6 novembre 2025

SOCIÉTÉ: Nous sommes à l’ère du « cyber-bang! »

Ce passage d'une époque à une autre
n’est pas toujours facile. 
Nous sommes à l’ère du « cyber-bang! »

Par Benoit Voyer
6 novembre 2025

La révolution du virtuel est bel et bien installée et ça ne fait que commencer ! Nous sommes à l’ère du « cyber-bang »[1]. Les bienfaits et les conséquences économiques, sociales, culturelles et politiques sont incalculables. Les effets de cette nouvelle civilisation sont énormes et on n'a encore rien vu !

La société a vu poindre les nouvelles technologies de l'immatériel et du virtuel. La révolution que nous visons se compare à sa base à la révolution de la Renaissance et de la Réforme, au début du XVIᵉ siècle.

Comme l’écrivait Maurice Harvey dans son livre Pour une société en apprentissage : « Nous sommes entrés dans une société où, pour la première fois, le fait de gagner son pain n'implique pas de sueur au front… ».[2] Tout un contraste avec la pédagogie de la Torah (Ancien Testament) où le Créateur, au moment de la chute d'Adam et Ève, a lancé à l'homme : « À la sueur de ton visage tu mangeras ton pain… ».[3]

Pour bien vivre dans ce nouveau monde, la matière grise est essentielle. Comme l’écrivait Pixar : « Omniprésente, inépuisable comme la lumière du soleil, elle est la forme de richesse la plus fiable, et de loin la plus prometteuse pour l'avenir. » « L'exploitation, enfin, de la ressource humaine peut déboucher sur une nouvelle renaissance, un nouvel ordre économique, sur une nouvelle culture. »[4]

Avouons-le, ce passage d'une époque à une autre n’est pas toujours facile. L'ordre établi est perturbé. Et cela est encore plus marqué avec la démocratisation de l’intelligence artificielle. Combien d'emplois ont été éliminés ces dernières années et combien seront supprimés encore ? Il y en aura encore des millions et des millions sous le déguisement de restructurations d'entreprises.

Des types d'emplois disparaissent, des nouveaux apparaissent.

L'importance du savoir
Dans cette nouvelle civilisation, le savoir est essentiel. Il faut être en constante formation intellectuelle.

C’est ce qu’annonçait Maurice Harvey en 1997 [5] : « Dans cette société du savoir, de plus en plus de connaissances des plus avancées seront requises bien avant l'âge habituel de scolarisation et, on peut s'y attendre, par des processus éducatifs qui ne sont plus forcément centrés sur les formes d'acquisition traditionnelles ».

En ce moment et pour l’avenir, le système d’éducation doit se transformer. Il n’est pas question de détruire le système scolaire actuel, mais il faut modifier sa pédagogie. L'enseignement ne doit plus être non seulement « éducation », mais doit devenir « apprentissage ». Et puisque l'apprentissage est la question de toute une vie, il faut réinventer le concept d'école pour en faire des cités éducatives. En ce sens, nous allons vers une individualisation de l'enseignement. Les cours magistraux sont appelés à devenir de plus en plus rares au primaire et au secondaire. Les professeurs auront de plus en plus la fonction d'accompagnateur. L'élève cheminera à son rythme, selon ses intérêts. Pour bien traverser l’ère du « cyber-bang », il est important de se donner une bonne formation intellectuelle. Cela débute dès l'enfance et se poursuit jusqu'à son dernier souffle.

____________________

[1] Cet article est une mise à jour de Benoit Voyer. « Nous sommes en train de bâtir un monde que nous ne connaissons pas encore. C'est le « cyber-bang! ». », Revue Sainte Anne, novembre 2000, page 452.
[2] Maurice Harvey. « Pour une société de l’apprentissage », Presses de l’Université Laval, 1997.
[3] Gn 3, 19
[4] Pixar. « La Ressource humaine », 1983.
[5] Maurice Harvey. « Pour une société de l’apprentissage », Presses de l’Université Laval, 1997.

LE BALADO: La bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin (2)


PAROLE DE René Lévesque


 

NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

IL FAIT TOUJOURS BEAU QUELQUE PART: Alex Météore


GRANBY: Trouver un sens à sa vie



Trouver un sens à sa vie

Par Benoit Voyer
(collaboration spéciale)

« La grande cause du suicide, c’est de trouver un sens à la vie », dit le père Michel Vigneau. Quand tu ne sais pas pourquoi et pour qui tu vis, ça amène au désespoir, a la dépression. Quand les moyens humains qu’on s’est donnés ne fonctionnent plus, on sombre dans le noir. »

Le religieux a la preuve que l’espoir ne suffit guère à combler la quête de l’âme des hommes et des femmes. Pour lui, c’est l’espérance qui donne une raison de vivre.

« Dans notre société, on a beaucoup misé sur le matériel, la performance, l’estime de soi, mais quand ça devient un absolu ça ne nourrit plus. L’espoir ne peut suffire. Pour moi, l’espérance vient d’une certitude intérieure qui vient de l’Esprit de Dieu qui rassure la personne d’une présence permanente en elle », ajoute-t-il.

Cet homme des profondeurs est clair : c’est un programme de vie, une vertu essentielle. Celle-ci se trouve dans la prière, le pardon et l’engagement au service des autres.

Il n’hésite pas à l’affirmer : « L’espérance a un nom : Jésus Christ! »

La plus grande difficulté pour entrer dans l’espérance, c’est soi-même quand on ferme la porte de notre cœur. Pour entrer dans le mystère de Dieu, il faut de l’humilité. L’embuche c’est de vouloir trouver une solution seul », explique Michel Vigneau. 

(Texte envoyé à la rédaction du Plus de la Voix de l’Est, le 11 juillet 1996)

5 novembre 2025

HISTOIRE: Mon enfance à Granby


Mon enfance à Granby

Par Benoit Voyer

5 novembre 2025

Je vis mon enfance au rythme de la révolution dite tranquille. À Granby, comme partout au Québec, on s’ajuste au bouleversement des structures, des manières de vivre et des mentalités.

La rue Principale, a Granby, au milieu des années 1960 (Photo: SHHY)
Pendant mes quinze premières années, je grandirai autour du clocher de l’église Saint-Eugène.

Dans ma ville, c’est la transformation de l’économie industrielle. La loi du marché oblige de nouvelles règles économiques.

Depuis 1964, c’est Paul-O. Trépanier qui est le maire de la municipalité. Il le sera jusqu’en 1985. Sous son règne, la ville prend de l’expansion et se modernise. Elle s’endette aussi.

De société conservatrice, le patelin de Granby devient plus “libéral”. Comme partout au Québec, les valeurs éclatent, les églises et les communautés religieuses perdent du terrain. De plus, les femmes et les jeunes prennent la parole et s’impliquent. Ils imposent leurs valeurs.


LE BALADO: La bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin (1)


VISION CATHOLIQUE - Le vénérable Jérôme Le Royer

Jérôme Le Royer

Le vénérable Jérôme Le Royer de la Dauversière,
visionnaire de Montréal

Par Benoit Voyer

5 novembre 2025

Jérôme Le Royer de la Dauversière nait à La Flèche, dans la région française de Maine-et-Loire, le 18 mars 1597.

Il fonde tout d’abord, avec Marie de la Ferre, les Sœurs hospitalières de Saint-Joseph. La mission des religieuses est de s’occuper des malades du premier hôpital de Montréal, qui n’est pas encore fondé. En plus, elles devront travailler à l’épanouissement de la foi catholique dans la nouvelle colonie.

En 1630, Jérôme Le Royer de la Dauversière conclut le projet de fondation de Ville-Marie, qui prendra plus tard le nom de Montréal. Jusqu’à sa mort, il soutiendra la plus lourde part des responsabilités de l’initiative. Il en sortira ruiné, ayant donné tout son argent à la cause.

En 1641, deux navires quittent le port de La Rochelle. Ils sont dirigés par Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve, et Jeanne Mance, qui s’occupera de l’hôpital.

L’équipage passe l’hiver à Québec et atteindra l’île de Montréal le 17 mai 1632.

Décédé le 6 novembre 1659, Jérôme Le Royer de la Dauversière a d’abord été inhumé dans l’Hôtel-Dieu de La Flèche. Depuis le 16 mai 1838, le vénérable repose dans la chapelle de l'ancien hôpital de La Flèche.

Dans un courriel reçu le 5 novembre 2024, Christophe Maillet, président de l’association La Flèche-Canada, m’explique : « En ce qui concerne son corps charnel, l'hypothèse qui revient le plus souvent est que ses restes pourraient être dans un mur, ou peut-être dans le sol, de la chapelle de l'hôpital, rue Henri Dunant, à La Flèche. Aucune recherche digne de ce nom n'a été entreprise pour avoir une certitude. Ce lieu est
désormais interdit au public, d'une part pour des raisons de sécurité, et d'autre part, parce que l'ancien hôpital va être réhabilité en appartements après de lourds travaux… Si un jour, il arrivait qu'ils soient retrouvés, Jérôme Le Royer devrait normalement être placé dans la chambre reliquaire déjà installée dans la chapelle de Notre-Dame-du-Chef-du-Pont dans l'église Saint-Thomas. Ceux de la vénérable Marie de la Ferre y sont déjà, dans un emplacement dédié, juste à côté.

Son cœur, qui a longtemps été conservé par les Hospitalières de Saint-Joseph, dans leur communauté fléchoise, repose de nos jours dans la chambre reliquaire de l’église paroissiale Saint-Thomas, où, le 2 février 1630, Jérôme Le Royer de la Dauversière a reçu l’inspiration de fonder la colonie de Ville Marie et la congrégation de religieuses hospitalières de Saint-Joseph destinées à y servir.

Le 6 juillet 2007, il est déclaré vénérable par le pape Benoît XVI.

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby

IL FAIT TOUJOURS BEAU QUELQUE PART: Albert Viau


POLITIQUE: Bravo, M. Charest


Bravo, M. Charest

Lettre au premier ministre Jean Charest

Il y a quelques jours, j'ai écouté avec attention votre intervention lors de la reprise des travaux à l'Assemblée nationale. J'ai été heureux de vous entendre dire que vous créerez, d'ici quelques semaines, une commission d'étude sur les conditions de vie des personnes âgées du Québec afin de faire un tour d'horizon de ce qu'est devenue la réalité des ainés.

Il est déjà évident, même avant de commencer cette étude, qu'il faudra améliorer les soins à domicile en continuant de créer des partenariats avec le milieu communautaire et apporter de l'aide significative pour aider les aidants naturels dans leur tâche parfois épuisante.

A la suite de cette consultation, il faudra assurément débloquer des ressources financières pour améliorer les services en place et aider le milieu communautaire à trouver de nouvelles sources de financement. Votre gouvernement pourrait déjà envisager la création d'un service gouvernemental d'aide à la créativité en matière de financement d'organismes communautaires.

M. le premier ministre, j'encourage votre gouvernement à poursuivre ce projet devenu essentiel.

Benoit Voyer
Montréal, le 14 mai 2007

(Le Devoir, mai 2007)

4 novembre 2025

HISTOIRE: Mes premiers jours


Mes premiers jours

Par Benoit Voyer

4 novembre 2025

Je suis né le 22 novembre 1966, à 3 h 37, à l’hôpital Saint-Joseph, à Granby. Ma mère s’appelle Jeannine Jean et mon père est Roméo Voyer. Ils sont nés dans le patelin de Mont Carmel, dans l’arrière-pays du Kamouraska, au Bas-Saint-Laurent.

Ainsi donc, je suis né en pleine nuit. Est-ce une prédestination ? On dirait qu’il s’agissait d’un premier coup de pratique à la vie qui m’attendait. Dans mon existence, je goûterai à bien des instants de ciel, voire de résurrection, mais aussi à de très longues nuits, au premier et au second degrés du terme. Depuis janvier 2003, j’ai surtout travaillé la nuit.

Le 22 novembre, dans la liturgie catholique, est le jour de la mémoire de sainte Cécile, une martyre qui a vécu au premier siècle de notre ère. Au fil de l’histoire, on lui a donné le titre de patronne des musiciens. Toute ma vie j’aimerai la musique. Est-ce une coïncidence ?

Selon ce que m’a raconté maman, ma naissance était prévue autour du 27 décembre 1966. Je suis donc un prématuré.

Mon dossier médical donne quelques précisions sur les premières heures de ma vie.

Je suis né à 36 semaines de gestation. À ma naissance, je pèse 5 livres, 15 onces et demie. Je mesure 19 pouces et demi et la circonférence de ma tête est de 23 pouces. C’est le Dr. Paul Auger, le médecin de maman, qui a procédé à l’accouchement.

On ne l’indique pas dans les notes médicales de mes premières heures, mais maman a toujours dit que selon la manière de faire à l’époque, elle a été endormie lors de la finale de l’accouchement.

Dans les notes médicales manuscrites, on indique à 3 h 57 la naissance d’un garçon d’apparence physique normale à qui on a ligaturé le cordon ombilical et procédé à une aspiration des sécrétions.

Dans les premières 24 heures, on me donnera souvent de l’oxygène à cause de mes difficultés à respirer. Puis, durant mes 18 jours d’hospitalisation, je passerai beaucoup de temps en incubateur. À la pouponnière de l’hôpital, j’occuperai le lit nᵒ 16.

Ce 22 novembre, on me passe aussi une radiographie pulmonaire afin de s’assurer que tout va bien. Le radiologiste J.P. Dumouchel indique dans son rapport rédigé le 25 novembre : « La radiographie pulmonaire, prise en P.A., a montré un thorax osseux normal avec des diaphragmes lisses et des culs-de-sac clairs des deux côtés. Il n’y a pas d’hypertrophie hilaire14 visible et pas d’évidence d’infiltration ou condensation parenchymateuse. Le cœur est globuleux, en rotation droite, de même que la tranchée et le médiastin dû à la position du patient. L’ombre cardiaque est dans les limites supérieures de la normale considérant l’âge du bébé. OPINION : « Pas d’évidence radiologique probante de lésion organique parenchymateuse ou pleurale. »

Maman a donc quitté l’établissement sans moi. Elle est revenue me voir à chaque jour, mais à cause des règles, le temps en sa compagnie était limité à quelques minutes.

Toujours selon les notes médicales, à la pouponnière, les infirmières m’alimentent au S.M.A., ancêtre de l’Enfalac et du Similac. À partir du 3ᵉ jour, on ajoute des gouttes de Nivelar, un stéroïde ayant des effets sur la prise de poids.

En 1966, il n’y a pas encore d’assurance-maladie gouvernementale. C’est donc l’assurance-hospitalisation de l’usine Esmond, lieu où travaille papa, qui paiera la facture, soit 18 jours à 25,05$ par jour pour un total de 450,90 $.

Le 10 décembre 1966, toujours selon la note médicale, à 15 h 45, après avoir bu mon S.M.A. et avoir été vu une dernière fois par le Dr Paul Auger qui en a profité pour signer mon congé médical, je quitte l’hôpital avec maman afin de rejoindre ma nouvelle famille. À mon départ de la pouponnière, étant rendu à terme, je pèse 6 livres et 9 onces et demie. Toutefois, on note sur le certificat d’enregistrement remis à mon départ : « Bébé boit peu et semble endormi. Cyanose des extrémités. Léger tirage. Respiration rapide ».

Papa est au boulot. Mes parents n'ont pas encore d'auto. C'est donc en taxi que je quitterai le centre hospitalier avec maman.

Mon premier domicile est le 667, rue Saint-François, à Granby, où ma nouvelle famille habite depuis le mois de mai 1961. Mes parents sont propriétaires de la maison.

En cette fin d’après-midi, mes frères et ma sœur Yvon, Pauline et Clément passent leurs premiers moments avec moi. Yvon, qui est né le 19 juillet 1955, a 11 ans. Pauline, qui est née le 5 mai 1957, a 8 ans. Clément, qui est né le 24 mai 1961, a 5 ans. Ce dernier perd son titre de « bébé de famille ». Me pardonnera-t-il un jour ?

Mon baptême
Le 11 décembre 1966, je suis baptisé à l’église catholique Saint-Eugène, à Granby, par l’abbé Léon Boivin, vicaire à la paroisse.

Construite en 1941, l’église Saint-Eugène est située au 97, rue Laval, c’est-à-dire au coin des rues Laval et Notre-Dame. D’un côté, on y retrouve l’école primaire Saint-Eugène et en diagonale l’école primaire Sainte-Marie. Je fréquenterai ces lieux d’enseignement dans quelques années.

Un bilan publié au début de l’année 1966 dans le quotidien La Voix de l’Est (1) indique que « le nombre des enfants baptisés dans la paroisse St-Eugène, à Granby, a atteint 149 au cours de l’année 66. (…) Des 149 nouveau-nés qui y furent baptisés, on dénombre 88 garçons et 61 filles. Fait à noter : chaque année les nouveau-nés de sexe masculin ont toujours été plus nombreux que ceux de sexe féminin depuis la fondation de la paroisse, il y a maintenant 25 ans. »

Je figure donc dans les 88 petits mâles humains dont il est ici question.

Lors de mon baptême, mon parrain est mon frère Yvon. Il fréquente la 6ᵉ année à l’élémentaire à l’école Saint-Eugène. Ma marraine est ma sœur Pauline.

Au sujet de mon prénom
Au registre paroissial sont inscrits les prénoms de Joseph, Alain et Benoit.

Selon la tradition, Joseph est le prénom que me lègue l’Église catholique en souvenir de saint Joseph, le père biologique de Jésus.

Alain est celui que me donne ma mère. C’est d’ailleurs ce prénom qu’elle porte en secret pendant que j’étais dans son ventre.

Benoit est choisi par ma sœur Pauline. Elle aimait bien s’amuser et être en compagnie de Benoit Giroux, un jeune garçon qui habitait la maison voisine.

Benoit devient officiellement mon prénom.

Maman s’opposera toujours à ce qu’on me donne un surnom, un diminutif de mon prénom ou qu’on déforme ce dernier. Ainsi donc, pas de « Ben », de « Ti-Ben » ou de « Benny ».

D’ailleurs, dans la région du Kamouraska d’où sont originaires mes parents, il était commun d’utiliser un surnom ou d’ajouter une « ti » pour « petit » devant un prénom ou un surnom.

En exemple, dans la famille de mon oncle Camille Voyer, sur le 6ᵉ rang, à Mont-Carmel, mes cousins Louis et Gilles ont toujours été appelés familièrement et affectueusement « Ti-Louis » et « Ti-Gilles ».

Jadis, maman m’a confié qu’il y a eu, lors de visites familiales au Bas-Saint-Laurent, des tentatives de m’appeler « Ti-Ben » ou « Ti-Benoit ». Elle s’est toujours opposée à cette pratique. Dès ma naissance, mon prénom était à ses yeux sacré ou béni. « Béni de Dieu » est d’ailleurs la signification de « Benoit ». En latin, on dit « Benedictus ». En hébreu, « Baroukh ».

Cependant, bien des années plus tard, à l’âge adulte, le surnom « Ben » viendra tout de même sur les lèvres de mes collègues de travail et dans la sphère publique.


____________________


(1) « 852 naissances, 286 mariages et 207 sépultures en 1966, à Granby », Voix de l’Est, 21 janvier 1967, p. 6 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4694028

LE BALADO: Pilier du PCQ dans Bellechasse, Michel Tardif annonce son départ


VISION CATHOLIQUE: L’importance de bâtir sa vie intérieure sur des bases solides


L’importance de bâtir sa vie intérieure sur des bases solides

Par Benoit Voyer

4 novembre 2025

Il y a des hauts et des bas dans la vie spirituelle. Il est donc important de se donner des bonnes fondations afin de ne pas sombrer lors des tempêtes qui surgissent dans le brouhaha de l’existence. Lorsque le vent souffle dans notre visage à 100 kilomètres, on est assurément décoiffé et on finit par en perdre nos repères. Il est important de bâtir sa vie intérieure sur des bases solides.

Un jour de 2002, je vis des moments sombres dans ma vie spirituelle. Je m’inquiète de ma relation avec Dieu. Je ne sens plus sa présence. Quand je prie, tout est sec et sans saveur.

Je décide d’en parler à Guy Boucher, une ancienne coqueluche du petit écran qui a vécu une importante conversion spirituelle. Je sais qu’il a une solide vie spirituelle et qu’il pourrait m’aider à comprendre ce que je vis. D’ailleurs, dans mon agenda figure un rendez-vous avec lui. Je dois le rencontrer dans le cadre d’un grand entretien pour la Revue Sainte-Anne [1].

Nous nous asseyons à la table d’un café montréalais et, café à la main, j’aborde directement le sujet : Guy, « comment fait-on pour rencontrer Dieu ? ». Il est étonné de ma question. Il s’attendait à parler de ses souvenirs dans le milieu artistique, mais il sourit. Il semble vraiment heureux de l’angle que je donne à notre conversation.

Il me lance : Tu sais, « pour chaque personne, ce n’est pas pareil. Moi, ça a été une rencontre radicale ! Maintenant, je sais qu’il m’aime et qu’il est miséricordieux. Lorsque je suis sorti de chez les moines, je n’en revenais pas. Je disais à mes amis : “J’ai eu une vie assez mouvementée. J’ai eu trois grands amours dans mon existence. J'ai eu des aventures. Vous savez, de tous les amours que j’ai vécus, il n’y a rien qui puisse égaler ce que je vis avec le Seigneur. »

Pourquoi ? « Parce que ça ne se vit pas de la même façon ! (Il cherche des mots pour parler de son expérience) Le Seigneur habite en nous et il se manifeste dans une dimension qui n’a rien de sexuel. C’est un amour inconditionnel. C’est un amour démuni. Le Seigneur est totalement démuni devant nous… »

J’ose une confidence : « Guy, je suis dans un désert de la foi. Je tente de renouer le contact avec Dieu. J’ai beau lui parler, mais je ne le sens pas présent. C’est ma souffrance… Comment puis-je faire pour renouer le dialogue avec lui ? Qu’est-ce que je dois faire pour le sentir présent ? »

Guy Boucher, oublie que j'enregistre la rencontre. Il me regarde. Il s’adresse à moi comme à un vieil ami : « La première chose à faire est qu’il ne faut pas lâcher. Il faut que tu sois persévérant. Je me permets de te raconter mon histoire. Après ma conversion, j'ai été vraiment choyé pendant deux ans et demi. Très fortement, je ressentais la présence de Dieu. Un jour, je me suis levé et Dieu n’était plus là. J’ai paniqué ! Je suis allé voir un religieux pour lui parler de ce que je vivais. Je lui ai dit : “Le Seigneur n’est plus là !” Il m’a dit : “C’est normal! On dirait que le Bon Dieu se retire. Ce retrait n’est pas pour te nuire, mais pour te faire grandir. C’est également ainsi pour tous les malheurs qui nous arrivent dans la vie. Si nous n’avions pas d’épreuves, nous ne grandirions pas.” »

Je suis étonné d’entendre ça et je lui exprime : « Il se manifeste toujours dans l’épreuve ? »

Il me répond : « C’est souvent ainsi ! C’est souvent après une maladie ou une épreuve terrible ou une mortalité que tu grandis. Je ne suis pas le seul à dire cela. C'est écrit dans les psaumes ! “Pourquoi Seigneur tu n’es plus là ? Pourquoi m’as-tu abandonné ?” Je t’invite à persévérer…

Je demeure inquiet : mais « après l’épreuve, il me sera possible de le sentir autant qu’avant ? »

Il ajoute : « Mon expérience spirituelle n’est jamais revenue aussi forte que dans mes premières années de conversion, mais ma rencontre avec le Seigneur demeure la chose la plus importante de ma vie. Il n’y a rien pour m’enlever ce que je vis avec lui. C’est trop beau ! C’est trop grand ! Certains matins, au moment où je fais oraison avec l’office des lectures, des textes me prennent au cœur avec une telle intensité. Ouf ! Ils me donnent de la misère à respirer ! Je me lève, je me promène dans la maison… C’est ça, le bon Dieu ! La souffrance de son absence que tu vis en toi ressemble à celle du psalmiste. »

Je vois que j’ai affaire à un homme qui a une expérience spirituelle solide. Je lui lance, un peu taquin : « Ta relation à Jésus est tellement rendue importante que tu lui parles chaque matin… »

Les yeux brillants, il me rétorque : « Je ne lui parle pas que le matin ! Nous nous parlons aussi en soirée… et même en automobile. Je suis tellement bien dans mon auto. Je n’ai même pas de radio ! Lui et moi on en profite pour bavarder ! »

Comme un ami ? « C’est bien plus que ça ! Tu sais, quand tu aimes quelque chose ou que tu aimes une personne, tu as le gout d’être avec elle. Tu as le gout d’y communier ! Tu as le gout de lui écrire ou de téléphoner… C’est comme ça dans ma relation avec lui. C’est une très grande relation d’amour. »

Je reviens au motif de ma rencontre : Guy, « parfois, je doute. Je me demande si tout cela est vrai. »

Il me rassure : « Il y aurait 50 théologiens de diverses religions devant moi qui me diraient : “Ce n’est pas vrai tout ça !” Je leur dirais la même chose qu’à toi : “Voyons donc ! Je le sais, moi, je l’ai vécu ! Et je le vis tout le temps ! Dieu n’est qu’amour. Il est complètement démuni devant nous… Il attend toujours après nous qu’on l’aime ! Il attend toujours ! Il a besoin que tu lui dises que tu l'aimes… Et pour le rencontrer, il faut que tu lui demandes ! Et n’oublie pas que c'est lui le boss ! C’est lui qui va décider du meilleur moment.” »

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[1] Benoit Voyer. Les Témoins de l’essentiel, Éditions Logique, 2005, pp. 53 à 56. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/search?q=guy+boucher

PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


IL FAIT TOUJOURS BEAU QUELQUE PART: Adele


JEAN-PAUL REGIMBAL: En fête avec Marie

 


Du 7 au 15 aout
En fête avec Marie

En parlant de la première communauté chrétienne l'auteur des Actes des Apôtres écrit : "Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières, (Ac 2, 42).

Cette image intéressante de l'Église primitive s'est rééditée durant la neuvaine et la fête de l'Assomption de la Vierge Marie, au Sanctuaire de Notre-Dame du Cap, du 7 au 15 août.

Si nous avons pu admirer avec satisfaction l'image d'une partie de l'Église renouvelée du Québec, c'est grâce au travail, à la créativité, au dynamisme, à la réflexion mûrie et à la prière persévérante de l'équipe de pastorale du Sanctuaire : les Pères N. Poisson, J, Bouvet, H. Aubin, V. Gaudet, Y. Poirier, P. Arsenault et A. Dumont. Il faut ajouter le nombre de ceux et celles qui ont apporté une collaboration non moins excellente, souvent anonyme, comme celle des nombreux prêtres et religieux (ses), des musiciens, des techniciens de tous ordres (visuel, son, lumière), des ambulanciers, des sacristains, des placiers, des téléphonistes, des mass media, et combien d'autres organisateurs et animateurs, etc.

Mgr Georges-Léon Pelletier qui a suivi avec un intérêt soutenu toute la neuvaine disait le soir du 15 août : "Cette neuvaine a été bien préparée, conçue et réalisée. Vous êtes entrés dans le jeu. Nous avons voulu exprimer notre confiance envers Marie, montrer sa place dans notre vie et notre bonheur, c'est de nous accrocher à sa vie ... "

"Vraiment, cette magnifique neuvaine a fait du Sanctuaire de Notre-Dame du Cap, durant ces jours, une oasis de fraîcheur."

Cette année, l'équipe de pastorale avait eu l'heureuse idée de choisir comme thème : "Apprends-nous à prier" (Luc 11, 1). Si des milliers d'auditeurs sont "entrés dans le jeu" c'est parce que ce thème populaire s'insérait au cœur d'un vaste mouvement de prière qui surgit de toutes parts dans l'Église universelle actuellement.

Tous les soirs, du 7 au 15 août, quelque 2,500 pèlerins envahissaient la basilique, une demi-heure voire même une heure avant les exercices de la neuvaine, pour prendre part avec un enthousiasme remarquable à une forte expérience de prière communautaire dans l'Esprit-Saint, avec Marie, et pour apprendre à prier aux sources de la Bible.

Cette neuvaine a été plus une expérience de prière que de prédication, une évangélisation à travers la prière.

Sous le thème général : "Apprends-nous à prier", nous avons pu entendre les animateurs traiter successivement au cours des neuf jours de : La prière au Père, La prière par le Fils, La prière dans l'Esprit, La prière individuelle et communautaire, La prière de louange, La prière de demande, La prière des psaumes et La prière avec Marie.

Tout cet enseignement théologique et biblique, illustré de magnifiques diapositives paraissant sur trois écrans placés dans le sanctuaire de la basilique, faisait partie de la liturgie de la Parole suivie de la concélébration et de la marche de prière aux flambeaux.

C'était beau, exaltant et réconfortant, de voir et d'entendre cette foule immense de nombreux jeunes et moins jeunes prier, chanter, voire même taper des mains à certains moments. Quelqu'un écrira: "Formidable ! J'y goûte la joie de prier. Ma reconnaissance est grande envers le Seigneur et Marie." Un autre ajoutera: "Sensationnel ! Jamais je n'ai prié comme ça. Jamais je n'ai vu de neuvaine comme ça."

Pour répondre aux besoins des gens on avait prévu également un atelier "Apprendre à prier" et un local spécial pour la "Prière avec et sur les malades". Des milliers les ont fréquentés et avec quel intérêt ! Nous aurions beaucoup à dire de la "Grande veillée de prière charismatique" et de la “Célébration des malades" présidées par le P. J.- P. Regimbal, trinitaire. A propos de celle-ci, vous pouvez lire le témoignage de Sr Hélène-Marie Cadrin, s. c. i. m., guérie le 15 août (pages 28 et 29).

La fête même de l'Assomption présidée par Mgr J.- G. Hamelin, évêque de Rouyn-Noranda, en présence de Mgr G.- L. Pelletier, de plusieurs personnalités religieuses et civiles et d'une foule de pèlerins a été des plus belle et marquée au coin de la simplicité et de la joie.

L'après-midi et le soir de la fête les pèlerins, encore plus nombreux, "se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières" alors qu'ils participaient à la marche de prière, aux célébrations pour les malades et à la dernière veillée de prière où Mgr Pelletier et le P. Arsenault ont parlé du rôle de Marie dans le mystère de notre salut et de "La prière avec Marie".

La marche de prière aux flambeaux, animée par le P. N. Poisson, allait couronner cette neuvaine et cette fête de l'Assomption. En voyant cette forêt de cierges allumés qui rendait encore plus attrayante et plus belle la Vierge du lac Sainte-Marie, dans les jardins du Sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire, cette réflexion de Jésus nous est revenue à la mémoire: "Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fut allumé" (Luc 12, 49).

Gabriel Destrempe, o.m.i.

(Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 2, 6 et 30. BANQ PER 142)


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Témoignage

Bonté de la Vierge du Cap

Sœur Marie-Hélène Cadrin, s.c.i.m.

En ce 15 août 1974, la Vierge du Cap a daigné jeter ses regards de bonté sur une communauté québécoise, communauté mariale, qui porte dans son blason la devise ATTIREZ-NOUS A VOUS, O VIERGE IMMACULEE.

En effet, en la belle neuvaine préparatoire à la fête de l'Assomption, nous du Bon-Pasteur étions particulièrement attirées vers le sanctuaire national de Marie, et c'est avec joie que nous nous rendîmes au Cap-de-la-Madeleine le 14 août pour prendre part aux célébrations religieuses de la vigile. Or, fait à noter, deux de mes compagnes, sans s'être concertées, me préviennent à tour de rôle qu'elles solliciteraient pour moi la guérison de ma surdité et qu'il faudrait accepter de faire prier sur moi au local des malades. Je dois avouer mon peu d'enthousiasme, non par manque de confiance et de foi, mais plutôt par respect humain, par crainte du spectaculaire, par peur de devoir rendre publique ma guérison ..

Devant l'insistance et la grande foi de mes compagnes, mes hésitations se changèrent en un désir véhément de servir la cause de Marie et c'est avec grande confiance que je me présentai au Père Valérien Gaudet, o.m.i., pour faire prier sur moi et obtenir ma guérison si cette dernière devait intensifier chez nous le culte de Notre Dame et développer une plus grande foi charismatique en la parole de Dieu.

Au cours de l'imposition des mains sur mon oreille droite, qui ne percevait aucun son depuis plus de vingt ans, le nerf auditif étant mort, j'éprouvai une grande certitude que je serais guérie grâce à la prière confiante de mes sœurs, et ce, pour la joie et le bien de la communauté. Je pressentais que cette grâce s'accompagnerait de faveurs spirituelles, en particulier celle d'une meilleure compréhension de la parole de Dieu. Toutefois, je n'éprouvai aucun symptôme de guérison, si bien que le lendemain, quand je rencontrai le Père Gaudet, je lui dis : "Père, rien n'est arrivé encore, je suis dans l'attente... Et lui de me dire en riant : "Mais vous êtes guérie!"

Le soir, la nuit, le matin du 15, je testais mon oreille, je n'entendais rien ... Cependant ma confiance en la toute-puissance de Marie ne flanchait pas. J'assistai à la messe solennelle du matin, 15 août, dans la basilique pleine à craquer et toute vibrante de la ferveur de la foule à laquelle je participais intensément, mais ce n'était pas encore l'heure du Seigneur ... L'après-midi nous retrouvait, après la marche mariale, dans cette même basilique aussi pleine que le matin. Je réussis avec peine à trouver place dans une allée latérale, toute heureuse quand même de voir Marie priée, acclamée dans ce haut lieu si ressemblant à celui de Lourdes. Ici comme là-bas, de nombreux malades viennent réclamer soit un regard de la Vierge, soit une bénédiction personnelle du Christ-Hostie, soit le réconfort de la parole de Vie. Je priai beaucoup pour ces pauvres malades, m'unissant à la prière de mes consœurs pour ma guérison ... mais jouissant surtout à plein cœur en cette fête de l'Assomption non seulement du triomphe de Marie dans la gloire, mais aussi de son triomphe dans l'Église militante en terre canadienne.

Qui a vécu ces heures aime se rappeler combien nous nous sentions tous frères, sans distinction aucune de race, de classe, d'âge, pleins d'égards pour les personnes âgées ou de compassion pour les malades, oubliant nos propres fatigues, entraînés par le dynamisme surnaturel des animateurs et j'irais même jusqu'à dire par une certaine ambiance mystique, passant du chant rythmé au chant en langues.

C'est alors qu'après la bénédiction du Saint Sacrement aux malades, le Père Jean-Paul Regimbal, trinitaire, fit prier la foule à partir de textes évangéliques. Il conseilla aux personnes qui avaient déjà reçu l'effusion de l'Esprit d'imposer les mains sur les malades qui leur étaient chers. Une de mes compagnes, qui avait réussi à s'approcher, posa alors spontanément sa main sur mon bras. Lui-même étendit les mains sur la foule, pria en langues et proclama des guérisons s'opérant à l'instant même: une femme atteinte de cancer, une pulmonaire, un paralysé ... Moi-même, je sentais dans la partie droite de ma tête une chaleur et une circulation nouvelle quand le Père déclara : "Une personne souffrant de surdité depuis longtemps à l'oreille droite est en voie de guérir". C'était moi! J'entendais ma voisine de droite. Pour honorer Sa Mère, le Seigneur venait de se pencher sur moi ...

L'émotion était grande, plus grande encore mon action de grâce envers Celui qui rend la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, le pardon aux pécheurs. Mes sœurs et moi étions dans l'admiration pour ce que le Seigneur venait de faire pour nous par l'intermédiaire de la Vierge, fidèle Bergère du peuple de Dieu.

(Revue Notre-Dame du Cap, numéro du calendrier 1975, pp. 28 et 29. BANQ PER 142)

3 novembre 2025

FRANCO MUSIQUE: Un 10ᵉ album pour Michel Rivard


Un 10ᵉ album pour Michel Rivard

Par Benoit Voyer

3 novembre 2025

À 74 ans, Michel Rivard vient de sortir son 10ᵉ album, « Après, on va où ». François Richard en signe la réalisation et les arrangements musicaux.

L’ancien membre du groupe Beau Dommage, qui, d’ailleurs, sortait son premier album il y a 50 ans, n’a pas perdu sa belle plume, sa poésie et style musical qui a fait sa réputation.

C’est indéniablement un bel album… qui, malheureusement, devrait jouer peu à la radio. Il ne cadre pas dans les catégories musicales des radios commerciales.

Plusieurs de ses textes sont des états d’âme ou des questionnements sur le sens de l’existence. Les mélodies et les arrangements musicaux sont du même ordre. Étant un admirateur de Michel Rivard depuis l’époque de la Complainte du phoque en Alaska, je peux affirmer que c’est son œuvre la plus introspective.

En 2019, je n’avais vraiment pas aimé « L’Origine de mes espèces ». Je trouvais ce disque un peu brouillon. Aujourd’hui, je dois avouer que « Après, on va où » est tout à fait réussi. À l’écouter, Michel Rivard me donne le goût de mettre ses chansons dans ma « playlist » et d’aller le voir en spectacle. D’ailleurs, il sera en tournée en 2026.

Même si je lui donne un beau 90% pour ce travail, je me permets deux petites critiques : La mélodie de « L’homme qui me ressemble » fait trop à penser à une ritournelle de Beau Dommage. À chaque fois que je l’entends, je pense à l’autre chanson. Cela devient une distraction qui m’empêche de plonger dans la beauté du texte de cette pièce. Il manque aussi un peu de rythme. L’ensemble des 13 chansons est tellement doux et calme que je me suis endormi en écoutant. Les dernières chansons sont de véritables berceuses.

« Après, on va où » de Michel Rivard est un bon album ! Je le recommande… Mais ne l’écoutez pas la nuit en automobile.

LE BALADO: La démocratie, c’est l’art du dialogue


PAROLE DE René Lévesque


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


IL FAIT TOUJOURS BEAU QUELQUE PART: Abba


POLITIQUE: Mariage - le débat relancé


Mariage: le débat relancé

L’idée du gouvernement conservateur de Stephen Harper de rouvrir le débat sur la question du mariage entre personne de même sexe, idée qui a été saluée par le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec, devant les 4000 pèlerins réunis pour la fête de sainte Anne, le 26 juillet, à la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré, relance un débat rempli d’émotivité.

Tout porte à croire que la polarisation des opinions se fera encore plus sentir que la dernière fois. D’un côté, il y a les tenants des droits des minorités, favorables aux mariages entre personnes de même sexe. Ils sont très influencés par le lobby gai et lesbien qui a infiltré toutes les sphères de la société canadienne, dont les Parlements. Il y a ceux qui sont contre, comme le cardinal de Québec, et qui réclament que la tradition soit respectée.

Tant que chaque partie restera sur sa position, il n’y aura rien à gagner. Même un référendum national ne réglera pas la question. Quelques mois après la victoire d’une des deux positions, le dossier réapparaîtra dans l’actualité.

Pourtant, tout en respectant leur option fondamentale, c’est-à-dire en réaffirmant que le mariage est une union entre un homme et une femme, les évêques catholiques seraient prêts à accepter des unions civiles entre personnes de même sexe, sans pour autant appeler cela un mariage.

Le 18 mars 2002, Mgr Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski, écrivait dans le quotidien Le Soleil: « Les évêques du Québec ne se sont pas opposés à l’attribution aux couples de même sexe de certains avantages réservés jusque-là à des personnes mariées. Certains s’en sont étonnés, cette position ne paraissant pas conforme à la morale catholique. Ne pas s’objecter ne signifie pas approuver ou promouvoir. A cet égard, il faut rappeler une position traditionnelle de l’Église: la loi civile n’a pas à s’ajuster en tous points à la loi morale d’une religion ».

Ainsi, la création légale de l’acte légal d’union civile, qui ne soit pas appelé « mariage », pourrait mettre fin au débat et donnerait la chance aux lesbiennes et aux gais de s’unir légalement et, du même coup, à d’autres formes d’unions d’exister, telles que les unions polygames.

De plus, le gouvernement canadien pourrait ainsi calmer les deux clans en se montrant très respectueux envers la tradition et l’héritage du passé et, en même temps, montrer que le Canada est une société très permissive et respectueuse de chacun de ses citoyens.

Benoît Voyer, Granby


(Le Voix de l’Est, 29 juillet 2006, page 23)

2 novembre 2025

EN BREF


ÉLECTION MUNICIPALE :
comme dans bien des municipalités du Québec, il y a eu des élections à Sainte-Julienne, dans la région de Lanaudière. Vers 16 h 30, je suis allé exercer mon devoir démocratique à l’école secondaire Havre-Jeunesse.

Depuis plusieurs semaines, on me demandait pour qui j’allais voter. Je dois vous avouer que depuis que j’ai l’âge de pouvoir voter, c’est la première fois que je suis embêté devant un choix à faire. Depuis quelques jours, j’ai pensé à la difficulté qu’ont eue les femmes à pouvoir voter et à devenir des candidates. Je me suis dit : « Pourquoi pas un vote rose ? Ça apportera assurément une nouvelle dynamique à la mairie de Sainte-Julienne. » C'est ce que j’ai décidé de faire. Mon vote est donc allé à Cathie Audet à la mairie et à Sylvie Isabelle pour le district no 5, où j’habite. Pour ce qui est du préfet de la MRC de Montcalm, j’ai décidé d’appuyer Gilles Dubé. À mes yeux, du sang neuf ne peut faire que du bien.

Au moment d’aller au lit, je ne connaissais pas encore les résultats du vote. À 22 h 10, les résultats du vote à Sainte-Julienne étaient encore partiels. Qu’importe qui sera élu, mes félicitations à l’avance.


J’en profite pour féliciter Annie Desrochers et son équipe a la Première chaine de Radio-Canada pour la qualité de leur émission spéciale.

INTERMEDE: Le Parc national de la Yamaska

 


CULTURE CLASSIQUE: L’Harmonie des saisons fête ses 15 ans


L’Harmonie des saisons fête ses 15 ans

Par Benoit Voyer

2 novembre 2025

C’est en 2010 qu’est née l’ensemble de musique ancienne L’Harmonie des saisons. Il a été fondé par la multi-instrumentiste Mélisande Corriveau et le claveciniste Eric Milnes. Tous deux dirigent la troupe à titre de directrice artistique et de directeur musical.

Mélisande Corriveau et Eric Milnes
L’Harmonie des saisons se produit habituellement à l’abbaye de Saint-Benoit-du-Lac. En novembre et décembre 2025, on sort de la routine. Pour souligner son 15ᵉ anniversaire, il donne trois spectacles à Granby, au Québec, lieu de leur fondation, et à Saint Albans et Burlington dans l’État du Vermont. Pour l’occasion, ils interprètent le Requiem de Mozart.

Récipiendaire de deux prix JUNO et de deux prix OPUS, « L’Harmonie des saisons » a endisqué trois disques chez Atma Classique, en 2015, 2020 et 2022.

Tous les musiciens possèdent une solide formation musicale et jouent sur des instruments d’époque.

La musique est disponible sur YouTube Music :
https://music.youtube.com/channel/UCf1ONARby414MN8WgS3rbug

LE BALADO: Jean-Paul Regimbal (6)


PAROLE DE René Lévesque

 


NATURE: Le Centre d'interprétation de la nature du Lac Boivin, a Granby


IL FAIT TOUJOURS BEAU QUELQUE PART: Aalyia


JEAN-PAUL REGIMBAL: Rock possédé du démon


Rock possédé du démon

Par Richard Sirois


Un professeur de l’Université Laval affirme que le rock a une grande valeur incantatoire! Un médecin de Granby accuse le rock’n’roll de lui avoir pris ses deux fils! Une religieuse fracasse des disques dans une station de radio de Fort Coulonge! L’Association des consommateurs du Québec est sur les dents et se dit préoccupée par la présence de messages subliminaux sur les albums rock! Un ex-commis de banque de Montréal croit qu’une influence maléfique se cache derrière les grands noms du HEAVY METAL! Au banc des accusés: le Prince des Ténèbres. Le diable nous ferait-il chanter?

Le quatrième étage du Pavillon Casault de l’université Laval. Urbain Blanchet, musicologue, est confortablement assis derrière son bureau. Devant lui, des partitions classiques se mêlent aux plus récentes revues rock internationales. Ce spécialiste de l’histoire de la musique peut vous parler du rock’n’roll pendant des heures. Il connait Ozzy Osbourne, Black Sabbath et Kiss sur le bout de ses doigts. Depuis la belle époque d’Elvis Presley, ce docteur en littérature s’amuse à décoder les œuvres des géants de la musique pop. « Je ne mets pas tout le rock à l’index, dit-il, mais je condamne en bloc le heavy metal à cause des valeurs spirituelles et humanitaires mises en cause ». Il ajoute que cette forme musicale prône la révolte sous toutes ses formes et rappelle que les stars du rock sont des modèles et des héros qu’imitent les jeunes dans leur quête d’identité. « Pour les consommateurs de cette musique qui ont entre 12 et 16 ans, cela devient un phénomène social inquiétant », affirme-t-il. « On se penche beaucoup sur [manque quelques mots].

[Ce] dernier s’est donné la mort pour fêter l’anniversaire du suicide de son copain... avait demandé qu’on fasse jouer Stairway to Heaven à ses funérailles. Normand Rainville est médecin à Granby. Il affirme que ses deux fils de 16 et 19 ans se sont suicidés (à cinq mois d’intervalle) à cause de leur passion pour la musique du groupe Black Sabbath. Il en a parlé avec Pierre Pascau sur les ondes de CKAC et dit avoir mal été compris. De plus, en novembre dernier, l’hebdomadaire Allô-Police reprenait en long et en large (et en première page!) son entrevue à la radio. Il en garde un goût amer. Depuis quelques temps, il hésite à faire des déclarations sur le sujet et se méfie des journalistes. Avec quelques autres personnes, il a fondé le Centre de Recherches Interdisciplinaires St-Luc dont l’objectif est « d’opérer un certain discernement dans les valeurs proposées en cette fin de XXe siècle ». « Pour plus d’informations, me dit-il, entrez en contact avec Alain Lamothe ».

La ville de Fort-Coulonge est située à 100 km au nord d’Ottawa. Et là, le diable est le sujet d’actualité numéro 1. En novembre dernier, une religieuse fut invitée par la gérante de la station communautaire de l’endroit (CH1P-FM) à « éliminer » les disques contenant des messages soi-disant «sataniques». Une douzaine d'albums furent fracassés avant que les autres employés de la station aient pu intervenir. Sœur Dolorès (la religieuse en question) affirme avoir fait « son choix de disques » à partir de deux livres écrits sur le sujet: « Le rock'n’roll: viol de la conscience par les messages subliminaux », du père Jean-Paul Regimbal, et « La musique rock: divertissement ou medium...? » d’Alain Lamothe. L’incident a fait beaucoup de bruit, entraînant même la démission de la gérante. Actuellement, un groupe de pression veut empêcher la diffusion sur les ondes de certains albums rock. John Evans, gérant « par intérim » croit que cela créerait un dangereux précédent. Il me confirme cependant que « le conseil d’administration est disposé à entendre des objections publiques concernant la diffusion de musique rock si quelqu’un organise une rencontre.

Maryse Azzaria habite en banlieue de Québec. Pas de séances d’exorcisme en vue dans son sous-sol. Cette mère de famille résolument progressiste est bénévole à l’Association des Consommateurs du Québec (ACQ). Tout ce qui touche à la manipulation des individus l’intéresse. Elle a suivi de près l’affaire des expériences secrètes sur le lavage de cerveaux que la CIA a effectuées sur les patients de l’institut Allan Memorial de Montréal, vers la fin des années 50. Elle fait actuellement partie d’un comité qui étudie la question des messages subliminaux insérés sur les disques rock.

Elle explique que « le terme subliminal indique que le message n’est pas perçu directement, c’est-à-dire qu’il est perçu sous le seuil de la conscience. Certaines études laissent à penser que des suggestions auditives sous le seuil de la conscience peuvent provoquer des réactions physiologiques ».

Les groupes religieux ont été les premiers à dénoncer ces pratiques affirmant qu’on y retrouve une volonté bien établie « de pervertir la conscience des jeunes ». À l’ACQ, ajoute Maryse Azzaria, « il ne s’agit pas de débattre un problème religieux mais bien de défendre les intérêts des jeunes consommateurs. L’association s’est toujours intéressée aux valeurs véhiculées par les objets. Elle s’inquiète maintenant des effets que véhiculent un certain type de musique rock. Finalement, l’ACQ estime que les messages subliminaux inversés «peuvent inciter les jeunes à adopter des comportements possiblement contraires à leur valeur ». Maryse Azzaria se sent d’autant plus concernée par le sujet qu’elle a cinq enfants âgés entre 12 et 19 ans. Un jour, sa fille de quinze ans (tannée d’entendre parler de ces messages cachés?) décide de prendre des cours de guitare. Le soir venu, elle revient chez elle après avoir appris les premières mesures de Stairway to Heaven.

Fin février. Salle communautaire de l’Église Saint-Pierre à Fort-Coulonge. L’endroit est plein à craquer. Une équipe complète de Radio-Canada (Ottawa) est sur les lieux. Alain Lamothe ajuste son projecteur diapo, son magnétophone et son micro. Devant lui, près de 400 personnes qui attendent le début de sa conférence intitulée « La musique rock: divertissement ou medium...? La projection sera suivie d’un débat public sur la question. Dans l’assistance, on retrouve le docteur Normand Rainville et Sœur Dolorès.

Alain Lamothe est un ex-commis de banque qui consacre son temps et ses économies à démasquer Lucifer dans les disques, textes et spectacles rock. Son emploi du temps est chargé. Une conférence par jour depuis quelques semaines « Le sujet est à la mode de ces temps-ci », dit-il. Lui, il en parle depuis 6 ans. Sa spécialité: Le backward masking process ou si vous préférez, les messages subliminaux inversés et cachés.

Dans la salle, l’obscurité se fait, la projection commence. Tête de mort, musique d’enterrement, Beatles, Charles Manson (l'assassin de l’actrice Sharon Tatc), Led Zeppelin, Aleister Crowley (célèbre Ie sataniste Anglais), Eagles, Anton Lavey (grand prêtre de l'Église de Satan en Californie) se succèdent pêle-mêle et à vive allure sur l’écran. Alain Lamothe se met à décoder l’un des plus grands succès du rock: Stairway to heaven. Lorsque l’on a la possibilité d’écouter cette pièce en marche arrière on peut entendre (plutôt mal que bien) les phrases Because I know they've got to leavefor Satan et Here's to my sweet Satan. C’est ce qu’Alain Lamothe appelle un message subliminal inversé et caché! L’auditoire est conquis. Enfin la preuve que tous attendaient. Le rock et le diable ne font qu’un. Fier de son coup, Lamothe I ajoute « on croit maintenant que cette chanson, par une écoute répétée, peut avoir des conséquences suicidaires sur l’auditeur! ». C’est la millième fois qu’il répète cette phrase. C’est la millième fois qu’il entend cette chanson et il ne semble pas se porter trop mal. Ses affaires non plus. Cet ex-employé de banque vise une réimpression de son volume qui porte le même titre que sa conférence (les 3000 premiers exemplaires se sont envolés assez rapidement). Il aimerait faire traduire le bouquin et la conférence (75$ par présentation) pour conquérir le marché américain. L’expert du backward masking process, c’est lui!

Une nouvelle chasse aux sorcières?


Les rock stars d’hier gonflaient d’immenses pyramides à l’hélium (Pink Floyd) et faisaient virevolter leurs pianos dans les airs (Emerson, Lake & Palmer). Celles d’aujourd’hui accaparent les symboles les plus naïfs de l’ésotérisme (la tête de bouc, les chiffres 666, etc.) et jouent à faire peur aux adolescents. À l'autre extrémité, des groupes religieux intégristes pratiquent une véritable « pédagogie de la terreur » et utilisent le rock pour imposer leur vision du monde. Aux États-Unis, le phénomène ressemble à une véritable chasse aux sorcières. Dans le courant de la Moral Majority du Révérend Jerry Falwell des pasteurs traversent les États américains pour convaincre les jeunes de se débarrasser de leur musique rock. C’est le cas des frères Steve et Jim Peters du Minnesota qui sont convaincus que le rock'n’roll est l'une des plus grandes forces sataniques du pays. Lors de leur premier « séminaire rock » tenu en 1979, plus de 150 jeunes ont jeté au feu quelques 15 000 dollars de disques. Les frères Peters n’acceptent pas qu’on les qualifie de fanatiques. « Certains considèrent que Jésus lui-même était un fanatique », ont-ils répondu à un journaliste du Rolling Stone qui leur faisait la remarque. Ils considèrent que le mode de vie, les paroles, les intentions et les pochettes de disques des vedettes de rock sont « perverses, immorales et corrompues ». Leurs cibles principales sont les groupes Kiss, Eagles, Beatles, Rolling Stones et Led Zeppelin. Jusqu’à maintenant, ils ont laissé dans leur sillage plusieurs milliers de cassettes qu’ils vendent 8 dollars pièce.

L’évangéliste Alton Garrison, de son côté, tente de convaincre les adolescents de détruire leurs albums de musique rock au cours de « Rallye de destruction de ces voix du diable ». « Je ne souhaite pas de mal à Mick Jagger des Rolling Stones, mais je souhaite que par la grâce de Dieu il puisse sauver sa vie », dit-il. Certains l’accusent d’employer les mêmes méthodes que ceux qu’il dénonce, c’est-à-dire de faire du show business. Ses discours se font au son d’une émouvante musique religieuse et sont ponctués de « Alléluia », « Amen » et « Prions le Seigneur », sans oublier les exhortations à acheter sa série de cassettes au prix de 25$. Il clôture ces cérémonies en demandant aux jeunes de venir empiler sur l’estrade leurs albums de « musique diabolique ».

Un certain Joseph Matt, auteur d’une brochure intitulée « Le rock’n’roll, instrument de révolution et de subversion culturelle » associe carrément communisme et satanisme. « Vous ne croyez pas au diable? dit-il, cela se comprend. Il nous crève les yeux par les fulgurations du rayonnement communiste et de ses crimes qui réussissent dans le monde à détraquer les cerveaux. Il assourdit votre entendement par l’excès de décibels du rock’n’roll, cet instrument d'une hystérie d’enfer conçu pour obstruer, dans les intelligences et dans les cœurs, l'audition de la voix de Dieu. Débarrassons notre pays, et finalement le monde, de ce fléau véritablement satanique ».

Au Québec, le phénomène prend de l'ampleur depuis la parution du livre « Le rock’n’roll, viol de la conscience par les messages subliminaux » du Père Jean-Paul Regimbal. Ce petit bouquin de 62 pages est rempli d’interprétations douteuses, d’exagérations et de faussetés. On y apprend, entre autres, que « l’étude de 18 cas de suicides survenus dans la région de Montréal-Granby-Québec en moins d’un an chez des jeunes de 15 à 21 ans, a démontré que la seule constante repérable en tous ces cas était le facteur musical du rock’n’roll ». « Mick Jagger s’est consacré à Satan sous l'influence de Marianne Faithfull ». « Au cours d’un week-end rock à Los Angeles, 650 jeunes gens ont trouvé la mort. Les corps ne pouvaient pas être identifiés. Les victimes étant des jeunes qui avaient laissé la maison familiale ».

Plus de 12 000 copies de ce pamphlet ont déjà été distribuées. Certaines de ces actions nous ramènent presque au Moyen-Âge, alors que l’Église avait constamment recours au Démon et à la frayeur qu’il inspirait pour menacer de l’enfer ceux qu’elle ne pouvait pas menacer des juges. Cette nouvelle croisade s’appuie en grande partie sur ces fameux messages cachés (souvent à peine audibles) qui se trouvent sur certains disques rock (Led Zeppelin, Eagles, Elo, Styx, etc).

Tout ne tient donc qu’à un fil, et il est bien mince, car encore aujourd’hui « il n’existe aucune preuve scientifique démontrant que le backward masking process ou messages subliminaux inversés puissent avoir une portée quelconque ». Imaginez-vous-qu’en plus d’être imperceptibles... ils sont à l’envers!

Alain Lamothe croit cependant qu’il s’agit d’un procédé ou technique utilisé pour diffuser certains messages. « Ces messages, qui ne peuvent être démasqués par nous que par une écoute à la renverse du disque, pénétreraient le subconscient; le cerveau humain étant assez complexe pour arriver à les décoder intégralement ». De toutes façons, pourquoi passer des jours et des nuits à faire tourner des disques à l’envers quand tout est si clair à l’endroit: Highway to Hell, Hell ain't a bad place to be. Hell's bell's. Running with the devil. Demons and wizards. The number ofthe beast. Suicide solution.

Depuis le succès du film The Exorcist, le diable et toute la symbolique qui y est rattachée est une source inépuisable d’idées pour artistes en mal d’inspiration. Le diable, comme la violence, se vend bien. On pique des idées dans un quelconque traité de sorcellerie. On sort l’attirail sataniste de la garde-robe (croix renversée et cierge noir). On se proclame adepte d’un quelconque culte démoniaque. Finalement, on donne un show en « Enfer » (le Forum pendant un spectacle de Black Sabbath). Le jeu de ces grands guignols du rock n’impressionne plus personne sauf, peut-être des adolescents qui se laissent séduire par l’image violente que véhicule ces groupes tant au niveau de leurs musiques, de leurs textes, que d’eux-mêmes.

Je lisais récemment dans une revue française (Actuel) cette phrase expliquant, en partie, la motivation réelle cachée derrière ces groupes dits « sataniques ». À propos d’un membre des Virgin Prunes, il est dit: « Il est fasciné par la force qui fermente sous les tabous et les superstitions, l’envie le prend de les parodier, de les singer, de les brandir bien haut pour ébranler un bon coup toutes les terreurs chrétiennes qui inhibent l’Occident. Il exploite toute la violence contenue dans les interdits de l’Église ». Le diable et le rock, une histoire de Bonhomme 7 heures? Je ne sais trop. Mais certains soirs, je mettrais bien dans les flammes la moitié de la discothèque de mon voisin d'à côté.

Avec la collaboration de Chantal Francke

(Québec Rock, Mai 1984, p. 42 à 45)



1er novembre 2025

EN BREF

Mgr Bertrand Blanchet


MES CONDOLÉANCES
a la famille et aux amis de Mgr Bertrand Blanchet, a l'occasion de son décès. Il y a quelques années, dans le cadre de mon travail de journaliste, je le rencontrais régulièrement. La catholiques de Rimouski et du Bas Saint-Laurent viennent de perdre un grand intellectuel. A mes yeux, c'était un saint homme. Je vous parlerai bientôt de lui sur mon blogue.





Pierre Dufault


MES CONDOLÉANCES a la famille et aux amis du journaliste Pierre Dufault, a l'occasion de son décès

LE BALADO: Jean-Paul Regimbal (5)


CULTURE MUSIQUE: Picotine


Picotine

Par Benoit Voyer

1er novembre 2025

Elle s’appelle Picotine. Elle a une drôle de mine. Elle a des picots plein la figure et elle nous racontait plein d’histoires "à coucher dehors".

Quand je pense à elle, je repense à ma jeunesse. Cette série télévisée pour les enfants était diffusée à la télévision de Radio-Canada du 8 septembre 1972 au 28 mai 1975. Picotine était interprétée par Linda Wilscam.

Malheureusement, je n’étais pas très fidèle au rendez-vous télévisé, mais je m’en souviens. C’était amusant ! Mais je ne le disais pas parce que mes amis disaient que c’était une émission pour les filles. À la maison, je me joignais plutôt à mon ami Patof au canal 10, l’ancêtre du réseau TVA.

Je dois tout de même l’avouer, j’aimais aussi regarder Picotine.

Picotine était une jeune fille qui ne restait jamais à l’extérieur des situations difficiles. Elle s’y engageait. Elle se tenait debout. Rien ne l’arrêtait.

Elle était un modèle pour les filles. Elle était douce, espiègle, curieuse, mesquine et romantique. Lorsqu'elle éclatait de rire, le soleil éclatait lui aussi. Si elle était triste, les oiseaux cessaient de chanter. Moi j’aimais beaucoup Poil de pluche. Ah oui ! Il y avait aussi Fantoche. Ce personnage était interprété par Michel Dumont.

Picotine était vraiment une série jeunesse que j’aimais et qui, à près de 60 ans, rallume mon cœur d’enfant.

Le générique de l’émission (1972) :
https://www.youtube.com/watch?v=UM0tVIoPfM4&t=2s