JEAN-PAUL REGIMBAL : Pensée


RÉFLEXION SPIRITUELLE : 70 fois 7 fois

70 fois 7 fois

Par Benoit Voyer

13 septembre 2026

La logique de Jésus m’étonne toujours. Il va toujours à contre-courant de la pensée ambiante. « Pas question pour lui de faire comme on a toujours fait. C’est avant tout le cœur qui compte »[1].

J’en parle souvent. En soi, il y a des blessures qui ne guérissent pas vraiment.[2] Elles laissent toujours des traces en soi. Lorsque la douleur de la blessure revient en moi – et parfois me fait pleurer –, je m’abandonne entre les mains de Dieu. Avec mes pauvres mots, je lui dis : « Aide-moi donc à pardonner et à aimer parce que je n’y arriverai jamais tout seul. » Et je sens peu à peu mon fardeau redevenir plus léger.

Il m’a fallu du temps pour apprendre à pardonner, mais, comme l’écrivait Jean Montbourquette dans son petit traité sur le pardon, pardonner ne veut pas nécessairement dire oublier. Ainsi donc, je dois recommencer à pardonner, à chaque fois que la douleur revient.

Le pardon
Dans le Coran, il est écrit : « Ceux qui, parmi vous, jouissent de sa faveur et de l’aisance ne négligeront pas de donner à leurs proches, aux pauvres et à ceux qui émigrent dans le chemin de Dieu. Ils oublieront et ils pardonneront. N’aimez-vous pas que Dieu vous pardonne ? — Dieu est celui qui pardonne, il est miséricordieux »[3]

Le Coran dit donc : si l’on souhaite recevoir le pardon de Dieu, on est appelé à pardonner aux autres.

Ces paroles se rapprochent de celles de Jésus, mais ce dernier pousse plus loin les exigences du pardon : « Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? Jésus lui répondit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (extrait de Mt 18, 21-35).

Pour Jésus, le pardon ne se comptabilise pas, parce que c’est un acte d’amour. Assurément un des plus grands.

Je me souviens d’une conférence du père Jean-Paul Regimbal, à laquelle j’ai assistée. J’avais 15 ans. C’était le 8 juin 1981, à Granby [4]. Il disait : « C'est l'amour qui rend possible la communauté. C'est l'amour qui rend possible la réconciliation. C'est l'amour qui rend possible le pardon. Nous sommes donc faits pour vivre d'Agape d'une façon communautaire. Donc, nous avons reçu en même temps que la puissance de devenir enfants de Dieu, nous avons reçu la puissance de pouvoir aimer, comprendre, pardonner et réconcilier. Que nul ne dise "Moi, je ne peux pas pardonner, ce n'est pas dans mon tempérament, ce n'est pas dans mon caractère. C'est ben d'valeur, moi je ne pardonne pas ! Chu pas fait d'même. Pas vrai ! »

Puis, il ajoutait : « Vous avez la capacité d'accueillir l'autre même dans ses bêtises et ses erreurs, car vous êtes issus de ce Dieu de miséricorde qui nous a aimés tels que nous sommes, tous pécheurs que nous étions, avant que nous ne soyons sauvés. Nous avons reçu de Dieu des entrailles de miséricorde parce que nous avons reçu de Dieu et la foi et l'espérance et l'amour et que nous avons reçu de Dieu les vertus de justice, de force, de tempérance et de piété. Nous les avons reçues de Dieu au baptême. Mais qu'avons-nous fait de ces magnifiques cadeaux ? […] »

Ainsi, il m’est demandé de ne pas garder rancœur. Et lorsque cela est possible, aller à la rencontre de celui ou celle qui m’a blessé peut être déjà un geste de réconciliation. Il n’est même pas besoin de lui dire « je te pardonne ». Juste le fait d’aller à sa rencontre parlera davantage que bien des mots inutiles. Il y a des silences qui parlent fort…

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[1] Benoit Voyer. « C’est le cœur qui compte », Benoit Voyer en liberté, 27 avril 2026. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/02/vision-catholique-cest-le-coeur-qui.html
[2] Cf. Benoit Voyer. « Quand ça fait mal… », Benoit Voyer en liberté, 15 juillet 2026. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/07/reflexion-spirituelle-quand-ca-fait-mal.html
[3] Denise Masson, trad. Le Coran, sourate 24, v. 22. https://coran12-21.org/fr/sourates/s24
[4] Jean-Paul Regimbal. Conférence donnée le 8 juin 1981 à la maison des Trinitaires, à Granby, à l’occasion de la retraite de la fête de la Trinité. Librairie Pneumathèque no 6057. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/03/baptise-en-jesus.html

MA FOI DU BON DIEU : Messe à l'église catholique de Saint-Esprit


Ce samedi 12 septembre 2026, j'ai participé à la messe dominicale de 16 h 30 à l'église catholique de Saint-Esprit, dans la région de Lanaudière. La célébration était présidée par l'abbé Laurent Gouneau, prêtre répondant pour la région pastorale de Montcalm.

LAICITÉ : La sécularisation de la société québécoise

La sécularisation de la société québécoise

Par Benoit Voyer

13 septembre 2026

Il y a quelques années, au Québec, les valeurs religieuses ont été reléguées à la vie privée. Notre société s’est sécularisée. Cette sécularisation a eu ses bons côtés, mais elle a ses limites. Pourquoi ? Parce qu’au bout de la laïcisation, il n’y a rien qu’une impasse.

Dans les sociétés sécularisées, les chercheurs de sens tentent de trouver une instance capable de rappeler leurs devoirs et de porter un discernement éthique fondé sur la transcendance. Cette mission est celle des institutions religieuses.

Si le Québec n’est plus depuis longtemps la locomotive de la foi chrétienne, ses braises continuent de rougeoyer.

C’est pour cette raison que le regretté pape Benoît XVI, lors d’une rencontre pour les jeunes, a invité les chrétiens à redoubler d’efforts pour tenter de retrouver des raisons de croire et d’espérer, pour sortir de la torpeur spirituelle, pour retrouver la mémoire chrétienne.[1] Plus que jamais, on a besoin de retrouver nos racines chrétiennes. C’est un peu ce que je tente sporadiquement de faire à travers ce que j’écris sur mon blogue.

Se rappeler nos racines, c'est se souvenir que « l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. Et Dieu, qui scrute les cœurs, connaît les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles. Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour »[2], « non pas parce qu’ils sont exemptés d’épreuves, mais parce qu’ils savent qu’ils ne seront jamais seuls pour les affronter »[3]. Pour les chercheurs de sens, cette idée est réconfortante.

Comme je l’ai déjà écrit, « il doit effectivement y avoir une séparation entre l'État et la religion, mais la sécularisation ne doit en aucun cas empêcher la religion de jouer un rôle dans l'organisation de la société civile. Empêcher le religieux de prendre part à la vie de la société civile serait de faire de la laïcité un nouveau fondamentalisme encore plus contraignant que le fondamentalisme religieux. »[4]

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[1] Cf. Henri Tincq. « L’appel de Prague de Benoît XVI », Slate, 28 septembre 2009. https://www.slate.fr/story/10911/lappel-de-prague-de-benoit-xvi
[2] Rm 8, 26-30.
[3] Prions en Église, octobre 2025, p. 160.
[4] Cf. Pierre-Paul Gagné. La Presse, 7 octobre 2007, p. A15.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Pièce religieuse, les 9, 10, 11 juin, au Gésù

Pièce religieuse, les 9, 10, 11 juin, au Gésù

Les 9, 10 et 11 juin prochains, à la salle du Gésù, les Pères Trinitaires présenteront un spectacle religieux en hommage aux mères chrétiennes. Cette pièce, interprétée par un groupe d'artistes des "Compagnons", a pour but d'éblouir les yeux de l'âme par le prodige de la grâce opéré dans le cœur d'une humble mère de famille, à cause de sa fidélité à ses devoirs d'épouse et de maman. S. Exc. Mgr Paul-Émile Léger, archevêque de Montréal, présidera la soirée du 9 juin, jour anniversaire de la mort de la "sainte Taigi".

"Celle qui a vécu sa vie" est l'histoire de la bienheureuse Anna-Maria Taigi. Née à Sienne (Italie), le 29 mai 1769, d'une famille aisée, elle a dû émigrer à Rome par suite d'un revers de fortune. Malgré sa piété, elle se laissa aller un moment aux mondanités après son mariage à Domenico Taigi en 1790. Mais bientôt Anne-Marie immola tout à Dieu, vécut une vie profondément mortifiée et mourut le 9 juin 1837, après avoir pratiqué toutes les vertus chrétiennes. Ayant été mère de famille, elle est à juste titre leur patronne.

(La Presse, 31 mai 1952, p. 38)
NOTE: Il s'agit d'une pièce de Jean-Paul Regimbal