LE PRÉSENT DU PASSÉ : Des concours pour le Jubilé des artistes

Des concours pour le Jubilé des artistes

Benoit Voyer

collaboration spéciale

GRANBY - Dans le cadre du Jubilé des artistes, qui aura lieu du 18 au 27 février, à l'église Notre-Dame, Arts et Patrimoine, le secteur des manifestations culturelles du Comité foi et culture Granby et région, invite toute la population à participer à des concours de photographies, de peintures et d'écriture.

Le thème « visage de Dieu » propose à l'artiste d'illustrer à sa façon la vision qu'il a de Dieu. Il est entendu que les organisateurs souhaitent surtout voir illustrer le Dieu des chrétiens puisqu'il est un organisme catholique reconnu.

Cependant, puisque Arts et Patrimoine veut être en dialogue avec l'actuelle culture canadienne, il accepte aussi tous les « visages de Dieu » (Dieu mythique, Dieu créateur et sa création, etc.). Les artistes ne seront pas jugés sur le thème, mais sur divers critères, dont l'originalité.

Critères
Les peintures seront jugées sur les points suivants : 70 % pour l'originalité, 20 % pour l'appréciation technique et 10 % pour l'utilisation du médium. La dimension des toiles se situera entre 11"14 et 16"20. Les œuvres ne devront pas être signées et encadrées.

Le jury est formé des peintres Anna Laberge et Michèle Krämer, présidente du Conseil de Boréart. Les prix à gagner, totalisant 275 $, seront remis par le Complexe funéraire LeSieur et le Studio Robillard.

Toutes les pièces de ces catégories seront exposées dans le cadre du Jubilé des artistes. Chaque visiteur sera invité à participer au prix du public. La finale aura lieu le 27 février, à 19 h.

Écriture
Enfin, le concours d'écriture, dont le gagnant sera couronné le 21 février, à 19 h, est ouvert à tous les styles : poèmes, nouvelles, contes, commentaires, prières, etc.

Les critères du jury formé de Gérald Ouellette et Luce Bérard sont simples : 70 % pour l'originalité et 30 % pour la qualité du français. Les textes auront une demi-page à trois pages et ne seront pas signés. Un prix de 50 $ sera remis par le député Bernard Brodeur. De leur côté, les élèves du secondaire auront leurs propres critères, prix et jury.

Le public a jusqu'au 17 février, à midi, pour s'inscrire. Il est possible d'obtenir des renseignements supplémentaires au 375-5111 ou en consultant le site Internet du Jubilé des artistes à l'adresse : http://foietculture.cathoweb.org/ap/ja


(Le Plus de La Voix de l'Est, 29 janvier 2000, p. 9)

3 septembre 2026


À Sainte-Julienne, dans la région de Lanaudière, le 3 septembre 2026

AUJOURD'HUI


POLITIQUE : Quel est le coût réel des dépenses dans les infrastructures ?

Quel est le coût réel des dépenses dans les infrastructures ?

Par Benoit Voyer

3 septembre 2026

Dans son Plan québécois des infrastructures (PQI) 2025-2035, le gouvernement du Québec prévoit des investissements qui totalisent 164 G$ sur une décennie. Cette somme regroupe les projets en cours, planifiés ou à venir.

Une particularité de ce plan est que ces investissements ne concernent pas seulement la construction de nouvelles infrastructures. Une part des sommes annoncées est consacrée au maintien des actifs existants, comme l'entretien, la réparation et la mise à niveau d'un vaste patrimoine collectif composé de routes, d'écoles, d'hôpitaux, de ponts et de bâtiments publics.

Il y a lieu de s’interroger : au-delà des sommes annoncées, l'État québécois connaît-il réellement le coût de ses projets, les raisons des écarts entre les prévisions et les résultats, ainsi que les moyens d'améliorer ses pratiques de gestion?

L’entrepreneur Martin Charron de Brownsburg-Chatham se demande si le gouvernement québécois a des outils efficaces pour bien mesurer, bien comparer et bien utiliser les fonds publics.

Le fondateur d’Osons Québec, un nouveau mouvement politique québécois qui sera bientôt reconnu par le Directeur général des élections du Québec, écrit : « La vraie question n’est pas seulement : est-ce qu’on investit assez ? La vraie question devrait être : est-ce qu’on sait exactement ce que ça coûte, pourquoi ça coûte ce prix-là, et où l’argent se perd ? »

Pour Martin Charron, le Québec devrait adopter une approche davantage inspirée de la gestion industrielle, notamment par l'utilisation d'une véritable comptabilité de coût de revient appliquée aux projets publics. Il propose la création d'une base de données publique permettant de comparer les coûts réels de différents projets : kilomètres de routes, mètres carrés d'écoles, lits d'hôpitaux, ponts ou bâtiments administratifs.

L'objectif serait de répondre à une question fondamentale : pourquoi deux projets semblables peuvent-ils présenter des écarts importants de coûts?

La proposition de cet homme d’affaires qui espère pouvoir se présenter dans la circonscription d’Argenteuil, le 5 octobre, rejoint les travaux de plusieurs chercheurs spécialisés dans la gestion des grands projets publics.

Le chercheur Bent Flyvbjerg, professeur à l'Université d'Oxford et spécialiste reconnu des infrastructures, a démontré que les grands projets souffrent fréquemment d'un biais d'optimisme : les coûts initiaux sont souvent sous-estimés alors que les risques et les difficultés sont minimisés.

Selon ses travaux, les dépassements de coûts et les retards ne sont pas simplement des accidents imprévus. Ils peuvent être liés à des problèmes récurrents dans la planification, l'évaluation des risques et la prise de décision.

Pour répondre à cette problématique, Bent Flyvbjerg a notamment contribué à développer l'approche du « reference class forecasting ». Cette méthode consiste à comparer un nouveau projet avec une catégorie de projets semblables déjà réalisés afin d'obtenir une prévision plus réaliste des coûts et des délais.

Cette approche rejoint directement la proposition de Martin Charron, qui souhaite que l'État québécois développe une véritable mémoire de ses projets : combien ils devaient coûter, combien ils ont réellement coûté, quels risques avaient été sous-estimés et quels facteurs expliquent les écarts.

Une étude de Jung Eun Park publiée en 2021 dans l’European Journal of Transport and Infrastructure Research a notamment analysé l'utilisation du reference class forecasting dans les projets d'infrastructures et a examiné son potentiel pour réduire les écarts entre les prévisions et les coûts réels.

Comme cela est indiqué dans le manifeste d’Osons Québec, Martin Charron propose également une comparaison systématique des projets : une route contre une autre, une école contre une autre, une région contre une autre, ou encore le Québec par rapport à d'autres administrations lorsque les comparaisons sont pertinentes.

À ses yeux, un État moderne ne devrait pas seulement annoncer le coût global d'un projet. Il devrait également être capable d'expliquer précisément la composition de cette facture : « Un projet public ne devrait pas être évalué seulement sur son prix de construction, mais sur son coût réel sur 30 ans. »

Cette approche rejoint une tendance internationale en gestion publique : évaluer les investissements non seulement selon leur coût initial, mais selon leur valeur à long terme pour les citoyens.

Martin Charron reconnaît toutefois que tous les dépassements de coûts ne résultent pas nécessairement d'une mauvaise gestion. Les projets publics doivent composer avec des facteurs réels : pénurie de main-d'œuvre, hausse des matériaux, contraintes environnementales, normes de construction, complexité technique et difficultés d'approvisionnement.

Justement, une meilleure connaissance des coûts permettrait de distinguer ce qui relève de contraintes inévitables de ce qui découle d'inefficacités pouvant être corrigées.

« Le Québec n’a pas seulement besoin de plus d’argent en infrastructures. Il a besoin d’une comptabilité industrielle de ses infrastructures », insiste-t-il.

DENISE BOMBARDIER - Pensée


RÉFLEXION SPIRITUELLE : J’ai confiance : « Sur! ta Parole… »

J’ai confiance : « Sur! ta Parole… »

Par Benoit Voyer

3 septembre 2026

Sur le bord du lac de Génésareth, Jésus monte dans la barque de Simon, celui à qui Jésus a donné le nom de Pierre, s'assoit et enseigne les gens venus l’entendre. Puis, contre toute logique, il se tourne vers lui et lui demande d’aller sur les eaux du lac : « Avance au large, et jette tes filets à l’eau ».

Pierre connaît son métier. Il sait qu'une nuit entière de travail n'a rien donné. Humainement, la demande de Jésus lui paraît inutile. Pourtant, il répond : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »

« Sur ta parole… » Ces petits mots de Pierre montrent la confiance qu’il porte à Jésus. Ainsi en est-il de la vie chrétienne. La foi ne consiste pas à tout comprendre, mais à faire confiance. Elle invite à repartir, même après les échecs, les déceptions et les nuits où rien ne semble porter du fruit.

Lorsque Pierre écoute Jésus avec une confiance sincère, la pêche devient surabondante. Mais le véritable miracle n'est pas celui des poissons. C’est plutôt celui qui se produit dans son cœur. Devant la présence de Jésus, il découvre sa propre pauvreté : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » Et Jésus lui répond par un appel : « Sois sans crainte ; désormais, ce sont des humains que tu prendras. »

La rencontre avec Jésus ne nous humilie jamais. Elle nous révèle à nous-mêmes pour nous envoyer plus loin.

Un jour, Pauline Roy, une femme de Sainte-Cécile-de-Milton qui a longtemps cheminé dans les groupes du renouveau charismatique initiés par le père Jean-Paul Regimbal, notamment lors des « soirées de prière » du lundi soir qui ont eu lieu pendant plus de 25 ans, chez les Trinitaires, à Granby, en Montérégie, me racontait qu'un jour Dieu a complètement renouvelé sa vie intérieure : « Dieu m'a fait goûter son amour. L'eucharistie, la prière et la Parole de Dieu n'avaient plus la même saveur pour moi. »[1]

N'est-ce pas exactement ce qui est arrivé à Pierre ? Les poissons sont les mêmes, le lac est le même, la barque est la même. Pourtant, après sa rencontre avec Jésus, plus rien n'a la même saveur. La réalité extérieure n'a presque pas changé, mais son cœur, lui, est devenu nouveau.

En parlant des soirées charismatiques, Pauline Roy me disait : Tu sais, « c'est mieux qu'un remède... ça m'aide à embellir ma vie. C'est ma nourriture. Quand je n'y vais pas, il y a un vide en moi. »

Voilà ce qui arrive quand on rencontre Jésus : on ne peut plus vivre comme avant. La prière cesse d'être un devoir. L'eucharistie n'est plus une simple habitude. La Parole de Dieu devient une nourriture. Ce qui semblait ordinaire devient essentiel.

Pauline parlait du père Jean-Paul Regimbal avec des mots d'une grande simplicité : « Ce qui m'a frappée chez lui, c'est sa simplicité. Il avait un véritable cœur d'enfant. Je suis sûre qu'il aide encore les gens au ciel. C'est un saint, j'en suis certaine. »

Jésus n'appelle pas des héros. Il choisit des hommes capables de se laisser transformer. La sainteté commence toujours par un cœur qui accepte de faire confiance, un cœur qui ose avancer au large malgré ses peurs.

Jésus nous demande, aujourd'hui, de jeter une nouvelle fois nos filets. Peut-être avons-nous l'impression d'avoir déjà tout essayé. Peut-être traversons-nous une nuit où rien ne semble porter du fruit. Il nous invite simplement à répondre comme Pierre : « Sur ta parole... » Le reste appartient à Dieu.

____________________

[1] Benoit Voyer, « C'est mieux qu'un remède… Pauline Roy chemine avec le Renouveau charismatique depuis 21 ans… », Le Plus de La Voix de l'Est, 22 septembre 1996, p. 18.

MA FOI DU BON DIEU : Le Sanctuaire de la Réparation


Ce mercredi 2 septembre 2026, j'ai participé à la messe de 19 h 30 au Sanctuaire de la Réparation, à Montréal.

SAINTS ET SAINTES : La bienheureuse Dina Bélanger

La bienheureuse Dina Bélanger

Par Benoit Voyer

3 septembre 2026

Il y a maintenant quelques années que je m’intéresse à Dina Bélanger. En premier lieu, parce qu’il s’agit d’une lointaine petite cousine de sang [1]. Mon arrière-arrière-grand-mère du côté des Voyer s’appelle Joséphine Bélanger (1838-1878). Dans la ligne de ma grand-mère Alice Chenard, figure Timothée Bélanger (1833-1920), mon arrière-arrière-grand-père. Plus loin dans mon arbre, la mère de René Voyer, celui qu’on a longtemps appelé Étienne à cause d’une calligraphie difficile à lire dans les registres, s’appelle Marie Bellanger (née en 1676). Il s’agit de ma sixième arrière-grand-mère. C’est la mère du premier Voyer de sa lignée en Amérique. Je suis donc un descendant de la famille Bélanger tout comme Dina.

Cependant, plus je m’intéresse à elle, notamment en lisant à son sujet ou ce qu’elle a écrit et en visitant des lieux où elle a vécu, elle est devenue une personne proche de mon quotidien.

Son histoire est simple, comme celle de bien des francophones d’Amérique.

Il était une fois
Dina Bélanger est la fille d’Octave Bélanger (1871-1952) et Séraphia Matte (1870-1951). Elle est née le 30 avril 1897, « à 9 heures moins dix minutes le matin »[2], au 168, rue Notre-Dame-des-Anges, à Québec. Elle est de la même génération que mes grands-parents.

Elle a été baptisée le même jour, en après-midi [3], dans la belle église catholique Saint-Roch, à Québec [4]. On lui a donné les prénoms de Marie, Marguerite, Adelaïde et Dina. On inscrit au registre paroissial [5] que son père est « tireur de livres ». Son parrain est Olivier Bélanger, son grand-père, et sa marraine est Adelaïde Bélanger, sa tante. Le célébrant est l’abbé L.P. Côté.

Ses parents sont des gens à l’aise, au-dessus de la moyenne de la population de leur époque. Ce sont des gens appréciés dans leur entourage. Ils s’impliquent dans leur communauté en aidant les gens du mieux qu’ils peuvent. Octave est comptable. Il est reconnu pour sa droiture et ses valeurs religieuses. Séraphia a la réputation d’une sainte femme. D’ailleurs, un jour, lorsqu’il entend qu’on songeait à béatifier Dina, Adjutor Faucher, curé à Notre-Dame-de-la-Jacques-Cartier, dira : « On devrait d’abord béatifier la mère ». Cela en dit long.

Au sujet de sa naissance à la veille du mois de mai, qu’on disait à cette époque être le « mois de Marie », Dina écrira : « Le bon Dieu, à l’aube de ma vie, m’a enveloppée, il me semble, d’un manteau protecteur de la Vierge bénie; mes yeux virent la lumière le jour de l’ouverture du mois de Marie, un vendredi, et ce soir-là même, la grâce du saint baptême chassait le démon de mon âme pour y laisser régner en maître l’Esprit divin »[6]. Toute sa vie, elle aura une grande dévotion à la mère de Jésus. Le « mois de Marie » était important pour elle.

Enfance
De 1899 à 1906, Séraphia, Octave et Dina Bélanger habitent le 311 ½, rue Saint-Joseph [7], près de la rue Dorchester. Ce lieu est disparu. Il a fait place au Théâtre de la Bordée. C’est ce que confirme le recensement de 1901. D’ailleurs, cette année-là est érigée la paroisse Notre-Dame-de-la-Jacques-Cartier d’un détachement de Saint-Roch [8].

Par la suite, de 1906 à 1927, ils habitent le 429, rue du Roi (devenu le numéro 129)[9], un autre lieu disparu.

Le 2 mai 1907, Dina fait sa première communion dans l’église Notre-Dame-de-la-Jacques-Cartier, à Québec.[10]

Dans son livre « Sur les traces de Dina », Ghislaine Boucher décrit ainsi le caractère de Dina Bélanger : « D’une nature très droite, d’un caractère timide, extrêmement sensible, ordonnée en tout, tenace, opiniâtre même, Dina montre dès ses premières années une extraordinaire constance dans la recherche de Dieu. De son père, elle tient le goût de l’ordre, de l’exactitude mathématique, de la mise au point. Elle décrira sa vie intérieure avec une précision qui ne laisse rien à désirer. De sa mère, elle a la tendre piété, la modestie, la discrétion et une abnégation toute chrétienne »[11].

On pourrait aussi ajouter qu’elle a une belle imagination. On le voit dans sa piété et son récit autobiographique où elle écrit ses dialogues intérieurs avec Jésus. C’est aussi une grande artiste.

Dina fait l’admiration de ses parents. Octave, son père, lui voue une affection particulière. Il est très présent auprès d’elle, beaucoup plus que la moyenne des pères de son époque. Elle écrira dans ses mémoires : « Quelle joie lorsque mon père rentrait à la maison, le soir! Il ne pouvait que très rarement venir le midi. Il me prenait dans ses bras, m’embrassait, me caressait, parfois longtemps, après le souper, alors qu’il devait être fatigué. J’étais son adoration. Il passait des heures à jouer avec moi, à répondre à mes innombrables questions. Son bonheur était de me fournir quelque surprise agréable : une promenade, un objet quelconque, chapelet, statuette, jouet, bijou. À propos de ce dernier mot, les premiers bijoux dont je me souviens sont un petit cœur en or et une petite croix »[12].

Petite fille, on lui apprend à chanter : « P’tit Jésus Bonjour! Mes délices, Mes délices […] J’ai rêvé cette nuit que j’étais au paradis; mais c’était un songe, un si beau mensonge que mon âme est attristée ». Cette chanson, tirée des cahiers de la Bonne chanson, a connu un certain succès grâce à son interprétation sur disque par Arthur Lapierre.

En se souvenant de cette chansonnette, Dina écrit dans son autobiographie : « Ce beau songe au paradis, cette image tant évoquée peut-elle être une des causes de la nostalgie du ciel qui m’a poursuivie toute ma vie? Nostalgie douce parce qu’elle est un des fruits de l’amour, mais aussi nostalgie cruelle comme un martyre parce qu’elle est le tourment de l’exil. Et je puis dire : « Mon Dieu, je m’ennuie et me suis toujours ennuyée loin de vous, ici-bas »[13]. « P’tit Jésus bonjour! Mes délices et mes amours… »

Adolescence
À l’école, Dina Bélanger est une élève modèle. De 6 à 12 ans, elle fait son primaire à l’école Saint-Roch, à Québec. À partir de 8 ans, elle commence l’étude du piano. De 12 à 14 ans, son secondaire se fait au couvent Jacques-Cartier, dans sa paroisse.

À 14 ans, Dina Bélanger devient étudiante au Collège de Bellevue. L’établissement est tenu par la Congrégation de Notre-Dame fondée par sainte Marguerite Bourgeoys.

En octobre 1911, elle consacre sa virginité au bon Dieu. Elle écrira à ce sujet : « Je fis une offrande à Notre Seigneur : Je lui consacrai entièrement et pour toujours ma virginité; et j’ajoutai : en autant que cette promesse pouvait lui être agréable. […] Cet acte me désaltérait un peu de l’ardente soif que j’éprouvais de me livrer à son amour ».[14]

La vie au couvent n’est pas facile pour Dina. Elle a ses habitudes d’enfant unique et d’avoir sa chambre bien à elle. Sœur Mathilde, son professeur, racontera que « sa mère tenait à la mettre pensionnaire pour la mettre en contact avec les jeunes filles de son âge. Pour la former à la vie commune, on lui confia des initiatives l’obligeant à prendre part aux récréations, aux divertissements. Il lui fallut du renoncement pour se plier à cela, car son tempérament était plutôt méditatif ». Dina a tenu bon malgré les embûches…

En 1913, à l’âge de 16 ans, Dina Bélanger vient à peine de sortir du couvent qu’elle se dresse un programme de « respiration spirituelle ». Cela étonne à un âge où on songe habituellement à des activités frivoles. Son plan consiste à la prière du matin et du soir, la participation quotidienne à la messe, le chapelet, au moins dix minutes de méditation et un examen de conscience matin et soir. Décidée, elle tiendra ferme à ce programme, mais en demeurant discrète sur sa pratique de l’ascèse chrétienne.

New York
De 16 à 19 ans, elle s’investit à fond dans l’étude du piano. En six mois, elle parcourt toutes les étapes et obtient le diplôme de « classe supérieure ». Puis elle passe au niveau « lauréat » et, finalement, atteint le degré « professeur ou enseignement ».

Dans son récit autobiographique, Dina Bélanger ne parle pas de ses professeurs de musique. Malgré tout, on sait qu’elle a suivi les cours d’Arthur Bernier, organiste à Notre-Dame-de-la-Jacques-Cartier, à Québec, de 1914 à 1917. Suivra ceux de Bernadette Létourneau, qui deviendra d’ailleurs son amie intime et religieuse de Jésus-Marie.

Dans ses mémoires, Dina écrit : « Vers la fin de l’année 1915, la question de me faire étudier le piano dans un conservatoire, à l’étranger, commença à devenir sérieuse. New York était la ville désignée, et la maison des Dames de Jésus-Marie, « Our Lady of Peace », la pension idéale. Mes bons parents hésitèrent longtemps. Leur sollicitude s’alarmait. Ils examinèrent avantages et dangers. Mgr [Omer Cloutier] les conseillait fortement. De plus, j’aurais deux compagnes québécoises et je serais confiée à la surveillance de religieuses dévouées. En février, mon père et ma mère me donnèrent leur consentement et me promirent le généreux cadeau de deux années d’étude; les cours duraient près de huit mois, chaque année ».[15]

Au conservatoire, elle est une très bonne élève, même si elle dit le contraire. Dans son autobiographie, elle se plaint de son « jeu sec, nerveux et froid », de ses problèmes de mémoire qui arrivent parfois, de son inaptitude à l’enseignement… Elle est très critique envers elle-même. Peut-être un peu trop. Durant ses années à New York, elle remporte plusieurs prix et est ovationnée par le public.

En octobre 1916, Dina Bélanger passe la frontière canado-américaine, à St. Albans, au Vermont, en compagnie de Bernadette Létourneau. Elles sont en direction de New York pour une deuxième année au Conservatoire. D’ailleurs, depuis le début de leurs études, elles cohabitent dans la même chambre.

Dina est très attachée à ses parents. À New York, où elle passe 470 jours en tout, elle écrira à ses parents 280 lettres, ce qui en fait une à tous les deux jours.[16]

Dans son récit, Ghislaine Boucher [17] écrit : « Lettres très affectueuses, débordantes d’entrain, d’enthousiasme, de gaieté, d’optimisme… Le souci de précision, toutefois, étonne le lecteur. En 1916-1918, Dina était une vraie jeune fille, pleine de vie, et elle tenait à ne paraître que cela. Si ces lettres ne rendent pas le même son que l’autobiographie, il n’y a cependant aucune contradiction entre les deux documents. Les amies new-yorkaises, en attente toutes deux de la vie religieuse, n’en parlaient point entre elles; elles se laissaient aller sans contrainte à cette joie exubérante que la paix d’une bonne conscience procure aux cœurs de vingt ans. Dans ses lettres, Dina prend le ton d’aimable badinage en écrivant à ses parents pour les rassurer, les réjouir et les consoler d’une longue séparation. Aucune plainte, aucune critique dans ces lettres qui ne contiennent pas l’ombre d’une malice ou d’une médisance. Une joyeuse Dina étudiant avec enthousiasme, tel est le portrait tracé dans sa correspondance à ses parents ».

C’est un peu ce que Dina confirme dans son autobiographie en écrivant « J’étais en plein milieu de jouissances artistiques. Il fallait parler anglais, écouter, comprendre, étudier en anglais! C’était amusant, surtout au début. Heureusement que les pianos possèdent la même sonorité dans les différents pays »[18].

Même si elle ne se sent pas à la hauteur pour l’interprétation musicale, elle excelle en « harmonie », une discipline difficile. Elle écrit à ce sujet : « J’avais commencé l’étude de l’harmonie encore à Québec. Dès la première leçon, je sentis un attrait spécial pour cette branche de la musique. Dans la suite, par tendance, j’aurais négligé le piano pour enchaîner les accords »[19]. Ayant hérité de «l’esprit mathématique » de son père, elle retrouvait dans cette discipline quelque chose de plus cartésien et logique.

À son retour à Québec, Dina donnera quelques concerts, la plupart au profit d’œuvres de charité.

Dina Bélanger, la musicienne, a composé deux pièces mémorables, dont « Rêverie sur le Saguenay » et « Les cloches de l’abbaye ».

Religieuse
Le 1er juin 1921, le recensement indique que Dina et ses parents habitent toujours le 429, rue du Roi, à Québec.[20]

Le jeudi 11 août 1921, Dina fait son entrée au Noviciat de Jésus-Marie à Sillery. Le 15 février 1922, Dina revêt l'habit religieux et reçoit le nom de Marie Sainte-Cécile de Rome. Le 15 août 1923, Dina fait sa profession temporaire dans la congrégation de Jésus-Marie.

Rapidement, on envoie sœur Marie Cécile de Rome au Collège de Saint-Michel de Bellechasse afin de remplacer une religieuse. En septembre et octobre 1923, elle enseigne la musique.[21]

Durant la deuxième semaine d’octobre 1923, elle contracte la scarlatine en soignant une élève. Elle passera quelques mois à l’infirmerie des religieuses, à Sillery. Durant ces mois, elle développe sa vie spirituelle.

De janvier à avril 1924, Dina retourne enseigner à Saint-Michel de Bellechasse [22]. Le 2 avril, elle retourne à l’infirmerie, à Sillery. La scarlatine s’est transformée en tuberculose.

Du 24 mars au 30 juin 1924, à la demande de sa supérieure, elle écrit le parcours de sa vie. Ghislaine Boucher raconte : « La supérieure recueillait un à un les cahiers de Dina. Elle les prenait en remerciant, les mettait dans un tiroir de son bureau sans les lire. Et Dina continuait; elle continuera à noter par la suite, au jour le jour, […] jusqu’à sa mort en 1929 »[23].

En juillet 1926, elle fera son dernier séjour à Saint-Michel de Bellechasse.[24]

En 1927, afin de se rapprocher du couvent Jésus-Marie, où demeure leur fille unique, ses parents achètent une maison au 1376, avenue des Grands-Pins, à Sillery [25].

Atteinte de tuberculose, le 4 septembre 1929, Dina meurt à l'infirmerie des religieuses de Jésus-Marie, à Sillery. Elle a 32 ans.

Le 7 septembre 1929, Dina est inhumée dans le cimetière des religieuses de Jésus-Marie, à Sillery.

Et après…
Ses parents continueront d’habiter le secteur jusqu’en 1945. Par la suite, jusqu’à leur mort, ils logeront au 1240, avenue Maguire [26].

De nos jours, Dina repose dans la chapelle des Religieuses Jésus-Marie, 2049, chemin Saint-Louis, à Québec.[27] Octave Bélanger et Séraphia Matte, ses parents, sont inhumés dans le lot "B 25 St-Joseph" du Cimetière Saint-Charles, à Québec, section du Cimetière Saint-Vallier.[28]

Dina Bélanger a été élevée au rang de bienheureuse par le pape Jean-Paul II le 20 mars 1993, devenant ainsi la première « Sainte » née à Québec, berceau de la civilisation chrétienne et française en Amérique.

Le 4 septembre de chaque année, l’Église catholique du Canada commémore sa mémoire.
____________________

[1] Benoit Voyer. Je suis un lointain parent de la bienheureuse Dina Bélanger, 4 septembre 2023 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2023/09/je-suis-un-lointain-parent-de-la.html
[2] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.5
[3] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.6
[4] Benoit Voyer. Sur les pas de la bienheureuse Dina Bélanger, 30 mai 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/sur-les-pas-de-la-bienheureuse-dina.html
[5] Cf. Registres d’état civil et registres paroissiaux (Collection Drouin), Québec, Canada, 1621 à 1968 pour Marie Marguerite Dina Adelinde Belanger https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1091/images/d13p_1699a1282?pId=636682
[6] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.7
[7] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.7
[8] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.10
[9] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.7
[10] Benoit Voyer. Sur les pas de la bienheureuse Dina Bélanger, 30 mai 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/sur-les-pas-de-la-bienheureuse-dina.html
[11] Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, pp.8-9
[12] Cité dans: Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.12
[13] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.14
[14] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.15
[15] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, pp. 31-32
[16] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.35
[17] Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.35
[18] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.35
[19] Cité dans : Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.37
[20] Benoit Voyer. Sur les pas de la bienheureuse Dina Bélanger, 30 mai 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/sur-les-pas-de-la-bienheureuse-dina.html
[21] Cf. Sanctuaire Dina Bélanger à Saint-Michel-de-Bellechasse , 9 juillet 2017 https://dinabelangerfr.blogspot.com/2017/07/sanctuaire-dina-belanger-saint-michel.html
[22] Cf. Sanctuaire Dina Bélanger à Saint-Michel-de-Bellechasse , 9 juillet 2017 https://dinabelangerfr.blogspot.com/2017/07/sanctuaire-dina-belanger-saint-michel.html
[23] Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.56
[24] Cf. Sanctuaire Dina Bélanger à Saint-Michel-de-Bellechasse , 9 juillet 2017 https://dinabelangerfr.blogspot.com/2017/07/sanctuaire-dina-belanger-saint-michel.html
[25] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.8
[26] Cf. Ghislaine Boucher. « Sur les traces de Dina », Centre Dina-Bélanger, 2002, p.8
[27] Benoit Voyer. La bienheureuse Dina Bélanger, 15 mai 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/la-bienheureuse-dina-belanger.html
[28] Benoit Voyer. Les parents de la bienheureuse Dina Bélanger, 24 juillet 2025 https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/07/les-parents-de-la-bienheureuse-dina.html

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Du nouveau chez les Trinitaires

Du nouveau chez les Trinitaires

GRANBY – Pour l’an 2000, année de la Trinité, le monastère des Trinitaires de Granby se lance dans la publicité dans le but de faire connaître ses services à titre de maison de ressourcement spirituel catholique.

Ainsi, la congrégation a fait imprimer pas moins de 25 000 dépliants couleurs « avec un look nouveau », explique le père Armand Gagné, supérieur des Trinitaires de Granby, de passage au Plus cette semaine pour annoncer la programmation 1999-2000 des Trinitaires.

« On fait ça pour rappeler aux gens qu’on existe, qu’on est là et qu’on s’adapte aux nouvelles réalités », dit-il.

Ainsi, désirant poursuivre sa mission « au service de la libération et de la paix dans les cœurs », le monastère des Trinitaires a mis sur pied cette année une foule de nouveautés et d’activités à surveiller.

Les désormais célèbres retraites spirituelles demeurent au programme, mais viseront une clientèle plus ciblée, notamment les couples, les gens d’affaires, etc. Des soirées de prière, avec invités spéciaux (Raymond Beaugrand-Champagne, de Radio Ville-Marie; Jean-Guy Dubuc, prêtre et ancien éditeur de La Voix de l’Est, etc.), sont également prévues en 1999-2000.

Il en va de même pour les journées des aînés, où on attend cet automne la visite de la lieutenant-gouverneure Lise Thibault. Les jeunes ne sont pas en reste puisqu’ils auront aussi des retraites spirituelles bien à eux.

Parmi les autres événements spéciaux à surveiller : le « Bye Bye du millénaire », « où on veut que les gens passent minuit le 31 décembre 1999 avec Dieu », dit le père Armand Gagné, et une retraite pour tous en avril, en compagnie de Mgr François Lapierre, évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe.

Les gens intéressés à obtenir de plus amples informations au sujet de la programmation des Trinitaires peuvent communiquer avec la congrégation au 372-5125.

(Le Plus de la Voix de l'Est, 3 juillet 1999, p. 2)

2 septembre 2026


À Sainte-Julienne, dans la région de Lanaudière, le 2 septembre 2026

AUJOURD'HUI


POLITIQUE : Être un artisan de changements

Être un artisan de changements

Par Benoit Voyer

2 septembre  2026

En septembre 2009, en citoyen et observateur de la politique québécoise et canadienne, dans Le Devoir [1], je faisais le constat que dans ce pays on a besoin d’un projet politique qui fera espérer en des jours meilleurs. Cela m’apparaissait, et m’apparait toujours, le seul moyen pour contrer le cynisme actuel envers le système démocratique.

J’écrivais : « Pour intéresser les gens à la politique, il faut surtout créer un rêve collectif. Proposons un grand débat collectif sur le Canada et le Québec que les générations de moins de 45 ans veulent pour l'avenir et nous aurons des surprises. Ils nous parleront probablement de l'élimination des dettes collectives, d'environnement, de la transformation de l'armée en police de nos frontières (surtout celles du Nord), de diminution du fardeau fiscal et d'une réforme des institutions démocratiques du pays, voire de l'abolition du Sénat et du modèle canadien tel que nous le connaissons actuellement. Aussi, ils nous parleront de la possible accessibilité à la souveraineté de chaque province canadienne regroupée, par la suite, autour d'un Conseil de la fédération avec une présidence par alternance. Les Canadiens rêvent d'un nouveau Canada » et d’un nouveau Québec. C’était où j’en étais, il y a une quinzaine d’années.

Ma vision des choses a changé un peu au fil des ans, mais pas tant que ça !

Je demeure convaincu que pour qu’il y ait de véritables changements dans notre société, il faut un choc des valeurs. C’est un peu ce que me disait le journaliste Paul-André Comeau, en 2001 : « Pour traiter notre relativisme, il faut provoquer nos valeurs avec d’autres valeurs »[2]. Mais quelles valeurs ?

Il m’apparait que le socialisme, le multiculturalisme, le communisme, le wokisme et les 1001 nouvelles théories philosophiques au goût du jour sont dépassées. Le passé est dorénavant à gauche. L’avenir est à droite. La société doit revenir à des valeurs plus conservatrices. Je ne parle pas ici d’extrémisme, mais d’un retour au réalisme des choses, loin des utopies, à l’équilibre dans la balance et à l’essentiel. En fait, ce qu’il faut, c’est un retour aux valeurs du cœur, une sorte de révolution spirituelle. Jean-Paul Regimbal [3], à la suite du saint pape Jean-Paul II, parlait d’une « révolution de l’amour » qui mènerait à une nouvelle « civilisation de l’amour ». Qu’importe le terme ou l'expression. L’important est qu’il faut au Québec et au Canada un important changement de paradigme, sinon on s'en va directement dans un mur.

Pour que les choses changent, il faut être patients et persévérants. Pour reprendre ce que Claude Ryan me disait en 1999 : « Je crois […] à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. C'est long, je sais. [Mais] cela permet de travailler longtemps sans s'impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. »[4]

Je veux être un artisan de vrais changements pour notre société. J’aimerais vous savoir du nombre. Ensemble nous pouvons redonner à notre société et aux enfants de demain un peu d’espoir et des jours meilleurs. Ils n’ont pas à porter le poids des mauvais choix de nos actuels décideurs. Ils méritent beaucoup mieux.

____________________

[1] Benoit Voyer. « Comment intéresser les gens à la politique ? », Le Devoir, 1ᵉʳ septembre 2009, www.ledevoir.com/opinion/lettres/265342/comment-interesser-les-gens-a-la-politique
[2] Benoit Voyer. « Les Témoins de l’essentiel », 2005, p. 74.
[3] Jean-Paul Regimbal. La Révolution de l’amour, Éditions internationales Alain Stanke, 1981.
[4] Benoit Voyer. « Lettre : Encore vivant… », Le Devoir, 10 février 2004 www.ledevoir.com/opinion/idees/47210/lettre-encore-vivant

FRÉDÉRIC JANSSOONE : Pensée


RÉFLEXION SPIRITUELLE : Les « démons » de l'Évangile : une question de contexte

Les « démons » de l'Évangile : une question de contexte

Par Benoit Voyer

2 septembre 2026

Il y dans les écrits bibliques des mots et des visions du monde qu’il faut remettre en contexte. Hier on ne voyait pas les choses comme aujourd’hui. Le développement des sciences nous oblige à le faire.

En exemple, dans les textes au style littéraire évangélique, on utilise les mots « esprit impur » ou « démon » pour désigner la maladie. Ici on insinue cet esprit parce que Jésus dialogue avec lui : « Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait. » (Lc 4,39).

En hébreu, on parle de « souffle impur ». L’expression est tirée du culte juif et n’a rien à voir avec la morale. À ce sujet, le bibliste André Myre écrivait : « Le prêtre est chargé de protéger la société de ce qui pourrait menacer sa santé. Il va donc lui indiquer les réalités dont elle doit se garder : moisissures ou champignons toxiques sur les murs des maisons, malades dont les symptômes sont contagieux, animaux dont il faut éviter de consommer la chair, etc. Tout cela est « impur » au sens de menaçant, nocif, malsain, antisocial. Le grec a choisi de rendre l’expression « souffle impur » par daimôn, un mot désignant une puissance dangereuse pour les humains; de lui vient, évidemment, notre mot « démon ». Pour ma part, j’ai choisi de traduire l’hébreu par « souffle malfaisant ». Les scribes, auteurs des évangiles et des traditions qui s’y trouvent, utilisent l’un ou l’autre terme sans différence de sens. »[1]

Il ne faut toutefois pas perdre de vue le cœur du récit. Au-delà du vocabulaire propre à son époque, l’évangéliste veut montrer que Jésus est celui qui redonne la vie. La belle-mère de Simon est couchée, incapable d’agir. Dès qu’elle est libérée de sa fièvre, elle se lève et se met au service des autres. Chez Luc, ce détail est loin d’être anodin. La guérison n’est jamais une fin en soi; elle conduit à une vie renouvelée où la personne retrouve sa capacité d’aimer, de servir et de prendre sa place au sein de la communauté.

La scène suivante va dans le même sens. Jésus accueille tous les malades que l’on amène à lui et prend le temps d’imposer les mains à chacun. Personne n’est anonyme à ses yeux. Puis, au lever du jour, il se retire dans un lieu désert pour prier avant de reprendre sa route. Malgré le succès rencontré à Capharnaüm, il refuse de s’y installer. Sa mission est plus vaste : annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu à tous. Les guérisons racontées par Luc ne sont donc pas seulement des récits de miracles; elles sont les signes d’un monde nouveau où Dieu relève l’être humain et l’envoie vivre pour les autres.

____________________

[1] André Myre, Les démons, ancêtres des virus et des microbes, InterBible, 25 mars 2019. https://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2019/comprendre_20190325.html

MA FOI DU BON DIEU : Adoration de Saint-Sacrement à la cathédrale de Joliette

 

Temps de prière devant le Saint-Sacrement à la cathédrale de Joliette chaque mercredi et vendredi de 10 h à 16 h et tous les soirs de 16 h à 21 h. J'y ai fait un arrêt hier.

SAINTS ET SAINTES : Le bienheureux André Grasset

Le bienheureux André Grasset

Par Benoit Voyer

2 septembre 2026

Le 3 avril 1758, sur la Place du Marché à Montréal, devenue la Place Royale, naît André Grasset. Il est le deuxième de cinq enfants.

Son père, qui porte aussi le prénom d’André, est originaire de Montpellier, en France. Il deviendra secrétaire général des Colonies et s’installera à Montréal en 1749. Il épousera Marie-Josephte Quesnel-Fonblanche, la future mère du petit André.

Ils déménageront tout près de la chapelle du Bon Secours.

Le 10 février 1763, après la signature du traité de Paris, son père vend sa propriété et repart en France avec toute sa famille. André a six ans.

De retour en France, son père l’inscrit au collège Sainte-Barbe à Paris où il termine ses études classiques avant de s’orienter vers le sacerdoce. L’archevêque de Sens remarque ses qualités et sa grande piété. Il le nomme chanoine de sa cathédrale. Deux ans plus tard, en 1783, il est ordonné prêtre.

En 1789, au moment où éclate la Révolution française, André a 31 ans.

En 1790, l’Assemblée nationale constituante supprime les chapitres des cathédrales et, en 1791, demande à tous les membres du clergé de souscrire à la « Constitution civile du clergé ».

André se réfugie chez les Pères Eudistes de Paris, dans leur maison des Tourettes. C’est là qu’il est saisi, en août 1792, pour être conduit prisonnier au couvent des Carmes, l’actuel Institut catholique de Paris.

Le 2 septembre 1792, au cours d’un simulacre de procès, chacun des 92 prêtres et des 3 évêques prisonniers des Carmes doit répondre à la question: « Avez-vous prêté le serment à la Constitution civile du clergé? ». À la suite de sa réponse négative : « Ma conscience me le défend », il est jeté au bas du petit perron qui donne dans le jardin où l’attendent des sbires avec baïonnettes, sabres et piques jusqu'à ce qu'il rende son dernier soupir

Le pape Pie XI le béatifie avec les autres Martyrs de septembre, le 17 octobre 1926.

Sa fête liturgique est le 2 septembre.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : La sainteté pour tous

La sainteté pour tous

GRANBY – De passage au monastère des Trinitaires, lundi soir, le père Marie-Michel de France a dit que sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a rendu la sainteté accessible à tous. Pour y parvenir à la manière de cette Carmélite, il faut découvrir sa pauvreté, l'accepter et l'aimer.

« Plus tu seras faible, plus Jésus t'aimera. Plus tu vas être petit et pauvre, plus tu vas faire craquer le bon Dieu », disait-il. Pour lui, Thérèse a connu les angoisses des gens de notre époque : « Si je n'avais pas eu la foi, je me serais suicidée », écrivait-elle dans son journal intime.

Cette soirée spéciale était organisée à l'occasion du 100e anniversaire de la mort de la petite Thérèse.

(Le Plus de la Voix de l'Est, 13 avril 1997, p. 22)


*Le texte n'est pas signé, mais il a été écrit par Benoit Voyer, responsable des communications de la maison des Trinitaires, à Granby.

1er septembre 2026


À Sainte-Julienne, dans la région de Lanaudière, le 1er septembre 2026

AUJOURD'HUI


PSYCHOLOGIE : La crise est un lieu de croissance vers la maturité

La crise est un lieu de croissance vers la maturité

Par Benoit Voyer

1er septembre 2026

Il n'y a pas de recette miracle pour sortir de la crise intérieure. Il faut du temps, beaucoup de temps, le temps qu'il faut… « On ne peut pas passer par-dessus le temps. Avec le rythme de la vie d'aujourd'hui, cela n'est pas facile. Lorsque nous traversons des étapes difficiles, il faut laisser les choses descendre en soi afin d'en tirer le meilleur parti », dit Rolande Parrot [1] qui a écrit, en 1995, le livre toujours d'actualité « Faire face à la crise spirituelle » en collaboration avec Bertrand Ouellet et Luc Phaneuf.

« Des crises, on en traverse toute sa vie. C'est un passage à autre chose. Elle est normale dans le cheminement humain et, parce qu'elle provoque un choc en soi, elle nous fait grandir. Elle nous dit quelque chose de ce que nous sommes réellement et nous demande de trouver notre propre chemin. C'est l'arrivée à un carrefour. Maintenant, qu'est-ce que je fais de ma vie ? » explique-t-elle.

La crise est donc une aventure, une occasion d'évoluer, d'avancer. Lorsqu'elle survient, il ne faut pas la raisonner, c'est-à-dire s'interroger inutilement sur les motifs qui la font apparaître. Il faut la laisser travailler en soi et aller jusqu'où elle voudra bien nous mener. Un accompagnement humain peut aider à mieux la traverser et la laisser nous transformer.

Pour sortir de la crise, il faut être vrai avec soi et trouver sa propre voie. La crise est un lieu de croissance vers la maturité.

Quand et comment devient-on pleinement adulte ? Dans une société où un grand nombre de personnes est stationné dans une post-adolescence, comment se définit sur le plan psychologique « une personne pleinement mature » ?

La psychoéducatrice et psychothérapeute Louise Couture explique : « Je préfère l'expression « un adulte debout ». Celui-ci est une personne qui intègre toutes les parties de son être et qui bouge avec celles-ci. La maturité est l'intégration des dimensions qui nous habitent. Elle implique de les laisser circuler en soi. De plus, puisque nous sommes des êtres de relations, la maturité implique que nous soyons capables de vivre en interpellations avec les autres. L'humain débute sa vie dans une relation avec la femme qui l'enfante et, au fil de son existence, voire de sa montée vers la maturité, il se détache peu à peu de celle-ci et il développe d'autres liens. L'humain n'est pas une petite bulle fermée, une cellule autosuffisante. C'est tout le contraire ! »[2]

« Un adulte debout, c'est-à-dire un adulte mature, est un juste équilibre entre le narcissisme, c'est-à-dire l'accueil de soi, et l'accueil de l'autre. En psychologie, on parle d'« objectalité ». Et [pour les chrétiens] cet autre, c'est aussi Dieu. »

Concrètement, comment devient-on une personne « pleinement adulte » ou, pour reprendre votre expression, « un adulte debout » ?

Louise Couture insiste : « Devenir, c'est le mot qui résume tout. L'humain est un être en devenir. Tout lui est donné en potentiel. Il n'a qu'à actualiser ce cadeau qui lui est fait. »

Pour développer ce potentiel, « un lieu privilégié est celui de l'engagement, car il permet de découvrir sa vocation, c'est-à-dire sa mission propre. En d'autres mots, l'humain est appelé à laisser jaillir de lui-même la parole qu'il a à dire au monde. Cette parole est la voie qui lui est propre. C'est sa couleur personnelle. L'action concrète à travers l'engagement permet de se découvrir. J'aime utiliser l'expression « l'amour en action ». L'humain est appelé à se mouiller, à plonger. Il est important que toutes les ressources qu'il y a en soi fleurissent. »

Accepter la crise qui survient en soi, c'est commencer à y mettre un terme.

Louise Couture donne une marche à suivre lorsque plus rien ne va : « Pour sortir de la crise, il faut simplement reconnaître et accueillir ses vulnérabilités. Une expression empruntée au passé résume bien ce que je veux exprimer : il faut en venir à se résigner. C'est la voie vers l'acceptation de sa faiblesse. En s'accueillant ainsi, on devient plus fort. Il faut aussi mener le bon combat. Nous n'avons pas à lutter pour devenir un être tout-puissant, c'est-à-dire une super-femme ou un super-homme. Enfin, il faut lire et apprendre ce que la crise nous enseigne et reconnaître cela ».

Une société qui infantilise
Pour Louise Couture, « il y a malheureusement beaucoup d'infantilisme dans cette société. C'est le résultat de toutes les crises qu'ont traversé les générations présentes. Durant celles-ci, il y a eu un rejet d'une série de choses. Plusieurs éléments étaient nécessaires, mais d'autres non. Ce qui est désolant, c'est qu'un grand nombre de personnes n'ont pas suivi les changements que l'humain s'est imposés. En disant cela, je pense surtout à la dimension affective. Les changements de cap, voire les « révolutions sociales », ont fragilisé ce que nous sommes. Nous avons perdu nos racines. Le constat peut paraître lourd. Voici quelques exemples de ce que je tente de vous illustrer : La fragilisation de la famille, base de la société ; La stagnation du développement de la personne à l'étape de l'adolescence (on parle aujourd'hui de post-adolescence) ; Le narcissisme extrémiste, conséquence de l'infantilisation de certaines parties de soi ; L'hédonisme, c'est-à-dire la recherche impulsive du plaisir, de la pulsion et de la passion ; Le rejet de la durée (lorsque quelque chose ne fonctionne plus ou qu'une relation est chaotique, on le remplace. On parle en psychologie de « génération fast-food »; La recherche inconditionnelle de l'amour passionnel (on associe l'amour à l'émotivité. Lorsqu'on n'a plus de papillons dans l'estomac en pensant ou en étant avec l'autre, on dit que l'amour est mort ; etc. À force de tout fuir, on s'éloigne de soi-même ! Un adulte debout est capable de prendre des responsabilités et de s'engager. Il est capable de vivre dans la durée. Les idées et concepts que je viens de vous énumérer ne sont pas des barrières pour lui. Il est passé par-dessus ces réactions infantiles. »

____________________

[1] Benoit Voyer. « Rolande Parrot », Revue Sainte-Anne, octobre 2001, pp. 391 et 398.
[2] Benoit Voyer. « Louise Couture, psychoéducatrice et psychothérapeute » Revue Sainte Anne, juillet-août 2004, pp. 297 et 300.

JEAN-PAUL REGIMBAL - Pensée


RÉFLEXION SPIRITUELLE : Une Parole qui libère

Une Parole qui libère

Par Benoit Voyer

1er septembre 2026

À travers ses faits et gestes, Jésus a toujours cherché à nous montrer des facettes de Dieu, le Père céleste. C’est assurément pour cette raison qu’on dit qu’il parlait avec autorité et que l’Esprit du Seigneur était sur lui.

C’est pourquoi les évangiles et l’ensemble du corpus chrétien de la Bible demeurent d’âge en âge d’une grande actualité. À chaque époque on y trouve une grande source d’inspiration. En voici un exemple frappant.

Les récits de Marc (Mc 1, 21-28) et de Luc (Lc 4, 31-37) racontent un même événement : Jésus enseigne dans la synagogue de Capharnaüm. Il libère un homme habité d'un esprit impur. Les deux auteurs transmettent essentiellement le même message, mais chacun le fait avec sa propre sensibilité.

Tous deux présentent Jésus comme un maître dont la parole possède une autorité exceptionnelle. Contrairement aux scribes, il ne se contente pas de répéter l'enseignement reçu. Sa parole porte en elle une force qui agit. Cette autorité ne demeure pas théorique : elle se manifeste immédiatement dans l'expulsion de l'esprit impur. Les forces du mal reconnaissent elles-mêmes l'identité de Jésus et lui obéissent. Les témoins sont saisis d'étonnement et la renommée de Jésus commence à se répandre.

Cependant, chaque récit met l'accent sur des facettes différentes du même événement. Ce n’est pas étonnant. Chacun interprète ce qu’il voit et vit avec une sensibilité qui lui est propre. En exemple, lorsque je parle de mes parents avec ma sœur et mes deux frères, j’ai souvent l’impression qu’on ne raconte pas tout à fait la même histoire. Est-ce que c’est vraiment de mon père et de ma mère qu’ils me parlent? C’est pourtant le cas, même si on ne retient pas la même chose de leurs parcours et de leur héritage.

Chez Marc, le récit est vif et dynamique. C’est un trait de la personnalité de l’auteur. L'action progresse rapidement, presque sans temps mort. Jésus apparaît comme celui qui inaugure quelque chose de radicalement nouveau. La foule s'émerveille d'un enseignement « nouveau », donné avec autorité. Les gestes sont énergiques, le combat contre le mal est décrit avec réalisme et le lecteur est entraîné dans un récit en mouvement. Marc insiste sur la nouveauté de Jésus et sur la puissance de son intervention.

Luc, tout en reprenant la trame générale du récit, adopte un rythme plus posé. Son attention se porte davantage sur la parole de Jésus que sur l'action elle-même. Il souligne que « sa parole était pleine d'autorité ». L'accent n'est plus seulement mis sur l'enseignement, mais sur la puissance même de cette parole qui libère et transforme.

Luc apporte également une précision absente chez Marc : lorsque l'esprit impur quitte l'homme, celui-ci n'est pas blessé. Le démon sort sans lui faire de mal. Cette nuance indique que l'autorité de Jésus n'est jamais destructrice. Elle libère sans écraser, elle restaure sans humilier.

Les deux évangélistes évoquent enfin la diffusion rapide de la renommée de Jésus. Son enseignement et ses gestes ne restent pas confinés à la synagogue. Ils deviennent rapidement connus dans toute la région, signe que son ministère commence à rayonner bien au-delà du lieu où il a été prononcé et signe qu’on ne peut pas faire taire la ou les bonnes nouvelles.

Ainsi donc, à travers un même événement, Marc et Luc proposent deux regards différents, mais tellement complémentaires. Marc met davantage en lumière la puissance et la nouveauté de Jésus. Luc insiste plutôt sur l'efficacité de sa parole et sur son œuvre de libération. Les deux récits convergent cependant vers une même affirmation : en Jésus se manifeste une autorité unique, capable de vaincre le mal et d'ouvrir un chemin de vie nouvelle.

Sortons un peu de l’analyse.


Une Parole qui libère est sans aucun doute ce dont notre époque a grandement besoin. Notre temps porte ses chaînes. D’ailleurs, un des traits du « démon », c’est de nous faire constamment croire que le mal n’est pas si mal que ça. Il le banalise. Le « rusé » nous détourne de la lumière. Il nous dit : « regarde bien, le noir, il n’est pas réellement noir. C’est blanc! »

Pour reprendre les mots pape Léon XIV : « le nihilisme et le pragmatisme finissent par s’entremêler et banaliser de très graves erreurs : extrémismes religieux et fanatismes identitaires s’allient à un économisme irrationnel, tandis que la politique recourt facilement à la désinformation, à la ridiculisation de l’adversaire et à la fabrication systématique de peurs et de ressentiments. Ainsi, la diversité de l’autre est vécue de plus en plus comme une menace, alimentant le désir de possession, la volonté de domination, les ambitions hégémoniques, les abus de pouvoir et la peur de la différence, préparant un terrain sur lequel de nouveaux conflits peuvent mûrir presque sans que nous nous en rendions compte ».[1]

Une Parole qui libère redira, avec saint Paul VI devant l’ONU : « La guerre, jamais plus la guerre ! »[2] Il n’y a pas de guerre juste. Il n’y a que la paix qui est juste. Une guerre sera toujours injuste.

Aujourd’hui, il y a tant d’ « esprits impurs » qui ont besoin d’être purifiés.

____________________

[1] LÉON XIV, Magnifica Humanitas. Lettre encyclique sur la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle, 15 mai 2026, n° 206. https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html?utm_source=chatgpt.com
[2] PAUL VI, Discours à l'Organisation des Nations Unies, New York, 4 octobre 1965. https://www.vatican.va/content/paul-vi/fr/speeches/1965/documents/hf_p-vi_spe_19651004_united-nations.html?utm_source=chatgpt.com

MA FOI DU BON DIEU : Abbaye Val Notre-Dame


En ce lundi 31 aout 2026, j'ai participé à la messe de 8 h 30 à l'abbaye Val Notre-Dame, à Saint-Jean-de-Matha, dans la région de Lanaudière.

VIE SPIRITUELLE : La crise

La spiritualité au cœur de la crise

Par Benoit Voyer

1er aout 2026

Pour Rolande Parrot [1], la spiritualité chrétienne est une voie privilégiée à explorer lorsque survient dans sa vie une crise. Elle donne des pistes intéressantes qui amènent l'humain à mieux vivre les difficultés de la vie. Lorsqu'elles surviennent, il y a – notamment – deux éléments à toujours avoir en mémoire.

Le côté philosophique du concept élémentaire de la résurrection enseigne qu'il y a toujours un matin de Pâques après un Vendredi saint, c'est-à-dire qu'il y a de grandes expériences de vie à la suite des épreuves. Après la pluie le beau temps quoi !

De plus, « quand j'entre en crise, je me dis toujours, en premier, que l'Esprit Saint parle par les événements. Je me questionne : comment est-il présent dans ce qui m'arrive ? Qu'est-ce qu'il veut m'enseigner ? Où veut-il me conduire ? Il y a toujours, pour les gens qui restent ouverts, un appel intérieur à une certaine spiritualité. Celle-ci vient chercher tout l'être dans son orientation et son devenir », renchérit-elle.

Désirer Dieu
Qu'est-ce qu'il faut faire pour reprendre contact avec Dieu, après l'avoir mis de côté, ou comment le rencontrer de manière sensible, voire significative ?

La dame pense que chaque personne doit se donner des lieux pour favoriser cette rencontre personnelle avec le Dieu révélé par Jésus-Christ. Elle donne en exemples les petits groupes de partage de la foi et le retrait, pour quelques heures, quelques jours ou quelques semaines dans une abbaye.

Elle encourage aussi la lecture, à petite dose, de traités de spiritualité chrétienne. De son côté, elle ne cache pas son grand intérêt pour les exercices spirituels de saint Ignace de Loyola.

Elle insiste : « Ce qui est encore plus important, c'est surtout de faire naître le désir de rencontrer Dieu ou de le retrouver. Il suffit de demander ! Personnellement, lorsque j'entre en période où j'ai le cœur froid, c'est ce que je fais ! Il n'est pas nécessaire de longues prières. Il suffit de la faire comme elle vient ! Il suffit de demander avec la vérité de ce que je porte ! »

Sous l’angle de la spiritualité chrétienne, « en étant en relation avec l'une ou l'autre des personnes de la Trinité, il y a des éléments fondamentaux qui se dévoilent à moi-même, des éléments qui me montrent ma grandeur et ma misère. Pour plusieurs grands mystiques, se connaître soi-même se réalise en accédant à Dieu », dit de son côté la psychoéducatrice et psychothérapeute Louise Couture [2].

Elle insiste : « La souffrance apparaît. Elle n'est pas donnée par Dieu. Elle est là parce que nous sommes créés libres. Elle est présente à cause de nos choix. Il nous est donc possible de faire des erreurs. Les épreuves convertissent l'humain. Elles densifient sa vie intérieure. Et, la souffrance, nous n'avons pas besoin de la rechercher. De toute manière cela serait anti-chrétien. La souffrance est là ! Nous ne pouvons que l'accueillir en lui donnant un sens. Elle nous interpelle à nous connaître en vérité. « La vérité te rendra libre… » (Jn 8, 32).

Notre société semble très malade
Nous avons abandonné des balises essentielles pour bien vivre la vie humaine et pour être heureux. Celles-ci sont des repères vitaux.

Louise Couture explique : « Lors des crises sociales, on a jeté dans bien des situations le bébé avec l'eau du bain. Je pense en particulier à l'évacuation des valeurs religieuses. Il est dangereux de penser que l'humain est le commencement et la fin de tout et qu'il se suffit à lui-même. « L'humain n'est pas sa propre finitude. »

Pour elle, la foi chrétienne apporte un plus au cheminement intérieur de l'humain : « Elle propose de devenir des personnes épanouies et ancrées dans des valeurs profondes. Elle interroge les gens. »

En ce sens, la foi apporte de plus à la psychologie : « La psychologie ne peut pas sauver, c'est-à-dire guérir. Cette science est nécessaire et j'y crois. Cependant, elle n'est pas une finalité. Il n'y a que Dieu qui peut guérir profondément l'intériorité humaine. Chez mes clients, lorsqu'il y a une ouverture à la spiritualité, tout est différent dans le processus de guérison. La foi et la psychologie sont les deux jambes nécessaires pour que le cœur soit vivifié. Ils s'interpellent l'un et l'autre. Il faut les articuler ensemble tout en gardant bien leurs spécificités. »

____________________

[1] Benoit Voyer. « Rolande Parrot », Revue Sainte-Anne, octobre 2001, pp. 391 et 398.
[2] Benoit Voyer. « Louise Couture, psychoéducatrice et psychothérapeute » Revue Sainte Anne, juillet-août 2004, pp. 297 et 300.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Décès du père Émilien Tardif

Décès du père Émilien Tardif

GRANBY – Le père Émilien Tardif est mort le 8 juin dernier, à l'âge de 71 ans, d'un infarctus, dans la ville de Cordoba, en Argentine, où il prêchait une retraite à 300 prêtres.

Son décès surprend plusieurs personnes qui ont été touchées par son ministère presbytéral un peu particulier.

En septembre 1956, le père Tardif s'installa dans la République de Saint-Domingue et devint missionnaire du Sacré-Cœur, puis provincial de la congrégation. En 1973, il dut rentrer au Canada pour être hospitalisé d'urgence à cause d'une tuberculose pulmonaire. Les médecins lui annoncèrent qu'il aurait besoin d'un an de traitements.

« Après que les médecins m'aient fait tous ces examens et avant qu'ils ne commencent leurs traitements, je me souviens que cinq personnes d'un groupe de prière charismatique du Québec sont venues me voir. Elles ont prié pour moi dans la chambre de l'hôpital et le Seigneur m'a guéri en trois ou quatre jours », racontait souvent le père Tardif. Ces gens étaient des catholiques de la région de Granby.

Après cet événement, le père Tardif décida d'approfondir la spiritualité du renouveau charismatique catholique et de participer à des retraites et des rassemblements. En novembre 1973, il reçut un charisme de guérison. « Ce fut pour moi un formidable instrument du Seigneur pour accompagner mon travail d'évangélisation. »

Il revint à Saint-Domingue mais commença à voyager à travers le monde entier, où il attirait des foules immenses. Il y a 22 ans, il fonda la communauté des Serviteurs du Christ Vivant, présente actuellement dans plusieurs pays d'Europe et d'Amérique. Selon Giovanni Manzo, membre de la communauté en Italie, le père Tardif disait toujours qu'au moment de sa mort la première chose qu'il demanderait au Père serait : « Pourquoi guéris-tu certaines personnes et pas d'autres? », une preuve de l'humilité de ce prêtre qui n'a jamais cherché à être que le serviteur de Dieu, l'humble instrument de son amour auprès de ceux qui souffrent.

Il devait revenir au monastère des Trinitaires de Granby pour animer une fin de semaine de prières pour les malades, en septembre 2000. Il aimait Granby où il avait de nombreux amis et où il a fréquenté le défunt père Jean-Paul Régimbal, décédé en 1988.

(Le Plus de la Voix de l’Est, 19 juin 1999, p. 4.)

*L’article n’est pas signé, mais il a été écrit par Benoit Voyer, responsable des communications de la maison des Trinitaires, à Granby)

31 août 2026


Le "sentier du monastère" de l'abbaye Val Notre-Dame, à Saint-Jean-de-Matha, dans la région de Lanaudière, en ce 31 août 2026.

AUJOURD'HUI

 


EN BREF : Accident sur l'autoroute 15


Le dimanche 30 aout, vers 18h30, un important accident de la circulation a eu lieu sur l'autoroute 15 en direction Sud, à Laval, vers 18 h 30.

SANTÉ QUÉBEC : Agrandissement de l'hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne

 

Dans quelques semaines, l'unité de psychiatrie de l'hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne, déménagera, en grande partie, dans le nouveau bâtiment de onze étages construit ces derniers mois. L'aile actuelle des soins intensifs sera démolie pour faire place à des bureaux et un couloir pour le grand public. 

POLITIQUE : Québec 2026

Québec 2026

Par Benoit Voyer

31 août 2026

Ces jours-ci, à la boutade, je questionne souvent mon entourage : « Sais-tu quel avantage a Christine Fréchette dans cette campagne électorale ? » Puis, je réponds : « Elle a un vagin ».

Je sais que le propos peut paraître vulgaire, mais il affirme sa particularité : c’est une femme. À mes yeux, l’implication de la gent féminine en politique est un net atout. Pourquoi? Parce que les femmes amènent une dynamique différente dans les débats et parce que la manière dont les femmes gèrent n’est pas celle des hommes.

Depuis qu’elle est première ministre, Christine Fréchette a montré cette différence. Lors de la dernière session parlementaire, elle a même réussi à obtenir l’appui de toutes les formations politiques pour plusieurs de ses projets de loi. Ce n’est pas rien. Cette femme aime visiblement le travail transpartisan.

Malgré cela, je ne sais pas encore si je voterai pour son équipe le 5 octobre. En revanche, elle est en ce moment mon premier choix.

En fait, je suis officiellement membre du Parti conservateur du Québec jusqu’en mai, mais je suis devenu un orphelin politique durant la dernière année. Éric Duhaime a perdu ma confiance. De plus, son parti demeure essentiellement ancré dans la grande région de Québec.

L’heure est à l’économie. En ce moment, comme bien des citoyens du Québec, ce qui me préoccupe, c’est mon budget. Les problèmes engendrés par le président étatsunien nous appauvrissent tous. À ce chapitre, Christine Fréchette est assurément la femme de l’heure au Québec.

D’ici le 5 octobre, plusieurs variables pourraient influencer mon choix. Je pourrais notamment me laisser tenter par Osons Québec, un nouveau parti politique québécois qui se lancera dans la course dans les prochaines heures.