L'odorat est un allié insoupçonné de la santé du cerveau
Par Benoit Voyer
30 juillet 2026
La perte de l'odorat pourrait être l'un des premiers signes d'un déclin de la santé cérébrale, parfois jusqu'à dix ans avant l'apparition des symptômes de maladies comme l'Alzheimer ou le Parkinson. Des recherches préliminaires suggèrent qu'un simple entraînement olfactif – sentir régulièrement différentes odeurs de façon consciente – pourrait stimuler la neuroplasticité du cerveau et contribuer au maintien de certaines fonctions cognitives, comme la mémoire et l'attention. Ces premiers résultats sont encourageants, tout en appelant à la prudence.
Dans son article paru le 14 juillet 2026 dans le Washington Post, sous le titre How improving your sense of smell could save your brain, le neuroscientifique et journaliste scientifique Richard Sima rappelle que l'odorat est directement relié à des régions du cerveau associées à la mémoire, aux émotions et à la cognition. Longtemps nsous-estimé, ce sens pourrait devenir un outil précieux pour le dépistage précoce de certaines maladies neurologiques et, peut-être, pour préserver la santé du cerveau en vieillissant.
Qu'est-ce que la neuroplasticité? Il s'agit de l’étonnante capacité du cerveau à se modifier tout au long de la vie. Contrairement à ce que l'on a longtemps pensé, le cerveau n'est pas un organe figé : il peut créer de nouvelles connexions entre ses neurones, renforcer ou affaiblir certains circuits et même réorganiser son fonctionnement en réponse aux apprentissages, aux expériences ou à une blessure. C'est cette faculté qui permet à l’être humain d'apprendre, de développer de nouvelles habiletés et, dans certains cas, de récupérer après une lésion cérébrale. C’est pourquoi les chercheurs s'intéressent de plus en plus aux activités susceptibles de stimuler cette plasticité, dont l'entraînement de l'odorat fait désormais partie des pistes à l'étude.
Cette nouvelle compréhension du cerveau ouvre des perspectives encourageantes. Les dernières recherches montrent que le cerveau conserve, même en vieillissant, une étonnante capacité d'adaptation. Sans être une solution miracle, la neuroplasticité rappelle que des gestes aussi variés que l'apprentissage, l'activité physique, un sommeil de qualité, les relations sociales et peut-être même l'entraînement de l'odorat, peuvent contribuer à entretenir les fonctions cérébrales. En somme, il est important de prendre soin de son cerveau tout au long de la vie.
