UN PEU DE MOI: Le drame de Laurent Jean

Le drame de Laurent Jean

Par Benoit Voyer

6 octobre 2025

Le samedi 7 octobre 1967, au petit matin, vers 7 h, près du lac de la Côte-Jaune, dans la réserve faunique de La Vérendrye, à environ 107 kilomètres au nord de Maniwaki, « alors qu’ils se promenaient dans le bois et que d’autres chasseurs étaient dans les mêmes parages, l’un de ces derniers, croyant avoir entendu passer un animal, tira »[1]. Mon oncle Laurent Jean [2], 31 ans, est tué sur le coup. Mon autre oncle, Maurice Jean, 29 ans, est blessé à un bras. Il sera soigné à l’hôpital de Maniwaki.

Le journal Le Canada français écrira : « Les deux chasseurs auraient été trouvés par les gardes forestiers de l’International Paper vers les 19 heures. Apparemment, un fort contingent de chasseurs sillonnait la région où l’accident est survenu »[3].

La nouvelle sera reçue comme un drame, particulièrement pour maman qui était particulièrement proche de Laurent. On s’imagine le drame vécu au 929, de la rue Saint-Jacques, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Tante Margo [4] se retrouve veuve avec deux enfants en bas âge, soit ma cousine Diane et mes deux cousins Michel et Luc, dont mes parents sont la marraine et le parrain.

Le corps de Laurent rentrera à Saint-Jean-sur-Richelieu dans une ambulance de l’entreprise Oligny qui est allée le chercher à Maniwaki.

La police de la Sûreté provinciale, détachement de Maniwaki, mènera une enquête afin de connaître les circonstances exactes de l’accident et d'établir les responsabilités. Les archives de la police provinciale n’existant plus, il est impossible de revoir les dossiers des enquêteurs.

De son côté, le rapport du coroner Jean Lécuyer [5] nous donne ses conclusions. Il y a eu négligence criminelle. Il écrit : « André Croteau et Lionel Croteau naviguaient sur La Côte Jaune à la recherche du gibier – ils allaient accoster sur la petite île flottante, ils ont vu « une ou deux taches qui bougeaient à environ 50 pieds du rivage ». Ils croyaient que ce pouvait être un ou deux orignaux. Ils ont immédiatement fait feu sans plus. Ils auraient dû regarder plus longuement, s’approcher afin d’être certains qu’ils ne faisaient pas feu sur des êtres humains. De faits. Les deux taches mentionnées, c’étaient deux autres chasseurs, Laurent Jean et Maurice Jean. Ils ont tué Laurent Jean. »[6] Les Croteau étaient domiciliés au 27, rue Blais, à Laprairie. Les frères Jean habitaient le 929, rue Saint-Jacques, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Cela est la version officielle du drame qu’écriront La Presse [7] et La Voix de l’Est [8].

Durant toute ma vie, j’entendrai parler de ce drame, chacun y allant de ses hypothèses ou petits bouts de vérité, allant même jusqu’à affirmer que l’enquête de la police n’est pas allée assez loin dans son enquête.

Au salon funéraire, l’émotion sera à son comble.

Laurent sera inhumé dans le lot 307D du cimetière de Saint-Jean-sur-Richelieu, situé sur la rue Saint-Jacques.

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[1] Cf. La Voix de l’Est, 9 octobre 1967.
[2] Avis de décès. Le Richelieu, 19 octobre 1967, p. 6.
[3] Cf. « Tué par des chasseurs », Le Canada français, 12 octobre 1967, p. 3.
[4] Marguerite Dumesnil, de son vrai nom.
[5] Cf. « Tué par des chasseurs », Le Canada français, 12 octobre 1967, p. 3.
[6] Cf. le rapport du coroner Jean Lécuyer.
[7] La Presse, 10 octobre 1967, p. 6.
[8] Cf. La Voix de l’Est, 9 octobre 1967.

DANS L'ACTUALITÉ : Si la tendance se maintient…


PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (15)


POLITIQUE: Qui paie ses dettes s'enrichit


Qui paie ses dettes s'enrichit

Je suis inquiet de l'endettement du Québec. Je sais que le sujet n'est pas très populaire, mais il m'apparaît fort important. Avec une dette d'environ 122 milliards de dollars et un déficit qui devrait atteindre de 5 à 6 milliards pour le présent exercice financier, nous n'avons plus le choix d'agir. Le problème qui nous paralyse est celui des intérêts à payer sur la dette. Nos ancêtres disaient avec intelligence: «Qui paie ses dettes s'enrichit!» Ils avaient raison. C'est pourquoi il faut saluer la série de propositions du dernier congrès du Parti libéral: rétablissement du péage sur les autoroutes, imposition de droits de scolarité au collégial, hausse des tarifs d'Hydro-Québec et nouvelle taxe sur l'alcool et l'eau embouteillée. Ces mesures devront, tôt ou tard, être mises de l'avant.

Benoit Voyer, Montréal


(La Presse, 14 octobre 2009, p. A28)

5 octobre 2025


LE BALADO: Bouge Don Karnage


ARTICLE DU JOUR: La bienheureuse Marie-Rose du Durocher


La bienheureuse Marie-Rose du Durocher

Par Benoit Voyer

5 octobre 2025

La bienheureuse Marie-Rose Durocher est née dans la maison familiale, à Saint-Antoine-sur-Richelieu, le 6 octobre 1811. La résidence a été bâtie par Jacques Courtemanche, son arrière-grand-père, en 1725, soit une année avant l’ouverture de la concession. Il s’était établi à cet endroit avec quatre des descendants de Jacques Archambault. Ces derniers s’établirent sur la terre voisine.

À sa naissance, ses parents, Olivier Durocher (1771-1859) et Geneviève Durocher (1768-1830), lui donnent le prénom d’Eulalie. Elle est leur dixième enfant.

Lors du baptême, dans le registre paroissial, le curé, Bonaventure Alinotte, la prénomme « Mélanie ». Il écrit dans le registre paroissial : « Le six octobre mil huit cent onze, par nous curé de St-Antoine, a été baptisée Mélanie, née ce jour du légitime mariage d’Olivier Durocher et de Geneviève Durocher. Parrain Joseph Dufresne qui n’a pu signer, marraine Magdeleine Roy qui a signé avec le père. »

En cette année 1811, Ignace Bourget entre au séminaire de Québec en vue de devenir prêtre et saint Eugène de Mazenod est ordonné prêtre à Amiens, en France.

 Église Notre-Dame-des-Anges, a Québec
Généalogie

L’arbre généalogique d’Eulalie Durocher est impressionnant. Il comporte des ancêtres et proches parents aux tempéraments forts. Quelques-uns ont marqué l’histoire.

D’abord, on retrouve de nombreux marchands influents et assez fortunés. 

Du côté de sa mère, Benjamin Durocher et Geneviève Marchesseau, ses grands-parents, se sont mariés a l'église Notre-Dame-des-Anges, a Québec. Par la suite, ils migreront a Saint-Antoine-sur-Richelieu. D'ailleurs, Geneviève Marchesseau (1748-1777) est inhumée dans l’église paroissiale de Saint-Antoine-sur-Richelieu, un privilège réservé aux familles financièrement aisées.

L’arrière-arrière-arrière-grand-père de Marie-Rose est Blaise Juillet (1611-1660), un des deux compagnons de Dollard des Ormeaux (1635-1660). Il est mort noyé le 19 avril 1660 près de l’île Saint-Paul en fuyant une attaque des Iroquois.

Le Manoir Mauvide Genest
Geneviève Durocher, la mère d’Eulalie, a été « élevée » par sa tante Marie-Anne Mauvide (1736-1799), épouse de René-Amable Durocher (1737-1786), dans le manoir seigneurial de Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Le Manoir Mauvide-Genest [1] rappelle leur mémoire.


Son grand-père paternel, Olivier Durocher (1743-1821) était sur le champ de bataille, le 8 juillet 1758, lors de la victoire du général Montcalm à Carillon, sur le lac Champlain. Le fort de Carillon porte de nos jours le nom de Fort Tigonderoga et est situé dans l’actuel État de New York. Olivier, qui avait 14 ans, a mené le combat dans la troupe de Bourlamaque postée sur le Richelieu. Laissé pour mort, on se rend compte qu’il respire encore. Sans tarder, on le transporte. On lui sauve la vie. Plus tard, de 1786 à 1789, il sera marguillier à Saint-Antoine-sur-Richelieu et, de 1796 à 1800, député du comté de Surrey (Verchères). De 1800 à 1821, il vivra retiré chez son fils. Il apprendra à sa petite-fille Eulalie, la future sœur Marie-Rose, à lire, à écrire et l’histoire de la Nouvelle-France.

Son arrière-grand-père paternel est le médecin-chirurgien Olivier Durocher (1717-1795) qui a pratiqué la chirurgie à l’Hôtel-Dieu-de-Montréal.

Enfin, ses arrière-arrière-grands-parents paternels, Joseph Durocher (1681-1749) et Marguerite Leroy (1685-1749) sont originaires d’Angers, dans l’actuelle région de Maine-et-Loire, en France. Ils se sont mariés dans l’antique église-cathédrale Saint-Maurille, le 6 juin 1705.

Lieu de mémoire de ses parents a Saint-Antoine-sur-Richelieu
Sa famille

La petite histoire du père d’Eulalie et de sa famille mérite une attention spéciale. Ses origines expliquent en grande partie sa sainteté et l’exemplarité de vie chrétienne de plusieurs de ses frères et sœurs.

Olivier Durocher (1771-1859) fait de bonnes études et se destine à devenir prêtre de l’Église catholique romaine. C’est son souhait le plus cher. Il sent en lui la vocation. Olivier est un homme de grande piété.

Le père d’Olivier s’objecte sur le choix de vie de son fils. Il n’est pas question qu’il devienne prêtre ! N’ayant que deux enfants et un seul fils, il veut que son gars lui donne une descendance afin de perpétuer son nom. Ainsi donc, Olivier n’aura pas le choix de se marier. Le 20 janvier 1794, il épouse Geneviève Durocher (1768-1830), une petite-cousine, à Saint-Jean, sur l’île d’Orléans. Il deviendra cultivateur et s’établira à Saint-Antoine-sur-Richelieu.

Olivier et Geneviève donnent la vie à onze enfants : trois mourront en bas âge, trois se marieront et cinq choisiront le célibat en devenant religieux ou religieuses. Faut-il s’en étonner ? Olivier Durocher (1771-1859) a transmis sa grande foi en Dieu à ses enfants.

Séraphine (1809-1852), la sœur d’Eulalie, entrera dans la congrégation de Notre-Dame de Montréal, fondée par sainte Marguerite Bourgeoys.

Théophile Durocher (1805-1852) sera notamment curé à Beloeil. À 20 ans, Eulalie Durocher y devient gouvernante au presbytère de Beloeil auprès de son frère Théophile. Elle sera l’hôtesse des lieux pendant douze ans, c’est-à-dire jusqu’en 1843. Elle y accueille les prêtres en repos, s’engage dans la paroisse, visite les démunis, soutient les familles en difficulté, enseigne le catéchisme aux enfants et organise les célébrations liturgiques, comme une agente de pastorale avant la lettre. Ce séjour à Beloeil lui ouvre cependant les yeux sur la pauvreté de l’instruction religieuse et le manque d’écoles, en particulier, pour les filles des campagnes.

Eusèbe Durocher (1807-1879) étudiera au séminaire de Saint-Hyacinthe. Il exercera son ministère dans cette ville avant d’entrer chez les Oblats de Marie Immaculée.

Bronze de Flavien Durocher dans le Parc Durocher a Québec
Flavien Durocher (1800-1876) sera prêtre séculier et puis se joindra aux Prêtres de Saint-Sulpice et, en bout de course, aux Oblats de Marie Immaculée, communauté fondée par saint Eugène de Mazenod. Il sera longtemps curé de la communauté des Innus de Betsiamites, devenue Pessamit, avant de fonder la paroisse Saint-Sauveur, à Québec. De nos jours, le parc Durocher, situé aux coins des rues Durocher, Saint-Vallier et de Carillon, à Québec, rappelle sa mémoire. Au centre du lieu se dresse un immense monument érigé en 1912 où les paroissiens de jadis y ont souligné qu’il a été un « prêtre zélé, religieux, parfait » et un « pasteur charitable ». Puisqu’il est pensionnaire à Montréal pour ses études et que durant les vacances avec sa famille il visite ses oncles et ses tantes et, par la suite, est au loin pour son travail ecclésiastique, il connaîtra peu les plus jeunes de ses frères et de ses sœurs, dont Eulalie, la future bienheureuse Marie-Rose Durocher, née en 1811. Lorsque la bienheureuse Marie-Rose Durocher sera déclarée sainte, faudra-t-il penser à élever sur les autels le père Flavien Durocher ?


Enfance
Eulalie grandit comme tous les autres enfants. Ses proches diront de la petite fille qu’elle était attachante, doucement impérative, très ardente, volontaire, vive, sensible, tenace, affectueuse, tendre de cœur, d’une franchise à toute épreuve, et très gaie, mais sans légèreté.

La gamine déborde d’ardeur. Cela se manifeste au jeu avec, dit-on, « une sorte de trop-plein de vie ». Son père en dira : « Quand elle était petite, elle était bien dissipée, Jargaude ; ses habits étaient toujours déchirés, de travers, elle était pleine de jeux, au point que sa mère en était désolée et disait quelquefois : mais que ferons-nous d’Eulalie quand elle sera grande ? »[2]

Germaine Duval, dans son livre « Par le chemin du roi une femme est venue » [3], une biographie sur la bienheureuse Marie-Rose Durocher souligne la grande intelligence de la jeune fille : « Enfant intelligente, toute jeune, elle laisse déjà voir le sens droit d’une Durocher et elle en a déjà la prudence et le sens du respect. Après sa mort, l’examen de son crâne révélera qu’il était celui d’une femme très bien douée, sous le rapport de l’intelligence, car le développement de la région frontale indique que la partie antérieure du cerveau était très développée."

Le 26 juin 1823, à Saint-Denis-sur-Richelieu, Eulalie Durocher fait sa première communion et reçoit le sacrement de la confirmation. La célébration est présidée par Mgr Jean-Jacques Lartigue, évêque de Montréal.

Devenir religieuse
En mars 1827, Séraphine, la sœur d’Eulalie, décide de se faire religieuse en entrant au noviciat de la congrégation Notre-Dame. Eulalie décide de l’imiter.

À 16 ans, elle est en âge de décider sérieusement de son avenir. Sans tarder, elle demande à son père la permission de remplacer Séraphine au pensionnat. « Eh bien, lui dit son père, sois prête demain, je te conduirai à Montréal. Le lendemain […] elle remplaçait sa sœur au pensionnat pour la suivre ensuite au noviciat, lorsque son cours d’études serait terminé. Voulant appartenir à une congrégation dont l’œuvre maitresse est l’enseignement, elle ne pouvait se contenter de ce qu’elle avait appris au couvent de St-Denis. ».[4]

Au pensionnat, elle se fait rapidement remarquer comme étant une personne digne de confiance, pour ses bons résultats scolaires et sa profondeur d’âme. « Elle seule ignorait son mérite […] elle reportait toute gloire au Seigneur, ne s’attribuant à elle-même que faiblesse et misère ; elle était docile, affable et d’une modestie qui ne se démentit jamais. Attentive à la voix de ses maitresses, elle l’était bien plus encore à la voix de Dieu qui lui parlait au cœur. »[5]

Malheureusement, comme il est souligné dans les comptes des élèves 1821-1829 du pensionnat de Montréal de la congrégation Notre-Dame entre 1827 et 1829 [6], elle doit s’absenter du pensionnat à cause de la maladie. Sur ses deux ans d’études, elle ne passe que six à sept ans au pensionnat.

En juin 1829, Eulalie reconnait qu’elle n’a pas l’énergie physique pour devenir enseignante. Elle quitte le couvent. « Elle croit alors que, maladive comme elle est, elle comprendrait mieux les besoins des malades et que Dieu pourrait bien la vouloir à leur service. Elle se dispose à demander son admission chez les Hospitalières de la Miséricorde qui dirigent l’Hôpital général de Québec. Avant que ne se réalise le projet, une grave maladie retient au lit, durant trois mois, la jeune Eulalie », raconte Germaine Duval.

Faire des tâches de relève
Dans les premiers jours de 1830, Geneviève Durocher, sa mère, est atteinte d’une grave maladie. Tout espoir de guérison s’évanouit. Il ne faudra que deux semaines pour que son dernier souffle arrive.

En 1895, dans Fidelis (chapitre 1, note 64, p. 94), une œuvre sur la vie de Marie-Rose Durocher, l’auteur écrit : « Au dernier moment, la famille, à l’exception de la religieuse, entoura le lit de la mourante. Le curé de la paroisse la confesse ; puis Flavien qui était prêtre lui administra les sacrements d’eucharistie et d’extrême-onction. » La religieuse absente, c’est Séraphine.

Le départ sera difficile pour tous ses enfants, particulièrement pour Eulalie qui vit épreuve sur épreuve depuis un bout de temps.

Rapidement, elle se ressaisit. La mort de sa mère signifie qu’elle devient la maitresse de la maison. Prenant son courage à deux mains, elle s’accroche un sourire au visage et fait tout son possible pour créer de la joie autour d’elle, tentant d’imiter le plus possible les manières de sa mère. Malgré le deuil, grâce à elle, la maisonnée reprend sa vie normale.

Le 9 mars 1828, son frère, Théophile, est ordonné prêtre. Quelques mois après avoir reçu le sacrement de l’ordre, il est nommé vicaire à Saint-Benoit-des-Deux-Montagnes, devenu de nos jours un secteur de la ville de Mirabel.

À la suite du décès du curé, sa ménagère quitte le presbytère. Par délicatesse et par respect et reconnaissance pour son prédécesseur, Théophile offre à une jeune nièce du défunt qui habite au presbytère de rester avec lui. Rapidement, il se rend compte de la situation délicate dans laquelle il s’est mis, lui qui a fait vœu de chasteté. Pour ne pas s’exposer aux tentations de la chair et éviter la critique, il prie son père de lui envoyer sans tarder Eulalie afin qu’elle dirige le personnel du presbytère. Ce dernier accepte et sa fille Geneviève et son mari Pierre Allaire iront habiter avec lui.

À l’été 1831, Eulalie retourne vivre chez son père parce que Théophile est nommé curé à Beloeil.

À peine installé, Théophile propose à son père de déménager avec Eulalie dans son presbytère. Il lui explique que son âge qui avance et qu’à trois il leur serait possible de vivre une saine vie de famille. Le projet prend forme à la fin de 1831. À Belœil, Eulalie prend la direction du quotidien au presbytère.

Dans son nouveau patelin, Théophile présente à Eulalie « Demoiselle » Mélodie Dufresne afin de l’aider au presbytère. Elles deviendront de grandes amies.

Fonder une communauté religieuse
À la demande de l’évêque catholique de Montréal, Mgr Ignace Bourget (1799-1885), elle fonde la congrégation des Sœurs de Jésus-Marie, destinées à l’éducation. Comme l’usage le veut à cette époque, puisqu’il s’agit d’une nouvelle naissance, dit-on, elle devient sœur Marie-Rose.

Tombe de la bienheureuse Marie-Rose Durocher dans la cathédrale de Longueuil
Décès, inhumation et mémoire

Marie-Rose Durocher décède le 6 octobre 1849, jour de son anniversaire de naissance.

De nos jours, la bienheureuse Marie-Rose Durocher repose dans la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue, à Longueuil.

Sa mémoire liturgique est le 6 octobre.

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[1] C'est en lisant le livre "Par le chemin du Roi, une femme est venue", consacré à la vie de la bienheureuse Marie-Rose Durocher (1768-1830), que j'ai découvert ce site historique tout à fait exceptionnel. C'est ici que sa mère, Geneviève Durocher, a passé son enfance, bénéficiant de l'éducation que lui offrait sa tante Anne Mauvide (1736-1799), la seigneuresse du lieu et épouse de René-Amable Durocher (1737-1786). L'actuel nom du manoir fait référence aux parents de sa tante, Jean Mauvide (1701-1782) et Marie-Anne Genest dit Labarre (1707-1781). En plus d'être seigneur de la partie sud-ouest de l'île de 1752 à 1779, Jean Mauvide était chirurgien du roi et marchand.
C'est dans cette maison que le contrat de mariage entre Geneviève Durocher et Olivier Durocher (1771-1859) a été signé. Ils se marieront le 20 janvier 1794, dans l'église catholique du patelin qu'il est également possible de visiter.
Ainsi donc, le Manoir Mauvide-Genest est un ancien manoir seigneurial situé à Saint-Jean, sur l'Île-d 'Orléans. Il a été construit en 1734 par Jean Mauvide et agrandi en 1738 et avant 1755. La chapelle date de 1929. Il s'agit d'un des plus vieux manoirs seigneuriaux qui existent au Québec. Il a été classé immeuble patrimonial en 1971 et désigné lieu historique national du Canada en 1993.
www.manoirmauvidegenest.com
[2] Témoignage de sœur Marie-Ignace (Onésime Lemieux), 25 mars 1885, ASNJM, G 1.1/41,2.
[3] Éditions Bellarmin, 1982, p. 48
[4] Fidelis, (pseud. De Jules-Henrio Prétot, o.m.i..), Mère Marie-Rose, Montréal, Desbarats et Cie, 1895, p.86-87
[5] Notes des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, ASNJM, G 1.1/37.7
[6] Cf. p.183, ASNJM, G 1.1/38,8

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (14)


POLITIQUE: Un bon choix des verts


Un bon choix des verts

Samedi, Elizabeth May, la chef du Parti vert (PV) du Canada, a remporté l'investiture dans sa nouvelle circonscription de Saanich-Gulf-Islands, en Colombie-Britannique. Aux dernières élections fédérales, elle était candidate pour une circonscription de la Nouvelle-Ecosse. Elle a fait un sage choix. En se présentant dans cette circonscription, elle augmente considérablement ses chances d'être élue à la Chambre des communes aux prochaines élections fédérales, qui finiront bien par être déclenchées.

Le programme du PV et la direction de Mme May pourraient continuer de nous surprendre à l'avenir. A la longue, le PV de viendra une voix forte au Parlement canadien, car les Canadiens espèrent du changement à Ottawa.

Benoît Voyer Montréal, le 21 septembre 2009

4 octobre 2025


Le 4 octobre est la fête de saint François d'Assise

LE BALADO: Mgr Jean Louis Martin



ARTICLE DU JOUR: Les cathos et les nouveaux rites funéraires


Les cathos et les nouveaux rites funéraires

Par Benoit Voyer

4 octobre 2025

L'Église indique qu'il est toujours préférable, au moment de la mort et des derniers hommages, d'inhumer le corps de la personne qui a trépassé, dans un cimetière ou un lieu sacré. Pourquoi le Saint-Siège se préoccupe-t-il des nouveaux rites funéraires ? La réponse est simple et complexe à la fois [1].

Dans une « Instruction de la Congrégation pour la Doctrine de la foi sur la sépulture », publiée ce 25 octobre 2016, l'Église indique qu'il est toujours préférable, au moment de la mort et des derniers hommages, d'inhumer le corps de la personne qui a trépassé, dans un cimetière ou un lieu sacré : « Suivant la tradition chrétienne immémoriale, l'Église recommande avec insistance que les corps des défunts soient ensevelis dans un cimetière ou en un lieu sacré ».

Elle ajoute : « En ensevelissant les corps des fidèles, l'Église confirme la foi en la résurrection de la chair et veut mettre l'accent sur la grande dignité du corps humain, en tant que partie intégrante de la personne, dont le corps partage l'histoire. Elle ne peut donc tolérer des attitudes et des rites impliquant des conceptions erronées de la mort, considérée soit comme l'anéantissement définitif de la personne, soit comme un moment de sa fusion avec la mère Nature ou avec l'univers, soit comme une étape dans le processus de réincarnation, ou encore comme la libération définitive de la "prison" du corps. »

Aussi, même si elle ne préfère pas cette option, l'instance qui aide le pape François en matière morale et éthique, ne dit pas non à l'incinération et à l’aquamation. Elle ajoute : « Là où des raisons de type hygiénique, économique ou social poussent à choisir l'incinération [...] l'Église ne voit pas de raisons doctrinales pour prohiber cette pratique ».

Le texte signé par le cardinal Gerhard Müller, préfet du dicastère au Vatican - l'équivalent d'un ministère au gouvernement du Canada -, et par Mgr Luis F. Ladaria, son secrétaire, implore les cathos à ne pas garder d'urne à la maison ou les restes d'un être cher à l'intérieur de souvenirs, bijoux ou autres objets. Et les invite sérieusement à ne guère disperser de cendres aux quatre vents, « dans l'air, sur terre, dans l'eau ou de toute autre manière ».

Pourquoi le Saint-Siège se préoccupe-t-il des nouveaux rites funéraires ? La réponse est simple et complexe à la fois.

Si on tente de simplifier, disons que ces dernières années sont apparues en Occident de nouvelles pratiques de type panthéiste, naturiste et nihiliste qui ne cadrent pas avec la tradition chrétienne. Celles-ci sont en contradiction avec la foi en la résurrection du Christ et de celle espérée par les chrétiens depuis 21 siècles.

Le sujet n'est donc pas d'un grand intérêt pour la personne qui n'est pas de confession chrétienne, mais il est au sommet des priorités pour le chrétien de tradition catholique ou autre qui désire avoir harmonie ou concordance entre ce qu'il croit et l'intégration concrète de cette croyance dans sa vie de chaque jour.

Si on veut mieux comprendre, il faut retourner aux sources de la chrétienté.

Le fondement du christianisme est la résurrection du Christ. Tout le second testament de la bible converge vers cette vérité de foi.

Dès sa première phrase, l'instruction « Ad resurgendum cum Christo » sur la sépulture des défunts et la conservation des cendres en cas d'incinération, on affirme haut la main cette idée maîtresse en citant une lettre de l'Apôtre Paul : pour ressusciter avec le Christ, il faut mourir avec le Christ, il faut « quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur » (2 Co 5, 8).

Le document rappelle : « La résurrection de Jésus est la vérité suprême de la foi chrétienne, prêchée comme une partie essentielle du mystère pascal depuis les origines du christianisme : « Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, et qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze » (1 Co 15, 3-4).

Et puis, on cite de nombreux autres passages des premiers écrits du christianisme contenus dans le la bible, la bibliothèque commune des chrétiens et, pour ce qui a trait à la majeure partie du premier testament, du judaïsme.

Enfin, on résume : « Grâce au Christ, la mort chrétienne a un sens positif. Dans la liturgie, l'Église prie ainsi : pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n'est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux. Par la mort, l'âme est séparée du corps, mais, dans la résurrection, Dieu rendra la vie incorruptible à notre corps transformé, en le réunissant à notre âme. Même de nos jours, l'Église est appelée à proclamer la foi en la résurrection » Et on cite Tertullien : « La foi des chrétiens, c'est la résurrection des morts : y croire, c'est ressusciter ».

Dans une entrevue publiée dans « Les Témoins de l'Essentiel » (Éditions Logique, 2005) Mgr François Lapierre, évêque catholique de Saint-Hyacinthe, avouait que la résurrection est difficile à comprendre sur le plan rationnel : « C’est une réalité qui dépasse notre entendement. La résurrection n'est pas simplement comme dans le cas de Lazare un retour à la vie antérieure. Lazare a été réanimé. La résurrection est une nouvelle création. C'est une réalité nouvelle qui dépasse notre raisonnement humain. [...] C'est un phénomène mystique. Ce n'était plus le corps de chair du Seigneur. C'était son corps transformé, ressuscité. Sans vouloir amenuiser l'importance de la nécessité d'une compréhension rationnelle de ce phénomène, je pense que c'est une réalité qui se comprend surtout avec le cœur. [...] La résurrection, c'est le soleil qui se lève après la nuit obscure. »

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[1] Benoit Voyer. « Les cathos et les nouveaux rites funéraires », Huffington Post, 5 novembre 2016 https://www.huffpost.com/archive/qc/entry/les-cathos-et-les-nouveaux-rites-funeraires_b_12753464


PAROLE DE René Lévesque

 


NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (13)


TROIS-RIVIERES: Porte ouverte aux femmes


Porte ouverte aux femmes

Accord Mauricie, une organisation trifluvienne qui vient en aide aux hommes violents, ouvre ses portes aux femmes. Le nouveau projet qui est en préparation depuis le printemps 1995 débutera dès septembre.
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Benoit Voyer
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"Je pense aux femmes qui sont isolées à la campagne, qui arrivent d'une région éloignée ou qui ont simplement besoin de parler à quelqu'un pour vérifier des choses, car hors de son conjoint, elle n'a pas de ressources", explique Robert Ayotte, responsable clinique chez Accord.

Plusieurs femmes d'hommes violents mettent leur espoir en l'avenir, croyant que leurs problèmes se règleront. Le psychologue trouve cela très dangereux, parce que c'est une façon d'excuser les comportements que certains mâles peuvent avoir. La violence ne se tolère pas.

"Il faut les aider à clarifier ce qu'elles vivent et, surtout, les amener à prendre conscience de ce qu'elles ont à faire pour sortir de leur souffrance", dit-il.

Accord Mauricie organisera des rencontres pour les femmes de conjoints ayant des problèmes en lien avec diverses formes de violence. Le besoin est réel. 10% des conjointes d'hommes en thérapie sont en maison d'hébergement90% n'ont pas de ressources pour s'en sortir.

(L’Hebdo Journal, 23 juin 1996, p. 24)

3 octobre 2025


Le 3 octobre est le jour de l'anniversaire de décès de la vénérable Jeanne Leber

LE BALADO: Le 4 octobre 1965 a l'ONU Paul VI déclare Jamais plus la guerre


ARTICLE DU JOUR: Le 4 octobre est la Journée mondiale des animaux

Jeannine, ma mère, au Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin

Le 4 octobre est la Journée mondiale des animaux

Par Benoit Voyer

3 octobre 2025

J’aime les animaux… des autres. J’ai fait le choix de ne pas en avoir parce que je trouve que les animaux de compagnie demandent trop de temps à leur consacrer. Je préfère garder mon temps pour les humains autour de moi et pour mes projets. Cela ne m’empêche pas de les apprécier.

Mes grands enfants ont tous des chats ou des chiens. À chaque visite, je ne manque jamais l’occasion de leur manifester de l’intérêt. Bien entendu, ils apprécient les câlins.

Dans notre famille élargie et mon très petit réseau d’amis, il y a aussi des oiseaux. Je dois avouer qu’ils me fascinent.

Ce sont toutes des petites créatures du bon Dieu. D’ailleurs, saint François d’Assise, dont c’est l’anniversaire le 4 octobre, célébration catholique qui est devenue dans le milieu profane la Journée mondiale des animaux, les élevait au rang de frères et sœurs des humains. Pour le saint patron des animaux, même un ver de terre répond à la « volonté divine » et est digne de protection. Il n'est donc pas étonnant qu’il soit considéré comme le premier défenseur des animaux.

DANS L'ACTUALITÉ: Sondage Léger


PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (12)


TROIS-RIVIERES: Étang Sacré-Cœur toujours asséché


Étang Sacré-Cœur toujours asséché

Les employés de la ville de Cap-de-la-Madeleine viennent de terminer une 4e semaine de travaux dans l'étang Sacré-Cœur, asséché pour permettre la réparation des murs de pierres. Ces dernières ont été déplacées par l'eau et la vase.

Il y a déjà 3 ans que les résidents du secteur demandaient ces réfections. Le lieu était devenu dangereux.

"On a un budget fixe de 35 000$. On va aller jusqu'au fond de l'enveloppe. Nous projetons - cette année, s'il reste de l'argent ou l'an prochain - de procéder aux mêmes travaux dans l'autre étang. De plus, il faudra penser à mettre du gravier au fond de cette mare de boue", a dit le directeur du service des loisirs du Cap, Jacques Picard.

Les employés de la municipalité profiteront de ce temps où il n'y a pas d'eau pour nettoyer le fond du bassin souillé par des vieux pneus, des châssis de bicyclette et divers détritus.

La fin de la première phase des réparations de petit lac qui contient, en temps normal, de 8 à 10 pouces d'eau, est prévue pour le 15 août.

(Texte de Benoit Voyer, non signé dans le journal, L’Hebdo Journal, 30 juin 1996, p. 11)

2 octobre 2025


LE BALADO: La vénérable Élisabeth Bruyère


ARTICLE DU JOUR: La vénérable Jeanne Leber


La vénérable Jeanne Leber

Par Benoit Voyer

2 octobre 2025

Elle s’appelle Jeanne. Elle est le deuxième enfant de Jacques Le Ber, marchand prospère de Montréal, originaire de Pitres, en Normandie, et de Jeanne Le Moyne, originaire de Dieppe. Elle nait à Ville-Marie, le 4 janvier 1662. Son frère aîné s’appelle Louis. Un jour, son père deviendra le plus riche commerçant de la Nouvelle-France et Jeanne aura trois autres frères : Jacques, Jean-Vincent et Pierre.

Lors de son baptême, Paul Chomedey de Maisonneuve, cofondateur et gouverneur de Montréal, et Jeanne Mance, fondatrice et administratrice de l’Hôtel-Dieu, sont ses parrain et marraine.

Ses frères seront des hommes bien en vue dans la colonie. Louise fera du commerce comme son père. Jacques sera soldat. Jean-Vincent sera choisi très jeune pour être commandant dans la milice de Montréal. Il mourra à l’âge de 25 ans. Enfin, Pierre deviendra religieux. Ce dernier cofondera l’institut religieux des Frères Charon destinés au soin des malades.

Seule fille de la famille, Jeanne sera choyée par ses parents et ses frères.

Son oncle est Charles Le Moyne, le fondateur de la ville de Longueuil.

De 1674 à 1677, elle étudie chez les Ursulines, à Québec. Avec les religieuses, elle s'initie à la broderie, un art dans lequel elle excelle. Fille pieuse, les Ursulines souhaitent en faire l’une d’elles, mais elle ne sent pas l’appel. Ses études terminées, Jeanne rentre à Montréal.

Puis, pas question de se marier. À partir de 1677, elle refuse les plus beaux partis de Ville-Marie…

Jeanne a un grand attrait pour le silence, la solitude et la prière. La vie contemplative, c’est son seul intérêt.

À 18 ans, son père et sa mère, avec l’accord de François Séguenot et des messieurs de Saint-Sulpice, responsables de la paroisse, lui accordent le souhait de vivre en recluse dans la maison familiale. Ainsi, retirée du monde, elle ne parle presque jamais. Ses seules sorties sont pour aller à la messe, à 5 h du matin, dans l’église paroissiale.

Jeanne Leber et Marguerite Bourgeoys le jour de la réclusion de Jeanne
Le 5 août 1695, elle déménage dans la maison de la congrégation de Notre-Dame où Marguerite Bourgeoys et ses compagnes l’accueillent. Elle y poursuit sa réclusion dans une minuscule pièce qui comprend une petite fenêtre ouverte sur le sanctuaire de la chapelle.


Sans cesser de prier, elle coud et brode linges et ornements liturgiques et confectionne des vêtements pour les pauvres.

Le 3 octobre 1714, à 9 h, elle décède à l’âge de 52 ans.

De nos jours, Jeanne Leber repose dans la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, à Montréal.

Depuis le 28 octobre 2015, sa cause en vue d’une future béatification et canonisation est à l’étude au Vatican.


Un livre à lire
« Jeanne Leber, la priante et la brodeuse »
de Denise Lamarche (Éditions Carte Blanche, 2004)


Jeanne et moi

Jeanne Leber est ma petite cousine. Pour faire une histoire courte, c’est la « cousine germaine du mari de la belle-sœur de la cousine germaine éloignée au 11ᵉ degré ». Comme moi, vous avez souri. Oui, Jeanne-la-première-contemplative-de-Montréal est ma petite cousine, mais de très loin. Voici le lien, d’elle à moi :

Jeanne Leber (1662-1714) est la fille de Jeanne Lemoine.

Sa mère, Jeanne Lemoine (1630-1682), est la fille de Charles Lemoine (1626-1685).

Le fils de Charles Lemoine porte aussi le prénom de Charles (1656-1729). Ce dernier deviendra le fondateur de la ville de Longueuil et épousera Marguerite Le Gardeur de Tilly (1657-1742).

Le frère de Marguerite est Pierre Noel Le Gardeur de Tilly (1652-1720). Il épousera Madeleine Boucher (1661-1739).

Le père de Madeleine est Pierre Boucher (1622-1717). Il s’agit du premier seigneur de Boucherville. Il est aussi le seigneur de Grosbois.

La sœur de Pierre Boucher est Marguerite Boucher.

Marguerite donne à ce monde un fils nommé Antoine Toupin (1655-1711).

Antoine et sa conjointe donnent naissance à Marguerite Toupin (1685-1741).

Marguerite donnera la vie à Madeleine Marguerite Cordeau (1707-1780).

Cette dernière est la mère d’Antoine Michaud (1731-1786).

Antoine donne naissance à Angélique Michaud.

Angélique est la mère de Louise Levasseur (1799-1865).

Louise enfante Catherine St-Onge (1825-1897).

Catherine donne la vie à son tour à Eléonore Saindon (1845-1913).

Mon arrière-grand-père, Rémi Chenard (1864-1918), est le fils d'Éléonore.

Rémi est le père d’Alice (1889-1981), ma grand-mère.

Cette dernière épousera Edgar Voyer et donnera la vie à une ribambelle de marmots, dont le benjamin est mon père Roméo (1930-2021).

POLITIQUE: Le Parlement a besoin d’un vrai parti de centre-droit politique

COMMENTAIRE: À l’Assemblée nationale du Québec, il y a en ce moment trois partis socialistes et un opportuniste. Le Parlement a besoin d’un vrai parti de centre-droit politique comme le Parti conservateur du Québec. Il ne faut pas se laisser berner par le parti au pouvoir. Il doit livrer la marchandise. Alors qui vivra verra… (BV)

SUR LA ROUTE : hier, le plein d'ordinaire était à 134,6 le litre à Sainte-Hélène-de-Bagot sur le bord de la 20


PAROLE D'Elvis Gratton


 

NATURE: Vue du belvédère de Saint-Pacôme, au Bas Saint-Laurent


Vue du belvédère de Saint-Pacôme, au Bas Saint-Laurent, le 16 septembre 2025

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (11)


TROIS-RIVIERES: Notre évêque attend toujours son successeur


Notre évêque attend toujours son successeur

Il y a maintenant deux ans que Mgr Laurent Noël a fait parvenir sa lettre de démission au pape Jean-Paul II. L'évêque de 76 ans attend patiemment un successeur.

Trois-Rivières n'est pas le seul endroit dans cette situation. Des nouveaux bergers sont également attendus dans les diocèses de St-Jean/Longueuil où Mgr Bernard Hubert est décédé, de Hearst (Ontario) où l'évêque est mort tragiquement au volant de son véhicule, de Moncton (Nouveau Brunswick), de St-Paul (Alberta) et, prochainement, de St-Hyacinthe.
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Benoit Voyer
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Le dossier de Trois-Rivières est actuellement entre les mains du cardinal Bernardo Gantin, responsable de la Congrégation des évêques au Vatican. C'est lui qui nommera officiellement le remplaçant de Mgr Noël. Le processus des nominations d'évêques est toujours long, dit Gérald Baril, responsable des relations publiques à la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC).

Une liste de candidats potentiels a été remise à la Congrégation par l'épiscopat canadien. La longue enquête extrêmement confidentielle amènera un prêtre à être choisi. Ce dernier sera informé du choix de Rome. Il pourra refuser l'offre. A ce moment, la démarche de sélection recommencera.

"La procédure est longue parce que la Congrégation des évêques est très prudente sur le choix d'une personne", lance le porte-parole de la CECC.

Est-ce que Mgr Martin Veillette, l'évêque auxiliaire, a des chances d'être nommé évêque? "C'est dans le domaine du possible", a-t-il répondu au journaliste de L'HEBDO JOURNAL.

De son côté, Pierre Montreuil de l'Office diocésain des communications sociales croit que l'évêque sera connu d'ici la fin de juin ou, au plus tard, à l'automne.

(L’Hebdo Journal, 23 juin 1996, p. 16)

1er octobre 2025


Le 1er octobre est le jour de l'anniversaire de décès de la vénérable Délia Tétreault

LE BALADO: Jean-Guy Dubuc (4)


ARTICLE DU JOUR: Le décès de Robert Bourassa

Robert Bourassa

Le décès de Robert Bourassa

Par Benoit Voyer

1ᵉʳ octobre 2025

À l’hôpital Notre-Dame, à Montréal, le mercredi 2 octobre 1996, à 5 h 45, Robert Bourassa, premier ministre du Québec du 12 mai 1970 au 25 novembre 1976 et du 12 décembre 1985 au 11 janvier 1994, quittait ce monde. Il est entouré des membres de sa famille.

Depuis un long moment, il est suivi médicalement par l’oncologue Joseph Ayoub. Il gardera toujours en mémoire ce jour particulier : « Durant ses dernières minutes, je suis venu d’urgence à son chevet pour encourager la famille. Sur la route pour me rendre à l’hôpital, je me suis dit : c’est le 2 octobre, fête des anges gardiens. C’est en ces termes que j’ai parlé à la famille Bourassa lorsqu’il a exhalé son dernier souffle. « Son ange gardien a accompagné son âme au Seigneur », me racontait en 1999 le spécialiste du cancer.[1]

Accompagner l’ancien Premier ministre a été un événement circonstanciel pour lui. Lors de son arrivée à l’hôpital, Joseph Ayoub était de garde.

À titre de médecin traitant, pendant cinq semaines, il a développé une relation particulière avec lui : « J’ai appris à voir l’homme à travers le politicien. J’ai appris à découvrir un être d’une grande simplicité et d’une grande humilité. » […] « Un jour [je lui ai dit] : « Le Québec vous aime, monsieur Bourassa ! » Des larmes d’émotion contenue ont alors coulé sur son visage, silencieusement. »

Le jour de son décès, sans grande planification, il lui rend un vibrant hommage. Il s’en souvient : « En sortant de la messe, vers 7 h 30 (à l’hôpital Notre-Dame où je participe souvent à l’eucharistie), je me suis dit : ça ne se peut pas qu’un homme qui a tellement contribué à l’évolution du Québec parte sans que quelqu’un livre un dernier hommage. Je savais que la famille ne voulait faire aucun commentaire officiel aux médias. Alors, je me suis rendu à mon bureau (le K5219 du pavillon Mailloux de l’hôpital Notre-Dame, à Montréal) pour griffonner un petit texte et j’ai téléphoné à madame Bourassa pour lui demander la permission de livrer ma déclaration aux médias. » […] « Ce témoignage est sorti de mon cœur… »

Andrée Bourassa accepte la proposition. Joseph Ayoub se rend alors au bureau de Jacques Wilkins, directeur des communications de l’institution, pour lui remettre son bout de papier. M. Wilkins le met au propre et l’envoie à toutes les salles de presse par le biais de l’agence Telbec.

Puis le docteur Ayoub se rend à une réunion au Collège des médecins du Québec sans trop se soucier de la suite de son geste spontané. Mais, très vite M. Wilkins lui lance un appel urgent au téléphone : « Monsieur Ayoub, on a des téléphones de partout. Les médias veulent vous voir et vous entendre lire ce témoignage que vous avez rédigé. » À midi, il était la vedette d’un point de presse en direct sur les ondes de plusieurs stations de radio et de télévision. Ce jour-là, malgré lui, l’oncologue devenait une personnalité bien en vue au Québec. Malgré tout, il gardera toujours sa grande modestie.

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[1] Benoit Voyer. Les confidences du médecin de Robert Bourassa, Revue Sainte-Anne, février 1999 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/06/il-etait-une-fois-dans-les-medias-les.html

Le lieu de sépulture de Robert Bourassa au Cimetière Notre-Dame des Neiges


ARTICLE DU JOUR: Le Dr Joseph Ayoub, oncologue catholique


Le Dr Joseph Ayoub, oncologue catholique

Par Benoit Voyer

1ᵉʳ octobre 2025

Joseph Ayoub est né en Égypte, en janvier 1937. Il est le fils d’un père libanais et d’une mère égyptienne. Il obtient son doctorat en médecine en 1961. Après deux ans de travail en résidence, il commence sa carrière de médecin à Alexandrie. En cette même année 1963, il rencontre la femme de sa vie.

En octobre 1966, il quitte son pays pour s’établir au Canada avec sa nouvelle épouse et leur bébé d’un an, Jean-Pierre. Ils deviennent officiellement citoyens canadiens, cinq ans plus tard.

Au début 1999, il me racontait [1] : « Avant de venir ici, j’ai lu de nombreux livres sur l’histoire du Québec. Ce qui m’a attiré, ce sont les origines mystiques de la Nouvelle-France. J’en rêvais. Je me disais que ce serait là que je pourrais vivre ma foi d’une façon pleine et idéale. C’était juste avant la révolution culturelle qu’a vécue le Québec. »

Si le fait d’être un médecin catholique passe bien auprès des malades, cela est moins bien reçu de la part des intellectuels. Il croit cependant que la foi vécue pleinement, simplement et normalement, finit par amener les réfractaires à admettre qu’il y a quelque chose de sérieux dans la manifestation religieuse : « Il y a une certaine réflexion qui s’établit parmi mes collègues et les autres médecins. Ils arrivent à voir que l’on peut faire une alliance entre la foi et la science. C’est une évolution de la pensée. Dans les années 1970, il fallait choisir entre l’une ou l’autre. Tu ne pouvais pas avoir les deux. Comme le disait si bien le cardinal Poupard : « Pour la science, connaître c’est expliquer. Pour la foi, connaître c’est aimer. Expliquer et aimer peuvent aller ensemble. »

Le Dr Joseph Ayoub devient oncologue au Pavillon Notre-Dame du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), directeur d’oncologie médicale et professeur de médecine de l’Université de Montréal, et responsable de l’unité du cancer du poumon pour le Fonds de recherche en santé du Québec (Réseau cancer). En plus, il s’occupera des protocoles de recherche clinique pour le cancer du poumon. Il mène une vie loin du radar médiatique.

En 1996, atteint d’un cancer, il devient l’oncologue du premier ministre québécois Robert Bourassa. Jusqu’à son décès, le mélange science et foi est ce qu’il utilise pour le soigner.

À l’hôpital Notre-Dame, à Montréal, le 2 octobre 1996, à 5 h 45, Robert Bourassa s’envole au pays des anges. À la suite d’un échange avec Andrée, l’épouse de ce dernier, il est désigné pour annoncer la nouvelle au grand public. Le Québec découvrira par l’intermédiaire des médias un homme hors de l’ordinaire.

En 2004, le Dr Joseph Ayoub publie « Guérir parfois, soulager souvent, réconforter toujours » aux Éditions Pauline et Anne Sigier.

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[1] Benoit Voyer. Les confidences du médecin de Robert Bourassa, Revue Sainte-Anne, février 1999 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/06/il-etait-une-fois-dans-les-medias-les.html

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Les îles de Berthier


Les îles de Berthier, dans la région de Lanaudière

LES GRANDS ESPACES avec Benoit Voyer (10)


GRANBY: L’Agapethérapie : Un complément à la psychologie


L’Agapethérapie : Un complément à la psychologie

GRANBY

Benoit Voyer

L'Agapethérapie n'est pas une nouvelle thérapie ou une médecine alternative. Il s'agit plutôt d'un complément à la psychologie et à la science de la santé. Il prend sa racine dans la spiritualité catholique.

"Agape est un mot grec qui veut dire amour, explique le père Michel Vigneau. L'Agapethérapie, je crois que c'est bien dit, mais ne rend pas vraiment ce qu'est cette expérience."

Pour lui, il s'agit d'un moment de rencontre avec le Christ ressuscité, libérateur et rédempteur. "Au fond, c'est Jésus qui vient dire que dans ce que tu vis, ce que tu es, tes souffrances, tes échecs... qu'il est avec toi", ajoute le religieux.

L'Agapethérapie c'est d'abord une expérimentation où la personne donne l'opportunité au Fils de Dieu de lui dire qu'il est toujours avec lui.

Dans ses sessions. M. Vigneau met beaucoup plus l'accent sur l'Agape que sur la thérapie. Il ne se fait pas d'illusions que dans 4 1/2 jours une personne ne règle pas toute sa vie.

Les ressourcements ne sont pas donnés et accompagnés par des thérapeutes. Ils sont proposés par des religieux et de "sages laïques" qui ont la foi.

"Ce qu'on offre, c'est vraiment une session où je regarde ma vie, poursuit l'homme de prière. Pendant la semaine, je reprends les étapes de celles-ci : pas seulement les blessures, les beaux moments aussi."

Il poursuit : "Au fond, je revois mon existence sous le regard d'amour de Jésus Christ. Je me laisse regarder par Jésus qui vient me libérer, c'est-à-dire qu'il vient d'abord me dire qu'il m'aime dans ce que je suis et qui vient m'enlever beaucoup de culpabilité."

La deuxième dimension de cette rencontre est centrée sur le pardon. Le père Vigneau croit que pardonner, c'est aimer et délier l'autre et son propre intérieur du poids de la culpabilité.

"Par la grâce de l'Esprit, je peux me déculpabiliser de се poids que je porte et qui est souvent plus lourd que ce que je devrais porter. Nous prenons souvent plus de responsabilités que nous devrions en prendre, car il y a des fardeaux que nous portons dont nous ne sommes point responsables", dit-il.

L'Agapethérapie c'est un temps qu'une personne se donne pour se laisser dire par ses accompagnateurs - car le Christ passe par les autres, que dans ce qu'il a vécu, ce qu'il est, qu'il est un enfant de Dieu qui a le privilège d'avoir part à l'amour.

Michel Vigneau insiste au long de l'Agapethérapie sur la conception qu'un individu peut avoir de Dieu parce que les Québécois ont souvent été éduqués avec la notion que Dieu juge, qu'ils ont des comptes à lui rendre, qu'il est un père préfet de discipline, etc. Son désir est de montrer une autre image de Dieu et de l'être humain.

L'Agapethérapie c'est un peu de la psycho-spiritualité. "Je veux être clair: Nous ne sommes pas des psychologues, des thérapeutes et nous ne voulons absolument pas prendre cette place... D'ailleurs, les gens qui participent et qui ont des thérapies avec des spécialistes, je veux qu'ils continuent leur accompagnement", conclut le Trinitaire.

Rendez-vous
Les prochaines sessions à l'horaire du Monastère des Trinitaires se tiendront du 15 au 20 septembre et du 17 au 22 novembre. Il faut s'inscrire au moins un mois à l'avance auprès de sœur Marie-Ella Vaillant au 372-5125.

(L’Hebdo Granbyen, 28 juin 1995, p. 17)