NEUROSCIENCES : Une banque de cerveaux à Montréal

Une banque de cerveaux à Montréal

Par Benoit Voyer

12 septembre 2026

À Montréal, une ressource scientifique contribue depuis plusieurs décennies à faire progresser la compréhension des maladies du cerveau. Installée à l’Institut Douglas, la Banque de cerveaux Douglas conserve près de 3 800 cerveaux provenant de donneurs québécois, ce qui en fait la plus importante et la plus ancienne banque de ce type au Canada.

Chaque semaine, deux ou trois nouveaux cerveaux y sont acheminés après le décès de personnes ayant accepté d’en faire don à la science. Ces échantillons permettent aux chercheurs d’étudier de nombreuses maladies neurologiques et psychiatriques, notamment les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, la dépression, la schizophrénie et le trouble bipolaire, ainsi que les mécanismes associés au suicide.

Selon le neurobiologiste Naguib Mechawar, directeur de la Banque et chercheur à l’Université McGill, interviewé par le journaliste Mathieu Gervais-Sauvé du Journal de Montréal pour un article publié 16 juin 2026 [1], ces travaux visent à mieux comprendre les modifications biologiques du cerveau afin d’améliorer les traitements. Des recherches ont notamment montré que des expériences traumatisantes vécues durant l’enfance peuvent laisser des traces durables dans le cerveau. D’autres travaux permettent de mieux distinguer les mécanismes des troubles psychiatriques de ceux des maladies neurodégénératives, où la mort ou l’inactivation des cellules nerveuses rend les traitements particulièrement difficiles.

La recherche porte également sur l’encéphalopathie traumatique chronique (ETC), associée aux traumatismes crâniens répétés et qui ne peut être confirmée avec certitude qu’après le décès. Cette maladie est surtout documentée chez les anciens joueurs de football américain, mais d’autres sports comportant des impacts répétés à la tête pourraient également présenter des risques.

Fondée en 1980, la Banque de cerveaux Douglas collabore aujourd’hui avec des chercheurs d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie. Plus d’un millier d’échantillons accompagnés de données cliniques sont distribués chaque année, faisant de cette infrastructure montréalaise un acteur important de la recherche internationale sur les maladies du cerveau.

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[1] Mathieu Gervais-Sauvé. « 3800 cer­veaux conser­vés dans un labo mont­réa­lais unique au pays », Journal de Montréal, 16 juin 2026, p. 31. https://www.journaldemontreal.com/2026/06/16/3800-cerveaux-conserves-dans-une-banque-a-montreal