26 décembre 2025

EN LIBERTÉ: Coeur de pirate 2


IL FAIT TOUJOURS BEAU: La taille du vagin


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: Comment priez-vous ?



20231227 LE MOT DU JOUR - Comment priez vous

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Christian Beaulieu

Christian Beaulieu


Un visage d'enfant aux yeux de Dieu

Benoît Voyer


« Il n'y a jamais rien d'acquis pour moi à cause de ma timidité. Je suis toujours obligé de me battre pour retrouver confiance. Le p'tit gars qui habite en moi revient vite prendre place avec ses peurs et ses angoisses », raconte Christian Beaulieu.

Étonnante confidence de ce prêtre catholique qui parcourt le Canada francophone pour propager à sa façon le message de l'Évangile. Il parle avec verve et audace. Pourtant ce n'est pas ses paroles qui touchent le cœur des gens, ce sont ses yeux bleus d'où transparaissent une grande bonté, une grande compassion, une grande tendresse. Il est fréquent d'entendre à son sujet: « Lorsqu'il m'a regardé, j'ai croisé le regard de Jésus! »

«Il y a une force dans ma fragilité. Il y a une puissance dans mon impuissance. Étant donné que je vis avec des gens avec une très grande souffrance, je suis toujours confronté à affronter mon impuissance. Il faut que je sache me réfugier dans le cœur de Dieu où je vais retrouver la paix, la sérénité, la confiance et où je vais m'abandonner. L'abandon n'est vraiment pas naturel pour moi. Je vais facilement parler du lâcher prise dans les conférences, mais si j'en parle autant que ça c'est parce que c'est à chaque jour que je dois aller rechercher personnellement ce lâcher prise et faire un combat intérieur pour arriver à l'abandon », ajoute-t-il.

La souffrance des autres nous ramène toujours à notre propre vulnérabilité Christian Beaulieu ne cesse de l'expérimenter. C'est une grâce que les marginaux lui font, car leur fragilité l'aide à apprivoiser la sienne. Tant de gens disent « Le cheminement spirituel est comme un escalier que l'on monte », mais pour l'abbé Beaulieu, le cheminement spirituel et humain est un escalier que l'on descend, car pour toucher sensiblement la grandeur du cœur de Dieu, il faut être en contact avec sa petitesse et sa faiblesse. Il faut donc descendre profondément en soi.

Les apparences peuvent tromper. Devant un public, Christian Beaulieu semble être fort, solide, sûr de lui et d'un positivisme hors de l'ordinaire. Pourtant, il lui arrive d'être déçu et de traverser des moments de désarroi. « C'est souvent ce qui me plonge dans la prière à corps perdu. Même si je suis un homme d'action, énergique et dynamique, je suis un homme de prière. Je me donne quelques heures par jour, et j'y tiens! C'est là que ma peine passe, c'est là que mes forces se refont, c'est là que je puise l'énergie pour retrouver la joie de vivre », raconte-t-il.

Son expérience spirituelle est contagieuse et touche le cœur de centaines et de centaines de personnes depuis qu'il est prêtre. Grâce à son intervention, bien des gens ont retrouvé le goût de vivre. Être prêtre n'est-il pas être « médecin de l’âme »?

Saisi par le Christ
Christian Beaulieu est né le 22 mai 1941 à Saint-Hubert, près de Rivière-du-Loup au Québec, comme ses parents et ses grands-parents. Il est le 5e enfant d'une famille qui en compte 13. À l'âge de 7 ans, il émigre à l'île d'Orléans, à quelques minutes de Québec. C'est là qu'il passe toute sa jeunesse.

« J'ai été enraciné dans les choses de la nature, de l'accueil, de la fête, de la célébration qui étaient communiquées naturellement au sein de ma famille. C'était un milieu avec une foi proche de la vie et où l'esprit de famille était très fort », confie le jovial homme.

À l'école, il n'a rien d'un élève brillant. Il a bien des difficultés. D'ailleurs, tout au long de sa jeunesse, le petit Beaulieu n'aime pas beaucoup le milieu scolaire Lorsqu'il a pris conscience - à travers sa foi - que Dieu a besoin de nous, tout a changé: « J'ai découvert que la foi ce n'est pas simplement croire en Dieu, mais c'est aussi croire qu'il croit en nous! Cela m'a vraiment touché! Ma rencontre avec Jésus Christ a eu un très grand impact dans ma vie. J'ai été comme obligé de sortir de ma timidité, de ce complexe d'infériorité que j'avais. »

Devenir prêtre
C'est vers l'âge de 20 ans qu'il décide de devenir prêtre. Il n'y avait jamais songé sérieusement avant ce temps parce que l'image du clerc qu'il avait était celui du professeur et du curé en paroisse. Cela ne l'appelait guère.

Il voulait devenir criminologue. Pour parvenir à payer ses études, il se rend enseigner dans la région de Sherbrooke: « Et c'est là que j'ai commencé à travailler avec les jeunes dans les parcs et les prisons. Et ce sont eux qui m'ont interpellé: « Pourquoi ne deviendrais-tu pas prêtre? Parle-nous de ton bonheur? Pourquoi es-tu heureux? Pourquoi ne pas donner ta vie aux jeunes? Ils m'ont éveillé l'esprit. »

Cependant, c'est surtout grâce à l'intervention du père Henri Roy, le fondateur de la Jeunesse ouvrière catholique canadienne (J.O.C.) et de l'Institut séculier Pie X, qu'il décide de faire le grand saut. En lui, il a vu qu'il est possible de devenir un prêtre au service de la jeunesse et que le prêtre peut prendre des initiatives pour ouvrir de nouveaux champs d'action. Le célèbre père Roy lui a communiqué l'amour de la 100e brebis, celle qui est égarée. Être le pasteur de l'enfant prodigue, voilà enfin une mission qui répondait à ses aspirations intérieures.

«Une rencontre avec cet homme nous marquait pour la vie. C'était un homme de Dieu! Il était capable de voir le travail qu'il réalisait à l'intérieur de nous. Il disait souvent: "Tu as rencontré Jésus! Alors parle de Jésus et rayonne Jésus!" », se souvient-il

Toute sa vie, il se souviendra de cette prière d'Henri Roy: « Seigneur, que tous ceux qui me voient te voient et te rencontre pour toujours ». Il redit souvent ces mêmes paroles dans le secret de son cœur. C'est bien plus qu'une prière toute faite! C'est son plan de vie.

Christian Beaulieu a été ordonné prêtre le 9 juin 1968, à Québec, dans l'Institut séculier Pie X.

Travail apostolique
Pendant près de 20 ans, il sera des dirigeants du mouvement La Rencontre. C'est dans ce regroupement apostolique qu'il découvre ses talents de conférencier.

Il a écrit de nombreux livres dont « Ma blessure est tendresse », « Jeunes, amour et sexualité », « Cœur blessé, espère! » et « Si on mettait le feu ».

Il y a une dizaine d'années, il a fondé le Pharion pour venir en aide aux jeunes alcooliques et toxicomanes de 18 à 30 ans

Il anime des retraites spirituelles et donne des conférences où on le demande.

Il assume la direction de l'Institut séculier Pie X (la Revue Sainte Anne publiera un article sur ce sujet dans sa prochaine édition).

Il ne chôme pas!
«Ce qui fait que les gens souffrent tant c'est souvent parce que leur souffrance n'a pas de sens. Alors, je veux donner un sens à leur vie et à leur souffrance. Je veux passer comme un aigle dans la vie des gens pour leur donner le goût de se faire des ailes, pour leur donner de croire au large, à l'infini, à œuvrer... », explique cet homme enfant aux yeux de Dieu.

Une personnalité en demande
« Tu es une personnalité! Est-ce que tu trouves cela difficile d'être une "vedette du monde catholique"? » lui demande le représentant de la Revue Sainte Anne. La réponse ne vient pas facilement. Il doit creuser en lui pour trouver la réponse. Après quelques secondes, il répond: « À une époque, cela me mettait une pression terrible! Je voulais toujours être à la hauteur de la situation. Et là, je jouais un personnage. Depuis plusieurs années, j'ai accepté que les gens puissent demander, puissent avoir des attentes, mais je ne réponds pas toujours aux attentes. Je suis devant eux comme un enfant, alors j'enlève toutes formes de pressions sur moi ».

Pendant cette période où il jouait un personnage, il a souvent négligé ses moments de cœur à cœur avec Dieu. Maintenant, il ne manque plus ces précieux instants d'intimité. « Ma source doit d'abord être prise dans ma relation avec Dieu ... et avec moi-même », conclut Christian Beaulieu. Dieu est le seul refuge où se calment ses peurs et ses angoisses. C'est grâce à Lui qu'il peut vraiment rayonner Jésus 

(Revue Sainte Anne, juillet 1999, page 295)

25 décembre 2025

EN LIBERTÉ: Coeur de Pirate 1


IL FAIT TOUJOURS BEAU: A posteriori


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Fanfan Dédé se préoccupe de l'avenir des églises

Fanfan Dédé se préoccupe de l'avenir des églises

MONTRÉAL - Le comédien André Richard, qui incarnait avec brio le personnage de Fanfan Dédé au réseau TVA dans les années 1970, se préoccupe de l'avenir des églises, surtout celle du quartier où il habite, car elle, comme plusieurs autres, n'attire pas beaucoup de fidèles. Il suggère que ces temples délaissés soient convertis en logements sociaux.

«Comme tous ces lieux immenses et vides nous appartiennent un peu, il me semble, et que la mode du jour est aux recours dits collectifs, ne serait-ce pas une belle et bonne affaire pour ceux que l'on dit sans logements? Je pense, ma foi, que Dieu serait content», a dit le sympathique bonhomme, qui habite le centre-ville de Montréal, à la Revue Sainte Anne.

Benoît Voyer


(Revue Sainte Anne, avril 2003, page 161)

24 décembre 2025

TOT OU TARD: Les origines du père Noel


NOEL: Homélie de Mgr Louis Corriveau lors de la Messe de minuit de 2023


20231225 Homélie de Mgr Louis Corriveau, Messe de minuit, Cathédrale de Joliette

SUR LA ROUTE: Le peintre Joseph Légaré


Le 25 aout 2025, lors de ma visite de la chapelle Notre-Dame des Anges de l'Hopital général de Québec, j'ai été impressionné par cette toile de Joseph Légaré représentant la Nativité. Un chef d'oeuvre!

IL FAIT TOUJOURS BEAU: Disque Noel d'Antan - Une pub de 1986


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Barbara


Joyeux Noel

SOUVENIR DE NOEL


Manon et moi avec Micheline Hébert et Claude Mailhiot (1944-2020), mes beaux-parents, a Saint-Eustache en décembre 2017

LE MOT DU JOUR: Mon beau sapin


20231225 LE MOT DU JOUR - Mon beau sapin

LE BALADO: La croix du Mont Royal


EN MUSIQUE: Noel a la cathédrale de Joliette


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Julien Clerc


TOT OU TARD: Les origines de la fête de Noel des chrétiens


 

IL FAIT TOUJOURS BEAU: L'Assomption ville de culture


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Joliette, hiver comme été


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Le codépendant solitaire


LE MOT DU JOUR: Joyeux Noel!


VISION CATHOLIQUE: Dans le silence de la nuit

Dans le silence de la nuit

Par Benoit Voyer

24 décembre 2025

La nuit prochaine, lors de la messe de la nuit de Noël, on lira dans toutes les églises chrétiennes de tradition catholique le récit de l’annonce de la naissance de Jésus à des bergers par un ange venu du ciel.[1]

Dans la première partie de cette petite histoire fantastique, à la limite du conte, on raconte qu’au pays de Marie et Joseph, c’est l’année du recensement de la population. La règle de cette région à cette époque est de retourner dans sa ville d’origine pour s’enregistrer.

En bons citoyens, Marie et Joseph ont fait ce qu’il fallait faire.

En revanche, tout un défi les attend : parcourir de Nazareth à Bethléem à la marche et à dos d’âne. Google Maps nous indique qu’aujourd’hui c’est 145 kilomètres de marche. On le sait bien, à l’époque, les routes n’étaient pas aussi belles que de nos jours.

Ce n’est pas le seul défi à surmonter. Joseph accompagne sa tendre Marie qui est à pleine ceinture, en fin de grossesse. Sur un dos d’âne, Marie n’était pas en première classe.

Ainsi donc, on imagine facilement que ce voyage est difficile. Marie arrivera juste à temps pour accoucher à Bethléem, dans le silence de la nuit.

Comble de malchance, il n’y a pas de place douillette dans la place commune, une sorte d’auberge. La pauvre doit donc accoucher sur la paille.

Dans la deuxième partie du récit, on doit regarder la scène avec ses yeux d’enfants : on nous raconte que cette nuit-là, des bergers veillaient à la belle étoile afin de surveiller leurs bêtes dans les champs.

Tout à coup une lumière se fit, ou, si vous aimez mieux, une illumination. Un ange apparut aux bergers. C’était probablement Gabriel, parce qu’il est habituellement le messager du ciel.

Le phénomène était grandiose. L’ange annonciateur n’était pas seul : une multitude d’anges l’accompagnaient. En réalité, une brèche du ciel était ouverte…

Effrayés par ce qu’ils voyaient, ils furent rassurés par l’ange annonciateur : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd'hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » En fait, il leur dit où trouver l’enfant.

Voici qu’en pleine nuit ou pour faire un peu dans la poésie, « dans le silence du jour » et, encore mieux, « dans un silence lumineux qui parle fort », est surgie une grande lumière. Et ce moment unique dans l’histoire de l’humanité, il nous est possible de le revivre à chaque jour, parce que c’est Noël à chaque seconde, à chaque instant où on ouvre son cœur à Dieu.

Enfin, une réflexion surgit en moi en lisant ce texte.

Imaginez juste un instant le périple de 145 kilomètres à la marche et à dos d’âne entre Nazareth et Bethléem. Marie a eu, inévitablement, bien des heures en silence à errer dans ses pensées.

Assurément, bien qu’elle soit accompagnée par Joseph, Marie est seule face à un vide qui paraît insoutenable. C’est dans ce silence qu’elle va rencontrer le Dieu enfant qui grandit en elle.

J’aime ce qu’écrit Bruno Jean Rutival [2] :

« Pour écouter il faut se taire. (…) Pour arriver à ce silence, condition essentielle de toute vie intérieure, que de chemins à parcourir! (…) La pénombre agrandit le silence. C’est dans cette économie de paroles inutiles, dans cette fragilité de lumière, que le silence monastique s’apprend. Un silence gagné sur le vacarme du monde; alors, la voix de l’homme (et de la femme) se redresse et monte, pure, vers Dieu – dans un silence visible, habité; et Dieu, quelques fois répond… »

Il ajoute : « Il n’est pas simple de reconnaître le silence lumineux. Très peu de choses le différencient de la taciturnité. Ce silence est un murmure presque imperceptible; il n’est pas facile de l’entendre, il l’est encore moins de l’écouter et de s’en imprégner. Pour le comprendre, il faudrait du bruit, des sons, de la musique, Là, on peut appréhender le bruit car il est parole, il est histoire, il peut devenir concerto mais alors, dans ce vacarme, comment ne pas s’enfuir, comment ne pas rechercher un silence absolu, acceptable, définitif? »

Et il ajoute enfin : « On sait qu’il est difficile d’entendre les mots s’il y a du bruit; alors, dans le silence… Dans le silence, il n’y a plus de mots, plus de sons, plus de concertos, plus de bruissements d’ailes de libellules ou de jacassements d’oiseaux : On est seul face à un vide qui paraît insoutenable. C’est dans ce silence que l’on va, peut-être, rencontrer Dieu, se rencontrer. »

Et c’est inévitablement, selon moi, ce qui est arrivé à Marie dans le silence de la route et dans celui de la nuit avant que surgisse la Lumière, l’enfant-dieu.

Jésus « nous portons vers toi, comme un appel, l’espoir des hommes d’aujourd’hui. Mûris le temps, hâte le jour. Et que lève sur terre ton Royaume ! » [3]

En ce jour, je fais mienne cette parole de saint Padre Pio : « Noël est chargé d’une tendresse, d’une douceur d’enfant qui me va droit au cœur. »[4]

____________________

[1] « En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. » » (Lc 2, 1-14)
[2] En collaboration, Val Notre-Dame – L’abbaye dans le bois, Mediaspaul, 2017
[3] Hymne « Tu es venu Seigneur », Laudes, jeudi, 33ème semaine du Temps Ordinaire, Année Impaire
[4] Padre Pio de Pietrelcina. Une pensée par jour, Médiaspaul, 1991

PAROLE ET VIE SPÉCIAL NOEL avec Roland Leclerc No 11 (1993) - En rappel

 


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 11 (1993).

SPÉCIAL NOEL 

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: La visite des mages a Bethléem; 
2- Les Œuvres du Toit de Bethléem, a Montréal; 
3- La crèche du Vieux Port de Montréal; 
4-La Maison du Père, a Montréal. Invités: Père Sylvio Michaud et frère Denis Gilbert, Trinitaires; 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent; 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle de l'étable de Noel; 
7-Le Père Noel du Complexe Desjardins; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: La préparation a Noel; 
9- Le comédien Paul Buissonneau lit un extrait de la bible.

 ______________________________________________ 
Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 11 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

EN MUSIQUE: Noel a la cathédrale de Joliette


LE PRÉSENT DU PASSÉ: L'histoire de Partage de Sœur Marie-Reine

L'histoire de Partage de Sœur Marie-Reine

Benoît Voyer


Après avoir enseigné la chimie dans un collège un peu bourgeois, sœur Marie-Reine Beaudry de la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe, s'est retrouvée, en 1983, dans le monde étrange de la pauvreté: celui des jeunes que la vie a maltraités, qui, pour oublier leur vide intérieur, s'adonnent à la drogue, à l'alcool et laisse le sexe prendre le pas sur leur capacité d'aimer.

«Ce dont ces jeunes ont besoin, c'est d'être traités en personne à part entière. Ils ont besoin de se savoir aimés pour eux-mêmes, pour la valeur qu'ils représentent comme hommes, comme femmes, pas seulement comme valeur marchande, comme potentiel de production ... », dit ce bout de religieuse au regard rieur et rempli d'émotions.

Partage Notre-Dame, la soupe populaire du petit centre-ville de Granby, est né le 2 mai 1983 grâce à l'ingénieuse idée de Lise Robitaille et de Caroline Choinière, des femmes assistées sociales, qui voyaient autour d'elles un urgent besoin.

Parti de rien, le Partage accueille quotidiennement jusqu'à 125 personnes. « Fais attention de ne pas trop mettre l'accent sur moi, car le projet est né du milieu. Lise et Caroline m'ont confié leur désir de servir des repas aux plus mal pris qu'elles. Je n'ai fait que les appuyer et les soutenir », confie l'humble octogénaire originaire de Saint-Marc-sur-Richelieu.

Elle s'était également exprimée de la sorte, en 1984, à l'occasion du premier anniversaire de l'œuvre: « Je n'ai presque rien fait pour ça ... Ce sont les bénéficiaires, les bénévoles, tous de l'aide sociale d'ailleurs, qui ont permis que le Partage survive et rende service aux plus démunis ». Pourtant, pendant de nombreuses années, c'est elle qui a veillé à ce que la cuisine soit approvisionnée, qui a quêté auprès de commanditaires pain, viande, légumes et produits laitiers et, quand cela a été nécessaire, a intercédé auprès des curés et du conseil de fabrique.

« Cela dépasse mon pouvoir. Allez voir le curé! », avait-elle lancé aux deux femmes. C'est ce qu'elles ont fait sans tarder.

« Regroupez 10 à 15 personnes qui pensent comme vous et revenez, mardi prochain, nous dire comment vous allez mettre votre projet en marche », avait conclu l'abbé Roland Pelletier.

«Elles ont donné suite! Tout était pensé et prévu», se souvient avec nostalgie la bonne sœur. «Elles ont même choisi le nom de l'organisme et sa patronne. Je voulais que le service soit gratuit, mais elles ont insisté pour que chaque dîneur paie 1$ à titre de contribution», ajoute-t-elle.

Rapidement se joignent au projet de nombreuses personnes: Pierre Plante, François Tétreault, Gilles Laplante, Reynald Perrault, Jeanne Labrecque, Sylvain, Blanchard, Yves Caouette, Chantal Auclair, Daniel Préfontaine, Fernand Viens, Lionel Chartrand, Nicole Dion, Bertrand Bussière et plusieurs autres.

La cuisine et la salle du bingo du sous-sol de l'église Notre-Dame étaient l'endroit tout indiqué pour le Partage. Depuis 1983, il n'a pas bougé.

Maurice Laplante devint le premier pourvoyeur de l'œuvre. Sa mission consistait à contacter les organismes de la région et les commerçants pour leur demander des dons en argent et en nourriture. L'équipe le baptisa du surnom de « ministre des affaires extérieurs ». Maurice était tellement heureux de cela qu'il épingla ce surnom sur son veston.

Alphonse Martin est chargé, à chaque semaine, de faire la cueillette des victuailles promises. Il sera succédé par Rachel Choinière.

Sœur Marie-Reine Beaudry, agente de pastorale à la paroisse, assume la correspondance, la comptabilité, le soutien et l'accompagnement des équipes. « Le vent de l'Esprit saint a traversé les rues de la ville de Granby et des localités environnantes. C'était vraiment touchant! C'est encore comme cela aujourd'hui!», ajoute-t-elle.

Elle aime se rappeler cette phrase du bienheureux Louis-Zéphirin Moreau, 4e évêque du diocèse de St-Hyacinthe, lors de la fondation de sa communauté religieuse, en 1877: « Si Dieu veut que l'œuvre dure, il vous enverra au jour le jour ce dont vous avez besoin ».

Il n'y a rien de parfait, même dans les œuvres nourries de vertus chrétiennes. Des difficultés et des conflits sont apparus et des erreurs ont été commises. Au départ, une série d'équipes instables se sont succédé, jusqu'à l'arrivée de Jeannine Carrier-Tremblay.

Malgré les épreuves, elles ont tenu le coup. À maintes reprises, elles ont manifesté leur fierté et leur joie d'avoir une place bien à eux dans la société.

À l'occasion du 1er anniversaire du Partage, François Rivard avait organisé tout un plat pour sœur Marie-Reine: présence de Paul-O. Trépanier, architecte et maire de Granby; plaque de reconnaissance; hommages écrits de personnalités importantes dont Pierre-Elliot Trudeau, Brian Mulroney, Jean Lapierre et Roger Paré...

« Le Partage Notre-Dame a révélé à la belle et fière ville de Granby la présence de personnes écrasées par des difficultés. Je me souviens de Horace Boivin qui a grandement contribué au développement de Granby « Quoi! Il y a des pauvres à Granby?» Je venais d'attaquer sa fierté », raconte sœur Marie-Reine Beaudry.

L'expérience de Jeannot Tremblay
« Le Partage Notre-Dame a été pour Jeannot une nouvelle raison de vivre après une vingtaine d'années d'intense solitude suite au départ de son mari qui l'a laissée tomber pour une plus jeune femme. Sa souffrance intérieure était tellement grande que ses humeurs étaient affectées. La mission auprès des pauvres l'a transformée » se souvient-elle de cette femme.

Aux dîners réguliers s'est ajouté la fête de Noël. Le nombre de participants est passé graduellement de 100 à 500 personnes.

En décembre 1993, Jeannot Tremblay est décorée du titre de personnalité du mois par la Voix de l'Est, le plus petit quotidien francophone d'Amérique. En février 1995, c'est au tour de sœur Marie-Reine Beaudry de recevoir la même distinction.

En 1995, terrassée par le cancer, Jeannine Carrier-Tremblay doit laisser à contrecœur la direction du Partage Notre-Dame. Roger Jodoin, le curé de la paroisse fait appel au service de sœur Marie-Reine qui vit retirée. Elle décède en août 1996.

En 1997, la Pastorale sociale du diocèse de St-Hyacinthe accorde le Prix Monseigneur Langevin au Partage Notre-Dame.

Le grain enterré en terre
« Le Partage, c'est le grain de sénevé déposé en terre par de jeunes assistés sociaux et qui a produit un grand arbre », témoigne la sympathique consacrée aux yeux bleus et aux cheveux blancs.

La bouffe c'est une affaire, mais ce n'est pas cela qui est le plus important au Partage Notre-Dame de Granby: « Ce n'est pas tant de les nourrir physiquement qui est important, mais de leur apprendre qui ils sont, leur faire prendre conscience de l'importance de leur participation à l'élaboration de demain ... », conclut sœur Marie-Reine Beaudry.

(Revue Sainte Anne, juin 1999, page 247)

23 décembre 2025

MON HISTOIRE: Un Noel de misère et d'amour

Jean-Pascal

Un Noel de misère et d'amour

Par Benoit Voyer
24 décembre 2025

Réal Marchessault du quotidien La Voix de l’Est a eu vent que Danielle et moi étions pour recevoir un panier de Noel des Chevaliers de Colomb. Au bout du fil, il me demande si j’acceptais qu’un journaliste soit présent lors de leur passage.

L’idée ne m’enchante pas beaucoup. Puisque je ne veux pas lui déplaire et, surtout, parce que je ne veux pas compromettre mes chances de pourvoir travailler un jour au journal, j’accepte.

Le reportage de Françoise Boutin [1] sera bien écrit et les propos juste. En revanche, exposer en public ma misère sera une humiliation que je porterai toute ma vie. Près de quarante ans plus tard, je suis toujours triste de lire ce portrait d’un moment de ma notre vie familiale. Il y a une honte qui habite toujours en moi.

Les derniers mois ont été difficiles. Le mariage de misère, la maladie, les hospitalisations, ma situation professionnelle précaire… Je ne suis vraiment pas à mon meilleur.

Ce qui me fait garder la tête hors de l’eau? Il se résume en trois point : ma foi et Dieu, le grand amour que je porte pour Danielle et Jean-Pascal, notre bébé neuf, qui est ma grande fierté.

La journaliste et les Chevaliers de Colomb se pointent :

« Toc toc toc! "En voilà une surprise," s'exclame Benoit en ouvrant la porte. Danielle, déjà cachée derrière son mari, s'efface rapidement pour laisser passer les quatre pères Noël en civil. Jean-Pascal, heureux dans son innocence, se laisse porter par sa curiosité d'enfant. Son regard est attiré par les deux paniers de provisions déposés sur la table.

Une visite éclair mais combien appréciée. L’émotion se lit sur le visage de Benoit Voyer et de Danielle Gingras. Ils font partie des 150 familles visitées par les Chevaliers de Colomb de Granby, dimanche après-midi. Jean-Pascal, petit bout de chou âge de 16 mois, n'a qu'une préоccupation, se faufiler jusqu'aux paniers de Noël, un terrain de jeu en puissance.

"L'an passé, nous avions présenté une demande écrite. On nous avait répondu par l'affirmative. Cette année, la boite de Noël est un cadeau surprise.

Danielle, plus expressive, se demande pourquoi ils ont été choisis. "Un grand sentiment de joie nous envahit, explique-t-elle. Benoît s'extériorise moins, il cache un peu plus ses émotions. A 21 ans, l'expérience a remplacé l'innocence.

Le choc passé, les langues se délient. "Ça fait plaisir, c'est un cadeau du ciel. Toutes les fois qu'on a dû affronter une baisse financière, une aide nous est tombée du ciel. On a un bon Dieu pour nous," expliquent Danielle et Benoit tout en déballant et en plaçant fébrilement les provisions dans les armoires et le réfrigérateur.

Pendant ce temps, Jean-Pascal, prend ses aises. Il s'installe confortablement dans un des paniers. Les délicieux baisers d'enfant qu'il distribuait à profusion sont devenus de juteux baisers. Pommes, yaourts, petits gâteaux, bonbons, tout l'attire.

"Noël est pour nous une fête spirituelle, une fête pour les enfants, la magie de Noel." Jean Pascal, complice, approuve doucement. Il croque à pleines dents dans une pomme, se fruit qu'il adore, mais qu'il n'a pas l'occasion de savourer souvent.

Pas d'argent pour s'offrir des cadeaux cette année. Malgré tout, Noël sera plus heureux, plus facile. C'est que la boite de Noël comble certains besoins primaires. Elle leur permettra de cuisiner plusieurs petits plats, et de recevoir quelques amis, "puisque l'homme est un être social, qui a besoin de communiquer, commente Benoit.

Modeste, très propre, l'appartement où vit le jeune couple ne reflète pas le Noël commercial véhiculé par les magasins. Seulement quelques lumières entourent la fenêtre du sous-sol et scintillent dans la nuit. Pas de sapin de Noel. Pourtant, ils sont heureux, c'est évident.

Finalement, Noel est mal placée. Les fins de mois sont dures. Les 200$ prévus dans le budget mensuel pour l'achat de la nourriture ne sont pas suffisants. "Toutes les personnes qui reçoivent des paniers de Noel en ont besoin," souligne Danielle.

Jean-Pascal joue, se promène, essaie de communiquer. Il s'approche très près des visiteurs. "Nous remontons la pente," relate Benoit. L'an passé, il est tombé gravement malade. Alité à la suite d'une mononucléose infectieuse, dégénérée en paralysie faciale du côté gauche, il a dû subir deux opérations, dont une de sept heures. Sa convalescence a duré plusieurs mois.

"Un passage, de dire Benoit. Leurs difficultés financières découlent d'une trop grande accumulation d'événements, mariage, naissance d'un enfant, surmenage, maladie.

Toutes les familles visées par les Chevaliers de Colomb vivent sous le seuil de la pauvreté. Leur salaire, c'est l’aide sociale. Les paniers de Noël contribuent temporairement à alléger le poids d'un Noel s'annonçant parfois trop creux. "Le courant de notre société serait peut-être différent si les privilégiés étaient un peu plus confrontés à la pauvreté", conclut Benoit Voyer.

Benoit Voyer, Danielle Gingras et Jean-Pascal.

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[1] Françoise Boutin. « Un Noël plus heureux pour Benoît, Danielle et Jean-Pascal - Les Chevaliers de Colomb leur ont réservé deux paniers de provisions », La Voix de l’Est, 24 décembre 1987, p. 3

Photos: Société d'histoire de la Haute-Yamaska P026-19871219-D05-P014 et P015





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VISION CATHOLIQUE: La Croix du Mont Royal

La Croix du Mont Royal

Par Benoit Voyer

23 décembre 2025

La veille de Noël 1642, quelques mois après la fondation de Ville-Marie, l’ancien nom de Montréal, le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saint-Pierre débordent.

À l’époque, la rivière Saint-Pierre prenait sa source dans les petits ruisseaux du mont Royal. Une branche se dirigeait dans le fleuve pas très loin de l’aqueduc montréalais, dans l’actuel arrondissement de Verdun. L’autre branche se terminait à la Pointe-à-Calière. Pas très loin de la falaise Saint-Jacques, elle remplissait le lac à la Loutre, qui était situé sur le site de l'actuel échangeur Turcot. L’île était jadis une grande forêt. De nos jours, avec l’urbanisation massive, la petite rivière a été canalisée.[1]

Paul Chomedey de Maisonneuve est inquiet. Il craint que des inondations envahissent le fort de Ville-Marie.

Homme de profonde foi chrétienne, il plante une croix près de la petite prière et s’en remet à la Providence divine pour sauver le fort. Il fait la promesse à son Dieu de planter une croix sur le mont Royal si l’emplacement est sauvé des eaux. Quelques heures plus tard, elles se retirèrent.

Au printemps 1643, il réalise l’objet de sa promesse. Dans les environs de l’actuel Grand Séminaire de Montréal, au nord de la rue Sherbrooke, une croix est érigée. Le site est davantage accessible que la cime du mont Royal. Cette croix est renversée et remplacée en 1650.

À partir de 1874, la Société Saint-Jean-Baptiste sème l’idée d’une nouvelle croix. La réalisation du projet se réalisera en 1924.

Initialement, on voulait recouvrir la croix de granite et aménager des observatoires dans chaque bras. Malheureusement, faute de financement, on opta pour une structure plus simple en métal. D’ailleurs, c’est grâce au travail des enfants montréalais que la croix a vu le jour. Dans les écoles, une vente de timbres faite par les élèves des écoles primaires et secondaires a été organisée. Vendus au prix de 5 cents chacun, la campagne de financement a permis d’amasser 15 000 $. Le terrain a été donné par la ville. [2]

La croix a été érigée par la Dominion Bridge Company. La société Montreal Light, Heat and Power, ancêtre d’Hydro-Québec, alimente en électricité les 240 ampoules de 50 watts qui illuminent la structure. D’ailleurs, chaque fois qu'une ampoule brûlait, un technicien devait escalader la structure pour la remplacer. En 1992, on dote la croix d'un système d'alimentation en fibre optique et d'ampoules DEL dont les couleurs peuvent être modifiées à distance en appuyant sur un bouton.

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[1] Wikipedia. Rivière Saint-Pierre (Montréal) https://fr.wikipedia.org/wiki/Rivi%C3%A8re_Saint-Pierre_(Montr%C3%A9al)
[2] Patrick MacIntyre. Il y a 100 ans, la croix du mont Royal s’illuminait pour la première fois, Ici Radio-Canada, 24 décembre 2024 https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2129065/centieme-anniversaire-croix-mont-royal

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

EN MUSIQUE: Noel a la cathédrale de Joliette


LE PRÉSENT DU PASSÉ: Selon le judaïsme le christianisme est une secte juive messianique

Selon le judaïsme


Le christianisme est une secte juive messianique

C'est à Montréal qu'il y a le plus grand nombre de rescapés de l'Holocauste. Il ne faut pas oublier ce qui s'est passé. Ils sont 6 millions qui ont été exterminés par le régime nazi durant la guerre mondiale. Un véritable carnage ! Un génocide organisé mondialement ! S'il y avait eu l'État d'Israël à ce moment, le drame n'aurait pas eu lieu. Les juifs auraient pu s'y réfugier. Schindler, Raoul Wallenberg et plusieurs autres non-juifs ont risqué leurs vies pour sauver plusieurs d'entre eux d'une mort certaine

Les premiers Juifs arrivent au Canada vers 1700. Il s'agit de la famille Hart. Monsieur Hart a d'ailleurs été le premier député juif à siéger à l'Assemblée nationale du Québec. Il était membre de la communauté séfarade

Actuellement, il y a 350 000 Juifs au Canada. Le plus gros regroupement est à Toronto, suit Montréal avec ses 100 000 personnes dont le quart sont séfarades et Vancouver.

Communauté séfarade
En 70 après Jésus-Christ, le royaume de Judée a été envahi par les Romains. Ce fut la destruction du second Temple de Jérusalem et l'expulsion des Juifs. Une partie de ceux-ci se sont dispersés dans l'Empire romain, c'est-à-dire qu'ils se sont établis un peu partout en Europe.

La communauté séfarade est cette partie du peuple juif qui s'est réfugiée en Espagne. Dans la langue hébraïque, le mot séfarade veut justement dire Espagne. Elle a traversé les siècles jusqu'en 1492, connu de nombreux régimes politiques et a vécu en harmonie avec l'islam et le catholicisme.

La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et la réunification de l'Espagne sous le règne d'Isabelle la Catholique qui décide d'entreprendre de chasser les Arabes et les Juifs d'Espagne, changent tout. Deux seules possibilités étaient offertes aux Juifs: se convertir au catholicisme ou quitter l'Espagne. Plusieurs ont accepté d'adhérer au catholicisme et d'autres l'ont fait, mais dans la réalité, continuaient à pratiquer le judaïsme dans l'intimité. Ces derniers, lorsqu'ils étaient découverts, étaient jugés par les tribunaux de l'inquisition et brûlés vifs sur le bûcher comme on le faisait alors pour les sorciers et sorcières

Un très grand nombre se sont exilés au Maroc où ils ont retrouvé d'autres communautés juives établies depuis plus de 2000 ans. Ils ont apporté avec eux leurs coutumes espagnoles comme les chants et la liturgie.

C'est donc d'Espagne que proviennent toutes les communautés séfarades du monde. Lors de leur fuite à cause d'Isabelle la Catholique, ils ont pris diverses directions pour éviter d'être mis à mort. Le quart des Juifs de la région de Montréal sont originaires de la branche marocaine. Ils sont francophones.

Les Juifs séfarades du Maroc ont commencé à s'établir au Québec vers la fin des années 1950. Il y a eu deux fortes vagues d'immigration en 1967 et en 1973. « Actuellement, il y a quelques séfarades libanais qui sont francophones comme moi, des Juifs d'Irak qui sont plutôt anglophones et quelques familles d'Algérie et de Tunisie », explique M. Benchetrit.

Lorsqu'ils sont arrivés au Canada, ils ont trouvé ici une communauté ashkénaze (anglophone) bien établie depuis le début du 19e siècle qui les a aidés à s'établir avec leurs structures

« Mais nous avons voulu avoir notre identité propre, c'est-à-dire que nous étions une minorité à l'intérieur d'une autre minorité et nous avons tenu à garder notre francophonie, à garder nos habitudes qui sont différentes des Juifs anglophones : au niveau culturel, culinaire (puisque nous avons vécu en pays arabe) et liturgique (elle est plus près du monde oriental). C'est le patrimoine séfarade que nous voulons garder tout en étant solidaires de la communauté juive montréalaise », ajoute le bedonnant gaillard

Depuis 32 ans, la communauté séfarade du Québec qui a son bureau principal devant la station de métro Côte Sainte-Catherine, à Montréal, s'est donnée des structures administratives et a établi des écoles juives francophones. Ces institutions regroupent 1200 élèves.

La Communauté séfarade est bien organisée à Montréal. En plus de son fort secteur commercial, de ses boucheries kashers, de son club de l'âge d'or, elle a des associations étudiantes bien implantées dans les universités et Cégeps de la métropole québécoise.

613 commandements
Avec ses 613 commandements le judaïsme est bien plus un mode de vie qu'une religion de la loi.

«Je dirais qu'un bon juif devrait accomplir 613 commandements par jour. Du lever au coucher du jour tout est rattaché à Dieu. Voici des exemples : lorsque vous buvez un verre d'eau vous dites une bénédiction, vous remerciez Dieu. Vous mangez un morceau de pain, il y a une prière. Vous mangez un fruit, il y a une prière selon la nature de chaque fruit. Lorsque vous vous levez le matin, vous remerciez Dieu d'être en vie. Vous vous couchez le soir en faisant une prière [...] »

Chez les juifs, il y a des commandements positifs « tu ne feras pas ... » Parmi ces commandements, il y a des lois alimentaires précises.

Les Juifs ne peuvent manger que des aliments qui ont été certifiés par un conseil rabbinique. Il y a des animaux qu'ils ne peuvent pas manger. Le porc en est l’exemple.

L'exemple de la loi précédente est tiré de la Torah - nom que les Juifs donnent aux livres bibliques du Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombre et Deutéronome).

Religion de la loi ? Les commandements du Pentateuque (les lois de Moïse) sont le mode de vie qu'a adopté le peuple juif. Des lois qui deviennent pleines de sens à cause de leur amour pour Dieu et par respect de sa Création. Le mot amour rappelle le grand commandement de Jésus. Vu de cette manière, le judaïsme et le catholicisme ne sont pas si loin l'un de l'autre

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, mars 1999, pages 110 et 142)

22 décembre 2025

HISTOIRE: Au lac de l’Est, en décembre 1930

Le lac de l'Est
Au lac de l’Est, en décembre 1930

Par Benoit Voyer

22 décembre 2025

En 1930, dans le Haut-Pays du Kamouraska, sur les terres publiques de Mont-Carmel situées sur la rive est [1], un groupe d’hommes et de femmes forme une petite communauté nommée la « mission du lac de l’Est ». Pendant que les hommes travaillent à exploiter la forêt pour le compte des frères Plourde, les femmes s’occupent de leurs marmailles. Du 19ᵉ siècle jusqu'aux années 1960, le lac est utilisé par l'industrie forestière pour l'alimentation des moulins à scie et le flottage du bois.

Le secteur est également habité par quelques familles de la première nation Wolastoqiyik, communément appelée « les Malécites ». Les Wolastoqiyik l’appellent le lac Kijemquispam. Ce nom apparaitra pour la première fois sur une carte toponymique en 1944. Il s’agit d’un mot en wolastoq, la langue parlée par les Wolastoqiyik.

La chapelle
Dans la petite chapelle en bois construite en 1926, tous vont à la messe lorsque le prêtre catholique est de passage. En ce début des années 1930, c’est l’abbé Albert Dionne qui est le desservant. Ce lieu de prière est aussi l'endroit où les quelques enfants de la communauté vont à l’école et où se rassemble au besoin la petite communauté.


Bien installé sur la grève, le lac de l’Est est une place magnifique pour la pêche. L’eau est claire et y vivent de nombreuses espèces de poissons délicieuses à savourer, notamment le touladi, l'omble de fontaine, la perchaude, le corégone, la ouananiche et la lotte.

Le lac est situé sur la frontière canado-américaine. De l’autre bord, au loin, c’est le comté d’Aroostook, dans l’État du Maine. La municipalité américaine la plus proche est Allagash.

En canot, si on suit le courant des eaux, on naviguera sur le petit lac de l’Est et la rivière Chimenticook, un affluent du fleuve Saint-Jean.

Gabriel, Isabelle et Roméo Voyer a lac de l'Est
À environ deux kilomètres de la chapelle, la famille d’Edgar Voyer et Alice Chenard est une des rares qui détient des droits de propriété. Leur lot est sur une pointe de terre située sur la rive du lac et un petit cours d’eau qui sera connu du nom de “ruisseau Voyer”, faisant référence, bien entendu, aux occupants à son embouchure.


Leur maison en bois est construite au centre de la propriété. Sur le bord de la maison, Alice Chenard, la mère de famille, y a planté quelques fleurs, des « annuelles ».[2].

C’est à cet endroit, au cœur de la forêt enneigée, que le 23 décembre 1930 Alice donne naissance à Roméo, qui sera le dernier marmot du couple. Après les douleurs de l’accouchement, le « p’tit Méo » sera rapidement entouré de ses frères et sœurs : Camille, l’aîné né en 1912, Jean-Marie, Madeleine, Isabelle, Germaine, Rachel et Gabriel. Jeanne-Mance n’a vécu que quelques heures.

Roméo a lac de l'Est
Le lundi 25 décembre 1930, jour de Noël, le bambin est baptisé dans la petite chapelle de la mission par l’abbé Albert Dionne. Il reçoit les prénoms de Joseph, Henri et Roméo. Ses parrain et marraine sont Sigefroid Lizotte [3] et Bertha Dionne [4], un couple de voisins [5]. Le même jour, dans la chapelle, on baptise aussi Léo Gauvin, fils de Charles Gauvin et Alice Marquis. Le journal Le Peuple du 9 janvier 1931 [6] fera écho à ces nouvelles naissances.


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[1] Le Lac de l’Est, Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_de_l%27Est_(Kamouraska)
[2] Lors de ma visite du site, en 2013, elles étaient les reines du site puisque la maison n’existe plus.
[3] Né le 19 octobre 1897 et décédé le 12 février 1960. Inhumé dans le cimetière de Saint-Philippe-de-Néri
[4] Née le 24 juillet 1906 et décédée le 21 mars 1976. Inhumée dans le cimetière de Saint-Philippe-de-Néri
[5] En 1932, Edgar et Alice seront les parrain et marraine de leur fille Bartha Lizotte
[6] Le Peuple, 9 janvier 1931, p. 1 - numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4020518?docsearchtext=le%20peuple%209%20janvier%201931




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VISION CATHOLIQUE: La première crèche

La première crèche

Par Benoît Voyer

22 décembre 2025

En 1223, à Rome, François d'Assise obtient la permission du pape d'aller a Greccio pour célébrer la naissance de Jésus, convoquer ses frères et inviter les gens de cette région à fêter cet événement.

C'est son ami, le chevalier Vélita, qui s'occupe des préparatifs. Tout est réalisé selon les instructions données par François: un autel dressé en plein air, une crèche, un bœuf et un âne. Cela représente de façon simple l'étable de Bethléem où naquit le Christ.

Quand arrive minuit, les Frères mineurs s’en vont vers le bois avec une foule de montagnards qui portent des torches et quelques instruments de musique. Lors de cette humble célébration, le saint d'Assise remplit l'office de diacres et prêche simplement.

C'est, malgré tout, aux Jésuites et aux Oratoriens que nous devons les crèches que nous connaissons aujourd'hui. Ce sont eux qui ont particulièrement travaillé à sa promotion. Ils répondaient ainsi à deux préoccupations de l'époque, soit de s'opposer à la Réforme protestante, car les auteurs de la grande division s'acharnaient à vouloir détruire les images pieuses - le peuple catholique, pour argumenter, allait les multiplier - arrêter la « Célébration des mystères ». Cette fête s'éloignait souvent de la tradition biblique et des directives du clergé.

Plus tard, Ignace de Loyola précisera davantage le sens de la crèche: « Voir le lieu. Ici, par le regard de l'imagination, voir le chemin de Nazareth à Bethléem. Regarder aussi, l'emplacement de la grotte de la Nativité; si elle était grande ou petite, comment elle était préparée ».

Ignace poursuivait: « Voir Notre-Dame, Joseph, la servante et l'enfant Jésus après qu'il soit né ... Et, moi qui les regarde, qui les contemple et les sert dans leurs besoins, comme si je me trouvais présent ... Et réfléchir, ensuite, en moi-même afin de tirer quelques profit ».

Depuis cette noble époque sont apparues, selon les régions du globe où elles sont fabriquées, des crèches aux multiples variantes. Au Canada, elles auront de la neige, aux Philippines un air amérindien et sur le continent noir, les personnages seront africains.

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

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LE PRÉSENT DU PASSÉ: Benoit Houle

Benoît Houle


Dans l'ombre depuis 28 ans

L'authenticité, l'amour des autres et la douceur sont de grandes qualités intérieures de Benoît Houle, co-fondateur, avec l'abbé Gérard Bossé, de l'Auberge Sous mon Toit de Granby. Il est timide, discret et très modeste.

Depuis 28 ans, c'est à son ami prêtre qu'il renvoie tous les éloges adressés à cet important organisme consacré aux jeunes hommes de 18 à 30 ans. Pourtant, la petite maison de chambres est devenue ce qu'elle est aujourd'hui grâce à ses innombrables heures de travail.

Benoît Houle est né le 2 mai 1949 à l'Hôpital Saint-Joseph (Centre hospitalier de Granby). Il est le 7e marmot de Clémentine, une ex-sage femme, et de Ernest Houle, un journalier, décédé l'an dernier. Le couple a donné la vie à quinze magnifiques enfants.

Il a grandi au 15, rue Bérard où sa mère habite toujours la maison familiale. Cette maison est située au cœur de la paroisse Saint-Benoît de Granby. C'est d'ailleurs à cause de cette église où il a été baptisé (dans les premiers de cette paroisse) qu'il porte son prénom. Après ses années scolaires à l'école Saint- Benoît de Granby (primaire) et au Collège des Maristes d'Iberville (cours classique), il abandonne ses études et devient journalier, comme son père. « Lorsque j'ai terminé ma 11e année ma mère m'a dit: pour un gars, c'est assez une 11e année! Pour les filles, elle disait qu'une 9e année suffisait», dit-il.

Après deux ans et demi, il se lance en informatique à la Laiterie Leclerc. « C’étaient les premiers ordinateurs. Ils étaient gros comme trois réfrigérateurs (!) avec de grosses bobines et des lecteurs avec cartes perforées », se souvient l'homme à la moustache.

De la J.O.C. à l'Auberge
Suite à l'invitation d'un ami de l'usine et les bonnes recommandations de sa mère qui avait déjà été membre de la Jeunesse ouvrière catholique (J.O.C.), il se joint au début de la vingtaine à ce mouvement. Rapidement, il devient président de la section locale de l'œuvre. À l'automne 1970, l'idée de bâtir une maison d'hébergement surgit au sein de la cellule de réflexion. Rapidement, une enquête sur la pauvreté débute dans la localité granbyenne. Un sondage est organisé auprès de tous les organismes de la municipalité. Tous sont consultés sur le projet. Puisque le groupe se montrait ouvert aux idées des gens, la population a appuyé la naissance de ce qui allait devenir l'Auberge Sous mon toit. Il n'y a pas eu d'opposition au projet. Le 1er mai 1971, Benoît Houle quitte son emploi pour se consacrer entièrement à l'œuvre.

« Lorsque j'ai vu l'annonce que nous pourrions avoir une subvention gouvernementale, j'ai abandonné mon emploi et j'ai dit à l'abbé Bossé: moi, je vais m'occuper de ce projet à plein temps! L'abbé fut surpris de cette décision impulsive, mais n'a pas dit non. Puisque nous avions ramassé un peu de dons en argent, l'abbé m'a dit: on va te donner 50$ par semaine pour être capable de vivre », se rappelle-t-il, toujours passionné par ce projet qui lui tient à cœur comme à cette époque.

Il poursuit: « J’ai travaillé pendant huit mois au projet de l'auberge avant son ouverture, le 1er novembre 1971. Nous n'avions pas encore de pensionnaires. Nous quêtions des dons en argent et en meubles. Nous avons visité plusieurs maisons d'hébergement un peu partout au Québec pour connaître les problèmes qu'elles vivaient afin d'éviter les mêmes erreurs. C'est là que j'ai appris qu'il ne faut jamais mettre deux gars dans la même chambre! Deux mois après l'ouverture, notre centre pour les hommes était plein à craquer! »

Un port d'attache
Lorsque le jeune arrive à l'Auberge Sous mon toit, il n'a plus de ressources où se tourner: il a été mis à la porte de son logement ou il n'a plus un sou en poche tentant de survivre avec un maigre chèque du ministère de la Sécurité du revenu du Québec. Il est révolté face à la société et ne sait pas comment se trouver du travail. À d'autres moments, il arrive déprimé, voire en situation de dépression.

Comment aider un jeune homme à se sortir de la misère? « Il faut créer un port d'attache. À cet âge, les parents ne comptent plus. Pour le gars qui est ici, la famille n'existe pas vraiment. Il commence à changer quand le sentiment d'appartenance à l'Auberge devient fort. La maison devient un port d'attache. Il pourra naviguer bien loin sur la mer de la vie, mais saura qu'il y a un port où il peut accoster lors de tempêtes », explique Benoît Houle.

Le matin de l'interview, un gars en réhabilitation à la suite d'un méfait public et qui habite à l'Auberge lui expose son questionnement: « Dans un mois, je vais avoir ma libération conditionnelle. Je ne sais pas si je dois retourner à Québec (son lieu d'origine) ou si je dois aller à Trois-Rivières où est ma fille de seize mois ». Il lui répond: «Écoute! Si tu t'en vas sur la route et qu'il y a de la brume, il ne faut pas prendre une route au hasard. Ce qui me paraît simple est de rester là où tu es. À un moment donné, la route va s'éclairer et tu vas savoir la route qu'il faut prendre. Une bonne décision n'est jamais facile à prendre! Il faut que cela coule comme une rivière! » C'est ce que l'homme en réhabilitation a décidé de faire.

Pour créer la confiance
La recette de Benoît Houle pour créer un lien avec une personne est simple: il s'agit de dépasser la limite de ce qui paraît normal.

Il y a quelques mois, un autre résident lui demande d'aller le conduire en automobile à quelques minutes de l'Auberge pour faire de l'auto-stop jusqu'à la ville voisine. Benoît Houle lui propose de l'accompagner jusqu'à sa destination pour lui éviter de perdre du temps à « faire du pouce », de l'attendre et de revenir avec lui. « Le gars a tellement été touché par ce simple geste qu'il m'a rendu ce service des dizaines de fois depuis ce temps. J'en suis parfois gêné. Ce gars-là est devenu une personne généreuse envers les autres. Il suffisait d'un si petit geste qui dépassait ses attentes pour qu'il évolue un peu », renchérit-il.

Pour aider un jeune homme à grandir, il faut juste attendre le moment où quelque chose est important afin de « dépasser la coche ». C'est comme un moment magique où la transformation commence à se faire.

Et la foi?
Officiellement, l'Auberge sous mon toit est un organisme catholique. L'évangélisation se fait par l'action. Excluant la messe de Noël et la bénédiction du pape qui est fièrement affichée à l'entrée de la maison, il est rare qu'il soit question ouvertement de la foi. Tout se fait discrètement.

Quelquefois, Benoît Houle parle de son expérience spirituelle qu'il souhaite voir imitée par ses gars: « À chaque matin, j'écris une lettre à Dieu. J'écris ce que je pense qu'il me dit. Je lui donne la parole. Et quand je termine, c'est toujours une grande paix que je ressens. On dirait que je suis prêt à affronter la nervosité, le stress et le travail qui s'en vient. C'est ce que je dis aux gars qui me demandent comment je fais pour rester calme. »

Pour ce Catholique qui fréquente régulièrement la messe, le véritable problème qui se cache derrière le mal de vivre d'un grand nombre de Québécois, c'est le manque de spiritualité. « Je suis persuadé qu'en Inde ça va mieux qu'ici, même si ce pays est économiquement pauvre! », conclut-il.

Malgré les années qui passent et que l'œuvre n'entretient plus de liens avec la J.O.C. depuis 1983, Benoît Houle demeure fidèle aux valeurs chrétiennes qui habitent en lui et à l'Auberge Sous mon toit qu'il a fondée avec l'abbé Gérard Bossé. Voilà une inspiration de la vie spirituelle en action à imiter.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, avril 1999, page 151)