En ce 8 juillet 2025

En matin du 8 juillet 2025, j'ai fait une belle marche dans le boisé du Sanctuaire de la Réparation, a Montréal.

Messe au Sanctuaire de la Réparation


En ce 8 juillet 2025, j'ai participé a la messe de 8h au Sanctuaire de la Réparation, dans le secteur de Pointe-au-Tremble, a Montréal.

Concours de châteaux de sable


Concours de châteaux de sable

Un concours de châteaux de sable amateur aura lieu sur la plage de l'Île St-Quentin le samedi prochain de 8h à 17h. Il est organisé conjointement par la corporation de l'île et l'Association régionale de loisirs pour personnes handicapées de la Mauricie. Les gagnants peuvent se mériter des prix de 100$, 75$ et 25$ avec, en plus, des sacs de plage remplis de petits prix comme des serviettes, caméra et crème solaire. Il est possible de s'inscrire en composant le 379-5810 (poste 28).

(L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 8. Texte de Benoit Voyer non signé dans le journal)

En ce 7 juillet 2025


Les préjugés face à la transsexualité


Les préjugés face à la transsexualité

Par Benoit Voyer

7 juillet 2025

En décembre 1996, on parle de Trois-Rivières partout au Québec. L’histoire est que, à la suite de la pression populaire, le diocèse catholique trifluvien refuse d’unir dans les liens du mariage Denise Levasseur, une « transsexuelle post-op » et Michel Noël. L’affaire Levasseur Noel fait beaucoup jaser dans les médias.

La direction de L’Hebdo journal me demande de commenter le sujet de l’heure. Le 22 décembre [1], j’écris qu’ « il n’y a pas à être offusqué du fait que le diocèse ait refusé de marier les deux tourtereaux. Sur ce point, l’Église a été fidèle à elle-même. Son discours n’a pas changé et n’est pas sur le point de l’être. »

Ce que je trouve triste dans cette cause, c’est l’opinion publique. Les grandes questions sont : « Denise Levasseur est-elle une véritable femme? Est-ce un homme déguisé en femme? Est-ce quelqu’un qui n’est pas bien dans sa peau? ».

Je réponds : « Les spécialistes qu’elle a rencontrés ne sont pas des idiots. Ils n’acceptent pas d’opérer lorsqu’il y a des doutes sur l’identité sexuelle ou à cause de troubles [psychiatriques]. Si l’équipe médicale et [psychiatrique] est unanime sur le fait que Denise Levasseur est une véritable femme, cessons d’en douter ».

Une autre question circule : « Michel Noël est un homosexuel? » Je n’en reviens pas d’entendre cela.

J’affirme que « répondre positivement à cette question, c’est poser un jugement très sévère sur cet homme. Pour lui qui n’a connu sa partenaire qu’au féminin, il n’y a pas de doute qu’il ne l’est pas. Peut-on vraiment dire le contraire? Difficile depuis que le public a pu remarquer le charme de cette femme ».

Et j’ajoute : « Cette histoire révèle une chose : Nous sommes tous un gang de pharisiens. Nous jugeons rapidement d’une situation que nous ne connaissons pas en profondeur. De plus, nous disons à haute voix que nous avons tous des droits égaux, mais nous condamnons comme de vulgaires hors-la-loi ces deux personnes qui veulent vivre un bonheur paisible. Enfin, soyons honnête : si l’histoire de ce couple nous […] fait tant jaser, c’est qu’elle dérange des éléments de notre intériorité. C’est bien plus de cela que nous devrions parler. »

De nos jours, on pense que la société occidentale est plus ouverte qu’a cette époque. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

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[1] Benoit Voyer. « L’affaire Levasseur- Noël – Une vraie histoire de Capitaine Bonhomme », L’Hebdo journal, 22 décembre 1996, p. 5

Des roses pour Fernand Gignac


Saviez-vous que le chanteur et comédien Fernand Gignac repose au Mausolée Saint-Martin, a Laval? Il est toujours possible de s'y arrêter pour lui donner des roses en souvenir de lui. Sa niche est a l'étage 1, Aile Centre, Section SN01-15, Hauteur EE, case 1. Sa conjointe Mariette Gravel est auprès de lui. Le Mausolée est situé au 2159, boul. Saint-Martin Est. J'ai visité monsieur Gignac le 4 juillet.


Je suis bien fier de mon fils Jean-Pascal


En compagnie de mon fils Jean-Pascal et ma conjointe Manon lors du Tour CIBC au profit de la Fondation Charles Bruneau, a Kingsey Falls. Je suis bien fier de JP!



Parole et vie animée par Roland Leclerc No 7 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 7 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre du prophète Ezéchiel; 
2- Les Compagnons de Montréal - Vincent de Villiers; 
3- Le courrier de l'évêque: Le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal: - Ou sont les signes de Dieu? 
4-Le centre de créativité du Gesu, a Montréal; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le psaume 50; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des Frères maristes ; 
7-Robert Sauvageau de l'Office de l'Éducation au diocèse catholique de Montréal - Les mardis de l'éducation; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est-ce que l'évangile est une bonne carte dans son jeu?; 
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 
10-André Beauchamps: Le mariage; 
11- La comédienne Mireille Thibault lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 07 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

La révolution de l'amour (8)


La Révolution de l'amour
Conclusion

Par Jean-Paul Regimbal

L’apothéose de l’amour

C’est le pape Jean-Paul II qui déclarait dans son encyclique Le Rédempteur de l’homme que: « ce dont le monde a le plus besoin c’est l’amour »[1]. Or, cet amour, l’homme ne peut se le donner a lui-même; il doit nécessairement le puiser aux sources intarissables de la Trinité elle-même. C’est « l’amour-agape », jailli de la plénitude des Trois, qui seul est en mesure d’assouvir la soif d’aimer et d’être aimé que connaissent à la fois chaque homme et l’humanité tout entière.

La révolution de l’amour dont nous avons tenté de présenter certains aspects majeurs au cours de cet ouvrage, reste le moyen possible pour les jeunes d’aujourd’hui de bâtir ensemble une société fraternelle plus juste, plus aimante et plus authentique. « Seul l’amour construit, seul l’amour rapproche, seul l’amour fait l’union des hommes dans la diversité »[2].

Pour arriver à vivre concrètement cet amour, les jeunes ont besoin de modèles qui incarnent cet idéal; ils ont besoin aussi de moyens efficaces qui demeurent accessibles; ils ont encore besoin de soutiens solides qui assurent la persévérance dans l’effort.

Les modèles
L’amour a trouvé son apothéose sur la terre des hommes en la personne adorable de Jésus-Christ. Parfaitement Dieu et parfaitement homme, il a uni dans sa seule personne tout ce que l’amour divin a de plus sublime et tout ce que l’amour humain a de plus parfait. Il a vécu l’amour selon les exigences les plus profondes, car « il n’y a pas d’amour plus grand que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »[3].

En lui s’est manifesté d’une façon visible et sensible l’amour de Dieu le Père pour nous; à cause de lui, l’amour de Dieu a été répandu en nos cœurs par l’Esprit saint.[4]

Mais il est allé encore plus loin pour témoigner de son amour d’une façon durable et accessible: la veille de sa mort, il a institué le sacrement de l’eucharistie et nous l’a laissé en héritage par le ministère du sacerdoce de l’Église,

« Ceci est mon corps, prenez et mangez;
Ceci est mon sang, prenez et buvez;
Faites ceci en mémoire de moi jusqu’à ce que je revienne »[5]

Jésus se rend donc présent, accessible et recevable dans la sainte eucharistie tant au cœur de la messe par la communion, qu’au sein du tabernacle par sa présence réelle. C’est pourquoi le concile Vatican II affirme solennellement que « l’eucharistie est le centre et le sommet de toute la vie de l’Église et de sa divine liturgie. »[6]

Jésus est là, Jésus t’attend, Jésus te convie au banquet de l’amour comme source et comme sommet de ta propre vie spirituelle et de toute ton existence humaine. Il se veut présent a tout ton être comme ami, comme frère, comme modèle et comme soutien. Il demeure toujours prêt à te dynamiser de la puissance de sa résurrection ! Quand tu reçois son corps et son sang, tu reçois la plénitude de son amour humano-divin.

En plus du sacrement de l’eucharistie, Jésus nous a témoigné son amour incommensurable en nous donnant comme mère, sa propre mère, Marie. Du sommet de la croix, il exprime sa dernière volonté:

« Voyant sa mère et près d’elle son disciple bien-aimé, Jésus dit à sa mère: “Femme, voici ton fils”. Puis il dit au disciple: “voici ta mère”. A partir de cette heure, le disciple la prit chez lui »[7]

A travers le disciple qu’il aimait, Jésus s’adressait à tous ses disciples d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Chaque disciple est donc interpellé par le maître d’accueillir sa mère chez soi. Il veut que sa mère devienne notre mère car elle est indissociablement unie à son Fils depuis le moment de l’incarnation jusqu’à l’achèvement complet de la rédemption, donc, jusque dans la gloire et dans la vie éternelle.

« Mère du rédempteur et de tous les rachetés, mère du sauveur et de tous les sauvés, mère de la tête et mère de tous les membres du corps mystique, elle porte à juste titre le nom de mère de l’Église. »[8]

En elle, l’amour rédempteur et sauveur de Jésus-Christ trouve son apothéose la plus parfaite, car de toutes les créatures humaines, elle est la seule qui a correspondu à la perfection au plan salvifique universel conçu par le Père, réalisé par le Fils et actualisé par l’Esprit.

“Le Seigneur a jeté les yeux sur son humble servante et désormais toutes les générations me déclareront bienheureuse. »[9]

Trois mots et quatre attitudes peuvent nous faire comprendre un peu mieux en quel sens Marie nous est révélée comme modèle de l’amour.

ECCE:
L’évangéliste Luc présente Marie comme la jeune vierge qui, tout attentive à Dieu, accueille le message de l’Ange Gabriel dans un esprit de disponibilité totale à la Présence face à l’être aimé. Ecce: me voici! Je suis ta servante. Mon amour pour toi se veut présence d’écoute, présence de communion, présence de service, présence de joyeux abandon a tout ce que ton amour veut opérer en ma personne et en ma vie!

FIAT:
Qu’il me soit fait selon ta Parole, car ta Parole est vérité et vie. Ta Parole est toute-puissance, capable de réaliser en moi, même l’impossible. Tu veux que je devienne mère tout en demeurant vierge? Je ne sais, ni quand ni comment, tu peux opérer une telle merveille en mon corps et en ma personne, mais je consens volontiers, par amour, a tout ce que tu attends de moi, puisque je sais que toi seul peux l’accomplir. Mon amour pour toi est sans condition et sans limite. Je m’abandonne librement aux desseins d’amour que je ne comprends pas mais que je reçois dans la foi.

MAGNIFICAT :
Mon âme exalte ton nom, Seigneur mon Dieu, et je tressaille de joie à la seule pensée que tu veuilles te servir de moi comme instrument de ton amour miséricordieux. Mon amour pour toi me comble d’allégresse car je ne fais que répondre à l’initiative dont tu m’as aimée le premier.

Marie : Modèle de disponibilité,
d’obéissance et de joyeux abandon
Le pape Paul VI présente aussi la vierge Marie comme modèle aux croyants en raison des quatre attitudes fondamentales qui caractérisent sa relation d’amour avec Dieu.[10]

1) Marie est la Virgo audiens, la Vierge qui écoute, qui accueille la Parole de Dieu avec foi : une foi qui fut pour elle l’acte préliminaire et le chemin conduisant à la maternité divine.

2) Marie est la Virgo orans, la Vierge priante, la vierge priante, la vierge priante car c’est au cœur de la prière qu’elle reçoit la visite de l’ange à Nazareth; c’est par la prière qu’elle obtient le premier miracle de Jésus à Cana; c’est en état de fervente prière qu’elle vit l’événement de la pentecôte avec les 120 réunis au Cénacle à Jérusalem. C’est toujours dans la prière qu’elle exerce sa puissance d’intercession pour le salut du monde entier, maintenant qu’elle est élevée dans la gloire auprès de son fils bien-aimé Jésus, Notre Seigneur.

3) Marie est encore la Virgo pariens, la Vierge-Mère, c’est-à-dire celle qui, par sa foi et son obéissance, a engendré sur la terre le Fils du Père, sans connaître d’homme, mais enveloppée par l’Esprit Saint; maternité prodigieuse, établie par Dieu comme type et modèle de la fécondité » de l’Église.

4) « Marie enfin, est la Virgo offerens, la Vierge qui offre. Son fils dans la présentation au Temple et au sommet du Golgotha lors du crucifiement. Marie continue à offrir son fils a tous les hommes de tous les temps car en lui seul est le salut, la rédemption et la vie éternelle.

Marie, modèle de l’Église devient, par le fait même, modèle de tous les membres de l’Église par la qualité de sa fidélité à la Parole, de sa fidélité à la prière, de sa fidélité à donner le Christ au monde et de sa fidélité à l’oblativité, signe de sa maturité totale et de son plein épanouissement dans les voies de l’amour. En Marie éclate l’apothéose de l’amour humain transfiguré par la grâce. En Marie se concrétise le type et le modèle de l’amour qui atteint le sommet!

« Salut, Marie comblée de grâce,
le Seigneur est avec toi;
Béni, le fruit de tes entrailles,
Jésus notre sauveur et notre foi!

Les moyens :
Pour arriver aux sommets de cet « amour-agape », il ne suffit pas de contempler les modèles proposés, ni seulement de les imiter dans leurs attitudes profondes; il faut aussi prendre les moyens efficaces qui s’appellent la prière, les sacrements, l’ascèse et l’engagement.

Les premiers chrétiens ont compris très rapidement qu’ils se devaient d’être « assidus à la prière, a l’enseignement des apôtres, a la communion fraternelle et à la fraction du pain »[11].

La prière :
A relire les Actes des apôtres et les épitres, il est facile de se rendre compte de la nécessité et de l’efficacité et de l’efficacité de la prière sous toutes ses formes; prière personnelle et communautaire, prière d’adoration et de louange, prière d’intercession et d’action de grâce. En toutes occasions, la prière assurait non seulement la communion constante avec Dieu, mais aussi le rayonnement apostolique des communautés priantes à travers le monde. Sans la prière, l’apostolat n’est plus qu’un vain activisme sans fruit durable et sans efficacité pour le salut du monde.

La vie de prière, l’esprit de prière et la persévérance dans la prière deviennent donc des conditions essentielles pour que la révolution de l’amour aboutisse réellement à la civilisation de l’amour. Vouloir négliger la prière pour favoriser le travail et l’action, c’est sombrer dans l’illusion et compromettre certainement l’œuvre d’évangélisation confiée par le Christ à l’Église et à chaque baptisé.

Les sacrements :
Chacun des sacrements est un signe sensible institué par Jésus-Christ pour nous donner la grâce absolument nécessaire à notre croissance vers la pleine maturité de la charité. Parmi les sept sacrements, il y en a deux, qu’il est vital de recevoir avec assiduité et aussi fréquemment que possible : l’eucharistie et le sacrement du pardon.

Le pape Jean-Paul II consacre une partie importante de son encyclique Dieu riche en miséricorde à faire comprendre la puissance de l’amour miséricordieux agissant dans ces deux sacrements et la signification qu’ils prennent dans la vie de l’Église ainsi que dans la vie des fidèles :

« L'Église vit d'une vie authentique lorsqu'elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu'elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice. Dans ce cadre, la méditation constante de la parole de Dieu, et surtout la participation consciente et réfléchie à l'Eucharistie et au sacrement de pénitence ou de réconciliation, ont une grande signification. L'Eucharistie nous rapproche toujours de cet amour plus fort que la mort: « Chaque fois en effet que nous mangeons ce pain et que nous buvons cette coupe », non seulement nous annonçons la mort du Rédempteur, mais nous proclamons aussi sa résurrection, « dans l'attente de sa venue » dans la gloire. La liturgie eucharistique, célébrée en mémoire de celui qui dans sa mission messianique nous a révélé le Père par sa parole et par sa croix, atteste l'inépuisable amour en vertu duquel il désire toujours s'unir à nous et ne faire qu'un avec nous, allant à la rencontre de tous les cœurs humains. C'est le sacrement de la pénitence ou de la réconciliation qui aplanit la route de chacun, même quand il est accablé par de lourdes fautes. »[12]

L’Ascèse :
Pour tendre efficacement aux sommets de l’amour, le vrai disciple du Christ est prêt à accepter les trois grands moyens ascétiques recommandés par Jésus-Christ lui-même : le jeune, le renoncement à soi-même et la mort au péché.

En effet, Jésus s’est imposé quarante jours de jeûne avant de commencer son ministère public. Grace a cette ascèse, fortifié aussi par la Parole de Dieu, il a surmonté les trois grandes tentations du malin : la tentation de l’avoir, du savoir et du pouvoir. Or, le disciple n’est pas plus grand que le maître et ne peut compter vaincre l’ennemi sans prendre les mêmes moyens que Jésus. C’est aussi le jeûne que Jésus recommande à ses apôtres lorsque ces derniers lui avouent leur impuissance à chasser un démon d’une personne possédée. « Ce genre de démon ne se chasse que par le jeune et la prière. »[13]

Ajoutons de plus que l’amour véritable ne peut croitre ni s’exprimer qu’après un choix prioritaire; dès lors qu’on pose des priorités, on accepte d’éliminer ou de reléguer au second plan ce qui compromet la réalisation de son choix préférentiel. Voilà ce que Jésus lui-même nous enseigne : « Celui qui veut être mon disciple qu’il renonce à soi-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive »[14]. Ailleurs encore, Jésus dit explicitement : « Nul ne peut servir deux maîtres, Dieu et Mamon »[15]. Des lors, la révolution de l’amour ne peut se poursuivre avec un cœur partagé. La priorité étant clairement établie il faut être prêt même à tout quitter – son père, sa mère, ses champs, ses biens, pour suivre le Christ jusqu’à la cime de l’ « agape ».

Parmi les plus grands obstacles à l’amour, il faut bien reconnaitre l’orgueil, l’égoïsme, la sensualité, la domination. C’est pourquoi l’ « amour-agape » implique deux choses : la mort à soi-même et a tout ce qui constitue le vieil homme en soi. L’ascèse a précisément pour fonction de déraciner les vices, les défauts, et même les racines du péché, qui compromettent le véritable équilibre et le plein épanouissement de sa personne dans toute la liberté des enfants de lumière et des enfants de Dieu. Sur ce point Jésus est aussi explicite que sur les autres : « Si le grain ne meurt, il ne peut porter de fruits »[16].

Ce qu’il est essentiel de comprendre par cette expression, la mort à soi-même, ce n’est pas la destruction de sa personnalité, de ses talents, de ses aptitudes, ni de sa liberté radicale, mais bien l’éradication complète des habitudes de péché qui étouffent et empoisonnent nos capacités profondes d’aimance. Il n’y a pas de grand amour possible sans mort à soi-même; il n’y a pas de saint amour sans souffrance, sans croix et sans ascèse!

L’engagement:
Peut-on parler sérieusement d’amour sans au moins aborder le thème de l’engagement? Trop de gens rêvent en couleurs, se contentent de pieux souhaits ou même aspirent vers un idéal sublime sans jamais consentir à un engagement sérieux, responsable, parfois même, douloureux. L’apothéose de l’amour se situe au cœur même de l’alliance conclue par l’amour entre Dieu et son peuple, entre le Christ et son Église. De par sa nature même, toute alliance implique engagement et plus l’alliance est noble et sainte, plus l’engagement doit se radicaliser dans l’amour

Pas d’engagement sans dégagement!
Pas de dégagement sans dépassement!
Pas de dépassement sans une motivation suffisante, cette motivation trouvant ses raisons dans le cœur, dans l’affectivité, dans l’amour lui-même.

Les soutiens:
La poursuite de l’amour parfait ne peut être envisagée de façon réaliste sans compter sur des soutiens solides, responsables et inébranlables. Jésus-Christ connaissant le cœur de l’homme n’a pas voulu le laisser seul face aux exigences de l’amour, face aux difficultés de la vie. Il a d’abord prévu le don incréé de son Esprit comme soutien, guide, consolateur et défenseur, autant de facettes diverses d’une même réalité qu’il nomme Paraclet.[17]

Mais, de plus, le Christ sait bien que l’homme a besoin d’appui sensible, visible et accessible. C’est pourquoi il a constitué la communauté des croyants en Église qui est à la fois corps mystique et peuple de Dieu. Seul l’ « amour-agape » peut unir dans leurs diversités les membres très divers de ce peuple. Impossible d’aimer vraiment Dieu de tout son cœur sans aimer son prochain du même amour dont il nous a aimé le premier. Voilà ce qui fait l’objet spécifique du commandement nouveau laissé par Jésus a ses disciples la veille de sa mort: “Je vous laisse une loi nouvelle c’est de vous aimer les uns les autres du même amour dont je vous ai aimé le premier”. La communauté des croyants constitue le premier soutien pour pouvoir aimer toujours plus et mieux et gravir ainsi la montagne lumineuse de l’ « amour-agape ».

Mais Jésus a aussi pourvu son Église de pasteurs et de guides dont la sagesse et la prudence assurent un soutien favorable à tous ceux qui recherchent les voies de la perfection. A Pierre et a ses successeurs il a donné l’ordre: “Pais mes agneaux, pais mes brebis”[18]. Il est intéressant de noter que cet impératif pastoral est précédé d’une question directe répétée trois fois: ”Pierre, m’aimes-tu plus que ceux-ci?[19]” Il est donc clair que Jésus attend un amour d’une qualité remarquable chez ses pasteurs afin de soutenir et de guider les fidèles en quête de l’amour le plus parfait. Par les ministères variés du pape, des évêques, des prêtres et des diacres, c’est Jésus lui-même, le bon pasteur, qui conduit toute la bergerie et qui se soucie également de celles qui n’en font pas encore partie. Dans notre marche collective vers la civilisation de l’amour c’est sur eux que chacun a le droit de compter pour arriver en toute sécurité au terme tant désiré.

En plus du soutien de la communauté, de ses chefs et de ses pasteurs, chacun peut compter sur le soutien de ceux qui nous ont précédés dans la gloire. En effet, la vie des saints sert non seulement de modèle dans la poursuite de l’amour mais, de plus, leurs exemples nous stimulent à l’héroïsme et leur intercession nous soutien dans nos luttes. N’oublions pas que les saints sont nos frères et nos sœurs et que la communion des saints permet une interaction dynamique entre les membres de l’Église militante et de ceux de l’Église triomphante. Tous unis en Jésus sauveur, nous sommes membres d’un même corps et nul ne peut dire à l’autre: “Je n’ai pas besoin de toi”[20]. Leur assistance nous est acquise, leur intercession nous est bénéfique et leur amour nous interpelle vers les mêmes sommets glorieux.

Pour terminer ce modeste ouvrage qui s’est voulu une mise en marche de la révolution de l’amour, citons le discours de Jean-Paul II aux étudiants à l’Université des Nations unies, à Tokyo:

« L’édification d’une humanité plus juste ou d’une communauté internationale plus unie n’est pas seulement un rêve ou un idéal vain. C’est un impératif moral, un devoir sacré, un devoir que le génie intellectuel et spirituel de l’homme peut affronter, par une mobilisation renouvelée des talents et des énergies de chacun, par la mise en œuvre de toutes les ressources techniques et culturelles de l’homme. »

Une question d’amour…
« La construction d’un nouvel ordre social suppose, en plus des capacités technologiques essentielles, une haute inspiration, une motivation courageuse, la foi en l’avenir de l’homme, en sa dignité, en son destin. C’est au cœur et à l’esprit de l’homme qu’il faut apartenir, au-delà des divisions provoquées par les intérêts individuels, des égoïsmes et des idéologies.

En un mot, il faut aimer l’homme pour lui-même. Voilà la valeur suprême que tous les humanistes sincères, les généreux penseurs et toutes les grandes religions entendent promouvoir. L’amour de l’homme en tant que tel est au centre du message de Jésus-Christ et de son Église : ce rapport est indissoluble. »

« Seul l’amour dure toujours, seul, il construit la forme de l’éternité dans les dimensions terrestres et fugaces de l’histoire de l’homme sur la terre ». (Jean-Paul II)

« Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien… »[21]

____________________

Tiré de : Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanké Ltée, 1981. Livre conservé a la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, à Granby (P049) et chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 248.83 R335R 1981)

[1] Jean-Paul II, Rédempteur de l’homme, Introduction.
[2] Jean-Paul II, Discours aux jeunes, Palais des Princes, Paris, 1980.
[3] Jean 15,13
[4] Cf. Jean 3,16. 1 Jean 4,9. Romains 5,5
[5] Mathieu 26, 26-27. 1 Corinthiens 11, 24-26
[6] Décret La Sainte liturgie, no.10
[7] Jean 19, 26-27
[8] Paul VI: Décret apostolique, Marie, mère de l’Église
[9] Luc 1,48
[10] Paul VI : Exhortation apostolique, le Culte marial, 1ere partie, section 2, nos 16 à 20.
[11] Actes 2,42
[12] Jean-Paul II : Dieu riche de miséricorde, no 13; toute la septième partie du document élabore cet enseignement. Le pape renvoie les fidèles à sa première encyclique Le Rédempteur de l’homme, 20 au complet.
[13] Cf. Mathieu 17,21; Marc 9,29
[14] Mathieu 10,37-39; Luc 9,23
[15] Mathieu 6, 24-25
[16] Jean 12,24
[17] Jean 16, 4-19
[18] Jean 21,17
[19] Jean 21,15, 16, 17
[20] 1 Corinthiens 12, 20-21
[21] 1 Corinthiens 13,3

En ce 6 juillet 2025

L’autonomie du Québec


L’autonomie du Québec

Par Benoit Voyer

6 juillet 2025

Je ne me cacherai pas, fondamentalement je suis un nationaliste conservateur québécois. En figure poétique, le « Québec est mon pays, le pays de mon cœur ». Mais…

Et je dois être honnête, je suis mal à l’aise avec l’idéologie socialiste des partis politiques de gauche et de centre gauche comme le Parti québécois et Québec solidaire. Je connais trop bien les fondements de ces formations.

Au début de ma vingtaine, j’ai été président de l’aile jeunesse du Parti québécois de la circonscription de Shefford (devenue celle de Granby) et, plus tard, président de l’association de Deux-Montagnes et membre de celle de Groulx pour Québec solidaire.

Pour ce qui est du Parti québécois, en 1988, je m’y joins à la demande du député Roger Paré. Avant de m’engager, je lui dis : « Roger, je peux te donner un coup de pouce parce que me le demandes sincèrement, mais je dois être honnête : je ne suis pas très chaud à l’idée de l’indépendance du Québec… ». Il me répond, le sourire aux lèvres : « On va te convaincre… ». Je lui rétorque pour le berner : « Bonne chance! » Et j’ai travaillé bénévolement à ses côtés quelques années, mais jamais avec une grande conviction lorsque venait le sujet de l’indépendance du Québec. Je me considérais davantage « pariste » que « péquiste ».

Pour ce qui est de Québec solidaire : Je me suis laissé simplement endormir par les beaux discours de Françoise David au début de la formation politique. Elle disait que dans QS on peut se parler ouvertement et qu’il y a de la place pour tout le monde. Foutaise! Dès que je me suis retrouvé dans les « instances officielles », mes idées de centre-droit social, économique et politique n’étaient guère appréciées. Rapidement, on m’a fait comprendre que chez les « orange » on est socialistes et communistes. J’ai rapidement déchanté.

Lors du référendum de 1980, je n’avais que 13 ans. Je m’en souviens bien entendu, mais je n’avais pas encore vraiment d’opinion sur le sujet, bien que mes parents, de fervents fédéralistes, aient voté contre le projet de René Lévesque.

Et puis, est venu celui de 1995, dirigé par Jacques Parizeau. J’ai voté en faveur, mais dans le but de forcer une révision du fédéralisme canadien afin qu’il devienne un ensemble d’États souverains au sein d’une véritable confédération, un peu a l’image de la Communauté économique européenne. Cette idée était celle véhiculée par l’Action démocratique du Québec (ADQ) dirigée par le chef Mario Dumont et c’est toujours la seule raison pour laquelle je pense que j’accepterais de voter en faveur de l’autonomie totale de la province. Comme on dit : « Le Québec d’abord ».

En revanche, en ce moment, c’est d’une évidence : la majorité des Québécois ne sont pas chauds à l’idée d’un autre référendum sur l’indépendance du Québec. Soyons honnêtes, ce rêve appartient au passé. L’obsession de Paul Saint-Pierre-Plamondon de vouloir à tout prix tenir un référendum sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat est la position la plus radicale qu’un chef du Parti québécois eu depuis 1970. Tous ceux qui vont réellement voter, n’en veulent pas.

Tout comme moi, les Québécois sont nationalistes. Au sein de la confédération canadienne, ils veulent que le Québec soit fort et autonome. Les citoyens du Québec sont autonomistes et désirent continuer de cheminer au sein d’un Canada moins centralisateur.

Parole et vie animée par Roland Leclerc No 6 (1993)



Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 6 (1993) 

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le Deutéronome; 
2- Les Catholiques de rite syriac; 
3- Lorraine Caza: La femme adultère; 
4- Le courrier de l'évêque: Mgr Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean Longueuil; 
5-Le COPAM (le Comité de partage et d'amitié); 
6- Les moines cisterciens de Rougemont chantent l'hymne de la Visitation; 
7- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle de la bonne sainte Anne; 
8-La troupe de théâtre Émotion dans le diocèse de Joliette; 
9- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Le pardon; 
10- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 
11- Les enfants et la télé - Une réflexion de Pierre Bélanger; 
12- La comédien Paul Buissoneau lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 06 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

La révolution de l'amour (7)



La Révolution de l'amour
chapitre 6

Par Jean-Paul Regimbal

La révolution de l’amour et son impact sur la société

Lorsque Jésus est venu sur la terre des hommes, son plan d’amour ne visait pas seulement le salut individuel de chaque personne humaine. Bien sûr, il est venu sauver tout homme, tout dans l’homme et tous les hommes. Mais, son dessein de miséricorde incluait le salut des communautés humaines : peuples, races et nations. C’est le royaume qu’il est venu fonder : « un royaume de vie et vérité, un royaume de grâce et de sainteté, un royaume de justice, d’amour et de paix ».[1] Or, il s’il n’est pas de ce monde, ce royaume est quand même conçu pour ce monde. En d’autres termes, il a été institué dans le but de transformer les relations inter-humaines sur la terre des hommes, de sorte que la pensée, la parole et la vérité de Jésus inspirent la rénovation radicale des divers secteurs d’activité humaine qui concerne la cité, la nation et l’humanité tout entière.

Ce qui assure la stabilité d’une société humaine, c’est l’ensemble des institutions politiques, économiques, culturelles et sociales. Un évangile qui ne vise pas la rechristianisation de ces diverses institutions ne mérite pas le nom d’évangile de Jésus-Christ. Comprenons-nous bien, l’évangile n’est pas un manuel de politique. Il s’adresse au cœur des hommes qui sont engagés dans la vie politique, pour que ceux-ci deviennent des signes et des témoins du royaume, au sein même de l’arène politique, capables d’élaborer des formes de systèmes politiques qui reflètent vraiment l’évangile et la pensée du cœur de Jésus-Christ.

L’évangile n’est pas un manuel d’économie, mais son but est de toucher le cœur des économistes afin que, inspirés par l’évangile, ceux-ci puissent élaborer une conception de l’économie qui respecte intégralement la primauté des valeurs spirituelles sur les valeurs matérielles, la dignité et les droits inaliénables de l’homme, la possibilité d’atteindre un plus-être et un mieux-être humain par et dans leur façon d’assumer leurs responsabilités économiques au sein d’une société juste, honnête et humanisante.

L’évangile de Jésus-Christ n’est pas un manuel socio-culturel, mais il s’adresse au cœur des responsables de la vie culturelle des nations et des peuples. Grace a l’évangélisation de ses agents socio-culturels, il devient possible de transmettre les valeurs, les normes, les messages et les bienfaits du vrai, du beau, du bien et du bon, par et a travers leurs activités culturelles.

La finalité de l’évangélisation est précisément de faire passer les sociétés humaines du paganisme au christianisme, des ténèbres a la lumière, de l’idolâtrie a l’adoration du vrai Dieu, de la violence a la paix, de l’injustice a la justice, de l’immortalité a la sainteté.

Bien chers jeunes, vous devez bien vous demander ce que ces réflexions viennent faire dans un enseignement qui vise principalement les 18-25? Que vous le vouliez ou non, vous êtes a la fois des citoyens du royaume de Dieu et des citoyens à part entière des pays dans lesquels vous vivez. Votre responsabilité chrétienne consiste donc à transformer votre milieu social par la puissance de la révolution de l’amour.

La révolution de l’amour et l’économie
Votre rôle est beaucoup plus important que vous ne le pensez. Bien sûr, vous n’occupez pas dans la société des postes de décision, et vous ne possédez pas des comptes de banque qui vous classent parmi les puissants de ce monde. Toutefois, les jeunes accaparent ensemble 25 p. cent du marché mondial des loisirs, 49 p. cent du marché mondial des disques et autres équipements reliés à la musique. Ils représentent 100 p. cent des usagers des institutions scolaires dont les budgets annuels, à l’échelle nationale, dépassent le milliard. Je ne dis rien de la place que vous occupez dans l’industrie de l’automobile, des motocyclettes et autres véhicules motorisés. En somme, dans le simple secteur économique, votre seule présence modifie les indices du produit national brut et les cotes des bourses financières de nos grandes institutions mondiales. Concrètement, cela signifie qu’un changement de comportement, de demande et de pouvoir d’achat peut modifier radicalement les cours des activités économiques du pays. Vous avez donc en main un instrument inconnu, mais d’une puissance inouïe pour influencer la marche globale de la vie économique non seulement de la province, mais aussi de la nation et du monde.

Laissez-moi vous donner trois exemples :

1.la monde
2.les imprimés
3.les loisirs

La mode
Dans le monde de la mode seulement, l’avènement du jean a révolutionné entièrement l’industrie vestimentaire. Aujourd’hui, les « blue jeans » ne sont plus le signe de l’attribution du prolétariat ouvrier; la mode du jean a forcé les grands fabricants de vêtements à mettre sur le marché de jeans de haute qualité et de haute couture, aux noms prestigieux. A cause de ce seul article, on a investi des milliards de dollars et l’on a transformé des usines complètes pour passer du prêt-à-porter square au complet jean-jacket.

La mode capillaire, c’est-à-dire la coupe des cheveux, a été bousculée depuis l’époque d’Elvis Presley. Chaque nouvel artiste a introduit une nouvelle coupe de cheveux et chaque starlette, une coiffure originale et imprévisible (pensez seulement à la mode Bo Déreck!). Cette révolution a obligé tous les coiffeurs et coiffeuses à se recycler de fond en comble, les salons de coiffures à s’équiper de A à Z et les institutions financières a bailler des fonds pour garantir ces modifications imposées par les jeunes. Ici encore, c’est par milliards que se chiffrent les investissements réalisés pour répondre aux besoins de la mode-jeunesse. Je vous laisse le soin de multiplier par autant d’exemples que vous le voulez l’impact économique partout créé par la révolution de la mode sur les marchés mondiaux.

Imaginez ce qui pourrait se produire dans le domaine de la mode si la jeunesse chrétienne du monde entreprenait d’exiger tel style de vêtements décents, tel style de coupe de cheveux, telle façon de porter des emblèmes chrétiens comme complément vestimentaires! Au lieu de breloques représentant les signes du zodiaque, les symboles de fertilité et les « gadgets » à message, les jeunes pourraient bien se mettre à porter des croix en or 14 carats, des symboles chrétiens et des logos a message évangélique : cela révolutionnerait l’industrie et le commerce par le simple jeu de l’offre et de la demande à cause du volume que les jeunes représentent sur le marché mondial!

2.Les imprimés
Il existe actuellement sur le marché, dans toutes les langues, plus de 5000 revues et périodiques adressés spécifiquement aux jeunes : revues sportives, musicales et cinématographiques, romans-feuilletons, magazines sur la mode, les loisirs, etc. On dépense annuellement des milliards de dollars dans le domaine de l’édition pour satisfaire les besoins et les exigences de la clientèle-jeunesse. En outre, des sommes fabuleuses sont dépensées pour des journaux, des hebdos et des mensuels qui n’ont d’autre but que de séduire les jeunes. Si j’ajoute à cela l’industrie énorme de la pornographie, il faudrait ajouter un autre quatre milliards par année, car il n’y a rien qui intéresse autant les jeunes que les livres et les revues pour adulte seulement. Il faut bien le dire, a la décharge des jeunes, que les magnats de la pornographie sont tous des gens de 50 ans et plus, donc des exploiteurs éhontés de la curiosité bien naturelle qu’ont les jeunes pour tout ce qui a trait à l’activité sexuelle. Il n’en reste pas moins que, dans le seul domaine des imprimés, votre pouvoir d’achat constitue un moyen de pression sur la quantité et la qualité des publications mondiales.

Comprenez-vous maintenant ce que pourrait signifier la révolution de l’amour si la jeunesse chrétienne du monde entier se solidarisait pour dire « non » a toute une gamme de publications et dire « oui » a la création d’un secteur privilégié pour revues, hebdos et autres imprimés capables de répondre à l’attente et à la soif des jeunes, tout en leur procurant le message rafraichissant et stimulant de l’évangile? Sans le savoir, vous pouvez influencer des milliards d’investissements par le seul changement de vos habitudes et vos exigences de lecture, Qu’attendez-vous pour changer la face du monde?

3.Les loisirs
Les exigences de la jeunesse et le gout plus éduqué des jeunes dans le domaine sportif a complètement modifié. La structure de l’industrie sportive, la qualité des équipements sportifs proprement dits, la variété et la souplesse des vêtements propres à chaque sport, la construction de nouveaux complexes sportifs de caractère olympique, dans tous les pays du monde : voilà autant de résolutions économiques qu’a déclenchées la pression des jeunes impliqués dans le domaine particulier du sport. Depuis 25 ans, plus personne ne s’y reconnait : même les champions des années soixante avouent candidement que, s’ils avaient eu à leur disposition les facilités sportives dont jouissent les jeunes de 1981, ils auraient augmenté de beaucoup leur performance et leurs records. Ils s’étaient habitués à un équipement de moindre qualité, a des terrains d’exercice dans les cours d’école ou dans les ruelles. Aujourd’hui, plus un seul jeune ne consentirait à pratiquer quelque sport que ce soit dans de si minables conditions et avec de tels moyens de fortune.

Dans le domaine récréatif, la même constatation s’impose. Plus question d’aller danser dans la salle paroissiale ou dans le gymnase de l’école, non jamais! Aujourd’hui, la jeunesse exige des salles discos, des salles à gogo, des salles rétros, des salles aussi variées que les gouts capricieux des jeunes qui veulent s’amuser à tout prix. L’industrie des loisirs a connu cinq réajustements depuis l’époque d’Elvis Presley. Ce qui faisait l’affaire des amateurs du rock-and-roll, dans les années cinquante, ne satisfait plus le gout ni les exigences des jeunes de l’ère spatiale : il faut des rayons lasers, des boules de cristal pivotantes, des jeux de lumières éblouissants, des pistes de danse à l’épreuve de tous les chocs inventés par les styles de danse des jeunes contemporains.

Des milliards sont investis chaque année non seulement dans les clubs et les salles de danse, mais encore dans les cinémas, les salles de spectacles, les « pleasure-dromes » construits tout a neuf pour la clientèle jeunesse dont les revenus sont assez imposants pour rembourser l’investissement initiale en moins de cinq ans. Cette prodigieuse révolution des loisirs a donc forcé les propriétaires de salles à faire des emprunts importants auprès des banques, lesquelles ont dû se protéger par des investissements énormes par la voie des trusts, des bourses et des autres secteurs clé de la finance.

Si la jeunesse peut ainsi conditionner le monde économique au point de provoquer des investissements financiers jugés rentables par les exploiteurs, imaginez un peu ce que la révolution de l’amour pourrait produire si la jeunesse chrétienne se mettait à exiger solidairement des cinémas chrétiens, des cafés chrétiens, des centres athlétiques chrétiens, etc.

Les milliards qui se dépensent actuellement pour endormir et envouter la jeunesse qui a soif de loisirs pourraient tout aussi bien être investis en faveur de la même jeunesse, mais cette fois pour l’édifier, l’éduquer et lui faire rechercher l’excellence, la beauté, l’harmonie, la joie et le plein épanouissement. L’offre correspond toujours à la demande : c’est un principe fondamental de l’économie. Que la demande des jeunes chrétiens se fasse sentir à la grandeur du monde, et l’offre augmentera. Voyez donc comment vous, les jeunes, pouvez transformer tout le domaine des loisirs par une révolution de l’amour qui soit efficace, radicale et exigeante.

La révolution de l’amour
et la politique

Les hommes politiques sont parfaitement conscients du rôle capital que pourrait et devrait jouer la jeunesse dans la vie de la province et du pays. Depuis longtemps, chaque parti politique a mis sur pied un comité jeunesse dans le but de sensibiliser les 18-25 aux grands débats qui concernent le présent et l’avenir de la nation et du pays. Toutefois, ce n’est que tout récemment qu’ils ont promulgué une loi accordant le droit de vote a tous les jeunes âgés de 18 à 21 ans. Pourquoi pensez-vous qu’une telle loi a été conçue et adoptée? Tout simplement parce que la jeunesse 18-25 représente une force dynamique capable de renouveler radicalement le vieil establishment de chaque parti et les programmes d’action périmés.

Ce que veulent les hommes politiques c’est du sang neuf, des idées neuves, des bouffées de fraicheur et, en dernière analyse, la possibilité de former un nouveau leadership politique a même un bassin plus vaste de la population votante. Le simple nombre de votes accrus a changé le rapport de forces entre les anciens et les nouveaux partis. Les partis politiques qui semblaient immuables dans les années quarante et soixante ont été détrônés pour ne pas dire engloutis par la vague jeunesse résultant des votre des 18 à 21 ans.

Ce nouveau phénomène a même eu une conséquence immédiate qu’il était facile de prévoir : l’élection comme députés à la Chambre des Communes et a l’Assemblée nationale de jeunes candidats de moins de 30 ans. En effet, le député fédéral du comté de Shefford, M. Jean Lapierre est âgé de 25 ans seulement; au gouvernement provincial, nous retrouvons un jeune député de 24 ans, M. Gilles Baril.

L’autre phénomène parallèle est l’importance que prennent les conseils de jeunes au sein de chaque parti politique. Encore tout récemment, le comité des jeunes libéraux du Québec contestait vigoureusement le leadership de M. Claude Ryan et menaçait de saborder le comité lui-même si M. Ryan était réélu à la chefferie. Ce qui se manifeste au sein des partis se répercute également sur les autres corps intermédiaires comme la jeune chambre de commerce, dont l’impact politique ne cesse de croitre tant sur le plan municipal et provincial que fédéral. Eux aussi veulent se donner des leaders jeunes et dynamiques, âgés de 30 à 35 ans. La plupart des organismes parapolitiques, des organismes de pression intermédiaires et des lobbyistes gouvernementaux se recrutent parmi les jeunes dont l’âge varie entre 30 et 35 ans. Autant de conséquences qui résultent du droit de vote accordé a 18 ans plutôt qu’a 21 ans.

A ce point particulier de notre histoire politique nationale, la jeunesse n’a donc pas seulement son mot à dire : elle exerce aussi une telle pression qu’elle est en train de modifier la physionomie et le profil sociopolitique de la plupart de nos institutions publiques. Autrefois, les jeunes n’avaient qu’a se taire et à écouter; aujourd’hui, ils parlent beaucoup sans toujours savoir écouter, mais constituent néanmoins un capital jeunesse qu’on valorise, utilise et apprécie enfin.

Le temps est donc mur, bien chers jeunes, pour que la révolution de l’amour produise son impact original et innovateur dans le monde de la politique municipale, provinciale et fédérale. Le temps est venu pour les jeunes chrétiens de faire valoir leurs convictions et d’intervenir dans les grands débats qui secouent la place publique et déterminent, en 1981, les grandes orientations politiques des vingt prochaines années. Si les jeunes chrétiens d’aujourd’hui veulent vraiment qu’une civilisation de l’amour advienne dans notre société d’ici l’an 2000, c’est aujourd’hui même qu’ils doivent s’engager à faire rayonner les valeurs de l’évangile et à promouvoir le plus-être et le mieux -être de l’homme proposés par le Christ et par l’Église. Depuis trop longtemps, la jeunesse chrétienne fait partie de la majorité silencieuse. Le moment est venu pour elle de faire entendre sa voix et sa fois sur la place publique afin de passer ensuite de la Parole aux actes et de changer ainsi les rapports de forces existants. Éventuellement, toute la législation peut en être modifiée si les jeunes chrétiens savent seulement se solidariser en un front commun d’action politique inspiré par l’évangile et la doctrine sociale de l’Église. Plus rien ne peut y faire obstacle, sinon votre propre refus de vous engager socio-politiquement en tant que citoyens baptisés, confirmés et députés à l’apostolat.

Pour illustrer ma pensée, je vous donne trois exemples concrets :
1. Le mariage ;
2. La famille;
3. La moralité.

1.Le mariage
Depuis quelques années, la législation sur le mariage a connu des changements si profonds qu’on a peine à croire qu’une même société ait pu changer aussi rapidement en moins de 15 ans. Dans la législation canadienne et québécoise, le mariage a toujours été considéré comme une institution indissoluble, stable, de caractère monogamique. Or, depuis quinze ans, les diverses législations concernant la séparation et le divorce ont rendu cette institution fragile, vulnérable et quasiment imprévisible. Mais ce n’est rien encore : déjà, on entend parles de « couples ouverts », ou admettant la possibilité de plusieurs partenaires conjugaux; de « contrats de mariage à terme », c’est-à-dire de « contrats de mariage à terme », c’est-à-dire de contrat renouvelable après deux, cinq ou dix ans par consentement mutuel, et de « couples homosexuels » ayant les mêmes droits, les mêmes privilèges et les mêmes devoirs que tous les couples hétérosexuels. Certains milieux plus avant-gardistes conçoivent facilement l’abolition pure et simple, par voie législative, de la notion même de couple et de famille.

Devant des mutations aussi profondes et radicales, dont les conséquences sont extrêmement graves pour le pays et la nation, qu’est-ce que les jeunes chrétiens ont à dire? Ce que la révolution sexuelle a détruit, ne faudrait-il pas une révolution de l’amour le rétablisse? Il semble que les seuls qui aient quelque chose de valable à dire dans ce domaine soient les sexologues, les sociologues, les démographes et les futurologues (Alvin Toffler).

Est-ce concevable que des jeunes chrétiens se désintéressent tellement de la chose politique qu’ils ne se sentent pas appelés a un engagement personnel et communautaire face au défi lancé par une société pratiquement paganisée et certainement en voie de dissolution. C’est une véritable armée de jeunes croyants qu’il faudrait voir a l’avant-garde de l’action politique et sociale pour redonner à la famille son vrai sens, sa vraie valeur, son vrai rôle et sa vocation spécifique. Ou se trouvent donc ces jeunes militants chrétiens dans les ailes politiques des divers partis? J’ai beau chercher, mais je ne vois pas de groupes actifs qui font valoir les exigences de la foi chrétienne et de la loi naturelle dans ce débat pourtant vital et stratégique!

2.La famille
La famille elle-même est également atteinte par la remise en question du droit a la vie, du droit a la confidentialité, du droit à la liberté et du droit à la dignité. En effet, notre société semble vouloir se défaire de tout ce qui garantit à la famille sa mission, son rôle et sa valeur intrinsèque. Bien que la loi sur l’avortement n’ait même pas encore été approuvée par le corps législatif, on constate qu’elle est de plus en plus appliquée dans les faits. C’est le droit même a la vie qui est contesté par ceux qui affirment le droit de disposer de leur propre corps comme ils l’entendent, et de terminer leur grossesse a volonté. Les politique du ministère fédéral de la Santé favorisent de diverses manières la libération la plus effarante de cette pratique meurtrière.

Même la confidentialité de la vie de famille est violée impunément par la multiplicité des enquêtes qui, sous des apparences bénignes, exposent publiquement la vie intime des parents et des enfants. Le moindre prétexte suffit pour mettre sur pied des enquêtes sociologiques en vue de rapports auprès des tribunaux, à partir du moment ou quelqu’un, a tort ou a raison, porte plainte contre les parents ou les enfants. Les enfants peuvent même intenter des poursuites contre leurs parents, au moment ou ils traversent leur crise d’adolescence faite de révolte et de violence. A plainte déposée, enquête obligatoire. C’est ainsi qu’on s’infiltre dans le sanctuaire de la famille, espérant trouver quelque scandale juteux pour discréditer les époux et l’institution familiale elle-même. Et que dire encore des indiscrétions commises par les institutions financières sous prétexte de connaître la solvabilité et la crédibilité d’une famille qui veut faire un emprunt important ou acheter à crédit: maison, meubles ou automobile! Tout est permis pour faire enquête, même la mise a jour de situations familiales pénibles et humiliantes!

Avec la poursuite d’un objectif politique qui s’appelle la croissance de population zéro, les parents se voient menacés dans leur liberté d’avoir plus que deux enfants. Toutes sortes de pression sont exercées sur les couples pour réduire la natalité : la popularisation des moyens contraceptifs, la ligature des trompes, la vasectomie, l’eugénisme et même l’euthanasie passive. Il est clair que si cette tendance continue a croitre, des législations seront éventuellement votées pour justifier et légitimer cette dénatalité nocive. On parle même, dans certains milieux intellectuels, de restreindre par voie législative la liberté des couples d’avoir plus de deux enfants. Le troisième enfant entrainerait certaines pénalités sociales, et le quatrième serait irrévocablement châtié par la stérilisation des parents. A l’heure actuelle, nous n’en sommes pas encore rendus la, mais vous admettrez comme moi que les lois sur l’habitation et le logement ne prévoient plus de maisons familiales et des appartements capables de loger cinq personnes et plus. En contraignant la liberté de la famille par le biais de l’habitation, on prépare déjà le climat permettant de priver la famille de la liberté de s’accroitre selon la volonté de parents responsables.

Quant a la dignité de la famille, la conjoncture économique et politique est en train de réduire au chômage les pères et les mères de famille déjà intégrés au marché du travail. En plus de chômage et de l’inflation, existe le phénomène de la pauvreté chronique, qui tient des familles entières en-dessous du seuil de la pauvreté. Comment donc assumer ses responsabilités premières? Comment ne pas dénoncer les absurdités résultant de certaines législations qui empêchent les membres d’une famille de trouver des appoints financiers pour subvenir aux besoins légitimes de la dignité familiale? Ceux qui reçoivent des prestations du Bien-être social ne peuvent occuper des emplois sous peine de perdre leur maigre revenu. Ceux qui reçoivent des allocations ou des subsides se voient ensuite pénalisés par l’impôt sur le revenu et d’autres moyens qui les privent des menus avantages que leur offrait ce supplément provisoire. Que dire maintenant des personnes âgées qui se voient contraintes, pour continuer à recevoir leur pension de vieillesse, de vivre en concubinage et de se priver de la visite de leurs enfants tout simplement parce qu’elles n’en ont pas les moyens? Voila autant d’exemples qui démontrent combien la société contemporaine a perdu le sens de la dignité familiale, alors que la famille est la cellule première et indispensable de la société elle-même!

Devant tous ces dilemmes, ces absurdités, cette grossière inconséquence, qu’est-ce que les jeunes ont à dire? Quels moyens les jeunes chrétiens ont-ils pris pour défendre les droits, le caractère sacré et l’inviolabilité de la famille? Vous, qui me lisez présentement, ne sentez-vous pas au fond de vous-même un appel irrésistible a la vocation politique ou, de moins, a la nécessité de former des groupes de jeunes militants chrétiens pour rétablir dans la vie politique de la nation les conditions essentielles et indispensables permettant de redonner à la famille sa dignité, sa liberté, son intimité et sa fécondité?

Ce que je vous propose, c’est de vous engager dans la révolution de l’amour afin de changer ce qui doit être changé, d’améliorer ce qui doit être amélioré, et d’éliminer carrément ce qui doit être éliminé. Si vous, les jeunes, n’avez ni le courage ni la force de parler au nom du Christ et de l’évangile, alors que nous sommes encore en pleine démocratie, comment espérez-vous empêcher que notre société ne sombre dans un chaos politique qui appellera, par sa nature, le despotisme et la tyrannie? Oui, je le répète, l’heure est à l’engagement, et l’un des secteurs qui souffrent le plus de l’absence d’un témoignage chrétien significatif, c’est bien celui de la politique! Vous serez alors présence d’Église au sein même de la société, et conscience de la société au sein même de l’Église. Voila, me semble-t-il, votre double vocation!

La révolution de l’amour et la culture

Un des domaines qui fascinent et forment la jeunesse est, sans aucun doute, celui de la culture. C’est par les arts, en effet, que s’établit la communion des âmes et des esprits, que se transmet l’âme d’une nation et l’esprit d’un peuple. Il suffit de constater comment les jeunes écoutent avec intensité les paroles des divers chansonniers – surtout les chansonniers à message – pour constater à quel point ils s’identifient à la mystique des mots et a l’envoutement des mélodies. Il est même étrange de voir avec quelle facilité les jeunes retiennent les paroles anglaises, italiennes ou espagnoles! Oui, la culture demeure le lieu privilégié de la communion des hommes, au-delà de toutes les frontières politiques, économiques ou sociales.

Les sept grands arts s’efforcent de traduire en formes, en couleurs, en sons, en images, en rythmes, en gestes et en mimes les émotions, les sentiments, les états d’âme qui correspondent le mieux a la richesse incommensurable accumulée par l’expérience d’un peuple au cours de son histoire, de ses tragédies et de ses moments de gloire. A mon avis, la culture constitue la plus grande richesse nationale et spirituelle d’un peuple, d’une race ou d’une tribu. Voila pourquoi nul ne peut rester indifférent à la culture, même la personne la moins cultivée. La culture exprime l’âme d’une communauté nationale, mais, veut veut pas, elle en transforme aussi le style de vie et les coutumes.

Les jeunes sont tellement sensibles à la culture, même inconsciemment, que leur façon de protester contre n’importe quelle société consiste à former rapidement leur propre sous-culture ou contre-culture, conscients que c’est le moyen le plus apte a exprimer fortement leurs valeurs, leurs normes, leur vision de l’homme, leur vision du monde et leur interprétation de l’univers.

Cet attrait des jeunes pour la culture (ou pour la contre-culture) se manifeste par leur soif insatiable de musique, de cinéma, de télévision, de littérature, de danse, d’expression corporelle et d’expression littéraire qui va de la poésie la plus sublime aux graffitis les plus révoltants. Ce qui se passe au plus intime de l’être, ce qui se vit de plus intense chez l’homme doit s’exprimer d’une manière ou d’une autre par le moyen de la culture, fut-elle celle de la violence, du crime et du terrorisme. Tout le mystère de l’homme passe à travers la culture pour rendre visible l’invisible qui hante son cœur et son esprit. C’est pourquoi les jeunes se laissent happer d’instinct par les courants culturels ou sous-culturels de leurs milieux de vie : le quartier, la cité, la province, le pays.

Étant donné l’importance de la réalité culturelle, tous les révolutionnaires sans exception ont cherché à traduire leur inspiration et leur vision des choses par les moyens artistiques de la communication : théâtre, cinéma, happening, discours, manifestations avec chants et slogans, pour être surs que leur message passe et soit bien compris.

La révolution de l’amour, bien chers jeunes, doit parvenir tôt ou tard à s’exprimer selon un mode culturel qui lui est propre. J’irais même plus loin, et j’affirmerai que la révolution de l’amour doit engendrer les éléments culturels nécessaires à la civilisation de l’amour, qui doit surgir dans les années et les siècles qui viennent : si l’on veut que la culture de la civilisation du XXIe siècle soit pleinement imprégnée des valeurs chrétiennes et des richesses évangéliques, il faut commencer tout de suite à inventer un théâtre chrétien, un cinéma chrétien, une littérature chrétienne, une chorégraphie chrétienne, un art pictural chrétien, en somme, tout un univers artistique et culturel qui soit a la hauteur du Christ, de son évangile et de son Église. Comme le disait Chesterton : « On ne peut pas dire que le christianisme est un échec, pour la simple raison qu’il n’a jamais été essayé pour de vrai ».

Cependant, il est important que je vous mette en garde contre une équivoque qui laisserait croire qu’évangélisation et culture se situent sur le même plan. Cela, le pape Paul VI l’a exprimé d’une façon claire et précise dans son exhortation apostolique Évangelii Nuntiandi :

« Nous pourrions exprimer tout cela en disant : il importe d’évangéliser — non pas de façon décorative, comme par un vernis superficiel, mais de façon vitale, en profondeur et jusque dans leurs racines — la culture et les cultures de l’homme, dans le sens riche et large que ces termes ont dans Gaudium et spes [50], partant toujours de la personne et revenant toujours aux rapports des personnes entre elles et avec Dieu.

L’Évangile, et donc l’évangélisation, ne s’identifient certes pas avec la culture, et sont indépendants à l’égard de toutes les cultures. Et pourtant le Règne que l’Évangile annonce est vécu par des hommes profondément liés à une culture, et la construction du Royaume ne peut pas ne pas emprunter des éléments de la culture et des cultures humaines. Indépendants à l’égard des cultures, Évangile et évangélisation ne sont pas nécessairement incompatibles avec elles, mais capables de les imprégner toutes sans s’asservir à aucune.

La rupture entre Évangile et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d’autres époques. Aussi faut-il faire tous les efforts en vue d’une généreuse évangélisation de la culture, plus exactement des cultures. Elles doivent être régénérées par l’impact de la Bonne Nouvelle. Mais cet impact ne se produira pas si la Bonne Nouvelle n’est pas proclamée. »[2]

Cet enseignement de Paul VI nous fait comprendre que l’évangile ne peut pas se substituer à la culture ni se mettre à sa remorque. Bien au contraire, le rôle de l’évangile est de permettre a la culture d’atteindre a un niveau de dépassement, d’excellence et de beauté qu’elle ne saurait atteindre par elle-même, ni par ses propres moyens. De même que la personne de Jésus-Christ révèle à l’homme toute la plénitude et la richesse de son être, ainsi l’évangile révèle à la culture toutes les ressources et les trésors de son héritage. Ce que le souffle évangélique a inspiré à la Renaissance, la révolution de l’amour doit l’insuffler a la régénérescence.

Quel univers de créativité s’ouvre donc à vous, bien chers jeunes que j’aime tant! Tout vous est possible, même l’impossible, car vous êtes en face d’une toile vierge que vous pouvez peindre en toute liberté, en toute spontanéité et en toute authenticité. Comme le disait saint Paul avec tant de justesse : « Tout vous appartient, vous appartenez au Christ et le Christ appartient au Père »[3]. Il ne reste plus qu’a « tout instaurer dans le Christ Jésus », dont la seigneurie universelle peut être célébrée par tous les arts que les cultures pourront jamais concevoir.

La révolution de l’amour et la société
Le plus grand drame de la société contemporaine réside dans la perte du vrai sens de l’amour tant sur le plan humain que sur le plan chrétien. Tous les drames étudiés par les sciences humaines, depuis la psychologie jusqu’à la criminologie en passant par l’anthropologie, résultent des carences de l’amour au cours de l’évolution des individus, des nations et des peuples. Les grands hôpitaux psychiatriques et les grands pénitenciers démontrent en termes déchirants ce qui arrive quand l’homme ne sait ni aimer, ni être aimé. Et, notre époque, sur ce plan, est plus révélatrice que les autres, puisque le terrorisme est devenu un phénomène international si exaspérant qu’il ose même attenter à la vie d’un Martin Luther King, d’un John Kennedy, d’un Ronald Reagan aussi bien que d’un Jean-Paul II.

Jusqu’à maintenant, la violence, même terroriste, se voulait au service des aspirations de l’homme vers la liberté : liberté politique, liberté sociale, liberté économique, liberté culturelle. Cependant, depuis peu, cette violence se déchaine aveuglément, sans même pouvoir se justifier par la noblesse de la cause défendue. Ce qu’on recherche, c’est l’établissement d’un climat de terreur, la création d’un chaos qui, après tout, n’est pas pire que la menace nucléaire qui pèse sur la tête de l’humanité entière. La société est malade, le monde est malade, et la civilisation elle-même est sur le point d’expirer. Les fracas du terrorisme de la guerre ne sont en somme que ses derniers râlements.

Dans ce climat de tension extrême et de panique existentielle, plus rient n’est stable, plus rien n’est sécurisant, plus rien n’est immuable. L’économie mondiale tremble de fièvre, la politique est en déséquilibre instable, non seulement dans son axe Est-ouest habituel, mais encore dans son axe Nord-sud qui est encore plus effrayant! La culture est en train de vomir ses poisons les plus nocifs, et la société, en général, connait ses tragédies les plus horribles : pensez deux minutes aux meurtres d’Atlanta, au commerce du sexe et de la drogue, au taux de plus en plus élevé de suicides et aux enfers des grandes métropoles du monde. Tout semble justifier un vaste désespoir! Tout semble conduire à un nouvel holocauste! Tout revêt des couleurs apocalyptiques ou l’homme et l’humanité sont, à la fois, victimes et criminels.

Que faire devant une situation aussi désespérante que désespérée? Il nous reste l’amour, l’amour, l’amour!

La solution des vastes problèmes qui affligent les nations et les peuples ne se trouvera jamais dans les principes de la sociologie, de la psychologie, de la psychiatrie, de la démographie et de l’anthropologie. Toutes ces sciences humaines, si exactes quelles puissent être, ne sont en mesure de nous dire qu’une seule chose : Voila l’image exacte du monde tel qu’il est! Jamais elles ne pourront dire : Voila l’image du monde tel qu’il pourrait être s’il s’ouvrait à l’amour, a la miséricorde et a la réconciliation! Toute la science des hommes combinée ne parviendra jamais à sécréter une once de sagesse surnaturelle, alors qu’une seule parole d’évangile peur inspirer une tonne de sagesse a tous les hommes de science qui œuvrent dans tout l’univers.

C’est pourquoi, bien chers jeunes, je sens le besoin irrépressible de vous exhorter, de vous convier, de vous précipiter à entreprendre le plus vite possible la révolution de l’amour, seule capable de redonner à l’homme et a l’humanité leur vrai sens, leur vraie finalité et leur vraie dignité. Or, c’est à vous, jeunes du monde, que revient la responsabilité de semer partout l’amour ou il y a de la haine, et a déclarer l’amour partout ou l’on veut déclarer la guerre. Ce n’est pas en « faisant l’amour » que vous changerez la face de la terre, mais plutôt « en faisant connaitre l’Amour », car l’amour n’est pas aimé.

Trois exemples récents vous permettront peut-être de comprendre la puissance transformante de l’amour dans des situations jugées irréversibles.

Le premier cas qui me vient à l’esprit est celui d’un Noir américain, chef universellement reconnu des Panthères Noires, Eldridge Cleaver. Cet homme avait rejeté la société dans son ensemble et tous les moyens pacifiques de changer la condition des peuples noirs, non seulement aux États-Unis, mais aussi dans le reste du monde. Voué a la haine par conviction et par vocation, il n’a rien épargné pour semer la terreur et promouvoir la révolte haineuse des populations sous-développées, exploitées et humiliées. Il est devenu le symbole de la révolte noire jusqu’au jour du triomphe de l’amour. C’est sa rencontre personnelle avec Jésus-Christ qui a changé radicalement le cœur de cet homme et la nature de son action révolutionnaire. Il est passé du leadership terroriste au leadership évangélique. Aujourd’hui, cet homme ne sème plus la terreur : il sème a pleines mains dans les cœurs la parole libératrice du Verbe de Dieu, le Seigneur Jésus-Christ. Conclusion : l’amour est plus fort que la haine, la croix plus puissante que le poignard et la révolution de l’amour plus efficace que la révolution de la terreur.

Le deuxième cas a été révélé au monde lors de la béatification du grand apôtre Maximilien Kolbe. On se souviendra que cet homme mourut dans un camp de concentration nazi après avoir consenti, par amour, à s’offrir comme remplaçant d’un père de famille condamné a mort. Savez-vous, bien chers jeunes, quel fut le témoignage décisif qui conduisit le pape à béatifier ce saint prêtre? Ce fut le témoignage personnel et la conversion radicale de l’officier nazi qui lui avait donné l’injection de cyanure qui devait mettre fin a ses jours. Le témoin dont je parle était reconnu comme l’un des officiers nazis les plus cruels et les plus antireligieux, mais c’est l’amour manifesté par le père Kolbe qui réussit à transformer son cœur de pierre en cœur de chair, sa cruauté en tendresse et son incroyance en foi vivante et militante. Conclusion : rien ne résiste à l’amour, car l’amour est plus fort que la mort!

Le troisième cas est arrivé tout dernièrement, lors de la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II par un jeune terroriste turc, dont le rôle et la participation a un complot international sont difficiles à préciser avec exactitude. Quoi qu’il en soit, ce geste criminel, qui a soulevé la consternation et l’horreur de toutes les nations de la terre, n’a su provoquer qu’une seule réaction dans le cœur de la victime lorsqu’il a pu retrouver l’usage de la parole et la lucidité post-opératoire : « Je pardonne à cet homme et a ceux qui l’ont incité! » Sans aucun doute, le plus grave attentat du siècle fut l’occasion du plus beau geste de miséricorde que l’amour puisse inspirer au cœur de l’homme!

Voila en peu de mots quelles sont les possibilités que vous offre, a vous, bien chers jeunes, la révolution de l’amour! De telles transformations ne pourront jamais être provoquées par la science ou la technologie. Seule la grâce est capable de telles prodiges, car la grâce est la mise en œuvre de l’amour rédempteur et libérateur, qui jaillit sans cesse du cœur de Dieu.

Voila ce que révèle l’évangile!
Voila ce que confirme la vie!

Un dernier exemple me vient à l’esprit pour terminer ce chapitre. Il prouve que la révolution de l’amour est la révolution la plus définitive que connaitra le genre humain.

Lorsque la Russie soviétique menaçait d’envahir la Pologne par ces chars d’assauts et ses troupes de choc, le grand Jean-Paul II adressa un message de feu a son cher peuple polonais :

« Si jamais l’armée soviétique mettait en œuvre son offensive contre le peuple polonais, je me rendrais moi-même en Pologne et j’inviterais 100 000 polonais avec moi sur les frontières menacées. Je vous assure qu’il suffirait d’élever 100 000 icones de la Vierge devant la puissance des troupes soviétiques pour mettre un terme à cette invasion! »[4]

Qu’avons-nous donc à craindre si nous avons la foi? Qu’avons-nous donc à redouter si nous croyons inconditionnellement à la puissance irréversible de l’amour?

Chers jeunes, je déclare ouverte aujourd’hui même la révolution de l’amour!

____________________

Tiré de : Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanké Ltée, 1981, pp. 139 a 162. Livre conservé a la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, à Granby (P049) et chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 248.83 R335R 1981)

[1] Préface spéciale de la fête du Christ-Roi.
[2] Paul VI, Evangelii Nuntiandi, no 20
[3] 1 Corinthiens 3,22-23
[4] Bulletin de nouvelles, Radio-Vatican, le 22 mars 1981

En ce 5 juillet 2025

Qui sera le candidat du Parti conservateur du Québec dans Rousseau?


Qui sera le candidat du Parti conservateur du Québec dans Rousseau?

Benoit Voyer
5 juillet 2025

Bonjour Jasmin,

J’ai bien reçu votre message que vous m’avez écrit à partir de mon blogue. Merci pour vos bons mots. Vous me dites que vous êtes un sympathisant du Parti conservateur du Québec (PCQ) et que vous êtes un admirateur d’Éric Duhaime, notre chef. Essentiellement, vous me demandez « Qui sera le candidat du PCQ dans la circonscription de Rousseau? » et, une question personnelle, « Est-ce que vous serez candidat? ». Je tente donc de répondre le plus honnêtement à vos questions. Et puisqu’elles sont d’intérêt, je me permets une copie de ce mémo sur ma plateforme.

D’abord, le 20 mars 2025, j’ai écrit sur le sujet. Ce que j’ai partagé, demeure d’actualité. www.benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/03/en-ce-20-mars-2025.html

Pour l’instant, je n’ai pas de réponse à vous donner. Depuis le 4 février, je n’ai eu qu’une rencontre de présidents d’associations en visioconférence afin d’organiser une sortie à la cabane à sucre. On m’a invité à cette rencontre par politesse parce que la cabane a sucre choisie par des troupes montréalaises et lavalloises est située sur le territoire de Rousseau.

Je demeure donc sans réponse aux questions : Qui sera candidat dans Rousseau? Est-ce que les organisateurs nationaux ont l’œil sur une candidature? Et puis, on ne m’a pas rencontré officiellement pour me demander d’être candidat. Comme vous, j’attends des réponses. D’ailleurs, j’ai bien hâte de vous faire des annonces.

Pour l’instant, mon rôle de président de Rousseau est d’assurer qu’il y ait une présence du PCQ dans la circonscription et de préparer le terrain en vue des prochaines élections.

Enfin, je profite de l’occasion pour vous inviter à devenir membre du PCQ et à travailler avec moi a assurer cette présence sur le terrain. Comme je l’exprimais dans ma lettre de juin aux membres de Rousseau : « Nous avons besoin d’aide afin de constituer l’équipe de la campagne qui aura lieu ici. Est-ce que je peux compter sur vous? »

J’espère que ces quelques mots répondent à vos questions. Je suis toujours disponible pour une jasette.

La révolution de l'amour (6)


La Révolution de l'amour
chapitre 5

Par Jean-Paul Regimbal

La révolution de l’amour et son rayonnement dans le monde scolaire

Après avoir porté ses fruits dans le cœur des jeunes et transformé la famille en Église domestique, La révolution de l’amour doit maintenant étendre son rayonnement dans le monde étudiant tout entier si elle veut engendrer une nouvelle civilisation de justice, d’amour et de paix.

Or, c’est a vous, bien chers jeunes, qui fréquentez les écoles secondaires, les polyvalentes, les cégeps et les universités que revient la responsabilité de porter témoignage de votre foi au Christ dans votre milieu :

-de traduire en termes de besoins étudiants l’expression du radicalisme de l’évangile, et

-d’inventer la forme que tout cela doit prendre en termes concrets de métamorphose du milieu étudiant lui-même.

Il est fort intéressant de constater que la révolution marxiste, la révolution léniniste et la révolution maoïste ont toutes trois essentiellement éclaté dans les grands campus estudiantins. Lénine avait coutume de dire : « la meilleure façon de dominer un pays, c’est de contrôler sa jeunesse, et le meilleur moyen d’affaiblir un adversaire, c’est de corrompre sa jeunesse. » N’oublions pas, cependant, qu’il faisait la promotion d’une révolution de la haine par et pour la lutte des classes, l’affrontement sanglant des pauvres contre les riches, des propriétaires contre les capitalistes et des possédés contre les possédants. C’est d’ailleurs ce quoi inspira Mao lorsqu’il lança, en Chine, sa révolution culturelle et dressa le monde étudiant contre l’ « establishment » des communistes embourgeoisés. Vingt ans plus tard, la révolution culturelle porte ses fruits empoisonnés, et les nouveaux dirigeants de la Chine sont obligés de réparer les brisures incalculables provoquées par le raz-de-marée de la révolution estudiantine.

Ce dont nous parlons, ce que nous voulons susciter, ce n’est pas une révolution de la haine visant a entrainer la dislocation sociale, mais bien une révolution de l’amour qui nous permettra de bâtir ensemble un société nouvelle, une authentique et inédite civilisation, inspirée des valeurs évangéliques et des exigences fraternelles de justice, d’amour et de paix. Ce n’est pas la corruption de la jeunesse qui permettra de bâtir comme sur des ruines une nouvelle société et une nouvelle civilisation, mais, au contraire, l’édification de la jeunesse, grâce a laquelle naitra une terre nouvelle et des cieux nouveaux.

« Si l’Église porte une attention privilégiée aux jeunes, c’est qu’ils sont, a toutes les époques, l’espérance a la fois du monde et de l’Église. Ceci est particulièrement vrai en notre temps, car il vous revient d’être les témoins, et surtout les artisans de la mise en œuvre du concile dans l’Église. Elle vit son éternelle jeunesse, qu’elle tient du Seigneur, dans la fraicheur du renouveau, reprenant les énergies toujours vivantes de sa tradition, animée par la grâce du Saint-Esprit, pour être toujours plus fidèle à la bonne nouvelle de l’Évangile. »[1]

Les valeurs chrétiennes :
Un héritage à conserver

De même que le pape se soucie des jeunes, en tant que pasteur universel de l’Église, les évêques du Québec se préoccupent de l’éducation familiale et scolaire des jeunes. Une certaine orientation du projet éducatif est en train de compromettre, voire même d’éliminer la transmission des valeurs chrétiennes essentielles.

Voici en quels termes nos évêques (AEQ) s’expriment :

« Envisagée dans une perspective morale, la sexualité humaine englobe toute la personne. Elle se manifeste comme une force qui tend à la rencontre des êtres, a la communication interpersonnelle, a une relation d’amitié ou d’amour. Elle suppose l’accueil, l’échange, le dialogue, l’attention et l’ouverture à l’autre : autant de valeurs qui ont des incidences morales. Elle appelle aussi à la complémentarité des sexes ainsi que l’a voulu le Créateur : Homme et femme, les créa (Genèse 1,27). En conséquence, dans une vision chrétienne de la sexualité, l’homme et la femme sont invités à répondre à cette intention divine d’une triple manière :

-Par l’amour qui fait entrer en communion avec les autres et surtout avec la personne de l’autre sexe en vue de former le couple humain;

-Par l’amour qui est fidélité envers les autres et aussi envers l’autre choisi(e) comme compagnon ou compagne de sa vie dans un engagement sans retour et sans limite;

-Par l’amour qui est fécondité au plan physique ou au plan spirituel; fécondité génératrice de vie humaine dont l’enfant est le plus beau fruit, fécondité génératrice aussi de vie spirituelle par la consécration totale à Dieu et a ses frère en vue de répondre aux appels urgents de l’humanité d’aujourd’hui, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent. C’est l’engagement en vue du Royaume.

Telles sont les grandes valeurs de vie qui gravitent autour de l’amour et qui sont présentes dans la conception chrétienne de la sexualité.

Nous savons combien cette grande et mystérieuse force de l’amour, auquel l’être humain est appelé, peut faire vibrer le cœur des jeunes. Nous voulons ici leur rappeler qu’ils portent en eux une richesse immense qu’ils ont à découvrir et a développ45 au fur et a mesure de leur croissance. Une réalité aussi riche et précieuse que l’amour exige, pour grandir et s’épanouir, d’être cultivée dans des conditions favorables :gout de vivre, respect de soi et des autres, sens de l’admiration devant le chef-d’œuvre de la création qu’est le corps humain, sens de la dignité humaine, de la maitrise de soi et de la responsabilité personnelle, souci de se protéger contre toutes formes de pollution morale et de puiser a des sources saines et vivifiantes, enfin conscience de sa dignité de baptisé et d’enfant de Dieu. La droiture de l’esprit et du cœur n’est pas moins nécessaire a la santé de l’âme que la pureté de l’air et de l’eau a la santé du corps.

Une éducation sexuelle conforme aux principes de base d’une école catholique saura faire entendre aux jeunes l’appel au respect de la personne et de la vie, au dépassement et au don de soi. »[2]

La confessionnalité :
Un droit et un devoir

D’une certaine manière la jeunesse québécoise jouir d’un statut privilégié si on la compare à la jeunesse européenne et soviétique. En effet, le droit constitutionnel prévoit et défend la confessionnalité des écoles de la province. Cela signifie que tous les projets éducationnels doivent être conçus en fonction des normes et des valeurs véhicules par les principales confessions : catholiques, protestantes et judaïques. Chaque étudiant catholique jouit dont du droit inaliénable de recevoir un enseignement – a tous les niveaux – conforme a la foi chrétienne et a l’enseignement officiel de l’Église. Or, en pratique, ce droit vous a été partiellement ravi par les idéologues de l’éducation qui sont à l’œuvre depuis la révolution tranquille des années soixante. Une minorité active et militante a donc réussi en vingt ans à priver la majorité étudiante de ses droits constitutionnels.

Comment ce phénomène a-t-il pu se produire? Tout simplement quand la majorité silencieuse s’est laissé manipuler par une minorité vocale, pour ne pas dire vociférante. C’est bien d’affirmer avoir des droits, encore faut-il savoir assumer ses devoirs et ses obligations. Or, au Québec, l’ensemble de la jeunesse étudiante a préféré confier ses responsabilités et ses devoirs à une minorité séculariste et laicisante engagée a fond dans la déconfessionnalisation des écoles.

Bien sûr, cette responsabilité incombe d’abord aux parents et aux divers responsables officiels de l’éducation au Québec, mais cela ne dispense en rien les étudiants, a tous les niveaux, de revendiquer leurs droits à la confessionnalité, à condition, bien sûr, d’exercer les devoirs qui correspondent a ces droits. Trois exemples suffiront à illustrer ma pensée :

1. Dans la très vaste majorité des écoles publiques au Québec, on s’est empressé de retirer tous les crucifix des halls d’entrée, des principaux locaux. Savez-vous pourquoi? Parce qu’il était inconvenant de traumatiser les jeunes et de les soumettre au dolorisme névrotique de la religion en plaçant sous leurs yeux le divin crucifié, le rédempteur des hommes!

2. Dans la programmation scolaire, tout a été organisé de telle façon que les cours de catéchèse soient donnés aux moments les moins favorables à l’attention et a l’intérêt des élèves; d’ailleurs, n’importe quelle excuse suffisait à faire sauter l’heure de catéchèse pour la remplacer par une autre activité. Graduellement, les contenus des cours ont été « exorcisés » de tout ce qui pouvait avoir une connotation chrétienne ou religieuse. Savez-vous pourquoi? Parce qu’il fallait combattre l’aliénation qui pouvait tôt ou tard empêcher les jeunes de développer un sain jugement de caractère objectif, scientifique et libre!

3. Quant a la pastorale, on a réduit peu à peu les budgets d’abord, puis les locaux et, enfin, le personnel lui-même, de sorte que, dans certaines écoles publiques il n’existe plus aujourd’hui de service de pastorale proprement dit.

Il a suffi de quelques décisions administratives et certaines pressions de groupe minoritaires pour vous priver de vos droits dans ces trois domaines. Et comme vous, les jeunes, n’avez pas réagi, tout s’est passé comme un charme, a votre propre détriment. Si plusieurs de nos écoles supérieures sont devenues des jungles, s’est parce que, privé de connaissance et de soutien moral, la jeunesse étudiante a suivi la voie la plus facile, laissant libre cours a tous les débordements les plus déshumanisants. Pourquoi tant de jeunes sont-ils aujourd’hui tellement écœurés du climat qui existe dans leurs institutions d’enseignement? Parce qu’ils ne trouvent plus rien qui corresponde à leur soif d’absolu, a leur idéal humano-chrétien et a leurs aspirations légitimes. Seule la révolution de l’amour peut rendre plus vivable et plus humaine l’atmosphère globale ou nos jeunes ont le droit d’évoluer.

Pour corroborer ce que je viens d’affirmer, il est très facile de constater que le « grand progrès éducatif » consiste à étouffer la foi dès le secondaire 1, plutôt qu’a l’université. N’est-ce pas étrange qu’un système scolaire qui se dit confessionnel mène concrètement non pas a l’épanouissement de la foi, mais bien à sa perte prématurée? C’est d’un non-sens alarmant, d’un absurde à faire crier!

Comment réagit devant tout cela?
Comment vous, les jeunes, pouvez-vous changer la situation pour réintroduire le Christ et la pensée chrétienne non seulement dans vos cours, mais aussi dans vos écoles? C’est bien simple : en exerçant, en toute solidarité, vos responsabilités de jeunes adultes chrétiens et en exigeant le retour des crucifix dans vos établissements, du Christ dans votre enseignement et de l’esprit chrétien dans vos institutions.

Permettez-moi de vous donner deux exemples concrets qui ont été vécus récemment au Québec. Dans une certaine classe de secondaire IV, on avait substitué la sexologie a la catéchèse. Or, constatant qu’ils étaient manipulés, les élèves eux-mêmes n’ont pas hésité a scander ensemble, au début de cours suivant : « On veut Jésus! On veut Jésus! On veut Jésus! » L’autre exemple concerne les services de pastorale dans une très grosse polyvalente de la Rive Sud. Les élèves se sont rendu compte que le budget de la pastorale était attribué a d’autres activités, alors que leurs propres projets étaient mis en veilleuse faute d’argent. Le conseil des élèves n’a pas craint de rencontrer la direction afin de rétablir, en toute justice, les budgets et leurs attributions tels que prévus au début de l’année. Voila ce que j’appelle « prendre ses responsabilités »!

Si vous voulez, chers jeunes, continuer à jouir du droit de la confessionnalité dans vos écoles, il vous faut absolument défendre ces droits d’une façon énergique et assumer vos devoirs avec un sens aigu de responsabilité.

Jean-Paul II vous parle:
« Vous, qui êtes dans le monde étudiant, vos inquiétudes, comme vos espérances et votre action, sont marquées par votre situation particulière, transitoire par définition. Vous vivez en effet une période de formation dans laquelle les préoccupations personnelles immédiates comme celles de votre avenir professionnel, familial et social ne peuvent pas ne pas avoir une grande place. Elles vous rendent aussi particulièrement aptes à saisir les changements en cours et les appels de notre monde.

En tant qu’étudiants, vous vivez aussi dans des milieux scolaires et universitaires dont le but est la diffusion et le progrès du savoir et de la culture, mais qui sont en même temps le lieu où vous vous trouvez affrontés à une multiplicité quasi indéfinie de techniques, de messages, de propositions, d’idéologies. C’est là que vous êtes appelés à vous former, à motiver votre choix, et à porter témoignage de votre foi au Seigneur Jésus-Christ, qui nous donne, comme je l’ai montré à plusieurs reprises, et en particulier dans mes deux encycliques, la vérité de l’homme indissolublement reliée à la vérité de Dieu. »

Vos évêques vous parlent
La mise en œuvre d’un « projet éducatif chrétien » demande une étroite collaboration et d’une mutuelle confiance entre tous ceux qu’il doit normalement impliquer : parents, éducateurs et étudiants.

Voyons un peu en quels termes les évêques du Québec abordent cette question complexe et exigeante :

« En milieu scolaire, l’éducation sexuelle doit respecter le développement psychologique des jeunes et éviter de projeter sur eux les problèmes des adultes. L’éducateur affecté a cette tache se montrera respectueux du jeune en tenant compte des stades de son développement, des niveaux primaire et secondaire, des différents milieux, bref, en cherchant a répondre a ses véritables besoins. C’est la une exigence première de tout projet éducatif centré sur l’élève. Concernant le choix de l’éducateur, le document du Comité catholique L’éducation sexuelle dans les milieux scolaires catholiques du Québec présente, dans un développement plus élaboré, des orientations auxquelles on peut se référer.

Mais ce qui nous semble particulièrement important dans un projet d’éducation sexuelle a l’école, c’est la qualité humaine des éducateurs chargés de cette responsabilité. Face aux appels souvent contradictoires qui retentissent eu eux et autour d’eux, les jeunes ont surtout besoin de la présence d’éducateurs capables de les accompagner dans l’apprentissage qu’ils ont à faire de la décision morale et d’une conduite responsable. Pour remplir efficacement ce rôle, les éducateurs doivent d’abord avoir la confiance des jeunes et être, a leurs yeux, des témoins de valeurs incarnées dans la vie. Au fond d’eux-mêmes, les jeunes recherchent des éducateurs qui projettent l’image d’adultes épanouis ayant assumé leur sexualité d’homme ou de femme dans vie pleinement engagée et heureuse.

A ces qualités humaines fondamentales devront s’ajouter la compétence, le sens pédagogique, la capacité de travailler en collaboration notamment avec les parents et les membres du personnel de l’école.

De tels éducateurs existent, nous en sommes convaincus. Il faudra cependant prévoir, comme on le fait lors de l’implantation d’un nouveau programme, des sessions de sensibilisation et de perfectionnement a l’intention de ces éducateurs scolaires et des parents appelés à travailler avec eux.

La famille et l’école se doivent de donner à l’enfant et a l’adolescent le meilleur d’elles-mêmes. C’est en conjuguant leurs efforts qu’elles y parviendront. Déjà des structures de participation sont en place en vue d’assurer une plus grande qualité de la vie en milieu scolaire : comité de parents, comité d’école, conseil d’orientation. S’il est un domaine ou la qualité doit transparaitre, c’est bien celui de l’éducation sexuelle, qui touche aux dynamismes les plus profonds et les plus complexes de l’être humain.

C’est le défi que les adultes ont à relever, avec lucidité et sérénité, afin d’offrir aux jeunes les meilleures chances d’épanouissement personnel et social. Quant aux jeunes, ils pourront répondre de façon plus consciente et responsable a leur vocation d’hommes et de femmes a laquelle ils ont été appelés dans le plan du Créateur, et a leur vocation chrétienne de fils et de filles de Dieu ».[3]

Attitudes positives dans l’action
Mettons au clair tout de suite ce qui pourrait paraître ambigu dans les propos que je viens de tenir. Lorsqu’on parle de droits et de devoirs, on est tellement habitués de réagir selon un mode revendicateur, agressif et même frondeur, qu’on pourrait facilement m’accuser de monter les élèves contre leurs professeurs ou leur institution.

Puisqu’il s’agit d’une révolution de l’amour, la méthode d’action doit, elle aussi, être inspirée par l’amour. Il n’est donc pas question de préconiser des attitudes négatives, faites à la fois d’intransigeance, d’impatience et de subversion. Je dirais même que c’est exactement le contraire qui est de mise :
-au lieu de la subversion, la conversion;
-au lieu d’agressivité, la fermeté;
-au lieu d’impatience, la patience et la longanimité;
-au lieu d’intransigeance, le dialogue, le respect et la communion.

La dynamique de la lutte des classes n’a pas sa place dans la révolution de l’amour. Celle-ci fait appel a la dynamique fraternelle de la solidarité. Tout doit se dérouler dans un climat de respect mutuel et dans la recherche communautaire des meilleurs moyens pour atteindre la fin spécifique de l’éducation elle-même : l’épanouissement de l’être tout entier dans le plein exercice de sa liberté d’homme et d’enfant de Dieu.

Les élèves et les étudiants qui veulent se mettre sérieusement à la tâche ont de nombreux moyens pour transformer l’atmosphère et l’esprit qui règnent dans les écoles :
-le conseil des élèves et des étudiants
-le comité de pastorale
-le service d’évangélisation
-les principales associations scolaires et étudiantes
-le comité professeurs-étudiants
-le journal scolaire
-les affiches et les babillards
-la radio scolaire
-Les journées d’étude

La ou ces moyens n’existent pas, il faut les créer; la ou ils existent, savoir s’en servir positivement. Avez-vous fait l’inventaire de ce qui existe dans votre milieu scolaire pour promouvoir la communication avec les divers groupes concernés? Vous serez sans doute étonnés de constater que des mécanismes existent déjà pour faciliter les rapports élèves et professeurs, élèves et administrations, élèves et direction, élèves-parents-maitres. C’est là qu’il s’agit de prouver sa conviction, ses valeurs et des principes. C’est grâce a ces réseaux de communication qu’il devient possible de transmettre aux autres le fruit de ses réflexions et l’exposé de ses aspirations les plus fondamentales.

Puis, il y a encore le dialogue avec vos propres parents. Comment voulez-vous que les parents interviennent au cœur des différents débats ou consultations, si vous ne les mettez pas au courant vous-mêmes des structures que vous aimeriez voir instaurées afin d’améliorer le climat et l’esprit de votre école? Bien des parents s’abstiennent de participer aux activités parents maitres tout simplement parce que vous n’échangez jamais avec eux vos inquiétudes ou vos préoccupations! Vous renforcez par la les réflexes de la majorité militante d’occuper tout l’espace laissé par votre indifférence.

La révolution de l’amour ne deviendra jamais une réalité dans le monde de l’enseignement si les élèves et les étudiants eux-mêmes n’assument pas leur propre responsabilité en tant que « sel de la terre, lumière du monde » et « levain dans la pâte ». Sachez que le mal n’a pas en soir de force de diffusion; il se répand partout ou le bien et les gens de bien ne font rien. Par exemple, la vente de la drogue dans le milieu scolaire deviendrait pratiquement impossible si la majorité des étudiants s’assuraient que les « pushers » se fassent pousser à leur tour; la licence sexuelle ne pourrait facilement se pratiquer si la vigilance des jeunes responsables mettait mal a l’aise ceux qui voudraient s’y livrer; la pornographie ne pourrait pas se répandre comme une infection du corps étudiant si les jeunes chrétiens apportaient plus souvent l’antidote de leur témoignage de pureté, de vérité et d’authenticité. Je dirais même plus : la littérature pornographique n’aurait plus sa raison d’être si l’on faisait davantage pour répandre auprès des étudiants une littérature de qualité, adaptés à leurs besoins et capable de les entrainer à la noblesse, au dépassement et a l’engagement. Il ne suffit pas de dénoncer le mal et de partir en croisade contre lui; il est tellement plus efficace de pratiquer le bien et de rayonner autour de soi la joie de vivre, l’enthousiasme de l’idéal et la créativité de l’amour. Quand il n’y a pas de vide à remplir, le mal n’a plus d’espaces à occuper. Comblez l’attente des jeunes étudiants qui vous entourent, et vous les verrez intéressés à connaitre davantage ce que vous aurez su leur présenter par votre propre vécu plein d’attrait.

Une belle manière d’illustrer ce que je viens de vous dire a été pratiqué par David Wilkerson dans les milieux scolaires de Harlem, à New York, pourris par la drogue, la violence et la sexualité.

Qu’est-ce que l’amour? Demandait-il :

«L’amour, c’est le temps passé auprès d’un lit, essuyant la sueur d’un front brulant; c’est l’aide apportée a un adolescent plié en deux sous l’effet des crampes de la désintoxication; c’est la main qui tire une couverture chaude sur des épaules frissonnantes; c’est la voix rassurant que bientôt le plus dur sera passé. »[4]

Cette inspiration a donné naissance à « Teen Challenge », un organisme qui rayonne maintenant dans plusieurs campus universitaires et collégiaux des États-Unis et de l’Europe centrale. Pourquoi donc le même amour ne serait-il pas capable d’inspirer une action similaire dans tous les campus de nos vastes écoles secondaires et polyvalentes, de nos cégeps et de nos universités? Il ne dépend que de vous que la même chose arrive chez nous, produisant les mêmes effets bénéfiques et les mêmes transformations sociales.

Révolution et liberté
Si l’on y pense attentivement, le projet éducationnel dans son ensemble devrait normalement permettre à tous les jeunes d’accéder progressivement a la plénitude de la liberté humaine et chrétienne. C’est lorsque l’homme sait exercer sa liberté sous l’impulsion de l’amour qu’il atteint vraiment son épanouissement en tant qu’être et sa pleine capacité d’agir. La liberté, en effet, n’est pas une hypothèse, mais la conclusion d’une longue évolution vers la maturité, et le couronnement d’une éducation saine, équilibrée et humanisante. Pour atteindre sa liberté intégrale, l’être humain doit réussir a intégrer dans sa personnalité globale tous les éléments qui répondront a ses divers besoins physiques, psychologiques, affectifs, intellectuels, moraux, spirituels et surnaturels. Lorsqu’une ou l’autre de ces dimensions fait défaut au développement de la personnalité, il en résulte un déséquilibre qui met en danger la liberté elle-même.

Aussi l’éducation globale doit-elle offrir des réponses valables et adéquates aux besoins de l’être humain ci-haut mentionnés. Tout projet éducationnel exempt des dimensions morales, spirituelles et surnaturelles privent le jeune élève ou étudiant des possibilités de jouir entièrement de la liberté a laquelle il a droit. Les idéologies courantes qui inspirent les programmes québécois d’éducation sont tellement imprégnées de matérialisme, d’hédonisme, de pragmatisme et d’individualisme que, finalement, c’est la liberté même des étudiants qui en est atteinte et appauvrie.

Trop de jeunes, hélas, conçoivent simplement la liberté comme la possibilité de faire ce qu’on veut, quand on veut, comme on veut et aussi longtemps qu’on veut. Ils sont donc profondément frustrés quand la réalité de la vie et les sens des responsabilités imposent des limites a l’exercice de cette pseudo-liberté. Ils se sentent alors emprisonnés dans un carcan social, tout fait de conventions artificielles, et perçoivent toutes formes d’autorité comme une atteinte directe a leur liberté. S’il y a tant de révolte et de violence dans les milieux scolaires, c’est que beaucoup de jeunes se croient atteints dans leur dignité et leur personnalité par des restrictions qu’ils jugent arbitraires et inopportunes. Partant d’une fausse conception de la liberté, ils en concluent qu’ils sont devenus les victimes innocentes d’un « establishment » tout-puissant qui les empêche de s’épanouir totalement.

La juste conception de la liberté est bien différente; le rôle de l’éducation consiste à transmettre aux jeunes le contenu véritable de cette valeur et de cette richesse qui, a juste titre, leur parait sacrée et inviolable. Sur ce dernier point, les jeunes ont parfaitement raison, car, de fait, la liberté est un droit imprescriptible, une valeur sacrée et une richesse inaliénable. Toutefois, cela n’est vrai que dans la mesure ou la liberté est définie comme « une aptitude radicale à pouvoir faire le choix des meilleurs moyens pour atteindre la plus noble des fins, qui est le plus-être et le mieux-être de tout l’homme et de tout dans l’homme. Voila ce que propose la révolution de l’amour au cœur de la réalité du monde de l’éducation : 1-connaitre vraiment l’homme et sa finalité ultime; 2-lui apprendre quels sont les meilleurs moyens d’atteindre cette fin; 3-faciliter ses choix en lui permettant de s’inspirer toujours des principes essentiels de l’amour.

Ceci rejoint l’enseignement qu’a laissé le pape Jean-Paul II aux jeunes étudiants catholiques du mouvement international « Pax Romana » :

« C’est pourquoi je vous donne comme consigne, chers amis, de vous fixer d’abord sur l’essentiel. Par votre baptême et la profession de la foi de l’Église, vous êtes des hommes nouveaux, selon la parole de saint Paul. Soyez vraiment convertis au Seigneur, imprégnés, jusque dans vos choix de vie, de l’esprit des béatitudes, soucieux d’une intense vie spirituelle, surtout eucharistique. Voici le fondement: programmes, discussions, débats de vos mouvements ne serviraient à rien sans ce profond enracinement religieux et spirituel.

Soyez des témoins de la vérité. Vous la recherchez dans vos études et dans la discipline qu’elles imposent. Puissent-elles contribuer à votre développement intellectuel le plus large possible, vous donner le sens de la complexité du réel non seulement physique mais humain, la capacité et la volonté de ne pas vous arrêter à des positions trop simples. Approfondissez aussi, comme je viens de le dire, votre identité de jeunes intellectuels catholiques. Une des tâches qui vous reviennent, c’est de surmonter, dans la pensée et dans l’action, la dichotomie mise par les divers courants de pensée, anciens aussi bien que contemporains, entre Dieu et l’homme, entre théocentrisme et anthropocentrisme. Plus votre action, comme celle de l’Église, veut se centrer sur l’homme, plus elle doit trouver ouvertement son centre en Dieu, c’est-à-dire s’orienter en Jésus-Christ vers le Père (Cf. Dives in misericordia, no 1). Ceci, chers amis, fonde la nécessaire docilité au magistère de l’Église. Par cette fidélité à la vérité entière, vous vous mettrez à l’abri des tentations de la pure idéologie et de son agitation, des slogans simplificateurs, des mots d’ordre de la violence qui détruit et ne construit rien. »[5]

Bien chers jeunes, vous que Jésus aime tant, sachez que la liberté n’est pas le fruit du laisser-aller ou du laisser-faire, mais plutôt le résultat de l’ascèse et de la maitrise de soi! »

Révolution et communauté
Le défi de transformer le milieu scolaire dépasse les capacités d’un seul individu ou même de quelques unités perdues dans la masse des élèves et des étudiants. Plus la population scolaire est élevée dans une même institution, plus il est indispensable de constituer des communautés chrétiennes vivantes, des cellules d’ « agape » prêtes à collaborer avec le service de pastorale, les services aux étudiants, le corps professoral, l’administration et la direction. Bien qu’on ne puisse parler de communauté de base au sens strict, c’est vers cette formule qu’il faut s’orienter. Il s’agit de créer des fraternités dont chacun des membres est prêt à assumer les normes et les valeurs de l’évangile, la vie dans l’Esprit et les moyens de sanctification comme la prière, les sacrements, les charismes et les ministères.

Le grand problème qui confronte les jeunes des vastes campus scolaires reste et demeure la perte de leur identité et l’impression de dépersonnalisation, d’impuissance et de dilution dans la masse. Or, le rôle précis des communautés d’ « agape » est de redonner aux élèves et aux étudiants le sens de leur appartenance, de leur dignité, de leur responsabilité personnelle et de l’engagement chrétien. Pour atteindre ces objectifs, il est indispensable de créer un climat d’accueil chaleureux, une fraternité authentiquement vécue et ressentie et, bien sûr, une atmosphère de confiance mutuelle exprimée concrètement par la solidarité de prière, de vie et d’action apostolique au cœur même de l’univers scolaire ou l’on s’est inséré.

L’heure est donc à la prise de position, conséquente a une prise de conscience en profondeur; l’heure est a la communion de cœur et d’esprit de tous ceux qui veulent vivre le radicalisme évangélique; l’heure est a l’évangélisation de la culture, des milieux culturels et des agents éducateurs, afin que la révolution de l’amour achemine progressivement le monde étudiant vers la civilisation de l’amour d’ici l’an 2000.

Voici d’ailleurs les réflexions, pleines de sagesse, que Jean-Paul II adresse aux jeunes étudiants du monde entier :

« Voilà quelques principes que je voulais vous rappeler pour guider votre désir d’approfondissement et d’action. En vous y référant, vous annoncerez inlassablement l’évangile à vos camarades, et vous collaborerez à l’implantation de communautés chrétiennes vivantes dans vos milieux; vous ferez croître aussi la participation des jeunes à vos mouvements. Ainsi, vous mettrez vraiment en œuvre la communion ecclésiale, en contact étroit avec vos pasteurs, ouverts à la collaboration avec d’autres mouvements catholiques et bien insérés dans les réseaux communautaires, paroissiaux et diocésains, de la vie de l’Église. Dès maintenant aussi, et plus encore lorsque vous serez engagés dans une vie professionnelle responsable, vous serez des chrétiens et des chrétiennes capables d’apporter une contribution originale à l’évangélisation de la culture de vos pays, au service du développement intégral, matériel et spirituel, de tous les hommes. »[6]

Pour que la révolution de l’amour affecte positivement et influence en profondeur tout le milieu étudiant, trois grands principes éclaireront votre action : L’unité dans la diversité. La responsabilité dans la maturité et, pad dessus tout, la charité.

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[1] Jean-Paul II aux jeunes de Pax Romana, 16 janvier 1981, Osservatore Romano, no 4, p. 2
[2] Déclaration de l’AEQ (Comité épiscopal de l’éducation), no 4, mai 1981.
[3] Déclaration de l’AEQ, mai 1981, no 5
[4] David Wilkerson, La croix et le poignard, Ed. canadienne, Mississauga, ont. 1963
[5] Jean-Paul II aux étudiants de Pax Romana, Osservatore Romano, 16 janvier 1981, no 4, p. 2. Col. #3
[6] Idem.

Tiré de : Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanké Ltée, 1981, pp. 117 a 135. Livre conservé a la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, à Granby (P049) et chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 248.83 R335R 1981)