6 septembre 2026


Le centre-ville de Joliette, en fin de soiree, le 6 septembre 2026

AUJOURD'HUI


POLITIQUE : Sous le ciel bleu de Maurice Duplessis

Sous le ciel bleu de Maurice Duplessis

Par Benoit Voyer

6 septembre 2026

Dans la population québécoise, durant les derniers jours de la campagne électorale de 1936, les espoirs de renouveau étaient évidents. Partout, la foule était au rendez-vous pour entendre et acclamer Duplessis. L'histoire n'a jamais dit combien de « 10 cennes » il lui aurait fallu distribuer pour susciter une telle popularité.

Le 12 août, notamment, Maurice Duplessis et l’Union nationale réunissent plus de 30 000 personnes au stade de Montréal. Les propos du chef sont un échange de questions et de réponses avec la foule survoltée, concernant particulièrement des dénonciations du Parti libéral et de la vision de l’UN. Naturellement, les plaisanteries sont au rendez-vous.

Le lendemain, dans le journal La Patrie [1], on écrira que Duplessis « a tenu […] une des plus grandes assemblées politiques qui ne se soient jamais vues à Montréal et dans la province de Québec ».

Et puis, le 14 août, à Victoriaville, « devant une foule très considérable réunie dans la cour du Collège des Frères, le chef de l’Union Nationale prononce l’un des derniers discours de sa campagne électorale »[2], près de 20 000 partisans vont à sa rencontre.

C’est chez lui, à Trois-Rivières, qu’il termine sa tournée de la province. Il n’y avait pas mis les pieds durant la campagne électorale. Dans la plus grande ville de la Mauricie, durant les deux derniers rassemblements, il n’est plus question de « Monsieur Duplessis », mais simplement de « Maurice ». Les électeurs trifluviens sont fiers de lui. Pour eux, « leur homme » est une bouffée d’air frais. Il répond à leurs attentes. Il y a longtemps que la région souffre de l’aristocratie de la ville de Québec et de la monstruosité commerciale et de l’angoisse montréalaise. À leurs yeux, Maurice est un héros.

Ce jour où Maurice devient premier ministre du Québec
Le 17 août 1936 est une chaude journée d’été. Le ciel du Québec est bleu. Il n’est pas question ici de jeu de mots, car il n’y avait vraiment pas de nuages à l’horizon [3].

À Trois-Rivières, en ce jour d’élections au Québec, la photographie de Maurice est dans de nombreuses vitrines de la ville et les électeurs se dirigent en grand nombre aux urnes.

En soirée, Maurice Duplessis est chez sa sœur. Elle habite près de la cathédrale de l’Assomption, au centre-ville. Il attend les résultats…

Aujourd’hui, 76 candidats sont élus sous la bannière de l’Union Nationale (UN) avec 57,5% du vote populaire et 14 pour le Parti libéral du Québec (PLQ) avec 41%. Pour le Premier ministre sortant, Adélard Godbout, c’est un échec monumental. Il n’est même pas réélu dans la circonscription de L'Islet.

À Trois-Rivières, l’UN obtient 3113 votes de plus que Philippe Bigué du PLQ. Pourtant, en 1931, ils étaient nez à nez. Duplessis devient député avec seulement 41 votes de plus que lui.

Ce soir, la joie est sur toutes les lèvres. Le nouveau leader de la province ne tarde pas à exiger qu’on appose un scellé aux documents du Trésor public afin d’empêcher les libéraux de les détruire. Une enquête publique est demandée.

Catholique
Comme la majorité des Canadiens-Français, Maurice Duplessis est catholique. Malgré ses occupations, il se rend régulièrement à la messe.

Le jeune Gaston L’Heureux, qui habite la Colline parlementaire, en est le témoin. Lors d’un entretien pour la Revue Sainte-Anne [4], il me racontait : « J'habitais au coin Saint-Patrice et Saint-Augustin. Nous allions jouer à la cachette à l'Assemblée nationale. Les gardiens nous toléraient! J'allais aussi passer des heures à la bibliothèque du Parlement où il y avait une sympathique dame Bélanger qui me faisait lire « La Patrie », « Le Canada », et bien d'autres publications. Elle avait compris ma soif de tout connaître. » [De plus] « J'étais enfant de chœur à la basilique Notre-Dame de Québec. Le mercredi, Maurice Duplessis venait à la messe à la chapelle Saint-Joseph. Il me donnait toujours un pourboire : 0,10 $. Il disait que c'était pour mon père qui était organisateur pour le Parti libéral ! ».

Décès
À Schefferville, le 7 septembre 1959, à 0 h 05, un peu après minuit, décède Maurice Duplessis.

Le Premier ministre du Québec passe quelques jours en Haute-Côte-Nord en compagnie de membres de son caucus et de quelques hommes d’affaires. L’hémorragie cérébrale et la paralysie complète de son côté droit mettent fin à ce temps de repos.

À la suite du drame, tous partent, laissant autour du leader de l’Union nationale sa sœur, Jacques Bureau, son neveu, son trésorier, Horst Rosmus, le médecin qui veille sur lui, et le jeune père Marcel Champagne, oblat de Marie Immaculée.

Son corps est transporté à Québec où il sera exposé à l’Assemblée législative. 100 000 personnes iront lui rendre un dernier hommage.

Le service funèbre a lieu à la cathédrale de Trois-Rivières en présence de tous les membres du gouvernement provincial, de tous les évêques, de près de la moitié du gouvernement fédéral conduit par Diefenbaker et des milliers de Trifluviens. C’est Mgr Maurice Roy qui présidera la messe funèbre.

Maurice Duplessis sera inhumé dans le lot 73 du cimetière Saint-Louis, situé à l’angle du boul. des Forges et de la côte Laflèche. Il est enterré auprès de son père, le juge Nérée Le Noblet Duplessis, décédé le 23 juin 1926, et de sa mère Marie-Berthe Genest, morte le 26 juillet 1921.

Son monument funéraire est très sobre. Une pierre blanche, surmontée d'une grande croix, porte l'inscription latine O crux ave spes unica, c’est-à-dire « Salut, ô croix, notre unique espérance ».
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[1] « Montréal acclame Duplessis », La Patrie, 13 août 1936, pp. 2 et 6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4325152
[2] « M. Maurice Duplessis s’est fait entendre hier à Victoriaville », Le Nouvelliste, 15 août 1936, pp. 3 et 13. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3281912
[3] Benoit Voyer. « Il y a 60 ans, Duplessis devenait premier ministre », L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 3. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/il-y-60-ans-duplessis-devenait-premier.html
[4] Benoit Voyer. « Gaston L'Heureux - « J'ai failli m'enlever la vie ... » », Revue Sainte Anne, octobre 2000, page 391. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/01/le-present-du-passe-gaston-lheureux.html

JEAN-PAUL REGIMBAL - Pensée


RÉFLEXION SPIRITUELLE: La paix ne naît pas du silence ou de l'évitement, mais d'une rencontre

La paix ne naît pas du silence ou de l'évitement, mais d'une rencontre

Par Benoit Voyer

6 septembre 2026

Lorsqu'une blessure ou une incompréhension survient, notre première réaction est souvent d'en parler à d'autres. La nature humaine est ainsi faite.

Dans une époque où les réactions sont souvent rapides et les opinions facilement diffusées, Jésus nous invite donc à une certaine lenteur avec nos réactions émotives.

Jésus nous propose un autre chemin : aller d'abord à la rencontre de l’autre, dans la discrétion, avec le désir de le retrouver plutôt que de le condamner (cf. Mt 18, 15-20).

Si cette première démarche ne suffit pas, le dialogue s'élargit peu à peu. Rien ne doit être précipité. Tout doit être orienté vers la réconciliation. Même lorsque la communauté intervient pour aider à régler un dilemme, l'objectif doit toujours être de préserver la communion plutôt que la division.

La paix ne naît pas du silence ou de l'évitement, mais d'une rencontre vécue dans la vérité et la charité.

Il est bon de garder à l’esprit que tout ce que nous aiderons à réconcilier sur la terre sera aussi réconcilié dans le ciel. En des mots que les enfants comprennent : quand nous contribuons à réparer une chicane et à redevenir un ami, Dieu est content. Il fera la même chose avec nous dans son ciel.

MA FOI DU BON DIEU : Église de Saint-Esprit


Ce samedi 5 septembre 2026, j'ai participé à la messe dominicale de 16 h 30 à l'église catholique de Saint-Esprit, dans la région de Lanaudière. La célébration était présidée par l'abbé Laurent Gouneau, prêtre répondant pour la région pastorale de Montcalm.


JEAN-PAUL REGIMBAL : Une enfance à l’eau bénite

Jean-Paul, 12 ans
Une enfance à l’eau bénite

Par Benoit Voyer

6 septembre 2026

Jean-Paul Regimbal est né à North Bay, en Ontario, le 4 juillet 1931. Il est le fils de Léo Regimbal et d’Emma Frappier.[1]

Sa famille compte 12 enfants (5 filles et 7 garçons) [2] : Albert [3], l’aîné, Gertrude, Germaine[4], Lucille, Pauline [5], Jacqueline [6], Maurice [7], Roger, Raymond [8], Sylvio [9], Jean-Paul [10] et, le cadet, Louis-Joseph [11].

Le lendemain de sa naissance, le poupon Regimbal est baptisé à l’église catholique Saint-Vincent-de-Paul, à North Bay, en Ontario. La célébration est présidée par l’abbé Joseph Chapleau, curé de la paroisse. On lui donne les prénoms de Jean, Paul et Avila. Sa marraine est sa sœur Germaine.[12]

Jean-Paul grandira dans une maison où il y a toujours quelqu'un qui chante, travaille, joue ou parle. Les repas sont animés, les chambres partagées et la solitude est rare.

Petite enfance
Dans ses jeux d’enfant, tous les matins, Jean-Paul s’amuse à célébrer la messe pendant les vacances d’été. En fait, il revêt des vêtements qui ressemblent à une aube et consacre la piquette [13] de son père. Sa sœur Jacqueline est sa première servante de messe.[14]

Les membres du clan Regimbal chantent et aiment la musique. La famille Trapp a chanté dans la maison familiale des Regimbal, lors d’un concert à North Bay. Durant leur séjour, la troupe demeure à l’Hôtel Saint-Régis ou Donat-Léo Regimbal est gérant.

Chez les Regimbal, les trois plus jeunes, c’est-à-dire Jean-Paul, Raymond et Joseph ont fait partie des Chanteurs céciliens sous la direction de Joseph Beaulieu. La troupe parcourt le Nord-Ouest de l’Ontario. Jean-Paul a souvent été soliste lors des prestations publiques [15]

« Jean », comme l’appellent affectueusement et simplement ses frères et sœurs, performe particulièrement au piano. C’est un virtuose! D’ailleurs, au fil de ses jeunes années, il désire devenir concertiste professionnel. Au long de son enfance et de son adolescence, il suit des leçons dans ce seul but.

En 1940, lors d’une visite à la prison de Cochrane, un fort appel intérieur se fait sentir dans le cœur de l’enfant de 9 ans : venir en aide aux personnes privées de liberté.[16]

Ce jour-là, un détenu lui demande simplement de lui apporter un journal. Ce geste insignifiant en apparence impressionne profondément l'enfant. Il découvre qu'une présence, une attention ou un petit service peuvent apporter beaucoup à une personne privée de liberté. Il en parlera longtemps autour de lui.

À cause de son asthme, Jean-Paul ne pratique pas de sport. Il occupe donc son temps à d’autres activités.[17]

À 10 ans, il compose sa première pièce musicale et, à 12 ans, sa première messe à quatre voix qu’il enregistre sur disque pour sa mère grâce à la participation de la radio de North Bay où il habite.[18]

Les samedis après-midi, à son initiative, il amène son frère Raymond visiter les personnes âgées au centre d’accueil situé près de la maison familiale. Pour Raymond, c’était un véritable sacrifice, mais Jean-Paul s’en fait une joie.[19]

Jean-Paul aime rire. Il excelle dans les « bonnes farces » et les jeux de mots. Il adore, notamment, citer la Bible autour de la table. Un jour, excédé par cette manie, un de ses frères lui demande : « Que feras-tu si je te frappe une joue ». Sans tarder, Jean-Paul répond qu’il tendra l’autre joue. Alors, son frère lui donne un coup au visage. Jean-Paul lui tend l’autre joue. Sans hésitation, il lui assène un autre coup. Insulté, d’un bon Jean-Paul lui fout son poing sur la mâchoire.[20]

Au Collège du Sacré-Cœur, à Sudbury
Jean-Paul Regimbal entre au Collège Sacré-Cœur des Jésuites de Sudbury [21] ou son frère aîné, Albert, est déjà reçu Jésuite. Il y rejoint son frère Raymond.

À l’école, il s’avère un adolescent fonceur et qui agit toujours par conviction : il touche à l’orgue et s’implique dans les activités étudiantes.[22]

Un jour, sa mère parcourt les 130 kilomètres de North Bay à Sudbury pour visiter ses fils. Ce n’est pas le jour des visites. Madame Regimbal (Emma Frappier) doit repartir de l’école sans voir ses fils. Elle laisse un paquet et un message pour ses fistons.

Jean-Paul n’a pas froid aux yeux. En apprenant que les Jésuites ont empêché sa mère de voir ses enfants, Jean-Paul, fâché, investit le bureau du directeur et s’insurge contre une telle pratique, signifiant qu’il n’est pas charitable d’avoir aussi peu de considérations pour les parents.[23]

Au terme de son enfance, plusieurs traits qui marqueront toute sa vie sont déjà présents : un tempérament fonceur, un remarquable talent musical, une foi simple, un goût du service et une attention particulière envers les personnes oubliées.

Il tombe sous le charme
Du 18 au 22 juin 1947, au Parc Lansdowne, à Ottawa, a lieu un grand congrès marial, à l’occasion du 100e anniversaire du diocèse d’Ottawa.

Le cardinal James McGuigan, archevêque de Toronto, le cardinal Paul Émile Léger, archevêque de Montréal, et tous le gratin religieux catholique du pays est présent.

Le programme comprend des conférences, des célébrations et des manifestations artistiques.

Le 18 juin 1947, le quotidien Le Droit publie un supplément de plus de 50 pages pour souligner l’événement. À part l’abondante publicité, on y donne le programme et on y présente les activités et les dignitaires.

Jean-Paul Regimbal se rend au congrès avec d’autres étudiants du collège du Sacré-Cœur qu’il fréquente à Sudbury.

Il est très intéressé par la grande exposition religieuse qui y est présentée. 117 communautés d'hommes et de femmes y tiennent des kiosques illustrant leurs liens avec la Vierge Marie. Celle-ci couvre une superficie de plus de 133,000 pieds carrés.[24]

Pour la première fois de sa vie, Jean-Paul rencontre des Trinitaires. C’est le coup de foudre! Ces instants sont pour lui une réponse à ses nombreuses prières. Il se dit : « Voilà enfin des religieux qui s’occupent des prisonniers! »

Sans tarder, il en parle à son guide spirituel. Le père Jean-Paul Demers, s.j. Ce dernier lui demande de garder cela dans le secret de son cœur afin de laisser Dieu lui préciser l’appel. En sera-t-il capable?

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[1] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pId=537740 Note : En effectuant mes recherches généalogiques, j'ai constaté que Jean-Paul Regimbal et moi sommes de lointains cousins. Charles Allaire (1637-1687) est son 11e arrière-grand-père du côté de sa grand-mère maternelle et mon 7e arrière-grand-père du côté paternel, en passant par les familles Voyer, Bélanger, Talbot et Allaire.
[2] Avis de décès de Jean-Paul Regimbal. Voix de l’Est, 12 septembre 1988, page 18. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[3] Albert deviendra prêtre jésuite
[4] Germaine deviendra religieuse de l’Assomption de Nicolet
[5] Pauline épousera Carmen Norman
[6] Jacqueline épousera Robert Foisy
[7] Maurice épousera Clémence Rivet
[8] Raymond épousera Lorraine Nadon
[9] Sylvio épousera Roland Michaud
[10] Jean-Paul deviendra prêtre trinitaire
[11] Louis-Joseph épousera Diana Gardiner
[12] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pid=537740 Note de recherche : Le registre semble indiquer que le parrain pourrait être le curé Joseph Chapleau, qui est également le célébrant du baptême. Cette interprétation devra être confirmée par l'examen de l'original ou par la comparaison avec d'autres actes du même registre.
[13] Une piquette est un vin bon marché et de qualité médiocre.
[14] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[15] Il en est aussi question dans : Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[16] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[17] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[18] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[19] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[20] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[21] Le collège deviendra l’Université de Sudbury en 1957 et deviendra une composante de l’Université Laurentienne en 1960.
[22] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[23] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[24] Supplément publié à l’occasion du congrès marial d’Ottawa, page 48 ; Le Droit, 18 juin 1947.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Homélie de Mgr Jean-Marie Fortier aux funérailles de René Lévesque

L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance

Homélie de Mgr Jean-Marie Fortier


Texte intégral de l'homélie prononcée le 5 novembre 1987 par Mgr Jean-Marie Fortier, archevêque de Sherbrooke et président de la Conférence canadienne des évêques, lors des funérailles nationales de René Lévesque.

Frères et sœurs dans le Christ,

M. René Lévesque, Gaspésien, journaliste, homme politique éminent, premier ministre du Québec, n'est plus!

Cette nouvelle nous frappa de plein fouet à l'aube du 2 novembre dernier.

René Lévesque n'est plus!

Quelles que soient leurs allégeances politiques, il n'aura pas manqué d'hommes et de femmes pour rendre un hommage légitime à ce grand citoyen.

La douleur, la sympathie, les regrets ont soulevé le peuple québécois telle une puissante vague de fond.

Tantôt par des voix éloquentes, tantôt sur des lèvres malhabiles furent loués son sens de la démocratie, son souci de la justice, son esprit de service, son amour des petites gens, sa simplicité. Toutes valeurs qui s'enracinent profondément dans l'Évangile et qui ne cessent de nous interpeller, qui que nous soyons.

Comme évêque et pasteur, ma responsabilité première, la plus grave, est celle d'enseigner à partir de la Parole de Dieu.

Je puiserai dans celle-ci quelques vérités qui projetteront des lumières sur notre naissance en Dieu, sur le passage de notre mort à la vie éternelle.

Que l'Esprit Saint m'accompagne et me guide; que l'Esprit Saint vous donne cette « oreille intérieure » qui reçoive la parole et lui fasse produire dans vos cœurs espérance, consolation et paix.

Pour mieux saisir la richesse de cet extrait de l'Évangile qui vient d'être proclamé, il importe de le situer dans l'ensemble du troisième chapitre de saint Jean.

Le Christ en est au tout début de sa mission. Il a accompli quelques signes qui secouent la société juive du temps jusque dans les milieux influents.

« Il y avait parmi les pharisiens un homme du nom de Nicodème, un chef des Juifs; celui-ci vint vers Jésus. » (Jn 3, 1)

Venir vers Jésus! Qu'est-ce à dire?

Ce sont les premiers pas de l'homme vers Dieu qui attire, mais toujours respectueux de notre liberté, selon le mot de saint Augustin :

« Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé. »

Des hommes et des femmes viennent vers Jésus, partis des horizons les plus divers, rejoints dans les circonstances les plus variées. Ils arrivent dans des dispositions personnelles qui vont de la réticence explicite, de la simple curiosité jusqu'à la sympathie déclarée.

Nicodème est le type du candidat à la foi.

La rumeur est parvenue à ses oreilles d'un prophète qui va et vient sur les routes, parlant d'autorité et accomplissant des miracles.

Il se présente « de nuit », soit par peur de se compromettre, soit par souci de se ménager un long entretien avec le Maître.

Sa sympathie est manifeste :

« Rabbi, dit-il d'entrée de jeu, nous le savons, c'est de la part de Dieu que tu es venu en docteur; personne, en effet, ne peut faire ces signes que tu fais, si Dieu n'est avec lui. » (Jn 3, 2)

Une conversation s'engage alors entre le Christ et son visiteur, conversation animée au cours de laquelle fusent questions et réponses.

Surgit, à la fin de l'entretien, la grande révélation :

« Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3, 16-17)

Il n'est pas sûr que Nicodème quitta le Christ totalement conquis.

La Parole de Dieu est une semence dont la croissance est habituellement lente.

Nous retrouverons Nicodème plus tard aux heures de l'abandon et de la souffrance.

Son âme droite prend la défense de Jésus devant ses pairs. Il plaide pour lui :

« Notre loi condamne-t-elle un homme sans que d'abord on l'entende et que l'on connaisse ce qu'il a fait? » (Jn 7, 51)

Nicodème sera là près de la croix.

Il se penchera sur le corps du supplicié et lui ménagera un ensevelissement princier.

« Nicodème vint aussi, celui qui au début était venu vers Jésus de nuit; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres. » (Jn 19, 39)

Le cycle est complet : la Parole était tombée dans une âme droite; elle a lentement germé et poussé sa tige; elle vient de produire ses fruits : l'amour et le respect d'autrui, même à l'heure de ses plus grandes dérélictions.

Nous sommes et nous demeurons tous des « candidats à la foi », en ce sens que la foi en Dieu et en Jésus-Christ est toujours susceptible de s'enraciner plus avant dans notre être, de croître et, enfin, de produire des fruits plus abondants de justice et d'amour.

Que les baptisés ne se targuent donc pas de leur baptême comme d'un privilège.

Qu'ils le considèrent plutôt comme un appel au dépassement.

Que nul ne désespère de son salut.

Le concile Vatican II, dans son texte majeur sur l'Église, affirme :

« Ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l'Évangile du Christ et son Église et cependant cherchent Dieu d'un cœur sincère et qui, sous l'influence de sa grâce, s'efforcent d'accomplir dans leurs actes sa volonté qu'ils connaissent sous la dictée de leur conscience, ceux-là aussi peuvent obtenir le salut éternel. » (Lumen gentium, no 16)

Déjà l'Ancien Testament, par la voix de Job, a découvert la victoire du Christ sur le péché et sur la mort.

Remarquez la solennité de l'affirmation :

« Je voudrais qu'on écrive ce que je vais dire, que mes paroles soient gravées dans le bronze, qu'elles soient sculptées dans le roc pour toujours. » (Jb 19, 23-24)

Le cri de victoire éclate :

« Je sais, moi, que mon libérateur est vivant et qu'à la fin, il se dressera sur la poussière des morts. » (Jb 19, 25)

Nous sommes intimement liés au triomphe de notre Libérateur.

Comme il convient entre l'amour offert et l'amour reçu, un dialogue muet s'établit entre le Sauveur et le sauvé.

« Je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même, je le verrai et, quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas. » (Jb 19, 26-27)

Comme pour chacun de nous, et au-delà de tout jugement humain, ce dialogue s'est engagé entre le Christ miséricordieux et notre frère René.

Ce dialogue fait aujourd'hui l'objet de notre prière et le vœu de notre espérance.

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Référence :
FORTIER, Jean-Marie, L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. Homélie prononcée lors des funérailles nationales de René Lévesque, Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, 5 novembre 1987. Texte intégral publié dans Le Devoir, 6 novembre 1987, p. 11.