4 décembre 2025

EN LIBERTÉ: La vénérable Délia Tétreault


TOT OU TARD: Les origines du père Noel

IL FAIT TOUJOURS BEAU: Barbara


PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 4 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 4 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Quel livre peut-il être considéré comme étant l'évangile tome 2? 
2- Portrait de la relève chez les Recluses de l'Immaculée Conception, a Montréal;
3- Le courrier de l'évêque avec Mgr Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean-Longueuil: Les commandements et les lois dans l'Église; 
4- Mond'ami 
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent. 
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle du quêteux du village; 
7- Pour hommes seulement avec André Guérin; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: La sainteté; 
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres. 
10- André Beauchamps: La première communion; 
11- Le comédien Jean-Louis Roux lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 04 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: 6 décembre 2023


20231206 Benoit Voyer sur médias sociaux

LE PRÉSENT DU PASSÉ:

Raphaël Pirro


Une vie au service de la Parole

Raphaël Pirro, cet homme de 75 ans, est épatant. Dans sa recherche spirituelle qu'il fait depuis toujours, ce qui compte c'est la vérité. Toute sa formation familiale et académique l'a amené à ne pas avoir peur de la chercher et de la partager. Le rencontrer suffit pour comprendre l'assurance qui l'habite.

Né le 1er juillet 1922, ce père de 6 enfants et grande-père de 8 petits-enfants est originaire du même village où a vécu le Padre Pio, un stigmatisé, en Italie

«J'ai très bien connu le Père Pio: j'ai servi la messe à l'église du village, j'y ai fait ma première communion, je me confessais souvent chez lui ... Papa n'était pas de ceux qui croyaient aux fameux stigmates. Comme lui, j'ai de la difficulté à être à l'aise avec ce phénomène-là», dit-il.

Son père était un musicien et un compositeur de pièces folkloriques, un pacifiste et, surtout, un antifaciste. Il n'était guère un militant de la dictature comme la majorité de la population italienne. Ces années au pouvoir de Benito Mussolini (lui qui s'est fait l'ami d'Hitler) ont été difficiles pour l'Italie. M. Pirro se souvient de ce temps où le gouvernement a mis tous les Italiens à la ration alimentaire. «Vous comprendrez que je n'ai pas été éduqué à suivre l'opinion publique», renchérit-il

Il a étudié chez les Jésuites à Naples, est entré dans la congrégation, a fait une licence en philosophie à l'Institut Aloysisnum - Gallarate - de Milan, une licence en droit à l'Université de Naples et un diplôme en théologie au Weston College de Boston (États-Unis). Il quitte les Jésuites et émigre au Canada, le 24 octobre 1951. Il avait 29 ans.

Rapidement, il entre à la SRC. De 1952 à 1961, il est chef de la section italienne de Radio-Canada International et correspondant occasionnel pour la Radio Télévision Italienne, Radio Vatican, l'Osservatore Romano et plusieurs autres médias.

De 1961 à 1964, il devient organisateur des programmes au service des émissions d'affaires publiques du réseau français; de 1964 à 1967, réalisateur au service des émissions d'enseignement; et, de 1967 à 1987, réalisateur aux émissions religieuses.

En 1967, il débute dans sa nouvelle mission en animant et en réalisant «Sur le chemin d'Emmaüs» en compagnie de l'Abbé Pierre. «Il était très sympathique! C'est un mystique dans l'action», commente l'homme aux cheveux poivre et sel. «Je ne crois pas qu'il se souvienne de moi. Je suis une personne parmi tant d'autres qu'il a rencontrées au fil de sa vie», ajoute-t-il bien humblement.

Par la suite, il réalise: «Une fleur sur mon balcon» (1968), animé par Jean Dumas; «Sociétés secrètes et besoins religieux» (1969), animé par Louis Pelletier; «Méditations» (de 1969 à 1972), un billet du dimanche animé par Paul Tremblay.

De 1969 à 1976, il est à la tête de «Dialogue», une émission d'analyse et de commentaires de la «nouvelle religieuse» de la semaine avec la participation de l'auditoire. Ses commentateurs sont: Claude Ryan, Paul Tremblay, Julien et Vincent Harvey, Guy Bourgault, Louis Rousseau et Michel Despland. «C'est une des rares émissions où Claude Ryan s'est engagé à venir tous les dimanches», se souvient-il fièrement.

La liste de ses réalisations radiophoniques est assez longue. Il est impossible de passer sous silence: «Messe sur le monde», «Les matins de la fête» et «Les grandes religions».

Plusieurs de ses séries ont même été éditées: «Les enfants de Jésus» (Michel Gourgues et Yves Tremel, éditions Bellarmin), «Les premiers chrétiens» (Gilles Langevin, éditions Bellarmin/Cerf) et «Pierre Teilhard e Chardin, la victoire sur le non sens» (Mireille Lanctôt, éditions Paulines). S'ajoutent à cela les nombreux prix qu'il a reçus au fil de sa carrière.

Aujourd'hui à la retraite, il continue de faire connaître et aimer celui qui a séduit son coeur en assurant la présidence de RVM (Radio Ville-Marie) et en réalisant «Entretiens», le samedi de 22 heures à 23 heures, et «Messe sur le monde» avec Richard Guimond, le samedi de 17 heures à 18 heures et le dimanche de 8 heures à 9 heures, sur les ondes du 91,3 FM (Montréal).

«Jésus est devenu pour moi, l'homme le plus important de l'histoire. Ce qui a transformé mon existence, c'est lorsque le doute que j'avais sur sa divinité est disparu. J'ai compris que Dieu nous aime d'un amour fou. Il aime en laissant la liberté. Dieu a pris un énorme risque en laissant cette liberté à l'humain», conclut-il.

Pour Raphaël Pirro, la seule vérité qui compte c'est que Dieu est follement amoureux de l'homme. C'est d'ailleurs le message testamentaire qu'il veut laisser en héritage à ses enfants, à sa famille et à ceux qu'il a rencontrés au long de sa vie. Il sait que son grand passage de vie à trépas approche, mais il demeure optimiste sur les beaux jours qu'il lui reste à vivre: son père est décédé à l'âge de 98 ans.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, juin 1998, page 247)

3 décembre 2025

CULTURE MUSIQUE: André Gagnon

André Gagnon, pianiste et compositeur

Par Benoit Voyer

3 décembre 2025

Le pianiste et compositeur André Gagnon est né le 2 aout 1936, au 236, boul. Bégin, à Saint-Pacôme, dans le secteur du Kamouraska, au Bas-Saint-Laurent. Selon la tradition, il est baptisé le lendemain dans l’église paroissiale. André est le dernier enfant d'une famille nombreuse. Il passera son enfance dans cette maison.

Son père est David Gagnon. De 1931 à 1933, il est maire de Saint-Pacôme. Sa mère est Amanda Lajoie, une institutrice.

À partir de l'âge de 3 ans, il joue sur le piano familial. Il recevra ses premières véritables leçons de musique deux ans plus tard.

La musique a toujours fait partie de la vie familiale. Après la grand-messe du dimanche, on se réunit au salon pour chanter, accompagnés au piano par Rita ou Yvette. Cette dernière sera l’organiste de la paroisse pendant 60 ans.

Toute sa vie, André Gagnon restera profondément attaché à son village natal.

André Gagnon nous a quittés le 3 décembre 2020, en pleine pandémie de la covid-19. Ses funérailles sont célébrées dans la cathédrale Sainte-Anne, à La Pocatière, le samedi 23 janvier 2021, à 13 h. Par la suite, il est inhumé dans le cimetière de Saint-Pacôme. Il est facile à trouver puisque son visage est gravé sur la pierre tombale. À Montréal, une célébration commémorative a eu lieu le vendredi 3 décembre 2021.

EN LIBERTÉ: Aldéi Brosseau


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Disque Noel d'Antan - Une pub de 1986


PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 3 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 3 (1993)

Au programme: 

1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Le livre de Job;
2- Portrait de Mgr Luciano Mandez, du Brésil;
3- Le courrier de l'évêque avec Mgr Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean-Longueuil: La résurrection en question;
4- Sainte Claire d'Assise;
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le Psaume 66;
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle des croix de chemins;
7- Le Catéchuménat de Montréal avec Paul Delorme;
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Qui nous a parlé de Dieu? 
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres;
10- Pierre Bélanger: Les feux de circulation au sujet des médias;
11- La chanteuse Danielle Odderra lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 03 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: 5 décembre 2023


20231205 Benoit Voyer sur médias sociaux

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le père Jean-Paul Regimbal

Le père Jean-Paul Regimbal

Le père Jean-Paul Regimbal, décédé le 8 septembre 1988, est un véritable phénomène de l'histoire religieuse du Québec. Il laisse peu de gens indifférents. Plusieurs l'invoquent comme un saint. Les autres le voient comme un illuminé ayant ramené le fondamentalisme en terre québécoise.

Enfance
Né le 4 juillet 1931, dans une famille de 12 enfants (5 filles et 7 garçons), le fort appel intérieur de ce jeune de North Bay (Ontario) débute en 1940, lors d'une visite à la prison de Cochrane. Naît en lui un grand désir de venir en aide à ces personnes privées de liberté. Le petit Jean-Paul avait 9 ans.

Artiste dans l'âme, Jean-Paul connaît beaucoup de succès en tournée de spectacles avec sa famille dans plusieurs municipalités de l'Ontario. Tous chantaient et jouaient de la musique. Leur troupe ressemblait à celle de la famille Trapp. «Jean, comme l'appelle affectueusement sa soeur Lucille, performait particulièrement au piano. D'ailleurs, il désirait devenir un concertiste professionnel. Au long de son enfance et de son adolescence, il suivait des leçons dans ce seul but.

Il tombe sous le charme
Devenu étudiant au collège des Jésuites de Sudbury pour y faire son cours classique, il se rend à l'édition de 1947 du congrès marial d'Ottawa. Pour la première fois de sa vie, il rencontre des Trinitaires. C'est le coup de foudre! Ces instants sont pour lui une réponse à ses nombreuses prières. «Voilà enfin des religieux qui s'occupent des prisonniers!» doit-il se dire en lui.

Sans tarder, il en parle à son guide spirituel. Le père Marcel Demers, o.p., lui demande de garder cela dans le secret de son coeur afin de laisser Dieu lui préciser l'appel.

C'est plus fort que lui. En 1949, il sacrifie sa prometteuse carrière de musicien et, le 8 septembre (jour de la fête de la Nativité de Marie), il entre au noviciat des Trinitaires de Saint-Bruno-de-Montarville. Le père Pierre Saint-Pierre, qui est maître des novices, devient son guide. En communauté, il reçoit le nom de Jean-Paul de Jésus. Marie devient sa confidente et celle qui veille sur lui. Plusieurs événements de sa vie arriveront un 8 septembre.

Le jeune novice se montre obéissant, plein de vie et curieux de connaître sa communauté.

À l'orgue et au piano, il ne tarde guère à montrer son talent de musicien. Il compose même une musique sur un poème de Rimbault: «Sur l'onde calme et noire où brillent les étoiles, la blonde Ophélia dort comme un lys ... » Le maître des novices est scandalisé.

Le 1er novembre 1950, à l'occasion de la proclamation du dogme de l'Assomption de Marie, il compose une musique sur l'hymne des vêpres: «Solis o virgo, radiid amicto ... » Sa mélodie s'inspire de la lignée de Mozart et Fauré Durant ces années, il compose aussi de nombreux psaumes, des hymnes pour la liturgie en français et 2 messes dont une à 3 voix égales en l'honneur de Notre-Dame du Rachat.

Son noviciat terminé, il fait des études en philosophie et entre au Grand Séminaire de Montréal, chez les Sulpiciens, pour étudier la théologie.

À chaque année, il passe de longs séjours à l'hôpital - sous la tente à oxygène - à cause de l'asthme. Malgré cela, il réussit ses études et prononce ses vœux solennels le 8 septembre 1953.

Durant ses années de formation, il compose une pièce de théâtre sur la vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi. «Celle qui a vécu sa vie» est présentée à 3 occasions à la salle montréalaise du Gésu. Suite à ce succès, le texte de sa pièce est publié, en 1955, aux éditions Trinitas.

Jeune prêtre
Ordonné prêtre, le 11 mai 1957, Jean-Paul Regimbal ne chôme point. Il est rapidement nommé professeur au Séminaire Sainte-Trinité à Montréal: il y enseigne l'anglais, la littérature anglaise et l'initiation aux beaux-arts

Durant ce temps, il devient rédacteur en chef de «Trinitas» et de «Trinité et vie», revue pour lesquelles il collabore depuis 1953. Il sera à la tête de la publication de 1958 à 1962. Il écrit régulièrement, parfois de 3 à 4 textes par numéro. Pour que son nom ne paraisse pas trop souvent, il signe aussi sous les pseudonymes de Jean-Baptiste de la Trinité et de Paul le Studite. Dans les 10 ans qui suivent, il continue de collaborer sporadiquement à cette revue qui termine sa course sous le titre de «Trinité Liberté»

Et ce n'est pas tout! Il poursuit des études universitaires en criminologie et trouve le temps de collaborer - avec 2 autres confrères - à la rédaction du livre «Jean de Matha: un fondateur d'avant-garde», paru en 1960, à Paris, aux éditions Anthème Fayard et à la rédaction de son «programme de la délinquance juvénile» paru en 1964.

En 1962, tout en poursuivant ses études à l'université, il commence à s'impliquer dans les institutions pénitentiaires.

En prison
Celles-ci terminées, il devient officiellement aumônier à la prison de Bordeaux et à Mont Saint-Antoine. Dans ces centres, il renouvelle la pastorale et organise des cours spécialisés pour le service des prisonniers et des jeunes délinquants.

Il devient l'aumônier des prisons du Canada. Il se fait l'ardent défenseur de la suppression de la peine de mort. Son influence est grande dans le milieu carcéral.

«Dix ans de travail dans les prisons du Québec m'avaient fait voir la puissance de Dieu dans les coeurs et l'impuissance de mon ministère sacerdotal. Je travaillais dur et pourtant, je trouvais que les conversions ne correspondaient pas aux efforts multiples que je déployais pour rejoindre cette population carcérale», racontait-il en 1980, à des gens d'affaires réunis à Montréal à l'occasion d'un souper du regroupement ACTE

Expérience spirituelle intense
En 1969, suite à une recommandation médicale, ses supérieurs l'envoient vivre à Phoenix en Arizona. L'air plus sec de ce coin des États-Unis aiderait ses problèmes d'asthme.

Le 9 septembre 1969, à 9 heures, il fait la rencontre de Sandy Winters, une anglicane. Elle le consulte au sujet de phénomènes particuliers qu'elle vit dans le cadre du renouveau charismatique, mouvement d'inspiration pentecôtiste qui a pris naissance à la mi-février 1967 à l'Université Duquesne aux États-Unis. Pendant 3 jours, il parcourt de sérieux ouvrages sur l'Esprit Saint, dont la Bible et les conclusions du Concile Vatican II (terminé le 8 décembre 1965). Il veut être assuré de bien la conseiller.

Le 11 septembre, il se rend à sa résidence pour lui livrer sa réflexion. Sandy Winters est en train de préparer le repas familial. Le Père Regimbal entre chez elle et, sans attendre, il se met à genoux sur le parquet de la cuisine et lui demande de lui imposer les mains pour qu'il puisse recevoir les mêmes grâces qu'elle. L'expérience transforme sa vie.

Puisqu'il n'y avait pas de catholiques vivant ce phénomène à Phoenix, il se joignit à un groupe oecuménique charismatique. Rapidement, il devint reconnu et la nouvelle se répandit: «Un prêtre catholique qui prophétise et qui fait des miracles». Quelques semaines plus tard, il était invité au Groenland pour y donner une conférence.

Les charismatiques au Canada
En août 1970, il revient au Canada pour diriger la maison de retraites spirituelles des Trinitaires de Granby.

Rapidement, il réunit un petit groupe de priants (une dizaine de personnes). Ils sont touchés, rejoints en eux. Des vies sont transformées. Des gens sont guéris. La popularité du Père Regimbal traverse vite les limites de la cité de Granby. C'est la naissance du renouveau charismatique au Canada.

L'adhésion à ce «mouvement de l'Esprit» se fait rapidement. Au premier congrès charismatique qui se tient en 1973 au Collège Loyola à Montréal, il y a 4000 personnes (50% d'anglophones). Le Québec compte alors 50 groupes de prière d'inspiration charismatique.

Un an plus tard, ils sont 6500 à l'Université Laval à Québec pour un 2e grand rassemblement. Il y a 400 groupes de prière dans la belle province.

En 1977, ils sont 20 000 congressistes au Stade Olympique à Montréal. À la session de clôture, l'assistance triple. En cet après-midi de juin, sont réunis sur la même scène: le cardinal Maurice Roy, Michel Quoist de France, Émilien Tardif de la République Dominicaine et Jean-Paul Regimbal.

Enfin, au congrès de juin 1979, ils sont 24 000 charismatiques au Stade Olympique. Le recensement de l'Assemblée canadienne francophone du renouveau charismatique catholique (ACFRCC) de cette année-là compte 822 cellules de prière charismatique au Canada et 38 083 adeptes

Autour du monde
Jean-Paul Regimbal se promène autour du monde. En exemple, en 1973, il se rend à Hawaï, à Hong Kong, au Japon, au Cambodge, au Vietnam et en Inde. En passant par la France - où l'ordre des Trinitaires, fondé à Cerfroid en 1198, vient d'être relancé, 3 ans plus tôt, par le père Pierre Saint-Pierre - il rencontre dans la prière le futur Frère Éphraïm qui lancera, à la suite de cet entretien, la communauté des Béatitudes et Pierre Goursat qui, de son côté, partira la communauté de l'Emmanuel à Paris.

Dans plusieurs pays, Jean-Paul Regimbal est considéré comme étant l'initiateur du renouveau dans l'Esprit Saint.

Oeuvres et livres
À son retour, il fonde l'Eau Vive pour les animateurs de groupes de prière. Jeanne Bizier devient sa principale collaboratrice. Son expérience de vie et celle auprès du Père Regimbal l'amène à ériger, en 1978, la Famille Myriam Beth'léem, un regroupement d'hommes et de femmes consacrés à Dieu.

De plus, il met sur pied la librairie Pneumathèque (La Librairie Trinitaires depuis 1996); Témoignage-Jeunesse, pour les jeunes; et, ACTE, pour les gens d'affaires. Il initie aussi les Cafés Chrétiens et encourage la fondation de plusieurs oeuvres apostoliques dont Rassemblement à son image.

Du côté littéraire, il écrit, en 1981, «La Révolution de l'amour», et, en 1983, «Le rock'n'roll - viol de la conscience par les messages subliminaux». Le projet du livre «La civilisation de l'amour» ne voit pas le jour.

Purgatoire
En 1983, débute sa descente aux enfers. Un vrai purgatoire! Son asthme lui cause de sérieux ennuis. En 1984, il est «opéré à coeur ouvert» de toute urgence. Il ne peut donc pas se présenter au congrès charismatique du diocèse de Saint-Hyacinthe où il est attendu. La foule est attristée.

Usé, épuisé, fatigué ... Le 8 décembre 1985, il fait ses adieux à ses amis à l'occasion d'un souper de l'amitié, organisé dans un hôtel de la Montérégie. Près de 1000 personnes sont au rendez-vous. La voix pleine d'émotion et les yeux souvent remplis de larmes, il s'entretient quelques minutes avec la foule et repart - le visage endolori - pour se reposer au monastère des Trinitaires de Granby.

Jusqu'au 8 septembre 1987 où il reviendra se reposer au couvent granbyen, il travaille en sol romain à faire connaître les chrétiens persécutés à cause de leur foi. Son complice est le père Armand Gagné, o.ss.t. Il fait ce qu'il peut entre ses nombreux séjours dans les hôpitaux européens: Nice, Rome, Paris ..

La soirée du 8 septembre 1988, il la passe au Centre hospitalier de Granby avec quelques proches. Sa dernière parole du jour s'adressera à Roméo Voyer: «Croyez à l'Eucharistie! Aimez l'Eucharistie!» Personne ne savait ce que préparait la Vierge de la Nativité. «La visite partie», Jean-Paul Regimbal prie, se couche pour la nuit, s'endort et son âme quitte son corps. Il passe des ténèbres à la lumière. Par la main, Marie le conduit à son Fils. Il avait 57 ans.

Et après ...
Est-ce qu'il est un saint? Humainement, il n'avait rien de parfait. Il est plutôt à regarder avec une pointe d'humour. Toutefois, sa grande foi, son intense désir de Dieu, son espérance et son amour de la Trinité et de ses contemporains sont des exemples à imiter.

Régulièrement, de nombreuses personnes se rendent au cimetière Saint-Antoine de Longueuil pour se recueillir sur sa tombe.

Pour souligner le 10e anniversaire de son décès, un rassemblement aura lieu, le 7 septembre à 19 heures, au monastère des Trinitaires de Granby.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, mai 1998, pages 220 et 221)




2 décembre 2025

LE BALADO: On devrait profiter de l'expérience des personnes âgées


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Serge Bélair et Louise Cliche animent en direct la veillée du jour de l'an No 1


PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 2 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 2 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Quel livre de la bible parle d'un prophète récalcitrant?
2- Portrait de soeur Louise Sainte-Marie, religieuse du Bon Pasteur;
3- Le courrier de l'évêque avec Mgr Paul-Émile Charbonneau: Manquer a la charité a 12 ans;
4- Le Carrefour d'entraide Lachine;
5- Les moines cisterciens de Rougemont chantent le Psaume 33;
6- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle de la maitresse d'école de son enfance;
7- Réseau Vaste, a Drummondville. Invité: Abbé Hubert Gervais; 
8- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Les valeurs;
9- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres;
10- Réflexion de Thérèse Miron: Laisser tomber les masques;
11- Le comédienne Mireille Thibault lit un extrait de la bible.

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Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 02 (Fonds Benoit Voyer)
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LE MOT DU JOUR: 4 décembre 2023


20231204 Benoit Voyer sur médias sociaux

LE PRÉSENT DU PASSÉ: Finis les discours

Finis les discours

Benoît Voyer


«Ceux qui sont en recherche religieuse ne cherchent pas vraiment les religieux, mais un parcours religieux qui réponde à leurs sensibilités et qui met l'accent sur les valeurs qui ont du prix à leurs yeux», disait le Père Marcello Zago, supérieur général des Oblats de Marie Immaculée aux 90 évêques canadiens réunis en assemblée plénière annuelle à Halifax.

Aux dires de ce religieux membre et consultant de plusieurs dicastères romains depuis 15 ans, les gens recherchent : Une expérience personnelle plutôt qu'une doctrine ; l'intériorité plutôt que l'organisation ; la paix personnelle plus que l'harmonie sociale ; la perception du sacré plus que la conduite morale ; l'expérience d'un divin impersonnel plutôt que celle d'un Dieu personnel ; l'intégration au cosmos plus que la recherche du transcendant ; l'anthropocentrisme plus que le théocentrisme ; le salut acquis par ses propres moyens plutôt que reçu ; le choix personnel plus que l'intégration sociale ; le témoignage plus que l'enseignement ; et le groupe choisi plutôt que la communauté anonyme.

Devant la montée du pluralisme religieux, l'indifférence religieuse et le retour du sacré, l'Église n'a pas le choix de s'adapter. La façon d'évangéliser a changé.

Une société en mouvement
«Le pluralisme offre pourtant aux personnes la possibilité de choisir selon leurs préférences et surtout selon les dispositions qui leur sont faites. Cela montre la nécessité et la possibilité d'une évangélisation qui soit proposition», dit le grand patron des Oblats.

Le pluralisme a du positif, mais l'indifférence religieuse est plus difficile à vivre. Celle-ci se caractérise par un athéisme pratique. La tendance est au syncrétisme - c'est-à-dire à l'aplanissement des différences entre les religions - et à vivre comme si Dieu n'existait pas. Chacun a sa morale personnelle. Il n'est guère surprenant que l'opinion publique soit de plus en plus favorable à l'avortement et à l'euthanasie.

Ce qui contredit plusieurs prévisions, c'est le retour massif au sacré. «Plusieurs contemporains découvrent qu'au-delà du monde rationnel, il existe une dimension humaine extrasensible et que l'objectivité de la raison est relative», explique-t-il.

Il appuie son propos sur une enquête dirigée par Der Spiegel qui révèle que 80% des Allemands disent qu'il est possible d'être chrétien sans adhérer à une Église. Dans la société actuelle, «chacun choisit selon ses goûts et ses besoins». Le marché des religions est ouvert.

Défis
De par sa nature, l'Église est missionnaire. Malgré les nouvelles réalités sociétales, elle ne peut pas se refermer sur elle-même. Il lui importe, maintenant, de se réajuster en sachant bien lire les signes des temps.

«Le premier défi et devoir de l'Église est de se tourner vers le Christ, le sens ultime de son identité, faire l'expérience de son Sauveur, et en lui, regarder le monde, l'aimer comme lui l'a aimé en donnant sa vie», lance le sympathique religieux.

Il ajoute sans tarder : «C'est de la rencontre de chaque homme et de chaque femme avec Jésus-Christ vivant que jailliront la conversion, la communion et la solidarité comme exigences de base pour faire d'eux des apôtres de la nouvelle évangélisation». Il va bien plus loin que la simple connaissance du Fils de Dieu.

En second lieu, il faut être attentif aux besoins du monde et à ceux de l'humanité. Il reprend le sociologue Reginald W. Bibby qui, à la suite d'une analyse, en vient à conclure que les Canadiens sont réceptifs au spirituel. Le problème vient des Églises qui ne cherchent pas à répondre à ces besoins.

Pour combler les défis du monde, il rappelle des attitudes fondamentales présence, accueil, accompagnement des personnes et des groupes, promotion des valeurs, ouverture aux besoins, dialogue et respect.

«En s'inspirant de la pédagogie de l'incarnation, la communauté chrétienne est appelée à marcher avec le Christ aux côtés de l'homme d'aujourd'hui, le soutenant dans la difficile recherche de la vérité et lui faisant d'une certaine façon ressentir la présence quotidienne du Rédempteur, là où il mène son existence quotidienne», stipule Marcello Zago.

Enfin, il faut que l'Église ose proposer l'expérience d'une personne à connaître et à expérimenter. Il y a de multiples lieux pour le rencontrer : la liturgie, l'Église, la Parole de Dieu et les réalités humaines. C'est tout un défi qui attend l'Église pour que ces lieux deviennent des sources de sainteté. Ce n'est que lorsqu'un chrétien est sur cette route qu'il devient un véritable missionnaire.

Il faut en finir avec les discours ! «L'homme moderne croit davantage aux témoins qu'aux maîtres. Les témoins ne manquent pas, mais ils doivent se multiplier. Et les maîtres doivent être perçus comme des témoins», conclut le Père Zago, dont la seule présence laisse présager que celle du Christ n'est pas très loin.

(Revue Sainte Anne, mars 1997, pages 128 et 129)

1er décembre 2025

LE BALADO: Vieillir


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Julien Clerc


PAROLE ET VIE animée par Roland Leclerc No 1 (1993)


Émission de télévision Parole et Vie animée par Roland Leclerc No 1 (1993)

Au programme: 
1- La chronique biblique de Bertrand Ouellet: Quel texte du Nouveau Testament a été écrit en premier? 
2- Portrait de Robert Lebel, prêtre catholique et auteur-compositeur 
3- Chronique Femmes d'évangile avec Lorraine Caza: Marie et Élizabeth 
4- Le courrier de l'évêque avec Mgr Paul-Émile Charbonneau: Catholique et Musulman - Un mariage possible? 
5- La Paroisse Saint-François-de-Sales, a Longueuil 
6- Les moines cisterciens de Rougemont chantent une prière a Marie 
7- Le père Benoit Lacroix (Joachim Lacroix de son vrai nom) parle de l'orgue et de l'organiste de sa paroisse 
8- Entretien avec Fernand Carrier de la Paroisse Saint-Vincent-de-Paul, a Longueuil 
9- La chronique Pour une foi qu'on se parle animée par Yvon Cousineau. Une table ronde avec 6 jeunes: Les médias et la foi 
10- Chronique Sur les rayons avec Charlotte Sassville: Proposition de quelques livres.
11- Réflexion d'André Beauchamp sur les rites et les symboles 
12- Le comédien Paul Boissonneault lit un extrait de la bible.

 ______________________________________________ 
Tiré de: P049 Parole et Vie Ep 01 (Fonds Benoit Voyer) 
Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby

PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


 Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

LA COUPE ET LE PAIN: Messe télévisée présidée par le père Armand Gagné en 1994


ÉMISSION TÉLÉVISÉE
La Coupe et le pain:
Messe catholique télévisée précédée d'une partie magazine. 

Chronique Regards:
invité: abbé Jean Pelletier.
Interview réalisée par: Louise Paré
Sujet: Le travail interparoissial.
Caméra: Benoit Voyer Tournage réalisé au presbytère Notre-Dame, à Granby. 

Messe:
Célébration présidée par le père Armand Gagné, O.ss.t
Il s'agit d'une messe à la mémoire des chrétiens persécutés
à l'occasion de la Journée mondiale des Droits de l'homme. 
Tournage réalisé à la Maison des Trinitaires, à Granby.
Caméras: Eric Chamberland, Patrice Lussier et Martin Robitaille.
Aiguillage: Claudette Hamel.
Réalisation: Benoit Voyer.
Productrice déléguée: Line Aubin
Production: Transvision Plus, câble 11, Granby (1994)

Document conservé dans le fonds P049 de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby.

LE PRÉSENT DU PASSÉ: «Je n'ai rien fait pour devenir évêque!»

«Je n'ai rien fait pour devenir évêque!»

TROIS-RIVIÈRES - Une grande timidité se cache derrière la moustache et les yeux pétillants de Mgr Martin Veillette. Il a été intronisé au poste d'évêque de Trois-Rivières, le 9 février, à la cathédrale de l'Assomption, à l'occasion d'une grande célébration eucharistique. La majorité des membres de l'Assemblée des évêques du Québec (AÉQ) y ont pris part: ils étaient en retraite spirituelle à la Maison de la Madone de Cap-de-la-Madeleine du 6 au 10 janvier. Étaient aussi présents près de 150 prêtres des quatre coins du diocèse trifluvien et de 1000 fidèles.

Est-il un peu fou en ces années de désertion de l'Église d'accepter un tel titre ? «C'est une douce folie du service», rétorque cet homme à l'esprit vif qui était évêque titulaire de Valabria [1] au moment d'être nommé à la succession de Mgr Laurent Noël, le 15 novembre.

Il n'a surtout pas l'impression de perdre de son autonomie personnelle et de vivre dans un carcan. Il trouve les rencontres avec les autres évêques très enrichissantes, car chacun a une formation et une expérience différentes : en sciences, en biologie, en théologie, en étude biblique, en droit canonique, en administration, etc. Pour lui, c'est vraiment un plus. Chaque évêque aborde les problèmes différemment. Sa vision personnelle en est enrichie.

«Je n'ai rien fait pour devenir évêque!», lance-t-il comme un petit gamin qui vient de se faire prendre dans un méfait. «Ce n'est pas un choix de carrière programmé! J'ai toujours essayé de faire le mieux possible ce que j'ai à faire. J'imagine que d'autres ont remarqué ou ont pensé que je dois avoir ce qu'il faut pour l'être.»

Saura-t-il être à la hauteur des attentes des prêtres du diocèse ? Une quarantaine de ceux-ci signaient, l'année dernière, une lettre collective dans laquelle ils exprimaient leur souhait d'un évêque aux qualités de pasteur, de missionnaire et de leader. Il est possible de croire que oui, puisque ces mêmes clercs ont reconnu, quelques heures après sa nomination, le bon choix de la curie romaine. «Mes confrères m'ont dit : Reste comme tu es !»

Enfance
Originaire de La Tuque, ce fier bonhomme, fils de boulanger, est le 4e enfant d'une famille de 11. L'homme aux cheveux blancs vient de fêter son 60e anniversaire de naissance, le 16 novembre.

«Mes premiers souvenirs d'enfance remontent au moment où j'ai commencé à fréquenter l'école du quartier. Ma première institutrice était la sœur d'une tante. Elle habite actuellement à Québec. Puisqu'elle était parente, elle me connaissait par les liens familiaux. Dans ma classe, il y avait aussi un cousin», se souvient-il.

Sa famille était proche de celle d'un oncle qui habitait près du domicile paternel. Les festivités comme celles du temps de Noël et de nombreuses activités se faisaient en commun : «L'été, nous allions à la plage ensemble !»

Il grandit dans le climat de la 2e guerre mondiale (1939-1945). Il se rappelle encore des coupons de rationnement qu'il fallait se procurer pour obtenir certaines denrées : «C'était une époque plus simple. Il y avait moins de recherche au niveau de la nourriture et des vêtements. Dans notre famille, les vêtements passaient de l'un à l'autre. Puisque j'étais dans les aînés, je n'ai pas trop souffert du "linge " des autres, mais je voyais bien ce qui se faisait», ajoute le sympathique sexagénaire.

Alors qu'il est enfant, il assiste au drame de son père qui doit quitter la boulangerie (il était copropriétaire avec un cousin). La poussière de la farine est pour lui un allergène. Il souffre d'asthme. C'est, malgré tout, la belle époque, car papa Veillette fait la livraison du pain avec un cheval et une voiture.

« Nous avons appris assez jeunes lorsque le pain est frais. Nous allions de temps en temps à la boulangerie et nous cherchions à manger ceux qui sortaient du four», dit Martin Veillette marqué par le souvenir du délicieux goût et de la merveilleuse odeur du pain chaud. Juste à en parler, il en donne l'eau à la bouche.

Son père se réoriente. Plusieurs personnes lui suggèrent d'entrer à l'usine de pâte et papier de la municipalité, mais il décide de se lancer dans l'industrie du taxi, associé à son frère, l'oncle Martin.

Le jeune Martin Veillette y a également travaillé. Après l'école (au primaire), il se rendait au «stand de taxis» pour répondre aux appels. Il se souvient, particulièrement, de ces journées de Noël et du Jour de l'An où le téléphone ne dérougissait pas. Ces jours-là, les gens prenaient plus souvent le taxi qu'à l'habitude.

À 9, 10, 11, et 12 ans, Martin ne songeait point à devenir prêtre. Il était très impliqué dans les mouvements de son époque : Louveteaux, Scouts, Croisade eucharistique, Service de messes, 4H, Club de hockey, etc. «J'ai été chanceux de faire partie de groupes comme ceux-là. J'y ai pris l'habitude d'être attentif à rendre service», se rappelle Mgr Veillette.

Était-il plus religieux que les autres jeunes ? Il s'en défend bien : «J'étais religieux comme tous les enfants du temps, mais pas plus que la moyenne – du moins, pour le souvenir que j'en ai !»

Adolescence

À l'adolescence, il vit ses amourettes comme les autres jeunes. Le pensionnaire du Séminaire de Trois-Rivières regarde sans hésiter de l'autre bord de la clôture. En congé à La Tuque, il en profite pour faire des activités qui lui permettent de rencontrer la gent féminine. «J'ai eu des relations normales ... Vous savez un prêtre ce n'est pas quelqu'un d'asexué !», lance-t-il le sourire aux lèvres.

Des religieux dans la famille
Du côté familial, deux oncles étaient prêtres : un Oblat de Marie Immaculée et un Dominicain qui était missionnaire au Japon (il a même été prisonnier durant la guerre).

Des deux religieux, c'est le Dominicain qui semble avoir le plus marqué sa vie «Lorsqu'il a été ordonné prêtre août 1936, maman était enceinte de moi. Elle n'a pas pu se rendre à Ottawa pour ce moment important. Elle s'est dit :«Si j'ai un garçon, il portera son prénom». C'est ce qui est arrivé. De plus, elle gardait des choses (recettes, cadeaux, gâteries, etc.) pour quand il venait à la maison. «C'est bien spécial puisque cette tradition se perpétue. Ma belle-sœur fait la même chose que ma mère faisait, mais pour moi ... »

Devenir prêtre
«À la fin de mon cours classique, j'ai consulté des personnes pour m'aider à déterminer un projet de vie J'ai décidé de devenir prêtre diocésain. Cela allait naturellement à la suite de ce que j'ai vécu durant ma jeunesse», ajoute le nouveau patron du diocèse de Trois-Rivières et membre du conseil permanent de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC).

Il est ordonné prêtre le 12 juin 1960 et nommé professeur au Séminaire de Trois- Rivières. Plus tard, il deviendra curé de la paroisse Sainte-Thérèse-de-l'Enfant- Jésus de Trois-Rivières.

Il avoue que pour les jeunes d'aujourd'hui, penser devenir prêtre est un défi beaucoup plus considérable et tout à fait différent de ce qu'il a eu à vivre. Sa 2e option l'aurait amené à une carrière en droit, malgré le fait que son père n'avait pas les avocats en admiration.

Après 10 ans de sacerdoce (en 1971), il retourne sur les bancs de l'université pour des études en sociologie (3 ans), afin de mieux comprendre les problèmes de la société d'aujourd'hui. Ce complément académique a changé sa façon de réfléchir et d'entrevoir les orientations pastorales.

Sommet socio-économique
Le Sommet socio-économique convoqué par Lucien Bouchard à la fin d'octobre dernier, a permis à Mgr Martin Veillette, membre du comité exécutif et président de la commission des Affaires sociales de l'AÉQ, de se démarquer dans les médias. Tous les grands journaux, les bulletins de nouvelles des réseaux radiophoniques et télévisuels du Québec ont donné écho à la déclaration qu'il a faite à l'occasion d'une conférence de presse en préparation au Sommet.

Par la suite, il a participé à ce rendez-vous historique [2] et à de nombreuses émissions d'affaires publiques dont "newswatch " sur les ondes du réseau anglais de Radio-Canada et à Plein Écran à Télé-Québec.

Sa prise de position a trouvé des échos d'un bout à l'autre du Canada et même en Europe, par le biais de l'Agence de presse APIC et de l'Actualité religieuse dans le monde

Est-ce qu'il y a un lien entre cette déclaration et l'annonce de sa nomination arrivée peu de temps après? Cela peut sembler possible, mais Mgr Veillette croit que le choix était déjà fait à ce moment, même si la nouvelle n'était pas encore connue du grand public et de Martin Veillette.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, mars 1997, page 110 et 111)

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[1] La règle du droit canon est claire : tout évêque doit être titulaire d'un diocèse. Le pape garde ses anciens diocèses au registre. Cela lui permet de nommer des auxiliaires. Ce qui veut dire que Valabria figure à l'annuaire du Vatican ave l'indication qu'il n'y a plus de catholiques sur ce territoire. En réalité, il s'agit d'un ancien diocèse du Portugal. Martin Veillette n'y a jamais mis les pieds et réussit à peine à le situer : «on m'a dit que c'était près de Fatima.»
[2] Mgr Veillette accompagnait le président de l'AÉQ, Mgr André Gaumond, archevêque de Sherbrooke. Ce dernier prenait part à la table des délibérations. Le nouvel évêque de Trois-Rivières l'accompagnait à titre de conseiller.


30 novembre 2025

INTERMEDE: Parc municipal au pied du courant, a Saint-Liguori


SANTÉ MENTALE: Est-ce que notre système de justice est devenu trop gentil?

Guy Durocher
Est-ce que notre système de justice est devenu trop gentil?

Par Benoit Voyer

30 novembre 2025

Guy Durocher a été déclaré non criminellement responsable du meurtre de Patrick Synnott, son voisin.[1]

L’homme de 68 ans souffre d’un problème en santé mentale sévère. Il est atteint d’un trouble délirant de type paranoïde persécutoire, ce qui l’empêche de faire des distinctions entre le bien et le mal.

Durocher a commencé à terrifier son voisinage de la rue Saint-Gérald, à Longueuil, en 2024. Il a contacté les policiers une douzaine de fois en quelques mois, disant entendre ses voisins « à travers les murs » vouloir le tuer. Au printemps 2024, l'homme a été hospitalisé en psychiatrie à deux reprises. Il est retourné chez lui après avoir promis de prendre régulièrement une médication et d’être suivi. Finalement, libéré du milieu des soins, il a cessé son traitement médical et de voir un intervenant. Après juin 2024, il ne verra jamais plus de médecin. En janvier 2025, il finira par poignarder à mort Patrick Synott.

La Couronne devrait éventuellement déclarer Guy Durocher « malade à haut risque ». Cette étiquette devrait limiter ses sorties de l’hôpital psychiatrique.

À mes yeux – et pour ceux de plusieurs personnes –, ce « malade mental » est un tueur, qu’il soit ou non criminellement responsable, et devrait purger une peine de prison comme tous les meurtriers.

Il y a lieu de se questionner : est-ce que notre système de justice est devenu trop gentil ? Ne devrions-nous pas revenir à des peines plus sévères ?

LE BALADO: Le bienheureux Louis-Zéphirin Moreau


IL FAIT TOUJOURS BEAU: Allie Sherlock


VISION CATHOLIQUE: En décembre, prions pour la paix au Moyen-Orien

 


Dieu de paix, 
toi qui, par le sang de ton Fils, 
as réconcilié le monde avec toi, 
nous te prions aujourd’hui pour les chrétiens 
qui vivent au milieu des guerres et des violences. 

Même plongés dans la douleur, 
qu’ils ne cessent jamais de percevoir la douce bonté de ta présence 
et la prière de leurs frères et sœurs dans la foi. 

Car ce n’est qu’en toi, 
et fortifiés par les liens fraternels, 
qu’ils peuvent devenir semences de réconciliation, 
bâtisseurs d’espérance, dans les gestes les plus simples comme dans les plus grands, 
capables de pardonner et d’aller de l’avant, 
de jeter des ponts, 
et de rechercher la justice avec miséricorde. 

Seigneur Jésus, 
toi qui as appelé bienheureux 
ceux qui œuvrent pour la paix, 
fais de nous tes instruments de paix, 
même là où l’harmonie semble impossible. 

Esprit Saint, 
source d’espérance dans les heures les plus sombres, 
soutiens la foi de ceux qui souffrent et affermis leur espérance. 
Ne permets pas que nous tombions dans l’indifférence, 
et fais de nous des artisans d’unité, à l’image de Jésus. 

Amen 

Pape Léon XIV

PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

AU COEUR DE LA PAROLE: 1er dimanche de l'Avent B


20231203 Benoit Voyer Au coeur de la Parole 1er dimanche de l'avent B

LE PRÉSENT DU PASS É: La croix de mars

La croix de mars

MONTRÉAL (Benoît Voyer) - Mars 2002 sera, sans aucun doute, le mois de la croix. Pour les Catholiques de la province du Québec, il débutera avec l'arrivée de celle des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ2002) dans les diocèses de Joliette (le 15 mars), de Nicolet (le 20 mars), de Québec (le 25 mars) et de Sainte-Anne-de-La-Pocatière (le 30 mars)

En plus de cette grande montée vers Toronto, s'ajouteront, le 29 mars, les marches de la croix à Montréal, Granby et plusieurs autres municipalités du Québec à l'occasion du Vendredi saint.

Le 19 mars, la fête de saint Joseph, patron des travailleurs, attirera, comme à chaque année, des milliers de pèlerins à l'Oratoire Saint-Joseph et dans tous les autres lieux de culte qui lui sont consacrés à travers le Canada. L'occasion sera privilégiée pour réfléchir à la situation de croix que traversent les chômeurs et les travailleurs à faibles revenus d'ici.

De plus, en ce mois de la croix, l'attention sera tournée vers l'Argentine, pays à l'économie vacillante où de nombreux emplois sont menacés de crucifixion.

(Revue Sainte-Anne, mars 2002, p. 108)

29 novembre 2025

TEMPS DES FETES: Les origines du sapin

Les origines du sapin

Par Benoît Voyer

29 novembre 2025

Lorsque la tradition de l'arbre de Noël a pris naissance en Alsace – au Moyen-Âge –, il symbolisait le paradis terrestre et le péché originel. Le choix du sapin voulait, probablement, illustrer l'Eden, car il est le seul arbre vert annuellement.

Le sapin était, jadis, décoré de délicieuses pommes rouges remémorant le moment où les deux premiers supposés habitants du monde ont croqué à belles dents dans le fruit défendu par Dieu. Plus tard, des hosties étaient ajoutées pour illustrer le Christ, nouvel Adam ; Jésus est celui qui vient apporter un nouveau matin pour le monde.

On ajouta, avec le temps, des roses fabriquées en papier aux multiples couleurs et des bougies allumées. Le premier symbole rappelait l'arbre de Jessé et l’autre, Jésus qui est la lumière du monde.

Les véritables fruits du verger ont été changés par des boules en verre soufflé. Cette idée originale d'un verrier de Maisenthol qui aurait vécu au siècle dernier avait pour but de remplacer la véritable pomme qui, selon la légende, était devenue rare à cause d'une année de sécheresse. Les gâteaux et les friandises vinrent remplacer les hosties.

Origines lointaines
Il est difficile de retracer l'histoire de l'arbre de Noël. Au Moyen Âge, les livres étaient rares et coûteux. Ils étaient recopiés à la main, car l'imprimerie n'était pas encore inventée.

Une façon populaire de transmettre l'héritage de la foi était la pièce théâtrale. Celle-ci était connue sous le nom de « pièce miraculeuse » parce qu'elle servait à la formation biblique et à se souvenir des saints. Les représentations ouvertes à tous les fidèles se tenaient dans les églises.

Une des plus populaires auprès du peuple racontait la tentation d'Adam et Ève au paradis. L'unique décor était constitué d'un sapin orné de pommes rouges. Il fut rapidement surnommé du nom d'« arbre du paradis ».

Puisque la petite dramatique était présentée durant la période de l'Avent, la conclusion du sketch annonçait la venue de Jésus. Malheureusement, certains abus amenèrent l'Église à arrêter ces jeux scéniques au XVᵉ siècle.

LE BALADO: Le drame de Saint-Jean-Marie-Vianney


VISION CATHOLIQUE: C’est l’Avent de Noel


C’est l’Avent de Noel

Par Benoit Voyer

29 novembre 2025

C’est ce dimanche que débute l’Avent. Pour les chrétiens de tradition catholique, c’est un temps de préparation à la fête de la Nativité. Noël n’est pas très loin.

Aujourd’hui, l’Évangile relate l’histoire de Noé. Mathieu rappelle cet extrait du texte de la Torah afin de nous inviter à nous préparer intérieurement pour la venue de Jésus : « L’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil […]. La nuit est bientôt finie […]. Rejetons les activités des ténèbres »[1].

C’est avec un cœur d’enfant que nous avons à nous préparer à Noël et, surtout, à accueillir l’enfant en soi en le laissant se transformer. Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, écrit, dans la préface de la biographie du vénérable Pierre Goursat [2] parue en 2025 : « Rien de grand ne se fait sans passer très en profondeur par le cœur, par l’intériorité, d’une personne donnée. »

Son propos complète bien ceux de Paul [3] : « La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie ». En d’autres mots, retrouvons la pureté du cœur de l’enfant.

« Vivons un temps nouveau, avec Dieu, tous ensemble… »[4] Habillons-nous de lumière. Noël s’en vient !

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[1] Mt 24, 37-44
[2] Francis Kohn. Pierre Goursat, Éditions Emmanuel, 2025, p. 8.
[3] Rm 13, 11-14a
[4] Benoit Voyer. Un temps nouveau, Éditions le Pain Rompu, 1991.

PAROLE DE René Lévesque

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

IL FAIT TOUJOURS BEAU: April Wine


C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Les besoins spirituels des 12 à 17 ans


Les besoins spirituels des 12 à 17 ans

MONTRÉAL- «On ne dira jamais assez l'apport positif de l'affectivité stimulante, créatrice et génératrice d'énergies nouvelles dans les espaces sacrés de l'expérience spirituelle ou religieuse des humains de tous les temps. Pas d'amour d'un absolu possible s'il n'y a pas d'abord l'incarnation tangible de l'amour entre les humains», explique Yvon R.Théroux.

Selon Yvon R.Théroux, professeur au Collège André-Grasset et à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), ce besoin d'aimer et d'être aimé est fondamental pour les jeunes de 12 à 17 ans, comme le désir de trouver un sens à la vie. Les religions doivent en tenir compte

«Le travail est une nécessité pour tout humain afin qu'il se réalise pleinement… et le drame de nos sociétés actuelles, c'est de laisser dépérir la richesse la plus noble de nos ressources humaines et, conséquemment, de faire surgir des troubles sociaux, des environnements mortifères qui démotivent et démobilisent toute une jeunesse qui risque de se laisser emporter dans le pur désespoir», ajoute-t-il.

Un 3e besoin de base que l'adolescent ne semble pas trouver dans les grandes Églises est son besoin d'être reconnu pour ses réalisations et pour ses talents, ses capacités, ses réussites et ses performances. C'est vital! Il faut laisser une chance à l'éclosion de la personnalité.

Si les grandes religions sont désertées par tant de fidèles, n'est-ce pas à cause de l'oubli de l'essentiel? «L'humain réveille le meilleur de lui-même quand il mobilise le plus fort de ses énergies à construire, à aider, à réaliser divers projets, à aimer et à créer. Seulement après, aura-t-il le goût de chanter, de fêter, de danser, bref de prier dans son corps et par son corps, dans son cœur et par le cœur, dans son esprit et par l'esprit, car il aura contacté en lui ce qui est plus que lui», dit M. Théroux. Qu'importe l'âge, cela est important à retenir.

D'un extrême à l'autre
Il n'y a rien de nouveau sur ce point : l'adolescent est dans un processus identitaire. Ce n'est pas étonnant de le voir se joindre à un groupe d'appartenance (un gang) où il peut s'engager. Autant il ne respectera pas l'autorité parentale, autant il le fera dans ce lieu. Souvent, il se conformera de façon aveugle.

C'est un peu normal. Il prend sa valeur de soi chez les autres. Advenant qu'il ne soit pas bien perçu, il pourra aller jusqu'à songer au suicide et passer aux actes. Si le clan est fort et qu'il y trouve l'estime dont il a besoin, cela pourrait conduire au fondamentalisme, au racisme et au fanatisme. Il y a lieu pour les groupes religieux et politiques de ne pas abuser de cette période de l'existence humaine.

«La détresse psychologique, morale et spirituelle, comme à l'opposé le fanatisme politique et religieux, peuvent alors s'offrir comme des alternatives ou des portes de sortie pour les adolescents dont les besoins effectifs sont peu ou mal satisfaits », conclut Yvon R. Théroux.

Benoît Voyer

(Revue Sainte Anne, février 1997, page 55)

28 novembre 2025

UN PEU DE MOI : C’était l’année de l’Expo

Soeur Pierrette Jean, notre famille et les enfants d'oncle Laurent
C’était l’année de l’Expo

Par Benoit Voyer

28 novembre 2025

« P’tit Jésus, bonjour mes délices, mes délices. P’tit Jésus, bonjour mes délices et mes amours. J’ai rêvé cette nuit que j’étais au paradis. Ce n’était qu’un songe, mon cœur est attristé d’un si beau mensonge. »

La chanson interprétée sur disque par Arthur Lapierre figure dans le répertoire des berceuses de maman. « Mémère Claire » la chantait aussi.

Dans sa berceuse bien en vue dans la cuisine de la rue Saint-François, à Granby, maman me colle tendrement en chantonnant.

J’ai eu une mère exceptionnelle dans le soin des poupons. Elle adore me bercer et, comme tous les bébés, j’adore ça. Maman sait comment me réconforter et calmer mes petites tristesses.

Il faut le dire aussi : maman cuisine très bien et tient admirablement bien sa maison. C’est tout un défi avec quatre enfants ! C’est un job à temps plein et le temps supplémentaire est quotidien. Elle a très peu de temps pour se reposer.

Papa est mon idole. Souvent, en soirée, après ses heures de travail en « overtime » à l’usine Esmond, située au coin des rues Cowie et Saint-Charles Sud, je l’attends dans mon lit. J’ai toujours hâte de le revoir. Il prend quelques minutes pour me coller et me promener dans ses bras dans le couloir de la maison.

Expo 67

Comme chantait le groupe Beau dommage : « En 67, tout était beau. C’était l’année de l’amour, c’était l’année de l’Expo ».

À partir du 27 avril, Montréal est l’hôte de l’Exposition universelle de 1967 sur le site de Terre des hommes, une île construite de toute pièce pour l’événement. Ma cousine Claire, Pauline, Yvon, papa et maman iront visiter cet endroit qui deviendra mythique pour bien des Canadiens-français. 

Expo 67
Parmi les illustres invités à l’événement figure le général Charles de Gaulle, président de la France. Le 24 juillet, il lance un “Vive le Québec libre” du haut du balcon de l’Hôtel-de-Ville de Montréal. Incident diplomatique ou acte volontaire, les historiens ne s’entendront jamais sur la question. Une chose est sûre : sa phrase résonnera bien longtemps dans la mémoire collective, surtout chez les indépendantistes québécois.

Dans mon cercle rapproché, d’autres histoires marqueront ces mois d’été. Ils feront ombrages a l'Expo.

Mariette et Réal
Dans la famille de maman, le 10 juin, à Mont-Saint-Grégoire, Réal épouse Mariette Brochu. 

Serge et Doris
Doris épouse Serge Blouin le 31 décembre, dans la région de Montréal. Leur fils Richard naitra le 26 juillet 1967, soit un peu moins de sept mois après. Thérèse, 24 ans, fréquente Jean-Marc Turgeon. Le 27 juillet 1968, ils uniront leurs destinées dans l’église de Mont-Carmel.

À cause de la logistique familiale, mes parents ne participeront à ces événements. 

Edgar
Le 11 juillet, à l’hôpital Notre-Dame-de-Fatima, à La Pocatière, décède mon grand-père Edgar Voyer, le père de papa. Les funérailles et l’inhumation ont lieu à Mont-Carmel, le 14 juillet 1967, trois jours avant l’anniversaire de naissance de Camille, l’aîné du clan Voyer. Bien entendu, tous mes oncles et tantes convergeront vers l’arrière-pays du Kamouraska pour lui rendre un dernier hommage. Le 5 juin, grand-père avait eu 78 ans. Bien qu’il fût au courant de ma naissance, je n’aurai jamais l’occasion de le toucher.

C’est dans ce contexte particulier que, durant les vacances estivales de papa, c’est-à-dire dans la troisième et quatrième semaine de juillet, je ferai mon premier voyage à Mont-Carmel, au Bas-Saint-Laurent.

Le 7 octobre, un drame surgira.