ARTICLE DU JOUR: Louis Émond, un saint laïc
Par Benoit Voyer
24 août 2025
Louis Émond porte le nom de l’auteur du célèbre roman Maria Chapdelaine, mais n’a rien d’un intellectuel. Il s’agit plutôt d’un simple journalier de son époque.
Il naît à Sainte-Famille, sur L'Île d'Orléans, près de Québec, le 24 août 1876. Sa mère est Maria Rhéaume (1845-1922) et son père François-Xavier Émond, un petit cultivateur. Il sera baptisé dans la tradition catholique trois jours plus tard.
On ne vit pas riche chez les Émond. Afin d’aider ses parents, il commence à travailler à l’âge de 12 ans. Il gagne 1$ par semaine dans la cave malsaine d'un sellier-tanneur. Il est un apprenti modèle, appliqué et dévoué aux intérêts de son patron.
Louis passe ses soirées au service de la jeunesse défavorisée au Patronage Saint-Vincent-de-Paul.
Le 12 mai 1902, il unit sa destinée à Maria Gingras. Il a 26 ans. Rapidement, il achète une maison dans le quartier Saint-Sauveur, à Québec, au cout de 400$. Leurs trois enfants y grandiront. En tout, ils y demeureront pendant 42 ans.
Il s’implique dans le syndicalisme catholique afin de se porter à la défense des ouvriers.
Au conseil municipal de Québec, il représente le quartier Saint-Sauveur, un secteur défavorisé de la ville.
En 1926, 3 000 ouvriers sont mis à pied. Par solidarité, Louis Émond démissionne de son poste. Il deviendra percepteur des arrérages de taxes municipales.
Sur le plan religieux, il fonde le Comité du Sacré-Coeur. Il deviendra un proche du père Victor Lelièvre. Leur amitié durera une trentaine d’années. Le religieux dira de son ami Louis: « La découverte de ce Louis d'or fut l'une des grandes grâces de ma vie. »
En 1930, avec Victor Lelièvre, il fonde, à Québec, la Maison Jésus-Ouvrier. On s’y spécialise dans les retraites spirituelles pour « le monde ordinaire ». Louis Émond prend la direction de la Maison. Il n’hésitera pas à passer de maison en maison, afin de « vendre » la retraite fermée comme étant une « police d'assurance pour le ciel ».
Durant 27 ans, les retraites se terminent par une conférence de Louis Émond. Un retraitant dira un jour: « C'est le père Lelièvre qui a préparé ma confession, et le père X qui l'a entendue; mais c'est Louis Émond qui m'a décidé à persévérer. »
En 1922, à cause de ses services rendus à l'Église, le pape Pie XI lui a remis la décoration de Chevalier de Saint-Grégoire-le-Grand.
Il est décédé à Québec le 26 septembre 1949, à l'âge de 73 ans. Il est inhumé dans le lot A 4 43 du Cimetière Saint-Vallier, une composante du Cimetière Saint-Charles, à Québec
Il a reçu le titre de « serviteur de Dieu ». Ainsi donc sa cause, en vue d’une future canonisation, est à l’étude.
JEAN-PAUL REGIMBAL: La Seigneurie du Christ sur notre pays
Ce congrès marque véritablement un point tournant dans l’évolution du renouveau charismatique. Et cela, pour plusieurs raisons, car il y a eu durant ces dernières années une véritable croissance dans la découverte de la réalité de l’Esprit
Ce n’est plus maintenant du domaine du mythe, mais bien du domaine de la réalité concrète et vécue. Cela marque un point tournant aussi, parce qu’il y a eu des expériences communautaires dans différents milieux. A certains endroits, cette prise de conscience communautaire a pris la forme d’un engagement paroissial. Et ici, nous le voyons prendre la forme d’un engagement diocésain. C’est une joie pour le cœur et pour l’esprit.
La Parole de Dieu Le chemin parcouru depuis trois ans n’a été en quelque sorte qu’un chemin préparatoire a quelque chose de plus grand et de plus puissant encore. Et nous avons comme guide, toujours, la Parole de Dieu, cette Parole dont on dit dans la liturgie d’aujourd'hui qu’elle est “vivante, efficace et vraie, qu’elle pénètre entre le cœur et l’esprit. Entre la moelle et les os, cette Parole qui juge les cœurs et les transforme“. Nous avons cette Parole dans l’épitre aux Romains qui nous affirme: “Je ne rougis pas de l’Évangile, car l’évangile est une force de Dieu pour le salut du croyant” (Rm 1,16).
Le magistère Et nous avons aussi pour nous diriger l’enseignement formel du Pape Paul VI qui dans son exhortation apostolique “Evangelii Nuntiandi”, que la priorité et l’urgence de l’heure, c’est l’évangélisation. Oh! Comme il est important que dans les groupes de prière que chaque membre du renouveau charismatique assume en plénitude, tant sur le plan individuel que sur le plan communautaire, cet engagement à l’évangélisation. Saint Paul le disait d’une façon dramatique: “Malheur à moi si je n’évangélise pas.”.
A- Qu'est-ce qu’évangéliser?
Oui, l’évangile est une force de Dieu pour le salut. Évangéliser, cela veut dire donner le Christ au monde. Et pour donner le Christ au monde, il nous faut la puissance de l’Esprit saint. Savez-vous ce qui arrive lorsqu’on donne le Christ au monde dans la puissance du Saint-Esprit? Le monde se transforme, car l’évangile est un ferment qui fait soulever toute la pâte parce que chacun a pris conscience de la nécessité de proclamer l’évangile du Dieu vivant dans l’aujourd’hui de l’amour.
Jésus Christ est Seigneur Ce congrès marque aussi un progrès considérable! Le thème qui nous est proposé est tellement vaste qu’il nous faudrait au moins un an pour l’explorer. Nous s’avons hélas que quelques minutes avant la fin du congrès, mais je voudrais, ce matin, dégager un aspect de ce thème inépuisable. En réalité, par les séminaires de la croissance dans l’Esprit, chacun en est venu graduellement à saisir la portée personnelle de cette réalité. Chacun en est venu à découvrir la seigneurie de Jésus-Christ sur sa vie personnelle et la seigneurie de Jésus-Christ s’exerce dans toutes les zones de sa personnalité: la seigneurie du Christ sur l’intelligence, sur la volonté, sur l’affectivité, la seigneurie du Christ sur toutes les relations interpersonnelles et, comme on vient de l’entendre a l’instant dans le témoignage qui a précédé, la seigneurie de Jésus-Christ sur l’unité familiale,
Que ton règne social arrive!
Mais il faut aller plus loin: Ce n’est là que l’abc, de la démarche chrétienne. L’évangélisation va beaucoup plus loin que cela. Il faut que le règne social de Jésus-Christ arrive sur la terre des hommes. Il faut éventuellement que la Seigneurie de Jésus Christ s’exerce sur toutes les instances de notre vie sociale.
La lettre des évêques, en date du 1er septembre, cette année, vient nous confirmer la chose. En effet, la directive que les évêques nous donnent dans le prolongement de l’enseignement du pape, c’est que l’heure est venue “de passer de la parole aux actes”. Il faut que l’évangile produise un impact a tous les niveaux de la vie sociale et cela ne se fera pas par le ministère des anges. C’est nous, les hommes, qui avons la responsabilité de changer cette société dans laquelle nous vivons par le ferment de l’évangile proclamé dans la puissance du Saint Esprit. Il est important de bâtir un nouvel ordre social fondé sur la justice en Jésus Christ, fondé sur l’agape christique qui rassemble les hommes dans l’unité et la paix, parce que l’esprit saint aura tissé des liens indissolubles entre les cœurs des frères humains qui, sous la mouvance de l’Esprit, crieront ensemble: “Abba! Père!”
Le document des évêques Il est important que la Parole de Dieu, l’évangile, rejoigne tous les niveaux de la communauté. Au numéro 4 du document des évêques qu’est-ce qu’on lit? “Comme disciples du Christ, nous avons une responsabilité précise dans l’établissement d’un ordre social fondé sur la justice.” Quand on parle ici du mot justice, ce n’est pas seulement dans le sens légal, mais aussi dans le sens biblique, dans la sainteté de l’ordre des relations voulues par Dieu. Et nous sommes en cela les héritiers des prophètes d’Israël, tels Amos, Jérémie, Isaïe, pour qui connaître Dieu, c’est chercher la justice dans la vérité, c’est de chercher la justice pour les déshérités, les pauvres, les opprimés, les mal-aimés. Tant que l’évangile de Jésus-Christ ne sera pas traduit en œuvres de vérité qui feront éclater la justice de Dieu sur la terre des hommes, eh bien, à ce moment-là, nos activités sont vaines.
Un point tournant
Ce congrès marque précisément le point tournant dans l’évolution du renouveau charismatique. Il est temps, et plus que temps, que les groupes de prière passent de la Parole aux actes, de la prière à l’engagement apostolique, et là ou notre engagement apostolique trouvera son expression vraie, c’est dans l’évangélisation : donner le Christ au monde dans la puissance du Saint-Esprit. C’est par là qu’il y aura transformation radicale de notre société, a tous les niveaux. L’Évangile de Jésus Christ, veut véritablement être proclamé non seulement dans cet aréna! Ici, voyez-vous, c’est relativement facile de proclamer tous ensemble que Jésus Christ est le Seigneur a la gloire de Dieu le Père : On est en sécurité, on est en famille, la famille est large! Alléluia! (Pointe d’humour) Mais il faut aller beaucoup plus loin que cela! Nous ne pourrions avoir de repos dans l’œuvre d’évangélisation tant que, dans l’hôtel de ville de chaque cité du Québec et du Canada, les membres du conseil, à la suite du maire, ne proclameront ensemble d’une seule voix : Jésus Christ est Seigneur a la gloire de Dieu le Père!
B-L 'évangélisation au Québec
Ce qu’il reste à faire L’œuvre de l’évangélisation est à peine commencée, car il faut aussi que dans le monde syndical et dans le monde patronal, l’évangile fasse des avances et transforme les milieux, car il n’y a pas seulement la conversion des individus à assurer, il faut de plus qu’il s’opère une conversion communautaire. La communauté syndicale et la communauté patronale ont toutes les deux besoins de conversion. Voyez-vous ça d’ici le jour ou le Front commun se ralliera autour de la Parole proclamée: “Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père!” Vous n’avez pas hâte de voir nos chefs syndicaux militer au sein du peuple de Dieu? Là, on pourra dire qu’on a commencé l’évangélisation! Pas avant! Donc on a encore du pain sur la planche...
Ce qu’il reste à faire L’œuvre de l’évangélisation est à peine commencée, car il faut aussi que dans le monde syndical et dans le monde patronal, l’évangile fasse des avances et transforme les milieux, car il n’y a pas seulement la conversion des individus à assurer, il faut de plus qu’il s’opère une conversion communautaire. La communauté syndicale et la communauté patronale ont toutes les deux besoins de conversion. Voyez-vous ça d’ici le jour ou le Front commun se ralliera autour de la Parole proclamée: “Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père!” Vous n’avez pas hâte de voir nos chefs syndicaux militer au sein du peuple de Dieu? Là, on pourra dire qu’on a commencé l’évangélisation! Pas avant! Donc on a encore du pain sur la planche...
L’audace de la foi apostolique
Mais il faut aller beaucoup plus loin que cela! Jésus-Christ veut être le Seigneur de chaque comté. Cela veut dire qu’il faut que nous ayons assez de courage, assez d’énergie, pour faire sentir notre présence chrétienne et évangélique dans chaque comté, de sorte que l’on puisse dire au candidat: “Nous voterons pour vous seulement dans la mesure ou, dans votre vie personnelle et dans votre activité politique, il sera évident que Jésus-Christ est Seigneur a la gloire de Dieu le Père”.
Pour ma part, je n’aurai de repos que lorsque je verrai sur la colline parlementaire à Québec le premier ministre se lever en chambre et tous les députés avec lui proclamer: “Ici, au Québec, Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.”
A ce moment-là, on pourra parler de ministre qui ont de vrais ministères, pas avant! Ça prendrait même la nomination d’un nouveau ministre: ministre des Ressources surnaturelles! En aparté a la blague: On proposera Mgr Langevin pour ce ministère-là. C’est ça, l’évangile vécu. Il ne faut pas se contenter tout simplement de proclamer l’évangile en vase clos! Il faut que l’éclatement pascal trouve son retentissement sur la place publique, de même que la venue de l’Esprit au Cénacle a poussé les apôtres à aller précisément sur la place du marché annoncer les merveilles du Seigneur. L’évangélisation doit rejoindre tous les segments et tous les secteurs de la société.
Évangélisation des structures
L’évangile de Jésus doit rejoindre les ressorts profonds de l’économie. Cela suppose donc que les économistes eux-mêmes connaissent les principes de “l’économie du salut”. Ce serait déjà là une bonne partance! Il faudrait de plus que ceux qui sont à la tête des institutions financières soumettent leur gérance a la seigneurie de Jésus-Christ, car ils ne sont que des intendants: ils n’ont que l’administration des biens qui leur sont prêtés par le Seigneur. Mais si Jésus n’est pas le Seigneur de nos institutions financières, ça va continuer de mal en pis, car tant que les profits prendront le dessus sur la personne, l’évangile n’est pas incarné.
Il faut une conversion de nos institutions financières pour qu’en le profit cède le pas à la dignité et à la noblesse de la personne et que le capital soit au service de l’épanouissement de l’individu, de la famille et de la société. C’est ça de l’évangélisation in concreto.
Vous avez reçu un Esprit de force
On n’a pas encore commencé à évangéliser. On est bien trop peureux! Pourtant, nous avons reçu non pas un Esprit de crainte, mais un Esprit de force. Nous avons reçu un Esprit d’amour et nous avons reçu un Esprit de maitrise de soi. Pourquoi ce revêtement de puissance sinon pour faire éclater la Parole de Dieu dans tous les segments de la vie? C’est ça que les évêques nous disent. Et si nous sommes fils de l’Église, si nous sommes fidèles croyants qui nous laissons enseigner par nos pasteurs, il importe que ces paroles deviennent réalité de vie et que la Parole de Dieu s’incarne en notre milieu québécois. C'est urgent! Il faut que nos institutions sociales correspondent aussi à la réalité de la seigneurie de Jésus-Christ pour changer le climat de cette province.
Situation explosive
Actuellement, nous sommes assis sur un volcan! Le volcan de la haine, le volcan du ressentiment. Nous sommes assis sur un volcan qui risque d’éclater, et la seule façon d’éteindre ce volcan de haine, c’est par des torrents d’amour! Je n’en connais pas d’autres! Et ces torrents d’où jaillissent-ils sinon du cœur transpercé de Jésus.
Et quand Jésus inonde par son amour tous les volcans humains, ceux-ci s’éteignent, et c’est alors que s’affirme la victoire de celui qui est Seigneur a la gloire de Dieu le Père.
Le règne sociale du Christ au Québec C’est donc dire que l’évangile de Jésus-Christ doit changer toutes et chacune de nos institutions: sociale, culturelle, politique et économique, afin que vraiment d’un bout à l’autre de la province, la seigneurie de Jésus-Christ puisse s’affirmer d’une façon concrète et de sorte que les gens puissent véritablement bénéficier de la libération individuelle et collective de Jésus, le messie, est venu proclamer. La proclamation de l’évangile a pour but de hâter non seulement la libération des opprimés, mais aussi de créer un climat de communion, un climat de communication, parce qu’il y aura eu d’abord un climat de réconciliation, Est-ce qu’on peut dire qu’au Québec, actuellement, règne un climat social de réconciliation? Dans le domaine scolaire, est-ce qu’il existe un climat de réconciliation? Dans le domaine politique, dans le domaine économique, dans le domaine culturel, est-ce qu’il existe un climat de réconciliation et de communion? “On est six millions, faut évangéliser à la gloire de Dieu le Père.
C-L ’évangélisation au Canada
Vous voyez les implications concrètes que la seigneurie de Jésus peut avoir. Mais même si, à la colline parlementaire de Québec, tout le cabinet et tous les députés reconnaissent la seigneurie de Jésus-Christ, on n’aurait que commencé a évangéliser. Pourquoi? Parce que notre pays est un pays fédéré et qu’il faut que cette fédération trouve à Ottawa l’expression de la seigneurie de Jésus-Christ. Et remarquez bien que la devise du Canada: “A mari usque ad mare” est tirée du psaume 71 qui est un psaume messianique, ne l’oubliez pas! N’oubliez pas que les Pères de la Confédération ont trouvé l’inspiration de l’unité canadienne a la lumière des psaumes. Ça en dit long! Et de tous les versets, ils ont choisi celui qui exprime le dominion de la seigneurie du messie: qu’Il règne d’un océan à l’autre. Eh bien! Le Canada n’accomplira pas sa mission sur la terre des hommes et dans l’harmonie des peuples tant que la seigneurie de Jésus-Christ ne sera pas proclamée “A mari usque ad mare”, d’un océan à l’autre.
Tous sont appelés à l’évangélisation
Mais comment pensez-vous que ça va arriver? Par le ministère des anges? Cela va arriver par votre témoignage a vous! Cela va se produire par le rayonnement de votre propre activité. Au fur et à mesure que l’évangélisation s’étendra dans vos milieux, cela deviendra contagieux., et finalement, tout le Canada sera poussé par la puissance merveilleuse de la Parole de Dieu qui rassemble son peuple dans l’unité.
Les nouveaux ministères dans l’Église Vous voyez pourquoi nous avons besoin a l’heure actuelle que le Seigneur suscite dans son Église des apôtres, des prophètes, de évangélistes, des docteurs et des pasteurs? C’est précisément afin que le peuple de Dieu soit rassemblé sous la puissance de la Parole et mu dans la puissance de l’Esprit pour proclamer la seigneurie de Jésus-Christ d’un océan a l’autre! C’est pour cela! Cela ne peut se faire que par la communauté qui s’appelle l’Église. C’est pourquoi il faut des conversions communautaires. C’est pourquoi il faut des prises de conscience communautaires : pour en arriver à des prises de position communautaires. Et c’est l’Église, l’Église, tête et membres, l’Église peuple de Dieu, qui devient prophète : C’est l’Église peuple de Dieu qui annonce l’évangile a notre temps pour assurer non seulement par proclamation, mais pour assurer d’une façon existentielle dans chacune de nos institutions, que Jésus-Christ est Seigneur, a la gloire de Dieu le Père!
Le temps est venu : c’est l’heure! Le pape nous dit qu’il s’agit-là d’une urgence et d’une priorité. Et les évêques nous le disent aussi qu’il s’agit de responsabilité urgente de l’heure : « les signes des temps nous pressent de réfléchir comme chrétiens sur les responsabilités qui nous incombent au plan de l’organisation de la société et de passer de la parole aux actes ».
Le temps est venu, et je me demande même s’il n’est pas un peu tard, ou nous allons faire sentir que l’évangile de Jésus-Christ n’est pas un vain mot, mais que c’est « une force de Dieu pour le salut de nos frères ». Il importe, pour nous, de saisir l’urgence et la priorité que représente pour nous l’évangélisation. Il ne faut pas avoir peur : c’est cela qui nous tue communautairement! On a tellement peur que les gens disent ceci ou cela de nous, qu’on demeure paralysé, infécond. Alors, on passe son temps à gémir : « Eh! Que cela va mal au Québec! Eh! Que ça va mal dans le domaine scolaire! Et on ne glorifie certainement pas Dieu notre Père!
Le Seigneur veut régner! Le Seigneur veut régner! Et le Seigneur met sur nos lèvres la prière que Jésus nous a enseignée : « Que ton règne social arrive! Que ta volonté soit faite au Canada comme au ciel ». Le Notre Père, vous savez, a un retentissement considérable lorsqu’il est récité comme l’expression de notre foi communautaire. « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Quand Français et anglais pourront le dire communautairement et que la communauté francophone pourra dire à la communauté anglophone : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à la communauté anglophone » et quand, parallèlement, la communauté anglophone, au nom du Seigneur Jésus-Christ, alors, et alors seulement, le climat social va changer! Mais on n’est pas rendu la parce que la prise de conscience communautaire n’est pas encore suffisamment faite! Un congrès comme celui-ci, cependant, marque un point de départ vers cette conscientisation collective face à l’urgence de l’évangélisation.
D-J ’ai eu un songe et une vision
Je lisais dans la prophétie de Joel : « En ces temps qui sont les derniers, le Seigneur dit : « Je répandrai de mon Esprit sur toute chair. Alors leurs fils et leurs filles prophétiseront, les jeunes gens auront des visions et les vieillards des songes » (Jl 3,1-5) Comme je ne suis ni tout à fait dans la catégorie des jeunes gens et comme je ne suis pas encore tout à fait dans la catégorie des vieillards, j’ai eu les deux : visions et songes. J’ai eu une vision, j’ai eu un songe, que le 14 octobre 1980, l’ensemble de toutes les forces ouvrières montaient par centaines de mille vers la colline parlementaire. Et là, il y avait des gens massés qui criaient, et ils portaient des pancartes, et ils portaient des bannières. A première vue, j’ai dit : Ça y est! C’est l’éclatement! C’est véritablement l’effusion de sang! Et je voyais les trois chefs syndicaux qui menaient la marche, et qui se présentaient finalement devant le ministre du travail. Puis ils ont dit : « Nous avons une déclaration à vous faire, monsieur le ministre, nous affirmons l’urgence et la nécessité de réviser complètement et entièrement toutes les bases de nos relations patronales ouvrières. Nous venons vous faire part de notre décision communautaire. Le principe de nos rapports, désormais, sera de reconnaître que Jésus est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père ». Alors, le ministre du travail a crié « Amen! » et tout le monde a crié « Alléluia! » Bien entendu c’est un rêve, c’est un songe… Quand cela deviendra-t-il réalité? Je laisse cela a vos conjectures !!!
Et le songe continue. C’est la réunion de tous les maires de municipalités, et les maires de municipalités se rendent devant le ministre responsable de toutes les municipalités. Ils présentent les problèmes d’habitation, les problèmes de logistique, les problèmes d’approvisionnement d’eau, les problèmes de pollution de l’air, de l’espace, du son, et alors ils déclarent : « Monsieur le ministre, après avoir examiné sérieusement la gravité des problèmes, et le point de non-retour déjà atteint, nous nous apercevons que, humainement parlant, il n’y a plus de solution. Mais savez-vous, nous avons découvert une chose : qu’il existe un principe d’ordre, un principe de lumière et un principe de paix, si seulement nous – et nous le proposons au ministre des municipalités – nous reconnaissons que Jésus est Seigneur! » Et tous les maires ont répondu : « A la gloire de Dieu le Père! » Bien entendu, c’est un songe, c’est une vision… Mais c’est comme ça que les songes et les visions deviennent réalité!
Il nous faut des hommes de vision! « Vos jeunes gens auront des songes et vos vieillards des visions”. Voilà ce dont nous avons besoin: être un peu qui a une vision. Un peuple qui a une vision prophétique et un peuple qui a l’audace d’aller jusqu’au bout de sa vision, sachant que cette vision de Dieu le Père est que la seigneurie de Jésus-Christ s’exerce d’un océan à l’autre. Il n’y a pas de doute là-dessus!
L’audace d’aller au bout de ses convictions Il est certain que la vision de Dieu le Père c’est que toute l’administration des finances soit au service de l’homme plutôt qu’un asservissement de l’homme. Il est certain que la volonté de Dieu le Père c’est tout cela, le politique, l’économique, le social, le culturel, soient récapitulés sous la seule seigneurie de Jésus-Christ. Il n’y a pas de doute là-dessus! Mais il faut que nous ayons l’audace de notre foi; il faut que nous ayons le courage de convictions, pour traduire l’évangile en termes concrets de la vie. C’est là où nous en sommes rendus dans le renouveau charismatique. Il est temps maintenant de passer de la parole aux actes.
Nécessité du discernement communautaire Et c'est pourquoi, il a été si important durant cette fin de semaine de parler de la puissance de la Parole, de parler de la puissance de la prière, de parler de la nécessité du discernement et de parler aussi de la variété des charismes et des ministères, car tout cela est mis en jeu dans la réalisation de l’avènement de la seigneurie de Jésus-Christ d’un océan à l’autre! C’est nécessaire.
Il est temps maintenant que les groupes de prière exercent un discernement communautaire en disant: “Comme nous qui sommes d’ici à Québec, nous qui sommes à Rivière-du-Loup, nous qui sommes de la Beauce, nous qui sommes de Lotbinière, nous qui sommes de Trois-Rivières, comment, concrètement, allons-nous traduire notre incarnation d’évangile en répondant ici aux besoins de notre temps?
1.La famille
Sachez qu’il y a quatre points d’impact pour que l’évangélisation devienne corps et vie dans notre milieu. Il y a d’abord la famille: la famille est le premier lieu d’impact, car c’est par l’assainissement de la famille qu’on va réellement assainir et redresser toute société. Il est important que l’évangélisation dans votre milieu trouve une expression pour un apostolat, une évangélisation systématique, une évangélisation joyeuse de la famille.
2.La jeunesse
Le second lieu d’impact, c’est la jeunesse. “Vous jeunes gens et vos filles prophétiseront. Sur mes jeunes gens et mes jeunes filles, je répandrai de mon Esprit”. Il faut une action évangélisatrice qui véritablement assume la proclamation de la Parole de Dieu dans le cœur de la jeunesse et il s’agit de se donner les moyens d’action voulus pour que cette évangélisation pénètre en profondeur.
Si d’une part l’école nous est fermée, il nous reste la rue. Si d’une part l’école nous est fermée, et soit dit en passant, cela nous a été fermé par 5% de fanatiques qui s’appelle le MLF, mouvement de la langue française, c’est ça qui a parti le bal en 1960, et si nos écoles sont déchristianisées, ça été sous l’influence d’un petit 5% de trouble-fêtes qui a fini par nous nier à nous, 95% de la population, le droit de faire éduquer nos enfants dans la foi. Est-ce qu’il n’est pas temps qu’on sorte de notre mutisme? Malheur à la majorité silencieuse! Eh bien, si les écoles nous sont fermées, on ne peut nous fermer les discothèques, on ne peut pas nous fermer les cafés. Fondons des cafés chrétiens dans tous les secteurs pour rejoindre la jeunesse! N’ayons pas peur! Ayons l’audace d’évangéliser!
3.Les hommes d’affaires
Le troisième point d’impact d’évangile, c’est auprès de ceux qui exercent un rôle de commandement dans la société, les hommes d’affaires, les hommes d’affaires qui sont impliqués dans le domaine industriel, dans le domaine commercial, dans le domaine de la promotion sociale. Ce sont ces hommes-là qu’il faut aller chercher, car si la société doit traduire le règne social de Jésus-Christ sur la terre des hommes, le Seigneur va se servir de ceux qui sont déjà là et qui ont des postes de commande. Ceux-là, il faut tous les évangéliser. C’est pourquoi nous avons fondé ACTE, l’Association chrétienne des témoins dans l’entreprise”. C’est une forme d’évangélisation, non pas la seule, bien sûr, mais il s’agit d’être assez créateur, assez inventif pour trouver les moyens nécessaires afin d’évangéliser ceux-là qui ont des responsabilités sur le plan décisionnel, afin que le règne social de Jésus-Christ devienne une réalité, ici, au Québec. C’est nécessaire. C’est urgent. C'est prioritaire.
4.Les hommes politiques
Et le quatrième point d’impact, c’est auprès précisément des maires, des députés, députés provinciaux, députés fédéraux. Et je puis vous dire que le Seigneur m’a conduit à évangéliser ces gens-là d’une façon très bizarre. C’est arrivé à Toronto. Imaginez-vous si le Seigneur n’a pas un vrai sens de l’humour: de me parler à Toronto. Au moins, s’il avait eu la décence de me parler à Québec! Mais il a choisi Toronto, que voulez-vous! (En blaguant). Peut-être parce que ce coint a plus besoin d’évangélisation... Passons...
E-La puissance de la prière
C’était le dimanche du Christ Roi en novembre 1975. J’étais là dans la chambre d’hôtel en train de lire la Bible pour préparer mon sermon du dimanche. Le Seigneur m’a dit : « Mets ta bible de côté, j’ai à te parler ». Je suis resté saisi. Or, j’ai mis la bible de côté. Et là, le Seigneur me dit : « Prends un crayon, écris ». Et je me suis exécuté. Il m’a dicté une prière que je vais vous lire, une prière que le Seigneur a utilisée pour ouvrir des portes au niveau des mairies, au niveau du gouvernement provincial, au niveau du gouvernement fédéral. C’a été une petite clé que le Seigneur m’a donnée pour rejoindre ces milieux qu’on appelait intangibles. C’est une prière. Écoutez-la!
La prière de la paix Notre Père qui est aux cieux, nous consacrons notre pays bien-aimé a la Royauté et à la Seigneurie du Christ Jésus. Nous te demandons de renouveler notre patrie dans la puissance du Saint-Esprit, afin que tous les Canadiens fléchissent le genou et proclament du cœur et des lèvres que Jésus-Christ est Seigneur a la gloire de Dieu le Père.
Nous te prions de revêtir nos chefs politiques de la sagesse et de la science qui viennent de toi pour gouverner ce pays selon la souveraine volonté du Père, afin que le Québec et le Canada prospèrent dans la justice et dans la paix, dans l’amour et la vérité, jusqu’au jour où Jésus soit vraiment le Seigneur d’un océan à l’autre, « a mari usque ad mare »!
Nous nous engageons à une alliance de prière et de témoignage, afin que toute puissance des ténèbres soit rompue et que l’ennemi de Dieu, Satan, soit subjugué, que Jésus-Christ soit le Seigneur de chaque mairie, de chaque gouvernement, et chaque cour de justice du Canada, jusqu’au jour de son glorieux avènement.
Et, quand le Seigneur m’eut dicté cette prière, il m’a dit : « Tu inviteras tous les gens qui sont d’accord avec le contenu de cette prière à envoyer une prière au maire de leur municipalité, aux conseillers municipaux, au député provincial, au député fédéral, aux premiers ministres de la province et du Canada ». Savez-vous qu’il y en a six millions en circulation?
La puissance de la prière Je reçois presque à chaque semaine des lettres de députés de divers comtés, en français, en anglais, qui ont reçu la prière par les commettants de leur région. Il y en a qui m’a dit en avoir reçu 4000! Il dit : « Je la connais par cœur! » Et j’ai reçu une lettre du premier ministre Trudeau qui m’a dit également que son bureau est inondé. Alors, je lui ai répondu : « Plaise à Dieu que cela vous inspire de faire une retraite charismatique avec les membres de votre cabinet! » C’est ça l’audace de la foi! Le Seigneur prend des moyens bien simples! Qui aurait cru qu’une petite prière sur un bout de papier puisse rejoindre le cœur de ceux qui sont dans les postes de gouvernement. »
Déjeuner de la prière à Ottawa
Ce que je puis vous dire parce que j’étais présent, c’est qu’il y a eu un déjeuner de la prière à Ottawa, ou ils étaient 400. Il y avait plusieurs ministres du cabinet fédéral, il y avait 40 ambassadeurs dont l’ambassadeur de Moscou; Il y avait les hauts fonctionnaires de presque tous les départements. Et savez-vous qui assurait la partie musicale? La Gendarmerie royale du Canada. Alléluia! Vous direz ensuite que le Seigneur n’a pas le sens de l’humour!
Déjeuner de la prière à Québec Et croyez-le ou non, nous avons eu aussi un déjeuner de la prière au Parlement de Québec, organisé par le ministre Garneau. Ah! Oui! Voyez-vous la conspiration du silence de messieurs les journalistes!
Pensez-vous qu’ils ont rapporté cela en première? Bien non, parce que ce n’est pas un meurtre! Ce n’est pas un viol! Et jusqu’à présent, on n’a pas su mettre à la une dans les journaux du Québec les merveilles et les miracles de Dieu. Seulement les meurtres, pas les miracles! Mais un jour viendra tellement sur, claire et irréfutable, qu’il faudra bien que messieurs les puissants des journaux rapportent en première page ce que Jésus a fait au Québec et au Canada.
Conclusion: Jésus-Christ est Seigneur Et il faudra qu’un jour ces messieurs qui s’occupent des médias d’informations fassent des reportages et qu’ils rapportent non seulement aux nouvelles, mais en spécial, les congres charismatiques qui se tiendront d’un bout à l’autre du Canada, car Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père!
Alléluia!
Jean-Paul Regimbal
Conférence prononcée au congrès diocésain du renouveau charismatique de Québec, le 10 octobre 1976. Tiré d'une publication de l'Assemblée canadienne francophone du renouveau charismatique catholique. Document conservé a la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby (Fond P049) et chez Bibliothèque et archives nationales du Québec, a Montréal (BANQ 248.482 R33g 1976)
ARTICLE DU JOUR: La bienheureuse Marie-Anne Blondin
Par Benoit Voyer
23 août 2025
Le 18 avril 1809, à Terrebonne, naît Marie-Esther Blondin, fille de Jean-Baptiste Sureau dit Blondin, un agriculteur, et de Marie-Rose Limoges. Elle est la troisième d’une famille de douze.
Elle vient d’un milieu pauvre et sa jeunesse est marquée par des deuils et des épreuves. Comme bien des enfants francophones du Canada, elle est analphabète. Toute sa vie son manque d’éducation sera une souffrance pour elle.
Jeune adulte, elle fera la connaissance de la Congrégation Notre-Dame, fondée par sainte Marguerite Bourgeois. Elle assiste à leur arrivée à Terrebonne et deviendra domestique au couvent. Les sœurs en profiteront pour lui apprendre à lire et à écrire.
A 22 ans, elle devient étudiante et novice a la Congrégation. On lui donne le nom de Sœur Sainte-Christine. A cause de sa santé, on la renvoie. Esther vivra une grande tristesse.
A 33 ans, Suzanne Pineault l’invite à se joindre à elle pour enseigner aux enfants. Ainsi, elle devient institutrice à l’école paroissiale de Vaudreuil. En peu de temps, Esther deviendra la directrice de l’établissement qu’on nommera l’Académie Blondin. En plus d’instruire les petits, elle forme des jeunes filles afin qu’elles deviennent enseignantes pour les écoles rurales.
En 1848, Esther parle à l’abbé Paul-Loup Archambault [1], le curé de Vaudreuil, de son rêve de fonder une communauté religieuse pour l’éducation des enfants pauvres. Il la soutient dans ses démarches, mais lui dit : Ma fille, « attendez-vous a beaucoup souffrir ». Au printemps, l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, encourage l’initiative, malgré quelques réserves.
Le 8 septembre1850, Mgr Ignace Bourget officialise la fondation des Filles de Sainte-Anne. Esther devient sœur Marie-Anne et la première supérieure. Malgré la pauvreté de la communauté, les premières années seront tout de même heureuses.
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| Buste de la bienheureuse dans l'église Saint-Jacques de Montcalm |
Nommé aumônier, l’abbé Louis-Adolphe Maréchal [2], 29 ans, fait la vie dure à la supérieure. Il ne cesse de la dénigrer auprès de Mgr Bourget et des religieuses. De plus, il s’immisce dans les décisions de la communauté pour imposer sa vision des choses.
En août 1854, afin de régler le conflit, Mgr Ignace Bourget demande à Marie-Anne Blondin de « se déposer et de ne plus accepter le mandat de supérieure si ses sœurs veulent la réélire. »
Le jeune aumônier ne lâche par le morceau. Devenue directrice au convent de Sainte-Geneviève, il colporte qu’elle administre mal l’institution. En 1858, Mgr Bourget la ramène à la maison mère, avec la consigne de « prendre les moyens pour qu'elle ne nuise à personne. »
Elle sera affectée à d’humbles tâches à la buanderie, au sous-sol de la maison mère de Lachine. Ne gardant aucune rancune, elle y passe ses journées loin de l’administration de la communauté qu’elle a fondée. Elle dira souvent qu'il y a « plus de bonheur à pardonner qu'à se venger. »
Dans les premières heures de 1890, Marie-Anne Blondin, 80 ans, sachant qu’il lui reste peu de temps à vivre, demandera à sa supérieure de faire venir à son chevet l'abbé Maréchal, « pour l'édification des sœurs. »
Marie-Anne Blondin décède le 2 janvier 1890, à Lachine.
Le 29 avril 2001, sur la Place Saint-Pierre, au Vatican, Jean-Paul II la déclare bienheureuse. A son sujet, Paul-André Comeau me dira : The Globe and Mail, « est le seul quotidien national qui a joué à la une la béatification de la fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne. Cette équipe a jugé que cela est un événement de société qui interpelle. Une femme qui, en 1850, fonde une communauté religieuse et qui dira à Mgr Bourget que dans les écoles de campagne il faut qu’il y ait des écoles mixtes par qu’il n’y a pas assez de monde... Il faut le faire! C’était audacieux pour l’époque! »[3]
L’Église catholique du Canada souligne sa mémoire le 18 avril de chaque année.
____________________
[1] Louis Rousseau, « ARCHAMBAULT, PAUL-LOUP (baptisé Paul) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , https://www.biographi.ca/fr/bio/archambault_paul_loup_8F.html
[2] Louis Rousseau, « MARÉCHAL, LOUIS-DELPHIS-ADOLPHE (baptisé Louis-Delphis) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , https://www.biographi.ca/fr/bio/marechal_louis_delphis_adolphe_12F.html
[3] Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », Éditions Logiques, 2005, p. 75.
JEAN-PAUL REGIMBAL: A la découverte de l'Esprit
A la découverte de l'Esprit
La personne du Saint-Esprit
Le Saint-Esprit est, sans aucun doute, la personne la moins connue, la moins aimée et la moins adorée de l’auguste Trinité. Et pourtant, c’est la personne divine qui opère dans nos vies quotidiennes le rôle le plus constant et le plus intime dans l’œuvre de notre croissance spirituelle, de notre sanctification. C’est le Saint-Esprit, qui, au moment du baptême, a été diffusé dans nos cœurs, par Dieu le Père, pour nous marquer du signe du salut, pour nous communiquer la vie divine, pour nous conformer à l’image même du Christ, pour que nous devenions tous enfants de Dieu, fils de Dieu dans le seul et unique vrai Fils Jésus-Christ. C’est par lui encore que nous est communiqué le salut que le Seigneur Jésus nous a mérité sur la croix. C’est toujours par lui que nous sommes regénérés a la vie nouvelle que nous a acquise le Fils de Dieu, Jésus, par sa mort et sa résurrection.
Le Saint-Esprit est, sans aucun doute, la personne la moins connue, la moins aimée et la moins adorée de l’auguste Trinité. Et pourtant, c’est la personne divine qui opère dans nos vies quotidiennes le rôle le plus constant et le plus intime dans l’œuvre de notre croissance spirituelle, de notre sanctification. C’est le Saint-Esprit, qui, au moment du baptême, a été diffusé dans nos cœurs, par Dieu le Père, pour nous marquer du signe du salut, pour nous communiquer la vie divine, pour nous conformer à l’image même du Christ, pour que nous devenions tous enfants de Dieu, fils de Dieu dans le seul et unique vrai Fils Jésus-Christ. C’est par lui encore que nous est communiqué le salut que le Seigneur Jésus nous a mérité sur la croix. C’est toujours par lui que nous sommes regénérés a la vie nouvelle que nous a acquise le Fils de Dieu, Jésus, par sa mort et sa résurrection.
Le Saint-Esprit est une personne divine égale et co-éternelle au Père et au Fils. C’est une personne qui « demeure en nous » (Jean 14, 16-17), qui « nous enseigne et nous conduit à la plénitude de la vérité » (Jean 14,26), qui « convainc et confond le monde en matière de péché, de justice et de jugement » (Jean 16,8). Il conduit, il parle, il entend, il annonce, il glorifie, il ordonne, il envoie, il empêche, il avertit, il aide et intercède, il pense, il sonde tout, il opère et distribue, il possède une volonté, puisqu’il souffle ou il veut, et qu’il accorde ses dons selon son bon plaisir. Or, seule une personne possède ses attributs et peut exercer ces diverses actions envers les hommes.
Par ailleurs, les hommes peuvent lui mentir (Actes 5,3), le tenter (Actes 5,9), lui résister (Actes 7,51), l’attrister (Eph. 4,30), l’outrager (Hébreux 10,29) et blasphémer comme lui (Math. 12,31). C’est d’ailleurs le seul péché que Jésus a déclaré irrémissible, sans pardon : Le péché contre l’Esprit saint…
C’est encore la personne du Saint-Esprit qui, tout à fait aux origines mêmes du christianisme, a rendu féconde la Vierge Marie en la couvrant « de son ombre », a joint de puissance et d’autorité le ministère sacré du Christ, au moment de son baptême par Jean Baptiste, et a transformé le cœur et la personnalité des apôtres pour annoncer avec audace le royaume de Dieu établi par Jésus-Christ au point d’en témoigner au prix du sang.
L’esprit saint fait l’objet du dernier article du Credo que nous récitons chaque dimanche, mais, dans le nouveau testament, il est bien le premier fait d’expérience : naissance et sanctification de Jean Baptiste dès le sein de sa mère, conception virginale du Christ dans le sein de Marie, manifestation visible sous la forme d’une colombe le jour du baptême de Jésus-Christ.
J’irais même un pas plus loin en précisant que le Saint-Esprit est le premier fait d’expérience de toute la révélation, car c’est lui qui a inspiré les patriarches de la Genèse dès les toutes premières lignes du récit de la création : « Au commencement, l’Esprit de Dieu (ruah Elohim) planait sur les eaux » (Genèse 1,2). Le Credo n’affirme-t-il pas que le « Saint-Esprit a parlé aux prophètes » ? Et c’est encore au même Esprit de Dieu que se réfère le témoignage de Jean au dernier chapitre de l’Apocalypse : « L’Esprit et l’Épouse disent « viens » (marana tha). Que celui qui écoute dise « Viens ». Est que l’homme assoiffé s’approche, que l’homme de désir reçoive l’eau de la vie, gratuitement (Apoc. 22,17).
Il n’est donc pas étonnant qu’a un moment de l’histoire de l’humanité ou tout semble sur le point de se perdre dans le chaos le plus complet, la manifestation prodigieuse de l’Esprit saint soit de nouveau voulue par Dieu pour « renouveler la face de la terre » et pour y apporter l’ordre, la justice, la lumière et la paix, dans la plénitude de l’amour. Cela est d’ailleurs conforme à la prophétie de Joel qu’évoquait saint Pierre au jour de la pentecôte :
« Il se fera, dans les derniers jours, dit le Seigneur. Que je répandrai de mon Esprit sur toutes chair. Alors leurs fils et leurs filles prophétiseront. Les jeunes gens auront des visions. Et les vieillards des songes. Et moi, sur mes serviteurs et mes servantes, je répandrai de mon Esprit. Et je ferai paraître des prodiges là-haut dans le ciel et des signes ici-bas sur la terre. Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang. Avant que vienne le jour du Seigneur, ce grand jour. Et quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Actes 2, 17-31)
L’esprit de Dieu continue toujours son action dans l’Église comme en témoigne de façon éclatante le concile Vatican II. Un essor spirituel considérable fut imprimé a toute l’Église tant au sein du laïcat et du clergé qu’au sein des communautés religieuses. Renouveau et réforme vont de pair pour redonner à l’Église sans beauté primitive « sans ride, ni tache. » C’est en ce sens que parle Jean XXIII dans la Bulle d’indiction :
« Cela mettra en évidence la vie et la perpétuelle jeunesse de notre mère la sainte Église, qui est toujours présente aux événements humains et qui au fur et a mesure que passent les siècles, renouvelle sa beauté, brille d’une nouvelle splendeur et remporte de nouvelles victoires, tout en restant toujours la même et en se conformant a cette splendide image qu’a voulu lui donner Jésus-Christ, son divin époux, qui l’aime et la protège. »
Cependant, c’est au cours de ce même concile Vatican II que l’Église entière (560 millions de fidèles) a récité avec ferveur la prière de Jean XXIII :« Renouvelez en notre temps les merveilles de la pentecôte ».
Or, voici que Dieu, fidèle à la promesse de Jésus-Christ : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l’accordera… » réalise concrètement, bien au-delà de toute attente, ce vœu si ardemment formulé. Depuis 1967, il se passe dans l’Église catholique à travers le monde entier, le même phénomène qu’au jour de la pentecôte : « Tous furent alors remplis de l’Esprit saint et commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit donnait à chacun de s’exprimer. » (Actes 2,4).
L’Église demandait un renouveau doctrinal, liturgique, théologique, ascétique et mystique; Tout cela fut exaucé à merveille dans les profondes réformes entreprises à la suite des 16 textes conciliaires. Mais Dieu, infiniment libéral dans son amour et sa miséricorde, lui accorde, par surcroit, un renouveau charismatique d’envergure… Et au lieu de s’en réjouir, beaucoup s’affolent, s’apeurent et tentent à attribuer à Belzébul, le prince des démons, ce qui manifestement vient de l’Esprit saint, conformément aux Actes des apôtres et aux épitres de Paul, sans parler des promesses de Jésus lui-même que rapportent les évangélistes Mathieu (10,7 et ss) et Marc (16, 15-18).
Personne ne contestera au Saint-Esprit le droit de « souffler ou il veut ». Il agit parfois de manière très étonnante car « ses pensées ne sont pas nos pensées et ses voies ne sont pas nos voies ». C’est pourquoi il faut d’avantage admirer et glorifier le Saint-Esprit dans ses œuvres – une fois passée la première surprise bien entendu – que e s’en méfier ou encore de « le contrister » lorsqu’il daigne se manifester. Un passage du décret sur les missions (Ad Gentes, no 29) nous avertit d’ailleurs que l’Esprit saint prend souvent l’initiative dans bien des domaines et qu’il n’y a pas lieu de s’en surprendre puisqu’il est souverain :
« Bien que l’Esprit saint suscite diverses manières l’esprit missionnaire dans l’Église de Dieu; bien qu’il ne soit pas rare que l’action de l’Esprit saint prévienne (précède) l’action de ceux à qui il appartient de gouverner la vie de l’Église, ce dicastère doit cependant, pour sa part, promouvoir la vocation et la spiritualité missionnaire ».
Oui, l’Esprit souffle ou il veut et quand il veut. C’est donc, pour chacun de nous, l’occasion de constater avec « gratitude et joie spirituelle » ce que l’Esprit saint daigne faire dans l’Église et dans le cœur des hommes de notre temps.
Jean-Paul Regimbal
Tiré de: Trinité Liberté, Vol.4 No 6, décembre 1971, pp.4 à 6. Revue conservée chez Bibliothèque et archives nationales du Québec, a Montréal (BANQ-PER120)
ARTICLE DU JOUR: Le vénérable Alfred Pampalon
Par Benoit Voyer
22 août 2025
À Lévis, le 24 novembre 1867, naît Alfred Pampalon. Il est le fils d’Antoine Pampalon (1823-1891) et Josephte Dorion (1828-1873).
À l’âge de 17 ans, il contracte une maladie pulmonaire.
Confiant en la bonne sainte Anne, il se rend prier la grand-mère de Jésus, dans le petit sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, sur la rive nord du Saint-Laurent, juste en face de l’île d’Orléans. S’il guérit, il promet de devenir prêtre rédemptoriste, une communauté religieuse masculine qui n’existe pas encore au Québec. En 1886, il s’embarque pour la Belgique. Il sera ordonné le 4 octobre 1892.
A Mons, en Belgique, il enseigne le catéchisme et visite les personnes malades.
En parlant de sainte Anne, il disait un jour: « J’ai promis à ma Bonne Mère de devenir un saint! Et ma confiance en elle me le fait espérer! ».
En 1895, atteint de la tuberculose, Alfred revient au Canada et intègre sa communauté religieuse à Sainte-Anne de Beaupré.
Le 30 septembre 1896, après avoir chanté le « Magnificat », il fixe les yeux au ciel, comme s’il avait une vision, et passe sur l’autre rive de l’existence.
Il repose dans la crypte de la Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, près de la chapelle du Très Saint-Sacrement.
Alfred Pampalon a été déclaré vénérable le 14 mai 1991.
PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 13 (1993) - Première diffusion
Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 13 (1993)
Au programme:
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre des Psaumes;
2-Pèlerinage à Denver a l'occasion de la visite du Pape Jean-Paul II. Le Cardinal Jean-Claude Turcotte est du nombre des pèlerins 1ere partie;
3-Lorraine Caza: La visiteuse chez Simon
4- Le courrier de l'évêque: Mgr Roger Ébacher: L'importance de la pratique dominicale;
5-Pèlerinage à Denver a l'occasion de la visite du Pape Jean-Paul II. Le Cardinal Jean-Claude Turcotte est du nombre des pèlerins 2e partie;
6- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le Psaume 90;
7- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des marguilliers;
8-René Laprise parle de l'avenir des paroisses dans le diocèse de Gatineau-Hull;
9- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Quels sont les signes de la Providence dans notre vie?
10- Chronique sur les rayons avec Christiane Gagnon: Proposition de quelques livres.
11-Pierre Bélanger livre une réflexion: Médias, races et cultures;
12- La chanteuse Danièle Oddera lit un extrait de la bible.
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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 13 (Fonds Benoit Voyer)
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, à Granby
JEAN-PAUL REGIMBAL: Rencontre avec le père Dismas Clarck
Rencontre avec le père Dismas Clarck
Il semblait épuisé et la mort se lisait déjà sur son visage. Sa parole hésitante, son geste lent, son attitude prostrée, nous déçurent beaucoup au premier abord. Mais en moins de cinq minutes, il avait réussi à dissiper ce nuage de déception par la clarté de sa pensée, la noblesse de son idéal et le mordant de son expérience.
Je ne crains pas de le dire, le père Clarck est un révolté! Mais sa révolte est féconde. Ce n’est pas une révolte anti-sociale, ou anti-chrétienne. C’est une révolte anti-façade, anti-conformiste. C’est une révolte d’ « engagé », qui ne peut supporter le masque du pharisaïsme des « faux-chrétiens ». C’est une révolte évangélique contre le sort fait aux humains par d’autre humains qui se disent « chrétiens ».
Pour donner une idée de l’homme, il suffit d’examiner son style. Une question a réussi à mettre sa pensée a découvert :
- « Mon père comment faites-vous pour financer vos œuvres?
-C’est bien simple, dit-il, je m’adresse à ceux vraiment compris l’Évangile : les Juifs et les athées! Environ 80% des dépenses sont assumés par les Juifs et l’autre 20% par les athées. La différence est couverte par les œuvres de charité du diocèse de St.Louis.
-Qui vous aide le plus à réaliser votre idéal de secourir les ex-détenus?
-C’est vraiment l’évêque! Oui, l’évêque anglican de St.Louis qui m’a envoyé un séminariste en vue de le former aux œuvres d’assistance.
-Qui sont vos meilleurs amis, ceux qui vous secondent le plus dans ce travail épuisant?
-Les policiers viennent de l’abattre avec une balle dans la tête, malheureusement! Mais il me reste encore James Hoffa, qui est pour moi un vrai frère. Puis a bien y penser, il y a le cardinal Ritter, archevêque de St.Louis!
La pensée du P.Clarck, on le constate, n’a rien de très « orthodoxe », mais elle est un écho fidèle de l’Évangile. Dans le royaume de Dieu, les petits et les courtisanes vous précéderont à grands pas.
Le P.Clarck a compris d’une façon dynamique et personnelle la doctrine du Corps mystique et, d’instinct, il s’est porté au secours des membres souffrants du Corps du Christ. « Tout ce que vous faites au plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. » - « J’étais nu et vous m’avez vêtu; J’étais malade et vous m’avez soigné; Assoiffé et vous m’avez donné à boire; Affamé et vous m’avez nourri; EN prison et vous m’avez visité! … »
Ce remarquable apôtre des ex-prisonniers, mieux connu sous le nom de « prêtre-voyou » (Hoodlum Priest), est né à Decatur, Illinois (E.U.), le 23 décembre 1901, de parents irlandais. Il compte sept frères et cinq sœurs. Il reçut sa formation académique a l’Université St.Louis et sa formation sacerdotale au Séminaire St.Mary’s (Kensas). Il s’est particulièrement signalé dans la lutte contre la peine capitale et s’est dépensé corps et âme auprès de criminels américains depuis 1936. Il fonda en 1959, son premier centre de réhabilitation connu sous le nom de « Dismas House » et son rayonnement est assuré aujourd’hui par 5 autres maisons du genre, dont les deux plus considérables sont à Chicago et à Toronto.
C’est le 15 août, en la fête de l’Assomption de la Vierge, que le R.P. Clarck est mort après deux semaines d’hospitalisation.
L’homme a disparu et c’est une perte pour toute l’humanité, car son cœur et son esprit sont de ceux qu’on retrouve une fois par cent ans… Et encore! Cependant, sa pensée survit dans ses œuvres et la doctrine évangélique qui l’a éclairé dans sa doctrine devrait continuer à guider tous ceux qui œuvrent dans le champ de la réhabilitation sociale.
Pour le P. Clarck, l’ex-détenu est un homme destiné au bonheur éternel et ses erreurs passées lui donnent droit, plus qu’aux autres, à la rédemption du Christ : « Je ne suis pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs ». Depuis l’avènement du Christ, tous les hommes sont liés entre eux par un nouveau lien : en plus de participer à la même nature humaine, ils sont tous appelés à la même vie divine. Si nous sommes frères dans le Christ, le prisonnier est donc mon frère, un frère dans le plus grand besoin. Il veut simplement sa part d’amour fraternel et sa part d’héritage! Un frère peut-il refuser cela a son frère?
Jean-Paul Regimbal
(Trinité liberté, septembre et octobre 1963)
ARTICLE DU JOUR: La vénérable Marcelle Mallet
Par Benoit Voyer
21 août 2025
Le 26 mars 1805, à Côte-des-Neiges, devenu un arrondissement de Montréal, Vital Mallet (1776-1810) et Marguerite Sarrazin (1777-1856) donnent naissance à une fille qu’ils nomment Marcelle. Elle est baptisée le lendemain dans la Basilique Notre-Dame. Charles Picard et Marie-Anne Picard demandent pour elle l’entrée dans la foi chrétienne.
Son père décède le 23 avril 1810, à L’Assomption, dans l’actuelle région de Lanaudière. Il n’a que 33 ans. Il est inhumé dans le cimetière du patelin. En 1829, sa mère contractera un second mariage avec Nicolas Marchand. Elle finira ses jours à Châteauguay.
Après sa première communion, Marcelle rejoint son unique frère, Narcisse, à Lachine, chez un oncle et une tante qui deviendront ses parents adoptifs. Auprès d’eux, elle aura un solide support affectif.
En 1824, elle entre chez les Sœurs de la Charité de Montréal, congrégation fondée par sainte Marguerite Dufrost de la Jemmerais (1701-1771), veuve de François-Madeleine d’Youville (1700-1730). Cette communauté religieuse se consacre au service des pauvres.
En 1849, ses supérieures lui demandent d’être la fondatrice et supérieure d’un nouvel établissement de la congrégation à Québec.
Marcelle devra faire preuve d’autonomie et de leadership puisque ce n’est pas une succursale de Montréal qu’elle doit mettre en place, mais une nouvelle congrégation religieuse autonome.
Dès leur arrivée dans cette ville fondée par Samuel de Champlain en 1608, Marcelle Mallet et quelques compagnes se mettent immédiatement au travail: soin des malades à domicile, visite des pauvres, hébergement des orphelines, l’aide aux séminaristes et l’ouverture d’une petite clinique médicale pour les pauvres. Au fil des années qui suivront, des centaines et des centaines de femmes se joindront a la nouvelle communauté.
La fondatrice décède le dimanche de Pâques 9 avril 1871.
Le 27 janvier 2014, elle est déclarée vénérable par le pape.
PAROLE ET VIE avec Roland Leclerc no 12 (1993) - Première diffusion
Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 12 (1993)
Au programme:
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre d'Amos;
2-Suzane Cousineau, responsable de paroisse dans le diocèse de Saint-Jérôme;
3- Le courrier de l'évêque: Mgr Maurice Couture: La résignation chrétienne devant le mal;
4-Pèlerinage a l'Oratoire Saint-Joseph, a Montréal, par la communauté italienne;
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent;
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle du servant de messe;
7-Johanne Boisvert du diocèse catholique de Saint-Hyacinthe parle d'un guide produit pour l'Année internationale de la famille;
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est ce que les jeunes ont du coeur?
9- Chronique Sur les rayons avec Christiane Gagnon: Proposition de quelques livres.
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle du servant de messe;
7-Johanne Boisvert du diocèse catholique de Saint-Hyacinthe parle d'un guide produit pour l'Année internationale de la famille;
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Est ce que les jeunes ont du coeur?
9- Chronique Sur les rayons avec Christiane Gagnon: Proposition de quelques livres.
10-Thérèse Miron livre une réflexion: Dieu et l'argent; 11-
Le comédienne Mireille Thibault lit un extrait de la bible.
Le comédienne Mireille Thibault lit un extrait de la bible.
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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 12 (Fonds Benoit Voyer)
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby
Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 12 (Fonds Benoit Voyer)
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby
JEAN-PAUL REGIMBAL: Qu'est-ce qu'une spiritualité trinitaire?
En définissant la « Spiritualité » comme « une expérience de vie » et comme « une authentique relation interpersonnelle avec le Dieu Vivant », nous plaçons d’emblée nos discussions présentes et futures sur le plan de « réalités vécues », de « faits existentielles » dans le domaine d’une foi expérientielle (ou expérimentale).
Déjà saint Jean nous décrit clairement la nature de cette expérience de foi dans sa première épitre au chapitre quatrième : « Dieu est amour-charité. Qui demeure dans la charité demeure dans la Trinité et la Trinité demeure en lui ». Jean se fait en cela l’écho fidèle du Seigneur Jésus qui déclarait : « si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole. Et mon Père l’aimera. Et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure » (Jean 14,23). Cette affirmation confirme en la complétant ce que Jésus disait quelques instants plus tôt : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Et je prierai le Père, et il vous donnera un autre paraclet, pour être avec vous a jamais, l’Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir parce qu’il ne le voit ni ne le connait. Vous, vous le connaissez parce qu’il demeure avec vous et qu’il est en vous ». (Jean 13, 15-17)
Il est intéressant de constater comment un témoin de la primitive Église, Saint Irénée, décrit l’essence même de l’expérience trinitaire, tel que nous voulons en parler à nos fidèles lecteurs : « Dans la voie de son retour vers Dieu, l’âme suit l’ordre inverse des processions divines. Au sein de la Trinité, le Père est le principe premier qui engendre son Fils; Et c’est du Père et du Fils ensemble que respire l’Esprit saint. Mais l’âme humaine est d’abord touchée par l’Esprit qui la regénère et la façonne a l’image du Fils, et c’est par le Fils, avec le Fils et dans le Fils, qu’elle a accès auprès du Père ».
Cette approche déçoit et dérange plusieurs auteurs qui préfèrent l’ordre logique et pédagogique à l’ordre théologique et pneumagogique : « Ceux-là sont fils de Dieu qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu » (Rom. 8,14; Gal 5,18). Mais qui sommes-nous donc pour vouloir imposer à Dieu la manière de nous conduire jusqu’à lui?
Effectivement, l’expérience concrète de la spiritualité trinitaire suit largement trois étapes successives :
1- Un abandon total et inconditionnel a la personne du Saint-Esprit, Esprit d’amour du Père et du Fils. Tant que l’Esprit de Dieu n’a pas libre accès aux plus secrètes intimités de l’esprit de l’homme, il ne peut se produire effectivement de « contact personnel et personnalisant » capable de produire un « impact transformant et spiritualisant ».
2- Sous la conduite totale de l’Esprit saint, s’ouvrir à la merveilleuse découverte de Jésus-Christ, Fils de Dieu fait homme sous l’opération du Saint-Esprit, afin d’en arriver à ce que saint Paul appelle la « science suréminente de la charité du Christ » dont on déplore « la hauteur, la profondeur, la largeur et la longueur ». C’est l’Esprit saint qui nous fait enfin saisir la vérité et la réalité éblouissante que Jésus est vraiment notre Seigneur et notre sauveur personnel. La découverte sensationnelle de cette vérité fondamentale entraine une réaction a chaine dont le dynamisme nous attire au centre même de la réalité chrétienne. Jésus est vraiment le Fils de Dieu, Jésus est vraiment mort est ressuscité! Jésus est vraiment MON Seigneur et mon Dieu : Jésus est le même aujourd’hui, qu’il était hier et qu’il sera sans fin! Et Jésus doit revenir dans la gloire au dernier jour.
Loin d’être une abstraction logique ou un quelconque « être de raison », Jésus est si vrai, si réel et si présent qu’il m’enflamme d’amour pour lui au point que je lui abandonne pleinement le trône de mon cœur et la seigneurie absolue de ma vie !
Or, toute cette expérience n’est pas le terme logique d’un raisonnement ou d’une thèse de théologie : c’est le résultat concret d’une rencontre personnelle avec Jésus, parfaitement Dieu, parfaitement homme qui VIT aujourd’hui avec moi et en moi, avec son Église et dans son Église, avec les hommes et dans l’humanité du 20e siècle.
La prise de conscience en profondeur que Jésus-Christ est « sauveur » et « rédempteur » fait pénétrer plus avant au sein du mystère trinitaire : On saisit mieux la relation vitale et « essentielle » (dans l’économie actuelle du salut) entre Trinité et rédemption. Cela explique l’unité profonde de la spiritualité trinitaire qui évolue tout entier de cet axe bipolaire : des hauteurs sublimes et ineffables de l’amour vivant et personnel du Père, du Fils et de l’Esprit jusqu’aux abimes les plus sordides de l’homme déchu, abandonné, mal-aimé, laissé-pour-compte, déchet et rebut de l’humanité. « DES SOMMETS AUX ABIMES AU SERVICE DE LA TRINITÉ DANS LE TÉMOIGNAGE DE LA TRINITÉ ».
3- Signes et témoins du mystère de l’amour, d’un amour personnel, engagé, rédempteur, au sein de la misère humaine, spécialement de la captivité – sociale, économique, politique, religieuse; Voilà la vie même qu’inspire et que soutient la spiritualité trinitaire : loin d’être une élaboration intellectuelle, académique ou théorique, c’est une vie incarnée dans la réalité concrète de l’existence humaine!
Ça vit, ça vibre, ça vivifie, ça trépide d’action et de vie tout en se nourrissant aux sources vives de la contemplation et de l’amour.
Faut-il être nécessairement un « religieux trinitaire » pour faire cette expérience spirituelle? Pas le moins du monde. Depuis un an surtout, j’ai rencontré en Amérique et en Europe des centaines de catholiques et de protestants, hommes et femmes de toutes races et de toutes conditions qui vivent sur cette longueur d’onde : TRINITÉ ET RÉDEMPTION.
La seule différence, c’est que le religieux trinitaire a fait, dans sa vie, l’option fondamentale qui orientera et capitalisera toutes ses énergies apostoliques vers l’établissement du règne social de la Trinité dans la puissance de l’Esprit saint.
Mais son désir le plus cher c’est d’accorder à son ministère toutes les âmes « trinitaires » qui vivent et vibrent comme lui de ce même idéal. D’où le besoin d’établir diverses formes d’affiliation à la grande famille trinitaire. Comme tout phénomène VITAL, la vigueur du germe garantir, en promesse, l’abondance des fruits.
Qu’il me suffise de résumer mes propos sur la spiritualité trinitaire en citant le texte de nos nouvelles constitutions.
4- « Les frères de notre ordre, en tant qu’ils y sont incorporés, se donnent à la Trinité, a un titre nouveau et particulier; » avec ferveur, en effet, nous croyons que Dieu, par sa miséricorde, nous a mis à part pour porter et diffuser le nom de la Trinité ».
En partant de cette conviction trinitaire « vivement imprégnée en eux, ils veulent « vivre continuellement dans la familiarité du Père, PAR son Fils Jésus-Christ, dans l’Esprit saint », en croissant sans cesse dans la charité envers Dieu et le prochain : ainsi faut-il que TOUTE LEUR VIE, spirituelle, liturgique, religieuse, communautaire et apostolique découle constamment de la et y trouve toujours sa rénovation.
5- « L’esprit de notre ordre, de même ses intentions, son mode de vie, procède-t-il de la CHARITÉ REDEMPTRICE (charité régénératrices, salvifique, salutaire). Nos pères, en effet, fortement émus par les dangers auxquelles la foi était en butte, gémissant aussi sur le tourment des hommes, voulurent apporter des remèdes spirituels et sociaux aux maux les plus urgents de leur époque, surtout à la captivité des chrétiens (aux mains des musulmans). Aussi, le rôle et le devoir de notre ordre, c’est de mettre tout son zèle à assister ces hommes dont la foi est entravée ou mis en péril à cause des circonstances de lieux ou de temps, principalement ceux qui sont privés de leurs droits à la liberté et à la justice, et qui sont soumis aux souffrances et aux tourments dans leur corps et dans leur âme. Afin que, libérés de ces sortes de captivité et d’esclavage, ils arrivent enfin à jouir pleinement de la glorieuse liberté des enfants de Dieu. »
Apporter à tous les hommes du monde en proie à l’injuste captivité la totale liberté que leur a librement octroyé la Trinité sainte dans et par la rédemption universelle acquise par le Précieux sang de Jésus : voilà l’essence de la vocation trinitaire : Conscience vivante et agissante de la chrétienté au cœur même de la captivité.
Vivre en relation intime, personnelle et constante avec le Père, le Fils et L’Esprit saint pour être des signes authentiques et les témoins efficaces de sa présence, de sa puissance et de son amour sur la terre des hommes, dans la réalité trépidante du monde contemporain : voilà l’essence de la spiritualité trinitaire : prise de conscience de l’amour dévorant de Dieu au cœur même de l’existence humaine.
Du vrai, du réel, du vivant, du vécu, du concret, du pratique.
De l’existentiel, de l’Emmanuel : Dieu avec nous, en nous et pour nous.
Jean-Paul Regimbal
Tiré de: Trinité Liberté, Vol.3 No.5, septembre et octobre 1970, pp.2 à 5. Revue conservée chez Bibliothèque et archives nationales du Québec (BANQ – PER120)
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