, à la demande de Mgr Ignace Bourget. Il y poursuivra son travail auprès des autochtones. Il sera longtemps curé de la communauté Innu de Betsiamites, devenue, de nos jours, Pessamit.
Il terminera son parcours à Québec ou il fondera et dirigera, notamment, la paroisse Saint-Sauveur, en plus d’y diriger sa communauté religieuse.
Le père Flavien Durocher décède à Québec le 7 décembre 1876.
Un saint?
Sur la rue Saint-Vallier, à Québec, le Parc Durocher est nommé en sa mémoire. En 1912, on y érigera un monument le représentant. On y écrira : « Prêtre zélé, religieux parfait, il fur le pasteur charitable ». A la suite de la canonisation de sa sœur, il faudrait songer à faire une étude de sa cause.
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[1] www.manoirmauvidegenest.com
PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 6 (1993)
Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 6 (1993)
Au programme:
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le Deutéronome;
2- Les Catholiques de rite syriac;
3- Lorraine Caza: La femme adultère;
4- Le courrier de l'évêque: Mgr Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean Longueuil;
5-Le COPAM (le Comité de partage et d'amitié);
6- Les moines cisterciens de Rougemont chantent l'hymne de la Visitation;
7- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle de la bonne sainte Anne;
8-La troupe de théâtre Émotion dans le diocèse de Joliette;
9- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Le pardon;
10- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres.
11- Les enfants et la télé - Une réflexion de Pierre Bélanger;
12- La comédien Paul Buissoneau lit un extrait de la bible.
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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 06 (Fonds Benoit Voyer)
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby
AU COEUR DE LA PAROLE: 2e dimanche de l'Avent B
20231208 Benoit Voyer Au coeur de la Parole 2e dimanche de l'avent B
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Léon-Pierre Étier
Léon-Pierre Étier
À la demande de son médecin, Léon-Pierre Étier vit maintenant retiré. Depuis quelques semaines, il a quitté son travail auprès des sidéens. Il a réalisé un apostolat missionnaire considérable. Il est un véritable pionnier au chapitre de l'accompagnement spirituel des sidéens en phase terminale. Léon-Pierre Étier est un modèle à imiter. Au moment d'entrer dans la réclusion, il a accepté de rencontrer la Revue Sainte Anne pour raconter son itinéraire.
Pauvre parmi les pauvres. Rejeté parmi les rejetés. Voilà la vie de Léon-Pierre Étier. Pendant 9 ans, il s'est occupé des sidéens à l'approche de la mort, en plein centre-ville de Montréal.
La maladie n'était guère sa principale préoccupation. La médecine fait tout en son possible afin de trouver des médicaments pour améliorer la condition physique des malades.
Son travail a été de présenter «Jésus modèle de la route à suivre» et accompagner spirituellement les sidéens de la vie à la mort physique et de la mort physique à la vie après la vie, au royaume des bienheureux du ciel
Le thème de la spiritualité chez les sidéens n'est guère très à la mode au Québec. Parmi des centaines de titres traitant du sida, conservés à la Bibliothèque nationale du Québec qui possède la plus importante collection de livres édités dans la belle province, aucun ne traite d'approche spirituelle
Tu vas attraper le sida!
«C'était un soir, il y avait des funérailles pour un sidéen. Les cendres étaient sur la table. Au baiser de paix, il y avait là un bonhomme qui avait l'air d'un cure-dent. Je me suis senti attiré vers lui, alors que nous étions près de 80 dans cette grande salle. Au moins 50 étaient porteurs du virus. J'ai été vers lui. Je l'ai pris dans mes bras. Je lui ai souhaité la paix de Jésus. Je l'ai embrassé et j'ai entendu à l'arrière de moi: «Attention, tu vas attraper le sida!» Comme je venais de l'embrasser sur les deux joues - il y avait plein d'herpès et de sang dans la figure -, je l'ai embrassé encore une fois sur chaque joue. Je lui ai dit: «Je t'aime et Jésus t'aime encore plus que moi». Il m'a fait un beau sourire ... Lorsque je suis dans la tristesse, je pense à lui et tout disparaît. Ce jour-là, j'ai vu en lui la sainte face de Jésus», raconte Léon-Pierre qui, depuis cet événement, n'a plus peur des sidéens et du sida.
Durant ces années de dévouement, il a accompagné 610 malades. Une vingtaine d'entre eux sont décédés dans ses bras. Cela semble héroïque de sa part, mais ça n'a pas été très facile à vivre pour lui.
Daniel, qui a rendu l'âme le 4 décembre 1988, est de ce nombre. Il s'en rappelle comme si c'était hier. Celui-ci a même hanté ses rêves pendant un long moment. Aujourd'hui, il a la certitude qu'il est en paix.
Il y a aussi Denis. Son histoire est unique. «Le père de Denis n'acceptait pas que son fils soit homosexuel», poursuit l'homme de 62 ans au verbe facile. «Il est venu le visiter quatre fois avant sa mort. Après son décès, il m'a dit: «Je veux mourir comme mon gars». Tu veux mourir comme une tapette !? lui ai-je demandé. Il m'a répondu: «Oui!» Cet homme a été rejoint par les attitudes de son fils. Au moment de sa mort, Denis disait: «Je tiens la main de mon chum. Il est tellement beau mon Jésus ... » Lorsque son père le visitait, il répétait les mêmes paroles: «Tais-toi papa, je tiens la main de mon chum ... qu'il est beau !.. qu'il est beau !... » Deux semaines avant de mourir, Denis s'est confessé et est allé à la messe.
Ghislain Robert est celui qui a le plus marqué sa vie. Il en parle comme un père parle de son fils. «J'ai vécu avec lui une profondeur spirituelle que je n'ai jamais vécue avec un autre sidéen.»
Ce chic homme qui a été la victime d'un pédophile à l'âge de 9 ans - un ami de la famille - a souvent suivi Léon-Pierre Étier dans ses tournées d'un bout à l'autre du Québec. Il parlait de sa maladie, de sa vie et de la foi en Dieu qui l'habitait.
«Pendant 3 ans, j'ai visité 45 000 jeunes dans les écoles secondaires. 4000 m'ont écrit à peu près la même chose: si tu es venu juste pour moi, tu m'as sauvé ... Je vais suivre tes conseils. Dernièrement, j'ai refusé l'invitation de 51 écoles parce que je suis malade. J'ai des pierres aux reins», dit-il, fier de son exploit et déçu de ne point pouvoir y donner une suite.
Le sida, l'affaire de tous
Pour lui, le sida n'est pas seulement l'affaire des homosexuels et des plus pauvres de la société. Toutes les classes sociales sont touchées. Les gens ont honte de cette maladie. Les décès par cause du sida sont souvent annoncés sous le couvert du cancer ou d'autres maladies.
«Condom du fun»
Le condom protège un peu des infections, mais n'empêche pas toujours la contamination des partenaires sexuels. Le latex contient des très petits trous; trop petits pour laisser passer les spermatozoïdes, mais assez gros pour le virus du sida.
Le meilleur moyen de ne pas attraper le virus est l'abstinence. Ce n'est pas d'éducation sexuelle que les jeunes ont besoin, mais d'une éducation à l'amour. Aimer, c'est savoir attendre l'autre. Néanmoins, pour les aventures compulsives, 2 épaisseurs de latex est mieux que rien.
Enfance
Léon-Pierre Étier est né d'une famille de 13 enfants. Son père était alcoolique et très intransigeant. Il a souvent fait pleurer sa mère.
Comme tous les membres de sa famille, à 15 ans, il est allé «bummer» dans les rues de Montréal. Pendant 3 ans, il a fait une vraie vie de clochard
Il confie: «Il y a 45 ans, lorsqu'on bummait, on avait pitié de nous autres: c'est un mendiant, un petit de la rue, c'est un pauvre! Alors on nous accueillait, on nous gardait dans une petite chambrette pour dormir l'hiver. L'été nous couchions dehors. J'aimais bien fouiner d'un bord à l'autre, à me déniaiser ... C'est comme ça que j'ai visité une partie de la province de 15 à 18 ans. J'étais un clochard, un bumm ... Pis j'aimais ça! J'étais bien dans ça!
Vie en communauté
Son cas n'était pas désespéré. En 1954, il entre en communauté. Il avait 18 ans. Huit ans plus tard, juste avant de prononcer ses voeux, il sort de la congrégation. «En arrivant chez moi, mon père m'a dit: «Tu es un défroqué! Tu es le déshonneur de la famille! Retourne donc dans la rue!», ajoute-t-il. Il passe 6 autres mois à vagabonder.
En novembre 1962, il prend la ferme résolution de se suicider. Son projet allait changer.
Il poursuit: «J'entre dans une église. Il y avait là un prêtre qui prêchait. Il m'a touché. Après la cérémonie, je suis allé le rencontrer. Il m'a fait entrer dans son groupe religieux. Mais ... Je trouvais ça trop riche. Alors il m'a dit: «Je vais t'envoyer dans une communauté qui ramasse n'importe quoi» Si au moins il m'avait dit: ... N'importe qui! J'y suis entré et demeuré pendant 14 ans. C'était une congrégation semi-contemplative.»
Diaspora
Il est sorti de la congrégation dans le but de devenir diacre permanent dans un diocèse où l'évêque du lieu le désirait pour travailler. Le berger diocésain l’a aidé à être relevé de ses voeux perpétuels. Après quelques mois de formation universitaire, il perd l'évêque qui décède ... Son projet est tombé à l'eau.
Cependant, il deviendra agent de pastorale. Pendant 8 ans, il s'occupera des clochards, des pauvres, de la Saint-Vincent-de-Paul et des jeunes de la rue. Durant ces années, il passe également 6 mois en France à l'Arche de Jean Vanier.
Au décès de la deuxième épouse de son père (sa mère est décédée en 1974), en 1980, il décide volontairement de retourner vivre dans la rue. Il se donne douze mois à temps plein pour toucher du doigt les souffrances morales des jeunes de la rue. Depuis ses derniers séjours prolongés au grand air, la vie de clochard n'offre plus le même confort et la même joie de vivre. Les problèmes sociaux ne sont plus les mêmes après tant d'années.
En 1981, il commence une série d'expériences: 3 mois à la Famille Myriam Beth'léem à Baie-Comeau, 3 mois à Hauterive au service de la prévention du suicide, 3 mois à la Trappe de Mistassini, 3 mois à Sutton avec les alcooliques et un séjour un peu plus prolongé au monastère des Trinitaires de Granby à travailler auprès du père Jean-Paul Regimbal (voir l'édition de mai de la Revue Sainte Anne). Il retourne finalement à Montréal pour s'occuper des jeunes de la rue jusqu'au jour où il fonde une fraternité pour les sidéens.
Un vrai «bumm»
«Je suis un vrai bumm! Bummer est une vocation spéciale! On a la liberté! On n'a pas un dollar dans ses poches, mais on a tout!», lance-t-il promptement.
Aux femmes? Aux hommes?
La question de l'orientation sexuelle d'une personne est toujours délicate à aborder. Léon-Pierre Étier n'a pas hésité l'ombre d'un instant à dire sa préférence pour la gent féminine.
Pendant de longues minutes, il parle des deux femmes qu'il a profondément aimées: À 17 ans, une étudiante en soins infirmiers qui a été expatriée de Montréal à Québec chez une tante puisque ses parents s'objectaient à cette relation et, à 26 ans, à sa sortie de communauté, une certaine fille d'avocat. Encore une fois, à cause de la famille de la jeune fille qui ne voulait guère du jeune Léon-Pierre dans le clan familial parce qu'il n'était pas du même rang social, l'histoire amoureuse prend fin. La première s'est finalement mariée et, la seconde, il n'en a jamais eu de nouvelles (lorsqu'il parle de cette dernière, ses yeux et sa voix s'emplissent d'émotions). Il a visiblement encore plein de tendresse pour elle.
Des saints sidéens
«Il faut faire cheminer les âmes vers Dieu. Le Seigneur a mis dans mon cœur que ces malades ont plus besoin de la lumière éternelle que de simples soins du corps. C'est vrai qu'il faut les soigner physiquement, mais le soutien moral est très important pour ces personnes qui bien souvent ont été délaissées, mises de côté à 15-18 ans et qui ont dû cheminer dans une voie qui n'était pas celle qu'ils désiraient pour gagner un repas ou un coucher le soir», explique-t-il.
Il conclut: «À travers tous mes amis, les malades du sida, je découvre Jésus. Je découvre un Jésus à l'agonie quand ils apprennent qu'ils sont porteurs du virus du sida; je découvre un Jésus crucifié lorsqu'ils avancent leur maladie; et, je découvre un Jésus ressuscité au moment de leur départ vers le Père et qu'ils me disent: «Tu sais, j'embrasserai Jésus pour toi!» Ce qu'ils attendent de nous, c'est un regard de tendresse et d'amour.»
Benoît Voyer
Du sida du corps au sida de l'âme
À la demande de son médecin, Léon-Pierre Étier vit maintenant retiré. Depuis quelques semaines, il a quitté son travail auprès des sidéens. Il a réalisé un apostolat missionnaire considérable. Il est un véritable pionnier au chapitre de l'accompagnement spirituel des sidéens en phase terminale. Léon-Pierre Étier est un modèle à imiter. Au moment d'entrer dans la réclusion, il a accepté de rencontrer la Revue Sainte Anne pour raconter son itinéraire.
Pauvre parmi les pauvres. Rejeté parmi les rejetés. Voilà la vie de Léon-Pierre Étier. Pendant 9 ans, il s'est occupé des sidéens à l'approche de la mort, en plein centre-ville de Montréal.
La maladie n'était guère sa principale préoccupation. La médecine fait tout en son possible afin de trouver des médicaments pour améliorer la condition physique des malades.
Son travail a été de présenter «Jésus modèle de la route à suivre» et accompagner spirituellement les sidéens de la vie à la mort physique et de la mort physique à la vie après la vie, au royaume des bienheureux du ciel
Le thème de la spiritualité chez les sidéens n'est guère très à la mode au Québec. Parmi des centaines de titres traitant du sida, conservés à la Bibliothèque nationale du Québec qui possède la plus importante collection de livres édités dans la belle province, aucun ne traite d'approche spirituelle
Tu vas attraper le sida!
«C'était un soir, il y avait des funérailles pour un sidéen. Les cendres étaient sur la table. Au baiser de paix, il y avait là un bonhomme qui avait l'air d'un cure-dent. Je me suis senti attiré vers lui, alors que nous étions près de 80 dans cette grande salle. Au moins 50 étaient porteurs du virus. J'ai été vers lui. Je l'ai pris dans mes bras. Je lui ai souhaité la paix de Jésus. Je l'ai embrassé et j'ai entendu à l'arrière de moi: «Attention, tu vas attraper le sida!» Comme je venais de l'embrasser sur les deux joues - il y avait plein d'herpès et de sang dans la figure -, je l'ai embrassé encore une fois sur chaque joue. Je lui ai dit: «Je t'aime et Jésus t'aime encore plus que moi». Il m'a fait un beau sourire ... Lorsque je suis dans la tristesse, je pense à lui et tout disparaît. Ce jour-là, j'ai vu en lui la sainte face de Jésus», raconte Léon-Pierre qui, depuis cet événement, n'a plus peur des sidéens et du sida.
Durant ces années de dévouement, il a accompagné 610 malades. Une vingtaine d'entre eux sont décédés dans ses bras. Cela semble héroïque de sa part, mais ça n'a pas été très facile à vivre pour lui.
Daniel, qui a rendu l'âme le 4 décembre 1988, est de ce nombre. Il s'en rappelle comme si c'était hier. Celui-ci a même hanté ses rêves pendant un long moment. Aujourd'hui, il a la certitude qu'il est en paix.
Il y a aussi Denis. Son histoire est unique. «Le père de Denis n'acceptait pas que son fils soit homosexuel», poursuit l'homme de 62 ans au verbe facile. «Il est venu le visiter quatre fois avant sa mort. Après son décès, il m'a dit: «Je veux mourir comme mon gars». Tu veux mourir comme une tapette !? lui ai-je demandé. Il m'a répondu: «Oui!» Cet homme a été rejoint par les attitudes de son fils. Au moment de sa mort, Denis disait: «Je tiens la main de mon chum. Il est tellement beau mon Jésus ... » Lorsque son père le visitait, il répétait les mêmes paroles: «Tais-toi papa, je tiens la main de mon chum ... qu'il est beau !.. qu'il est beau !... » Deux semaines avant de mourir, Denis s'est confessé et est allé à la messe.
Ghislain Robert est celui qui a le plus marqué sa vie. Il en parle comme un père parle de son fils. «J'ai vécu avec lui une profondeur spirituelle que je n'ai jamais vécue avec un autre sidéen.»
Ce chic homme qui a été la victime d'un pédophile à l'âge de 9 ans - un ami de la famille - a souvent suivi Léon-Pierre Étier dans ses tournées d'un bout à l'autre du Québec. Il parlait de sa maladie, de sa vie et de la foi en Dieu qui l'habitait.
«Pendant 3 ans, j'ai visité 45 000 jeunes dans les écoles secondaires. 4000 m'ont écrit à peu près la même chose: si tu es venu juste pour moi, tu m'as sauvé ... Je vais suivre tes conseils. Dernièrement, j'ai refusé l'invitation de 51 écoles parce que je suis malade. J'ai des pierres aux reins», dit-il, fier de son exploit et déçu de ne point pouvoir y donner une suite.
Le sida, l'affaire de tous
Pour lui, le sida n'est pas seulement l'affaire des homosexuels et des plus pauvres de la société. Toutes les classes sociales sont touchées. Les gens ont honte de cette maladie. Les décès par cause du sida sont souvent annoncés sous le couvert du cancer ou d'autres maladies.
«Condom du fun»
Le condom protège un peu des infections, mais n'empêche pas toujours la contamination des partenaires sexuels. Le latex contient des très petits trous; trop petits pour laisser passer les spermatozoïdes, mais assez gros pour le virus du sida.
Le meilleur moyen de ne pas attraper le virus est l'abstinence. Ce n'est pas d'éducation sexuelle que les jeunes ont besoin, mais d'une éducation à l'amour. Aimer, c'est savoir attendre l'autre. Néanmoins, pour les aventures compulsives, 2 épaisseurs de latex est mieux que rien.
Enfance
Léon-Pierre Étier est né d'une famille de 13 enfants. Son père était alcoolique et très intransigeant. Il a souvent fait pleurer sa mère.
Comme tous les membres de sa famille, à 15 ans, il est allé «bummer» dans les rues de Montréal. Pendant 3 ans, il a fait une vraie vie de clochard
Il confie: «Il y a 45 ans, lorsqu'on bummait, on avait pitié de nous autres: c'est un mendiant, un petit de la rue, c'est un pauvre! Alors on nous accueillait, on nous gardait dans une petite chambrette pour dormir l'hiver. L'été nous couchions dehors. J'aimais bien fouiner d'un bord à l'autre, à me déniaiser ... C'est comme ça que j'ai visité une partie de la province de 15 à 18 ans. J'étais un clochard, un bumm ... Pis j'aimais ça! J'étais bien dans ça!
Vie en communauté
Son cas n'était pas désespéré. En 1954, il entre en communauté. Il avait 18 ans. Huit ans plus tard, juste avant de prononcer ses voeux, il sort de la congrégation. «En arrivant chez moi, mon père m'a dit: «Tu es un défroqué! Tu es le déshonneur de la famille! Retourne donc dans la rue!», ajoute-t-il. Il passe 6 autres mois à vagabonder.
En novembre 1962, il prend la ferme résolution de se suicider. Son projet allait changer.
Il poursuit: «J'entre dans une église. Il y avait là un prêtre qui prêchait. Il m'a touché. Après la cérémonie, je suis allé le rencontrer. Il m'a fait entrer dans son groupe religieux. Mais ... Je trouvais ça trop riche. Alors il m'a dit: «Je vais t'envoyer dans une communauté qui ramasse n'importe quoi» Si au moins il m'avait dit: ... N'importe qui! J'y suis entré et demeuré pendant 14 ans. C'était une congrégation semi-contemplative.»
Diaspora
Il est sorti de la congrégation dans le but de devenir diacre permanent dans un diocèse où l'évêque du lieu le désirait pour travailler. Le berger diocésain l’a aidé à être relevé de ses voeux perpétuels. Après quelques mois de formation universitaire, il perd l'évêque qui décède ... Son projet est tombé à l'eau.
Cependant, il deviendra agent de pastorale. Pendant 8 ans, il s'occupera des clochards, des pauvres, de la Saint-Vincent-de-Paul et des jeunes de la rue. Durant ces années, il passe également 6 mois en France à l'Arche de Jean Vanier.
Au décès de la deuxième épouse de son père (sa mère est décédée en 1974), en 1980, il décide volontairement de retourner vivre dans la rue. Il se donne douze mois à temps plein pour toucher du doigt les souffrances morales des jeunes de la rue. Depuis ses derniers séjours prolongés au grand air, la vie de clochard n'offre plus le même confort et la même joie de vivre. Les problèmes sociaux ne sont plus les mêmes après tant d'années.
En 1981, il commence une série d'expériences: 3 mois à la Famille Myriam Beth'léem à Baie-Comeau, 3 mois à Hauterive au service de la prévention du suicide, 3 mois à la Trappe de Mistassini, 3 mois à Sutton avec les alcooliques et un séjour un peu plus prolongé au monastère des Trinitaires de Granby à travailler auprès du père Jean-Paul Regimbal (voir l'édition de mai de la Revue Sainte Anne). Il retourne finalement à Montréal pour s'occuper des jeunes de la rue jusqu'au jour où il fonde une fraternité pour les sidéens.
Un vrai «bumm»
«Je suis un vrai bumm! Bummer est une vocation spéciale! On a la liberté! On n'a pas un dollar dans ses poches, mais on a tout!», lance-t-il promptement.
Aux femmes? Aux hommes?
La question de l'orientation sexuelle d'une personne est toujours délicate à aborder. Léon-Pierre Étier n'a pas hésité l'ombre d'un instant à dire sa préférence pour la gent féminine.
Pendant de longues minutes, il parle des deux femmes qu'il a profondément aimées: À 17 ans, une étudiante en soins infirmiers qui a été expatriée de Montréal à Québec chez une tante puisque ses parents s'objectaient à cette relation et, à 26 ans, à sa sortie de communauté, une certaine fille d'avocat. Encore une fois, à cause de la famille de la jeune fille qui ne voulait guère du jeune Léon-Pierre dans le clan familial parce qu'il n'était pas du même rang social, l'histoire amoureuse prend fin. La première s'est finalement mariée et, la seconde, il n'en a jamais eu de nouvelles (lorsqu'il parle de cette dernière, ses yeux et sa voix s'emplissent d'émotions). Il a visiblement encore plein de tendresse pour elle.
Des saints sidéens
«Il faut faire cheminer les âmes vers Dieu. Le Seigneur a mis dans mon cœur que ces malades ont plus besoin de la lumière éternelle que de simples soins du corps. C'est vrai qu'il faut les soigner physiquement, mais le soutien moral est très important pour ces personnes qui bien souvent ont été délaissées, mises de côté à 15-18 ans et qui ont dû cheminer dans une voie qui n'était pas celle qu'ils désiraient pour gagner un repas ou un coucher le soir», explique-t-il.
Il conclut: «À travers tous mes amis, les malades du sida, je découvre Jésus. Je découvre un Jésus à l'agonie quand ils apprennent qu'ils sont porteurs du virus du sida; je découvre un Jésus crucifié lorsqu'ils avancent leur maladie; et, je découvre un Jésus ressuscité au moment de leur départ vers le Père et qu'ils me disent: «Tu sais, j'embrasserai Jésus pour toi!» Ce qu'ils attendent de nous, c'est un regard de tendresse et d'amour.»
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, juillet-août 1998, pages 295 et 317)
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