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Le 24 septembre est la fête de la bienheureuse Émilien Tavernier, veuve Gamelin |
ARTICLE DU JOUR: La relecture de vie
Par Benoit Voyer
24 septembre 2025
Dans le domaine de la psychologie, particulièrement aux États-Unis, un sujet en développement est la relecture de vie [1].Ce phénomène est très important chez les personnes confrontées à la mort afin de mieux trouver la paix intérieure.
La personne revoit les chapitres de son existence et les retouche, au besoin, à la lumière du recul des années. L’individu le fait verbalement ou mentalement pour faire un épilogue au grand livre de sa vie qu’il voit maintenant avec un portrait d’ensemble.
Le psychiatre américain Robert Butler, dans son livre « Aging and Mental Health », publié en 1963, parlait « d’un processus mental universel caractérisé par le retour progressif à la conscience d’expériences passées, particulièrement par la résurgence de conflits non résolus », lesquels pourront alors « être examinés et intégrés normalement ».
La vie est ainsi caractérisée, selon le psychanalyste allemand Erik Erikson, par différentes étapes à franchir. La dernière consiste, justement pour appuyer Butler, à prendre le pouls de sa vie afin de trouver la sérénité. Si l’étape est mal vécue, le sujet risque de décéder dans le désespoir, donc plus difficilement.
Dans bien des cas, la personne raconte sa vie à qui veut bien l’écouter. D’autres auront besoin d’accompagnement de la part de la famille, d’une infirmière ou d’un bénévole initié au processus de passage de vie à trépas et qui a des habilités à l’écoute active.
Il existe cinq types de relectures [2] : les relectures terminées et paisibles, les relectures en cours, les relectures défensives et les relectures pénibles.
Je reprends ici un extrait de l’article de Jean-Luc Hétu paru dans la revue Frontières à l'automne 1993.
« Les relectures terminées et paisibles : il s’agit en fait de récits de vie » plutôt que de relectures. Le sujet a déjà fait sa relecture et il n’éprouve plus le besoin de se situer par rapport à son passé. S’il en parle, c’est souvent en réponse à une invitation précise qui lui est faite. L’implication effective est faible, mais la personne est sereine et non pas sur la défensive. À l’écoute d’un tel récit, il n’y a pas tellement à intervenir.
Tout comme dans la catégorie précédente, dans les lectures de consolidation le sujet n’a pas de prise de conscience à faire sur son passé. Il s’est déjà permis de revenir sur ses difficultés de parcours et il a assez bien réussi à les mettre en perspective. Mais ici, il est impliqué affectivement. Il éprouve le besoin de revenir sur le chemin parcouru et il lui arrive souvent d’éprouver une satisfaction évidente à le faire.
À certains moments, il peut pleurer, se fâcher, éprouver des difficultés, etc. Mais le climat d’ensemble est à la sérénité. Il y a consolidation des guérisons ou des réconciliations par rapport au passé, et par conséquent consolidation de l’estime de soi.
Au moment de la relecture en cours, le sujet vit un corps à corps avec son passé. Il s’est résolument engagé dans le ménage d’une maison dont certaines portes n’ont pas été ouvertes, ou dont certaines pièces accusent encore un désordre relatif. Comme les sujets de la catégorie précédente, il est susceptible de vivre des émotions diverses, mais il a plus de chances de se sentir surpris par ces émotions. Il pourra donc avoir besoin d’être aidé à les accueillir et à les identifier. De plus, étant donné que la partie n’est pas encore gagnée, le sujet pourra se montrer ambivalent quant à différentes dimensions de son vécu.
La catégorie des relectures défensives regroupe les relectures où le sujet accepte de parler de son passé, ou décide spontanément de le faire, mais où il se censure beaucoup en évitant les épisodes qui le menacent. Il pourra ainsi soit parler d’abondance, mais seulement des moments heureux de sa vie, soit se raconter sur un ton détaché, sans se permettre de manifester les sentiments reliés aux épisodes qu’il évoque. À la limite, si la censure est forte, il n’y a pas à proprement parler de relecture, le sujet n’étant pas vraiment en train de faire son bilan.
Il arrive souvent, cependant, que le sujet donne des indices plus ou moins clairs des épisodes qui font problème, comme s’il demandait de l’aide pour surmonter les résistances qui le paralysent. S’il n’a pas d’aide, le sujet demeurera dans l’ambivalence.
Enfin, contrairement à la relecture défensive, la relecture pénible évoque clairement des blessures profondes : le sujet qui la fait se retrouve alors plus près du pôle du désespoir que de celui de la sérénité. Il a souvent l’impression d’avoir raté sa vie et il trouve que le temps est trop court pour pouvoir s’en remettre ou se reprendre. Contrairement à celui de la relecture précédente aussi, le sujet de la relecture pénible se montre souvent dépressif, anxieux, amer ou révolté : il demeure alors difficile de prédire si l’espoir et la paix prévaudront finalement sur le désespoir et la peur. »
Quand quelqu’un fait une relecture de vie, il en profite généralement pour faire des aveux. C’est souvent le cas où se dévoilent des agressions sexuelles, des amours secrets, un inceste vécu dans sa jeunesse, etc. Ce n’est qu’après une véritable relecture de vie que le sujet se sent en paix avec lui-même.
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[1] Benoit Voyer, « La relecture de vie (1ʳᵉ partie) », Chronique Au-delà du visible, L’Hebdo Granbyen, 22 mars 1995, p. 8.
[2] Benoit Voyer, « La relecture de vie (2ᵉ partie) », Chronique Au-delà du visible, L’Hebdo Granbyen, 29 mars 1995, p. 8.
PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Message aux membres de l'Association de Rousseau
Depuis de nombreuses semaines, je suis inactif des activités du PCQ pour des raisons familiales. Le temps me manque…
Aujourd’hui, je vous transmets ma démission de la présidence dans Rousseau et je vous prie de reprendre en main les destinées de notre association.
J’ai apprécié mon bref passage dans l’organisation du PCQ. Et, même si je ne suis plus parmi vous, je continuerai de défendre l’essentiel des idées conservatrices. En effet, en ces années troubles, elles demeurent ce qu’il y a de meilleur pour l’avenir du Québec.
Mes salutations les meilleures à chacun de vous.
En ce 24 septembre 2025
Benoit Voyer
JEAN-PAUL REGIMBAL: Le père Regimbal à la cathédrale
Le père Regimbal à la cathédrale
Le père Jean-Paul Regimbal donnera une causerie et animera une réunion de prières, de 8h à 10h, le dimanche 25 avril, à la cathédrale, de Saint-Hyacinthe. Il n'y aura pas d’Eucharistie.
(Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 21 avril 1976, p. A8)
ARTICLE DU JOUR: La bienheureuse Émilie Tavernier - Gamelin
Par Benoit Voyer
23 septembre 2025
C’est le 19 février 1800, à Montréal, que nait Émilie Tavernier, dit Sanspitié, fille d’Antoine Tavernier et Marie-Josephe Maurice. Elle est leur cinquième enfant.
En 1804, décède celle qui lui a donné la vie. C’est une tante, du côté de son père qui veillera sur elle. Son père la suivra dix ans plus tard.
Le 4 juin 1823, Émilie Tavernier épouse Jean-Baptiste Gamelin. Elle a 23 ans. Lui 50 ans. Son mari qui a jadis été cordonnier, est pomiculteur. Il a la réputation d’homme bon, intègre et généreux. Un jour, en parlant d’eux, Mgr Ignace Bourget dira: « Les coeurs charitables se reconnaissent et s'unissent: on en a la preuve dans le mariage d’Émilie Tavernier à Jean-Baptiste Gamelin. »
Une série de deuils affligera Émilie. En moins de cinq ans, elle perdra son époux et ses enfants. Elle restera seule avec un enfant handicapé mental qu’elle avait adopté avec son homme.
Elle vit des heures difficiles. Pourquoi? « Que veut de moi le Seigneur ? » Le prêtre qui l’accompagne spirituellement depuis quelques années l’écoute et tente de la consoler.
Elle finit par se consacrer entièrement aux plus pauvres qu’elle rencontre.
A 42 ans, elle fait des vœux privés chasteté totale jusqu’à sa mort, de service des pauvres pour toujours, de vigilance sur ses conversations pour qu'en elle la charité soit toujours grandissante et d'enlever tout luxe et toute parure dans les vêtements qu’elle porte.
Au fait des œuvres de charité d'Émilie Tavernier-Gamelin, Mgr Ignace Bourget veut en assurer la permanence en fondant une communauté religieuse. Ainsi, la Congrégation des Soeurs de la Providence est fondée en 1843. Émilie en deviendra la première religieuse.
Le 23 septembre 1851, Émilie quitte ce monde
Émilie Tavernier-Gamelin est déclarée « bienheureuse » par le Pape Jean-Paul II le 7 octobre 2001, sur la Place Saint-Pierre, à Rome.
Vers la canonisation
Le 20 octobre 2024, à 17h, Journée mondiale des mission et jour de la canonisation de Marie-Léonie Paradis, dans la cathédrale Marie-Reine-du Monde, à Montréal, l'archevêque catholique de Montréal, Mgr Christian Lépine, préside une messe spéciale a l'occasion du lancement du procès diocésain en vue de sa canonisation. Un nouveau miracle serait survenu.
Dans son introduction à la célébration, Mgr Lépine lance : « Faire mémoire d’Émilie Tavernier-Gamelin en rappelant la vie et l’œuvre de la bienheureuse nous garde dans l’émerveillement et l’action de grâce. Que notre célébration soit un chant d’amour et de reconnaissance au Dieu Providence pour le don d’Émilie […] et de tous ceux et celles qui, aujourd’hui comme hier, désirent « se faire Providence » pour demain »,
Pour cette célébration multilingue, qui dure près de deux heures, Christian Lépine est bien entouré. Il est notamment possible de reconnaître l’abbé Aleksander Dudik, vice-chancelier et président de l’enquête diocésaine; Chantal Labrèche, chancelier au diocèse montréalais; le père Alain Vaillancourt, curé de la cathédrale, Lorena Otero, celle qui raconte quotidiennement et avec passion l’histoire de la « sainte » aux visiteurs qui se présentent au musée du Centre Émilie-Gamelin depuis près de 20 ans; et, presque toutes les Sœurs de la Providence capables d’être présentes.
La grand-messe débute avec une quinzaine de minutes de retard. Un problème de circulation retarde l'arrivée de deux autobus de religieuses, les principales intéressées par cet événement rendant hommage à leur fondatrice.
En entendant la première lecture de l’eucharistie, tiré du livre biblique des Proverbes, il est impossible d’oublier la mémoire de Jean-Baptiste Gamelin, l’époux d’Émilie, mort beaucoup trop jeune et qu’on oublie bien souvent lorsqu’on fait mémoire de celle qu’il aimait de tout son cœur : « Une femme parfaite, qui la trouvera? Elle est précieuse plus que les perles! Son mari peut lui faire confiance : il ne manquera pas de ressources. Elle sait choisir la laine et le lin, et ses mains travaillent volontiers. Elle est debout quand il fait encore nuit pour préparer les repas de sa maison. […] Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. »
Dans son homélie, l’archevêque est, comme à son habitude, bref et simple. Il souligne qu’Émilie Gamelin a « su percevoir la dignité éminente de chaque être humain » et que « la sainteté ne réside pas juste dans les choses extraordinaires, mais dans les gestes simples du quotidien ». Il insiste sur le fait que, à la suite d’Émilie Tavernier, « chacun est appelé à devenir un instrument pour défendre les plus pauvres et la justice sociale ». Enfin, il souhaite qu’avec le procès diocésain en vue de sa canonisation, le diocèse de Montréal trouve des pistes d’inspiration pour l’avenir de sa grande communauté de foi.
Dans l'introduction du livret de la célébration, on indique qu'en ce moment, il reste « encore trois étapes à franchir pour qu'une personne béatifiée puisse être canonisée et déclarée sainte. Tout d'abord, le présumé miracle doit être jugé légitime par un tribunal diocésain composé de juges, après que ceux-ci ont entendu des témoignages et examiné des documents. Deuxièmement, la recommandation et la documentation sont envoyées au Vatican pour une enquête complémentaire. Enfin, si les conclusions de l’enquête sont positives, la recommandation de canonisation est transmise au pape […] pour qu’il prenne les mesure nécessaires ». Ainsi donc, il faudra, fort probablement, au moins une vingtaine d’années encore avant qu’elle soit déclarée « sainte ».
Le 24 septembre de chaque année a lieu la mémoire liturgique de la bienheureuse Émilie Tavernier – Gamelin.
SUR LA ROUTE: Le Berceau de Sainte-Anne-de-LaPocatière
Le Berceau de Sainte-Anne-de-La-Pocatière, au Bas Saint-Laurent.
Le 26 septembre, l'article du jour sera consacré a l'histoire de ce site historique
POLITIQUE: Réduire davantage le fardeau de la dette
Réduire davantage le fardeau de la dette
Monsieur le Ministre,
Vous avez raison de dire que «la réduction de la dette n’a rien de honteux ». Votre gouvernement montre une véritable vision à long terme. Il faut vraiment cesser de vouloir hypothéquer l’avenir de nos enfants. Il en va de la responsabilité de l’État de faire cet acte de courage. Et je me réjouis des efforts concrets que vous faites. En 1998, la dette s’élevait à 583,2 milliards. Aujourd’hui, à 501,5 milliards. Ce n’est pas rien! Dans peu de temps, ce sont 100 milliards qui auront été soustraits de notre fardeau fiscal
On connaît le désastre qu’une telle dette représente lorsqu’il y a une hausse des taux d’intérêt de 1 % ou 2 %. A chaque fois, des milliards s’ajoutent au fardeau fiscal des Canadiens et des canadiennes. Cela nous empêche d’investir des montants significatifs en santé et dans les services sociaux.
Comme vous l’avez souligné devant le comité des finances de la Chambre des commîmes, il est important, voire urgent, de réduire le boulet fiscal que nous avions avant la retraite massive des baby-boomers en 2010.
Pendant plusieurs années, nous avons voulu vivre à crédit. Maintenant, ayons la responsabilité de nos choix. Payer ses dettes est un règle morale essentielle. Après tout rendons à César ce qui est à César. Au lieu de se demander comment nous allons utiliser nos surplus budgétaires, la question est plutôt de savoir ce que nous pouvons faire de plus pour diminuer ce fardeau qui nous coûte vraiment trop cher.
Recevez, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma haute considération et mes salutations les meilleures.
Benoit Voyer
Montréal, le 17 novembre 2004
(Le Devoir, 23 novembre 2004, p. A6)
ARTICLE DU JOUR: La démence
Par Benoit Voyer
22 septembre 2025
Autrefois, lorsqu’une personne prenait de l’âge, on disait qu’elle devenait « sénile ». Aujourd’hui, on parle de démence. Ainsi donc la démence ou la « sénilité » est surtout un trouble qui affecte les plus de 65 ans.
Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la démence “est l’une des causes principales de handicap et de dépendance parmi les personnes âgées dans le monde”. Et ajoute qu’“elle n’est pas une composante normale du vieillissement”.
Les symptômes de la démence varient d’une personne à l’autre. Une seule constance : le syndrome est habituellement évolutif et affecte la dimension cognitive.
Au début, l’entourage ne percevra probablement pas les premiers signes, mais ils sont là et s’intensifient peu à peu. À terme, la démence provoquera une perte totale de l’autonomie.
Les premiers signes sont des pertes de mémoire, de la désorientation, même dans des endroits familiers, et la perte de la notion de temps.
Et puis apparaitront peu à peu : a) des pertes de mémoires sévères : difficulté à se souvenir du nom des gens ou d’événements récents ; b) de la difficulté à effectuer des tâches de la vie quotidienne comme manger, se laver ou aller aux toilettes ; c) des problèmes dans l’utilisation du langage ; d) une importante désorientation.
Et puis, finalement : a) une perte totale d’autonomie ; b) un changement de personnalité ; c) de l’agressivité ; d) des difficultés à se mouvoir ; e) une perte de la notion de temps et de lieu ; f) et, une impossibilité à se souvenir des proches et événements passés.
Il y a diverses formes de démences [1].
Habituellement, avec l’âge qui avance, on observe surtout la démence dégénérative.
La démence fronto-temporale se caractérise par une modification de la personnalité, une négligence physique, un comportement inapproprié et un désintérêt pour les proches. Elle peut conduire à l’amnésie, c’est-à-dire à l’impossibilité d’apprendre de nouvelles informations ou de se souvenir du passé.
Et puis, tous connaissent la maladie d’Alzheimer. Elle se caractérise par des pertes de mémoire, une désorientation, un changement de comportement et des difficultés dans l’expression orale et écrite.
Enfin, la moins fréquente est la démence à corps de Lewy. Celle-ci provoque notamment des hallucinations, des troubles moteurs, des troubles de l’humeur et du comportement. Elle est souvent associée à l’alcoolisme.
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[1] Camille Moreau. Démence : reconnaître les premiers signes www.passeportsante.net/fr/psychologie/Fiche.aspx?doc=demence-reconnaitre-premiers-signes
BOUCHERVILLE: Sur le fil d'arrivée du Tour CIBC au profit de la Fondation Charles Bruneau (2025) - En rappel
Sur le fil d'arrivée du Tour CIBC au profit de la Fondation Charles Bruneau, au Parc de la mairie, a Boucherville, le 4 juillet 2025.
POLITIQUE: Patrimoine religieux: qu’Ottawa fasse sa part
Patrimoine religieux:
qu’Ottawa fasse sa part
À Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications
Madame,
Il est vrai que ce n’est pas au gouvernement du Québec de tout payer pour la restauration du patrimoine religieux, mais son effort est essentiel.
Malgré tout, je me pose des questions. Est-ce que votre cabinet ministériel pourrait inciter le gouvernement du Canada à s’impliquer dans ce dossier en octroyant, lui aussi, du financement pour la restauration des églises, des temples et des édifices du patrimoine? Est-ce qu’il pourrait aussi convaincre le ministre des Finances du Québec d’encourager le public à donner davantage pour cette cause en accordant des déductions d’impôts pouvant atteindre jusqu’à 40 % du montant donné?
Il serait intéressant que l’État québécois soit un leader en matière de protection du patrimoine, car, comme vous l’écrivez dans votre lettre publiée dans plusieurs médias du Québec en juin, « le patrimoine [...] contribue de manière tangible à affirmer notre identité ».
Benoît Voyer
L’Assomption
(Le Devoir, 10 juillet 2004, p.B4)
ARTICLE DU JOUR: La dette du Québec
Par Benoit Voyer
21 février 2025
L'endettement du Québec me préoccupe depuis longtemps. Je sais que le sujet n'est pas très populaire, mais il m'apparaît fort important.
Le problème est celui des intérêts à payer sur la dette. Nos ancêtres disaient avec intelligence : « Qui paie ses dettes s'enrichit ! » Ils avaient raison.
En octobre 2009 [1], je voyais d’un bon œil une série de propositions faites dans un congrès du Parti libéral du Québec : rétablissement du péage sur les autoroutes, imposition de droits de scolarité au collégial, hausse des tarifs d'Hydro-Québec et nouvelle taxe sur l'alcool et l'eau embouteillée.
En 2009, la dette québécoise était d'environ 122 milliards de dollars et le déficit prévu devait atteindre de 5 à 6 milliards de dollars à la fin de l’exercice financier.
Si je fais une herméneutique de cette époque, je pense toujours qu’il s’agissait de bonnes mesures. C’étaient des solutions de l'époque pour ce temps-là.
Avec les années, je suis devenu frileux à l’idée d’imposer de nouvelles taxes et d'augmenter celles qui existent. La réalité nous montre que plus le gouvernement québécois récolte de revenus, plus il dépense et s’endette. Faire toujours payer davantage les contribuables n’est pas la voie à emprunter. Il faut plutôt couper dans les dépenses publiques, vivre collectivement selon notre capacité de payer et assurer des services raisonnables à la population. L’époque de L’État-providence est révolue.
Comme me disait mon père : « Une dette, c'est une dette de trop.
Le gouvernement de Philippe Couillard avait réussi à remettre un peu d’ordre dans les finances publiques et avait terminé son mandat avec des surplus budgétaires légendaires dont les Québécois et les Québécoises n’ont pu réellement profiter à cause de l’arrivée de l’administration dépensière de François Legault. J’appréciais Philippe Couillard.[2] Sa rigueur me manque. Malheureusement, ses successeurs ont pris une direction plus socialiste. À moins de changements majeurs, je ne voterai pas pour l'équipe de Legault.
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[1] Benoit Voyer. « Qui paie ses dettes s’enrichit », La Presse, 14 octobre 2009, p. A28.
[2] Cf. Benoit Voyer, « Le budget de l'État québécois », Huffington Post Québec, 7 février 2016, www.huffpost.com/archive/qc/entry/le-budget-de-l-tat-quebecois_b_9152780
PARTI CONSERVATEUR DU QUÉBEC: Lancement de la campagne électorale d'Eric Duhaime dans Arthabaska - En rappel
Lancement de la campagne électorale d'Eric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, dans Arthabaska, le 4 mai 2025. Images captées par Benoit Voyer.
JEAN-PAUL REGIMBAL: Le chrétien c'est qui?
Le chrétien c'est qui?
Les 27, 28 et 29 janvier 78, à l'église Notre-Dame de l'Assomption, s'est déroulée une réunion du Renouveau Chrétien, animée par le Père André-Marie Syrard, o.s.m. et ses collaborateurs, P. Alexandre Landry, s.g., et Mme Rose Catudal. Tous trois font partie de l'Eau Vive de Granby. Plus de cinq cents personnes ont tenu à profiter de ces jours de ressourcement spirituel.
Le P. Syrard, avec un fervent dynamisme apostolique, parla abondamment de « Dieu Amour », Dieu trois fois Amour, parce que Père, Fils et Esprit-Saint; Dieu qui nous a créés par amour, et dont le seul désir est d'être en amour avec chacun de nous.
« Le chrétien », alors « c'est quoi? C'est celui que le Père rejoint dans l'amour. Le chrétien, parce qu'il est aimé gratuitement, est donc bénéficiaire de l'amour. Comme l'amour est essentiellement «don», le chrétien est «envoyé», il est missionnaire», en étant témoin» de Dieu.
Le vrai prêtre, de son côté, n'a plus de temps pour lui. Il vend sa T.V.. Où est-ce qu'on le trouve? A genoux en adoration devant le saint tabernacle. Sinon, il donne un sacrement, il offre l'eucharistie, il enseigne la catéchèse, il guérit les malades. Jésus est le curé de la paroisse le prêtre aime passer du temps avec son curé.
Dans le Christ, nous sommes enfants de Dieu, héritiers et cohéritiers avec Lui. (Rom. 8,17). Ensemble, nous sommes «envoyés» pour construire le Corps du Christ, l'Église. Aimés comme nous le sommes, nous devons être des «boules de feu dans les rues», dans les familles, les écoles, […] et ainsi transformer le monde.
P. Syrard donna lecture de deux paraboles : le ver de terre, la bûche, tirées du livre de Christian Curty. Paraboles à travers l'eau vive et le feu. Si ce petit ver, c'était moi, avec mes désirs terrestres, boueux et l'ami, Dieu qui m'aime gratuitement, dans mes péchés comme dans ma sainteté. Et quand Dieu aime, il agit, il ne parlotte pas comme les humains. Son action : il veut entrer en alliance avec les hommes. Car Dieu est toujours très proche de nous, toujours il nous attend, témoin la belle parabole de Jésus, celle de l'enfant prodigue, plutôt celle du Père qui aime son enfant pécheur
Au cours de son dernier exposé, il présenta une brève synthèse du Document des évêques canadiens, 28 octobre 1977, sur la «catéchèse ». Ce qu'est la catéchèse: une systématique et progressive éducation de la foi, liée au processus continu de l'approfondissement de la foi. Ce n'est pas un cours de sexologie. Elle est manifestation du salut dans le Christ. Elle est Parole de Dieu, et témoignage d'une vie chrétienne.
Il lut ensuite en partie la conférence du P. Jean-Paul Regimbal, sur l'Immaculée Conception de Marie, qu'il donna a la basilique de Québec (On peut se la procurer à l'Eau Vive, 200 boul. Robert, Granby, J2K 807). Après avoir indiqué l'histoire de l'Immaculée Conception au Canada, et parlé de la consécration de la basilique de Québec, le 8 octobre 1645, il présenta les conséquences du mystère de 'Incarnation et de celui de 'Immaculée Conception. Il releva les 4 sources de pollution spirituelle au Québec, au Canada, dans le monde l’avortement libre et gratuit, forme de génocide de notre peuple, la marée montante de l'immoralité de la jeunesse au plaisir, a la liberté inconditionnelle, surtout dans le domaine de la sexualité.
(L’Union, 14 février 1978, p. B17)
ARTICLE DU JOUR: Les préjugés religieux
Par Benoit Voyer
20 septembre 2025
Je trouve regrettable tous les préjugés qui existent au Québec en matière religieuse. Bien entendu, je suis totalement en désaccord avec l’utilisation de la religion à des fins politiques. Je suis également très mal à l’aise lorsque les textes anciens, qu’ils proviennent de la Bible, de la Torah et du Coran, ne sont pas adaptés à notre époque. En cette matière, une lecture historico-critique doit être réalisée avant d’en faire une adaptation pour s’en inspirer dans notre présent.
Comme le disait l’an dernier Régis Labeaume à Christian Bégin à l’émission télévisée « La Grand-messe » : « Ce qui dérange émotivement les Québécois de souche, c’est la pratique religieuse des immigrants. Les communautés culturelles sont plus croyantes que nous autres. [...] Nous on n’a plus de croyance. Nous autres, on est laïcs et on a raison (de l’être). [...] Mais tu n’peux pas empêcher le monde de croire ! [...] “ [Ce constat] nous heurte pas mal plus qu’on le pense. [...] La foi des autres nous heurte… »
Ainsi donc, je suis un chrétien de tradition catholique. En revanche, j’ai toujours été ouvert à la différence. Je m’en souviens, au milieu de la vingtaine, j’ai visité de nombreuses synagogues, mosquées et temples de différentes confessions chrétiennes. Après tout, s’il y a un dieu, il est unique.
Lorsque j’étais journaliste, afin d’établir des ponts culturels et cultuels, j’ai réalisé plusieurs reportages sur ces communautés de foi, notamment pour l’Hebdo journal [1],
À Trois-Rivières, en 1996, j’ai rencontré Aziza Blili, une agente de voyages tunisienne de confession musulmane. J’avais tiré plusieurs petits textes de notre échange qui m’apparaissait fort intéressant.
Elle regrettait les préjugés que les médias entretiennent. Elle me disait : « Dans l’islam, il y a des gens de la droite et de la gauche comme dans toutes les sociétés ou religions. Les uns sont plus intégristes, les autres sont plus ouverts […] Il y a des gens qui agissent au nom de la religion, mais qui ne sont pas vrais ! C’est de la politique déguisée ! Les conflits qui viennent dans le monde viennent ternir l’image de l’islam. Je n’ai jamais lu une phrase du Coran qui dit qu’il faut assassiner quelqu’un qui ne pense pas comme nous ! »
Dans la région trifluvienne, le Centre communautaire islamique de la Mauricie joue le rôle de mosquée. En 1996, lorsque je demeurais dans cette région, il était situé dans une humble maison, au 3009, boul. des Forges. Rien ne laissait présager la présence d’adeptes du Coran en ce lieu. Il y avait douze ans que la communauté musulmane s’y réunissait. De nos jours, ils se réunissent au 5375, rue St-Joseph, Trois-Rivières-Ouest.
Chez les musulmans, il n’y a que l’homme qui doit se rendre à la mosquée afin de prier, bien entendu si son horaire professionnel le lui permet. Les autres temps de la prière quotidienne sont laissés à la discrétion de chaque membre.
Hier comme aujourd’hui, le Centre islamique sert également d’école pour les jeunes qui veulent apprendre l’arabe et l’islam. De plus, c’est un lieu où se donnent des conférences et où une bibliothèque est aménagée.
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[1] Benoit Voyer. Une mosquée à Trois-Rivières, L’hebdo journal, 7 juillet 1996, p. 3
JEAN-PAUL REGIMBAL: Premier congrès charismatique du diocèse de Nicolet
Au début de juin, à Drummondville
Premier congrès charismatique du diocèse de Nicolet
Un congrès charismatique couvrant les 85 paroisses du diocèse de Nicolet se tiendra à Drummondville, les 2, 3 et 4 juin prochain.
C'est lors d'une réunion des responsables du Renouveau Charismatique diocésain tenue le 3 décembre 1977 a Notre Dame-du-Bon-Conseil que fut décidée la tenue d'un tel congrès.
Délégués
Des délégués furent nommés pour les trois (3) régions du diocèse. La région de Drummondville est représentée par M. Ferdinand Smith, Sr Florence Bonneau, p.m. Jean-Paul Allard, ptre, et Sr Lucille Guay, p.m. Pour Victoriaville, ce sont MM. Jacques Bergeron et Jean Paul Guillemette, ainsi que Sr Marthe Houle. Nicolet a délégué MM. Marc Dion (section Jeunesse), Jules Landry et Gérard Marier, ptre.
Président du congrès
Les responsables du Renouveau Charismatique ont élu M. Ferdinand Smith, de Drummondville, à la présidence de ce premier congrès diocésain qui débutera vendredi soir, le 2 juin 1978, au Centre Civique de Drummondville.
Les participants à cet événement religieux pourront s'inscrire aux activités et conférences qui se dérouleront au cours de la journée du samedi, 3 juin. Et c'est dimanche, le 4 juin, que se terminera ce premier congrès diocésain lors d'un grand rassemblement au Centre Civique
Des formules d'inscription seront bientôt distribuées dans toutes les paroisses du diocèse de Nicolet.
Nuit de prière
Vendredi soir, le 2 juin, après l'ouverture du congrès, les participants se rendront à l'église Saint Frédéric de Drummondville on aura lieu une « nuit de prière et de pardon ».
Chaque heure sera animée par divers groupes de prière du diocèse de Nicolet.
Conférenciers Invités
Des personnalités bien connues au Québec animeront les différents ateliers. Il s'agit du Père Paul Marchand, montfortain; Jean-Paul Regimbal, o.s.s.t.; Sr Lucille Guay, p.m.; Marc Dion; Fernand Dumont, sociologue Gérard Marier, ptre et Lucien Coutu, ptre.
Tous les prêtres du diocèse seront également invités à se joindre à cette manifestation de foi dont le thème sera : « Louange et libération ».
Le grand appel
Gérard Marier, répondant du Renouveau charismatique du diocèse de Nicolet, lance un appel a tous les groupes de prière en vue du congrès de juin 1978.
Il leur demande d’en faire une priorité par une prière ininterrompue, et ce, jusqu’à la cérémonie de clôture du congrès présidée par Mgr Albertus Martin, évêque de Nicolet.
(L’Union, 28 février 1978, p. D-15)
ARTICLE DU JOUR: André Gagnon, pianiste et compositeur
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| André Gagnon sur l'album Neige, en 1975 |
Par Benoit Voyer
19 septembre 2025
Le pianiste et compositeur André Gagnon est né le 2 aout 1936, au 236, boul. Bégin, à Saint-Pacôme, dans le secteur du Kamouraska, au Bas-Saint-Laurent. Selon la tradition, il est baptisé le lendemain dans l’église paroissiale. André est le dernier enfant d'une famille nombreuse. Il passera son enfance dans cette maison.
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| La maison natale d'André Gagnon, le 16 septembre 2025 |
À partir de l'âge de 3 ans, il joue sur le piano familial. Il recevra ses premières véritables leçons de musique deux ans plus tard.
La musique a toujours fait partie de la vie familiale. Après la grand-messe du dimanche, on se réunit au salon pour chanter, accompagnés au piano par Rita ou Yvette. Cette dernière sera l’organiste de la paroisse pendant 60 ans.
Toute sa vie, André Gagnon restera profondément attaché à son village natal.
André Gagnon nous a quittés le 3 décembre 2020, en pleine pandémie de la covid-19. Ses funérailles sont célébrées dans la cathédrale Sainte-Anne, à La Pocatière, le samedi 23 janvier 2021, à 13 h. Par la suite, il est inhumé dans le cimetière de Saint-Pacôme. Il est facile à trouver puisque son visage est gravé sur la pierre tombale. À Montréal, une célébration commémorative a eu lieu le vendredi 3 décembre 2021.
SUR LA ROUTE: A Saint-Pacôme
A Saint-Pacôme
Par Benoit Voyer
19 septembre 2025
19 septembre 2025
Le 16 septembre 2025, à Saint-Pacôme, au Bas-Saint-Laurent, je me suis rendu au vieux cimetière afin de faire un acte de mémoire envers mes arrière-grands-parents. Je ne les ai pas connus, mais mon amour pour eux m'a été transmis par mes parents qui m'ont toujours parlé d'eux comme des proches toujours vivants. Ici, il n'y a pas de pierres tombales qui me rappellent leur passage sur cette terre, mais on sent qu'ils sont peu loin.
Sur cette terre sont inhumés : Parfait Bérubé (1833-1909) et Adèle Lévesque (1832-1897), mes arrière-arrière-grands-parents ; Louis-Thomas Bérubé (1804-1876) et Marie Gauvin (1802-1853), mes arrière-arrière-arrière-grands-parents ; Étienne Lévesque (1801-1854) et Marie Marcelline Blier (1808-1854) et ma 3ᵉ arrière-grand-mère Marie Gauvin (1823-1868). Ils sont dans la lignée de ma mère.
Sur cette terre sont inhumés : Parfait Bérubé (1833-1909) et Adèle Lévesque (1832-1897), mes arrière-arrière-grands-parents ; Louis-Thomas Bérubé (1804-1876) et Marie Gauvin (1802-1853), mes arrière-arrière-arrière-grands-parents ; Étienne Lévesque (1801-1854) et Marie Marcelline Blier (1808-1854) et ma 3ᵉ arrière-grand-mère Marie Gauvin (1823-1868). Ils sont dans la lignée de ma mère.
CATHOLIQUE: Mgr Raymond Saint-Gelais, l'évêque des gens ordinaires
Mgr Raymond Saint-Gelais, l'évêque des gens ordinaires
L'évêque de Nicolet est de cette nouvelle race d'évêque qui ne s'attache pas au prestige que procure le titre de sa fonction. Il veut demeurer le simple pasteur qui garde le contact avec les gens ordinaires. Il ne manque pas une occasion d'être une présence de Dieu au cœur des débats de la société et auprès des marginaux de son diocèse.
"J'ai la conviction que le leader d'aujourd'hui et de demain est quelqu'un qui chemine avec les gens, plutôt que d'imposer son propre point de vue" a-t-il dit en interview à Image de la Mauricie.
Que ce soit pour défendre les droits des personnes âgées ou pour partager, la bière à la main, avec un individu au fond d'un bar, il refuse rarement un rendez-vous pour témoigner de ce feu qui habite en lui.
Raymond Saint-Gelais ne veut pas dire seulement de belles paroles qui ne toucheraient guère les gens. Il veut se faire solidaire des exclus, car, pour lui, la foi sans les œuvres est une foi morte.
Il le dira à plusieurs reprises en entretien, son désir est de montrer le visage humain de son Église, un visage qui ressemble à celui du Christ. C'est d'ailleurs l'objectif visé par la priorité diocésaine de Nicolet. Une priorité qui lui colle à la peau.
Un évêque à la brasserie
Une de ses actions pour se rapprocher du "vrai monde", c'est la visite des bars qu'il fait un peu avant Noël. Il apprécie ces rencontres. C'est sa façon de faire sentir combien il aime et veut écouter chaque personne.
Il se souvient d'un jeune d'environ 25 ans qui a attendu sa visite dans une brasserie de Gentilly pendant au moins deux heures. L'homme a placoté avec l'évêque pendant trente minutes et aurait aimé que la discussion se poursuive toute la nuit.
Un autre lui disait: "Il est peut-être tard pour venir nous visiter, mais continuez, vous risquez de m'avoir."
Sa façon de voir les distants de l'Église se rapproche des propos de l'auteur français Olivier Legendre dans son livre "Le cri de Dieu" publié aux Éditions Anne Sigier : "Il y a des incroyants qui sont plus croyants que certains croyants". Une façon de dire qu'il ne porte pas de jugements sur ces personnes qu'il considère comme ses propres frères et sœurs.
Autres actions
Le 11 février dernier, à l'occasion du dimanche des malades, il a célébré une messe au Foyer de Nicolet qui est menacé de déménagement. Dans son homélie, il a lancé un plaidoyer en faveur de la survie de ce centre pour les aînés et pour celle de l'hôpital de Nicolet. Son message a eu des échos.
La liste de ses positions publiques est longue. Un peu avant Noël, il a accueilli à son bureau des femmes à la tête de familles monoparentales. Quelques jours plus tard, à l'invitation du restaurant Chez Théo, il a joint, pour une seconde fois, ces femmes dans le cadre d'un déjeuner aux frais du restaurateur. Dernièrement, il a participé à une assemblée publique portant sur la reconfiguration des établissements de soins de la santé et à une autre sur l'avenir économique du "Grand Nicolet." Qu'importe l'occasion, il ne veut pas de places d'honneur. Sa seule ambition est de faire entendre sa voix au milieu des autres.
Un nouveau Mgr Gaillot?
"Êtes-vous un nouveau Mgr Jacques Gaillot?" a osé lui demander promptement notre journaliste. "Chaque évêque a sa personnalité", a-t-il rétorqué. "L'intention que j’aie n'est pas de jouer à la vedette. je ne dis pas que Mgr Gaillot le fait. Je veux simplement être pasteur dans l'Église de Nicolet."
Raymond Saint-Gelais continuera de prendre encore la défense des plus défavorisés de sa région. Le diocèse de Nicolet est un territoire à l'économie fragile. La reconfiguration des services de la santé, en exemple, risque de faire perdre de nombreux emplois.
Benoit Voyer
(Texte proposé a Image de la Mauricie pour l’édition d’avril 1996)
ARTICLE DU JOUR: Les femmes prêtres, ce n’est pas pour demain
Par Benoit Voyer
18 septembre 2025
Bien que le pape François ait fait avancer le dossier de la place des femmes dans l’Église catholique, il n’en demeure pas moins qu’il y a encore bien du chemin à parcourir pour qu’elles accèdent au sacrement de l’ordre et deviennent prêtres. Sous les prédécesseurs de François, la cause des femmes était au beau neutre.
Dans une lettre apostolique parue le 29 juin 1995 [1], le pape Jean-Paul II réaffirmait la position de l’Église du moment sur la question de l'accès des femmes à la prêtrise. Encore une fois, le chef des catholiques disait : « Non ».
Lorsque l’Église anglicane a soulevé le débat, Paul VI, qui était alors pape, a rappelé aux anglicans que le Vatican tient à ce que l’ordination sacerdotale des femmes ne soit pas acceptable pour des raisons fondamentales.
Il citait en exemple le passage de l’Évangile dans lequel on apprend que Jésus a choisi ses apôtres uniquement parmi des hommes. Dans la pratique, l’Église a également toujours choisi des membres de la gent masculine.
Comme Paul VI le proclamait et Jean-Paul II le disait aux évêques du Québec, le 6 mai 1993 [2], lors de la visite « ad limina » : « L'Église ne se considère pas autorisée à admettre les femmes à l’ordination sacerdotale ».
Le pape soutenait que « la présence et le rôle de la femme dans la vie et la mission de l’Église, bien que non liés au sacerdoce ministériel, demeurent absolument nécessaires et irremplaçables […] L’Église souhaite également que les femmes chrétiennes prennent pleinement conscience de la grandeur de leur mission : leur rôle sera capital aujourd’hui, aussi bien pour le renouvellement et l’humanisation de la société que pour la découverte parmi les croyants du vrai visage de l’Église ».
Dans sa lettre, Jean-Paul II concluait sur un ton directif en affirmant qu’en vertu de sa mission de confirmer ses frères, tous ses fidèles de l’Église doivent faire sienne cette position.
À son retour du Vatican, à l’occasion d’une conférence de presse à laquelle je participais à titre de journaliste [3], Mgr Jean-Guy Hamelin, en marchant sur des œufs, déclarait que la Conférence des évêques catholiques du Canada accueillait cet enseignement du pape en le faisant sien : « Les évêques du Canada ont été, spécialement ces dernières années, de vigoureux promoteurs d’une juste place des femmes dans l’Église. Ils continueront de le faire à l’invitation même de la lettre apostolique, et au sein de l’Église universelle et auprès de leurs propres communautés […] On ne peut pas voir dans la présente déclaration, qui réaffirme une position déjà tenue dans l’Église, un obstacle pour continuer à intensifier les efforts des femmes et ceux de tous les catholiques d’ici en vue de les impliquer toujours de plus en plus dans les structures et toute la vie de la communauté des fidèles ».
Ainsi donc, grâce au pape François, la cause des femmes a continué d’évoluer au sein de l’Église. Comme me le disait en 1994 l’abbé Denis Lépine, prêtre au diocèse catholique de Saint-Hyacinthe [4] :
« Théologiquement, ça ne tient plus les arguments de Rome. Pour être honnête intellectuellement, allons au bout de la pensée : Jésus n’a choisi, chez ses disciples, que des hommes juifs. Alors, moi, je ne suis pas juif. L’Église a évolué en ce sens à une époque et admettra les femmes éventuellement. Il me rappelait qu’il y a eu, dans l’histoire de l’Église, des diacres féminins. Il s’agit d’un ministère ordonné au même titre qu’un prêtre et un évêque.
____________________
[1] Jean-Paul II. « Lettre du pape Jean-Paul II aux femmes », 29 juin 1995 www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/letters/1995/documents/hf_jp-ii_let_29061995_women.html
[2] Jean-Paul II. « Discours de sa sainteté Jean-Paul II à l’Assemblée des évêques du Québec en visite « Ad limina », 6 mai 1993 www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/1993/may/documents/hf_jp-ii_spe_19930506_quebec-ad-limina.html
[3] Benoit Voyer. « Les femmes prêtres ce n’est pas pour demain - Jean-Paul II réaffirme la position de Rome », Le Plus de La Voix de l’Est, 26 juin 1994, p. 2.
[4] Benoit Voyer. « Les femmes prêtres ce n’est pas pour demain - Jean-Paul II réaffirme la position de Rome », Le Plus de La Voix de l’Est, 26 juin 1994, p. 2.
SUR LA ROUTE: Saint-Philippe-de-Néri, au Bas Saint-Laurent
A Saint-Philippe-de-Néri
Par Benoit Voyer
18 septembre 2025
Le 16 septembre, en après-midi, de passage à Saint-Philippe-de-Néri, au Bas-Saint-Laurent, je suis allé me recueillir dans le cimetière. Près de la croix, je me suis souvenu de Félicité Dionne, inhumée en ce lieu le 4 avril 1876, et de François Xavier Jean, décédé entre les recensements de 1881 et 1891. On a perdu sa trace. Il s'agit de mes arrière-arrière-arrière-grands-parents du côté de ma mère.
L'église catholique Saint-Philippe a été construite en 1890. Il s'agit du lieu de culte et des rites de passage de plusieurs générations. C'est à cet endroit qu'ont eu lieu les funérailles de Félicité, Louise et Antoine.
GRANBY: Accident rue Denison Ouest, a Granby (1986) - En rappel
Le 4 septembre 1986, un accident survient sur la rue Denison Ouest, a Granby. Derrière la caméra, Benoit Voyer capte quelques images du remorquage de L'Unité 7/24.
Tiré du Fonds Benoit Voyer (P049) de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a Granby.
CATHOLIQUE: Si j'étais passé par là, je serais derrière les barreaux
Très souvent, j'ai les larmes aux yeux quand les jeunes commencent à parler de leurs souffrances, de leur vécu. Je trouve cela extraordinaire! Je me dis, comme Thérèse de l'Enfant Jésus, « si j'étais passé par là, je serais derrière les barreaux », raconte André Dumont.
« Si j'étais passé par là, je serais derrière les barreaux »
-André Dumont
Ce père Oblat de Marie Immaculée qui a longtemps travaillé au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap et qui est reconnu même à l'étranger pour ses chansons spirituelles, dont « Jésus est vivant », exerce maintenant son ministère sacerdotal auprès des alcooliques et des toxicomanes à Montréal. Le religieux fondait, il y a 5 ans, l'Exode. II s'agit d'une maison de réinsertion sociale, un milieu de vie où l'individu peut réapprendre à vivre au cœur de la société.
« J'ai eu ma période de supposée "Star", dit-il. Cela m'a toujours un peu agacé. Je n'ai pas envie d'être ainsi. C'est le Christ qui est la "star"! J'aime mieux être sur le terrain auprès des pauvres. C'est ma joie! »
Cependant, il ne regrette rien de son travail à Cap-de-la-Madeleine, « Cela a été merveilleux! Je suis maintenant à une autre étape de ma vie », insiste le père Dumont.
Frédéric
Peu de temps après la visite du pape Jean-Paul II au Canada en 1984, sentant que la béatification du père Frédéric serait proche, il proposait à l'équipe du lieu de pèlerinage d'écrire un livre sur ce personnage.
Après avoir lu les lettres de Frédéric Jansoonne qu'il a dû sortir de la poussière, il a remarqué des traits forts chez le saint homme. Une de celles-ci, était d'aller vers les gens qui portaient des souffrances intérieures. Une similitude qui se retrouve, aussi, chez le fondateur des Oblats, Eugène de Mazenod.
Cette découverte inspirait l'auteur du livre « Le goût de Dieu » à écrire un chapitre sur le sujet des blessés de la vie.
Un téléphone
« Au moment d'écrire le livre, poursuit-il, je reçois un appel téléphonique, une espèce de cri de détresse, d'un jeune du nom de Pierre Forest. Il était à la maison Mélaric à Pointe-du-Lac (aujourd'hui déménagée à Carillon). Il me disait que le prêtre qui allait célébrer l'eucharistie chez eux était parti. Les gars trouvaient ça difficile. »
Il ajoute: « En partant, le prêtre qui venait nous a dit: "demandez à André Dumont, il est au Sanctuaire". La direction de Mélaric a dit à ce jeune qui est décédé d'une "overdose" deux ans plus tard, de trouver cet étrange personnage. Ces jeunes ne me connaissaient pas, car ils ne fréquentaient pas le Sanctuaire.»
Le religieux remercia l'offre faite et répondit que pour l'instant, il était débordé. Le jeune récidivait quelques jours plus tard. La réponse fut la même.
« La troisième fois, "y a été wise", il m'a dit: "Je sais que tu vas me dire non, alors ne me réponds pas. J'aimerais juste que tu viennes nous visiter, juste une petite fois pour que tu saches davantage qui on est. Après tu pourras dire non". C'est là qui m'a eu! » se souvient en souriant l'homme de Dieu.
Lors de sa visite du 3 septembre 1987, il fut très touché. Parmi ses surprises, un jeune lui demanda « un gros Pardon de Dieu ». « Je dois t'avouer que ça valait le déplacement! »
Les jeunes étaient enchantés par ce prêtre à l'allure un peu "rock-n-roll". Pendant trois ans, il fréquenta ce centre. Ce fut pour lui comme un noviciat.
L'Exode
Au 2575, rue Létourneux, c'est vraiment la dure réalité montréalaise. C'est ici que se retrouve le quartier le plus chaud de la métropole québécoise (Hochelaga-Maisonneuve). Près de la maison, il y a des centaines de piqueries.
Pour André Dumont, le choix du site est vraiment providentiel. C'est sa communauté qui lui a offert cette maison. C'est après qu'il a connu les réalités de l'arrondissement. Il ne pouvait y avoir meilleur lieu.
La congrégation oblate subventionne son apostolat, car l'oeuvre de l'Exode a peu d'argent pour des salaires.
Depuis le mois d'août, les Sœurs de la Providence se sont jointes à l'œuvre. Leur désir était de démarrer un volet pour les femmes aux prises avec les mêmes problemes.
L'Exode a maintenant pignon pour la gent féminine en réinsertion au 2819, rue Dandurand. L'ouverture officielle avait lieu le 1er octobre dernier.
Une chose est certaine: il est fier de cette nouvelle contribution qu'apportent les religieuses. Grâce à elles, l'Exode passe de 15 à 30 places pour des séjours prolongés.
Financièrement, il poursuit la mission grâce aux dons du public et l'appui minime des programmes gouvernementaux.
Difficultés
Au long de ces années, le père Dumont a vécu quelques périodes de découragement.
Ce sont les rechutes des gars qui me faisaient douter. C'est une maladie la toxicomanie! Une grande souffrance! Que de jeunes rechutent... On les reçoit emballés et souvent ils retombent... et retombent encore; ça fait mal ça! », confesse-t-il avec émotion.
Il ajoute: « Honnêtement, si je n'avais pas été appuyé par quelques succès, j'aurais laissé tomber. C’est un milieu très difficile ! C’est souvent après plusieurs séjours que le jeune s'en sort. »
Dans ses instants de doute, son jeune collègue, Erick Dagenais, lui rappelle l'histoire du Père Rio dans le Grand Nord.
Des cheveux gris utiles
Je suis un père de rechange pour plusieurs et des fois, même un grand-père. Je suis bien là-dedans! J'ai 56 ans!
Étonné de se faire interroger sur ce qu'est un véritable père pour lui, il répond: « C'est quelqu'un qui est capable d'écouter l'autre tel qu'il est et qui lui fait sentir qu'il est important. Quand quelqu'un vient s'asseoir dans mon bureau, il sait qu'il peut me dire n'importe quoi… »
Il se souvient d'un « gars » qui lui a confié avoir commis un meurtre. II le faisait pour la première fois. André Dumont terminait l'entretien en douceur par: « Est-ce que ça te tente de recevoir le Pardon de Dieu? Il t'aime et ne t'a jamais jugé là-dedans! » L'homme en fut transformé.
Il conclut: « Un père pour moi...c'est savoir écouter ces types-là: C'est d'être avec... sans juger. Ils ont besoin de mes cheveux blancs. »
Les livres « Le goût de Dieu » (André Dumont) et « Un vrai Inuk - la vie du père Rio » (Hervé Aubin) sont disponibles à la Librairie mariale, 626, rue Notre-Dame, Cap-de-la-Madeleine, G8T 4G9. (819) 374-2441
(Reportage de Benoit Voyer)
(Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, p. 19 à 21)
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