Par Benoit Voyer
12 septembre 2026
Ses études en criminologie terminées, le père Jean-Paul Regimbal devient aumônier à la prison pour hommes de Montréal (Bordeaux) [1] et à Mont Saint-Antoine auprès des jeunes [2]. D’ailleurs, son mémoire de maîtrise, publié en 1964, porte le titre : « Programme de la délinquance juvénile ».
Dans ces centres, il renouvelle la pastorale et organise des cours spécialisés pour le service des prisonniers et des jeunes délinquants.
Jean-Paul est aussi aumônier des prisons du Canada. Il se fait l’ardent défenseur de la suppression de la peine de mort. Son influence est grande dans le milieu carcéral.
Il ne chôme pas.
Pour donner plus de poids à sa pastorale, il fait appel à la psychologie, à la psychiatrie et à la sociologie. Plus le temps passe, moins la Parole de Dieu prend de l’importance dans son travail.
En 1981, il racontera : « Le corps est profondément secoué dans son évolution et son équilibre chaque fois qu’une passion vient perturber le métabolisme de son organisme. À titre d’exemple, il m’est arrivé comme criminologue de procéder à des autopsies. J’ai vu des cœurs, qui étaient noirs comme le charbon. Ces pauvres gens avaient tellement vécu dans la haine qu’au moment de respirer, ils ne parvenaient pas à se libérer du gaz carbonique. Ou encore, j'ai vu des personnes qui avaient la rate et la vésicule dures comme de la pierre. La haine et la colère peuvent tuer un homme! »[3]
En 1969, il dressera un bilan sombre de ses années de travail en milieu carcéral : « 10 ans de travail dans les prisons du Québec m’avaient fait voir la puissance de Dieu dans les cœurs et l’impuissance de mon ministère sacerdotal. Je travaillais dur et, pourtant, je trouvais que les conversions ne correspondaient pas aux efforts multiples que je déployais pour rejoindre cette population carcérale »[4].
En plus de l’asthme qui ne le lâche pas, il est visiblement dans une crise de vie. À 38 ans, il est psychologiquement dans un processus de remise en question avant d’amorcer la quarantaine. Quand on a la foi, on appelle cela un désert spirituel. On peut voir ici un rapprochement spirituel et symbolique entre la crise, la croix et la croissance.
De quoi seront faites ses prochaines années ? Le sait-il lui-même ?
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[1] Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p. 137 (SHHY P049).
[2] Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p. 137 (SHHY P049).
[3] Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanké Ltée, 1981, pp. 17 à 49. Livre conservé à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, à Granby (P049) et chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 248.83 R335R 1981)
[4] Propos tiré d’une conférence donnée en 1980 à des gens d’affaires réunis à Montréal a l’occasion d’un souper du regroupement ACTE. Cf. Benoit Voyer. « Le Renouveau charismatique... 25 ans déjà ! », Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, pp. 20 et 21.
[1] Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p. 137 (SHHY P049).
[2] Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p. 137 (SHHY P049).
[3] Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanké Ltée, 1981, pp. 17 à 49. Livre conservé à la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, à Granby (P049) et chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Montréal (BANQ 248.83 R335R 1981)
[4] Propos tiré d’une conférence donnée en 1980 à des gens d’affaires réunis à Montréal a l’occasion d’un souper du regroupement ACTE. Cf. Benoit Voyer. « Le Renouveau charismatique... 25 ans déjà ! », Revue Notre-Dame du Cap, octobre 1995, pp. 20 et 21.
