Par Benoit Voyer
20 juillet 2026
Travailler la nuit est nuisible pour la santé. Les études le démontrent : il y a chez ces travailleurs une augmentation des risques de décès par un accident vasculaire cérébral ou par maladie cardiovasculaire. Ce n’est pas tout : on note davantage de troubles de santé mentale, de perturbations du sommeil, de fatigue chronique et de somnolence. Ces dérèglements amènent des troubles métaboliques comme l’obésité ou le diabète.
En mars 2026, Esther Serrajordia expliquait dans le quotidien Le Croix [1] : « Ne pas dormir la nuit supprime aussi le pic nocturne de mélatonine, hormone aux propriétés anticancéreuses, et affaiblit le système immunitaire, qui lutte normalement contre les cellules cancéreuses produites par l’organisme. Depuis plusieurs années, les chercheurs s’intéressent donc à son rôle possible dans l’apparition de certains cancers, en particulier les cancers dits « hormono-dépendants » (sein, prostate, etc.), en raison des perturbations durables du rythme biologique […]. Le travail de nuit perturbe l’horloge interne et les sécrétions hormonales, notamment celles liées au cortisol. Normalement, le pic se produit le matin, mais lorsqu’on travaille la nuit, le corps ne sait plus quand le déclencher. »
D’ailleurs, le 4 mars 2026, en France, le tribunal administratif de Marseille « a reconnu le lien entre le cancer du sein d’une infirmière et le fait qu’elle avait travaillé de nuit pendant près de 25 ans »[2]. Depuis 2007, les études scientifiques parlent des effets du travail de nuit sur les fonctions hormonales de la femme, entraînant une augmentation du risque de cancer.
Santé Magazine [3] rapporte que « dans la dernière enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance, 61 % des travailleurs de nuit se plaignent d’au moins un trouble du sommeil contre 38 % dans la population générale. »
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[1] Esther Serrajordia. « Ce que dit la science sur le lien entre travail de nuit et cancer », La Croix, 6 mars 2026, p. 7. https://www.pressreader.com/france/la-croix/20260306/page/7
[2] Cf. Santé magazine, 30 avril 2026, p. 10.
[3] Santé magazine, 30 avril 2026, p. 10.
