Par Benoit Voyer
6 septembre 2026
Jean-Paul Regimbal est né à North Bay, en Ontario, le 4 juillet 1931. Il est le fils de Léo Regimbal et d’Emma Frappier.[1]
Sa famille compte 12 enfants (5 filles et 7 garçons) [2] : Albert [3], l’aîné, Gertrude, Germaine[4], Lucille, Pauline [5], Jacqueline [6], Maurice [7], Roger, Raymond [8], Sylvio [9], Jean-Paul [10] et, le cadet, Louis-Joseph [11].
Le lendemain de sa naissance, le poupon Regimbal est baptisé à l’église catholique Saint-Vincent-de-Paul, à North Bay, en Ontario. La célébration est présidée par l’abbé Joseph Chapleau, curé de la paroisse. On lui donne les prénoms de Jean, Paul et Avila. Sa marraine est sa sœur Germaine.[12]
Jean-Paul grandira dans une maison où il y a toujours quelqu'un qui chante, travaille, joue ou parle. Les repas sont animés, les chambres partagées et la solitude est rare.
Petite enfance
Dans ses jeux d’enfant, tous les matins, Jean-Paul s’amuse à célébrer la messe pendant les vacances d’été. En fait, il revêt des vêtements qui ressemblent à une aube et consacre la piquette [13] de son père. Sa sœur Jacqueline est sa première servante de messe.[14]
Les membres du clan Regimbal chantent et aiment la musique. La famille Trapp a chanté dans la maison familiale des Regimbal, lors d’un concert à North Bay. Durant leur séjour, la troupe demeure à l’Hôtel Saint-Régis ou Donat-Léo Regimbal est gérant.
Chez les Regimbal, les trois plus jeunes, c’est-à-dire Jean-Paul, Raymond et Joseph ont fait partie des Chanteurs céciliens sous la direction de Joseph Beaulieu. La troupe parcourt le Nord-Ouest de l’Ontario. Jean-Paul a souvent été soliste lors des prestations publiques [15]
« Jean », comme l’appellent affectueusement et simplement ses frères et sœurs, performe particulièrement au piano. C’est un virtuose! D’ailleurs, au fil de ses jeunes années, il désire devenir concertiste professionnel. Au long de son enfance et de son adolescence, il suit des leçons dans ce seul but.
En 1940, lors d’une visite à la prison de Cochrane, un fort appel intérieur se fait sentir dans le cœur de l’enfant de 9 ans : venir en aide aux personnes privées de liberté.[16]
Ce jour-là, un détenu lui demande simplement de lui apporter un journal. Ce geste insignifiant en apparence impressionne profondément l'enfant. Il découvre qu'une présence, une attention ou un petit service peuvent apporter beaucoup à une personne privée de liberté. Il en parlera longtemps autour de lui.
À cause de son asthme, Jean-Paul ne pratique pas de sport. Il occupe donc son temps à d’autres activités.[17]
À 10 ans, il compose sa première pièce musicale et, à 12 ans, sa première messe à quatre voix qu’il enregistre sur disque pour sa mère grâce à la participation de la radio de North Bay où il habite.[18]
Les samedis après-midi, à son initiative, il amène son frère Raymond visiter les personnes âgées au centre d’accueil situé près de la maison familiale. Pour Raymond, c’était un véritable sacrifice, mais Jean-Paul s’en fait une joie.[19]
Jean-Paul aime rire. Il excelle dans les « bonnes farces » et les jeux de mots. Il adore, notamment, citer la Bible autour de la table. Un jour, excédé par cette manie, un de ses frères lui demande : « Que feras-tu si je te frappe une joue ». Sans tarder, Jean-Paul répond qu’il tendra l’autre joue. Alors, son frère lui donne un coup au visage. Jean-Paul lui tend l’autre joue. Sans hésitation, il lui assène un autre coup. Insulté, d’un bon Jean-Paul lui fout son poing sur la mâchoire.[20]
Au Collège du Sacré-Cœur, à Sudbury
Jean-Paul Regimbal entre au Collège Sacré-Cœur des Jésuites de Sudbury [21] ou son frère aîné, Albert, est déjà reçu Jésuite. Il y rejoint son frère Raymond.
À l’école, il s’avère un adolescent fonceur et qui agit toujours par conviction : il touche à l’orgue et s’implique dans les activités étudiantes.[22]
Un jour, sa mère parcourt les 130 kilomètres de North Bay à Sudbury pour visiter ses fils. Ce n’est pas le jour des visites. Madame Regimbal (Emma Frappier) doit repartir de l’école sans voir ses fils. Elle laisse un paquet et un message pour ses fistons.
Jean-Paul n’a pas froid aux yeux. En apprenant que les Jésuites ont empêché sa mère de voir ses enfants, Jean-Paul, fâché, investit le bureau du directeur et s’insurge contre une telle pratique, signifiant qu’il n’est pas charitable d’avoir aussi peu de considérations pour les parents.[23]
Au terme de son enfance, plusieurs traits qui marqueront toute sa vie sont déjà présents : un tempérament fonceur, un remarquable talent musical, une foi simple, un goût du service et une attention particulière envers les personnes oubliées.
Il tombe sous le charme
Du 18 au 22 juin 1947, au Parc Lansdowne, à Ottawa, a lieu un grand congrès marial, à l’occasion du 100e anniversaire du diocèse d’Ottawa.
Le cardinal James McGuigan, archevêque de Toronto, le cardinal Paul Émile Léger, archevêque de Montréal, et tous le gratin religieux catholique du pays est présent.
Le programme comprend des conférences, des célébrations et des manifestations artistiques.
Le 18 juin 1947, le quotidien Le Droit publie un supplément de plus de 50 pages pour souligner l’événement. À part l’abondante publicité, on y donne le programme et on y présente les activités et les dignitaires.
Jean-Paul Regimbal se rend au congrès avec d’autres étudiants du collège du Sacré-Cœur qu’il fréquente à Sudbury.
Il est très intéressé par la grande exposition religieuse qui y est présentée. 117 communautés d'hommes et de femmes y tiennent des kiosques illustrant leurs liens avec la Vierge Marie. Celle-ci couvre une superficie de plus de 133,000 pieds carrés.[24]
Pour la première fois de sa vie, Jean-Paul rencontre des Trinitaires. C’est le coup de foudre! Ces instants sont pour lui une réponse à ses nombreuses prières. Il se dit : « Voilà enfin des religieux qui s’occupent des prisonniers! »
Sans tarder, il en parle à son guide spirituel. Le père Jean-Paul Demers, s.j. Ce dernier lui demande de garder cela dans le secret de son cœur afin de laisser Dieu lui préciser l’appel. En sera-t-il capable?
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[1] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pId=537740 Note : En effectuant mes recherches généalogiques, j'ai constaté que Jean-Paul Regimbal et moi sommes de lointains cousins. Charles Allaire (1637-1687) est son 11e arrière-grand-père du côté de sa grand-mère maternelle et mon 7e arrière-grand-père du côté paternel, en passant par les familles Voyer, Bélanger, Talbot et Allaire.
[2] Avis de décès de Jean-Paul Regimbal. Voix de l’Est, 12 septembre 1988, page 18. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[3] Albert deviendra prêtre jésuite
[4] Germaine deviendra religieuse de l’Assomption de Nicolet
[5] Pauline épousera Carmen Norman
[6] Jacqueline épousera Robert Foisy
[7] Maurice épousera Clémence Rivet
[8] Raymond épousera Lorraine Nadon
[9] Sylvio épousera Roland Michaud
[10] Jean-Paul deviendra prêtre trinitaire
[11] Louis-Joseph épousera Diana Gardiner
[12] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pid=537740 Note de recherche : Le registre semble indiquer que le parrain pourrait être le curé Joseph Chapleau, qui est également le célébrant du baptême. Cette interprétation devra être confirmée par l'examen de l'original ou par la comparaison avec d'autres actes du même registre.
[13] Une piquette est un vin bon marché et de qualité médiocre.
[14] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[15] Il en est aussi question dans : Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[16] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[17] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[18] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[19] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[20] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[21] Le collège deviendra l’Université de Sudbury en 1957 et deviendra une composante de l’Université Laurentienne en 1960.
[22] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[23] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[24] Supplément publié à l’occasion du congrès marial d’Ottawa, page 48 ; Le Droit, 18 juin 1947.
[1] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pId=537740 Note : En effectuant mes recherches généalogiques, j'ai constaté que Jean-Paul Regimbal et moi sommes de lointains cousins. Charles Allaire (1637-1687) est son 11e arrière-grand-père du côté de sa grand-mère maternelle et mon 7e arrière-grand-père du côté paternel, en passant par les familles Voyer, Bélanger, Talbot et Allaire.
[2] Avis de décès de Jean-Paul Regimbal. Voix de l’Est, 12 septembre 1988, page 18. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[3] Albert deviendra prêtre jésuite
[4] Germaine deviendra religieuse de l’Assomption de Nicolet
[5] Pauline épousera Carmen Norman
[6] Jacqueline épousera Robert Foisy
[7] Maurice épousera Clémence Rivet
[8] Raymond épousera Lorraine Nadon
[9] Sylvio épousera Roland Michaud
[10] Jean-Paul deviendra prêtre trinitaire
[11] Louis-Joseph épousera Diana Gardiner
[12] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pid=537740 Note de recherche : Le registre semble indiquer que le parrain pourrait être le curé Joseph Chapleau, qui est également le célébrant du baptême. Cette interprétation devra être confirmée par l'examen de l'original ou par la comparaison avec d'autres actes du même registre.
[13] Une piquette est un vin bon marché et de qualité médiocre.
[14] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[15] Il en est aussi question dans : Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[16] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[17] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[18] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[19] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[20] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[21] Le collège deviendra l’Université de Sudbury en 1957 et deviendra une composante de l’Université Laurentienne en 1960.
[22] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[23] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[24] Supplément publié à l’occasion du congrès marial d’Ottawa, page 48 ; Le Droit, 18 juin 1947.
