JEAN-PAUL REGIMBAL: En fête avec Marie

 


Du 7 au 15 aout
En fête avec Marie

En parlant de la première communauté chrétienne l'auteur des Actes des Apôtres écrit : "Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières, (Ac 2, 42).

Cette image intéressante de l'Église primitive s'est rééditée durant la neuvaine et la fête de l'Assomption de la Vierge Marie, au Sanctuaire de Notre-Dame du Cap, du 7 au 15 août.

Si nous avons pu admirer avec satisfaction l'image d'une partie de l'Église renouvelée du Québec, c'est grâce au travail, à la créativité, au dynamisme, à la réflexion mûrie et à la prière persévérante de l'équipe de pastorale du Sanctuaire : les Pères N. Poisson, J, Bouvet, H. Aubin, V. Gaudet, Y. Poirier, P. Arsenault et A. Dumont. Il faut ajouter le nombre de ceux et celles qui ont apporté une collaboration non moins excellente, souvent anonyme, comme celle des nombreux prêtres et religieux (ses), des musiciens, des techniciens de tous ordres (visuel, son, lumière), des ambulanciers, des sacristains, des placiers, des téléphonistes, des mass media, et combien d'autres organisateurs et animateurs, etc.

Mgr Georges-Léon Pelletier qui a suivi avec un intérêt soutenu toute la neuvaine disait le soir du 15 août : "Cette neuvaine a été bien préparée, conçue et réalisée. Vous êtes entrés dans le jeu. Nous avons voulu exprimer notre confiance envers Marie, montrer sa place dans notre vie et notre bonheur, c'est de nous accrocher à sa vie ... "

"Vraiment, cette magnifique neuvaine a fait du Sanctuaire de Notre-Dame du Cap, durant ces jours, une oasis de fraîcheur."

Cette année, l'équipe de pastorale avait eu l'heureuse idée de choisir comme thème : "Apprends-nous à prier" (Luc 11, 1). Si des milliers d'auditeurs sont "entrés dans le jeu" c'est parce que ce thème populaire s'insérait au cœur d'un vaste mouvement de prière qui surgit de toutes parts dans l'Église universelle actuellement.

Tous les soirs, du 7 au 15 août, quelque 2,500 pèlerins envahissaient la basilique, une demi-heure voire même une heure avant les exercices de la neuvaine, pour prendre part avec un enthousiasme remarquable à une forte expérience de prière communautaire dans l'Esprit-Saint, avec Marie, et pour apprendre à prier aux sources de la Bible.

Cette neuvaine a été plus une expérience de prière que de prédication, une évangélisation à travers la prière.

Sous le thème général : "Apprends-nous à prier", nous avons pu entendre les animateurs traiter successivement au cours des neuf jours de : La prière au Père, La prière par le Fils, La prière dans l'Esprit, La prière individuelle et communautaire, La prière de louange, La prière de demande, La prière des psaumes et La prière avec Marie.

Tout cet enseignement théologique et biblique, illustré de magnifiques diapositives paraissant sur trois écrans placés dans le sanctuaire de la basilique, faisait partie de la liturgie de la Parole suivie de la concélébration et de la marche de prière aux flambeaux.

C'était beau, exaltant et réconfortant, de voir et d'entendre cette foule immense de nombreux jeunes et moins jeunes prier, chanter, voire même taper des mains à certains moments. Quelqu'un écrira: "Formidable ! J'y goûte la joie de prier. Ma reconnaissance est grande envers le Seigneur et Marie." Un autre ajoutera: "Sensationnel ! Jamais je n'ai prié comme ça. Jamais je n'ai vu de neuvaine comme ça."

Pour répondre aux besoins des gens on avait prévu également un atelier "Apprendre à prier" et un local spécial pour la "Prière avec et sur les malades". Des milliers les ont fréquentés et avec quel intérêt ! Nous aurions beaucoup à dire de la "Grande veillée de prière charismatique" et de la “Célébration des malades" présidées par le P. J.- P. Regimbal, trinitaire. A propos de celle-ci, vous pouvez lire le témoignage de Sr Hélène-Marie Cadrin, s. c. i. m., guérie le 15 août (pages 28 et 29).

La fête même de l'Assomption présidée par Mgr J.- G. Hamelin, évêque de Rouyn-Noranda, en présence de Mgr G.- L. Pelletier, de plusieurs personnalités religieuses et civiles et d'une foule de pèlerins a été des plus belle et marquée au coin de la simplicité et de la joie.

L'après-midi et le soir de la fête les pèlerins, encore plus nombreux, "se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières" alors qu'ils participaient à la marche de prière, aux célébrations pour les malades et à la dernière veillée de prière où Mgr Pelletier et le P. Arsenault ont parlé du rôle de Marie dans le mystère de notre salut et de "La prière avec Marie".

La marche de prière aux flambeaux, animée par le P. N. Poisson, allait couronner cette neuvaine et cette fête de l'Assomption. En voyant cette forêt de cierges allumés qui rendait encore plus attrayante et plus belle la Vierge du lac Sainte-Marie, dans les jardins du Sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire, cette réflexion de Jésus nous est revenue à la mémoire: "Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fut allumé" (Luc 12, 49).

Gabriel Destrempe, o.m.i.

(Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. BANQ PER 142)


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Témoignage

Bonté de la Vierge du Cap

Sœur Marie-Hélène Cadrin, s.c.i.m.

En ce 15 août 1974, la Vierge du Cap a daigné jeter ses regards de bonté sur une communauté québécoise, communauté mariale, qui porte dans son blason la devise ATTIREZ-NOUS A VOUS, O VIERGE IMMACULEE.

En effet, en la belle neuvaine préparatoire à la fête de l'Assomption, nous du Bon-Pasteur étions particulièrement attirées vers le sanctuaire national de Marie, et c'est avec joie que nous nous rendîmes au Cap-de-la-Madeleine le 14 août pour prendre part aux célébrations religieuses de la vigile. Or, fait à noter, deux de mes compagnes, sans s'être concertées, me préviennent à tour de rôle qu'elles solliciteraient pour moi la guérison de ma surdité et qu'il faudrait accepter de faire prier sur moi au local des malades. Je dois avouer mon peu d'enthousiasme, non par manque de confiance et de foi, mais plutôt par respect humain, par crainte du spectaculaire, par peur de devoir rendre publique ma guérison ..

Devant l'insistance et la grande foi de mes compagnes, mes hésitations se changèrent en un désir véhément de servir la cause de Marie et c'est avec grande confiance que je me présentai au Père Valérien Gaudet, o.m.i., pour faire prier sur moi et obtenir ma guérison si cette dernière devait intensifier chez nous le culte de Notre Dame et développer une plus grande foi charismatique en la parole de Dieu.

Au cours de l'imposition des mains sur mon oreille droite, qui ne percevait aucun son depuis plus de vingt ans, le nerf auditif étant mort, j'éprouvai une grande certitude que je serais guérie grâce à la prière confiante de mes sœurs, et ce, pour la joie et le bien de la communauté. Je pressentais que cette grâce s'accompagnerait de faveurs spirituelles, en particulier celle d'une meilleure compréhension de la parole de Dieu. Toutefois, je n'éprouvai aucun symptôme de guérison, si bien que le lendemain, quand je rencontrai le Père Gaudet, je lui dis : "Père, rien n'est arrivé encore, je suis dans l'attente... Et lui de me dire en riant : "Mais vous êtes guérie!"

Le soir, la nuit, le matin du 15, je testais mon oreille, je n'entendais rien ... Cependant ma confiance en la toute-puissance de Marie ne flanchait pas. J'assistai à la messe solennelle du matin, 15 août, dans la basilique pleine à craquer et toute vibrante de la ferveur de la foule à laquelle je participais intensément, mais ce n'était pas encore l'heure du Seigneur ... L'après-midi nous retrouvait, après la marche mariale, dans cette même basilique aussi pleine que le matin. Je réussis avec peine à trouver place dans une allée latérale, toute heureuse quand même de voir Marie priée, acclamée dans ce haut lieu si ressemblant à celui de Lourdes. Ici comme là-bas, de nombreux malades viennent réclamer soit un regard de la Vierge, soit une bénédiction personnelle du Christ-Hostie, soit le réconfort de la parole de Vie. Je priai beaucoup pour ces pauvres malades, m'unissant à la prière de mes consœurs pour ma guérison ... mais jouissant surtout à plein cœur en cette fête de l'Assomption non seulement du triomphe de Marie dans la gloire, mais aussi de son triomphe dans l'Église militante en terre canadienne.

Qui a vécu ces heures aime se rappeler combien nous nous sentions tous frères, sans distinction aucune de race, de classe, d'âge, pleins d'égards pour les personnes âgées ou de compassion pour les malades, oubliant nos propres fatigues, entraînés par le dynamisme surnaturel des animateurs et j'irais même jusqu'à dire par une certaine ambiance mystique, passant du chant rythmé au chant en langues.

C'est alors qu'après la bénédiction du Saint Sacrement aux malades, le Père Jean-Paul Regimbal, trinitaire, fit prier la foule à partir de textes évangéliques. Il conseilla aux personnes qui avaient déjà reçu l'effusion de l'Esprit d'imposer les mains sur les malades qui leur étaient chers. Une de mes compagnes, qui avait réussi à s'approcher, posa alors spontanément sa main sur mon bras. Lui-même étendit les mains sur la foule, pria en langues et proclama des guérisons s'opérant à l'instant même: une femme atteinte de cancer, une pulmonaire, un paralysé ... Moi-même, je sentais dans la partie droite de ma tête une chaleur et une circulation nouvelle quand le Père déclara : "Une personne souffrant de surdité depuis longtemps à l'oreille droite est en voie de guérir". C'était moi! J'entendais ma voisine de droite. Pour honorer Sa Mère, le Seigneur venait de se pencher sur moi ...

L'émotion était grande, plus grande encore mon action de grâce envers Celui qui rend la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, le pardon aux pécheurs. Mes sœurs et moi étions dans l'admiration pour ce que le Seigneur venait de faire pour nous par l'intermédiaire de la Vierge, fidèle Bergère du peuple de Dieu.

(Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 28 et 29. BANQ PER 142)

3 novembre 2025

FRANCO MUSIQUE: Un 10ᵉ album pour Michel Rivard


Un 10ᵉ album pour Michel Rivard

Par Benoit Voyer

3 novembre 2025

À 74 ans, Michel Rivard vient de sortir son 10ᵉ album, « Après, on va où ». François Richard en signe la réalisation et les arrangements musicaux.

L’ancien membre du groupe Beau Dommage, qui, d’ailleurs, sortait son premier album il y a 50 ans, n’a pas perdu sa belle plume, sa poésie et style musical qui a fait sa réputation.

C’est indéniablement un bel album… qui, malheureusement, devrait jouer peu à la radio. Il ne cadre pas dans les catégories musicales des radios commerciales.

Plusieurs de ses textes sont des états d’âme ou des questionnements sur le sens de l’existence. Les mélodies et les arrangements musicaux sont du même ordre. Étant un admirateur de Michel Rivard depuis l’époque de la Complainte du phoque en Alaska, je peux affirmer que c’est son œuvre la plus introspective.

En 2019, je n’avais vraiment pas aimé « L’Origine de mes espèces ». Je trouvais ce disque un peu brouillon. Aujourd’hui, je dois avouer que « Après, on va où » est tout à fait réussi. À l’écouter, Michel Rivard me donne le goût de mettre ses chansons dans ma « playlist » et d’aller le voir en spectacle. D’ailleurs, il sera en tournée en 2026.

Même si je lui donne un beau 90% pour ce travail, je me permets deux petites critiques : La mélodie de « L’homme qui me ressemble » fait trop à penser à une ritournelle de Beau Dommage. À chaque fois que je l’entends, je pense à l’autre chanson. Cela devient une distraction qui m’empêche de plonger dans la beauté du texte de cette pièce. Il manque aussi un peu de rythme. L’ensemble des 13 chansons est tellement doux et calme que je me suis endormi en écoutant. Les dernières chansons sont de véritables berceuses.

« Après, on va où » de Michel Rivard est un bon album ! Je le recommande… Mais ne l’écoutez pas la nuit en automobile.

LE BALADO: La démocratie, c’est l’art du dialogue


PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


IL FAIT TOUJOURS BEAU QUELQUE PART: Abba


POLITIQUE: Mariage - le débat relancé


Mariage: le débat relancé

L’idée du gouvernement conservateur de Stephen Harper de rouvrir le débat sur la question du mariage entre personne de même sexe, idée qui a été saluée par le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec, devant les 4000 pèlerins réunis pour la fête de sainte Anne, le 26 juillet, à la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré, relance un débat rempli d’émotivité.

Tout porte à croire que la polarisation des opinions se fera encore plus sentir que la dernière fois. D’un côté, il y a les tenants des droits des minorités, favorables aux mariages entre personnes de même sexe. Ils sont très influencés par le lobby gai et lesbien qui a infiltré toutes les sphères de la société canadienne, dont les Parlements. Il y a ceux qui sont contre, comme le cardinal de Québec, et qui réclament que la tradition soit respectée.

Tant que chaque partie restera sur sa position, il n’y aura rien à gagner. Même un référendum national ne réglera pas la question. Quelques mois après la victoire d’une des deux positions, le dossier réapparaîtra dans l’actualité.

Pourtant, tout en respectant leur option fondamentale, c’est-à-dire en réaffirmant que le mariage est une union entre un homme et une femme, les évêques catholiques seraient prêts à accepter des unions civiles entre personnes de même sexe, sans pour autant appeler cela un mariage.

Le 18 mars 2002, Mgr Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski, écrivait dans le quotidien Le Soleil: « Les évêques du Québec ne se sont pas opposés à l’attribution aux couples de même sexe de certains avantages réservés jusque-là à des personnes mariées. Certains s’en sont étonnés, cette position ne paraissant pas conforme à la morale catholique. Ne pas s’objecter ne signifie pas approuver ou promouvoir. A cet égard, il faut rappeler une position traditionnelle de l’Église: la loi civile n’a pas à s’ajuster en tous points à la loi morale d’une religion ».

Ainsi, la création légale de l’acte légal d’union civile, qui ne soit pas appelé « mariage », pourrait mettre fin au débat et donnerait la chance aux lesbiennes et aux gais de s’unir légalement et, du même coup, à d’autres formes d’unions d’exister, telles que les unions polygames.

De plus, le gouvernement canadien pourrait ainsi calmer les deux clans en se montrant très respectueux envers la tradition et l’héritage du passé et, en même temps, montrer que le Canada est une société très permissive et respectueuse de chacun de ses citoyens.

Benoît Voyer, Granby


(Le Voix de l’Est, 29 juillet 2006, page 23)

2 novembre 2025

EN BREF


ÉLECTION MUNICIPALE :
comme dans bien des municipalités du Québec, il y a eu des élections à Sainte-Julienne, dans la région de Lanaudière. Vers 16 h 30, je suis allé exercer mon devoir démocratique à l’école secondaire Havre-Jeunesse.

Depuis plusieurs semaines, on me demandait pour qui j’allais voter. Je dois vous avouer que depuis que j’ai l’âge de pouvoir voter, c’est la première fois que je suis embêté devant un choix à faire. Depuis quelques jours, j’ai pensé à la difficulté qu’ont eue les femmes à pouvoir voter et à devenir des candidates. Je me suis dit : « Pourquoi pas un vote rose ? Ça apportera assurément une nouvelle dynamique à la mairie de Sainte-Julienne. » C'est ce que j’ai décidé de faire. Mon vote est donc allé à Cathie Audet à la mairie et à Sylvie Isabelle pour le district no 5, où j’habite. Pour ce qui est du préfet de la MRC de Montcalm, j’ai décidé d’appuyer Gilles Dubé. À mes yeux, du sang neuf ne peut faire que du bien.

Au moment d’aller au lit, je ne connaissais pas encore les résultats du vote. À 22 h 10, les résultats du vote à Sainte-Julienne étaient encore partiels. Qu’importe qui sera élu, mes félicitations à l’avance.


J’en profite pour féliciter Annie Desrochers et son équipe a la Première chaine de Radio-Canada pour la qualité de leur émission spéciale.

INTERMEDE: Le Parc national de la Yamaska

 


CULTURE CLASSIQUE: L’Harmonie des saisons fête ses 15 ans


L’Harmonie des saisons fête ses 15 ans

Par Benoit Voyer

2 novembre 2025

C’est en 2010 qu’est née l’ensemble de musique ancienne L’Harmonie des saisons. Il a été fondé par la multi-instrumentiste Mélisande Corriveau et le claveciniste Eric Milnes. Tous deux dirigent la troupe à titre de directrice artistique et de directeur musical.

Mélisande Corriveau et Eric Milnes
L’Harmonie des saisons se produit habituellement à l’abbaye de Saint-Benoit-du-Lac. En novembre et décembre 2025, on sort de la routine. Pour souligner son 15ᵉ anniversaire, il donne trois spectacles à Granby, au Québec, lieu de leur fondation, et à Saint Albans et Burlington dans l’État du Vermont. Pour l’occasion, ils interprètent le Requiem de Mozart.

Récipiendaire de deux prix JUNO et de deux prix OPUS, « L’Harmonie des saisons » a endisqué trois disques chez Atma Classique, en 2015, 2020 et 2022.

Tous les musiciens possèdent une solide formation musicale et jouent sur des instruments d’époque.

La musique est disponible sur YouTube Music :
https://music.youtube.com/channel/UCf1ONARby414MN8WgS3rbug

LE BALADO: Jean-Paul Regimbal (6)


PAROLE DE René Lévesque

 


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


IL FAIT TOUJOURS BEAU QUELQUE PART: Aalyia


JEAN-PAUL REGIMBAL: Rock possédé du démon


Rock possédé du démon

Par Richard Sirois


Un professeur de l’Université Laval affirme que le rock a une grande valeur incantatoire! Un médecin de Granby accuse le rock’n’roll de lui avoir pris ses deux fils! Une religieuse fracasse des disques dans une station de radio de Fort Coulonge! L’Association des consommateurs du Québec est sur les dents et se dit préoccupée par la présence de messages subliminaux sur les albums rock! Un ex-commis de banque de Montréal croit qu’une influence maléfique se cache derrière les grands noms du HEAVY METAL! Au banc des accusés: le Prince des Ténèbres. Le diable nous ferait-il chanter?

Le quatrième étage du Pavillon Casault de l’université Laval. Urbain Blanchet, musicologue, est confortablement assis derrière son bureau. Devant lui, des partitions classiques se mêlent aux plus récentes revues rock internationales. Ce spécialiste de l’histoire de la musique peut vous parler du rock’n’roll pendant des heures. Il connait Ozzy Osbourne, Black Sabbath et Kiss sur le bout de ses doigts. Depuis la belle époque d’Elvis Presley, ce docteur en littérature s’amuse à décoder les œuvres des géants de la musique pop. « Je ne mets pas tout le rock à l’index, dit-il, mais je condamne en bloc le heavy metal à cause des valeurs spirituelles et humanitaires mises en cause ». Il ajoute que cette forme musicale prône la révolte sous toutes ses formes et rappelle que les stars du rock sont des modèles et des héros qu’imitent les jeunes dans leur quête d’identité. « Pour les consommateurs de cette musique qui ont entre 12 et 16 ans, cela devient un phénomène social inquiétant », affirme-t-il. « On se penche beaucoup sur [manque quelques mots].

[Ce] dernier s’est donné la mort pour fêter l’anniversaire du suicide de son copain... avait demandé qu’on fasse jouer Stairway to Heaven à ses funérailles. Normand Rainville est médecin à Granby. Il affirme que ses deux fils de 16 et 19 ans se sont suicidés (à cinq mois d’intervalle) à cause de leur passion pour la musique du groupe Black Sabbath. Il en a parlé avec Pierre Pascau sur les ondes de CKAC et dit avoir mal été compris. De plus, en novembre dernier, l’hebdomadaire Allô-Police reprenait en long et en large (et en première page!) son entrevue à la radio. Il en garde un goût amer. Depuis quelques temps, il hésite à faire des déclarations sur le sujet et se méfie des journalistes. Avec quelques autres personnes, il a fondé le Centre de Recherches Interdisciplinaires St-Luc dont l’objectif est « d’opérer un certain discernement dans les valeurs proposées en cette fin de XXe siècle ». « Pour plus d’informations, me dit-il, entrez en contact avec Alain Lamothe ».

La ville de Fort-Coulonge est située à 100 km au nord d’Ottawa. Et là, le diable est le sujet d’actualité numéro 1. En novembre dernier, une religieuse fut invitée par la gérante de la station communautaire de l’endroit (CH1P-FM) à « éliminer » les disques contenant des messages soi-disant «sataniques». Une douzaine d'albums furent fracassés avant que les autres employés de la station aient pu intervenir. Sœur Dolorès (la religieuse en question) affirme avoir fait « son choix de disques » à partir de deux livres écrits sur le sujet: « Le rock'n’roll: viol de la conscience par les messages subliminaux », du père Jean-Paul Regimbal, et « La musique rock: divertissement ou medium...? » d’Alain Lamothe. L’incident a fait beaucoup de bruit, entraînant même la démission de la gérante. Actuellement, un groupe de pression veut empêcher la diffusion sur les ondes de certains albums rock. John Evans, gérant « par intérim » croit que cela créerait un dangereux précédent. Il me confirme cependant que « le conseil d’administration est disposé à entendre des objections publiques concernant la diffusion de musique rock si quelqu’un organise une rencontre.

Maryse Azzaria habite en banlieue de Québec. Pas de séances d’exorcisme en vue dans son sous-sol. Cette mère de famille résolument progressiste est bénévole à l’Association des Consommateurs du Québec (ACQ). Tout ce qui touche à la manipulation des individus l’intéresse. Elle a suivi de près l’affaire des expériences secrètes sur le lavage de cerveaux que la CIA a effectuées sur les patients de l’institut Allan Memorial de Montréal, vers la fin des années 50. Elle fait actuellement partie d’un comité qui étudie la question des messages subliminaux insérés sur les disques rock.

Elle explique que « le terme subliminal indique que le message n’est pas perçu directement, c’est-à-dire qu’il est perçu sous le seuil de la conscience. Certaines études laissent à penser que des suggestions auditives sous le seuil de la conscience peuvent provoquer des réactions physiologiques ».

Les groupes religieux ont été les premiers à dénoncer ces pratiques affirmant qu’on y retrouve une volonté bien établie « de pervertir la conscience des jeunes ». À l’ACQ, ajoute Maryse Azzaria, « il ne s’agit pas de débattre un problème religieux mais bien de défendre les intérêts des jeunes consommateurs. L’association s’est toujours intéressée aux valeurs véhiculées par les objets. Elle s’inquiète maintenant des effets que véhiculent un certain type de musique rock. Finalement, l’ACQ estime que les messages subliminaux inversés «peuvent inciter les jeunes à adopter des comportements possiblement contraires à leur valeur ». Maryse Azzaria se sent d’autant plus concernée par le sujet qu’elle a cinq enfants âgés entre 12 et 19 ans. Un jour, sa fille de quinze ans (tannée d’entendre parler de ces messages cachés?) décide de prendre des cours de guitare. Le soir venu, elle revient chez elle après avoir appris les premières mesures de Stairway to Heaven.

Fin février. Salle communautaire de l’Église Saint-Pierre à Fort-Coulonge. L’endroit est plein à craquer. Une équipe complète de Radio-Canada (Ottawa) est sur les lieux. Alain Lamothe ajuste son projecteur diapo, son magnétophone et son micro. Devant lui, près de 400 personnes qui attendent le début de sa conférence intitulée « La musique rock: divertissement ou medium...? La projection sera suivie d’un débat public sur la question. Dans l’assistance, on retrouve le docteur Normand Rainville et Sœur Dolorès.

Alain Lamothe est un ex-commis de banque qui consacre son temps et ses économies à démasquer Lucifer dans les disques, textes et spectacles rock. Son emploi du temps est chargé. Une conférence par jour depuis quelques semaines « Le sujet est à la mode de ces temps-ci », dit-il. Lui, il en parle depuis 6 ans. Sa spécialité: Le backward masking process ou si vous préférez, les messages subliminaux inversés et cachés.

Dans la salle, l’obscurité se fait, la projection commence. Tête de mort, musique d’enterrement, Beatles, Charles Manson (l'assassin de l’actrice Sharon Tatc), Led Zeppelin, Aleister Crowley (célèbre Ie sataniste Anglais), Eagles, Anton Lavey (grand prêtre de l'Église de Satan en Californie) se succèdent pêle-mêle et à vive allure sur l’écran. Alain Lamothe se met à décoder l’un des plus grands succès du rock: Stairway to heaven. Lorsque l’on a la possibilité d’écouter cette pièce en marche arrière on peut entendre (plutôt mal que bien) les phrases Because I know they've got to leavefor Satan et Here's to my sweet Satan. C’est ce qu’Alain Lamothe appelle un message subliminal inversé et caché! L’auditoire est conquis. Enfin la preuve que tous attendaient. Le rock et le diable ne font qu’un. Fier de son coup, Lamothe I ajoute « on croit maintenant que cette chanson, par une écoute répétée, peut avoir des conséquences suicidaires sur l’auditeur! ». C’est la millième fois qu’il répète cette phrase. C’est la millième fois qu’il entend cette chanson et il ne semble pas se porter trop mal. Ses affaires non plus. Cet ex-employé de banque vise une réimpression de son volume qui porte le même titre que sa conférence (les 3000 premiers exemplaires se sont envolés assez rapidement). Il aimerait faire traduire le bouquin et la conférence (75$ par présentation) pour conquérir le marché américain. L’expert du backward masking process, c’est lui!

Une nouvelle chasse aux sorcières?


Les rock stars d’hier gonflaient d’immenses pyramides à l’hélium (Pink Floyd) et faisaient virevolter leurs pianos dans les airs (Emerson, Lake & Palmer). Celles d’aujourd’hui accaparent les symboles les plus naïfs de l’ésotérisme (la tête de bouc, les chiffres 666, etc.) et jouent à faire peur aux adolescents. À l'autre extrémité, des groupes religieux intégristes pratiquent une véritable « pédagogie de la terreur » et utilisent le rock pour imposer leur vision du monde. Aux États-Unis, le phénomène ressemble à une véritable chasse aux sorcières. Dans le courant de la Moral Majority du Révérend Jerry Falwell des pasteurs traversent les États américains pour convaincre les jeunes de se débarrasser de leur musique rock. C’est le cas des frères Steve et Jim Peters du Minnesota qui sont convaincus que le rock'n’roll est l'une des plus grandes forces sataniques du pays. Lors de leur premier « séminaire rock » tenu en 1979, plus de 150 jeunes ont jeté au feu quelques 15 000 dollars de disques. Les frères Peters n’acceptent pas qu’on les qualifie de fanatiques. « Certains considèrent que Jésus lui-même était un fanatique », ont-ils répondu à un journaliste du Rolling Stone qui leur faisait la remarque. Ils considèrent que le mode de vie, les paroles, les intentions et les pochettes de disques des vedettes de rock sont « perverses, immorales et corrompues ». Leurs cibles principales sont les groupes Kiss, Eagles, Beatles, Rolling Stones et Led Zeppelin. Jusqu’à maintenant, ils ont laissé dans leur sillage plusieurs milliers de cassettes qu’ils vendent 8 dollars pièce.

L’évangéliste Alton Garrison, de son côté, tente de convaincre les adolescents de détruire leurs albums de musique rock au cours de « Rallye de destruction de ces voix du diable ». « Je ne souhaite pas de mal à Mick Jagger des Rolling Stones, mais je souhaite que par la grâce de Dieu il puisse sauver sa vie », dit-il. Certains l’accusent d’employer les mêmes méthodes que ceux qu’il dénonce, c’est-à-dire de faire du show business. Ses discours se font au son d’une émouvante musique religieuse et sont ponctués de « Alléluia », « Amen » et « Prions le Seigneur », sans oublier les exhortations à acheter sa série de cassettes au prix de 25$. Il clôture ces cérémonies en demandant aux jeunes de venir empiler sur l’estrade leurs albums de « musique diabolique ».

Un certain Joseph Matt, auteur d’une brochure intitulée « Le rock’n’roll, instrument de révolution et de subversion culturelle » associe carrément communisme et satanisme. « Vous ne croyez pas au diable? dit-il, cela se comprend. Il nous crève les yeux par les fulgurations du rayonnement communiste et de ses crimes qui réussissent dans le monde à détraquer les cerveaux. Il assourdit votre entendement par l’excès de décibels du rock’n’roll, cet instrument d'une hystérie d’enfer conçu pour obstruer, dans les intelligences et dans les cœurs, l'audition de la voix de Dieu. Débarrassons notre pays, et finalement le monde, de ce fléau véritablement satanique ».

Au Québec, le phénomène prend de l'ampleur depuis la parution du livre « Le rock’n’roll, viol de la conscience par les messages subliminaux » du Père Jean-Paul Regimbal. Ce petit bouquin de 62 pages est rempli d’interprétations douteuses, d’exagérations et de faussetés. On y apprend, entre autres, que « l’étude de 18 cas de suicides survenus dans la région de Montréal-Granby-Québec en moins d’un an chez des jeunes de 15 à 21 ans, a démontré que la seule constante repérable en tous ces cas était le facteur musical du rock’n’roll ». « Mick Jagger s’est consacré à Satan sous l'influence de Marianne Faithfull ». « Au cours d’un week-end rock à Los Angeles, 650 jeunes gens ont trouvé la mort. Les corps ne pouvaient pas être identifiés. Les victimes étant des jeunes qui avaient laissé la maison familiale ».

Plus de 12 000 copies de ce pamphlet ont déjà été distribuées. Certaines de ces actions nous ramènent presque au Moyen-Âge, alors que l’Église avait constamment recours au Démon et à la frayeur qu’il inspirait pour menacer de l’enfer ceux qu’elle ne pouvait pas menacer des juges. Cette nouvelle croisade s’appuie en grande partie sur ces fameux messages cachés (souvent à peine audibles) qui se trouvent sur certains disques rock (Led Zeppelin, Eagles, Elo, Styx, etc).

Tout ne tient donc qu’à un fil, et il est bien mince, car encore aujourd’hui « il n’existe aucune preuve scientifique démontrant que le backward masking process ou messages subliminaux inversés puissent avoir une portée quelconque ». Imaginez-vous-qu’en plus d’être imperceptibles... ils sont à l’envers!

Alain Lamothe croit cependant qu’il s’agit d’un procédé ou technique utilisé pour diffuser certains messages. « Ces messages, qui ne peuvent être démasqués par nous que par une écoute à la renverse du disque, pénétreraient le subconscient; le cerveau humain étant assez complexe pour arriver à les décoder intégralement ». De toutes façons, pourquoi passer des jours et des nuits à faire tourner des disques à l’envers quand tout est si clair à l’endroit: Highway to Hell, Hell ain't a bad place to be. Hell's bell's. Running with the devil. Demons and wizards. The number ofthe beast. Suicide solution.

Depuis le succès du film The Exorcist, le diable et toute la symbolique qui y est rattachée est une source inépuisable d’idées pour artistes en mal d’inspiration. Le diable, comme la violence, se vend bien. On pique des idées dans un quelconque traité de sorcellerie. On sort l’attirail sataniste de la garde-robe (croix renversée et cierge noir). On se proclame adepte d’un quelconque culte démoniaque. Finalement, on donne un show en « Enfer » (le Forum pendant un spectacle de Black Sabbath). Le jeu de ces grands guignols du rock n’impressionne plus personne sauf, peut-être des adolescents qui se laissent séduire par l’image violente que véhicule ces groupes tant au niveau de leurs musiques, de leurs textes, que d’eux-mêmes.

Je lisais récemment dans une revue française (Actuel) cette phrase expliquant, en partie, la motivation réelle cachée derrière ces groupes dits « sataniques ». À propos d’un membre des Virgin Prunes, il est dit: « Il est fasciné par la force qui fermente sous les tabous et les superstitions, l’envie le prend de les parodier, de les singer, de les brandir bien haut pour ébranler un bon coup toutes les terreurs chrétiennes qui inhibent l’Occident. Il exploite toute la violence contenue dans les interdits de l’Église ». Le diable et le rock, une histoire de Bonhomme 7 heures? Je ne sais trop. Mais certains soirs, je mettrais bien dans les flammes la moitié de la discothèque de mon voisin d'à côté.

Avec la collaboration de Chantal Francke

(Québec Rock, Mai 1984, p. 42 à 45)



1er novembre 2025

EN BREF

Mgr Bertrand Blanchet


MES CONDOLÉANCES
a la famille et aux amis de Mgr Bertrand Blanchet, a l'occasion de son décès. Il y a quelques années, dans le cadre de mon travail de journaliste, je le rencontrais régulièrement. La catholiques de Rimouski et du Bas Saint-Laurent viennent de perdre un grand intellectuel. A mes yeux, c'était un saint homme. Je vous parlerai bientôt de lui sur mon blogue.





Pierre Dufault


MES CONDOLÉANCES a la famille et aux amis du journaliste Pierre Dufault, a l'occasion de son décès

LE BALADO: Jean-Paul Regimbal (5)


CULTURE MUSIQUE: Picotine


Picotine

Par Benoit Voyer

1er novembre 2025

Elle s’appelle Picotine. Elle a une drôle de mine. Elle a des picots plein la figure et elle nous racontait plein d’histoires "à coucher dehors".

Quand je pense à elle, je repense à ma jeunesse. Cette série télévisée pour les enfants était diffusée à la télévision de Radio-Canada du 8 septembre 1972 au 28 mai 1975. Picotine était interprétée par Linda Wilscam.

Malheureusement, je n’étais pas très fidèle au rendez-vous télévisé, mais je m’en souviens. C’était amusant ! Mais je ne le disais pas parce que mes amis disaient que c’était une émission pour les filles. À la maison, je me joignais plutôt à mon ami Patof au canal 10, l’ancêtre du réseau TVA.

Je dois tout de même l’avouer, j’aimais aussi regarder Picotine.

Picotine était une jeune fille qui ne restait jamais à l’extérieur des situations difficiles. Elle s’y engageait. Elle se tenait debout. Rien ne l’arrêtait.

Elle était un modèle pour les filles. Elle était douce, espiègle, curieuse, mesquine et romantique. Lorsqu'elle éclatait de rire, le soleil éclatait lui aussi. Si elle était triste, les oiseaux cessaient de chanter. Moi j’aimais beaucoup Poil de pluche. Ah oui ! Il y avait aussi Fantoche. Ce personnage était interprété par Michel Dumont.

Picotine était vraiment une série jeunesse que j’aimais et qui, à près de 60 ans, rallume mon cœur d’enfant.

Le générique de l’émission (1972) :
https://www.youtube.com/watch?v=UM0tVIoPfM4&t=2s


PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

IL FAIT TOUJOURS BEAU QUELQUE PART: 2 Frères


TROIS-RIVIERES: La chapelle du séminaire de Trois-Rivières


La chapelle du séminaire de Trois-Rivières UN TRESOR MECONNU

Méconnue des trifluviens, la chapelle du Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières est un des joyaux du patrimoine régional. Ce n'est pas une église paroissiale, c'est une simple chapelle utilisée par les étudiants et les enseignants du collège et les prêtres qui résident dans l'immense bâtiment de la rue Laviolette。

La chapelle d'origine, construite en 1901, a perdu son haut clocher lors des travaux d'agrandissement du 3e séminaire, en 1927. Malheureusement, le 13 novembre 1929, un incendie a complètement détruit le 2e collège. La chapelle a été épargnée.

"Ce n'est pas une vraie chapelle de style roman comme on en retrouve en Europe. C'est du pseudo-roman. Ici, les immenses poutres ne soutiennent pas les murs et le plafond", explique Serge Désaulnier du Musée Pierre-Boucher.

En 1903, deux ans après le début des travaux d'érection, la première messe y est célébrée par l'abbé G.E. Panneton (10 septembre). Peu de temps après, c'est l'inauguration du magnifique chemin de croix, don d'un curé de campagne (6 septembre); la fin de l'installation de l'orgue Casavant (16 novembre); et la bénédiction solennelle du lieu (26 novembre).

L'orgue fut restauré en 1960 pour répondre au goût et au son d'aujourd'hui. Il est maintenant utilisé pour de nombreux concerts et pour les étudiants du conservatoire de musique qui viennent s'y perfectionner.

La chapelle possède encore sa vieille chaire construite par Henri Angers de Québec selon les plans de G.E. Tanguay. La chaire fut installée le 8 juillet 1908. Le style du début du siècle est soigneusement gardé. L'abat-voix de la chair est encore en place. Les visiteurs apprendront, lors d'une visite, qu'il permettait au célébrant de bien se faire entendre par les fidèles qui se rassemblaient dans ce temple. Aujourd’hui, la chair n’étant plus utilisée, l’abat-voix est conservé comme pièce du patrimoine.

Deux œuvres du peintre français Miralès ornent les transepts du lieu de prière. Les scènes de la Conception et de la Résurrection - magnifiquement exécutées - ont été données par les anciens du Séminaire, lors d'une réunion en 1898.

Dans un coin de la chapelle, une sculpture sur bois de l'artiste Louis Jobin de la région de Portneuf, fut créée au siècle dernier. Cette représentation de Marie-Médiatrice était une commande de la famille Morrissette de Trois-Rivières.Jusqu’en1986, elle était installée au Cimetière Saint-Louis. La statue est maintenant la propriété de la paroisse-cathédrale Immaculée-Conception qui l’a déposée au Musée Pierre-Boucher.

"On y a fait faire une restauration en 1988, car la sculpture a passé une centaine d'années à l'extérieur. Dans la couronne, il y avait un nid d'oiseaux. De plus, il a fallu la traiter, car il y avait des insectes dans le bois. La sculpture n'ira plus à l'extérieur", explique M. Désaulnier.

Les groupes qui se sont préalablement inscrits pour une visite commentée, peuvent se rendre avec un guide dans la sacristie du temple où les prêtres célèbrent la messe. Il est possible d'y contempler sept sculptures de plâtre qui proviennent de l'église Saint-Thomas-de-Pierreville, un bas-relief du Sacré-Cœur de Philippe Mouli et de nombreuses peintures dont un portrait de saint Ignace de Loyola (1887) et une magnifique toile de la sainte Famille (1878) du peintre Joseph Dynes, onze œuvres de Jordi Bonet exécutées en 1954-1955 pour remplir une commande de Mgr Albert Tessier pour la chapelle de Tavibois et une toile de Guido Nincheri peinte pour le Carmel trifluvien (1952). Enfin, il est possible de voir un autel de l'église paroissiale de Trois-Rivières sauvé de l'incendie du 22 juin 1908. Il fut construit par François Normand.

Vitrines
Au cours de l'été, les touristes qui visiteront la chapelle découvriront de petites vitrines exposant des souvenirs de la chapelle et du diocèse de Trois-Rivières.

Dans la première, un buste de l'ancien supérieur du Séminaire. Mgr Louis Richard, un écusson, un chapelet d'usage courant utilisé au début du siècle, et une vieille custode, raviront les visiteurs.

La petite statuette de saint Joseph qui y est présentée a traversé bien des épreuves. Les hivers rudes de la Mauricie l’ont détériorée. C'est en 1959, au début de la construction du gymnase et de l'annexe où se trouve la bibliothèque, que la petite statuette fut installée sur un fleuron du toit pour implorer saint Joseph de protéger le Séminaire d'un incendie. La demande fut exaucée.

La seconde vitrine montre des objets religieux d'une autre époque: burettes, bocal pour les saintes huiles, mouchette pour éteindre les cierges et un vase pour l’eau du baptême.

Sur un autel latéral ou retrouve les canons de la messe qui ont longtemps été en usage a la cathédrale trifluvienne. "C'était à l'époque où le prêtre célébrait sa messe dos au peuple. C'est le concile Vatican II qui a changé les règles des célébrations. Les canons permettant au célébrant de lire les prières liturgiques", raconte l'animateur du Musée Pierre-Boucher.

L'histoire diocésaine débute à la troisième vitrine. Il est possible d'y voir un crucifix qui appartenait à Mgr Thomas Cooke, évêque de 1852 à 1870. De plus, un missel romain de 1690 se fait remarquer.

Le quatrième point d’intérêt est centré sur Mgr Louis-Francois Richer qui fut évêque de 1870 à 1898. Il est identifié par sa photographie, son carnet de notes, son crayon, son sceau officiel et d’autres souvenirs.

Le musée possède peu de choses sur Mgr Cloutier si ce n’est un ruban d'intronisation. Mgr Comtois, évêque de 1934 à 1946, n’a laissé que des rubans-souvenirs.

Enfin, la dernière halte, une belle photographie de Mgr Maurice Roy (évêque en 1946-1947) qui fut rapidement nommé cardinal de Québec. Un règne bref, mais remarqué.

Mgr Pelletier qui était évêque de 1947 jusqu'à l'arrivée de Mgr Laurent Noël, en 1975, se caractérise dans cette présentation par sa mitre, ses écussons et une médaille donnée par le pape Jean-Paul II lors de sa visite dans la région en 1984.

Ouvert du mardi au dimanche de 13h30 à 16h30. Entrée gratuite.

Séminaire Saint-Joseph
858, rue Laviolette
Trois-Rivières G9A 553
(819) 376-4459

(Image de la Mauricie, Juillet août 1996, p. 18. Reportage de Benoit Voyer non signé parce que le texte original a été grandement modifié par le magazine)

31 octobre 2025

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LIVRE: Trop gentil pour être heureux

Livre

Trop gentil pour être heureux

Par Benoit Voyer
31 octobre 2025

Mesdames, je vous interdis de lire ce livre. Il s’adresse aux hommes, particulièrement aux « bons gars ». Dans « Trop gentil pour être heureux » (Éditions Payot & Rivages, Paris, 2004), Robert A. Grover traite du syndrome du chic type. Vous le connaissez : C'est l’homme gentil qui vous comprend, qui vous écoute et qui cherche à vous plaire. C’est un « lover » attentif à vos besoins qui ne vous demande presque jamais rien en retour. Il est tellement fin.

Sexuellement, il vous attend, vous fait plaisir et donne l’impression que son plaisir sexuel n’est pas important.

Il ne ressemble aux autres hommes. Son « 45 % féminin » est très fort. En réalité, à force de vouloir tellement vous plaire, il en est venu à perdre son énergie vitale masculine. Vous le voulez dans votre vie, mais vous ne fantasmez pas sur lui. L’homme de Cro-Magnon aux traits plus primaires vous allume davantage.

Vous le reconnaissez ?

Ce genre d’homme est celui que l’auteur de ce bouquin appelle « un chic type ».

Saviez-vous que la majorité d’entre eux sont malheureux et frustrés ? Saviez-vous qu’ils vous cachent bien des choses ? « Le chic type » a bien des secrets et des attentes envers vous, mais ne les dira jamais directement. Il ne veut pas perdre votre estime. Le « chic type » est un peureux. Il craint de perdre et de contrarier.

Comme l’écrit Groove : « Ils sont persuadés qu’en étant gentils et en faisant les choses comme il faut, ils seront aimés, on satisfera leurs besoins et leur vie sera débarrassée de tout problème. Dans leurs efforts pour être gentils, ils cherchent presque à coup sûr à éliminer ou à cacher certains aspects de leur personnalité (leurs erreurs, leurs besoins, leurs émotions) pour devenir ce qu’ils pensent que les autres ont envie qu’ils soient (généreux, aidants, apaisants) ».

L’auteur va au fond des choses : « Les difficultés rencontrées par les chics types dans leur vie sexuelle sont à mettre en relation directe avec deux sentiments : la honte et la peur qu’ils éprouvent à l’idée de leur sexualité et de leur état d’êtres sexuels. (…) Cela peut paraitre étrange, mais les chics types font preuve d’une imagination débridée quand il s’agit pour eux d’éviter une relation sexuelle. »

C’est un livre qu’un très grand nombre d’hommes devraient lire afin de retrouver leur masculinité perdue et que toutes les femmes ne devraient pas lire.

PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


EN MUSIQUE - Mots difficiles (Julie Daoust et le Caboose Band, 2019)


MUSIQUE: Bobby, le roi du country, n'est plus


Bobby, le roi du country, n'est plus

Bobby Haché est décédé d'un cancer du poumon, à l'âge de 74 ans, à l'Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe. Quelle triste nouvelle!

Notre dernière rencontre a eu lieu en 2002. À l'époque, j'étais pigiste pour le magazine Le Lundi.

A 71 ans, il donnait encore un à deux spectacles par semaine pour le seul plaisir de retrouver son public qu'il affectionnait

Il me confiait ne plus être trop intéressé à produire de nouveaux albums à cause du piratage. Le phénomène avait diminué, mais avec l'arrivée des graveurs et d'Internet, le problème est revenu : « C’est un grave problème éthique! Et puis, il y a peu de temps, j'ai trouvé un CD dans un supermarché IGA. Il portait le titre 22 succès de Bobby Haché. Je n'ai jamais accordé d'autorisation pour la vente de ce disque et je n'en reçois aucune redevance. C'est criminel, ça ! »

Il m'expliquait aussi qu'il ne voulait plus associer la musique country aux animaux et que le style de musique auquel il était associé a beaucoup changé depuis son enfance Les arrangements musicaux de Gildor Roy et de Shania Twain sont très différents de ceux de Willie!

Ce qui m'a le plus touché chez lui, n'a pas été écrit dans l'article publié dans l'édition du 23 novembre de cette année-là. Assis sur le perron de sa maison, qui n'avait rien d'un château, nous avons longuement parlé de sa défunte femme et de sa famille qu'il affectionnait. Il y allait d'une confidence à l'autre. J'étais comme son curé en visite de paroisse. Il pouvait se laisser aller, mon magnétophone était rangé. Il m'a longuement parle de sa nouvelle manière de vivre depuis le départ de sa bien-aimée. Et en me faisant un portrait de son existence, il m'a dit avoir été heureux de celle-ci.

Maintenant, Bobby, le roi du country, vit au séjour des bienheureux.

Benoit Voyer, Montréal


(Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 25 octobre 2006)

30 octobre 2025

LE BALADO: Peut-on retirer un saint du calendrier liturgique?


CULTURE MUSIQUE: Guy Boucher cherche encore sa jolie Rose

Guy Boucher
Guy Boucher cherche encore sa jolie Rose

Par Benoit Voyer

30 octobre 2025

Guy Boucher a longtemps cherché sa jolie Rose.

Né en 1943, à Saint-Hyacinthe, en Montérégie, la coqueluche du petit écran a étudié à l’École nationale de théâtre puis il a obtenu quelques rôles à la radio et à la télévision de Radio-Canada.

En 1963, il devient animateur de l’émission Jeunesse oblige et en 1965, il connait un grand succès sur disque avec la chanson Devant le Juke Box, chantée en duo avec Ginette Sage.

Guy Boucher est décédé le 18 mars 2012. Il est inhumé dans le cimetière Notre-Dame du Rosaire, à Saint-Hyacinthe. Dans l’autre monde, il cherche encore sa Jolie Rose…

Sur Music Youtube:
https://music.youtube.com/watch?v=Q7kO0y0iNeY

PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

EN MUSIQUE - Интриган (Тамара Саксина)




POLITIQUE: Il est encore vivant


Il est encore vivant

Claude Ryan nous a quittés. Son ange est venu le chercher pour le conduire au royaume des bienheureux, ce grand univers de bonheur éternel auquel il croyait de toute son âme. Il n'est plus là, mais il est encore vivant. C'est bien le mot: vivant! Son œuvre et sa pensée passeront, mais sa contribution à l'avancement de notre société, le petit pas de plus qu'il lui a fait réaliser, le gardera toujours uni à notre présent collectif.

Dans une interview journalistique qu'il m'accordait en 1999, pour la Revue Sainte Anne (diffusée dans l'édition de janvier), il me confiait : « La mort... j'y pense presque à tous les jours. Vous savez à mon âge, on sait que ça viendra. J'aimerais avoir la grâce de mourir comme j'ai vécu, sans tricherie. » Et ce qu'il a souhaité est arrivé. Son départ est une lourde perte pour le Canada et le Québec. Il l'est aussi pour moi. Parmi tous ces personnages qui ont marqué notre époque, il était celui qui m'inspirait le plus. Bien que je n’étais pas toujours en accord avec lui, sa capacité de se donner au service des autres et de ne pas se laisser envahir par la médiocrité m'a toujours impressionné. De plus, son élan culturel et cultuel est une grande source d'inspiration pour ma vie.

Je retiendrai toujours ce qu'il me disait de lui: « Je ne suis pas l'homme pour engager une révolution qui va casser les choses, qui va renverser les murailles. Je crois plutôt à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. C'est long, je sais. Cela permet de travailler longtemps sans s'impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. De plus, toute ma vie j'ai accompli mes devoirs sans effort. Je n'étais pas obligé de me « crinquer » le matin en me disant: aujourd'hui, il faut que tu fasses ton devoir. J'ai été heureux comme ça. Enfin, j'ai toujours aimé les valeurs qu'incarne à mes yeux le christianisme. J'ai essayé d'y demeurer fidèle à travers les engagements que j'ai connus. Je n'ai pas de mérite à avoir agi de la sort ».

Là où son ange est allé le conduire, il voit maintenant tout le bon grain qu'il a semé. En revoyant sa vie il doit assurément dire: « C'est le doigt de Dieu ! » (Ex 8,15).

Benoît Voyer

(La Presse, 13 février 2004)

29 octobre 2025

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LE BALADO: Quelles sont les étapes pour devenir un saint catholique ?


FRANCO MUSIQUE: Cœur de pirate en tournée


Cœur de pirate en tournée

Par Benoit Voyer

29 octobre 2025

À partir du 6 novembre 2025, Cœur de Pirate part pour une nouvelle tournée. Elle termine son année 2025 à Montréal, Québec, Toronto, Sherbrooke et Moncton. En février et mars 2026, elle est en Europe où elle s’arrête, notamment, à Strasbourg, le 26 février, et à Paris, le 12 mars. Enfin, en avril et mai, elle se produit en Montérégie, dans les Laurentides, à Laval, en Outaouais et dans la belle région de Lanaudière.

Le vrai nom de Cœur de Pirate est Béatrice Martin. Elle est née le 22 septembre 1989, à Outremont, devenu un arrondissement de Montréal. Elle est la fille aînée de Nicolas Martin, un ingénieur en informatique, et d’Élise Desjardins. Sa mère est pianiste classique, chambriste et accompagnatrice. En 2008 paraissait son premier album.

En septembre 2025, Béatrice nous offre l’opus Cavale, pièce thème de son nouvel album.

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

EN MUSIQUE - Wow (André Gagnon)


MUSIQUE: Premier festival de musique religieuse au Québec cet été


Premier festival de musique religieuse au Québec cet été

Presse Canadienne
GRANBY

Granby sera l'hôte, l'été prochain, du premier festival de musique religieuse actuelle à se dérouler au Québec.

Les organisateurs attendent au moins 200 participants de partout à travers la province. Le Festival en plein soleil se tiendra au Mont Sacré-Cœur les 29, 30 et 31 juillet.

C'est un festival nouveau genre qui vise à promouvoir les ta lents religieux au Québec, surtout chez les jeunes », explique Benoit Voyer, porte-parole du festival.

Toutes les formes d'expression musicale seront privilégiées. On attend donc chansonniers, auteurs compositeurs et ensembles musicaux lors de ces trois journées. Le théâtre aura également sa place: des troupes religieuses ont été invitées.

Un comité d'organisation a déjà tenu une réunion pour commencer les préparatifs. C'est le père Yvon Samson, de la communauté des Trinitaires, qui a eu l'idée d'organiser l'événement. Le religieux participera d'ailleurs au festival, puisqu'il est chansonnier.

Selon Benoit Voyer, la musique populaire religieuse traverse actuellement une crise au Québec.

Ce n'est pas tellement parce que nous manquons de jeunes musiciens, mais c'est plutôt parce qu'on ne dispose pas de moyens techniques pour produire des cassettes ou des microsillons adéquats. Nous sommes en retard de 10 ans par rapport aux États-Unis, dit-il.

Le festival donnera ainsi l'occasion au grand public d'apprendre à apprécier la musique religieuse qui est peu ou mal diffusée. Il permettra en outre aux artistes de se rencontrer et de fraterniser.

En plus de nombreuses cérémonies religieuses, on a également prévu au programme d'ateliers portant notamment sur la technique musicale.

Bien qu'on n'ait pas encore trouvé des sources de financement, comme des commanditaires, Benoit Voyer se dit assuré que l'activité aura bien lieu.

M. Voyer tient cependant à apporter une précision sur la nature de cette manifestation : « Même s'il y aura place pour l'œcuménisme, le festival demeure un évènement catholique.


(La Presse, 24 avril 1988, p. E5)

28 octobre 2025

 


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LE BALADO: Jean-Paul Regimbal est-il un saint?


CULTURE MUSIQUE: La messe rythmée

Voix de l'Est, 18 avril 1969, p. 3
La messe rythmée

Par Benoit Voyer

28 octobre 2025

De 1970 à 1974, chaque dimanche, en famille, nous allons à la messe de 11 h à l’église catholique Saint-Eugène, sur la rue Laval, à Granby. La célébration eucharistique est celle des adolescents et des jeunes adultes de la paroisse.

En plein renouveau liturgique à la suite du récent concile œcuménique Vatican II, on y expérimente une nouvelle manière de célébrer l’eucharistie. C’est un peu la révolution !

Ce que nous vivons en liturgie à Saint-Eugène s’inspire d’une expérience pastorale réalisée depuis 1968 au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, a Cap-de-la-Madeleine. Durant les années 1960 et 1970, le sanctuaire marial de la Mauricie a été le centre de production de la « pop religieuse québécoise ». Les Oblats de Marie Immaculée inauguraient en 1947 la station et le studio Radio Marie, qui seront en opération jusqu’en 1979.[1]

Loin de la traditionnelle messe avec le grand orgue, les jeunes jouent sur un orgue moderne de type Hammond, font résonner la batterie et grincer les guitares électriques… On se croirait par moment dans un club. Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme la “messe à gogo” ou la “messe yé yé”.

Le groupe musical est dirigé par l’organiste Jean-Guy Leroux. En plus de la musique, les jeunes sont partout : lectures, service à l’autel, offrandes… Mon frère Yvon joue de la guitare. Carolle Bernier, ma future belle-sœur, et ma sœur Pauline sont au nombre de ceux qui s’impliquent. L'église est pleine à craquer. Je suis encore un enfant, mais je m’imagine un jour être celui qui anime les chants.

Je me souviens encore du répertoire musical. Celui-ci se compose des nouveaux chants du Studio RM, de la série Amen de John Littleton et de quelques chansons populaires de l’heure.

Le chant d’entrée : La Terre promise de Richard Anthony, la version française d’une chanson des Beach Boys. À l’offertoire revient souvent « Je crois », popularisée au Québec par Chantal Pary, version franco de « I Believe » de Frankie Laine dont de nombreux artistes, dont Elvis Presley, Perry Como et Mahalia Jackson, ont repris sur disque et « Tous les garçons et les filles », tube de l’heure de la Française Françoise Hardy.

Parmi les chansons de John Littleton qu’on y chante, on retrouve : Gethsémani, Je cherche, Je m’en vais, Allez-vous en sur les places…

Enfin, le répertoire d’André Dumont est très prisé : Nous irons dans la joie (chanson thème du pavillon chrétien de l’Expo 67), Verrons-nous ton règne, le célèbre Gloire à Dieu…

À partir de 1967, André Dumont, un auteur-compositeur, est le directeur artistique de la maison de disques de Radio Marie. Il développe les collections musicales « Jérusalem »[2], « Pour ce monde » et « Nouvelle Pentecôte » créées pour profiter de l’engouement des messes rythmées.

Le père André Dumont est reconnu comme étant à la base des « messes rythmées ». Le père Paul Arsenault s’en souvient : « Juin 1968. On était allés le chercher dans le confessionnal où il donnait le pardon aux pèlerins rassemblés pour l’eucharistie. On demandait à André Dumont de diriger à l’improviste l’orchestre Claude Robert… Les messes rythmées venaient ainsi de naitre. Un fruit du concile Vatican II. »[3]

L’engouement est au rendez-vous, le dimanche matin, où se tiennent trois « messes rythmées » au sous-sol de la basilique Notre-Dame du Cap, donc trois orchestres y évoluaient.[4]

____________________

[1] Sébastien Desrosiers. « Les messes à gogo des années 1960 et 1970, ces célébrations religieuses, musicales et festives », Ici Radio-Canada, 18 avril 2019. https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/segments/entrevue/114660/messes-gogo-rythmees-eglise-concile-vatican
[2] Sébastien Desrosiers. « Les messes à gogo des années 1960 et 1970, ces célébrations religieuses, musicales et festives », Ici Radio-Canada, 18 avril 2019. https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/segments/entrevue/114660/messes-gogo-rythmees-eglise-concile-vatican
[3] Paul Arsenault, « À bâtons rompus », Revue Notre-Dame du Cap, avril 2023. https://www.sanctuaire-ndc.ca/blogue/messes-rythmees/
[4] Paul Arsenault, « À bâtons rompus », Revue Notre-Dame du Cap, avril 2023. https://www.sanctuaire-ndc.ca/blogue/messes-rythmees/


PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

EN MUSIQUE - Words (Barry Gibb and Dolly Porton)


POLITIQUE: Un effort essentiel


Un effort essentiel

Madame Line Beauchamp,
ministre de la Culture et des Communications,

Il est vrai que ce n'est pas au gouvernement de tout payer pour la restauration du patrimoine religieux, mais son effort est essentiel. Malgré tout, je me questionne. Est-ce que votre cabinet ministériel pourrait inciter le gouvernement du Canada à s'impliquer dans ce dossier en octroyant, lui aussi, du financement pour la restauration des églises, temples et édifices du patrimoine ? Est-ce qu'il pourrait aussi convaincre le ministre des Finances du Québec à encourager le public à donner davantage pour cette cause en accordant des déductions d'impôts pouvant atteindre jusqu'à 40% du montant donné ? Il serait intéressant que l'État québécois soit un leader en matière de protection du patrimoine car, comme vous l'avez écrit dans une lettre publiée dans plusieurs médias, « le patrimoine (...) contribue de manière tangible à affirmer notre identité ».

Benoît Voyer

(La Presse, 7 juillet 2004, p. A14)