RÉFLEXION SPIRITUELLE : Nous sommes et nous demeurons tous des « candidats à la foi »

Nous sommes et nous demeurons tous des « candidats à la foi »

Par Benoit Voyer

14 septembre 2026

Il y a de ces paroles fortes qui marquent notre existence. C’est ce qui est arrivé le 5 novembre 1987 lors des funérailles catholiques du premier ministre René Lévesque. Bien entendu, je n’étais pas au nombre des dignitaires réunis dans la basilique-cathédrale Notre-Dame, à Québec. Comme un grand nombre de Québécois et de Québécoises, j’ai vécu ce moment historique grâce à la télévision.

Dans son homélie, Mgr Jean-Marie Fortier expliquait que Dieu travaille en nous et que nous aimerions parfois tout comprendre, tout croire avec assurance, mais Jésus demande que nous accueillions d’abord son amour. Celui-ci finit par porter du fruit.

L’archevêque de Sherbrooke et président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec disait donc que croire en Jésus, ce n’est pas seulement adhérer à une vérité, mais c’est laisser la certitude d’être aimé par Dieu transformer doucement notre manière d’aimer les autres. La foi est moins une évidence soudaine qu’une semence qui grandit.

Jean-Marie Fortier disait : « Des hommes et des femmes viennent vers Jésus, partis des horizons les plus divers, rejoints dans les circonstances les plus variées. Ils arrivent dans des dispositions personnelles qui vont de la réticence explicite, de la simple curiosité jusqu'à la sympathie déclarée. Nicodème est le type du candidat à la foi. La rumeur est parvenue à ses oreilles d'un prophète qui va et vient sur les routes, parlant d'autorité et accomplissant des miracles. Il se présente « de nuit », soit par peur de se compromettre, soit par souci de se ménager un long entretien avec le Maître. […] Surgit, à la fin de l'entretien, la grande révélation : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3, 16-17) Il n'est pas sûr que Nicodème quitta le Christ totalement conquis. La Parole de Dieu est une semence dont la croissance est habituellement lente. » Mais cette rencontre avec Jésus marquera profondément la vie de Nicodème et, finalement, portera des fruits.

En terminant son commentaire sur l’évangile des obsèques de René Lévesque, un homme devenu un personnage mythique de l’histoire du Québec, Jean-Marie Fortier disait l’essentiel à comprendre : « Nous sommes et nous demeurons tous des « candidats à la foi », en ce sens que la foi en Dieu et en Jésus-Christ est toujours susceptible de s'enraciner plus avant dans notre être, de croître et, enfin, de produire des fruits plus abondants de justice et d'amour. Que les baptisés ne se targuent donc pas de leur baptême comme d'un privilège. Qu'ils le considèrent plutôt comme un appel au dépassement. »