Par Benoit Voyer
1er aout 2026
Pour Rolande Parrot [1], la spiritualité chrétienne est une voie privilégiée à explorer lorsque survient dans sa vie une crise. Elle donne des pistes intéressantes qui amènent l'humain à mieux vivre les difficultés de la vie. Lorsqu'elles surviennent, il y a – notamment – deux éléments à toujours avoir en mémoire.
Le côté philosophique du concept élémentaire de la résurrection enseigne qu'il y a toujours un matin de Pâques après un Vendredi saint, c'est-à-dire qu'il y a de grandes expériences de vie à la suite des épreuves. Après la pluie le beau temps quoi !
De plus, « quand j'entre en crise, je me dis toujours, en premier, que l'Esprit Saint parle par les événements. Je me questionne : comment est-il présent dans ce qui m'arrive ? Qu'est-ce qu'il veut m'enseigner ? Où veut-il me conduire ? Il y a toujours, pour les gens qui restent ouverts, un appel intérieur à une certaine spiritualité. Celle-ci vient chercher tout l'être dans son orientation et son devenir », renchérit-elle.
Désirer Dieu
Qu'est-ce qu'il faut faire pour reprendre contact avec Dieu, après l'avoir mis de côté, ou comment le rencontrer de manière sensible, voire significative ?
La dame pense que chaque personne doit se donner des lieux pour favoriser cette rencontre personnelle avec le Dieu révélé par Jésus-Christ. Elle donne en exemples les petits groupes de partage de la foi et le retrait, pour quelques heures, quelques jours ou quelques semaines dans une abbaye.
Elle encourage aussi la lecture, à petite dose, de traités de spiritualité chrétienne. De son côté, elle ne cache pas son grand intérêt pour les exercices spirituels de saint Ignace de Loyola.
Elle insiste : « Ce qui est encore plus important, c'est surtout de faire naître le désir de rencontrer Dieu ou de le retrouver. Il suffit de demander ! Personnellement, lorsque j'entre en période où j'ai le cœur froid, c'est ce que je fais ! Il n'est pas nécessaire de longues prières. Il suffit de la faire comme elle vient ! Il suffit de demander avec la vérité de ce que je porte ! »
Sous l’angle de la spiritualité chrétienne, « en étant en relation avec l'une ou l'autre des personnes de la Trinité, il y a des éléments fondamentaux qui se dévoilent à moi-même, des éléments qui me montrent ma grandeur et ma misère. Pour plusieurs grands mystiques, se connaître soi-même se réalise en accédant à Dieu », dit de son côté la psychoéducatrice et psychothérapeute Louise Couture [2].
Elle insiste : « La souffrance apparaît. Elle n'est pas donnée par Dieu. Elle est là parce que nous sommes créés libres. Elle est présente à cause de nos choix. Il nous est donc possible de faire des erreurs. Les épreuves convertissent l'humain. Elles densifient sa vie intérieure. Et, la souffrance, nous n'avons pas besoin de la rechercher. De toute manière cela serait anti-chrétien. La souffrance est là ! Nous ne pouvons que l'accueillir en lui donnant un sens. Elle nous interpelle à nous connaître en vérité. « La vérité te rendra libre… » (Jn 8, 32).
Notre société semble très malade
Nous avons abandonné des balises essentielles pour bien vivre la vie humaine et pour être heureux. Celles-ci sont des repères vitaux.
Louise Couture explique : « Lors des crises sociales, on a jeté dans bien des situations le bébé avec l'eau du bain. Je pense en particulier à l'évacuation des valeurs religieuses. Il est dangereux de penser que l'humain est le commencement et la fin de tout et qu'il se suffit à lui-même. « L'humain n'est pas sa propre finitude. »
Pour elle, la foi chrétienne apporte un plus au cheminement intérieur de l'humain : « Elle propose de devenir des personnes épanouies et ancrées dans des valeurs profondes. Elle interroge les gens. »
En ce sens, la foi apporte de plus à la psychologie : « La psychologie ne peut pas sauver, c'est-à-dire guérir. Cette science est nécessaire et j'y crois. Cependant, elle n'est pas une finalité. Il n'y a que Dieu qui peut guérir profondément l'intériorité humaine. Chez mes clients, lorsqu'il y a une ouverture à la spiritualité, tout est différent dans le processus de guérison. La foi et la psychologie sont les deux jambes nécessaires pour que le cœur soit vivifié. Ils s'interpellent l'un et l'autre. Il faut les articuler ensemble tout en gardant bien leurs spécificités. »
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[1] Benoit Voyer. « Rolande Parrot », Revue Sainte-Anne, octobre 2001, pp. 391 et 398.
[2] Benoit Voyer. « Louise Couture, psychoéducatrice et psychothérapeute » Revue Sainte Anne, juillet-août 2004, pp. 297 et 300.
