L'enfance spirituelle


L'enfance spirituelle

Par Jean-Paul Regimbal (1977)

Le plan de l’amour de Dieu: Frères, puisque Dieu a ainsi manifesté sa bonté envers nous, je vous engage à lui consacrer votre être entier en une offrande vivante, réservée pour lui et qu’il puisse accepter. C’est là le véritable culte que vous lui devez. Ne laissez pas le monde autour de vous vous imposer son mode de vie. Mais plutôt, laissez Dieu transformer de l’intérieur toute votre mentalité et vous verrez alors, dans la pratique, que le plan de Dieu pour vous est bon, qu’il accomplit sa volonté et qu’il vous fait parvenir à la pleine maturité (Rm 12, 1-2)

Introduction
La croissance rapide du renouveau charismatique dans les pays francophones a stimulé plusieurs d’entre nous a répondre à un désir unanime: des cours d’approfondissement spirituel pour faire suite à l’expérience enrichissante de l’effusion de l’Esprit. En effet, chacun se rend bien compte qu’après les premières heures d’euphorie spirituelle, il fallait bien en arriver à une connaissance plus exacte de tous les mystères de la foi pour en vivre plus pleinement.

L’effusion de l’Esprit ou le baptême dans l’Esprit saint n’est pas un but à atteindre ni même un point d’arrivée d’où l’on ne doit plus bouger; bien au contraire, c’est une porte par laquelle on entre dans une plus grande abondance de vie dans le Saint-Esprit. C’est un événement qui devient un nouveau mode de vie dans lequel les manifestations charismatiques ont souvent une place... Ce qui caractérise ce nouveau mode de vie, c’est l’amour de la Parole de Dieu, la ferveur dans la prière et le témoignage dans le monde et au monde, ainsi que le souci de vivre sous l’emprise de l’Esprit saint (Dialogue pour l’unité de l’Église, Rome,3 septembre 1970).

Selon le principe bien connu en théologie: “la grâce se greffe toujours et nécessairement sur la nature”, nous avons voulu expliciter les principales étapes de la croissance de la vie dans l’Esprit en nous basant sur les quatre étapes fondamentales du processus de croissance dans la vie humaine. C’est pourquoi nous en arrivons à une présentation en quatre stades:

1-L'enfance spirituelle
2-L'adolescence spirituelle
3-Maturité spirituelle
4-La sagesse spirituelle

Pour l’instant, nous nous limitons au premier point: L’enfance spirituelle. Au départ, il ne faut pas confondre ce que nous disons sur l’enfance spirituelle avec la spiritualité thérésienne de la voie d’enfance spirituelle puisque la petite Thérèse fait une synthèse de la spiritualité d’abandon total, libre et joyeux a la volonté amoureuse du Père ce qui, loin d’être un départ, est un sommet spirituel pour les géants de la foi.

Ce dont nous traitons ici est beaucoup plus modeste et beaucoup plus simple puisqu’elle veut décrire la période des découvertes initiales, le stage des apprentissages spirituels et l’insertion ecclésiale ainsi que la pratique sacramentelle de ces personnes qui viennent de faire la découverte merveilleuse du baptême dans le Saint-Esprit

A- La période des découvertes initiales
L’effusion de l’Esprit produit chez un très grand nombre un état spirituel d’émerveillement ou le sujet semble renaitre à sa foi, aux révélations de la Parole et a l’expérience savoureuse de la présence de Dieu. On pourrait la comparer à une sorte de “lune de miel” avec l’Esprit saint. Toutefois, cette expérience du mont Thabor ne peut durer perpétuellement bien qu’on aimerait y fixer sa tente comme le disait Pierre à Jésus au cours de la transfiguration. Le retour aux humbles réalités de la vie quotidienne quoique moins exaltantes que les sommets lumineux de la rencontre avec le Seigneur est néanmoins très nécessaire pour une incarnation concrète et significative des valeurs de l’évangile.

A travers ce vécu chrétien maintenant plus conscient et mieux assumé, le croyant est en mesure d’explorer les nombreuses facettes du grand mystère de l’alliance : Dieu m’a aimé le premier, Dieu m’aime tel que je suis, Dieu est fidèle à ses promesses, Jésus a porté à son sommet l’alliance nouvelle en son sang, c’est donc vrai que je fais partie de cette race élue, de ce peuple choisi par le Seigneur et ordonné à une triple mission sacerdotale, royale et prophétique. Dans ce contexte, la sainte bible n’est plus simplement une anthologie de récits inspirés mais bien une lettre d’amour écrite par le Père aux croyants, un contrat de mariage entre Dieu et son peuple et le Verbe de Dieu vient dire en personne qui est le Père et tout l’amour qu’il a pour nous.

Rencontre avec le Père
C’est la découverte de Dieu dans une relation d’intimité jusqu’alors inconnue, c’est la joie de pouvoir appeler Abba, Papa, le créateur de toutes choses visibles et invisibles. C’est la fierté de pouvoir s’écrier, face aux merveilles qui nous entourent : « C’est mon papa qui a fait ça! » Comme le petit enfant qui s’abandonne joyeusement à la puissance de son Père, ainsi le nouveau croyant renouvelé dans l’Esprit redécouvre avec un cœur nouveau l’ensemble de ses relations avec son Père bien-aimé : confiance, louange, intimité, dialogue, tendresse, adoration et dépendance radicale de ce « Père-Providence » qui s’est révélé « amour agape ».
« En ceci consiste son amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés le premier et qui a envoyé son Fils en victime de propiation pour nos péchés » (Jn 1, 4-10).

Rencontre avec le Fils

Au cœur de l’expérience charismatique, se situe la rencontre avec le Christ Jésus vivant et vrai, ressuscité d’entre les morts et toujours présent au sein de son peuple. C’est pourquoi il est normal qu’après la fulgurante expérience de l’effusion dans l’Esprit, le croyant approfondisse sa relation d’amour et d’intimité avec le bien-aimé Seigneur, Jésus de Nazareth. Le nouveau testament n’est plus simplement un récit de faits passés concernant la personne de Jésus il y a deux mille ans, mais devient source de révélation de tous les divers aspects des mystères du Christ. Désormais les mots prennent une résonnance nouvelle, notamment ceux de Seigneur, sauveur, libérateur, rédempteur et prêtre de l’alliance nouvelle en son sang. Saint Paul décrit très bien ce qui se passe dans le cœur du croyant lorsque tout à coup on passe d’une foi obscure a une foi éclairée : « Mais leur pensée s’est obscurcie. Jusqu’à ce jour en effet, lorsqu’on lit l’ancien testament, ce même voile demeure. Il n’est point levé, car le Christ qui le fait disparaitre. Oui jusqu’à ce jour, lors de la lecture de Moise, un voile est posé sur leur cœur. C’est quand on se convertit au Seigneur que le voile tombe. Car le Seigneur, c’est l’Esprit, et où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Co 3, 14-17).

La ligne de la croissance se dessine progressivement lorsque le sujet passe du croyant a fidèle, de fidèle à disciple, de disciple a témoin, de témoin a intercesseur et d’intercesseur a contemplatif. La personnalité de Jésus devient de plus en plus séductrice et les yeux du cœur vont de clarté en clarté jusqu’à la contemplation palpitante de celui qui est le Verbe de Dieu, empreint de la substance du Père, éclat de sa beauté et rayonnement de sa lumière. Jésus nous introduit alors dans le jardin scellé dont nous parle le Cantique des cantiques afin d’établir le sujet dans un climat de fraternité tout imprégné de confiance, de confidence, de consolation et d’intimité divine.

Rencontre avec le Saint-Esprit
Il est assez étonnant de constater que celui-là même qui nous révèle Jésus-Christ dans toute sa beauté demeure dans l’ombre presque totalement jusqu’au jour où le croyant prend conscience qu’il peut dire : « Jésus-Christ est Seigneur » sans y être poussé par le Saint-Esprit. Quoiqu’en pense un grand nombre de critiques du renouveau charismatique, celui qui fait l’expérience du baptême dans l’Esprit saint découvre Jésus-Christ bien avant le Saint-Esprit. Car le renouveau charismatique n’a pas pour but de répandre la dévotion au Saint-Esprit et de centrer l’expérience de la foi sur la personne du Saint-Esprit. Cela ne vient que plus tard dans le cheminement spirituel par voie de retour et d’analyse sur l’intensité de l’expérience spirituelle qu’on a faite. Ce n’est que progressivement que l’on touche du doigt toutes les dimensions du mystère du paraclet. La raison est bien simple et c’est Jésus lui-même qui nous la donne : « Quand l’Esprit saint viendra, lui-même vous rappellera tout ce que je vous ai dit et vous conduira a la pleine connaissance de la vérité » (Jn 14,26).

Ce terme, a première vue étrange « paraclet » se charge d’un sens toujours plus approfondi au fur et à mesure que l’on expérimente les divers rôles que joue l’Esprit saint dans l’ordre de notre croissance spirituelle : conseiller averti, pédagogue raffiné, avocat judicieux, guide fort et suave, consolateur incomparable, souffle vivifiant, doux hôte de nos âmes et sanctificateur de tout l’être de l’homme plongé dans tout l’être de Dieu. Enfin libéré, le Saint-Esprit est maintenant libre de faire surabonder non seulement les fruits spirituels dans le cœur du chrétien mais même tous les charismes ainsi que les ministères charismatiques chez lui qui s’ouvre inconditionnellement à toute la richesse multiforme de sa grâce et selon toute les ressources de l’héritage des saints dont l’Esprit saint lui-même est à la fois le sceau, le gage et le don incréé de l’amour trinitaire.

Rencontre avec Marie
Le rencontre intime avec chacune des personnes de la Très sainte Trinité fait redécouvrir avec un cœur nouveau et un esprit nouveau toute la grandeur, la beauté, l’originalité et la puissance de Marie, mère de Dieu, mère du rédempteur et de tous les rachetés, mère de l’Église et reine de l’univers. En effet, c’est à cause de ses relations privilégiées et insignes avec les trois que Marie prend tout son relief comme femme, comme croyante, comme servante du Seigneur, comme animatrice au collège apostolique et comme étoile de l’évangélisation. Il s’opère une vérification de ce que déjà plusieurs pères de l’Église affirmaient : celui qui à Dieu comme Père a nécessairement Marie comme mère. La dévotion mariale en est toute transformée et prend son véritable relief en rapport avec le mystère de la Trinité, le mystère de l’alliance et l’histoire même du salut. Tout ce que pouvait avoir de mièvre, de superficielle et d’enfantine une certaine forme de piété mariale cède la place à une ferveur mariale bien éclairée, une connaissance mariale foncièrement biblique et une expérience mariale radicalement charismatique. C’est donc dire que le renouveau charismatique. Loin de détourner les croyants de l’amour et de la vénération envers la mère de Jésus lui donne de nouvelles assises, un nouveau relief et un caractère spécifiquement catholique.

Conclusion
Cette nouvelle prise de conscience est tout empreinte d’émerveillement. Les anciennes connaissances de la foi deviennent palpitantes de réalisme expérientiel et toutes ces redécouvertes sont vécues dans un climat de fête, de gratuité, de gratitude et de joies surnaturelles. L’enfant est bien situé dans ses relations parentales et commence à respirer l’amour de la famille trinitaire.

B. Stage des apprentissages spirituels
Il est intéressant de voir que saint Paul et saint Pierre tous les deux on dur tenir compte de cette réalité concrète de l’enfance spirituelle. Paul, tout d’abord, l’avoue quant à sa propre évolution : « Lorsque j’étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant… » (I Co 13,11). Et, dans son ministère auprès des Corinthiens et des Hébreux, il ne se gêne pas pour bien avertir ses lecteurs de ne pas se prendre pour d’autres puisqu’ils n’en sont encore qu’au stage des apprentissages fondamentaux. A titre d’exemple, voici trois passages caractéristiques :

« L’homme psychique n’accueille pas ce qui est dans l’Esprit de Dieu : C’est folie pour lui et il ne peut le connaître car c’est par l’Esprit qu’on en juge. L’homme spirituel au contraire juge de tout et ne relève lui-même du jugement de personne » (1 Co 2,14-16).

« Pour moi, frères, je n’ai pas pu vous parler comme a des hommes spirituels mais comme a des êtres de chair, comme à des petits enfants dans le Christ. C’est du lait que je vous ai donné à boire, non une nourriture solide; vous ne pouviez encore le supporter. Mais vous ne le pouvez pas davantage a présent car vous êtes encore charnels. Du moment qu’il y a parmi vous jalousie et discorde, n’êtes-vous pas charnels et votre conduite n’est-elle pas tout humaine? Lorsque vous dites, l’un « moi, je suis pour Paul », et l’autre : « moi, pour Apollos », n’est-ce pas la bien humain? » (I Co 3,1-4-)

« Sur ce sujet, nous avons bien des choses à dire et difficiles à exposer parce que vous êtes devenus lents à comprendre. En effet, alors qu’avec le temps vous devriez être devenus des maitres, vous avez de nouveau besoin qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, et vous en êtes venus à avoir besoin de lait, non de nourriture solide. Effectivement, quiconque en est encore au lait ne peut gouter la doctrine de la justice, car c’est un tout petit enfant; les parfaits, eux, ont la nourriture solide, ceux qui, par l’habitude, ont le sens moral exercé au discernement du bien et mal » (He 5, 11-14).

Quant à saint Pierre, il s’en explique à ses nouveaux convertis dans les termes suivants :

« Rejetez donc toute malice et toute fourberie, hypocrisies, jalousies et toute sorte de médisances. Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait non frelaté de la Parole, afin que, par lui, vous croissiez pour le salut, si du moins vous avez gouté combien le Seigneur est bon » (I Pi 2, 1-3).

Comme tout enfant est soumis à des apprentissages fondamentaux en vue de mieux s’intégrer et mieux fonctionner dans le cadre de la famille, ainsi l’enfant spirituel est-il soumis aux apprentissages des premiers degrés du savoir et du savoir-faire. Cela inclut l’apprentissage à l’oraison, l’initiation biblique, l’insertion en Église et la pratique religieuse, non plus somme expérience et expression théologale. L’enfant spirituel doit se mettre à l’école : à celle du grand maitre, Jésus-Christ, et à celle des grands frères et des grandes sœurs que sont les saints.
L’expérience charismatique ne se substitue pas et ne dispense en aucune façon de l’acquisition longue et difficile de la sainteté. Même lorsque le baptême dans le Saint-Esprit est reçu avec force et que les charismes se manifestent abondamment, cela ne signifie pas que la personne a atteint un très haut niveau de sainteté. Il est essentiel de ne pas confondre les charismes qui sont donnés en vue de l’édification et la grâce sanctifiante qui est une participation à la vie divine elle-même. Comme question de fait, il y a de très grands saints qui n’ont jamais exercé le moindre charisme (don des langues, prophéties et miracles) et en même temps, il existe beaucoup de personnes douées de charismes éclatants qui sont pourtant très loin de la sainteté. Le processus de croissance spirituelle exige donc une initiation progressive au savoir de la foi et au savoir-faire de la vie chrétienne.

L’observation nous permet de caractériser le comportement infantile des néophytes : par exemple, une faim insatiable de vouloir suivre tous les cours, toutes les sessions, toutes les retraites dont ils entendent parler. Ils veulent aussi dévorer tous les livres qui traitent de près ou de loin du renouveau charismatique, ils fréquentent des trois à cinq réunions de prière par semaine, ne ratent pas une occasion d’imposer les mains au premier passant et finalement se réclament avec force argument : « moi, je suis de Céphas », « moi, d’Apollos », « moi de Paul » (I Co 3,4).

Comme il n’existe pas de sainteté instantanée et que d’autre part, l’effusion de l’Esprit ne confère ni l’infaillibilité, ni l’impeccabilité, il va de soi que l’homme pécheur demeure pécheur et doit faire sans cesse l’expérience du pardon et de la réconciliation. On avait cru durant la période de « lune de miel » qu’on était « confirmé en grâce » et qu’a toute fin pratique le péché était désormais chose du passé et tous les liens avec le péché définitivement rompus. Hélas! Quelle cruelle désillusion lorsqu’on fait de nouveau l’expérience de sa faiblesse, de sa misère et de son impuissance spirituelle en bien des domaines. On s’aperçoit, tout à coup, qu’on fait encore partie de la race humaine, de la masse des pécheurs qui ont toujours besoin d’être pardonnés et réconciliés avec Dieu. On fait aussi partie de ceux qui ont encore besoin de conseils, de purification, de nouvelles conversions dans le vécu de l’humble quotidien. En d’autres termes, on se rend à l’évidence que le Seigneur n’a rien changé de notre pâte humaine; il n’a ajouté qu’un levain nouveau pour la transformer progressivement.

Au fur et à mesure qu’on entre dans l’expérience de l’alliance avec le Seigneur, on goute, bien sûr, les merveilles contenues dans chacun des mystères de la foi; mais on s’aperçoit en même temps que le contrat d’amour a des obligations assez pénibles, parfois même redoutables pour le vieil homme qui reste toujours sous-jacent a notre personnalité. Époux crucifié, Jésus épouse en crucifiant. Impossible d’arriver à la plénitude de la joie pascale sans passer par le chemin royal de la croix. C’est donc dire que la croissance spirituelle implique nécessairement un apprentissage a la croix du Christ, a l’ascèse, au sacrifice, au renoncement à soi-même et a l’oubli de soi pour en arriver au don réel et authentique de soi-même aux autres. Le cœur de l’enfant souffre parfois du désarroi intérieur au dur contact de la réalité chrétienne concrètement vécue. Ces souffrances son inhérentes au processus de la croissance puisqu’il n’y a pas d’engagement sans dégagement et qu’il n’y a pas de dépassement possible sans une mort constante à soi-même : « Si le grain ne meurt, il ne peut porter de fruits” (Jn 12,24). Pour porter du fruit et du fruit en abondance, un fruit qui demeure, il est absolument requis de passer de la mort a la vie. Telle est l’essence même du mystère pascal au cœur de la foi chrétienne.

C. Insertion ecclésiale et découverte sacramentelle
L’expérience de l’effusion de l’Esprit éveille vraiment le chrétien a son appartenance à la famille de Dieu et à la communauté universelle de l’Église dont le Christ est la tête et dont nous sommes les membres. Cependant, vivre en Église ne va pas de soi; c’est un esprit à acquérir, une mentalité à cultiver, une prise de conscience à approfondir.

Un des problèmes contemporains consiste à vouloir dissocier le Christ et l’Église. Paul VI s’en ouvre carrément dans son exhortation apostolique “Evangelii Nuntiandi”, numéro 16:

“Il y a donc un lien profond entre le Christ, l’Église et l’évangélisation. Pendant ce “tempus Ecclesiae”, c’est l’Église qui a la tâche d’évangéliser. Cette tâche ne s’accomplit pas sans elle, encore moins contre elle.

Il convient certes de le rappeler à un moment ou, non sans douleur, nous pouvons entendre des personnes, que nous voulons croire bien intentionnées mais certainement désorientées dans leur esprit, répéter qu’elles prétendent aimer le Christ mais sans l’Église. Écouter le Christ mais non l’Église, être au Christ mais en dehors de l’Église. L’absurde de cette dichotomie apparait nettement dans cette parole de l’Évangile: “Qui vous rejette, me rejette”. Et comment vouloir aimer le Christ sans aimer l’Église, si le plus beau témoignage rendu au Christ est celui de saint Paul: “Il a aimé l’Église, il s’est livré pour elle?”.”

Par instinct, l’enfant est porté à tout centrer sur sa personne et cherche par mille et un moyens à devenir le centre d’intérêt de tous les membres de la famille. Ce n’est que graduellement qu’il prend conscience qu’il doit avoir un rôle actif au sein de la famille et y exercer dans la mesure de ses capacités, une certaine responsabilité; entre autres choses, il doit assimiler l’esprit de famille, se conformer aux coutumes familiales et être fidèle à un certain régime de vie partagé par tous ceux qui habitent la même maison.

Ainsi en est-il du chrétien qui commence à se rendre compte qu’il est, à la fois, enfant de Dieu et enfant de l’Église. Il devra donc, lui aussi, s’efforcer d’acquérir la mentalité des enfants de Dieu et chercher beaucoup moins à devenir un centre d’attraction qu’un participant engagé au bon fonctionnement de la vie de famille en Église. Notamment, doit-il chercher à développer les quatre fidélités propres à la communauté chrétienne, savoir: fidélité à l’enseignement des apôtres, fidélités à la communion fraternelle. Fidélité à la fraction du pain et fidélité aux prières (Ac 2,42).

Aussi devient-il de plus en plus motivé à connaitre non seulement la Parole de Dieu, mais la tradition vivante de l’Église et les enseignements du magistère. De plus, il saisit l’importance d’une fréquentation plus assidue des sacrements, notamment ceux de la réconciliation et de l’eucharistie, afin d’apaiser sa faim et sa soif de Dieu, d’alimenter ses énergies spirituelles et d’équilibrer plus harmonieusement les exigences de sa vie physique, intellectuelle, sociale, morale et spirituelle. C’est alors particulièrement qu’il apprécie à sa juste valeur le soutien d’une communauté aimante ou il peut évoluer en comptant sur la compréhension, la compassion, l’exhortation et l’encouragement de personnes plus expérimentées. Progressivement, l’identification a la personne de Jésus se précise et l’adaptation aux inévitables conflits da famille arrondit les coins, polit les surfaces et rode les aspérités d’une personnalité en voie d’épanouissement chrétien.

L’audace de la foi
Un homme d’affaires très important disait publiquement lors de l’ouverture du Congrès (charismatique) de Québec en 1974: “On devrait accorder six mois de moratoire public a ceux qui ont reçu le baptême dans le Saint-Esprit et durant ce temps, on devrait pouvoir tolérer avec patience et amour leur exubérance spirituelle et l’audace juvénile de leur foi renouvelée”. En effet, la vague de fond qui bouleverse toute une vie renferme tant de dynamisme et d’énergie nouvelle qu’elle ne peut pratiquement pas être contenue. Les merveilles qui se succèdent à un rythme vertigineux durant les quelques mois qui suivent la conversion ont pour effet de stimuler la foi et de donner une audace toute neuve même au plus timide et au plus timoré. Bien sûr, des observateurs neutres ou hostiles accuseront ces néophytes de témérité, voire même de manque de jugement. Mais, en toutes honnêteté, ne faut-il pas admirer la sublime naïveté de ceux qui viennent de faire la découverte du Dieu des vivants et qui se sentent prêts à parcourir le monde pour sauver leurs frères humains? Personnellement, j’aime beaucoup mieux une foi qui fait irruption, même avec des grondements apeurant qu’une foi sommeillant capable uniquement de ronflements occasionnels. N’est-ce pas le propre de l’enfant que d’exprimer avec exubérance la joie incoercible qui le porte au partage?

Il y a si peu souvent des feux de forêts allumées par des étincelles de foi que les éteignoirs professionnels peuvent se tenir tranquille jusqu’au jour des vraies alertes déclenchées par ceux qui torpillent la foi, la morale, la vie de famille et la vie de l’Église. Le bon vieux pape Jean XXIII, qui a souhaité voir une nouvelle pentecôte dans toute l’Église de Dieu, rirait de tout son cœur d’enfant devant les joyeuses extravagances de ceux qui ont découvert le vrai visage de l’amour en la personne de Jésus-Christ. Bien sûr, en ouvrant les fenêtres de l’Église au concile, quelques-uns se sont mis à éternuer à cause des courants d’air de l’Esprit saint. Mais, combien plus grand est le nombre de ceux qui ont commencé à respirer pour vrai le bon air de la liberté des enfants de Dieu sous la mouvance de l’Esprit.

Le témoignage Durant la période d’enfance spirituelle, les nouveaux baptisés dans l’Esprit témoignent abondamment de leur conversion et voudraient tellement que tous aient la même joie qui déborde de leur propre cœur. Comme conséquence, leur témoignage se fait souvent à temps et à contretemps, avec ou sans tact, fatigant les uns, ennuyant les autres et édifiant a l’occasion l’un ou l’autre des auditeurs. Faut-il blâmer ces gens de manque de jugement, de manque de discrétion ou de fanatisme religieux? Ne serait-il pas plus sage de considérer ces témoignages parfais intempestifs, comme le désir de dire à tous: “Ce qui m’est arrivé est possible pour toi aussi, car Jésus m’a aimé le premier malgré ma misère et mes péchés. Sache, mon frère, qu’il peut en faire autant pour toi parce que Jésus t’aime tel que tu es”. Faut-il s’étonner, de plus, que ce témoignage soit encore malhabile puisqu’il consiste aux quatre cinquièmes de tout le récit, des égarements passés pour ne réserver qu’un cinquième a l’honneur et à la gloire du Seigneur tout-puissant? C’est qu’à ce moment-là, ce qui frappe la personne, c’est la miséricorde de Dieu en laquelle il n’osait même plus croire et il voudrait que le récit de ses bêtises témoigne de la magnificence du pardon de Dieu. Erreur? Peut-être, mais erreur de jeunesse qui nous porte à un jugement serein: “La jeunesse est le seul défaut dont on se corrige forcément chaque jour”. Comme question de fait, au cours de l’évolution spirituelle, le témoignage se purifie de plus en plus au point que très peu d’insistance est mise sur le passé et beaucoup d’emphase est appliquée à raconter les merveilles incomparables de l’Éternel.

L’apostolat Il en va forcément de l’apostolat comme du témoignage et de l’audace de la foi. Le sujet brule d’un zèle apostolique qui voudrait porter le message de l’évangile jusqu’aux extrémités de la terre, voire même convertir l’humanité entière dans un délai de six semaines, sept tout au plus. N’est-ce pas beau quand même de voir ces personnes qui, hier encore, vivaient dans l’indifférence, dans la négligence religieuse et peut-être même sous le poids énorme de péchés, sans que l’entourage s’en inquiète, devenir tout à coup des ouragans spirituels qui sèment la panique et l’angoisse chez toute la parenté, dans le quartier et dans le milieu de travail? Le manque de modération dans l’apostolat n’est pas attribuable à un manque de jugement ou a un manque de raison: c’est tout simplement un manque d’expérience dans une approche de pastorale respectueuse des démarches et des cheminements si variés dans l’ensemble du peuple de Dieu. A-t-on le droit d’accuser les jeunes d’un manque d’expérience et n’est-ce pas la responsabilité des plus sages et des plus prudents d’évaluer les choses avec bonté, douceur, patience et suavité? Car, à tout prendre, le zèle intempestif des premiers mois n’est-il pas plus précieux aux yeux du Seigneur que l’hostilité rabougrie de vieux pharisiens endormis, subitement réveillés d’un sommeil coupable? Entre le zèle et l’hostilité, moi, je choisis le zèle. Comme disait Jésus lui-même: “Le zèle de la maison de Dieu me dévore”, lorsqu’il chassa les vendeurs du Temple.

C’est précisément à cause de ces difficultés de parcours qu’il importe le plus rapidement possible de mettre sur pied des cours, des séminaires, des rencontres et des retraites pour éduquer la foi de ces magnifiques jeunesses afin d’en orienter les énergies sans en étouffer la puissance, de harnacher ces forces vives sans bloquer à la source les jaillissements d’eau vive qui viennent de l’Esprit. Il faut que jeunesse se passe! C’est dans l’ordre de la nature, c’est vrai dans l’ordre de la grâce. Il viendra bien assez vite le temps des longues attentes, des analyses pointillées et des planifications surnuméraires après des sessions interminables de comités innombrables. Vivre la belle jeunesse qui vient du Seigneur!

“Je m’approcherai de l’autel de Dieu, du Dieu qui refait ma jeunesse comme celle de l’aigle” (Ps 43,4).

Conclusion
Il faut bien avouer qu’il reste encore, bien évidemment, chez ceux qui parcourent le stade de l’enfance spirituelle de nombreuses motivations humaines, des réactions primaires et des fragilités morales. Tout cela est parfaitement normal, le temps du beau fixe n’est pas encore arrivé. Après les jours ensoleillés des hardiesses apostoliques suivent les jours d’ombre et de ténèbres ou le doute, la peur et les hésitations reprennent le dessus. Mais il reste, à travers tout, que le cœur du nouveau croyant a une certitude nouvelle et une joyeuse espérance:
“Oui, mon Dieu est vivant. Oui, mon Dieu est fidèle. Oui, il a les réponses à mes questions encore irrésolues. Oui, elle est grande la merveille de la foi, et l’aventure de l’Alliance vaut la peine d’être vécue. Nous ne pouvons pas ne pas dire ce que nous avons vu et entendu car le Christ est vivant et ne mourra jamais plus.
Amen! Alléluia!

Tiré de: Jean-Paul Regimbal. « L’enfance spirituelle », conférence prononcée au Congrès national du renouveau charismatique catholique qui a eu lieu juin 1977 au Stade olympique, a Montréal, Assemblée canadienne francophone du renouveau charismatique catholique, 1979.


En ce 26 mai 2025

MAURICIE: La mort de Duplessis


La mort de Duplessis

Maurice Duplessis quitta ce monde, le 7 septembre 1959 (0h05) à Shefferville ou il était allé en compagnie de membres de son caucus et d’hommes d’affaires. L’hémorragie cérébrale et la paralysie complète du côté droit du Premier ministre du Québec mirent fin a ce temps de repos. Tous partirent et laissèrent autour du leader de l’Union nationale : sa sœur; Jacques Bureau, son neveu; son trésorier; Horst Rosmus, le médecin qui veillait sur lui; et, le jeune père Marcel Champagne, Oblat de Marie Immaculée. Le corps fut transporté à Québec et exposé a l’Assemblée législative. 100 000 personnes vinrent lui rendre un dernier hommage. Le service funèbre eut lieu a la cathédrale de Trois-Rivières en présence de tous les membres du gouvernement provincial, de tous les évêques, près de la moitié du gouvernement fédéral conduit par Diefenbaker et des milliers de trifluviens. Mgr Maurice Roy présidait la cérémonie.


(L’Hebdo journal, 1er septembre 1996, p. 15)
*Texte de Benoit Voyer, non signé dans le journal

En ce 25 mai 2025


C'était en décembre 2014, a Granby

La relecture de vie (2e partie)


La relecture de vie (2e partie)

A un moment de notre vie, particulièrement a l’approche de la mort, nous sommes confrontés à relire notre vie, c’est-à-dire à bien intégrer les événements joyeux et malheureux de notre existence (voir l’édition de la semaine dernière).


Il existe cinq types de relectures. Je reprends ici un extrait de l’article de Jean-Luc Hétu paru dans la revue Frontières a l’automne 1993.

« Les relectures terminées et paisibles : il s’agit en fait de récits de vie » plutôt que de relectures. Le sujet a déjà fait sa relecture et il n’éprouve plus le besoin de se situer par rapport à son passé. S’il en parle, c’est souvent en réponse a une invitation précise qui lui est faite. L’implication effective est faible, mais la personne est sereine et non pas sur la défensive. A l’écoute d’un tel récit, il n’y a pas tellement à intervenir.

Tout comme dans la catégorie précédente, dans les lectures de consolidation le sujet n’a pas de prise de conscience à faire sur son passé. Il s’est déjà permis de revenir sur ses difficultés de parcours et il a assez bien réussi à les mettre en perspective. Mais ici, il est impliqué affectivement. Il éprouve le besoin de revenir sur le chemin parcouru et il lui arrive souvent d’éprouver une satisfaction évidente à le faire.

A certains moments, il peut pleurer, se fâcher, éprouver de la difficultés, etc. Mais le climat d’ensemble est à la sérénité. Il y a consolidation des guérisons ou des réconciliations par rapport au passé, et par conséquent consolidation de l’estime de soi.

Au moment de relectures en cours, le sujet vit un corps a corps avec son passé. Il s’est résolument engagé dans le ménage d’une maison dont certaines portes n’ont pas été ouvertes, ou dont certaines pièces accusent encore un désordre relatif. Comme les sujets de la catégorie précédente, il est susceptible de vivre des émotions diverses, mais il a plus de chances de se sentir surpris par ces émotions. Il pourra donc avoir besoin d’être aidé à les accueillir et à les identifier. De plus, étant donné que la partie n’est pas encore gagnée, le sujet pourra se montrer ambivalent quant à différentes dimensions de son vécu.

La catégorie des relectures défensives regroupe les relectures ou le sujet accepte de parler de son passé, ou décide spontanément de le faire, mais ou il se censure beaucoup en évitant les épisodes qui le menacent. Il pourra ainsi soit parler d’abondance, mais seulement des moments heureux de sa vie, soit se raconter sur un ton détaché, sans se permettre de manifester les sentiments reliés aux épisodes qu’il évoque. A la limite, si la censure est forte, il n’y a pas a proprement parler de relecture, le sujet n’étant pas vraiment en train de faire son bilan.

Il arrive souvent, cependant, que le sujet donne des indices plus ou moins clairs des épisodes qui font problème, comme s’il demandait de l’aide pour surmonter les résistance qui le paralysent. S’il n’a pas d’aide, le sujet demeurera dans l’ambivalence.

Enfin, contrairement a la relecture défensive, la relecture pénible évoque clairement des blessures profondes : le sujet qui la fait se retrouve alors plus près du pole du désespoir que de celui de la sérénité. Il a souvent l’impression d’avoir raté sa vie et il trouve que le temps est trop court pour pouvoir s’en remettre ou se reprendre. Contrairement a celui de la relecture précédente aussi, le sujet de la relecture pénible se montre souvent dépressif, anxieux, amer ou révolté : il demeure alors difficile de prédire si l’espoir et la paix prévaudront finalement sur le désespoir et la peur. »

Quand quelqu’un fait une relecture de vie, il en profite généralement pour faire des aveux. C’est souvent le cas ou se dévoilent des agressions sexuelles, des amours secrets, un inceste vécu dans sa jeunesse, etc. Ce n’est qu’après une véritable relecture de vie que le sujet se sent en paix avec lui-même.

Benoit Voyer

(Chronique Au-delà du visible, L’Hebdo Granbyen, 29 mars 1995, p. 8)

En ce 24 mai 2025


Le 24 mai 2014, j'étais a la tombe d'Alvina Lévesque (1872-1939), mon arrière grand-mère, dans le cimetière de Saint-Louis du Ha! Ha!, au Bas Saint-Laurent

Radio-Canada/CBC


Radio-Canada/CBC

Par Benoit Voyer

24 mai 2025

C’était le 17 mars 1999 dans le Selon Borduas, du Loews Concorde, à Québec, aux audiences du CRTC. Je représente une table de réflexion créée par le Comité foi et culture Granby et région en vue de réfléchir sur Radio-Canada.

C’est Bertrand Ouellet de l’Office des Communications sociales qui m’a parlé de ces audiences et de son souhait que des membres participent. Voyant mon intérêt, il me donne une copie du rapport « Faire entendre nos voix » qu’il semble apprécier.

Sans tarder, je le lis et l’annote. Il est fort intéressant. Les idées qui s’y trouvent sont aussi celles que j’ai.

Le 22 janvier, dans la grande cuisine du presbytère Saint-Joseph, sur la rue Déragon, à Granby, avec l’aide de l’abbé Gérald Ouellette, je réunis quelques granbyens qui pourraient être intéressés par le sujet. Après un exposé du rapport que je viens de lire, la discussion s’anime. Les idées fusent. Je prends des notes. Beaucoup de notes.

N’ayant pas d’automobile et prévoyant faire le voyage de Granby à Québec en autobus, Claudette et Claude Lalumière me proposent de faire le voyage avec moi en automobile. Ils profitent de ma présence aux audiences pour aller se balader dans le Vieux-Québec en vieux amoureux. Et ne veulent absolument pas qu’on les paie pour le service. C’est leur apport au Comité foi et culture.

C’est la première fois que je participe à ce genre d’audience. C’est impressionnant! L’atmosphère est froide. On doit s’adresser à la présidence qui semble parfois plus préoccupée par le protocole que par ce qu’on dit. On écoute sans écouter. Un simple bonjour et puis dites ce que vous avez à dire et merci-bonsoir. On passe au suivant. Tout est noté mot par mot. Chaque phrase que je dis sera analysée par une équipe. Un résumé suivra. Moi qui aime les échanges et voir la réaction de mes interlocuteurs, je reste sur mon appétit. Il n’y en a vraiment pas beaucoup dans ces audiences.

Ce que je dis ce jour-là, je pourrai le redire un quart de siècle plus tard. On sent que les choses n’ont pas vraiment bougées à la société d’État depuis ce jour de 1999. Le rapport « Faire entendre nos voix » et les ajouts que j’apporte, sont encore d’actualité.

En vrac, voici quelques idées encore actuelles :

La SRC/CBC doit davantage refléter la culture canadienne. En revanche, on doit finir par répondre à une grande interrogation: Il y a une culture amérindienne, il y a une culture 1acadienne, il y a culture anglophone, une culture québécoise mais qu'est-ce que la culture canadienne? Radio-Canada doit créer une réflexion sur le sujet.

Devant les autres chaînes de télévision, la SRC/CBC doit se donner un créneau bien à elle. En ce sens, il est recommandé d'en faire un média au contenu presque exclusivement canadien, un contenu à 80 pour cent canadien est recommandé et le 20 pour cent qui reste pourrait servir à former le grand public aux grands enjeux planétaires.

Les gens de l'ouest, du nord, de l’ouest et de l'est du Canada ne se connaissent pas beaucoup. Il est proposé que les émissions des réseaux anglais et français soient de plus en plus traduites dans l'autre langue officielle et soit diffusées dans l'ensemble du pays.

Connaître l'étranger est une façon d'apprivoiser sa différence et de mieux vivre avec lui. De plus, n'est-il pas temps de montrer différents visages du pays? On le fait encore trop peu. Quand aura-t-on une dramatique hebdomadaire tournée dans le nord du pays et mettant en vedette le peuple Innu qui sera diffusée au réseau français, particulièrement a Montréal?

À cause de son pouvoir, voire de son influence sur les personnes, la télévision est responsable de donner un sens et une dignité à la vie humaine.

Du côté des affaires publiques, la SRC/CBC doit former le jugement critique des citoyens.

Le service des nouvelles doit avoir une vision sociale.

Les reportages doivent aussi être plus longs et plus documentés.

En plus de contribuer au développement culturel, la Société Radio-Canada, doit favoriser le développement personnel des personnes afin qu'elles cessent de demeurer figés face aux dossiers importants de la Société.

Si l'option d'une télévision qui fait la promotion de la culture canadienne n'est pas populaire, elle doit poursuivre son développement en ce sens. Le rôle d'une télévision d'État n'est pas d'être populaire. Sa mission est de faire la promotion de la richesse de la culture de son pays et d'éduquer sa population.

On demande au CRTC de recommander au gouvernement canadien de transformer la télévision publique en télévision sans publicité comme le recommande le rapport "Faire entendre nos voix". 

Enfin, il faut continuer à faire pop et intelligent.

Je proposais un grand chantier et une transformation de la Société d’État et, j’ai la nette conviction que plus ça change à Radio-Canada/CBC plus c’est pareil.

La relecture de vie (1ere partie)


La relecture de vie (1ere partie)

Dans le domaine de la psychologie, particulièrement aux États-Unis, un sujet en développement est la relecture de vie. Ce phénomène est très important chez les gens confrontés à la mort afin de mieux trouver la paix intérieure.

La personne revoit les chapitres de son existence et les retouche, au besoin, à la lumière du recul des années. L’individu le fait verbalement ou mentalement pour faire un épilogue au grand livre de sa vie qu’il voit maintenant avec un portrait d’ensemble.

Le psychiatre américain Robert Butler dans son livre « Aging and Mental Health », publié en 1963, parlait « d’un processus mental universel caractérisé par le retour progressif a la conscience d’expériences passées, particulièrement par la résurgence de conflits non résolus », lesquels pourront alors « être examinés et intégrés normalement ».

La vie est ainsi caractérisée, selon le psychanalyste allemand Érik Érikson, par différentes étapes à franchir. La dernière consiste, justement pour appuyer Butler, a prendre le poul de sa vie afin de trouver la sérénité. Si l’étape est mal vécue, le sujet risquera de décéder dans le désespoir, donc plus difficilement.

Dans bien des cas, la personne raconte sa vie a qui veut bien l’écouter. D’autres auront un besoin d’accompagnement de la part de la famille, d’une infirmière ou d’un bénévole initié au processus de passage de vie a trépas et qui a des habilités à l’écoute active.

Il y a cinq types de relecture de vie : Les relectures terminées et paisibles, les relectures en cours, les relectures défensives et les relectures pénibles.

La semaine prochaine nous les regarderons de façon détaillée.

Benoit Voyer,
président et directeur général du
Comité foi et culture Granby et région



(Chronique Au-delà du visible, L’Hebdo Granbyen, 22 mars 1995, p. 8)

En ce 23 mai 2025


Mon père et moi en 1968

ARTICLE DU JOUR: 24 heures pour le Seigneur, a Saint-Hyacinthe

Je me suis recueilli devant le lieu de sépulture du bienheureux Louis-Zéphirin Moreau

24 heures pour le Seigneur, a Saint-Hyacinthe

Par Benoit Voyer
23 mai 2025

En cette veille de la commémoration liturgique du bienheureux Louis-Zéphirin Moreau, un "24 heures pour le Seigneur" a été lancé, ce vendredi, a 16h, dans la Cathédrale catholique de Saint-Hyacinthe, en Montérégie.  Pour l'occasion, Mgr Christian Rodembourg, l'évêque du diocèse maskoutain, a présidé la messe d'ouverture. Quelques prêtres de la région prenaient place auprès de lui près de la table eucharistique. Il était possible de reconnaitre Mgr François Lapierre, l'évêque émérite.

En soirée, le moines de l'abbaye cistercienne de Rougemont ont animé les vêpres.

A 23h, l'abbé Pierre Cordeau, près du tombeau, parlera de l'héritage du bienheureux Louis-Zéphirin Moreau. Sur le coup de minuit, un gâteau en l'honneur de son 124e anniversaire d'entrée dans la gloire du ciel sera servi aux participants.

Ce 24 mai, une grande liturgie en l'honneur du bienheureux Louis-Zéphirin sera présidée a 10h30.

Durant l'événement, il est également possible d'entendre quelques causeries. Le lieu de prière est ouvert au public toute la nuit. Le "24 heures pour le Seigneur" se terminera a 16h.

Ce 24 heures s'inscrit dans le cadre de l'année jubilaire sur la prière. 



Mgr Christian Rodembourg a présidé la messe d'ouverture de l'événement

« Avec le Canada nous sommes plus forts » -Sheila Finestone


« Avec le Canada nous sommes plus forts » 
                                        -Sheila Finestone

GRANBY 
Benoit Voyer

L’idée de l’indépendance du Québec ne plait point à la député du comté a la députée de Mont-Royal a la Chambre des Communes, Sheila Finestone. Pour elle, les francophones ont été capables d’assurer leur culture, leur langue et leurs intérêts.

« Je pense qu’avec le Canada, nous avons eu poids plus grand, on est reconnu internationalement. Les petits pays n’ont pas cette force », a-t-elle dit.

Elle a beaucoup voyagé de par le monde. Quand elle est revenue à Montréal, elle a été émerveillée de constater le climat international qui y règne, surtout dans le domaine des affaires.

« Depuis la révolution tranquille, les gens d’ici, les francophones et les communautés ethniques ont pris la relève, ils ont un grand leadership. Le Canada est un échec? » réagissait-elle aux propos souverainistes.

Elle constate qu’il y a des erreurs dans le discours des indépendantistes. L’idée d’un rapatriement de la Constitution n’est pas née en 1982. Elle vient de Jean Lesage lui-même.

« Presque tous les anglophones parlent l’anglais et le français, lançait-elle. Ceci donne 2 ouvertures sur le monde, 2 cultures… C’est enrichissant! Si vous regardez le marché international, le monde est global maintenant. Plus de langues il y a, plus il y a de chances d’accéder a des bons postes et de faire de bonnes affaires ».

Son message est clair : Le monde des affaires est multiculturel et multilingue.

Dans les dossiers des coupures a la Société Radio-Canada, elle croit qu’il y a des nouvelles façons de livrer la marchandise et qu’il faut respecter notre situation économique. « Est-ce qu’un Québec souverain va être capable de payer », interroge la marraine de Shefford à Ottawa.

L’honorable Sheila Finestone était l’invitée de l’Association fédérale du Parti libéral de Shefford a l’occasion d’une rencontre préparatoire au Congrès du secteur québécois du PLC, qui aura lieu les 28, 29 et 30 avril prochain à Trois-Rivières.

Les délégués de Shefford à ce congrès seront : Jean-Philippe Légaré, Lucille Martin, Marcel Verville, André Martin, François Durrigrand, Yvon Lacroix, Denis Paquette, Mariette Fréchette, Christine Fournier, Marthe Lacroix et Lucille Légaré.

(L’Hebdo Granbyen, 5 avril 1995, p. 3)

En ce 22 mai 2025


En vélo a Boisbriand, le 8 juin 2018

La dette du Québec


La dette du Québec

Par Benoit Voyer
22 mai 2025

L'endettement du Québec me préoccupe depuis longtemps. Je sais que le sujet n'est pas très populaire, mais il m'apparaît fort important.

Le problème est celui des intérêts à payer sur la dette. Nos ancêtres disaient avec intelligence: «Qui paie ses dettes s'enrichit!» Ils avaient raison.

En octobre 2009 [1], je voyais d’un bon œil une série de propositions faite dans un congrès du Parti libéral du Québec : rétablissement du péage sur les autoroutes, imposition de droits de scolarité au collégial, hausse des tarifs d'Hydro-Québec et nouvelle taxe sur l'alcool et l'eau embouteillée.

En 2009, la dette québécoise était d'environ 122 milliards de dollars et le déficit prévu devait atteindre de 5 à 6 milliards de dollars à la fin de l’exercice financier.

Si je fais une herméneutique de cette époque, je pense toujours qu’il s’agissait de bonnes mesures. C’étaient des solutions de l'époque pour ce temps-là.

Avec les années, je suis devenu frileux à l’idée d’imposer de nouvelles taxes et à augmenter celles qui existent. La réalité nous montre que plus le gouvernement québécois récolte de revenus, plus il dépense et s’endette. Faire toujours payer davantage les contribuables, n’est pas la voie à emprunter. Il faut plutôt couper dans les dépenses publiques, vivre collectivement selon notre capacité de payer et assurer des services raisonnables a la population. L’époque de L’État providence est révolue.

Comme me disait mon père : Une dette, c'est une dette de trop.

Le gouvernement de Philippe Couillard avait réussi à remettre un peu d’ordre dans les finances publiques et avait terminé son mandat avec des surplus budgétaires légendaires dont les Québécois et les Québécoises n’ont pu réellement profiter a cause de l’arrivée de l’administration dépensière de François Legault. J’appréciais Philippe Couillard. [2] Sa rigueur me manque. Malheureusement, ses successeurs ont pris une direction plus socialiste. A moins de changements majeurs, je ne voterai pas pour eux. 

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[1] Benoit Voyer. « Qui paie ses dettes s’enrichit », La Presse, 14 octobre 2009, p. A28
[2] Cf. Benoit Voyer. «Le budget de l'État québécois», Huffington Post Québec, 7 février 2016 www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-budget-de-l-tat-quebecois_b_9152780

Dans les rayons de ma bibliothèque


Je viens de finir de lire cette histoire...
J'ai aimé!

Nouvel enregistrement pour Gilles Rioux


Nouvel enregistrement pour Gilles Rioux

Gilles Rioux, le titulaire des orgues de la Basilique Notre-Dame-du-Cap débutera un nouvel enregistrement de disque ce lundi . La Basilique sera fermée pour ce temps.

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Benoit Voyer
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Le projet de la maison Phonovox consiste en un coffret de de 7 disques contenant les symphonies pour orgues du Français Charles-Marie Widor, titulaire des orgues de Saint-Sulpice a la fin du IXe siècle.

Cinq organistes seront les vedettes de cette série : Jacques Boucher de Montréal, Jean-Guy Proulx de Rimouski, Benjamin Waterhouse (2 disques), Jacquelin Rochette de Saint-Hyacinthe de Québec et le madelinois (2 disques) qui interprétera les 3e et 7e symphonies et « Les 3 nouvelles pièces ».

« C’est un risque financier de faire des disques avec des musiciens qui ne sont pas très connus. Mais c’est en les faisant connaître qu’on risque de faire de l’argent », explique Gilles Rioux. L’avantage des productions de ce genre musical est qu’elles demeurent longtemps sur le marché avant d’être retirées. Ce n’est pas pour rien que le dicton affirme que la musique classique est éternelle.

L’organiste de Cap-de-la-Madeleine a déjà deux enregistrements à son actif « Ave Maria au Grand orgue » et « Fantachorus » dont des extraits jouent régulièrement sur les ondes du réseau FM de Radio-Canada.

(L’Hebdo Journal, 17 novembre 1996, p. 43)

En ce 21 mai 2025


Avec Manon Mailhiot au Bois de l'Équerre, a Laval, le 10 juin 2018

Quand l’amour se monnaie


Quand l’amour se monnaie

« La prostitution n’est pas illégale. C’est la sollicitation dans les lieux publics a des fins sexuelles qui l’est » lance le capitaine Francis Gobeil du Service de sécurité publique de Trois-Rivières. Les lignes 976, les agences d’escortes et les propositions privées seraient ainsi permises par les législations.
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Benoit Voyer
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Ceci ne veut pas dire que la police ne fait rien pour enrayer le problème des filles de rue qui offrent leurs services. En 194 et 1995, 46 et 48 personnes ont été accusées pour sollicitation. Ces chiffres devraient être sensiblement les mêmes à la fin de cette année.

En ville, il y a entre 12 et 15 filles identifiées qui font le trottoir régulièrement. Lorsqu’elles se font prendre par la police, elles purgent leurs peines et retournent à leur boulot.

A l’intérieur d’une année, il y aurait entre 40 et 45 prostituées qui font le métier sporadiquement. Plusieurs d’entre elles, ne font la gaffe que quelques fois par année et d’autres se déplacent d’une ville à l’autre demeurant à peine quelques jours dans la région.

« Elles ont leurs clients réguliers. A certaines heures, les mâles en manque de plaisir attendent leur fille a tel ou tel endroit. Un gars qui se fait faire une pipe, et qui a aimé ça, retourne généralement toujours voir la même femme », illustre M. Gobeil.

A Trois-Rivières, les femmes-objets et leurs clients qui sont souvent des hommes mariés, ont des horaires assez réguliers : heures, dates, lieux… Quelques messieurs profitent des visites régulières de leurs conjointes à l’épicerie ou ailleurs pour se laisser aller à leurs vices…

Les hommes cherchent particulièrement à se faire faire une fellation. Le coup de main d’une prostituée pour ce genre de service est d’environ 25$.

En faisant la chasse a la prostitution visite au centre-ville trifluvien, la police n’a fait que déplacer le problème vers d’autres secteurs. De plus, les filles de plaisir ne cessent d’inventer des moyens de plus en plus raffinés pour inciter leurs clients sans déranger les citoyens.

« Le problème c’est que ce n’est jamais fini. Une journée tu arrêtes dix filles, le lendemain il y en a dix autres qui prennent la place », insiste le policier trifluvien. C’est une question de loi du marché L’offre est en fonction de la demande. S’il n’y avait pas de clients, il n’y aurait pas de prostituées.

Même si la sollicitation pour des fins sexuelles dans les lieux publics est interdites, il reste que le plus vieux métier du monde, qui est une pratique acceptée par les lois, n’est pas sur le point de disparaitre de la région. Tant qu’il y aura des hommes qui loueront les services sexuels des femmes, il y aura toujours de ces filles prêtes à jouer le jeu de l’amour.

(L’Hebdo journal, 13 octobre 1996, p. 3)

En ce 20 mai 2025


C'était le 20 juin 2018

Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 5 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 5 (1993)

Au programme: 

1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le serviteur souffrant; 

2- Thierry Magnin; 

3- Lorraine Caza: Marthe et Marie; 

4- Le Comité justice et foi de la paroisse Notre-Dame du Saint Sacrément, a Montréal;

5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent l'hymne du Christ Sauveur a l'occasion de la Toussaint; 

6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des enfants de choeurs; 

7- L'année de la famille au diocèse d'Ottawa avec Micheline Baulne; 

8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: La prière; 

9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 

10- Thérèse Miron: Ai-je le droit de me tromper? 

11- La comédienne Monique Chabot lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 05 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

Alerte aux parents chrétiens et juifs


Alerte aux parents chrétiens et juifs

NDLR: Le père Jean-Paul Regimbal, Trinitaire bien connu à Granby, au Québec et même à l'étranger, vient de soumettre au ministre fédéral de la Santé un long document dans lequel il dénonce, en expliquant pourquoi, un manuel scolaire qu’on s'apprête à publier sous le titre ‘“Directives pédagogiques pour la vie familiale et l’éducation sexuelle” La Voix de l’Est reproduit aujourd’hui une première tranche de ce document. La suite paraitra dans l’édition de demain.

Le ministère fédéral de la Santé et du Bien-Être Social sous la responsabilité de l'honorable David Crombie, P.C., M.P., est sur le point de publier un manuel scolaire intitulé “A GUIDE TO FAMILY LIVING AND SEX EDUCATION" (Directives pédagogiques pour la Vie Familiale et l'Éducation Sexuelle). Tous les parents chrétiens (catholiques, protestants et orthodoxes) ainsi que les parents de foi judaïque devraient être en état d'alerte et pleinement conscients de cette attaque sans précédent contre les valeurs morales et les croyances religieuses de toute la communauté judéo-chrétienne du Canada.

Si invraisemblable que cela paraisse, les fonds publics du gouvernement fédéral seront votés pour assurer la publication et la distribution pancanadienne d’un manuel qui propose à tous les éducateurs et à tous les élèves, de la première année du cours primaire jusqu'au secondaire V, une éducation sexuelle fondamentalement matérialiste, hédoniste, pragmatique et soi-disant a-morale.

La croissance zéro : Un génocide camouflé
Le but avoué de cette promotion gratuite est de libéraliser l'éducation sexuelle de la jeunesse et de les initier pratiquement à atteindre un objectif socio-politique appelé “Croissance de Population ZERO”. Les dix provinces du Canada sont fortement enjointes à rendre populaire ce manuel et à en assurer l'accessibilité à toute la population canadienne. Le programme proposé se veut, en principe “A-MORAL” puisqu'il faut éviter, à tout prix, quelque jugement de valeur que ce soit sur des comportements sexuels aussi variés qui vont de la masturbation à la bestialité et des relations préconjugales a l’inceste, mais comme question de fait, une analyse détaillée du contenu de ce manuel (qui dépasse les 400 pages) démontrent, hors de tout doute, qu’il s'agit d'un effort systématique et délibéré en vue de détruire les valeurs morales et les principes de vie de la morale judéo-chrétienne dont la JEUNESSE CANADIENNE serait l'innocente victime et l’impuissante agressée! Pour libérer cette Jeunesse canadienne de tous ses tabous ancestraux, le ministère fédéral de la Santé et du Bien-Être Social doit exercer son rôle supplétif en matière d’éducation familiale et d’éducation sexuelle. Ce nouveau GUIDE ou MANUEL est le résultat direct d’une initiative de 1977 lorsque les deux ex-ministres du précédent gouvernement libéral, M. Marc Lalonde et Mlle Monique Bégin, ont donné des directives en ce sens aux hauts fonctionnaires du ministère à l'intention du Service de Planification des Familles (ou des naissances). Mais désormais, il appartient au nouveau ministre, honorable David Crombie, P.D., M.P. d’autoriser ou de défendre à l'Imprimeur de la Reine de procéder à la publication et à la diffusion pancanadienne de ce manuel. Le feu vert semble-t-il serait prévue pour le début du mois de janvier. Les fonds seront votés et appropriés vers la mi-décembre.

Le temps presse : Il faut agir maintenant
Tous les parents chrétiens et juifs du Canada devraient s'opposer énergiquement à une telle décision s'ils veulent prévenir que leurs propres enfants soient endoctrinés dans des enseignements immoraux qui déformeraient radicalement la conscience morale, le coeur et l'esprit des Jeunes Canadiens puisque ce Manuel propose l'érosion complète des valeurs morales judéo-chrétiennes à la base même de notre système d'éducation.

1. Du point de vue strictement constitutionnel, cette publication constitue une nouvelle intrusion du fédéral dans un domaine spécifiquement réservé à la JURIDICTION PROVINCIALE: l'éducation.

2. Du point de vue PHILOSOPHIQUE, les concepts qui soustendent le programme proposé tels: la “FAMILLE”, la “PERSONNE”, la “SOCIETE”, la “SEXUALITE” et les “VALEURS MORALES” sont tous inspirés d’une philosophie matérialiste, hédoniste, individualiste et pragmatique, et sont, par le fait même, absolument INCOMPATIBLES avec les principes et les normes judéo-chrétiens capables de garantir non seulement une vie familiale saine, normale et équilibrée mais qui, de plus, font appel au sens de la conscience de l'homme et de sa RESPONSABILITE SEXUELLE!

3. Du point de vue MORAL, ce programme, dans son entier, s'oppose, en les défiant, tous les principes et les enseignements de la LOI MOSAIQUE et de la LOI DU NOUVEAU TESTAMENT. Plus encore, il s'inscrit en faux contre l’“ETHIQUE” commune et même la “LOI NATURELLE”. Bien qu'il se présente comme A-MORAL, ce programme enseigne et conseille des conduites IMMORALES.

4. Du point de vue SOCIOLOGIQUE, la “révolution sexuelle préconisée dans ce manuel” est de nature à causer un tort grave et irréparable à la société canadienne puisque son but fondamental est de promouvoir au sein de la jeunesse de ce pays les techniques sexuelles et les pratiques génétiques qui reposent sur une théorie démographique alarmiste qui vise la “Croissance de Population ZERO” et qui n’est rien de moins qu’un GENOCIDE déguisé. Plutôt que de chercher “à donner aux hommes sans terre, des terres sans hommes” (Paul VI) on fait un choix politiques aberrant qui vise la dénatalité. Dans un pays comme le Canada (22 millions de population), capable d'abriter et d'alimenter 200 millions d’hommes, c'est inacceptable, voire même inconcevable. De plus, la notion “d'unité familiale” est une notion antifamiliale puisque ce manuel inclut dans la notion de “Famille nucléaire” aussi bien les couples qui contractent des mariages à termes (2 ans, 5 ans, 10 ans) que des “couples homosexuels” ayant adopté des enfants pour fonder une “famille nouveau genre”. Ce qui parait encore plus grave et plus délétère sur le plan de la vie “familiale” c’est que les étudiants sont invités à recueillir des données concrètes sur les habitudes sexuelles de leurs parents transformant ainsi les enfants en “délateurs” en “espions” et en véritables “traîtres” de l'intimité conjugale et des mœurs familiales. Il suffit de revêtir le tout “d’objectivité scientifique” pour désensibiliser la conscience morale des enfants qui se prêtent à cette manœuvre sans même se méfier des intentions de leurs éducateurs.

(Voix de l’Est, 5 décembre 1979, p. 4)

En ce 19 mai 2025


Manon Mailhiot et moi a Ausable Chasm, a Peru, dans l'État de New York, le 29 aout 2023.

En ce 19 mai, nous soulignons notre 18e anniversaire de vie de couple

Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 4 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 4 (1993)

Au programme: 

1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Quel livre peut-il être considéré comme étant l'évangile tome 2?

2- Portrait de la relève chez les Recluses de l'Immaculée Conception, a Montréal;

3- Le courrier de l'évêque avec Mgr Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean-Longueuil: Les commandements et les lois dans l'Église; 

4- Mond'ami;

5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent. 

6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle du quêteux du village; 

7- Pour hommes seulement avec André Guérin; 

8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: La sainteté; 

9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 

10- André Beauchamps: La première communion; 

11- Le comédien Jean-Louis Roux lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 04 (Fonds Benoit Voyer)
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

École et lutte des classes


École et lutte des classes

A M. René Lévesque, Chef de l’État du Québec Monsieur.


Les parents catholiques de notre région désirent porter à votre connaissance un volume publié sous les auspices de la C.E.Q. intitulé « École et luttes des classes au Québec », lequel fait partie de la collection Ligne directe.

Dans ce volume, d'inspiration communiste, tout ce qui est catholique est caricaturé, comme étant “capitaliste”: une aberrante déviation mentale chez ces membres de la C.E.Q. et de leur chef Yvon Charbonneau, maoïste reconnu, qui les pousse à détruire avec le capitalisme, la religion. C'est exactement ce que font les communistes en URSS et dans les pays satellites de l'URSS.

On n'oublie pas le manifeste du 1er mai 76. Ces dirigeants de la C.EQ. veulent détruire l’école catholique, l’école privée, pour les remplacer par l'école sans Dieu, l'école d'inspiration communiste.

Pourquoi ces dirigeants aux idées subversives, dangereuses pour la sécurité de l'État, pour le respect des droits de l'homme, des libertés humaines et religieuses, ne sont-ils pas ‘’arrêtés’’”

M. le Premier ministre, dans quelques discours télévisés, vous avez promis de faire justice à tout le monde: jeunes et vieillards, malades, chômeurs. quelle que soit leur nationalité. Vous avez omis de dire: ‘quelle que soit leur religion’. mais nous avons compris que votre esprit de justice s'opposait à toute discrimination.

L'école catholique (quelle soit publique ou privée) est un droit acquis au Québec depuis plus de 350 ans. Les catholiques forment la majorité de la population. La religion, vous le savez vous-même, vous, un ancien élève des Jésuites, est un bien fondamental, essentiel, au véritable épanouissement humain.

Yvon Charbonneau et ses équipiers font pression contre toute subvention accordée à nos écoles. Leur argument: les fonds publics pour les écoles publiques (elles qui sont souvent des lieux d’endoctrinement communiste, comme vous le savez). La majorité des Québécois, ce sont les catholiques; ils contribuent la plus large part des fonds publics: ils ont des droits inaliénables à leur juste part d'aide financière et de re connaissance officielle. Le Québec ne doit pas devenir un État communiste où l’on persécute l'Église.

Dieu est le Maitre absolu, unique. Le président Ford l’a reconnu noblement dans son discours d'adieu à la nation américaine. Il a prié Dieu de bénir son pays, les générations qui montent. Le président Carter a porté haut le drapeau de sa foi dans sa campagne électorale et dans son discours d’inauguration. Carter a invité le P. Jean-Paul Regimbal de Granby à aller animer un diner-prière pour les membres de son cabinet, à la Maison Blanche.

Les responsables de la C.E.Q. ont pour tristes dieux Marx, Lénine, Mao, et Satan. Quelle inspiration peuvent-ils donner aux professeurs? L'État du Québec ne doit pas devenir un second Cuba, où la liberté religieuse est sabotée, détruite. Les Québécois ont peur...avec raison. Sincèrement, Mme C. Leblanc, Saint-Guillaume.

(L’Union, 1er février 1977, p. A6 et A15)

En ce 18 mai 2025


Manon Mailhiot et moi le jour de notre mariage, a Sainte-Thérèse, le 18 mai 2012

Pépinière DS, a Sainte-Julienne


Pépinière DS, 1050, route 125, a Sainte-Julienne. C'est la place par excellence pour acheter des plantes pour garnir nos plate-bandes.



Intentions de votes

Le 16 mai 2025, selon Québec 125, s'il y avait eu une élection générale au Québec, le Parti québécois aurait pris la direction de la province avec 33% des votes. La CAQ aurait obtenu la 2e place avec 21%, suivis du Parti libéral avec 20% et du Parti conservateur du Québec avec 13%.

Dans la circonscription de Rousseau, un député du Parti québécois représenterait les citoyens a l'Assemblée national avec 42% des votes. Suivraient le CAQ avec 30% et le Parti conservateur du Québec avec 13%.