Par Valère Audy
La mort vient d'emporter, en moins d'une semaine, quatre autres citoyens qui ont fait leur marque à Granby : le père Jean-Paul Régimbal, le frère André Dansereau, MM. Hervé Breault et Bernardin Hubert.
De tous, c'est certes le père Régimbal qui est le plus connu.
Trinitaire, celui-ci a d'abord enseigné, pour ensuite servir comme aumônier à Bordeaux et ailleurs. Il fut un ardent promoteur du Renouveau charismatique et se dépensa au bénéfice des chrétiens persécutés. Il a aussi publié des livres à Paris, Montréal et Sherbrooke, en plus de composer des hymnes, des messes et des psaumes, et d'animer une foule d'œuvres.
Mais, chez nous, c'est surtout comme prédicateur et communicateur qu'il s'est imposé. Que de gens ont répondu à son appel et bu ses propos dans le cadre des activités du Renouveau charismatique! Et que d'attention il a retenu dans sa lutte contre la musique rock qui véhiculait, paraît-il, des messages subliminaux dédiés à Satan.
Ses œuvres n'ont cependant pas toutes fait l'unanimité dans le milieu religieux comme à l'extérieur. Ce qu'on craignait le plus, c'était le débordement du mouvement charismatique, la propension de plusieurs de ses adeptes à l'exagération et à l'exaltation, de même que, concernant la musique rock, les conclusions hâtives.
Cela dit, il faut tout de même reconnaître que le père Jean-Paul Régimbal a fait beaucoup de bien, qu'il n'a jamais eu honte de sa foi, qu'il l'a ouvertement affichée partout, qu'il invitait les autres à la partager et à en témoigner publiquement.
De même, il faut aussi reconnaître que c'est à fond qu'il s'est donné à toutes les œuvres qu'il a embrassées.
(La Voix de l'Est, 12 septembre 1988, p. 8)
