LE PRÉSENT DU PASSÉ : René Constantin se souviendra toute sa vie du 10 janvier 1999
René Constantin se souviendra toute sa vie du 10 janvier 1999
« Lors de mes dernières vacances d'été, je suis allé à Québec. Lorsque je retourne dans ce coin d'où je suis originaire, c'est plus fort que moi : il faut que je passe par le cimetière ! Lors de cette visite, j'ai bien regardé les obélisques des Constantin de sexe masculin. Il n’y en a pas un qui passe 60 ans ! » raconte René Constantin, représentant technique des ventes chez Boehme Filatex, à Saint-Jean-sur-Richelieu, et citoyen de la rue Gince, à Granby, qui vient, lui-même, d'avoir ses 60 ans. Ce détail généalogique l'a bien fait réfléchir.
Comme ses ancêtres établis au pays depuis 1660, il porte un sérieux problème cardiaque qui a failli le transporter directement à la mort, il n'y a pas longtemps. « Si je n'avais pas eu Dieu et la prière, je n'aurais pas été capable de passer à travers cette épreuve. J'ai approché Dieu dans la mort. « Il est tellement merveilleux ! » lance-t-il.
Cobaye
Ses problèmes de cœur ne datent pas d'hier. Il y a cinq ans, il a dû être hospitalisé pour subir une dilatation. Il y a deux ans, les spécialistes découvrent de nouveau en lui une artère bloquée à 70 %.
« J'ai passé le temps de Noël 1998 en faisant une à deux crises d'angine par jour. Le 10 janvier 1999, j'entre à l'Institut de cardiologie de Montréal. Le matin, en arrivant, une infirmière me rencontre. Elle me dit : « Le médecin vous a contacté ? » Je réponds : « Non ! » Elle ajoute : « On va s'asseoir et je vais vous expliquer. » Elle sort devant moi un cœur transparent en polymère. À l'intérieur, je vois comme un petit ressort. Elle dit : « Probablement que nous allons vous poser un petit ressort à l'intérieur de l'artère, mais nous avons un programme bien plus révolutionnaire que cela qui est à l'état d'essai. « Après avoir fait une dilatation, on brûle l'intérieur de l'artère par radioactivité », raconte en détail le nouveau sexagénaire.
L'infirmière lui expose toutes les conséquences de l'intervention. Elle lui dit, notamment, que l'impact sur son problème sera minime et qu'il permettra l'avancement de la science. Le nouveau procédé qu'elle lui propose s'appelle « Bêta 4 ».
« Elle me demande d'accepter d'être un cobaye pour ce programme mondial destiné à 1500 personnes. Sept cent cinquante devaient recevoir la radioactivité. Pendant deux ans, nous sommes ensuite suivis pour voir l'évolution entre les deux groupes. Elle me donne, finalement, une heure pour réfléchir. « Un médecin viendra vous faire signer un protocole si vous êtes d'accord », me dit-elle, renchérit l'homme de cœur.
Il réfléchit, médite et prie. Il accepte la proposition afin d'aider ses enfants, ses petits-enfants et sa famille en leur donnant une plus grande espérance de vie. Puisqu'il est croyant, il demande à son frère et à sa parenté décédée de l'aider à passer à travers cette difficile épreuve. La convention est signée à 10 h.
Intervention chirurgicale
René Constantin passe l'après-midi au repos, sur une civière, à attendre. À 15 h 30, on le transporte à la salle des chirurgies.
La dilatation se passe bien. La pose du petit ressort est une réussite.
« Au moment où ils ont passé le cathéter pour me traiter à la radioactivité, ils m'ont dit en anglais : « Il y a quelque chose qui ne va pas ; il y a une fuite de radioactivité ! » Le médecin à l'intérieur de la salle de chirurgie demande à ceux qui étaient à l'extérieur : « Qu'est-ce que je dois faire ? » Ils lui ont dit de sortir le tube le plus vite possible. Des billes sont tombées par terre. Puisque je n'étais pas endormi, je voyais le détecteur de radioactivité se promener devant moi. J'étais là, immobile. C'était stressant ! Je ne pouvais pas bouger… », se souvient-il.
Toute l'équipe d'intervention confie le malade à une infirmière afin qu'elle surveille ses signes vitaux et se réfugie sans tarder en réunion téléphonique en compagnie du médecin du fabricant du nouveau système qui était dans la région d'Ottawa, afin de connaître ce qu'il fait en telle situation. Ne sachant pas trop comment réagir, il demande de communiquer sans tarder avec un médecin américain. La rencontre dure entre 40 et 50 minutes.
« Durant ce temps, j'étais seul… Personne ne me parlait. Je n'étais pas accompagné psychologiquement. J'ai prié. Je me suis abandonné. « J'étais prêt à partir au ciel, à me sacrifier », raconte-t-il.
Expérience mystique
Durant cette interminable attente, René Constantin fait une expérience mystique qui change sa vie :
« Mon frère est venu dans le corps d'un médecin qui était à l'extérieur de la salle d'opération dans la première partie de l'intervention. Quand il est entré, il a dirigé l'équipe. Physiquement, c'était vraiment mon frère décédé quelques années plus tôt. Il m'a fait un autre procédé de radioactivité. Je crois vraiment que c'était mon frère qui a agi par l'intermédiaire de ce médecin. « Tout s'est bien déroulé, jusqu'à la fin », accepte-t-il de confier à la Revue Sainte Anne.
Le soir venu, il se recueille dans le fond de sa chambre de l'Institut de cardiologie de Montréal. Il remercie Dieu et ses proches de l'avoir accompagné durant ces longues heures.
Il poursuit : « Ce soir-là, ma sœur décédée un an plus tôt est venue prendre soin de moi. Elle m'a dorloté. Elle est passée par une infirmière. Elle m'a dit : « On va changer ton lit. » Elle m'a changé de civière. Je me suis mis à pleurer. Je suis un gros sensible ! J'ai dit à l'infirmière : « Tu ressembles à ma sœur, pas juste physiquement, mais aussi dans ta façon de parler ! » Lorsqu'elle me parlait, elle ne m'appelait pas « Monsieur », mais simplement René. »
Et maintenant
Depuis cette importante intervention chirurgicale, René Constantin a eu trois autres dilatations au cœur (mars et septembre 1999 et mai 2000).
Il ne fait plus de crises d'angine et n'a plus de douleurs, mais il continue à avoir un problème de circulation à l'intérieur des artères.
« Je me croise les doigts et je continue à prier pour que le mieux arrive. « Je ne souhaite pas mourir, mais si le bon Dieu décide que c'est mieux pour moi, je suis prêt à aller le rejoindre », conclut-il sereinement.
«J'étais prêt à partir au ciel, à me sacrifier ... »
« Lors de mes dernières vacances d'été, je suis allé à Québec. Lorsque je retourne dans ce coin d'où je suis originaire, c'est plus fort que moi : il faut que je passe par le cimetière ! Lors de cette visite, j'ai bien regardé les obélisques des Constantin de sexe masculin. Il n’y en a pas un qui passe 60 ans ! » raconte René Constantin, représentant technique des ventes chez Boehme Filatex, à Saint-Jean-sur-Richelieu, et citoyen de la rue Gince, à Granby, qui vient, lui-même, d'avoir ses 60 ans. Ce détail généalogique l'a bien fait réfléchir.
Comme ses ancêtres établis au pays depuis 1660, il porte un sérieux problème cardiaque qui a failli le transporter directement à la mort, il n'y a pas longtemps. « Si je n'avais pas eu Dieu et la prière, je n'aurais pas été capable de passer à travers cette épreuve. J'ai approché Dieu dans la mort. « Il est tellement merveilleux ! » lance-t-il.
Cobaye
Ses problèmes de cœur ne datent pas d'hier. Il y a cinq ans, il a dû être hospitalisé pour subir une dilatation. Il y a deux ans, les spécialistes découvrent de nouveau en lui une artère bloquée à 70 %.
« J'ai passé le temps de Noël 1998 en faisant une à deux crises d'angine par jour. Le 10 janvier 1999, j'entre à l'Institut de cardiologie de Montréal. Le matin, en arrivant, une infirmière me rencontre. Elle me dit : « Le médecin vous a contacté ? » Je réponds : « Non ! » Elle ajoute : « On va s'asseoir et je vais vous expliquer. » Elle sort devant moi un cœur transparent en polymère. À l'intérieur, je vois comme un petit ressort. Elle dit : « Probablement que nous allons vous poser un petit ressort à l'intérieur de l'artère, mais nous avons un programme bien plus révolutionnaire que cela qui est à l'état d'essai. « Après avoir fait une dilatation, on brûle l'intérieur de l'artère par radioactivité », raconte en détail le nouveau sexagénaire.
L'infirmière lui expose toutes les conséquences de l'intervention. Elle lui dit, notamment, que l'impact sur son problème sera minime et qu'il permettra l'avancement de la science. Le nouveau procédé qu'elle lui propose s'appelle « Bêta 4 ».
« Elle me demande d'accepter d'être un cobaye pour ce programme mondial destiné à 1500 personnes. Sept cent cinquante devaient recevoir la radioactivité. Pendant deux ans, nous sommes ensuite suivis pour voir l'évolution entre les deux groupes. Elle me donne, finalement, une heure pour réfléchir. « Un médecin viendra vous faire signer un protocole si vous êtes d'accord », me dit-elle, renchérit l'homme de cœur.
Il réfléchit, médite et prie. Il accepte la proposition afin d'aider ses enfants, ses petits-enfants et sa famille en leur donnant une plus grande espérance de vie. Puisqu'il est croyant, il demande à son frère et à sa parenté décédée de l'aider à passer à travers cette difficile épreuve. La convention est signée à 10 h.
Intervention chirurgicale
René Constantin passe l'après-midi au repos, sur une civière, à attendre. À 15 h 30, on le transporte à la salle des chirurgies.
La dilatation se passe bien. La pose du petit ressort est une réussite.
« Au moment où ils ont passé le cathéter pour me traiter à la radioactivité, ils m'ont dit en anglais : « Il y a quelque chose qui ne va pas ; il y a une fuite de radioactivité ! » Le médecin à l'intérieur de la salle de chirurgie demande à ceux qui étaient à l'extérieur : « Qu'est-ce que je dois faire ? » Ils lui ont dit de sortir le tube le plus vite possible. Des billes sont tombées par terre. Puisque je n'étais pas endormi, je voyais le détecteur de radioactivité se promener devant moi. J'étais là, immobile. C'était stressant ! Je ne pouvais pas bouger… », se souvient-il.
Toute l'équipe d'intervention confie le malade à une infirmière afin qu'elle surveille ses signes vitaux et se réfugie sans tarder en réunion téléphonique en compagnie du médecin du fabricant du nouveau système qui était dans la région d'Ottawa, afin de connaître ce qu'il fait en telle situation. Ne sachant pas trop comment réagir, il demande de communiquer sans tarder avec un médecin américain. La rencontre dure entre 40 et 50 minutes.
« Durant ce temps, j'étais seul… Personne ne me parlait. Je n'étais pas accompagné psychologiquement. J'ai prié. Je me suis abandonné. « J'étais prêt à partir au ciel, à me sacrifier », raconte-t-il.
Expérience mystique
Durant cette interminable attente, René Constantin fait une expérience mystique qui change sa vie :
« Mon frère est venu dans le corps d'un médecin qui était à l'extérieur de la salle d'opération dans la première partie de l'intervention. Quand il est entré, il a dirigé l'équipe. Physiquement, c'était vraiment mon frère décédé quelques années plus tôt. Il m'a fait un autre procédé de radioactivité. Je crois vraiment que c'était mon frère qui a agi par l'intermédiaire de ce médecin. « Tout s'est bien déroulé, jusqu'à la fin », accepte-t-il de confier à la Revue Sainte Anne.
Le soir venu, il se recueille dans le fond de sa chambre de l'Institut de cardiologie de Montréal. Il remercie Dieu et ses proches de l'avoir accompagné durant ces longues heures.
Il poursuit : « Ce soir-là, ma sœur décédée un an plus tôt est venue prendre soin de moi. Elle m'a dorloté. Elle est passée par une infirmière. Elle m'a dit : « On va changer ton lit. » Elle m'a changé de civière. Je me suis mis à pleurer. Je suis un gros sensible ! J'ai dit à l'infirmière : « Tu ressembles à ma sœur, pas juste physiquement, mais aussi dans ta façon de parler ! » Lorsqu'elle me parlait, elle ne m'appelait pas « Monsieur », mais simplement René. »
Et maintenant
Depuis cette importante intervention chirurgicale, René Constantin a eu trois autres dilatations au cœur (mars et septembre 1999 et mai 2000).
Il ne fait plus de crises d'angine et n'a plus de douleurs, mais il continue à avoir un problème de circulation à l'intérieur des artères.
« Je me croise les doigts et je continue à prier pour que le mieux arrive. « Je ne souhaite pas mourir, mais si le bon Dieu décide que c'est mieux pour moi, je suis prêt à aller le rejoindre », conclut-il sereinement.
(Revue Sainte Anne, avril 2001, page 151)
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Rock'n'none made in Granby, P.Q.
Ils ont des voix célestes, mais ils ne sont pas tous des anges ! Ils ne sont pas tous très religieux, mais ils vibrent en chantant de la musique « gospel ». Comme bien des adolescents, plusieurs ont l'air antisociaux, mais ils ont tous un grand sens de la fraternité ! Ce « gang » de jeunes de 15 à 22 ans vit en parfaite harmonie. À les entendre, on se croirait dans une scène du film Rock'n'None.
Le chœur Cantamus de Granby a été fondé par Jean-Luc Hébert, un musicien professionnel. L'idée est venue lors d'un voyage dans les Alpes, en Suisse, en 1996.
« J'ai des amis là-bas, dont une travaille avec une chorale de jeunes. Un soir, je suis allé assister à une pratique musicale. Dans ce village de 2000 habitants, il y avait une trentaine de jeunes qui chantaient. Ils étaient très impressionnés de rencontrer un musicien du pays de Céline Dion ! Moi aussi, j'ai été impressionné de les voir et de les entendre ! J'ai demandé à Mireille : « Coup donc ! C'est spécial ! » Elle m'a expliqué que, dans son pays, chaque village a son chœur de jeunes », raconte Jean-Luc Hébert.
Il ne tarde pas à se poser la question : « Si un petit village comme celui-ci peut avoir un chœur de jeunes, pourquoi n'y en a-t-il pas un à Granby ? » À son retour au Canada, il en glisse notamment un mot à l'abbé Gérald Ouellette, curé de la paroisse catholique Saint-Joseph.
Le goût de démarrer le chœur « gospel » reste en lui tout l'hiver 1996. À l'été 1997, il repart en Europe. À son retour, son ami prêtre lui présente Lise Roy, agente de pastorale : « Je ne voyais pas comment je réaliserais un tel projet seul. Je suis content qu'elle soit venue m'aider. On a pas mal parti le groupe ensemble ! », ajoute-t-il.
Jean-Luc Hébert devient l'âme musicale de la chorale qui va de succès en succès où elle passe. Lise Roy s'occupe de la partie logistique et, surtout, d'animer la vie communautaire du clan.
Le recrutement débute à l'automne 1997 dans les écoles. « Gérald a fait venir un « chœur » gospel à sa paroisse et a dit aux paroissiens : « Je vais prendre les noms de ceux qui aimeraient faire partie d'une chorale comme celle-là. Il y a eu une dizaine d'inscriptions », se souvient Lise Roy.
À Noël 1997, le chœur fait sa première représentation lors des messes de Noël à Saint-Joseph. Le groupe comprenait six membres. Il en compte aujourd'hui une vingtaine. Depuis 1997, il n'y a pas de campagne de recrutement. Les nouveaux membres se sont joints à cause du bouche-à-oreille et du site Internet.
Le répertoire du Chœur Cantamus est composé de certaines pièces francophones, mais également des grands classiques du répertoire « gospel » américain, comme « Oh Happy Day », « I Will Follow Him » et « Hail Holy Queen ».
Une famille
Comment font-ils pour garder les jeunes dans la chorale ? Peu de jeunes ont quitté ces derniers mois. Ou, s'ils s'en vont, la plupart du temps, ils reviennent à la première occasion.
« C'est qu'il faut aller plus loin que le simple fait de chanter ! Il faut que les jeunes vivent quelque chose. Dans le chœur, ce ne sont pas tous des jeunes qui ont une énorme foi. Il y en a qui sont juste là pour chanter. Et, au fil du temps, ils découvrent autre chose… Au départ, il y a des jeunes qui ne connaissent même pas leur « Notre Père », explique l'énergique femme au milieu de la trentaine. Elle dit aussi qu'il faut que Jean-Luc Hébert et elle soient authentiques et vrais.
Jean-Luc Hébert ajoute : « Il faut aussi montrer qu'il va falloir faire des efforts pour se rendre quelque part. Au début, lors de l'apprentissage de pièces anglophones, il y avait une fille qui a lancé son cartable par terre et s'est mise à pleurer en disant : « Je ne suis pas capable. » Je lui ai répondu doucement : « Écoute, on va aller plus tranquillement… »
Les adolescents et les jeunes adultes restent, également, parce que des liens ont été créés entre eux. Ils ne se rassemblent pas juste pour chanter. Ils font aussi des activités sociales. C'est une façon d'apprendre à se connaître.
« Pour la rentrée, nous avons fait un party hot-dogs. Cela n'a pas de rapport avec le « gospel » ! Mais… il y a quand même un peu de musique autour du feu de camp. C'est céleste ! C'est cela l'esprit de gang ! » conclut Lise Roy.
Benoît Voyer
(Revue Sainte-Anne, mars 2001, p. 130)
ENTRE TOI ET MOI : À cette intersection sur la route de ma vie, il y a une lumière jaune
À cette intersection sur la route de ma vie, il y a une lumière jaune
Par Benoit Voyer
15 janvier 2026
Depuis le milieu du mois de novembre, la vie m’oblige à ralentir certaines activités afin de me concentrer sur d'autres priorités.
Bien entendu, il y a eu les rencontres du temps des fêtes. Tu sais comme moi ce que ça implique.
À cela s’ajoute mon boulot de nuit dans un département de soins psychiatriques d’un hôpital de la grande région montréalaise. Une plus grande lourdeur des problématiques des patients que nous traitons, le nombre de collègues en congés de maladie et une certaine réorganisation du milieu de travail me demandent de puiser davantage dans mes ressources énergétiques et de prévoir des périodes de récupération plus longues.
De plus, davantage exposé aux virus de la population, j’en ai attrapé quelques-uns. J’ai donc dû prendre quelques journées de maladie et être davantage au lit afin de guérir et de récupérer. Je dois vous avouer que les symptômes de la grippe de cette année n’étaient pas une sinécure. Comme plusieurs d’entre vous, j’en ai arraché.
Enfin, il y a eu des rencontres au sujet de notre maison. On a d’abord additionné les rendez-vous afin de prendre des décisions d’avenir : on vend ? On reste là ? On rénove ? Lorsqu’on fait une démarche sérieuse, ça demande un peu de temps. Finalement, on rénovera entièrement notre salle de bain et nous apporterons d’importantes modifications à notre descente de cave et à la bouche d’évacuation de notre sécheuse et, s’il reste quelques dollars en réserve, nous installerons de nouvelles gouttières.
À cela s’ajoutent les préoccupations familiales et ma volonté obstinée de redonner du temps à l’activité physique.
Ainsi donc, j’ai pris bien du retard dans mes projets personnels, notamment dans mes lectures, recherches et travaux rédactionnels dans lesquels se retrouvent notamment la tenue d’un blogue et l’animation de quelques plateformes.
À cette intersection sur la route de ma vie, il y a une lumière jaune. Ces derniers jours, j’ai pris du temps afin de faire le point avec moi-même. C’est important de se fixer des rendez-vous avec soi.
Ce matin, en méditant dans un lieu qui m’est sacré de ma région et en me confiant à mon éternel ami, j’ai finalement pris la décision de me reconnecter sur l’essentiel, c’est-à-dire de ralentir certains projets et de donner un peu plus de vigueur à d’autres. Tu comprendras donc que certains jours je serai absent des médias sociaux. Mais ne t'inquiète pas, je ne suis pas loin. Et puis, si tu t'ennuies un peu, écris-moi !
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Frère Denis Lévesque, initiateur des Franciscains de l'Emmanuel
Frère Denis Lévesque, initiateur des Franciscains de l'Emmanuel
« Je me souviens, je pleurais…
Ce fut une découverte foudroyante ! »
Par Benoît Voyer, journaliste
« À l'âge de cinq ans, je m'en souviens comme si c'était hier, j'étais seul à l'arrière de l'église de Malartic, en Abitibi, je m'étais aspergé d'eau bénite et couché par terre en donnant ma vie au Seigneur. Je me suis relevé et je suis reparti avec un feu joyeux dans le cœur », raconte candidement le frère Denis-Antoine Lévesque, initiateur des Franciscains de l'Emmanuel, une nouvelle communauté religieuse catholique qui compte une trentaine de membres.
« Cette première expérience de Dieu m'a profondément marqué. Pour moi, Jésus était un être vivant. Je m'en souviens, c'était écrit à l'avant de l'église : « Mon Jésus, je t'aime ! » Je ne savais pas tout ce qui se passait à la messe, mais je répétais sans cesse ces paroles », dit-il. Il vivait déjà une relation particulière et personnelle avec Dieu.
Né le 12 juillet 1960, ce fils de mineur était un p'tit gars vivant et dynamique qui avait déjà une attirance pour le sacré. Il y avait de l'exubérance dans ce petit cœur d'enfant. C'est vraiment une grâce spéciale qu'il a reçue parce que ses parents étaient de bons catholiques du dimanche, des gens pas plus religieux que les autres de ce temps.
C'est justement à cinq ans qu'il reçoit ses premières responsabilités à l'église paroissiale : servir la messe et fermer les lumières de celle-ci après les célébrations.
Au séminaire
À 10 ans, il entre au Petit Séminaire diocésain de Rouyn, le Séminaire Saint-Michel. Désirant consacrer sa vie au service de l'Éternel, il passe son adolescence dans ce lieu de croissance particulier. Parfois, il veut devenir prêtre ou policier. À d'autres moments, pompier ou prêtre. Ou encore, prêtre ou professeur. Son désir d'accéder au sacerdoce demeure présent.
François d'Assise
À 12 ans, il fait la rencontre de saint François d'Assise en regardant le film « François et le chemin du soleil ». À partir de ce jour, plus rien n'est pareil dans son cœur. C'est le coup de foudre ! Un véritable choc de l'âme !
Sans tarder, il dévore les cinq bouquins qu'il trouve sur le personnage à la bibliothèque scolaire.
Je me souviens, je pleurais… Ce fut une découverte foudroyante ! Au premier livre, je pleurais en lisant chacune des pages. Ce qui m'a touché chez François, c'est sa relation avec Jésus. Il était un passionné ! C'était tout ou rien ! Je me retrouvais en lui. Moi aussi, je voulais tout donner au Christ ! », raconte-t-il comme si c'était hier.
À partir de ce moment, la dimension franciscaine entre en lui. Cela se fit discrètement parce qu'il ne savait même pas qu'il existait des franciscains au Québec.
C'est à 15 ans qu'il rencontre des membres d'une fraternité laïque, le Tiers-Ordre franciscain. C'était au séminaire, lors d'un rassemblement d'un groupe de la paroisse, puisque l'église-cathédrale venait d'être détruite par un violent incendie.
« Je voyais des gens entre 40 et 50 ans qui venaient à une réunion. J'ai demandé ce qu'il y avait à cette rencontre. Ils m'ont répondu : « Les Franciscains séculiers laïcs ». J'ai répondu : « Ah oui ! Saint François d'Assise ! » Il me faisait tellement vibrer ! Je suis allé à la rencontre et j'ai commencé à fréquenter ce groupe. J'allais aux réunions deux à trois fois par mois. C'est là que j'ai eu ma première formation franciscaine. J'ai fait mon noviciat dans le troisième ordre de François », ajoute Denis Lévesque.
Le feu de l'Esprit
À l'école secondaire, Denis Lévesque s'implique à la pastorale. À 15-16 ans, Bob Digman, originaire de Waterloo, dans les Cantons-de-l'Est, et actuellement missionnaire au Mexique, est de passage en Abitibi, pour une tournée d'évangélisation où il raconte son expérience de conversion. Une soixantaine de jeunes de l'école viennent l'entendre et prier avec lui, dont Denis. Ils sont touchés par l'expérience. Plusieurs repartent avec un renouvellement de leur vie de foi.
« Les p'tites filles me travaillent »
De 16 à 19 ans, il vit ses expériences amoureuses avec les filles, dont la majorité sont membres du groupe de la pastorale scolaire touchées par l'expérience Digman.
À 19 ans, il vit une relation plus sérieuse qui lui demande de se poser des questions sur son avenir et de faire des choix concrets. « C'était une fille extraordinaire ! Elle s'appelait Sylvie ! », lance l'homme aux yeux qui brillent encore de tendresse pour elle.
Est-ce que je veux me marier ? Est-ce que je désire avoir des enfants ? Qu'est-ce que je veux faire de ma vie ? Il se pose bien des questions.
L'appel intérieur de devenir prêtre revient encore plus fortement en lui. Il décide de poursuivre sa route seul et d'aller plus loin dans cette voie pour répondre au feu qui brûle en lui.
Un regard de père
Inscrit en sciences humaines au cégep, le jeune Lévesque continue sa recherche.
« À 20 ans, mon père m'a amené visiter sa mine. Cela a été un moment qui m'a profondément marqué. Il m'a présenté à ses compagnons de travail. Il était fier de me présenter ! Ce regard porté sur moi par papa m'a fait du bien. On a besoin d'être regardé pour pouvoir vivre ! Surtout par ce regard de père ! » dit Denis Lévesque sur le ton du secret, tout en se berçant sur une bonne vieille chaise pas trop confortable.
Montréal
Après ces années au collège public, il arrête ses études. Il déménage à Montréal et travaille à la Banque Nationale durant 18 mois.
Avec son colocataire et l'abbé Pierre Smith, il fonde le groupe de prières Saint-Louis-de-France. « Ça a été un peu phénoménal ! Lorsque nous avons débuté, nous étions trois jeunes. Au bout de trois mois, nous étions 30 ! Six mois : 80 ans ! Huit mois : 200 ! Chaque semaine ! J'ai été responsable durant un an et demi. Le groupe a fonctionné cinq ans… », ajoute-t-il.
Il fait ensuite un stage dans une communauté franciscaine et se rend étudier la théologie à Ottawa.
Rome
À 22 ans, il entre au noviciat des Oblats de la Vierge Marie à Rome.
« Dans cette ville d'Italie, il y a des Franciscains et des Capucins à chaque coin de rue. Chaque fois que j'en voyais un, c'était comme si je recevais un coup de poignard en pleine poitrine. Par la suite, je suis souvent allé prier à Assise. Dans ce pays, j'ai renoué ma relation avec saint François », se souvient l'homme à la barbe et aux cheveux qui commencent à annoncer les années de la sagesse.
Il décide donc de quitter le noviciat, de revenir terminer ses deux années de théologie à l'université Laval de Sainte-Foy et de poursuivre son discernement.
Naissance des Franciscains de l'Emmanuel
Le 5 janvier 1985, avec un groupe d'amis, il initie les Franciscains de l'Emmanuel, une fraternité communautaire dans l'esprit du saint d'Assise. Le groupe prend naissance avec la permission de l'archevêque de Montréal. Ses quatre compagnons du début décident de quitter la communauté. En 1986, se joint François Garon, qui prend l'habit gris et avec qui il chemine depuis ce temps.
De 1990 à 1995, ils résident à Roxton Pond, situé à quelques kilomètres de Granby. Aucune recrue ne se joint à la fraternité. De 1995 à 1997, ils vivent une expérience avec les Franciscains du renouveau dans le Bronx, en pleine jungle new-yorkaise Ils se demandent s'il ne serait pas mieux de se joindre à cette nouvelle fraternité franciscaine prospère. Ils reviennent finalement au Canada et décident de s'établir à Montréal.
Mère Teresa : une amie
« À New York, on rencontrait souvent Mère Teresa parce que ses religieuses habitent à 10 minutes de marche de chez les Franciscains du renouveau. Les frères prêtres vont souvent célébrer la messe dans leur maison. Il y a beaucoup d'échanges entre les deux communautés. Quand elle venait à New York, elle habitait toujours à cet endroit. Nous allions souvent prier avec elle », raconte le frère Denis-Antoine Lévesque.
Il poursuit : « En juin 1997, avant qu'elle parte pour Calcutta, deux mois avant qu'elle décède, je lui donne une petite lettre lui expliquant que François et moi étions en discernement pour savoir si nous revenions au Québec. Si nous restions à New York, il n'y avait pas de retour possible au Canada avant une quinzaine d'années. Je lui demandais donc conseil. Elle prend la lettre, elle l'amène à Calcutta et elle décède le 6 septembre 1997. Une semaine plus tard, nous recevions sa réponse. C'est donc une des dernières lettres écrites avant son départ. »
Mère Teresa écrivait : « Dieu vous a sûrement amenés à New York afin de pouvoir mieux aimer et apprécier le don de votre communauté au Québec. »
Pourquoi persévérer ?
S'il a persévéré durant 15 ans, c'est qu'il est convaincu qu'il est dans sa vocation. Les deux religieux se disent depuis plusieurs années que, même si la communauté ne compte pas plus de deux ou trois religieux, ils persévéreront et mourront en frères franciscains.
« C'est un peu fou ! Humainement, ce que nous avons vécu est un échec, mais je sens que je fais vraiment la volonté de Dieu dans cet état de vie. Cela correspond à ce que je veux vivre », conclut frère Denis-Antoine, qui s'occupe maintenant d'une maison pour les jeunes au 1015, rue Bélanger, à Montréal.
Les Franciscains de l'Emmanuel comptent actuellement une trentaine de membres. La majorité sont des laïcs. Deux autres religieux sont en formation. La communauté est probablement la plus prospère du diocèse de Montréal. Le don de la vie du frère Denis-Antoine Lévesque n'est pas sans bénédiction. Le p'tit gars de cinq ans s'est aspergé d'une grande quantité d'eau bénite pour être habité d'une telle grâce, d'un élan pour se donner sans mesure afin de montrer au monde d'aujourd'hui qu'il est possible de vivre à plein l'esprit de l'Évangile. Il donne véritablement le goût aux jeunes de marcher à sa suite et de prier en disant : « Mon Jésus, je t'aime ! »
(Revue Sainte-Anne, mars 2001, pp. 103 et 110)
VISION CATHOLIQUE : Les lépreux d’hier et d’aujourd’hui
Par Benoit Voyer
14 janvier 2026
Dans un texte des Évangiles (Mc 1, 40-45), on raconte cette petite histoire sur la compassion de Jésus.
Une personne atteinte de la lèpre a une grande confiance en Jésus. À genoux, elle l’implore de l’aider : « Si tu veux, tu as le pouvoir de me purifier »[1].
Jésus est remué intérieurement – jusqu’aux entrailles – par la confiance de cet homme. Pris de compassion, il le touche et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
Aussitôt, l’homme est guéri.
Et Jésus lui lance : « Regarde. Ne dis rien à personne » et conforme-toi à ce que la loi a prévu lorsqu’il y a une guérison.
Mais on le voit bien dans ce récit, devant une heureuse nouvelle, l’humain a bien de la difficulté à ne pas la partager. Le lépreux guéri a fait ce que chacun de nous ferait. Notre bonheur ou nos bonnes nouvelles, on les partage.
Il n’a pas fallu bien des heures pour que tout le patelin en parle.
Nous aussi sommes invités à faire – comme Jésus – des actes de compassion en visitant ceux qui réclament un peu de notre présence et qui ont besoin d’être touchés.
Et puis, en visitant des personnes malades, nous laisserons-nous émouvoir comme Jésus ? Comme je l’ai déjà écrit : « Lorsqu'elles atteignent un certain âge, nous mettons les personnes âgées de côté. En peu de temps, elles se retrouvent isolées […]. Les « vieux » ont-ils encore une place dans notre société ? Sont-ils en train de devenir les lépreux d'une autre époque ? » [2]
Et nous qui sommes malades, aurons-nous la même confiance en Jésus que ce malade de la lèpre ?
Oui, il peut nous purifier. Oui, il peut nous guérir. Si ce n’est pas le corps, ça peut être le cœur ou notre manière de voir le monde.
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[1] Frédéric Boyer. Évangiles, Galimard, 2022
[2] Benoit Voyer, « Devant nos « vieux », on perd la mémoire », Huffington Post Québec, 29 septembre 2014. huffpost.com/archive/qc/entry/devant-nos-vieux-on-perd-la-memoire_b_5844162
[1] Frédéric Boyer. Évangiles, Galimard, 2022
[2] Benoit Voyer, « Devant nos « vieux », on perd la mémoire », Huffington Post Québec, 29 septembre 2014. huffpost.com/archive/qc/entry/devant-nos-vieux-on-perd-la-memoire_b_5844162
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Adrienne Beaudry-Dumas
Adrienne Beaudry-Dumas
Par Benoît Voyer, journaliste
« Je suis convaincue que je me suis donné ce cancer ! Je me voyais un peu dépérir, mais je n'avais pas le temps de m'occuper de moi, de mon corps. J'avais un homme qui se préparait à mourir. Il prenait toute mon attention. Il y avait aussi une de mes filles qui vivait une situation conjugale difficile. J'avais caché ce point à mon mari. J'ai gardé tout cela en moi », dit Adrienne Beaudry-Dumas, auteure du livre autobiographique « Parcours d'une pionnière », paru l'an dernier.
Durant cette période difficile, elle écrit le roman de sa vie. Elle doit revivre difficilement certaines périodes de son existence. Une vraie thérapie !
« Vous savez, la plupart du temps, on se donne à la maladie par nos émotions refoulées ! Je me suis dit : « Si je suis capable de me donner le cancer, alors je suis également capable de me l'enlever », lance-t-elle avec conviction.
Le 1ᵉʳ octobre 1999, son mari, Édouard Dumas, décède à la suite d'une très longue maladie cardiovasculaire.
Le 16 octobre 1999, à l'école Joseph-Poitevin de Granby, près de 250 personnes participent au lancement de son livre.
Entre les 21 et 24 octobre 1999, elle participe à deux journées au Salon du livre de Sherbrooke. Le 3 novembre, elle est présente à un lancement collectif des auteurs de sa région à la Librairie des Galeries de Granby et participe à de longues séances de signatures les 4, 5, 6 et 7 novembre au même endroit. Le 19 novembre, elle fait le Salon du livre de Montréal, mais c'en est trop… Alain, le complice de vie de l'auteure et éditrice Johanne Lacroix, la renvoie chez elle. « Allez-vous-en ! » Vous n'allez pas bien ! » lui recommande-t-il.
Dès le lendemain, elle consulte un médecin. Croyant à une diverticulite, il lui donne des médicaments. Ce n'est pas son problème…
Dans les premiers jours de décembre 1999, elle demande à son fils de la conduire au Centre hospitalier de Granby. Elle est terriblement malade. Plus rien ne va…
« À l'hôpital, j'ai vu le docteur Lamoureux. Et puis, quand je suis partie, il m'avait enlevé la bosse et l'infection… Il m'a dit : « Il faut passer des examens, ça presse ! Il faut faire ça avant Noël ! » Mais pour moi, dans ma tête, Noël ce n'est pas le temps d'être malade… Alors, je lui ai dit : « Je suis bien là ! Je vais faire attention ! » Il a insisté : « Allez passer des examens à l'hôpital ! », raconte la dame de 76 ans.
Le test est finalement fixé pour le 17 janvier 2000. Deux jours plus tard, le médecin téléphone pour l'inviter à son cabinet. Il lui annonce une sténose du gros côlon. Il explique à la malade qu'il y a 50 % des chances qu'il y ait des traces de cancer.
Elle rencontre le chirurgien le lendemain. Il m'a dit que je devais être opérée. J'ai demandé : « Quand ? » Il m'a dit : « Dans une semaine ! » Là, mon fils me dit : « Tu vas voir, ils vont te garder ! » Je lui ai répondu : « Je te garantis que, d'ici deux semaines, je vais être opérée et que je vais être bien. » Je suis allée à l'opération, main dans la main avec mon époux décédé. Son énergie était là ! Je lui ai dit : « Amène toutes les personnes d'en haut qui peuvent aider le chirurgien ! » et j'ai ajouté : « Là, je m'abandonne… », ajoute-t-elle.
Le 10 février 2000, elle apprend qu'elle a des lésions cancéreuses. Le cancer s'est propagé dans le petit intestin. Elle est recommandée pour la chimiothérapie. Pas évident à 75 ans !
La semaine suivante, les traitements débutent. Ils se sont terminés le 21 juillet 2000. Elle tire une grande leçon de sa maladie : il est impossible de changer le cours des événements. « Si mes enfants ont des choses à vivre, je peux sympathiser avec eux, mais il ne faut pas que je prenne leur mal. Ils ont leur vie à vivre. Il faut que j'arrête de m'en faire pour eux. Et je pense que je suis en train de réussir à faire cela… » De plus, elle a cessé d'avoir peur de la mort.
La visualisation
« Je fais beaucoup de visualisation avec une belle lumière qui vient de Dieu, qui me remplit et qui me guérit. J'en suis convaincue ! Je m'imagine une belle lumière blanche, étincelante, et puis, je m'imagine encore qu'elle entre dans ma tête, passe dans ma tête pour me guérir. Après, je prends toute ma maladie et je l'entraîne dans la terre pour qu'elle soit brûlée, pour qu'elle soit détruite. Pour moi, cette maladie est un accident dans ma vie », explique cette femme déterminée.
Cette lumière blanche qui vient du Ciel est sans aucun doute celle du Créateur. La maladie qu'elle envoie dans le sol pour être brûlée rappelle une époque pas lointaine dans l'histoire de l'humanité où nos ancêtres croyaient que la Terre était plate. Ils considéraient le sous-sol terrien comme étant le lieu des démons et de l'enfer, et le beau ciel bleu comme le lieu où sont Dieu, ses anges et ses saints, c'est-à-dire le paradis. Cette visualisation, qui a été bénéfique pour elle et bien d'autres personnes, trouve donc sa source dans les vieilles racines de la foi juive. « Ma maladie était de source psychosomatique, à cause d'émotions mal gérées », insiste cette dame dont le mari a fait une brillante carrière de syndicaliste…
Elle ajoute : « Je n'ai jamais paniqué devant la maladie ! Je disais à mes enfants qui étaient inquiets : « Ne vous inquiétez pas, je vais revenir, je vais être en santé et on va vivre ensemble longtemps, longtemps encore ! » Je les encourageais… »
La mort d'Édouard Dumas
Puisqu'il était malade depuis quelques années, Adrienne Beaudry-Dumas a vécu le deuil de son mari du temps qu'il vivait, puisqu'elle le voyait s'en aller.
« Mon mari me disait : je veux partir ! Je veux m'en aller ! Parce que je veux te laisser libre. Je veux que le bon Dieu vienne me chercher parce que je suis une nuisance. Tu passes ton temps à t'occuper de moi. Je souffre quand même… Je veux te laisser le temps d'écrire un autre livre ! Tu en as un autre à écrire et tu vas l'écrire ! Je vais m'en aller et tu vas continuer… Il voulait partir pour me laisser libre. Quel grand geste d'amour de sa part ! » s'exclame-t-elle émue.
Parcours d'une pionnière
Son autobiographie, qui a été éditée par la maison Jolanne et qui est distribuée par Québec Livre (une filiale de Québécor), est bien plus que son histoire personnelle et celle de sa famille. Elle est un excellent ouvrage de sociologie et d'histoire parce qu'elle permet aux lecteurs de revivre une partie de l'ambiance du Québec de 1920 à aujourd'hui, dont la souffrance que la crise économique des années 1930 a laissée dans l'âme de quelques générations, les grandes luttes syndicales des années 1950 à 1960 et la grande restructuration du système scolaire au Québec, en 1972.
Trop peu reconnue par son propre milieu, car nul n'est prophète dans son pays, Adrienne Beaudry-Dumas a été une ardente défenseuse de la cause des femmes.
Première présidente de trois commissions scolaires dans la région de Granby, entre 1972 et 1999, elle a aussi été à la tête de plusieurs mouvements sociaux et religieux. À 15 ans, elle est fortement impliquée dans la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) et en est devenue le leader dans sa région. Plus tard, elle prendra, notamment, la tête du Cercle Marie-Immaculée des Filles d'Isabelle.
Elle fait aussi découvrir la grandeur d'un bâtisseur du Québec, l'abbé Joseph Poitevin, à qui elle doit l'assurance qu'elle a prise, elle qui était une fille extrêmement timide et qui avait une grande difficulté à communiquer avec le monde des adultes.
Après des luttes à n'en plus finir pour l'avancement de la société et le bien-être de son mari, Adrienne Beaudry-Dumas prend maintenant le temps de vivre. Elle consacre les quelques années qui lui restent à écrire, à donner des conférences et à être avec les gens qu'elle aime.
« Je suis convaincue que je me suis donné ce cancer! »
Par Benoît Voyer, journaliste
« Je suis convaincue que je me suis donné ce cancer ! Je me voyais un peu dépérir, mais je n'avais pas le temps de m'occuper de moi, de mon corps. J'avais un homme qui se préparait à mourir. Il prenait toute mon attention. Il y avait aussi une de mes filles qui vivait une situation conjugale difficile. J'avais caché ce point à mon mari. J'ai gardé tout cela en moi », dit Adrienne Beaudry-Dumas, auteure du livre autobiographique « Parcours d'une pionnière », paru l'an dernier.
Durant cette période difficile, elle écrit le roman de sa vie. Elle doit revivre difficilement certaines périodes de son existence. Une vraie thérapie !
« Vous savez, la plupart du temps, on se donne à la maladie par nos émotions refoulées ! Je me suis dit : « Si je suis capable de me donner le cancer, alors je suis également capable de me l'enlever », lance-t-elle avec conviction.
Le 1ᵉʳ octobre 1999, son mari, Édouard Dumas, décède à la suite d'une très longue maladie cardiovasculaire.
Le 16 octobre 1999, à l'école Joseph-Poitevin de Granby, près de 250 personnes participent au lancement de son livre.
Entre les 21 et 24 octobre 1999, elle participe à deux journées au Salon du livre de Sherbrooke. Le 3 novembre, elle est présente à un lancement collectif des auteurs de sa région à la Librairie des Galeries de Granby et participe à de longues séances de signatures les 4, 5, 6 et 7 novembre au même endroit. Le 19 novembre, elle fait le Salon du livre de Montréal, mais c'en est trop… Alain, le complice de vie de l'auteure et éditrice Johanne Lacroix, la renvoie chez elle. « Allez-vous-en ! » Vous n'allez pas bien ! » lui recommande-t-il.
Dès le lendemain, elle consulte un médecin. Croyant à une diverticulite, il lui donne des médicaments. Ce n'est pas son problème…
Dans les premiers jours de décembre 1999, elle demande à son fils de la conduire au Centre hospitalier de Granby. Elle est terriblement malade. Plus rien ne va…
« À l'hôpital, j'ai vu le docteur Lamoureux. Et puis, quand je suis partie, il m'avait enlevé la bosse et l'infection… Il m'a dit : « Il faut passer des examens, ça presse ! Il faut faire ça avant Noël ! » Mais pour moi, dans ma tête, Noël ce n'est pas le temps d'être malade… Alors, je lui ai dit : « Je suis bien là ! Je vais faire attention ! » Il a insisté : « Allez passer des examens à l'hôpital ! », raconte la dame de 76 ans.
Le test est finalement fixé pour le 17 janvier 2000. Deux jours plus tard, le médecin téléphone pour l'inviter à son cabinet. Il lui annonce une sténose du gros côlon. Il explique à la malade qu'il y a 50 % des chances qu'il y ait des traces de cancer.
Elle rencontre le chirurgien le lendemain. Il m'a dit que je devais être opérée. J'ai demandé : « Quand ? » Il m'a dit : « Dans une semaine ! » Là, mon fils me dit : « Tu vas voir, ils vont te garder ! » Je lui ai répondu : « Je te garantis que, d'ici deux semaines, je vais être opérée et que je vais être bien. » Je suis allée à l'opération, main dans la main avec mon époux décédé. Son énergie était là ! Je lui ai dit : « Amène toutes les personnes d'en haut qui peuvent aider le chirurgien ! » et j'ai ajouté : « Là, je m'abandonne… », ajoute-t-elle.
Le 10 février 2000, elle apprend qu'elle a des lésions cancéreuses. Le cancer s'est propagé dans le petit intestin. Elle est recommandée pour la chimiothérapie. Pas évident à 75 ans !
La semaine suivante, les traitements débutent. Ils se sont terminés le 21 juillet 2000. Elle tire une grande leçon de sa maladie : il est impossible de changer le cours des événements. « Si mes enfants ont des choses à vivre, je peux sympathiser avec eux, mais il ne faut pas que je prenne leur mal. Ils ont leur vie à vivre. Il faut que j'arrête de m'en faire pour eux. Et je pense que je suis en train de réussir à faire cela… » De plus, elle a cessé d'avoir peur de la mort.
La visualisation
« Je fais beaucoup de visualisation avec une belle lumière qui vient de Dieu, qui me remplit et qui me guérit. J'en suis convaincue ! Je m'imagine une belle lumière blanche, étincelante, et puis, je m'imagine encore qu'elle entre dans ma tête, passe dans ma tête pour me guérir. Après, je prends toute ma maladie et je l'entraîne dans la terre pour qu'elle soit brûlée, pour qu'elle soit détruite. Pour moi, cette maladie est un accident dans ma vie », explique cette femme déterminée.
Cette lumière blanche qui vient du Ciel est sans aucun doute celle du Créateur. La maladie qu'elle envoie dans le sol pour être brûlée rappelle une époque pas lointaine dans l'histoire de l'humanité où nos ancêtres croyaient que la Terre était plate. Ils considéraient le sous-sol terrien comme étant le lieu des démons et de l'enfer, et le beau ciel bleu comme le lieu où sont Dieu, ses anges et ses saints, c'est-à-dire le paradis. Cette visualisation, qui a été bénéfique pour elle et bien d'autres personnes, trouve donc sa source dans les vieilles racines de la foi juive. « Ma maladie était de source psychosomatique, à cause d'émotions mal gérées », insiste cette dame dont le mari a fait une brillante carrière de syndicaliste…
Elle ajoute : « Je n'ai jamais paniqué devant la maladie ! Je disais à mes enfants qui étaient inquiets : « Ne vous inquiétez pas, je vais revenir, je vais être en santé et on va vivre ensemble longtemps, longtemps encore ! » Je les encourageais… »
La mort d'Édouard Dumas
Puisqu'il était malade depuis quelques années, Adrienne Beaudry-Dumas a vécu le deuil de son mari du temps qu'il vivait, puisqu'elle le voyait s'en aller.
« Mon mari me disait : je veux partir ! Je veux m'en aller ! Parce que je veux te laisser libre. Je veux que le bon Dieu vienne me chercher parce que je suis une nuisance. Tu passes ton temps à t'occuper de moi. Je souffre quand même… Je veux te laisser le temps d'écrire un autre livre ! Tu en as un autre à écrire et tu vas l'écrire ! Je vais m'en aller et tu vas continuer… Il voulait partir pour me laisser libre. Quel grand geste d'amour de sa part ! » s'exclame-t-elle émue.
Parcours d'une pionnière
Son autobiographie, qui a été éditée par la maison Jolanne et qui est distribuée par Québec Livre (une filiale de Québécor), est bien plus que son histoire personnelle et celle de sa famille. Elle est un excellent ouvrage de sociologie et d'histoire parce qu'elle permet aux lecteurs de revivre une partie de l'ambiance du Québec de 1920 à aujourd'hui, dont la souffrance que la crise économique des années 1930 a laissée dans l'âme de quelques générations, les grandes luttes syndicales des années 1950 à 1960 et la grande restructuration du système scolaire au Québec, en 1972.
Trop peu reconnue par son propre milieu, car nul n'est prophète dans son pays, Adrienne Beaudry-Dumas a été une ardente défenseuse de la cause des femmes.
Première présidente de trois commissions scolaires dans la région de Granby, entre 1972 et 1999, elle a aussi été à la tête de plusieurs mouvements sociaux et religieux. À 15 ans, elle est fortement impliquée dans la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) et en est devenue le leader dans sa région. Plus tard, elle prendra, notamment, la tête du Cercle Marie-Immaculée des Filles d'Isabelle.
Elle fait aussi découvrir la grandeur d'un bâtisseur du Québec, l'abbé Joseph Poitevin, à qui elle doit l'assurance qu'elle a prise, elle qui était une fille extrêmement timide et qui avait une grande difficulté à communiquer avec le monde des adultes.
Après des luttes à n'en plus finir pour l'avancement de la société et le bien-être de son mari, Adrienne Beaudry-Dumas prend maintenant le temps de vivre. Elle consacre les quelques années qui lui restent à écrire, à donner des conférences et à être avec les gens qu'elle aime.
(Revue Sainte-Anne, février 2001, pp. 55 et 86)
VISION CATHOLIQUE: Trouver un sens à la souffrance
Par Benoit Voyer
13 janvier 2025
Depuis le début de l’année 2003, je suis un ouvrier du milieu de la santé. Au quotidien, je suis confronté à la maladie. Vous ne pouvez pas savoir combien de fois j’ai entendu la question : « Pourquoi ça m’arrive ? » « Pourquoi à lui ou à elle ? » Toute expérience de la maladie soulève des questions qui demeurent sans réponse.
Il m’arrive aussi d’entendre : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ça ? » C’est une autre forme de « Pourquoi ? », ça !
Ainsi donc, devant la souffrance, on cherche un coupable ou tout simplement un sens à donner à celle-ci.
Normand Provencher explique que « durant son ministère, Jésus n’a pas cherché à expliquer la maladie, mais il s’est fait proche des malades et des infirmes. Il ne se contente pas de quelques paroles de consolation ou de mots pieux. Il va auprès d’eux et il en guérit plusieurs. »[1]
À un autre moment, Jésus va jusqu’à s’identifier au malade : « J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25, 36).
La question du sens à donner à la maladie et à la souffrance est légitime. Rodhain Kasuba [2] écrit : « Quiconque a la foi est en droit de se demander comment la souffrance est possible alors que Dieu est débordant d’amour. »
À l’image de la vie d’aujourd’hui, il y a dans les textes anciens que nous lisons régulièrement dans la Bible une place importante pour la plainte, le gémissement et la prière des malades et blessés de toutes conditions.
De nos jours qu'en est-il des "esprits impurs"
https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/01/vision-catholique-de-nos-jours-quen-est.html
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Prier pour les futurs prêtres
C'est dans le but de soutenir les futurs prêtres dans leur cheminement que la Fraternité Père de tendresse a été fondée par Léon-Pierre Éthier, il y a quelques mois. « En priant pour nos futurs prêtres, l'Église sera transformée par l'intérieur », dit le responsable à la Revue Sainte Anne. Par la prière, il souhaite que Dieu mette en eux des cœurs de feu pour transformer les jeunes couples du Québec et la jeunesse.
La Fraternité propose à chaque personne d'être jumelée par la prière avec un homme en formation ou en réflexion pour devenir membre du clergé catholique. Pas de coût d'adhésion, pas d'engagement formel, pas de contrat ; tout est gratuit ! Et la seule condition d'admission est de prier quotidiennement pour un futur prêtre. Une seule pensée suffit.
« Il y a quelques jours, des parents m'écrivaient : « Nous n'avons pas d'enfants. Comme nous aurions aimé avoir un prêtre dans notre famille ! Il sera notre petit prêtre, notre gars à nous. Nous l'aimerons comme notre propre fils », raconte Léon-Pierre Éthier, rencontré avec deux enfants, au Grand Séminaire de Montréal.
Le jumelage dans la prière va parfois plus loin. Souvent, le candidat au sacerdoce prendra la peine d'aller rencontrer ses associés. Ghislain Lavigne, un séminariste, va même parfois souper avec « ses amis de foi » en réponse aux invitations. Pour lui, ces rencontres et ces communions par la prière sont les lieux où il se ressource pour garder sa flamme allumée.
Benoît Voyer
Fraternité Père de tendresse
Léon-Pierre Éthier, responsable
4357, rue Saint-Hubert
Montréal, QC H2J 2X1
(514) 523-3500
(Revue Sainte-Anne, janvier 2001, p. 14)
VISION CATHOLIQUE : De nos jours, qu’en est-il des « esprits impurs » ?
Par Benoit Voyer
12 janvier 2026
Il y a dans les écrits bibliques des mots et des visions du monde qu’il faut remettre en contexte. Hier, on ne voyait pas les choses comme aujourd’hui. Le développement des sciences nous oblige à le faire.
En exemple, dans les textes au style littéraire évangélique, on utilise les mots « un esprit impur » pour désigner la maladie : « Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » (Mc 1, 23-24).
En hébreu, on parle de « souffle impur ». L’expression est tirée du culte juif et n’a rien à voir avec la morale. À cette époque, « le prêtre est chargé de protéger la société de ce qui pourrait menacer sa santé. Il va donc lui indiquer les réalités dont elle doit se garder : moisissures ou champignons toxiques sur les murs des maisons, maladies dont les symptômes sont contagieux, animaux dont il faut éviter de consommer la chair, etc. Tout cela est « impur » au sens de menaçant, nocif, malsain, antisocial. Le grec a choisi de rendre l’expression « souffle impur » par daimôn, un mot désignant une puissance dangereuse pour les humains ; de lui vient, évidemment, notre mot « démon ». Pour ma part, j’ai choisi de traduire l’hébreu par « souffle malfaisant ». Les scribes, auteurs des évangiles et des traditions qui s’y trouvent, utilisent l’un ou l’autre terme sans différence de sens. »[1]
Ainsi donc, dans l’époque et la culture où vit Jésus, les responsables de la maladie sont « les souffles malfaisants ». Et ces « démons » sont terrestres. Ils ont un rôle à jouer bien terre à terre. Ils sont au désert, un lieu hostile aux humains, mais ils préfèrent vivre dans la civilisation.
De nos jours, on doit traduire le terme par des mots plus précis qui se retrouvent dans les dictionnaires médicaux.
A lire aussi:
Jésus et la maladie
Jésus et la maladie
https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/01/jesus-et-la-maladie.html
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[1] André Myre, « Les démons, ancêtres des virus et des microbes », Interbible, 25 mars 2019. www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2019/comprendre_20190325.html#:~:text=Les%20humains%20ont%20toujours%20eu,où%2C%20n%27importe%20comment
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[1] André Myre, « Les démons, ancêtres des virus et des microbes », Interbible, 25 mars 2019. www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2019/comprendre_20190325.html#:~:text=Les%20humains%20ont%20toujours%20eu,où%2C%20n%27importe%20comment
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Johanne Lacroix, auteure
Johanne Lacroix, auteure
Par Benoît Voyer
Pour trouver le plaisir d'écrire, il faut le faire quotidiennement. « Écris n'importe quoi, mais écris ! », lance l'auteure et éditrice Johanne Lacroix. Écrire procure un immense plaisir, car il permet d'exprimer des souvenirs, des états d'âme et des idées. Il donne aussi la chance à l'expression verbale de mieux se structurer. Cette femme à l'imagination fertile en sait quelque chose puisqu’écrire est toute sa vie. Lorsqu'elle était jeune, elle était une véritable griffonneuse. Dans un journal intime, elle notait tout.
Au début de la quarantaine, elle sort ses vieux papiers et se met à la tâche afin de rédiger un roman à partir de quelques notes du passé. « Le Trio », une intrigue policière, mettant en vedette une troupe d'adolescents, est née. Deux autres écrits ont suivi cette palpitante aventure : « Neuf dans une Plymouth » et « Le point de chute », édités par la maison d'édition Jolanne. Ces trois romans forment « La Trilogie du Club des Fs.Fs.As.»
Les scènes se déroulent principalement dans son quartier d'enfance à Granby. Oui ! Oui ! À Granby, la fameuse ville du zoo ! En 1970, il n'y avait pas que des singes en liberté dans ce petit coin du Québec ! Il y avait aussi les Vics de Granby, le club de hockey local, où Danielle, la principale vedette de ses romans qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, et ses amis apprennent la vie. Ils en sont les joueurs et les groupies.
Les principales valeurs que Johanne Lacroix transmet aux lecteurs sont l'importance de l'amitié et du rêve.
L'importance de l'amitié
Elle se questionne sur le sens de l'amitié, un peu comme le Petit Prince qui disait : « Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé ! »
« Lorsque nous sommes jeunes, nous avons beaucoup d'amis. En devenant des adultes, la copine qu'on avait – on disait qu'on s'aimerait toujours – la plupart du temps, on la laisse dès qu'un gars arrive dans le décor. Je regrette beaucoup cette période de ma vie. Je trouve que c'est absolument idiot de devenir adulte si rapidement alors qu'on peut continuer à rester des amis toute sa vie », confie-t-elle à la Revue Sainte Anne.
Depuis la sortie de ses trois romans qui sont un hymne à l'amitié, elle travaille à recréer les liens d'antan avec ses vieux amis. Elle réussit bien jusqu'à maintenant.
L'importance de rêver
« Je veux faire rêver les gens par la magie des mots ! C'est important de rêver ! C'est pour cela que nous lisons. Nous ne lisons pas toujours des choses essentielles à la vie. Il est important de laisser son imagination, qui est un beau jardin de vie, nous bercer l'intérieur. L'imaginaire est ce qu'on invente… Les meilleurs auteurs qui sont restés (Molière, Châteaubriand, Radiguet, etc.) sont ceux qui réussissent encore à nous faire rêver ! Le vieux dicton n'est pas là pour rien : lorsqu'il n'y a plus de rêve, il n'y a plus de vie ! », explique Johanne Lacroix, dont les livres s'adressent aux jeunes de 7 à 77 ans.
Ce n'est pas pour rien que la littérature jeunesse connaît un boom au Canada francophone. Il est plus facile de faire rêver un jeune qu'une personne majeure. Cela explique aussi le fait que beaucoup d'adultes aiment lire de la littérature jeunesse.
En 1999, il y a eu 581 livres pour les jeunes qui ont été publiés dans la province québécoise. Il se vend trois fois plus de romans pour les moins de 18 ans que de littérature pour les adultes. Dans les années 1970, on ne publiait que deux ou trois titres jeunesse par année. Le succès n'est pas étonnant. Les auteurs d'ici et les jeunes lecteurs parlent le même langage. Ils retrouvent des rues qu'ils connaissent, une partie de leur univers et des expressions verbales près d'eux. Ils se reconnaissent.
Le choix de la rue Foch, à Granby, comme théâtre de ses aventures n'est-il pas un peu risqué ? Pourquoi ne pas avoir choisi une artère du Carré Saint-Louis, à Montréal ?
« Pourquoi être toujours à Montréal ? C'est beau ailleurs ! Je veux faire connaître autre chose aux lecteurs… Pour moi, Granby se prêtait bien à mes romans parce qu'il y a une équipe de hockey et le célèbre jardin zoologique… C'est tout de même connu, Granby ! De plus, c'est mon patelin ! Je veux partager ma fierté d'être Granbyenne. Je trouve que ma ville est belle. J'aimerais cela que les gens voient Granby pas juste comme étant un zoo. Il y a des personnes qui vivent ici ! Enfin, c'est par goût personnel. En librairie, lorsque je vois des histoires qui se passent dans des villes à 100 kilomètres de Paris ou des grands centres, je suis une acheteuse. La lecture me donne le goût de voyager. Lorsque j'ai lu quelque chose, je veux aller le voir », répond-elle.
Elle ne se cache pas qu'elle aimerait bien que les touristes de partout viennent visiter la petite rue Foch parce que le personnage de Danielle y habitait. « Je suis une personne qui le ferait. Quand je voyage, il est toujours intéressant d'aller voir autre chose. Si un auteur me donne des nouvelles pistes, je risque de m'y rendre », ajoute la dame.
La rue Foch est un beau choix pour faire évoluer des personnages qui ressemblent à tous les jeunes Canadiens-Français de ce temps-là, parce que ce quartier de classe moyenne des années 1960-1970 – le premier secteur de « bungalows » de la municipalité de Granby. Il y a là un charme particulier… Cela fait rêver !
Parcours
Johanne Lacroix est née à Granby. Après avoir réussi des études collégiales en lettres au Collège français de Montréal, elle poursuit sa formation à l'université Laval de Sainte-Foy qui lui décerne un diplôme en journalisme en 1976. Deux ans plus tard, elle est embauchée au ministère de l'Emploi et de l'Immigration du Canada. Elle y travaille jusqu'en 1995, moment qu'elle choisit pour réorienter sa carrière, se ressourcer et retourner aux études. En 1997, elle obtient un baccalauréat en études françaises de l'université de Sherbrooke ainsi qu'un diplôme en écriture créative de l'École de rédaction d'Ottawa.
Elle travaille présentement à la rédaction du roman « Dans la Ligue majeure », premier livre de la « Tétralogie du Club des ex ».
Elle fonde la maison d'édition Jolanne en août 1997, qui obtient son agrément du ministère de la Culture et des Communications du Québec en janvier 1999. La maison devient une société en mars 2000. Le catalogue contient une vingtaine de titres.
« Pour donner le plaisir de rendre le rêve possible, d'éterniser les mots qui mijotent dans plusieurs têtes, de donner une réalité aux faits vécus et significatifs de la vie et ainsi d'enrichir la littérature québécoise et canadienne-française de nouveaux textes, la maison d'édition Jolanne s'est donné le mandat de remplir un créneau différent, fantastique, vivant et humain », conclut-elle.
«On peut continuer à rester des amis toute sa vie!»
Par Benoît Voyer
Pour trouver le plaisir d'écrire, il faut le faire quotidiennement. « Écris n'importe quoi, mais écris ! », lance l'auteure et éditrice Johanne Lacroix. Écrire procure un immense plaisir, car il permet d'exprimer des souvenirs, des états d'âme et des idées. Il donne aussi la chance à l'expression verbale de mieux se structurer. Cette femme à l'imagination fertile en sait quelque chose puisqu’écrire est toute sa vie. Lorsqu'elle était jeune, elle était une véritable griffonneuse. Dans un journal intime, elle notait tout.
Au début de la quarantaine, elle sort ses vieux papiers et se met à la tâche afin de rédiger un roman à partir de quelques notes du passé. « Le Trio », une intrigue policière, mettant en vedette une troupe d'adolescents, est née. Deux autres écrits ont suivi cette palpitante aventure : « Neuf dans une Plymouth » et « Le point de chute », édités par la maison d'édition Jolanne. Ces trois romans forment « La Trilogie du Club des Fs.Fs.As.»
Les scènes se déroulent principalement dans son quartier d'enfance à Granby. Oui ! Oui ! À Granby, la fameuse ville du zoo ! En 1970, il n'y avait pas que des singes en liberté dans ce petit coin du Québec ! Il y avait aussi les Vics de Granby, le club de hockey local, où Danielle, la principale vedette de ses romans qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, et ses amis apprennent la vie. Ils en sont les joueurs et les groupies.
Les principales valeurs que Johanne Lacroix transmet aux lecteurs sont l'importance de l'amitié et du rêve.
L'importance de l'amitié
Elle se questionne sur le sens de l'amitié, un peu comme le Petit Prince qui disait : « Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé ! »
« Lorsque nous sommes jeunes, nous avons beaucoup d'amis. En devenant des adultes, la copine qu'on avait – on disait qu'on s'aimerait toujours – la plupart du temps, on la laisse dès qu'un gars arrive dans le décor. Je regrette beaucoup cette période de ma vie. Je trouve que c'est absolument idiot de devenir adulte si rapidement alors qu'on peut continuer à rester des amis toute sa vie », confie-t-elle à la Revue Sainte Anne.
Depuis la sortie de ses trois romans qui sont un hymne à l'amitié, elle travaille à recréer les liens d'antan avec ses vieux amis. Elle réussit bien jusqu'à maintenant.
L'importance de rêver
« Je veux faire rêver les gens par la magie des mots ! C'est important de rêver ! C'est pour cela que nous lisons. Nous ne lisons pas toujours des choses essentielles à la vie. Il est important de laisser son imagination, qui est un beau jardin de vie, nous bercer l'intérieur. L'imaginaire est ce qu'on invente… Les meilleurs auteurs qui sont restés (Molière, Châteaubriand, Radiguet, etc.) sont ceux qui réussissent encore à nous faire rêver ! Le vieux dicton n'est pas là pour rien : lorsqu'il n'y a plus de rêve, il n'y a plus de vie ! », explique Johanne Lacroix, dont les livres s'adressent aux jeunes de 7 à 77 ans.
Ce n'est pas pour rien que la littérature jeunesse connaît un boom au Canada francophone. Il est plus facile de faire rêver un jeune qu'une personne majeure. Cela explique aussi le fait que beaucoup d'adultes aiment lire de la littérature jeunesse.
En 1999, il y a eu 581 livres pour les jeunes qui ont été publiés dans la province québécoise. Il se vend trois fois plus de romans pour les moins de 18 ans que de littérature pour les adultes. Dans les années 1970, on ne publiait que deux ou trois titres jeunesse par année. Le succès n'est pas étonnant. Les auteurs d'ici et les jeunes lecteurs parlent le même langage. Ils retrouvent des rues qu'ils connaissent, une partie de leur univers et des expressions verbales près d'eux. Ils se reconnaissent.
Le choix de la rue Foch, à Granby, comme théâtre de ses aventures n'est-il pas un peu risqué ? Pourquoi ne pas avoir choisi une artère du Carré Saint-Louis, à Montréal ?
« Pourquoi être toujours à Montréal ? C'est beau ailleurs ! Je veux faire connaître autre chose aux lecteurs… Pour moi, Granby se prêtait bien à mes romans parce qu'il y a une équipe de hockey et le célèbre jardin zoologique… C'est tout de même connu, Granby ! De plus, c'est mon patelin ! Je veux partager ma fierté d'être Granbyenne. Je trouve que ma ville est belle. J'aimerais cela que les gens voient Granby pas juste comme étant un zoo. Il y a des personnes qui vivent ici ! Enfin, c'est par goût personnel. En librairie, lorsque je vois des histoires qui se passent dans des villes à 100 kilomètres de Paris ou des grands centres, je suis une acheteuse. La lecture me donne le goût de voyager. Lorsque j'ai lu quelque chose, je veux aller le voir », répond-elle.
Elle ne se cache pas qu'elle aimerait bien que les touristes de partout viennent visiter la petite rue Foch parce que le personnage de Danielle y habitait. « Je suis une personne qui le ferait. Quand je voyage, il est toujours intéressant d'aller voir autre chose. Si un auteur me donne des nouvelles pistes, je risque de m'y rendre », ajoute la dame.
La rue Foch est un beau choix pour faire évoluer des personnages qui ressemblent à tous les jeunes Canadiens-Français de ce temps-là, parce que ce quartier de classe moyenne des années 1960-1970 – le premier secteur de « bungalows » de la municipalité de Granby. Il y a là un charme particulier… Cela fait rêver !
Parcours
Johanne Lacroix est née à Granby. Après avoir réussi des études collégiales en lettres au Collège français de Montréal, elle poursuit sa formation à l'université Laval de Sainte-Foy qui lui décerne un diplôme en journalisme en 1976. Deux ans plus tard, elle est embauchée au ministère de l'Emploi et de l'Immigration du Canada. Elle y travaille jusqu'en 1995, moment qu'elle choisit pour réorienter sa carrière, se ressourcer et retourner aux études. En 1997, elle obtient un baccalauréat en études françaises de l'université de Sherbrooke ainsi qu'un diplôme en écriture créative de l'École de rédaction d'Ottawa.
Elle travaille présentement à la rédaction du roman « Dans la Ligue majeure », premier livre de la « Tétralogie du Club des ex ».
Elle fonde la maison d'édition Jolanne en août 1997, qui obtient son agrément du ministère de la Culture et des Communications du Québec en janvier 1999. La maison devient une société en mars 2000. Le catalogue contient une vingtaine de titres.
« Pour donner le plaisir de rendre le rêve possible, d'éterniser les mots qui mijotent dans plusieurs têtes, de donner une réalité aux faits vécus et significatifs de la vie et ainsi d'enrichir la littérature québécoise et canadienne-française de nouveaux textes, la maison d'édition Jolanne s'est donné le mandat de remplir un créneau différent, fantastique, vivant et humain », conclut-elle.
(Revue Sainte-Anne, janvier 2001, p. 7)
SANTÉ MENTALE : Kodee McDonald devant le juge ce lundi
Par Benoit Voyer
11 janvier 2026
Le jeudi 8 janvier 2026, vers 7 h 45, aux abords de l’université du Québec à Montréal et du métro Berri-UQAM, débute une importante opération policière.
Kodee McDonald, un homme de 34 ans hautement criminalisé connu des policiers du secteur et sans domicile fixe, est armé d’au moins deux couteaux et s’avère menaçant pour les passants. À l’arrivée des policiers, il refuse d’obtempérer et tente de prendre la fuite.
Durant la poursuite policière, qui a surtout eu lieu à pied, on utilise du poivre de Cayenne et des balles de caoutchouc afin de tenter de le maîtriser. On tente de le renverser avec des autopatrouilles. Deux autopatrouilles sont entrées en collision. Enfin, un policier a ouvert le feu dans sa direction, mais sans atteindre l’homme. Durant l’opération, McDonald et trois policiers subissent des blessures mineures.
Un peu avant 8 h, au coin des rues Sainte-Catherine et Berri, à l’aide d’un pistolet à impulsion électrique (taser), il est finalement maîtrisé par les agents de la paix. L’homme est envoyé à l’hôpital sous escorte armée.
Kodee McDonald est un habitué des tribunaux. Il a un casier judiciaire très chargé. Il détient une trentaine de dossiers criminels. Plusieurs de ses infractions ont été commises dans un contexte lié au mariage. Il a déjà été reconnu coupable de méfait, de harcèlement criminel, de voies de fait, d’agressions armées, d’entrave au travail des policiers et de vol.
Le 16 juillet 2025, il a été condamné à 150 jours de prison auxquels s’ajoutaient trois ans de probation pour méfait et violation des conditions de sa probation. Le jugement remontait à 2024. Il avait plaidé coupable de voies de fait.
McDonald a été condamné pour violence à de nombreuses occasions. Il a été notamment mis en taule parce qu’en juillet 2010, il a commis des voies de fait armées sur trois personnes. Il avait écopé de 30 mois de pénitencier.
Né à Greenfield Park, ce père d’une fille née autour de 2015 était jadis un joueur de football prometteur. En 2014, il a porté les couleurs du Génie de l’École de technologie supérieure (ÉTS). Il s’était distingué meilleur joueur sur les unités spéciales de la Ligue de football junior du Québec (LFJQ).
Le samedi 7 mai 2016, à la suite d’une soirée où il a regardé des vidéos de ses exploits sur le terrain en compagnie du frère de sa compagne, son histoire de vie a radicalement changé. Une chicane dans laquelle était impliquée sa copine a eu lieu à l’intérieur du logement.
Au petit matin du 8 mai, vers 4 h 30, des agents du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) sont intervenus à la suite de l’appel téléphonique d’un voisin. Les policiers l’ont sommé de quitter les lieux afin "qu'il aille dégriser".
Vers 10 h, McDonald est retourné chez lui. Sa conjointe, qui soupçonnait qu’il était encore sous l’influence de l’alcool et de drogues, a refusé de le laisser entrer parce qu’elle connaissait bien son tempérament agressif lorsqu’il n’est pas à jeun.
Kodee McDonald est revenu une trentaine de minutes plus tard, menaçant sa femme de la tuer si elle n’ouvrait pas la porte. Hors de lui, il a finalement défoncé la porte, s’est précipité sur elle et l’a frappée à plusieurs reprises au visage. Ensanglantée, elle était « méconnaissable ».
Par la suite, le juge Marco Labrie l’a condamné à une peine de 52 mois de prison et à une interdiction à vie de possession et de port d’armes.
Comparution sommaire
Le vendredi matin, 9 janvier 2026, Kodee McDonald, 34 ans, comparait en visioconférence devant la juge Rose-Mélanie Drivod installée dans une salle d’audience de Montréal reliée électroniquement au centre opérationnel sud du service de police où l’homme est détenu.
Une évaluation de son état psychologique a été demandée.
Lorsque le juge s’est opposé à sa remise en liberté. McDonald, qui paraissait confus, fort irrité par ce refus, a lancé à la juge : « Pourquoi je ne peux pas être libéré ? Vous n’avez pas vu la vidéo ? », ajoutant qu'il n'avait pas agressé un policier.
Il a été accusé d’agression armée contre des policiers, de résistance à son arrestation et de ne pas avoir respecté ses conditions de libération liées à un autre dossier judiciaire dans lequel il lui a été interdit de posséder des armes.
Sa cause a été remise au lundi 12 janvier. D’ici ce moment, il devra demeurer incarcéré.
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Sources :
-Auteur 1107 : « Un ex-footballeur condamné à 4 ans et demi de prison ». 24 février 2016. https://lecourrierdusud.ca/un-ex-footballeur-condamne-a-4-ans-et-demi-de-prison/
-Frédérique Giguère, « Chaos au centre-ville de Montréal : l’homme impliqué dans l’intervention policière reste derrière les barreaux », TVA Nouvelles, 9 janvier 2026. https://www.tvanouvelles.ca/2026/01/09/chaos-au-centre-ville--lhomme-implique-dans-lintervention-policiere-reste-derriere-les-barreaux
-Ici Radio-Canada. « Arrestation mouvementée d’un homme armé d’un couteau au centre-ville de Montréal », 8 janvier 2026. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2219089/arrestation-mouvementee-spvm-couteau-montreal
-Paul Cherry. « A man armed with a knife is charged with assault and resisting arrest after a police chase in Montreal », The Gazette, 9 janvier 2026. https://montrealgazette.com/news/montreal-knife-wielding-man-charges-police-intervention-uqam
VISION CATHOLIQUE : Frère François Garon (1958-2012)
Par Benoit Voyer
11 janvier 2026
J’ai connu les Franciscains de l’Emmanuel il y a de nombreuses années. C’était en 1992. Les frères Denis Lévesque et François Garon habitaient un pauvre petit chalet, pour ne pas dire une cabane, dans un boisé de Roxton Pond, pas très loin de Granby.
Étant à la recherche d’une bonne histoire inspirante à raconter aux lecteurs de la Revue Notre-Dame-du-Cap, je me suis invité dans leur humble bicotte. À partir de ce jour, et pendant quelques années, je les côtoierai. J’écrirai quelques articles à leur sujet.
Ces franciscains réformés veulent être les plus pauvres parmi les pauvres, vivre de la radicalité de l’Évangile et devenir des saints. Rien de moins.
Leur mode de vie est exigeant. Personnellement, je n’aurais en rien été capable de le vivre.
Rapidement, au fil de mon premier échange avec eux, je me rends compte que le frère François vit une expérience spirituelle proche de celle des mystiques de l’histoire du christianisme. Devant moi, je reconnais un homme d’ascèse à la foi chrétienne exemplaire.
Après un long séjour dans la secte américaine des maoïstes, François est revenu à la foi chrétienne durant une visite du pape aux États-Unis. Sa vie ne sera plus jamais la même après qu'il eut entendu Jean-Paul II et prié auprès de lui.
Ainsi donc, à Roxton Pond, les deux hommes vivent une aventure particulière. Ils sont en contact avec la nature, s’intériorisent, prient beaucoup ensemble et partagent leurs idées. En plus de vivre une expérience de foi, leur amitié se scelle.
Leur travail se fait surtout auprès des jeunes. D’ailleurs, François sera pendant un certain temps animateur à la vie spirituelle au Cégep de Granby.
De 1994 à 1997, les deux religieux demeurent dans le Bronx newyorkais. Ils travaillent avec les Franciscains du renouveau. Ils songent même à se joindre officiellement à eux, mais…
À l’été 1997, ils reviennent au Canada. Ils font un passage à Granby et s’établissent finalement à Montréal, dans le secteur de Verdun.
Pour François, ce que Dieu veut est qu’on lui ouvre son cœur, qu'on accepte de faire un pas avec lui et qu'on le laisse prendre une petite place dans sa vie.
À l’été 1997, il me dit : « Notre humanité nous oriente vers Dieu si on la redécouvre, si on la connaît, si on l’accueille. Si on la rejette parce qu’on se réfugie dans toutes sortes de choses, on s’éloigne des chemins qui mènent à Dieu. »[1]
Il m’explique aussi que la rencontre de Dieu est toujours une expérience humanisante, une expérience qui rend plus humain et plus proche de Dieu : « C’est dans notre humanité que nous trouvons les traces de Dieu et que nous trouvons Dieu. »
Né le 27 décembre 1958, François Garon est décédé le 12 janvier 2012 au Cameroun, où il a dirigé l’aile africaine des Franciscains de l’Emmanuel.
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[1] Cf. Benoit Voyer. L’homme prie Dieu, Dieu prie l’homme, bulletin Trinité, septembre 1997, p. 1. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2024/07/il-etait-une-fois-dans-les-medias_0425693902.html
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Bernard Voyer, explorateur
Bernard Voyer, explorateur
Par Benoit Voyer
« Même s'il est petit, l'être humain est capable de grandes choses ! », confie l'explorateur Bernard Voyer à la Revue Sainte Anne.
Passionné d'aventures, ce Canadien a parcouru le monde pour répondre à sa soif d'aventures et à ses questions ; En 1989, il traverse le désert du Sahara dans le Grand Erg occidental ; En 1993, il est le premier Canadien à se rendre au pôle Nord magnétique en ski ; En 1994, il rejoint à ski le pôle Nord géographique par la Sibérie, en partant d'une base scientifique dérivante ; En 1995, il est le premier Canadien à traverser à ski le Groenland sur une distance de 650 km d'est en ouest. Il réalise des communications téléphoniques par satellite ; En 1996, avec Thierry Pétry, il traverse l'Arctique et atteint le pôle Sud à ski en totale autonomie le 12 janvier, à 10 h 47. Il parcourt 1 500 km en 65 jours avec une charge de 170 kg à tirer ; Le 5 mai 1999, il réussit l'ascension de l'Everest, à 8 848 mètres. Il s'agit de la plus haute montagne de la Terre ; il y a quelques semaines, il arrivait d'un voyage en Indonésie où il était parti à la découverte d'une des dernières tribus de la planète. Et il a encore des projets.
« J'ai eu un appel : si tu veux être heureux, si tu veux te réaliser, c'est là-dedans ! », explique-t-il. Cette voix qu'il a entendue ressemble beaucoup à celle d'Abraham, il y a plusieurs siècles : « Va, quitte ton pays… »
La spiritualité
Même s'il ne se considère pas très religieux, Bernard Voyer n'hésite pas à parler de sa quête spirituelle.
« Tous les êtres humains sont de grands spirituels. On a tous un petit jardin en soi, mais il y a plein de gens qui ne le visitent pas. C'est une question de choix », dit-il.
Pour lui, la spiritualité est toute la partie au fond de soi qui n'est pas toujours clairement explicable et celle-ci n'a rien à voir avec une croyance en un Dieu ou la foi en une philosophie.
« La spiritualité est le côté inexplicable de la vie. Plusieurs personnes refusent de s'y rendre. Pourquoi ? Parce que, dans notre société, on s'est donné comme défi de tout comprendre. C'est normal ! C'est le propre de l'intelligence ! Si on est intelligent, on veut comprendre ce qui nous entoure, on veut répondre à toutes les questions qui commencent par pourquoi. On se donne des moyens, on informatise, on cherche… On a besoin de comprendre, mais il y a une partie que l'humain doit accepter de ne jamais comprendre », explique ce Montréalais dont le quartier général est situé sur la rue Cherrier en plein Carré Saint-Louis.
Les questions qui restent sans réponse pour l'être humain sont nombreuses : Pourquoi tant de races humaines ? Pourquoi n'est-on pas tous pareils ? Pourquoi naît-on ici et non ailleurs ? Pourquoi avons-nous juste deux jambes et deux bras ? Pourquoi y a-t-il une quête spirituelle dans l'âme humaine ? Pourquoi lève-t-on les yeux vers le ciel ? Pourquoi l'homme et la femme prient ? Pourquoi parler à quelqu'un qui n'existe pas en chair et en os, qui n'a jamais été vu, qui n'a jamais été rencontré et qui, dit-on, a plusieurs formes ? Toutes ces questions appartiennent au mystère de la vie humaine.
« Mais nous n'avons pas les réponses ! Nous avons des réponses ! Mais est-ce que ce sont les bonnes ? J'arrive d'un voyage à Bali, en Indonésie, où l'hindouisme est la principale religion. Est-ce que ce sont eux qui ont raison ou est-ce que c'est moi ? Je serais assez prétentieux pour dire que c'est moi qui ai raison ! Mais ils font des choses aberrantes ! Mais nous aussi ! Qui a raison dans la spiritualité ? C'est bien que personne n'ait raison et que tous aient raison ! Chacun sa couleur. Est-ce que toutes les fleurs ont les mêmes coloris ? Est-ce que le vent vient toujours du même sens ? Est-ce que toutes les montagnes se ressemblent ? Est-ce que tous les lacs ont la même forme ? C'est différent ! Alors, pourquoi toute la croyance serait la même ? », questionne-t-il.
Pour lui, ce qui fait la beauté de la vie est que les humains ne se ressemblent pas ; ils n'ont pas tous la même couleur d'âme. Chaque personne a ses propres tempêtes, vents et hivers. La spiritualité prend la teinte que l'homme et la femme veulent bien lui donner. Chaque personne est différente et a sa propre intériorité. C'est peut-être pour cette raison qu'il est tant difficile de parler de ce sujet.
Un peu plus haut, un peu plus loin…
« Nous ne sommes pas grand-chose ! », s'exclame-t-il.
Lorsqu'il a mis les pieds à la base de l'Everest, il ne se sentait pas tellement gros devant le géant. Il a souvent vécu cette sensation de petitesse devant les éléments de la nature.
« C’est une dualité : nous ne sommes pas grand-chose et nous sommes très puissants, c'est-à-dire que ces grandes montagnes, nous pouvons nous entendre pour les protéger et nous sommes capables de les escalader ! Imaginez une photographie aérienne où nous voyons sur l'Himalaya un grimpeur. C'est un tout petit point comparativement à la montagne ! Ce petit point noir est capable de réfléchir, il a des jambes, des bras, un petit système de chaleur – nous sommes minuscules à l'échelle planétaire ! – et il est capable de monter sur les plus hautes montagnes du monde. C'est fabuleux ! Il est capable de traverser l'océan. Il est gros comme une crotte de nez et il est capable d'aller dans l'espace… C'est incroyable ! », s'exclame encore l'explorateur en disant que c'est cela qui nourrit sa spiritualité.
Pour gravir une haute montagne ou affronter les pires obstacles du globe, il faut avoir beaucoup d'humilité parce que la nature est plus forte que le petit point noir qu'est l'humain.
Une prière sur l'Everest
Bernard Voyer prie. Il se souvient avoir salué son défunt père sur le sommet de l'Everest. Il se disait que de son vivant il ne pourrait pas être aussi près de lui puisqu'il touchait le ciel, sur le plus haut sommet de la terre. Il lui a dit bonjour et lui a parlé quelques instants à haute voix.
Sens de sa vie
Le sentier inconnu est ce qui ressemble le plus à ce qu'il est en lui. En parcourant les lieux éloignés de la civilisation, il apprend à se comprendre et à savoir qui il est. Il croit trouver les réponses au sommet des montagnes, au milieu des tempêtes et dans ses expéditions. C'est sa voie. D'autres personnes répondront à ces interrogations existentielles en étant ébéniste ou programmeur en informatique. Il se qualifie de chercheur.
« Je fais des courses au trésor, comme lorsque j'étais enfant. J'aimais beaucoup ce jeu ! J'ai décidé de faire cela toute ma vie. La vie est comme une course au trésor. C'est cela mon véritable sens de l'existence : trouver le fameux trésor… » Mais qu'est-ce que le trésor ? Il répond sans tarder que « le trésor… c'est de chercher le trésor. Plus la course est longue, plus nous avons de plaisir. Il faut trouver des indices et… que les étapes soient réconfortantes… Les choses les plus importantes dans la vie ne sont pas de naître et de mourir ! C'est ce que nous faisons entre les deux… »
C'est en cherchant que l'humain apprend à devenir fort en lui et qu'il réalise de grandes choses. C'est le secret pour nourrir une saine spiritualité : explorer le monde en jouant à la chasse au trésor.
« Nous ne sommes pas grand-chose! »
Par Benoit Voyer
« Même s'il est petit, l'être humain est capable de grandes choses ! », confie l'explorateur Bernard Voyer à la Revue Sainte Anne.
Passionné d'aventures, ce Canadien a parcouru le monde pour répondre à sa soif d'aventures et à ses questions ; En 1989, il traverse le désert du Sahara dans le Grand Erg occidental ; En 1993, il est le premier Canadien à se rendre au pôle Nord magnétique en ski ; En 1994, il rejoint à ski le pôle Nord géographique par la Sibérie, en partant d'une base scientifique dérivante ; En 1995, il est le premier Canadien à traverser à ski le Groenland sur une distance de 650 km d'est en ouest. Il réalise des communications téléphoniques par satellite ; En 1996, avec Thierry Pétry, il traverse l'Arctique et atteint le pôle Sud à ski en totale autonomie le 12 janvier, à 10 h 47. Il parcourt 1 500 km en 65 jours avec une charge de 170 kg à tirer ; Le 5 mai 1999, il réussit l'ascension de l'Everest, à 8 848 mètres. Il s'agit de la plus haute montagne de la Terre ; il y a quelques semaines, il arrivait d'un voyage en Indonésie où il était parti à la découverte d'une des dernières tribus de la planète. Et il a encore des projets.
« J'ai eu un appel : si tu veux être heureux, si tu veux te réaliser, c'est là-dedans ! », explique-t-il. Cette voix qu'il a entendue ressemble beaucoup à celle d'Abraham, il y a plusieurs siècles : « Va, quitte ton pays… »
La spiritualité
Même s'il ne se considère pas très religieux, Bernard Voyer n'hésite pas à parler de sa quête spirituelle.
« Tous les êtres humains sont de grands spirituels. On a tous un petit jardin en soi, mais il y a plein de gens qui ne le visitent pas. C'est une question de choix », dit-il.
Pour lui, la spiritualité est toute la partie au fond de soi qui n'est pas toujours clairement explicable et celle-ci n'a rien à voir avec une croyance en un Dieu ou la foi en une philosophie.
« La spiritualité est le côté inexplicable de la vie. Plusieurs personnes refusent de s'y rendre. Pourquoi ? Parce que, dans notre société, on s'est donné comme défi de tout comprendre. C'est normal ! C'est le propre de l'intelligence ! Si on est intelligent, on veut comprendre ce qui nous entoure, on veut répondre à toutes les questions qui commencent par pourquoi. On se donne des moyens, on informatise, on cherche… On a besoin de comprendre, mais il y a une partie que l'humain doit accepter de ne jamais comprendre », explique ce Montréalais dont le quartier général est situé sur la rue Cherrier en plein Carré Saint-Louis.
Les questions qui restent sans réponse pour l'être humain sont nombreuses : Pourquoi tant de races humaines ? Pourquoi n'est-on pas tous pareils ? Pourquoi naît-on ici et non ailleurs ? Pourquoi avons-nous juste deux jambes et deux bras ? Pourquoi y a-t-il une quête spirituelle dans l'âme humaine ? Pourquoi lève-t-on les yeux vers le ciel ? Pourquoi l'homme et la femme prient ? Pourquoi parler à quelqu'un qui n'existe pas en chair et en os, qui n'a jamais été vu, qui n'a jamais été rencontré et qui, dit-on, a plusieurs formes ? Toutes ces questions appartiennent au mystère de la vie humaine.
« Mais nous n'avons pas les réponses ! Nous avons des réponses ! Mais est-ce que ce sont les bonnes ? J'arrive d'un voyage à Bali, en Indonésie, où l'hindouisme est la principale religion. Est-ce que ce sont eux qui ont raison ou est-ce que c'est moi ? Je serais assez prétentieux pour dire que c'est moi qui ai raison ! Mais ils font des choses aberrantes ! Mais nous aussi ! Qui a raison dans la spiritualité ? C'est bien que personne n'ait raison et que tous aient raison ! Chacun sa couleur. Est-ce que toutes les fleurs ont les mêmes coloris ? Est-ce que le vent vient toujours du même sens ? Est-ce que toutes les montagnes se ressemblent ? Est-ce que tous les lacs ont la même forme ? C'est différent ! Alors, pourquoi toute la croyance serait la même ? », questionne-t-il.
Pour lui, ce qui fait la beauté de la vie est que les humains ne se ressemblent pas ; ils n'ont pas tous la même couleur d'âme. Chaque personne a ses propres tempêtes, vents et hivers. La spiritualité prend la teinte que l'homme et la femme veulent bien lui donner. Chaque personne est différente et a sa propre intériorité. C'est peut-être pour cette raison qu'il est tant difficile de parler de ce sujet.
Un peu plus haut, un peu plus loin…
« Nous ne sommes pas grand-chose ! », s'exclame-t-il.
Lorsqu'il a mis les pieds à la base de l'Everest, il ne se sentait pas tellement gros devant le géant. Il a souvent vécu cette sensation de petitesse devant les éléments de la nature.
« C’est une dualité : nous ne sommes pas grand-chose et nous sommes très puissants, c'est-à-dire que ces grandes montagnes, nous pouvons nous entendre pour les protéger et nous sommes capables de les escalader ! Imaginez une photographie aérienne où nous voyons sur l'Himalaya un grimpeur. C'est un tout petit point comparativement à la montagne ! Ce petit point noir est capable de réfléchir, il a des jambes, des bras, un petit système de chaleur – nous sommes minuscules à l'échelle planétaire ! – et il est capable de monter sur les plus hautes montagnes du monde. C'est fabuleux ! Il est capable de traverser l'océan. Il est gros comme une crotte de nez et il est capable d'aller dans l'espace… C'est incroyable ! », s'exclame encore l'explorateur en disant que c'est cela qui nourrit sa spiritualité.
Pour gravir une haute montagne ou affronter les pires obstacles du globe, il faut avoir beaucoup d'humilité parce que la nature est plus forte que le petit point noir qu'est l'humain.
Une prière sur l'Everest
Bernard Voyer prie. Il se souvient avoir salué son défunt père sur le sommet de l'Everest. Il se disait que de son vivant il ne pourrait pas être aussi près de lui puisqu'il touchait le ciel, sur le plus haut sommet de la terre. Il lui a dit bonjour et lui a parlé quelques instants à haute voix.
Sens de sa vie
Le sentier inconnu est ce qui ressemble le plus à ce qu'il est en lui. En parcourant les lieux éloignés de la civilisation, il apprend à se comprendre et à savoir qui il est. Il croit trouver les réponses au sommet des montagnes, au milieu des tempêtes et dans ses expéditions. C'est sa voie. D'autres personnes répondront à ces interrogations existentielles en étant ébéniste ou programmeur en informatique. Il se qualifie de chercheur.
« Je fais des courses au trésor, comme lorsque j'étais enfant. J'aimais beaucoup ce jeu ! J'ai décidé de faire cela toute ma vie. La vie est comme une course au trésor. C'est cela mon véritable sens de l'existence : trouver le fameux trésor… » Mais qu'est-ce que le trésor ? Il répond sans tarder que « le trésor… c'est de chercher le trésor. Plus la course est longue, plus nous avons de plaisir. Il faut trouver des indices et… que les étapes soient réconfortantes… Les choses les plus importantes dans la vie ne sont pas de naître et de mourir ! C'est ce que nous faisons entre les deux… »
C'est en cherchant que l'humain apprend à devenir fort en lui et qu'il réalise de grandes choses. C'est le secret pour nourrir une saine spiritualité : explorer le monde en jouant à la chasse au trésor.
(Revue Sainte-Anne, novembre 2000, pp 439 et 478)
SANTÉ MENTALE ET ITINÉRANCE : Des détecteurs de métal à l’entrée d’un hôpital montréalais
Par Benoit Voyer
10 janvier 2026
À l’hôpital Notre-Dame, à Montréal, les patients doivent maintenant traverser un détecteur de métal et permettre aux agents de sécurité de fouiller leurs sacs. À cela s’ajoutent des boutons d’alerte à la cafétéria et des gardiens de sécurité aux entrées.
La mesure a été mise en place dans les dernières semaines à cause des craintes suscitées par la présence accrue d’itinérants et de toxicomanes aux comportements violents et imprévisibles à cause de troubles en santé mentale. Plusieurs d’entre eux ont été retrouvés couchés dans les cages d’escaliers ou en possession d’armes à feu, de couteaux et d'autres objets pouvant mettre à risque la sécurité du public et du personnel. D’autres sont même allés jusqu’à se droguer par injection devant tout le monde ou dans les toilettes de l’institution.
Le 26 novembre, je me montrais inquiet quant à la sécurité des membres du personnel dans les unités psychiatriques. J’indiquais qu’il faut installer des détecteurs de métal à l’entrée de ces départements et rehausser la sécurité.[1] À ce moment, j’aurais pu indiquer que les mesures de contrôle pourraient être également instaurées à l’entrée de tous les hôpitaux du Québec.
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[1] Benoit Voyer. « On doit resserrer les procédures de contrôle à l’entrée des unités psychiatriques », Benoit Voyer en liberté, 26 novembre 2025. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/sante-mentale-on-doit-resserrer-les.html
[1] Benoit Voyer. « On doit resserrer les procédures de contrôle à l’entrée des unités psychiatriques », Benoit Voyer en liberté, 26 novembre 2025. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/sante-mentale-on-doit-resserrer-les.html
VISION CATHOLIQUE : Sainte Marguerite Bourgeoys
Par Benoit Voyer
10 janvier 2026
Marguerite Bourgeoys est née à Troyes (France), le vendredi saint 17 avril 1620.
Le 7 octobre 1640, à l'abbaye Notre-Dame de Nonnains, Marguerite, 20 ans, vit une expérience spirituelle intense. Sa vie changera du tout pour le Tout. Durant la procession religieuse, elle abandonne ses frivolités de jeunesse. Sa vie ne sera plus jamais la même.
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| Abbaye Notre-Dame de Nonnains |
Elle rencontre Louise Chomedey, une religieuse de la congrégation de Notre-Dame de Troyes et directrice d’une communauté externe de femmes.
Marguerite prend la tête d’un groupe de jeunes femmes laïques associées à la congrégation. Celles-ci enseignent aux enfants pauvres de Troyes. Rapidement, elle est reconnue pour son leadership et ses habiletés à rassembler des personnes autour d’une cause commune.
Louise est la sœur de Paul Chomedey, seigneur de Maisonneuve et gouverneur de Ville-Marie, en Nouvelle-France, la future ville de Montréal.
Lors d’un passage à Troyes, Paul demande à sa sœur religieuse de l’aider à trouver une enseignante pour la petite colonie qu’il dirige. Sans l’ombre d’un doute, elle lui suggère la jeune Marguerite en qui elle a une grande confiance. Il ne tarde pas à la rencontrer.
Elle racontera : « On a parlé du Canada et je m’y suis portée pour y aller, et mon confesseur, qui avait eu dessein de former une communauté pour honorer la vie que la sainte Vierge a menée étant sur terre, communauté dont il avait fait des règles approuvées à la Sorbonne de Paris, qui y avaient été présentées par Monsieur le Théologal de Troyes. Et quand le temps fut venu d’aller en Canada, mon confesseur me dit que ce que Dieu n’avait pas voulu, le voudrait peut-être à Montréal. Je crois qu’il avait eu connaissance de l’image envoyée par les religieuses de la congrégation. Je lui dis que j’étais seule, ce qui n’est pas communauté. Il me dit que mon bon ange, le sien et moi, c’était communauté. À quoi je répliquai qu’on m’avait refusé une compagne, qu’il fallait aller avec un gentilhomme que je n’avais jamais vu. Il me dit de mettre sous la conduite de Monsieur de Maisonneuve, comme sous la conduite d’un des premiers chevaliers de la chambre de la reine des anges, et que je m’en aille. Et j’eus quelque témoignage que la sainte Vierge agréait ce voyage. »[2]
Marguerite Bourgeoys, 33 ans, se joint aux recrues de 1653. Celles-ci doivent sauver Ville-Marie et sa cinquantaine d’habitants et les aider à se défendre des attaques des Iroquois. Cet équipage permettra de tripler la population du petit patelin.
De passage chez les Carmes, on lui fait douter de sa nouvelle vocation : « Et quand je fus à Nantes, j’allais à confesse aux Carmes. On écrit une lettre que, si je voulais être carmélite, que le provincial des Carmes, frère de Mademoiselle de Bellevue, où j’étais logée, me ferait mettre où je souhaiterais. Ce bon Carme presse fort là-dessus. J’écris à Paris, mais je n’en reçu point de réponse ; me voilà fort en peine. »[3]
Et puis, en s’arrêtant pour réfléchir et prier, tout s’éclaire : « Je vas aux Capucins, où je trouve le Saint-Sacrement exposé, et je reçus là une très grande force et une grande assurance qui fallait faire le voyage. »[4] […] J’ai eu quelque vue que notre Seigneur voulait que je fisse ce voyage. »[5]
Durant la traversée, elle devient l’infirmière de tous. Les gens se confient naturellement à elle.
Dans sa nouvelle communauté de vie, Marguerite collabore de près avec le gouverneur et Jeanne Mance, l’administratrice de l’hôpital. Elle devient partenaire dans l’administration de la colonie.
Pour elle, il est évident que les femmes jouent un rôle important dans le développement de ce nouveau pays. Sans tarder, elle met sur pied des ateliers de travaux pratiques. Grâce à eux, les femmes peuvent acquérir des connaissances et des habiletés essentielles à leur situation.
Marguerite accueillera les « filles du roi ». Ces nouvelles venues permettront la naissance de nouveaux enfants et garantiront la survie et la croissance de la colonie. Elle vit avec elles, les prépare à leur nouveau rôle et les aide à trouver un mari.
En 1655, elle demande de l’aide pour la construction d’une chapelle de pèlerinage située à quelques pas du village. Elle n’abandonnera jamais son rêve, malgré les obstacles rencontrés sur son chemin, jusqu’à sa réalisation finale en 1678.
En 1658, dans une étable, elle fonde la première école de Ville-Marie. Les enfants de la colonie y apprennent à lire, à calculer, à écrire et à découvrir la foi chrétienne. Parmi ceux-ci, figure fort probablement Jeanne Leber [6], la fille du riche commerçant Jacques Leber.
Marguerite porte une attention spéciale aux jeunes filles plus âgées. Elle enseigne à ses comparses féminines des compétences qui les prépareront à leurs responsabilités futures d’épouses et de mères.
Tout en faisant l'école, elle reçoit et accompagne les Filles du Roy, venues en Nouvelle-France pour y épouser des colons. Elle les prépare au mariage et les soutient dans la fondation des premières familles du pays.
En 1670 et 1671, durant son deuxième voyage en France, Marguerite met sa propre famille à contribution. Trois nièces orphelines, filles de sa sœur Marie Bourgeoys et d’Orson Soumillard, huissier à Troyes, la suivent en Nouvelle-France. Marguerite et Catherine entrent dans la congrégation de leur tante. La cadette, Louise, épouse François Fortin, un cordonnier originaire de Bretagne, et, à la suite de son décès, Jean-Baptiste Fleuricourt, un notaire. Trois des enfants de Louise perpétuent sa descendance jusqu’à nos jours.[7]
Marguerite recrute aussi d’autres jeunes femmes. Elles deviendront le noyau d’une communauté religieuse non cloîtrée, la congrégation Notre-Dame. L’affaire n’est pas bien vue des autorités ecclésiastiques. Ils n’approuvent pas ce genre de communauté religieuse. Malgré tout, Marguerite et ses sœurs persévèrent.
À 73 ans, Mgr de Saint-Vallier accepte sa démission comme supérieure de la congrégation et à 77 ans, elle écrit ses mémoires qui demeurent un témoignage historique et son testament spirituel.
La congrégation Notre-Dame sera finalement reconnue officiellement en 1698.
Son décès [8]
Durant la nuit du 31 décembre 1699 au 1ᵉʳ janvier 1700, les sœurs de la congrégation Notre-Dame de Montréal sont brusquement réveillées pour réciter les prières des agonisants au chevet de sœur Catherine Charly, leur jeune maîtresse des novices, gravement malade depuis quelque temps.
La fondatrice de la communauté religieuse, Marguerite Bourgeoys, bien portante malgré ses 79 ans avancés, lance spontanément en apprenant la nouvelle : « Ah ! Mon Dieu, que ne me prenez-vous, moi qui suis inutile à tout dans cette maison, plutôt que cette pauvre sœur qui peut y rendre encore de grands services ! » Surprise ! En quelques heures, sœur Catherine reprend du mieux. Elle est sauvée de la mort.
Le soir du 1ᵉʳ janvier 1700, Marguerite Bourgeoys commence une fièvre accompagnée de souffrances aiguës. Pendant douze jours, elle souffre effroyablement.
Voyant la maladie s'aggraver, une désolation envahit les religieuses. Malgré son purgatoire, la sainte vit dans l'allégresse. Elle le sait : l'heure de Dieu est arrivée, l'heure de son passage de vie à trépas.
Autour du lit, ses compagnes veillent. Rapidement, elle leur demande des cantiques (prières chantées). Dans la petite cellule glacée, les voix s'élèvent tremblantes pour chanter le ciel et Marie. Marguerite s'unit à ses filles malgré ses douleurs et son épuisement. Auprès d'elle, qui pleure à chaudes larmes, Catherine Charly revenue à la santé, comme par miracle.
La fête des Rois se passe dans la tristesse. Le mardi 12 janvier 1700, peu après minuit, Marguerite Bourgeoys entre en agonie. Elle décède paisiblement vers 3 h, les deux mains croisées sur sa poitrine. Marguerite a 79 ans.
De nos jours, elle repose dans la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, à Montréal.
Cette pionnière de Montréal et de la Nouvelle-France est canonisée en 1982. Elle est un modèle de vie chrétienne.
Sa mémoire liturgique est le 12 janvier.
Notre pauvre nature humaine
« Mon expérience m’apprend que les aises du corps se prennent avec facilité, à quoi la nature s’accommode quelquefois avec quelques petits scrupules qui se passent en un moment, spécialement quand on s’y sent obligé par quelques paroles qui nous flattent… et par condescendance, mais après avoir été quelque temps dans cette vie molle et relâchée, s’il faut retourner à la petite vie, il faut de grands efforts et notre ennemi ne manque point de venir au secours de notre pauvre nature qui ne dit jamais : C’est assez; et ensuite, a des recherches inutiles et souvent nuisibles. »[9]
Lors d’un passage à Troyes, Paul demande à sa sœur religieuse de l’aider à trouver une enseignante pour la petite colonie qu’il dirige. Sans l’ombre d’un doute, elle lui suggère la jeune Marguerite en qui elle a une grande confiance. Il ne tarde pas à la rencontrer.
Elle racontera : « On a parlé du Canada et je m’y suis portée pour y aller, et mon confesseur, qui avait eu dessein de former une communauté pour honorer la vie que la sainte Vierge a menée étant sur terre, communauté dont il avait fait des règles approuvées à la Sorbonne de Paris, qui y avaient été présentées par Monsieur le Théologal de Troyes. Et quand le temps fut venu d’aller en Canada, mon confesseur me dit que ce que Dieu n’avait pas voulu, le voudrait peut-être à Montréal. Je crois qu’il avait eu connaissance de l’image envoyée par les religieuses de la congrégation. Je lui dis que j’étais seule, ce qui n’est pas communauté. Il me dit que mon bon ange, le sien et moi, c’était communauté. À quoi je répliquai qu’on m’avait refusé une compagne, qu’il fallait aller avec un gentilhomme que je n’avais jamais vu. Il me dit de mettre sous la conduite de Monsieur de Maisonneuve, comme sous la conduite d’un des premiers chevaliers de la chambre de la reine des anges, et que je m’en aille. Et j’eus quelque témoignage que la sainte Vierge agréait ce voyage. »[2]
Marguerite Bourgeoys, 33 ans, se joint aux recrues de 1653. Celles-ci doivent sauver Ville-Marie et sa cinquantaine d’habitants et les aider à se défendre des attaques des Iroquois. Cet équipage permettra de tripler la population du petit patelin.
De passage chez les Carmes, on lui fait douter de sa nouvelle vocation : « Et quand je fus à Nantes, j’allais à confesse aux Carmes. On écrit une lettre que, si je voulais être carmélite, que le provincial des Carmes, frère de Mademoiselle de Bellevue, où j’étais logée, me ferait mettre où je souhaiterais. Ce bon Carme presse fort là-dessus. J’écris à Paris, mais je n’en reçu point de réponse ; me voilà fort en peine. »[3]
Et puis, en s’arrêtant pour réfléchir et prier, tout s’éclaire : « Je vas aux Capucins, où je trouve le Saint-Sacrement exposé, et je reçus là une très grande force et une grande assurance qui fallait faire le voyage. »[4] […] J’ai eu quelque vue que notre Seigneur voulait que je fisse ce voyage. »[5]
Durant la traversée, elle devient l’infirmière de tous. Les gens se confient naturellement à elle.
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| La chapelle Notre-Dame de Bonsecours de nos jours |
Pour elle, il est évident que les femmes jouent un rôle important dans le développement de ce nouveau pays. Sans tarder, elle met sur pied des ateliers de travaux pratiques. Grâce à eux, les femmes peuvent acquérir des connaissances et des habiletés essentielles à leur situation.
Marguerite accueillera les « filles du roi ». Ces nouvelles venues permettront la naissance de nouveaux enfants et garantiront la survie et la croissance de la colonie. Elle vit avec elles, les prépare à leur nouveau rôle et les aide à trouver un mari.
En 1655, elle demande de l’aide pour la construction d’une chapelle de pèlerinage située à quelques pas du village. Elle n’abandonnera jamais son rêve, malgré les obstacles rencontrés sur son chemin, jusqu’à sa réalisation finale en 1678.
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| Marguerite Bouregoys, enseignante |
Marguerite porte une attention spéciale aux jeunes filles plus âgées. Elle enseigne à ses comparses féminines des compétences qui les prépareront à leurs responsabilités futures d’épouses et de mères.
Tout en faisant l'école, elle reçoit et accompagne les Filles du Roy, venues en Nouvelle-France pour y épouser des colons. Elle les prépare au mariage et les soutient dans la fondation des premières familles du pays.
En 1670 et 1671, durant son deuxième voyage en France, Marguerite met sa propre famille à contribution. Trois nièces orphelines, filles de sa sœur Marie Bourgeoys et d’Orson Soumillard, huissier à Troyes, la suivent en Nouvelle-France. Marguerite et Catherine entrent dans la congrégation de leur tante. La cadette, Louise, épouse François Fortin, un cordonnier originaire de Bretagne, et, à la suite de son décès, Jean-Baptiste Fleuricourt, un notaire. Trois des enfants de Louise perpétuent sa descendance jusqu’à nos jours.[7]
Marguerite recrute aussi d’autres jeunes femmes. Elles deviendront le noyau d’une communauté religieuse non cloîtrée, la congrégation Notre-Dame. L’affaire n’est pas bien vue des autorités ecclésiastiques. Ils n’approuvent pas ce genre de communauté religieuse. Malgré tout, Marguerite et ses sœurs persévèrent.
À 73 ans, Mgr de Saint-Vallier accepte sa démission comme supérieure de la congrégation et à 77 ans, elle écrit ses mémoires qui demeurent un témoignage historique et son testament spirituel.
La congrégation Notre-Dame sera finalement reconnue officiellement en 1698.
Son décès [8]
Durant la nuit du 31 décembre 1699 au 1ᵉʳ janvier 1700, les sœurs de la congrégation Notre-Dame de Montréal sont brusquement réveillées pour réciter les prières des agonisants au chevet de sœur Catherine Charly, leur jeune maîtresse des novices, gravement malade depuis quelque temps.
La fondatrice de la communauté religieuse, Marguerite Bourgeoys, bien portante malgré ses 79 ans avancés, lance spontanément en apprenant la nouvelle : « Ah ! Mon Dieu, que ne me prenez-vous, moi qui suis inutile à tout dans cette maison, plutôt que cette pauvre sœur qui peut y rendre encore de grands services ! » Surprise ! En quelques heures, sœur Catherine reprend du mieux. Elle est sauvée de la mort.
Le soir du 1ᵉʳ janvier 1700, Marguerite Bourgeoys commence une fièvre accompagnée de souffrances aiguës. Pendant douze jours, elle souffre effroyablement.
Voyant la maladie s'aggraver, une désolation envahit les religieuses. Malgré son purgatoire, la sainte vit dans l'allégresse. Elle le sait : l'heure de Dieu est arrivée, l'heure de son passage de vie à trépas.
Autour du lit, ses compagnes veillent. Rapidement, elle leur demande des cantiques (prières chantées). Dans la petite cellule glacée, les voix s'élèvent tremblantes pour chanter le ciel et Marie. Marguerite s'unit à ses filles malgré ses douleurs et son épuisement. Auprès d'elle, qui pleure à chaudes larmes, Catherine Charly revenue à la santé, comme par miracle.
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| Chapelle Notre-Dame de Bonsecours [b] |
De nos jours, elle repose dans la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, à Montréal.
Cette pionnière de Montréal et de la Nouvelle-France est canonisée en 1982. Elle est un modèle de vie chrétienne.
Sa mémoire liturgique est le 12 janvier.
Notre pauvre nature humaine
« Mon expérience m’apprend que les aises du corps se prennent avec facilité, à quoi la nature s’accommode quelquefois avec quelques petits scrupules qui se passent en un moment, spécialement quand on s’y sent obligé par quelques paroles qui nous flattent… et par condescendance, mais après avoir été quelque temps dans cette vie molle et relâchée, s’il faut retourner à la petite vie, il faut de grands efforts et notre ennemi ne manque point de venir au secours de notre pauvre nature qui ne dit jamais : C’est assez; et ensuite, a des recherches inutiles et souvent nuisibles. »[9]
Le véritable amour de Dieu
« Je trouve qu’il y a plusieurs sortes d’amour parmi le monde : il y a l’amour des étrangers, des passants, des pauvres, des associés, des anges, des parents et des amants. Tous ces amours peuvent être bons ou indifférents. Il n’y a que celui d’amant qui pénètre le cœur de Dieu et à qui rien n’est refusé. […]
On aime les passants car ils apportent quelque gain; les pauvres a qui on donne le superflu; les associés, car leur perte nous est dommageable; les amis parce que leur conversation plait et est agréable; les parents, parce qu’on en reçoit du bien […]
Mais le véritable amour est celui d’amant qui se trouve rarement, car toute choses ne le touche : ni le bien, ni le mal, il donne la [sa] vie avec plaisir pour la chose aimée. Il ne connait point ses intérêts, ni même ses besoins. La maladie et la santé lui sont indifférentes; la prospérité ou l’adversité, la mort ou la vie, la consolation ou la sécheresse lui sont égales. »[10]
La prière du coeur
« Il me semble que l’on ne porte pas assez d’attention a la prière, car si elle ne part pas du cœur qui doit être son centre, elle n’est qu’un songe qui ne produit rien, car la prière doit être dans la pensée, la parole et l’exécution. On est donc obligé de s’exciter, autant que cela se peut, à faire réflexion sur ce qu’on demande ou promet; ce qui ne se fait point si l’on ne fait point d’attention à ses prières.»[11]
Dieu nous parle
« Dieu nous parle par les prédicateurs, les lectures, par toutes ses créatures et ses maximes, et il veut être écouté spécialement de ceux qu’il a reçus à son service, qui ne lui plaisent pas quand l’on s’entretient avec des pensées frivoles, avec ses inclinations ou ses bonnes amies, spécialement les matinées des jours de communion et la demi-heure du soir pour la préparation. Ce recueillement est très nécessaire après les récréations et je ne vois pas que cela s’observe.[12]
Aimer son prochain
« Dieu ne se contente pas que l’on conserve l’amour que l’on doit à son prochain, mais que l’on conserve le prochain dans l’amour qu’il nous doit porter. Il faut donc donner le manteau a qui veut avoir la robe, plutôt que de plaider »[13].
Le silence
« Le peu d’affection pour le silence tire à une vie molle et relâchée ».[14]
L’éducation des enfants
« Il est nécessaire de faire travailler les enfants a l’école et les pensionnaires. L’oisiveté est le moyen de les rendre libertines ».[15]
Les petites actions
« Notre bon Dieu se contente des petites vertus qui sont pratiquées pour son amour et il les relève, a proportion qu’elles sont exercées avec plus d’amour. Il faut donc que je tâche de faire tout pour son plus grand amour. »[16]
La communion
« Il m’a semblé que nous étions des charbons propres à faire du feu et la sainte communion était toute propre à nous allumer. Mais que ces charbons ne sont allumés que dans la superficie, aussitôt qu’ils sont écartés, ils s’éteignent; au lieu que ceux qui sont allumés jusque dans le centre ne s’éteignent pas, mais se consument.
On écarte ces charbons si, après la communion, on s’entretient dans ses humeurs naturelles, dans le soin et la recherche de ses commodités sans besoin, dans les conversations frivoles et inutiles. »[17]
La Parole de Dieu
« Quand le cœur est ouvert au soleil de la grâce, on voit des fleurs d’une bonne odeur s’épanouir, qui font voir qu’on a profité de la Parole de Dieu. »[18]
____________________
Références
[1] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 250 et 251
[2] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 250 et 251
[3] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 239
[4] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 239 et 240
[5] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 250 et 251
[6] Il s’agit de la vénérable Jeanne Leber.
[7] Claude Auger. « Marguerite Bourgeoys et les familles », Prions en Église – édition dominicale, 12 janvier 2025, p. 34
[8] Benoit Voyer. « 300e anniversaire du décès de sainte Marguerite Bourgeoys - Un cœur qui bat toujours », Revue Sainte-Anne, mars 2000, page 109 et 110 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/01/le-present-du-passe-un-cur-qui-bat.html
[9] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 73
[10] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 94 et 95
[11] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 243 et 244
[12] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 244
[13] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 244 et 245
[14] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 248
[15] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 249
[16] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 282
[17] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, pp. 287 et 288
[18] Marguerite Bourgeoys. « Les écrits de Mère Bourgeoys – Autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 288
[a] Marguerite Bourgeoys dans un vitrail de la Basilique Notre-Dame du Cap, à Trois-Rivières.
[b] La chapelle Notre-Dame de Bonsecours, à Montréal, lieu où reposent de nos jours sainte Marguerite Bourgeoys et la vénérable Jeanne Leber.
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