Par Benoit Voyer
8 septembre 2026
Pour la personne qui croit en la Vie avec un grand « V »[1], l’espérance n’est pas que de l’optimisme ou de l’espoir pour se faire croire que tout ira bien, une manière de contrer son insécurité foncière. Son espérance naît de la foi.
On le voit dans les écrits hébraïques et ceux des premiers chrétiens : Dieu agit fréquemment à travers des situations fragiles ou inattendues : Joseph, les mages venus d’Orient, la fuite en Égypte, des pêcheurs choisis comme apôtres, la croix qui devient le chemin de la résurrection, etc.
Chez les gens qui croient, YHWH - le tétragramme sacré hébraïque qu’on a traduit par Yahvé parce qu’on ne sait pas trop comment les Hébreux de jadis prononçaient vraiment le nom de Dieu – peut faire surgir son œuvre là où, humainement, il ne reste plus que l’incertitude ou la désespérance.
J’aime ce passage du début du récit au style littéraire évangélique de Matthieu (Mt 1, 18-23) : « Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » »
Joseph est dans une situation qui peut sembler sans issue. Sa relation avec Marie peut paraître compromise. Sa réputation et celle de Marie sont en jeu. Tout semble annoncer un échec. Par l’intermédiaire de « l’ange annonciateur » , Dieu ouvre chez Joseph un chemin nouveau, une espérance.
Leçon de l’histoire : Comme pour Joseph, lorsque nos projets sont bouleversés, Dieu peut être à l’œuvre. La foi consiste à lui faire confiance et à accueillir sa présence au cœur même de notre histoire, personnelle et collective.
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[1] Sur le plan étymologique, le Tétragramme YHWH est généralement associé au verbe hébreux « hayah » qui veut dire « être » ou « devenir ». Dans la tradition, en écho au livre de l’Exode (Ex 3,14), il est compris comme signifiant « celui qui est ». Dans le récit mettant en scène Moise, on pourrait traduite « Je suis qui je suis » ou « Je serai qui je serai ». Ainsi, « hayah » ne veut pas dire directement « vivre ». Par contre, lles livres bibliques présentent habituellement YHWH comme la source et le soutien de toute vie. C’est en ce sens que j’utilise souvent l’expression « la vie » pour parler de Dieu.


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