SANTÉ : En France, on songe sérieusement à une vaccination obligatoire contre la grippe pour les soignants
Par Benoit Voyer
11 septembre 2026
En France, les autorités envisagent de rendre obligatoire la vaccination annuelle contre la grippe pour les professionnels de la santé. Une telle obligation pourrait-elle éventuellement être proposée au Québec ? La mesure risquerait certainement de soulever un tollé chez ceux qui revendiquent à tout prix le libre choix en matière de vaccination.
Dans un avis publié le 20 juillet, la Haute Autorité de santé recommande d’ajouter la grippe à la liste des maladies contre lesquelles les soignants doivent obligatoirement être vaccinés, comme la diphtérie, la poliomyélite et l’hépatite B. Le gouvernement français a annoncé qu’il étudierait les conditions d’application de cette recommandation. L’obligation viserait l’ensemble des professionnels de la santé travaillant dans les établissements ou en cabinet, les étudiants des filières médicales et paramédicales ainsi que les employés des établissements médico-sociaux en contact avec des personnes âgées.
Dans un article paru dans La Croix le 22 juillet, Esther Serrejordia explique que cette proposition repose notamment sur la faible couverture vaccinale du personnel soignant. Selon la Haute Autorité de santé, seulement 20 % des professionnels travaillant dans les hôpitaux et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes sont vaccinés contre la grippe. Or, la maladie aurait causé 12 700 décès en France durant la saison 2025-2026, contre 17 900 l’hiver précédent. Neuf victimes sur dix étaient âgées de 65 ans ou plus. Les épidémies de grippe représenteraient par ailleurs un coût annuel de 1 à 2 milliards d’euros et contribueraient à mettre le réseau de la santé sous pression.
En 2023, la Haute Autorité de santé avait pourtant recommandé le maintien du libre choix, en raison de l’efficacité variable du vaccin, généralement estimée entre 40 et 75 %, et du manque de données sur la transmission du virus dans les établissements de soins. De nouvelles études suggèrent toutefois que le risque de transmission y serait plus élevé que dans la population générale et que la vaccination du personnel pourrait réduire le risque que les patients contractent la grippe au contact d’un soignant.
