GRANBY – Le père Émilien Tardif est mort le 8 juin dernier, à l'âge de 71 ans, d'un infarctus, dans la ville de Cordoba, en Argentine, où il prêchait une retraite à 300 prêtres.
Son décès surprend plusieurs personnes qui ont été touchées par son ministère presbytéral un peu particulier.
En septembre 1956, le père Tardif s'installa dans la République de Saint-Domingue et devint missionnaire du Sacré-Cœur, puis provincial de la congrégation. En 1973, il dut rentrer au Canada pour être hospitalisé d'urgence à cause d'une tuberculose pulmonaire. Les médecins lui annoncèrent qu'il aurait besoin d'un an de traitements.
« Après que les médecins m'aient fait tous ces examens et avant qu'ils ne commencent leurs traitements, je me souviens que cinq personnes d'un groupe de prière charismatique du Québec sont venues me voir. Elles ont prié pour moi dans la chambre de l'hôpital et le Seigneur m'a guéri en trois ou quatre jours », racontait souvent le père Tardif. Ces gens étaient des catholiques de la région de Granby.
Après cet événement, le père Tardif décida d'approfondir la spiritualité du renouveau charismatique catholique et de participer à des retraites et des rassemblements. En novembre 1973, il reçut un charisme de guérison. « Ce fut pour moi un formidable instrument du Seigneur pour accompagner mon travail d'évangélisation. »
Il revint à Saint-Domingue mais commença à voyager à travers le monde entier, où il attirait des foules immenses. Il y a 22 ans, il fonda la communauté des Serviteurs du Christ Vivant, présente actuellement dans plusieurs pays d'Europe et d'Amérique. Selon Giovanni Manzo, membre de la communauté en Italie, le père Tardif disait toujours qu'au moment de sa mort la première chose qu'il demanderait au Père serait : « Pourquoi guéris-tu certaines personnes et pas d'autres? », une preuve de l'humilité de ce prêtre qui n'a jamais cherché à être que le serviteur de Dieu, l'humble instrument de son amour auprès de ceux qui souffrent.
Il devait revenir au monastère des Trinitaires de Granby pour animer une fin de semaine de prières pour les malades, en septembre 2000. Il aimait Granby où il avait de nombreux amis et où il a fréquenté le défunt père Jean-Paul Régimbal, décédé en 1988.
(Le Plus de la Voix de l’Est, 19 juin 1999, p. 4.)
*L’article n’est pas signé, mais il a été écrit par Benoit Voyer, responsable des communications de la maison des Trinitaires, à Granby)
