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Sur la montagne Coupée, à Saint-Jean-de-Matha, dans la région de Lanaudière, en ce 7 septembre 2026 |
POLITIQUE : Fréchette promet un « rendez-vous » national en 2027 si elle est réélue
Par Benoit Voyer
7 septembre 2026
Si elle se maintient au pouvoir, Christine Fréchette s’est engagée, pour le printemps 2027, à tenir des consultations et un « rendez-vous » sur l’itinérance. Elle souhaite élaborer un plan national qui contiendrait les engagements du gouvernement, des organismes communautaires, du secteur privé et de Santé Québec, avec des objectifs, des indicateurs et des mécanismes de suivi.
Cette annonce, faite à la mi-juillet, était un écho à l’intervention de Pauline Marois, l’ancienne première ministre du Québec. Il y a quelques semaines, elle réclamait un sommet sur l’itinérance réunissant les différents acteurs de la société québécoise. Tous les chefs des partis représentés à l’Assemblée nationale ont appuyé l’idée, ce qui peut laisser croire en des travaux transpartisans.
Christine Fréchette rappelait que le gouvernement a investi plus de 1 G$ depuis 2021 pour prévenir et réduire l’itinérance, tout en reconnaissant que la situation demeure difficile, particulièrement à cause de la crise du logement. Selon le dénombrement de 2025, près de 12 000 personnes seraient en situation d’itinérance au Québec.
Il y a cependant lieu à se demander pourquoi le parlement québécois ne profiterait pas de l’occasion d’avoir une vision plus large de la problématique en convoquant des États généraux en santé mentale dans lesquels il serait également question de dépendance et d’itinérance parce que ces problèmes sont intimement liés.
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Je t'écris de la main droite
Par Benoit Voyer
7 septembre 2026
Notre époque manque de mains qui guérissent.
On le voit chaque jour à la télévision. Régulièrement des mains droites - pour ne pas dire maladroites - tiennent des armes et appuient sur la gâchette ou lancent des missiles. Elles tuent la vie ou la blessent.
Jésus a fait exactement l’inverse (Lc 6, 6-11) : il prend la main droite d’un homme qui est desséchée, une main devenue incapable de faire des choses, et lui redonne sa capacité de servir. Le maître restaure la vie.
Cette main droite retrouve sa capacité de soigner un malade, de consoler un bambin, de signer un accord de paix, de tendre la main à l’étranger…
La main droite guérie est une image simple, universelle et très actuelle. Jésus ne condamne pas les mains qui font le mal; il choisit plutôt de guérir la main morte pour qu’elle puisse faire le bien à nouveau. La guérison reçue devient une guérison offerte aux autres.
Je me répète : Notre époque manque de mains qui guérissent. Encore mieux : Qui choisissent de guérir.
MA FOI DU BON DIEU : Adoration de Saint-Sacrement à la cathédrale de Joliette
Temps de prière devant le Saint-Sacrement à la cathédrale de Joliette chaque mercredi et vendredi de 10 h à 16 h et tous les soirs de 16 h à 21 h. J'y ai fait un arrêt hier.
RELIGIOLOGIQUE : Départ à la retraite
L'abbé André Chevalier, prêtre catholique du diocèse ce Saint-Jérôme et ancien curé des paroisses de Saint-Esprit et Sainte-Julienne, a décidé de prendre sa retraite. Ainsi, à Saint-Esprit, il n'y a plus de messes du dimanche. Elle est maintenant célébrée le samedi à 16 h 30. (BV)
JEAN-PAUL REGIMBAL : Quand le cœur a ses raisons
Par Benoit Voyer
7 septembre 2026
C’est plus fort que lui! Malgré l’insistance des Jésuites qui désirent le garder, Jean-Paul Regimbal, âgé de 17 ans, sacrifie sa prometteuse carrière de musicien et confie sa vie à Dieu. Comme l’écrivait Blaise Pascal dans ses Pensées : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point; on le sait en mille choses. »[1]
Le 8 septembre 1949, jour de la fête de la Nativité de la Vierge Marie, il entre au noviciat de l’Ordre de la Très sainte Trinité, à la maison « Trinité-des-Monts », à Saint-Bruno-de-Montarville. Cette nouvelle maison religieuse a été fondée le 24 octobre 1948 [2]. Ce même jour, Mgr Philippe Forget, évêque de Saint-Jean-de-Québec [3] depuis 1933, en préside la bénédiction solennelle. Les premiers novices y sont entrés le 4 janvier 1949.
En 1954, le père Jean-Félix de la Trinité écrit dans « Regard sur l’ordre trinitaire »[4] : « En 1949, les Trinitaires canadiens sont dans la joie : on célèbre le 25e anniversaire de leur fondation à Montréal, ce qui mérite les encouragements de l’épiscopat et la venue au Canada du révérendissime père Ignace du T. S. Sacrement, ministre général de l’Ordre de la très sainte Trinité. »
Et comme le voulait la coutume des Trinitaires [5], il raconte :
« Au son de la cloche, tous les religieux se rendent au chœur. Le supérieur désigné pour présider arrive à son tour et prend place au fauteuil qu’on lui a préparé sur les degrés de l’autel du côté de l’Évangile. Conduit par le père maître, le postulant entre alors au sanctuaire portant sur ses bras le saint habit couvert de fleurs pour la circonstance. Il fait la génuflexion et s’incline profondément pour implorer la bénédiction du Dieu trois fois saint, puis se relève. Un dialogue s’engage ensuite entre l’officiant et le postulant.
-Que demandez-vous? Dit le ministre provincial.
-La miséricorde de Dieu, la pauvreté de l’Ordre et la société des frères, répond l’aspirant
L’officiant prononce alors une brève allocution. En voici la substance selon la coutume trinitaire :
Mon cher fils,
Soyez fidèle à la grâce de la vocation qui vous retire aujourd’hui du monde et vous invite à vivre désormais selon l’esprit des conseils évangéliques. Vocation sainte que celle-là! C’est pourquoi vous sentez le besoin d’implorer la miséricorde de Dieu afin de devenir moins indigne de cette faveur que vous fait notre Seigneur.
Pour entrer dans cette vie à la suite du maître, vous réalisez que le détachement est nécessaire, aussi vous demandez d’être initié à l’esprit de pauvreté de l’Ordre trinitaire.
Bien convaincu que cette ascension vers les sommets n’est pas l’œuvre d’un jour à cause des difficultés qu’elle présente : luttes contre la mauvaise nature, souvenirs du monde, réalité de la vie religieuse après les illusions des premiers jours, tentations du démon… vous demandez la société des frères dans laquelle vous trouverez des pères pour vous diriger et vous réconforter, d’autres frères avec le même idéal pour vous entrainer d’abord au travail de votre sanctification et vous introduire ensuite sur les chemins de l’apostolat.
Pour cela il vous faut découvrir peu à peu les richesses de la spiritualité trinitaire, devenir l’héritier de la pensée des fondateurs : - Trinitas – Redemptio – Tel; est l’idéal.
Que la Vierge des Trinitaires, Notre-Dame du Bon remède, vous apporte joie, paix et persévérance en retour du sacrifice de votre jeunesse offert à la gloire de la Très sainte Trinité.
On revêt ensuite le postulant de la tunique blanche et on l’agrège à l’Ordre en lui passant aux épaules le scapulaire trinitaire : « recevez l’habit de la très sainte Trinité », prononce le très révérend père, dans une augmentation de foi, d’espérance et de charité. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
On chante alors le psaume « Acce quam bonum et quam jucundum habitare frates in unum (qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères d’habiter ensemble), pendant qu’un à un, tous les religieux donnent le baiser de paix au nouveau confrère.
La cérémonie se termine par l’imposition d’un nom de religion pour symboliser la naissance de ce jeune homme dans l’Ordre trinitaire.
« Désormais, dit le supérieur, monsieur N … s’appellera frère N… de N… »
Ainsi donc, en communauté, Jean-Paul reçoit le nom de Jean-Paul de Jésus. Marie devient sa confidente et celle qui veille sur lui. D’ailleurs, plusieurs grands événements de sa vie arriveront désormais un 8 septembre.
Le père Gérard Saint-Pierre (en communauté Pierre de la Nativité) jouera un rôle important dans sa formation religieuse. Il a été maître des aspirants et ministre conventuel de 1941 à 1948, délégué général de 1948 à 1954 et vice-provincial de 1954 à 1960.
Jean-Paul, jeune novice, se montre obéissant, plein de vie et curieux de connaître sa communauté. Il s’intéresse à l’histoire de son ordre religieux et au phénomène des chrétiens persécutés à cause de leur foi en Jésus-Christ. A la fin de sa vie, le père Armand Gagné dira : « J’ai connu le père Regimbal pendant mon cours en théologie. Il était en 4e année et moi je débutais. Il était très actif ».[6]
Une âme artistique
Malgré son option pour la vie religieuse, Jean-Paul demeure un artiste.
Il écrit la pièce théâtrale « Celle qui a vécu sa vie » sur la vie de la bienheureuse Anna-Maria Taïgi. Elle sera présentée à cinq reprises, les 9, 10 et 11 juin 1952 [7], à la salle du Gesu, à Montréal. Elle est interprétée par les Ateliers des Compagnons, troupe fondée par le père Émile Legault. La mise en scène est signée Bouda Bradon.[8] Mgr Paul-Émile Léger, archevêque catholique de Montréal, préside la première de la pièce, le 9 juin 1952, jour de la mort de la tertiaire trinitaire.[9]
À la fin de sa vie, le père Armand Gagné indiquera dans ses mémoires, en parlant de Jean-Paul, son confrère : « Il a aussi écrit des chants trinitaires pour animer nos célébrations »[10].
À l’orgue et au piano, le jeune religieux ne tarde guère à montrer ses aptitudes pour la musique [11].
Le 1er novembre 1950, à l’occasion de la proclamation du dogme de l’Assomption de Marie, il compose une musique sur l’hymne des vêpres : « Solis, o virgo, radiis amicto… »
Durant ces années, il met aussi en musique de nombreux psaumes, des hymnes pour la liturgie en français et deux messes dont une a 3 voix égales en l’honneur de Notre-Dame-du-rachat.
Un jour, le maître des novices est scandalisé. Jean-Paul compose une musique sur le poème d’Arthur Rimbaud : « Sur l’onde calme et noire où brillent les étoiles, la blonde Ophélia dort comme un lys… ».
Fin de ses années de formation religieuse
Son noviciat terminé, Jean-Paul fait des études en philosophie et entre au Grand Séminaire de Montréal, chez les Sulpiciens, pour étudier la théologie.
Chaque année, il passe de longs séjours à l’hôpital – sous la tente à oxygène – à cause de l’asthme. Malgré cela, il réussit ses études et prononce ses vœux solennels, le 8 septembre 1953.
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[1] Blaise Pascal, Pensées, fragment 423 (édition Brunschvicg) / fragment 680 (édition Lafuma).
[2] Cf. Jean-Félix de la Trinité. Regard sur l’ordre trinitaire, Éditions Trinitas, 1954, p.111(BANQ, 271.42 J433r 1954).
[3] Aujourd’hui le diocèse de Saint-Jean Longueuil.
[4] Jean-Félix de la Trinité. Regard sur l’ordre trinitaire, Éditions Trinitas, 1954, p.111 (BANQ, 271.42 J433r 1954).
[5] Extrait de : Jean-Félix de la Trinité. Regard sur l’ordre trinitaire, Éditions Trinitas, 1954, pp. 75 à 79 (BANQ, 271.42 J433r 1954)
[6] Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p.137 (SHHY, P049)
[7] Cf. « Pièce religieuse, les 9, 10 et 11 juin au Gesus », La Presse, 31 mai 1952, p. 38. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2878018?calendar_open=1
[8] Cf. « Les Compagnons rentrent d’une première tournée en province », Le Devoir, 13 juin 1952, p. 6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2782050?calendar_open=1
[9] Cf. « Celle qui a vécu sa vie », le Devoir, 31 mai 1952, p. 6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2782039?calendar_open=1
[10] Cf. Armand Gagné. « Il était une foi », p.137 (SHHY P049).
[11] NOTE : Ce détail provient d’un éloge du père Jean-Paul Regimbal rédigé par le père François Desraspes, que j’ai lu et dont j’ai pris des notes lorsque je travaillais à la maison des Trinitaires de Granby. A l’exception de la messe à Notre-Dame du rachat, je n’ai jamais retrouvé les partitions de ses compositions musicales.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Jean-Paul Régimbal a ramené des milliers de Québécois à la pratique religieuse
GRANBY
Gérald Dallaire
Le père Jean-Paul Régimbal, fondateur du mouvement charismatique au Québec, est décédé jeudi soir dernier au Centre hospitalier de Granby. Celui qui faisait courir les foules au stade olympique pour prier a succombé à une défaillance cardiaque, vers 22 h 45. Âgé de 57 ans, il souffrait d’asthme depuis plusieurs années et il avait déjà subi quelques pontages coronariens dans le passé qui l'avaient forcé à ralentir ses activités.
« Son décès nous a surpris même si nous savions sa santé chancelante, dit le père Claude Choquette, supérieur de la maison de retraite de Granby. Il avait été hospitalisé à Sherbrooke, il y a un mois, mais il était de retour parmi nous depuis trois semaines. Il avait même donné deux heures d'adoration les deux mardis et s'était joint au groupe charismatique, le lundi, pour prier.
« Je suis allé le voir hier soir (jeudi), et il me paraissait calme et heureux. Il se disait même assez bien pour venir dire sa messe, dimanche. »
Natif de North Bay, dans le nord-est ontarien, le père Régimbal est entré dans la communauté des trinitaires en 1949; il a été ordonné prêtre en 1957. Professeur au Séminaire de la Très Sainte Trinité, à Montréal, puis aumônier à la prison de Bordeaux et au Mont-Saint-Antoine, il a joint la communauté de Granby en 1970 après un séjour d'une année en Arizona.
Renouveau charismatique
Cette année passée aux États-Unis a été déterminante pour lui et des milliers de Québécois puisqu'il en a rapporté l'idée d'implanter au Québec et dans certains pays francophones le renouveau charismatique que pratiquaient déjà les protestants américains. La fondation du mouvement a fait la renommée de ce personnage parfois controversé, en plus de ramener à une pratique religieuse fervente des milliers de Québécois qui avaient déserté les églises depuis le début des années 60.
« Au début, il y avait seulement quelques dizaines de personnes qui venaient aux veillées de prière, se souvient le père Choquette. Le mouvement a toutefois pris de l'ampleur très rapidement. « Les gens arrivaient par autobus de partout. Les lundis, il venait entre 700 et 1 000 personnes pour l'entendre et prier », dit le père Choquette.
Jeunes
C'est d'abord aux jeunes qu'il s'intéressait et à qui il voulait communiquer le goût de prier. Benoit Voyer, organisateur d'un festival de chant religieux à Granby l'été dernier, a été envoûté par le père Régimbal alors qu'il avait 15 ans. “Je l’ai rencontré à un moment où j’étais désespéré. Il m'a fait vivre une expérience de foi qui a bouleversé ma vie. Aujourd'hui, c’est comme si je perdais mon père”, dit-il.
Chacun reconnaît les talents d'orateur du prédicateur. Il a déjà réussi l'exploit, à l'été 1975, de remplir le palais des sports de Granby. Les gens s'y étaient réunis afin de prier pour que tombe la pluie alors que sévissait une sécheresse. Les succès de foule du père trinitaire ne se sont pas arrêtés là.
La « prière spontanée », selon l'expression du père Choquette, a continué d'attirer de plus en plus d'adeptes, si bien que le père Régimbal a réservé le stade olympique à deux reprises pour y tenir ses rassemblements. Des dizaines de milliers de charismatiques, les bras levés vers le ciel, y manifestaient leur foi avec une ferveur surprenante.
« Il a soulevé les foules par son désir de donner Dieu au monde actuel, souligne le père Choquette. Il a été l'instrument pour redonner la foi aux jeunes ainsi qu'aux moins jeunes. »
Les maisons de retraite, vides au début des années 70, ont recommencé à vivre. Plusieurs mouvements de prière, notamment pour les jeunes et les gens d'affaires, ont été créés à l'initiative du père Régimbal. Il a fondé entre autres Témoignage-Jeunesse, l'Eau Vive, Acte-Canada, le Carrefour de la prière et les cafés chrétiens.
Le frère supérieur Claude Choquette convient qu'au début du mouvement, et aujourd'hui encore, le mouvement a suscité certaines inquiétudes. « Certains ont dit qu'il y avait beaucoup d'exagération. Il y a peut-être eu des lacunes. L'enseignement a peut-être fait un peu défaut au début. Mais il faut regarder les fruits. Donner au monde le goût de prier, c'est loin d'être négatif », dit-il.
Regain de la foi
L'évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, Mgr Louis Langevin, souligne lui aussi l'apport du père Régimbal au regain de la foi au Québec. « Le renouveau charismatique a fait beaucoup de bien et a suscité de nombreuses conversions », dit-il.
« Le père Régimbal, un homme passionné de Jésus-Christ et de l'Évangile, avait un grand talent de communicateur. C'était un grand apôtre qui a rayonné et qui laisse un témoignage de foi profonde. »
Le père Régimbal, dont toutes les conférences sont conservées sur cassettes et vidéocassettes, a également publié trois livres dont « La civilisation de l'amour » et « La musique rock ». Dans ce dernier ouvrage, il dénonçait la musique rock qui, disait-il, contenait des messages subliminaux. Ses conférences controversées sur le sujet ont forcé Mgr Langevin à intervenir. Homme d'Église soumis à l’autorité, le père Régimbal a cessé de donner des conférences sur le sujet, même si ses adeptes souhaitaient l’entendre encore.
Après cet épisode, le père trinitaire a pris le chemin de Rome où il s'est consacré aux chrétiens persécutés dans leur foi auxquels il s'intéressait depuis les années 1950.
Le père Régimbal est revenu à Granby il y a un an. Il souhaitait reprendre sa prédication, dit le père Choquette. Il s'est épuisé et est allé au bout de sa corde. Quand je l'invitais à ralentir ses activités, il me répondait par une boutade : quand je serai mort, je ne travaillerai plus. C'est ainsi qu'il était fait. »
La dépouille du père Régimbal sera exposée à la maison des Pères trinitaires, aujourd'hui et demain, entre 10 h et 22 h. Les funérailles, présidées par l'évêque du diocèse, auront lieu lundi à l'église Sainte-Famille, à 14 h.
(La Voix de l’Est, 10 septembre 1988, p. 5)
POLITIQUE : Sous le ciel bleu de Maurice Duplessis
Par Benoit Voyer
6 septembre 2026
Dans la population québécoise, durant les derniers jours de la campagne électorale de 1936, les espoirs de renouveau étaient évidents. Partout, la foule était au rendez-vous pour entendre et acclamer Duplessis. L'histoire n'a jamais dit combien de « 10 cennes » il lui aurait fallu distribuer pour susciter une telle popularité.
Le 12 août, notamment, Maurice Duplessis et l’Union nationale réunissent plus de 30 000 personnes au stade de Montréal. Les propos du chef sont un échange de questions et de réponses avec la foule survoltée, concernant particulièrement des dénonciations du Parti libéral et de la vision de l’UN. Naturellement, les plaisanteries sont au rendez-vous.
Le lendemain, dans le journal La Patrie [1], on écrira que Duplessis « a tenu […] une des plus grandes assemblées politiques qui ne se soient jamais vues à Montréal et dans la province de Québec ».
Et puis, le 14 août, à Victoriaville, « devant une foule très considérable réunie dans la cour du Collège des Frères, le chef de l’Union Nationale prononce l’un des derniers discours de sa campagne électorale »[2], près de 20 000 partisans vont à sa rencontre.
C’est chez lui, à Trois-Rivières, qu’il termine sa tournée de la province. Il n’y avait pas mis les pieds durant la campagne électorale. Dans la plus grande ville de la Mauricie, durant les deux derniers rassemblements, il n’est plus question de « Monsieur Duplessis », mais simplement de « Maurice ». Les électeurs trifluviens sont fiers de lui. Pour eux, « leur homme » est une bouffée d’air frais. Il répond à leurs attentes. Il y a longtemps que la région souffre de l’aristocratie de la ville de Québec et de la monstruosité commerciale et de l’angoisse montréalaise. À leurs yeux, Maurice est un héros.
Ce jour où Maurice devient premier ministre du Québec
Le 17 août 1936 est une chaude journée d’été. Le ciel du Québec est bleu. Il n’est pas question ici de jeu de mots, car il n’y avait vraiment pas de nuages à l’horizon [3].
À Trois-Rivières, en ce jour d’élections au Québec, la photographie de Maurice est dans de nombreuses vitrines de la ville et les électeurs se dirigent en grand nombre aux urnes.
En soirée, Maurice Duplessis est chez sa sœur. Elle habite près de la cathédrale de l’Assomption, au centre-ville. Il attend les résultats…
Aujourd’hui, 76 candidats sont élus sous la bannière de l’Union Nationale (UN) avec 57,5% du vote populaire et 14 pour le Parti libéral du Québec (PLQ) avec 41%. Pour le Premier ministre sortant, Adélard Godbout, c’est un échec monumental. Il n’est même pas réélu dans la circonscription de L'Islet.
À Trois-Rivières, l’UN obtient 3113 votes de plus que Philippe Bigué du PLQ. Pourtant, en 1931, ils étaient nez à nez. Duplessis devient député avec seulement 41 votes de plus que lui.
Ce soir, la joie est sur toutes les lèvres. Le nouveau leader de la province ne tarde pas à exiger qu’on appose un scellé aux documents du Trésor public afin d’empêcher les libéraux de les détruire. Une enquête publique est demandée.
Catholique
Comme la majorité des Canadiens-Français, Maurice Duplessis est catholique. Malgré ses occupations, il se rend régulièrement à la messe.
Le jeune Gaston L’Heureux, qui habite la Colline parlementaire, en est le témoin. Lors d’un entretien pour la Revue Sainte-Anne [4], il me racontait : « J'habitais au coin Saint-Patrice et Saint-Augustin. Nous allions jouer à la cachette à l'Assemblée nationale. Les gardiens nous toléraient! J'allais aussi passer des heures à la bibliothèque du Parlement où il y avait une sympathique dame Bélanger qui me faisait lire « La Patrie », « Le Canada », et bien d'autres publications. Elle avait compris ma soif de tout connaître. » [De plus] « J'étais enfant de chœur à la basilique Notre-Dame de Québec. Le mercredi, Maurice Duplessis venait à la messe à la chapelle Saint-Joseph. Il me donnait toujours un pourboire : 0,10 $. Il disait que c'était pour mon père qui était organisateur pour le Parti libéral ! ».
Décès
À Schefferville, le 7 septembre 1959, à 0 h 05, un peu après minuit, décède Maurice Duplessis.
Le Premier ministre du Québec passe quelques jours en Haute-Côte-Nord en compagnie de membres de son caucus et de quelques hommes d’affaires. L’hémorragie cérébrale et la paralysie complète de son côté droit mettent fin à ce temps de repos.
À la suite du drame, tous partent, laissant autour du leader de l’Union nationale sa sœur, Jacques Bureau, son neveu, son trésorier, Horst Rosmus, le médecin qui veille sur lui, et le jeune père Marcel Champagne, oblat de Marie Immaculée.
Son corps est transporté à Québec où il sera exposé à l’Assemblée législative. 100 000 personnes iront lui rendre un dernier hommage.
Le service funèbre a lieu à la cathédrale de Trois-Rivières en présence de tous les membres du gouvernement provincial, de tous les évêques, de près de la moitié du gouvernement fédéral conduit par Diefenbaker et des milliers de Trifluviens. C’est Mgr Maurice Roy qui présidera la messe funèbre.
Maurice Duplessis sera inhumé dans le lot 73 du cimetière Saint-Louis, situé à l’angle du boul. des Forges et de la côte Laflèche. Il est enterré auprès de son père, le juge Nérée Le Noblet Duplessis, décédé le 23 juin 1926, et de sa mère Marie-Berthe Genest, morte le 26 juillet 1921.
Son monument funéraire est très sobre. Une pierre blanche, surmontée d'une grande croix, porte l'inscription latine O crux ave spes unica, c’est-à-dire « Salut, ô croix, notre unique espérance ».
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[1] « Montréal acclame Duplessis », La Patrie, 13 août 1936, pp. 2 et 6. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4325152
[2] « M. Maurice Duplessis s’est fait entendre hier à Victoriaville », Le Nouvelliste, 15 août 1936, pp. 3 et 13. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3281912
[3] Benoit Voyer. « Il y a 60 ans, Duplessis devenait premier ministre », L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 3. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/il-y-60-ans-duplessis-devenait-premier.html
[4] Benoit Voyer. « Gaston L'Heureux - « J'ai failli m'enlever la vie ... » », Revue Sainte Anne, octobre 2000, page 391. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/01/le-present-du-passe-gaston-lheureux.html
[2] « M. Maurice Duplessis s’est fait entendre hier à Victoriaville », Le Nouvelliste, 15 août 1936, pp. 3 et 13. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3281912
[3] Benoit Voyer. « Il y a 60 ans, Duplessis devenait premier ministre », L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 3. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/05/il-y-60-ans-duplessis-devenait-premier.html
[4] Benoit Voyer. « Gaston L'Heureux - « J'ai failli m'enlever la vie ... » », Revue Sainte Anne, octobre 2000, page 391. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/01/le-present-du-passe-gaston-lheureux.html
RÉFLEXION SPIRITUELLE: La paix ne naît pas du silence ou de l'évitement, mais d'une rencontre
Par Benoit Voyer
6 septembre 2026
Lorsqu'une blessure ou une incompréhension survient, notre première réaction est souvent d'en parler à d'autres. La nature humaine est ainsi faite.
Dans une époque où les réactions sont souvent rapides et les opinions facilement diffusées, Jésus nous invite donc à une certaine lenteur avec nos réactions émotives.
Jésus nous propose un autre chemin : aller d'abord à la rencontre de l’autre, dans la discrétion, avec le désir de le retrouver plutôt que de le condamner (cf. Mt 18, 15-20).
Si cette première démarche ne suffit pas, le dialogue s'élargit peu à peu. Rien ne doit être précipité. Tout doit être orienté vers la réconciliation. Même lorsque la communauté intervient pour aider à régler un dilemme, l'objectif doit toujours être de préserver la communion plutôt que la division.
La paix ne naît pas du silence ou de l'évitement, mais d'une rencontre vécue dans la vérité et la charité.
Il est bon de garder à l’esprit que tout ce que nous aiderons à réconcilier sur la terre sera aussi réconcilié dans le ciel. En des mots que les enfants comprennent : quand nous contribuons à réparer une chicane et à redevenir un ami, Dieu est content. Il fera la même chose avec nous dans son ciel.
MA FOI DU BON DIEU : Église de Saint-Esprit
Ce samedi 5 septembre 2026, j'ai participé à la messe dominicale de 16 h 30 à l'église catholique de Saint-Esprit, dans la région de Lanaudière. La célébration était présidée par l'abbé Laurent Gouneau, prêtre répondant pour la région pastorale de Montcalm.
JEAN-PAUL REGIMBAL : Une enfance à l’eau bénite
Par Benoit Voyer
6 septembre 2026
Jean-Paul Regimbal est né à North Bay, en Ontario, le 4 juillet 1931. Il est le fils de Léo Regimbal et d’Emma Frappier.[1]
Sa famille compte 12 enfants (5 filles et 7 garçons) [2] : Albert [3], l’aîné, Gertrude, Germaine[4], Lucille, Pauline [5], Jacqueline [6], Maurice [7], Roger, Raymond [8], Sylvio [9], Jean-Paul [10] et, le cadet, Louis-Joseph [11].
Le lendemain de sa naissance, le poupon Regimbal est baptisé à l’église catholique Saint-Vincent-de-Paul, à North Bay, en Ontario. La célébration est présidée par l’abbé Joseph Chapleau, curé de la paroisse. On lui donne les prénoms de Jean, Paul et Avila. Sa marraine est sa sœur Germaine.[12]
Jean-Paul grandira dans une maison où il y a toujours quelqu'un qui chante, travaille, joue ou parle. Les repas sont animés, les chambres partagées et la solitude est rare.
Petite enfance
Dans ses jeux d’enfant, tous les matins, Jean-Paul s’amuse à célébrer la messe pendant les vacances d’été. En fait, il revêt des vêtements qui ressemblent à une aube et consacre la piquette [13] de son père. Sa sœur Jacqueline est sa première servante de messe.[14]
Les membres du clan Regimbal chantent et aiment la musique. La famille Trapp a chanté dans la maison familiale des Regimbal, lors d’un concert à North Bay. Durant leur séjour, la troupe demeure à l’Hôtel Saint-Régis ou Donat-Léo Regimbal est gérant.
Chez les Regimbal, les trois plus jeunes, c’est-à-dire Jean-Paul, Raymond et Joseph ont fait partie des Chanteurs céciliens sous la direction de Joseph Beaulieu. La troupe parcourt le Nord-Ouest de l’Ontario. Jean-Paul a souvent été soliste lors des prestations publiques [15]
« Jean », comme l’appellent affectueusement et simplement ses frères et sœurs, performe particulièrement au piano. C’est un virtuose! D’ailleurs, au fil de ses jeunes années, il désire devenir concertiste professionnel. Au long de son enfance et de son adolescence, il suit des leçons dans ce seul but.
En 1940, lors d’une visite à la prison de Cochrane, un fort appel intérieur se fait sentir dans le cœur de l’enfant de 9 ans : venir en aide aux personnes privées de liberté.[16]
Ce jour-là, un détenu lui demande simplement de lui apporter un journal. Ce geste insignifiant en apparence impressionne profondément l'enfant. Il découvre qu'une présence, une attention ou un petit service peuvent apporter beaucoup à une personne privée de liberté. Il en parlera longtemps autour de lui.
À cause de son asthme, Jean-Paul ne pratique pas de sport. Il occupe donc son temps à d’autres activités.[17]
À 10 ans, il compose sa première pièce musicale et, à 12 ans, sa première messe à quatre voix qu’il enregistre sur disque pour sa mère grâce à la participation de la radio de North Bay où il habite.[18]
Les samedis après-midi, à son initiative, il amène son frère Raymond visiter les personnes âgées au centre d’accueil situé près de la maison familiale. Pour Raymond, c’était un véritable sacrifice, mais Jean-Paul s’en fait une joie.[19]
Jean-Paul aime rire. Il excelle dans les « bonnes farces » et les jeux de mots. Il adore, notamment, citer la Bible autour de la table. Un jour, excédé par cette manie, un de ses frères lui demande : « Que feras-tu si je te frappe une joue ». Sans tarder, Jean-Paul répond qu’il tendra l’autre joue. Alors, son frère lui donne un coup au visage. Jean-Paul lui tend l’autre joue. Sans hésitation, il lui assène un autre coup. Insulté, d’un bon Jean-Paul lui fout son poing sur la mâchoire.[20]
Au Collège du Sacré-Cœur, à Sudbury
Jean-Paul Regimbal entre au Collège Sacré-Cœur des Jésuites de Sudbury [21] ou son frère aîné, Albert, est déjà reçu Jésuite. Il y rejoint son frère Raymond.
À l’école, il s’avère un adolescent fonceur et qui agit toujours par conviction : il touche à l’orgue et s’implique dans les activités étudiantes.[22]
Un jour, sa mère parcourt les 130 kilomètres de North Bay à Sudbury pour visiter ses fils. Ce n’est pas le jour des visites. Madame Regimbal (Emma Frappier) doit repartir de l’école sans voir ses fils. Elle laisse un paquet et un message pour ses fistons.
Jean-Paul n’a pas froid aux yeux. En apprenant que les Jésuites ont empêché sa mère de voir ses enfants, Jean-Paul, fâché, investit le bureau du directeur et s’insurge contre une telle pratique, signifiant qu’il n’est pas charitable d’avoir aussi peu de considérations pour les parents.[23]
Au terme de son enfance, plusieurs traits qui marqueront toute sa vie sont déjà présents : un tempérament fonceur, un remarquable talent musical, une foi simple, un goût du service et une attention particulière envers les personnes oubliées.
Il tombe sous le charme
Du 18 au 22 juin 1947, au Parc Lansdowne, à Ottawa, a lieu un grand congrès marial, à l’occasion du 100e anniversaire du diocèse d’Ottawa.
Le cardinal James McGuigan, archevêque de Toronto, le cardinal Paul Émile Léger, archevêque de Montréal, et tous le gratin religieux catholique du pays est présent.
Le programme comprend des conférences, des célébrations et des manifestations artistiques.
Le 18 juin 1947, le quotidien Le Droit publie un supplément de plus de 50 pages pour souligner l’événement. À part l’abondante publicité, on y donne le programme et on y présente les activités et les dignitaires.
Jean-Paul Regimbal se rend au congrès avec d’autres étudiants du collège du Sacré-Cœur qu’il fréquente à Sudbury.
Il est très intéressé par la grande exposition religieuse qui y est présentée. 117 communautés d'hommes et de femmes y tiennent des kiosques illustrant leurs liens avec la Vierge Marie. Celle-ci couvre une superficie de plus de 133,000 pieds carrés.[24]
Pour la première fois de sa vie, Jean-Paul rencontre des Trinitaires. C’est le coup de foudre! Ces instants sont pour lui une réponse à ses nombreuses prières. Il se dit : « Voilà enfin des religieux qui s’occupent des prisonniers! »
Sans tarder, il en parle à son guide spirituel. Le père Jean-Paul Demers, s.j. Ce dernier lui demande de garder cela dans le secret de son cœur afin de laisser Dieu lui préciser l’appel. En sera-t-il capable?
____________________
[1] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pId=537740 Note : En effectuant mes recherches généalogiques, j'ai constaté que Jean-Paul Regimbal et moi sommes de lointains cousins. Charles Allaire (1637-1687) est son 11e arrière-grand-père du côté de sa grand-mère maternelle et mon 7e arrière-grand-père du côté paternel, en passant par les familles Voyer, Bélanger, Talbot et Allaire.
[2] Avis de décès de Jean-Paul Regimbal. Voix de l’Est, 12 septembre 1988, page 18. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[3] Albert deviendra prêtre jésuite
[4] Germaine deviendra religieuse de l’Assomption de Nicolet
[5] Pauline épousera Carmen Norman
[6] Jacqueline épousera Robert Foisy
[7] Maurice épousera Clémence Rivet
[8] Raymond épousera Lorraine Nadon
[9] Sylvio épousera Roland Michaud
[10] Jean-Paul deviendra prêtre trinitaire
[11] Louis-Joseph épousera Diana Gardiner
[12] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pid=537740 Note de recherche : Le registre semble indiquer que le parrain pourrait être le curé Joseph Chapleau, qui est également le célébrant du baptême. Cette interprétation devra être confirmée par l'examen de l'original ou par la comparaison avec d'autres actes du même registre.
[13] Une piquette est un vin bon marché et de qualité médiocre.
[14] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[15] Il en est aussi question dans : Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[16] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[17] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[18] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[19] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[20] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[21] Le collège deviendra l’Université de Sudbury en 1957 et deviendra une composante de l’Université Laurentienne en 1960.
[22] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[23] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[24] Supplément publié à l’occasion du congrès marial d’Ottawa, page 48 ; Le Droit, 18 juin 1947.
[1] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pId=537740 Note : En effectuant mes recherches généalogiques, j'ai constaté que Jean-Paul Regimbal et moi sommes de lointains cousins. Charles Allaire (1637-1687) est son 11e arrière-grand-père du côté de sa grand-mère maternelle et mon 7e arrière-grand-père du côté paternel, en passant par les familles Voyer, Bélanger, Talbot et Allaire.
[2] Avis de décès de Jean-Paul Regimbal. Voix de l’Est, 12 septembre 1988, page 18. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[3] Albert deviendra prêtre jésuite
[4] Germaine deviendra religieuse de l’Assomption de Nicolet
[5] Pauline épousera Carmen Norman
[6] Jacqueline épousera Robert Foisy
[7] Maurice épousera Clémence Rivet
[8] Raymond épousera Lorraine Nadon
[9] Sylvio épousera Roland Michaud
[10] Jean-Paul deviendra prêtre trinitaire
[11] Louis-Joseph épousera Diana Gardiner
[12] Paroisse Saint-Vincent-de-Paul (North Bay, Ontario), registre des baptêmes, 1931, acte no 71 (Jean Paul Avila Regimbal), 5 juillet 1931. Collection Drouin (consultée sur Ancestry, le 31 juillet 2026). https://www.ancestry.ca/imageviewer/collections/1109/images/d13p_34890456?pid=537740 Note de recherche : Le registre semble indiquer que le parrain pourrait être le curé Joseph Chapleau, qui est également le célébrant du baptême. Cette interprétation devra être confirmée par l'examen de l'original ou par la comparaison avec d'autres actes du même registre.
[13] Une piquette est un vin bon marché et de qualité médiocre.
[14] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430720?calendar_open=1
[15] Il en est aussi question dans : Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[16] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[17] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[18] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[19] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[20] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[21] Le collège deviendra l’Université de Sudbury en 1957 et deviendra une composante de l’Université Laurentienne en 1960.
[22] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[23] Daniel Paquette. « Enfant, Jean-Paul Regimbal jouait à dire la messe le samedi », Voix de l’Est, 13 septembre 1988, page 3. https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3430721
[24] Supplément publié à l’occasion du congrès marial d’Ottawa, page 48 ; Le Droit, 18 juin 1947.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Homélie de Mgr Jean-Marie Fortier aux funérailles de René Lévesque
Homélie de Mgr Jean-Marie Fortier
Texte intégral de l'homélie prononcée le 5 novembre 1987 par Mgr Jean-Marie Fortier, archevêque de Sherbrooke et président de la Conférence canadienne des évêques, lors des funérailles nationales de René Lévesque.
Frères et sœurs dans le Christ,
M. René Lévesque, Gaspésien, journaliste, homme politique éminent, premier ministre du Québec, n'est plus!
Cette nouvelle nous frappa de plein fouet à l'aube du 2 novembre dernier.
René Lévesque n'est plus!
Quelles que soient leurs allégeances politiques, il n'aura pas manqué d'hommes et de femmes pour rendre un hommage légitime à ce grand citoyen.
La douleur, la sympathie, les regrets ont soulevé le peuple québécois telle une puissante vague de fond.
Tantôt par des voix éloquentes, tantôt sur des lèvres malhabiles furent loués son sens de la démocratie, son souci de la justice, son esprit de service, son amour des petites gens, sa simplicité. Toutes valeurs qui s'enracinent profondément dans l'Évangile et qui ne cessent de nous interpeller, qui que nous soyons.
Comme évêque et pasteur, ma responsabilité première, la plus grave, est celle d'enseigner à partir de la Parole de Dieu.
Je puiserai dans celle-ci quelques vérités qui projetteront des lumières sur notre naissance en Dieu, sur le passage de notre mort à la vie éternelle.
Que l'Esprit Saint m'accompagne et me guide; que l'Esprit Saint vous donne cette « oreille intérieure » qui reçoive la parole et lui fasse produire dans vos cœurs espérance, consolation et paix.
Pour mieux saisir la richesse de cet extrait de l'Évangile qui vient d'être proclamé, il importe de le situer dans l'ensemble du troisième chapitre de saint Jean.
Le Christ en est au tout début de sa mission. Il a accompli quelques signes qui secouent la société juive du temps jusque dans les milieux influents.
« Il y avait parmi les pharisiens un homme du nom de Nicodème, un chef des Juifs; celui-ci vint vers Jésus. » (Jn 3, 1)
Venir vers Jésus! Qu'est-ce à dire?
Ce sont les premiers pas de l'homme vers Dieu qui attire, mais toujours respectueux de notre liberté, selon le mot de saint Augustin :
« Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé. »
Des hommes et des femmes viennent vers Jésus, partis des horizons les plus divers, rejoints dans les circonstances les plus variées. Ils arrivent dans des dispositions personnelles qui vont de la réticence explicite, de la simple curiosité jusqu'à la sympathie déclarée.
Nicodème est le type du candidat à la foi.
La rumeur est parvenue à ses oreilles d'un prophète qui va et vient sur les routes, parlant d'autorité et accomplissant des miracles.
Il se présente « de nuit », soit par peur de se compromettre, soit par souci de se ménager un long entretien avec le Maître.
Sa sympathie est manifeste :
« Rabbi, dit-il d'entrée de jeu, nous le savons, c'est de la part de Dieu que tu es venu en docteur; personne, en effet, ne peut faire ces signes que tu fais, si Dieu n'est avec lui. » (Jn 3, 2)
Une conversation s'engage alors entre le Christ et son visiteur, conversation animée au cours de laquelle fusent questions et réponses.
Surgit, à la fin de l'entretien, la grande révélation :
« Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3, 16-17)
Il n'est pas sûr que Nicodème quitta le Christ totalement conquis.
La Parole de Dieu est une semence dont la croissance est habituellement lente.
Nous retrouverons Nicodème plus tard aux heures de l'abandon et de la souffrance.
Son âme droite prend la défense de Jésus devant ses pairs. Il plaide pour lui :
« Notre loi condamne-t-elle un homme sans que d'abord on l'entende et que l'on connaisse ce qu'il a fait? » (Jn 7, 51)
Nicodème sera là près de la croix.
Il se penchera sur le corps du supplicié et lui ménagera un ensevelissement princier.
« Nicodème vint aussi, celui qui au début était venu vers Jésus de nuit; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès d'environ cent livres. » (Jn 19, 39)
Le cycle est complet : la Parole était tombée dans une âme droite; elle a lentement germé et poussé sa tige; elle vient de produire ses fruits : l'amour et le respect d'autrui, même à l'heure de ses plus grandes dérélictions.
Nous sommes et nous demeurons tous des « candidats à la foi », en ce sens que la foi en Dieu et en Jésus-Christ est toujours susceptible de s'enraciner plus avant dans notre être, de croître et, enfin, de produire des fruits plus abondants de justice et d'amour.
Que les baptisés ne se targuent donc pas de leur baptême comme d'un privilège.
Qu'ils le considèrent plutôt comme un appel au dépassement.
Que nul ne désespère de son salut.
Le concile Vatican II, dans son texte majeur sur l'Église, affirme :
« Ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l'Évangile du Christ et son Église et cependant cherchent Dieu d'un cœur sincère et qui, sous l'influence de sa grâce, s'efforcent d'accomplir dans leurs actes sa volonté qu'ils connaissent sous la dictée de leur conscience, ceux-là aussi peuvent obtenir le salut éternel. » (Lumen gentium, no 16)
Déjà l'Ancien Testament, par la voix de Job, a découvert la victoire du Christ sur le péché et sur la mort.
Remarquez la solennité de l'affirmation :
« Je voudrais qu'on écrive ce que je vais dire, que mes paroles soient gravées dans le bronze, qu'elles soient sculptées dans le roc pour toujours. » (Jb 19, 23-24)
Le cri de victoire éclate :
« Je sais, moi, que mon libérateur est vivant et qu'à la fin, il se dressera sur la poussière des morts. » (Jb 19, 25)
Nous sommes intimement liés au triomphe de notre Libérateur.
Comme il convient entre l'amour offert et l'amour reçu, un dialogue muet s'établit entre le Sauveur et le sauvé.
« Je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même, je le verrai et, quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas. » (Jb 19, 26-27)
Comme pour chacun de nous, et au-delà de tout jugement humain, ce dialogue s'est engagé entre le Christ miséricordieux et notre frère René.
Ce dialogue fait aujourd'hui l'objet de notre prière et le vœu de notre espérance.
____________________
Référence :
FORTIER, Jean-Marie, L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. Homélie prononcée lors des funérailles nationales de René Lévesque, Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, 5 novembre 1987. Texte intégral publié dans Le Devoir, 6 novembre 1987, p. 11.
Référence :
FORTIER, Jean-Marie, L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. Homélie prononcée lors des funérailles nationales de René Lévesque, Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, 5 novembre 1987. Texte intégral publié dans Le Devoir, 6 novembre 1987, p. 11.
5 septembre 2026
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Au parc des cultures Bernard Landry, a Saint-Jacques-de-Montcalm dans la region de Lanaudiere, en ce 5 septembre 2026. |
POLITIQUE : Aider le milieu communautaire à se financer
Par Benoit Voyer
5 septembre 2026
Les personnes qui œuvrent dans les innombrables organismes sans but lucratif (OSBL) qu’il y a au Québec et au Canada travaillent fort afin de trouver du financement pour assurer les services qu’elles donnent à la population. Comme on dit, l’argent, c’est le nerf de la guerre.
Ces organismes jouent souvent des rôles de suppléance ou de complémentarité indispensables aux services que les gouvernements donnent à monsieur et madame tout le monde, notamment dans les domaines de la santé et des services sociaux et de la préservation du patrimoine. Ils le font à moindre coût.
Les dirigeants de ces OSBL comptent pour un grand nombre sur le support des gouvernements du Canada et du Québec ou de leur MRC et, même, dans plusieurs cas, de leur municipalité pour se financer. Trouver un programme qui colle à sa mission est tout un défi. Certains organismes doivent aller jusqu’à modifier leur raison d’être pour se conformer et obtenir les subsides désirés.
Malheureusement, les moyens financiers de nos gouvernements sont de plus en plus limités. Ils ne peuvent pas tout financer. L’époque de l’État providence est terminée.
Depuis une trentaine d’années, je le dis et le redis, il faut que les gouvernements aident les OSBL à trouver de nouvelles sources de financement afin qu’on cesse de toujours dépendre d’eux. Pour reprendre dans mes mots un vieil adage : on peut bien donner du poisson à celui qui a faim. C’est louable! Mais si en lui donnant du poisson on lui montrait comment pêcher? En mots moins poétiques : il est essentiel de donner de l’argent pour le maintien des OSBL, mais si en même temps on leur apprenait comment faire surgir de nouvelles sources de financement?
On pourrait aussi aller plus loin. Et si les gouvernements revoyaient la fiscalité en faisant preuve d’audace... Un don en argent à un OSBL pourrait être déductible jusqu’à 100 % sur les impôts annuels. Pourquoi pas? Une telle mesure pourrait aussi aider considérablement le milieu communautaire.
RÉFLEXION SPIRITUELLE : Savoir reconnaître, au moment opportun, qu'il est toujours temps de faire le bien
Par Benoit Voyer
5 septembre 2026
En 1995, à plusieurs reprises, j'ai eu le privilège de rencontrer Mgr Jean-Marie Fortier, alors archevêque de Sherbrooke. À cette époque, je travaillais pour la Revue Notre-Dame du Cap à titre de journaliste et de rédacteur en chef par intérim.
Un matin, j’apprends qu’il a remis sa démission au pape. Il venait de célébrer son 75e anniversaire de naissance. Le droit canonique l’oblige à rappeler « aux officines vaticanes » son âge. Sur un coup de tête, sans trop réfléchir – c’était peut-être une lumière de l’Esprit saint – je prends le téléphone et je l’appelle.
Au bout du fil, il est visiblement heureux qu’un journaliste spécialisé au service de « la sainte Église » lui demande une interview afin de faire le point avec lui sur ses années à la tête du diocèse sherbrookois et pour parler de quelques sujets d’actualité. « J’accepte à une condition », me lance-t-il taquin. Je lui demande laquelle. Il me répond : « Vous allez arriver vers 11h. Vous venez à mon bureau. Vous déposez vos affaires et nous irons manger dans un bon restaurant! Nous bavarderons amicalement « of the record ». Par la suite, nous reviendrons à mon bureau et nous ferons l’entrevue officielle. C’est moi qui paie! Vous serez mon invité… ».
Il était rare qu’un évêque m’accueille de cette manière. J’accepte volontiers.
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| Mgr Jean-Marie Fortier |
Après une série de questions sur mon jeune parcours de journaliste, les sujets s’enchaînent. À plusieurs occasions, il me lance : « Gardez ça pour vous! Je ne pourrai pas redire cela publiquement par solidarité avec mes confrères évêques ». Un jour, je vous raconterai peut-être une de ces confidences qui m’ont fait voir la morale chrétienne d’une nouvelle manière.
Je me souviendrai jusqu’à ma mort de ces précieux moments. Ce jour-là, j’ai fait la rencontre d’un homme de grande culture, mais surtout d'une profonde bonté. Il ne jugeait pas les personnes à partir des étiquettes qu'on leur collait.
Dans son bureau, nous nous mettons rapidement au boulot. Je mets mon magnétophone sur « record » et, sans prendre le plan d’entrevue que j’avais préparé, j’ai choisi de simplement poursuivre la conversation avec la même fluidité et bonhomie qui avait marqué notre repas. Bien entendu, je tenterai de revenir sur quelques conversations, mais lorsqu'il devinait la direction que je prenais, il me faisait un signe de la main pour indiquer son refus d’aller plus loin dans cette direction.
L’entretien officiel [1] s’ouvrira sur une boutade sarcastique : Comme ça « si je me souviens bien, c'est vous qui avez célébré les funérailles de René Lévesque... »
Il n’en fallait pas plus pour lui faire parler d’un des grands instants de sa vie. Il n’en a jamais parlé publiquement, mais au repas il m’avait confié être en faveur de la souveraineté politique du Québec…
« ...ça c'est une belle histoire! Il meurt le dimanche soir... Évidemment, le lundi matin, nous parlions de cela à l'archevêché. Raymond, un confrère, me dit : « Monseigneur, je n'aimerais pas être dans les bottes de celui qui fera l'homélie de la cérémonie de l'ex-premier ministre. » Je lui ai répondu : « C'est entendu que ça ne sera pas facile, mais le cardinal Vachon a une grande expérience. Je vais y aller comme président de l'Assemblée des évêques du Québec (AEQ). Je vais m'asseoir dans le chœur de la cathédrale et écouter l'homélie. »
La journée se passe normalement et, à 22 h 30, l'évêque auxiliaire de Québec me téléphone et dit : « Écoutez, monseigneur, on est vraiment mal pris! L'archevêque est à Victoria. Il est malade et ne peut absolument pas être présent aux funérailles. Pourriez-vous venir? »
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| Les funérailles de René Lévesque, à Québec |
Les téléphones des journalistes ont commencé à arriver : « Pourquoi est-ce que c'est vous qui présiderez les funérailles? Vous allez célébrer les funérailles d'un divorcé-remarié? » J'ai répondu que ce n'était pas une béatification et que c'est l'Église qui intercède pour le salut de l'âme de son fils qui est décédé. Quand je vais avoir mes funérailles, ils vont prier pour l'âme de leur pauvre évêque, le recommandant à la miséricorde de Dieu. Pour monsieur Lévesque, c'est la même chose!
L'après-midi du mercredi, Jacques Côté, le responsable des communications au diocèse de Québec, me demandait d'assister à une conférence de presse.
Au fond, les journalistes voulaient savoir le déroulement de la cérémonie. J'ai répondu à leurs questions. J'ai finalement dit : « Mon homélie est prête, je vous en remets une copie. Je vous demanderais seulement de respecter l'embargo jusqu'à demain après-midi après la célébration. » Ils ont accepté. »
C’est effectivement ce qu’il a fait.
Le 5 novembre 1987, son homélie des funérailles de René Lévesque s’ouvrira en disant : « Frères et sœurs dans le Christ, M. René Lévesque, Gaspésien, journaliste, homme politique éminent, premier ministre du Québec, n'est plus! Cette nouvelle nous frappa de plein fouet à l'aube du 2 novembre dernier. René Lévesque n'est plus! Quelles que soient leurs allégeances politiques, il n'aura pas manqué d'hommes et de femmes pour rendre un hommage légitime à ce grand citoyen. La douleur, la sympathie, les regrets ont soulevé le peuple québécois telle une puissante vague de fond. Tantôt par des voix éloquentes, tantôt sur des lèvres malhabiles furent loués son sens de la démocratie, son souci de la justice, son esprit de service, son amour des petites gens, sa simplicité. Toutes valeurs qui s'enracinent profondément dans l'Évangile et qui ne cessent de nous interpeller, qui que nous soyons. Comme évêque et pasteur, ma responsabilité première, la plus grave, est celle d'enseigner à partir de la Parole de Dieu. »[2]
Après avoir longuement commenté les textes bibliques lus précédemment, il conclura en lançant : « Comme pour chacun de nous, et au-delà de tout jugement humain, ce dialogue s'est engagé entre le Christ miséricordieux et notre frère René. Ce dialogue fait aujourd'hui l'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. »
Mgr Jean-Marie Fortier a refusé d'entrer dans le débat sur les mœurs de l’ancien premier ministre. Son regard était ailleurs. Il voyait d'abord un homme confié à la miséricorde de Dieu.
En relisant l'Évangile de Luc (Lc 6, 1-5), le souvenir de l’attitude de cet évêque m'est revenu avec force.
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| René Lévesque, le cardinal Louis Albert Vachon et saint Jean-Paul II, a Québec |
Les pharisiens reprochent aux disciples d'arracher quelques épis un jour de sabbat. La question semble porter sur une règle religieuse. En réalité, Jésus dévoile quelque chose de beaucoup plus profond : notre tendance à laisser les règles prendre toute la place, jusqu'à oublier la personne.
Le sabbat est un don de Dieu. Jésus ne le méprise pas. Mais lorsque son interprétation devient un obstacle au bien, il rappelle sa véritable raison d'être. Les disciples ont faim. Avant de voir une infraction, Jésus voit des hommes.
Jean-Marie Fortier a fait un peu la même chose. Avant de voir le « divorcé-remarié » ou de s'arrêter aux jugements portés sur sa vie, il voyait d'abord un homme décédé pour lequel l'Église était appelée à prier. Il ne rejetait pas l'enseignement de l'Église. Il refusait simplement que celui-ci fasse oublier la première mission de l'Église : conduire les êtres humains vers la miséricorde de Dieu.
C’est peut-être là l'une des plus grandes résistances de notre cœur. Nous sommes souvent plus rapides à revendiquer une règle qu'à discerner ce que Dieu attend de nous dans une situation concrète. L'Évangile ne nous demande pas de mépriser les règles. Il nous invite à ne jamais oublier pourquoi elles existent.
Le plus bel hommage que l'on puisse rendre à Dieu n'est peut-être pas de gagner un débat, mais de savoir reconnaître, au moment opportun, qu'il est toujours temps de faire le bien.
Comme disait Jean-Marie Fortier aux funérailles de René Lévesque : « la Parole était tombée dans une âme droite; elle a lentement germé et poussé sa tige; elle vient de produire ses fruits : l'amour et le respect d'autrui, même à l'heure de ses plus grandes dérélictions ». Oui, même à l’heure des grands instants d’abandon absolu.
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[1] Benoit Voyer, « Le temps d'une paix », Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, pp. 20-21.
[2] FORTIER, Jean-Marie. L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. Homélie prononcée lors des funérailles nationales de René Lévesque, Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, 5 novembre 1987. Texte intégral publié dans Le Devoir, 6 novembre 1987, p. 11.
[1] Benoit Voyer, « Le temps d'une paix », Revue Notre-Dame du Cap, novembre 1995, pp. 20-21.
[2] FORTIER, Jean-Marie. L'objet de notre prière et le vœu de notre espérance. Homélie prononcée lors des funérailles nationales de René Lévesque, Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, 5 novembre 1987. Texte intégral publié dans Le Devoir, 6 novembre 1987, p. 11.
MA FOI DU BON DIEU : Lectio divina
Tot ce matin, j'ai lu un extrait du livre de Seracide (si 34, 2-3). Puis, j'ai ferme mes yeux afin de laisser le texte penetrer en moi.
RELIGIOLOGIQUE : Le prélude à la société catholique québécoise
Par Benoit Voyer
5 septembre 2026
Pendant environ 125 ans, l’Église catholique a été très présente dans la société québécoise. On pense de nos jours qu’il en a toujours été ainsi depuis l’époque de la colonisation française. Ce n’est pourtant pas la réalité. Dans la première partie des années 1800, le catholicisme est en sévère perte de vitesse. Les religieux, religieuses et membres du clergé sont de moins en moins présents dans la société. Et puis, dans l’ensemble, les catholiques sont de moins en moins catéchisés et mélangent leurs croyances avec d’autres. Le catholicisme se dirigeait droit dans un mur.
Le 3 septembre 1840, l’évêque de Québec, Mgr Pierre-Flavien Turgeon, reçoit de la grande visite. Venant à peine de débarquer du British America au port de Québec, après avoir parcouru une partie des États-Unis, Mgr Charles-Auguste de Fourbin-Janson, évêque de Nancy, en France, et fondateur de la congrégation des missionnaires de France, en 1814, répond à la demande de l’épiscopat de donner une série de sermons au Canada.
L’invité a la réputation d’être un grand orateur. « Il possède à un degré éminent la triple puissance du pathétique, de la logique et de l’enthousiasme, ce qui, joint à une phraséologie naturelle et intarissable », indiquent les Prémices des « Mélanges religieux »[1].
Sans tarder, le dimanche 6 septembre, il donne un premier grand entretien dans la cathédrale de Québec. Ne possédant pas d’organisme de loisirs culturels, les citoyens de Québec aiment se régaler de beaux discours. À entendre cet homme venu de loin, ils sont comblés.
Le lendemain, le journal Le Canadien [2] fait les éloges de l’évêque et annonce une grande retraite spirituelle : « Le sermon de Monseigneur l’évêque de Nancy, hier, dans la cathédrale de cette ville, a produit une impression des plus vives dans son auditoire, et il est devenu le sujet de toutes les conversations : en un mot on en est revenu tout enthousiasmé. Aussi est-ce une bonne nouvelle que l’on va recevoir avec infiniment de plaisir, lorsque nous dirons que ce vénérable prélat se propose de faire en cette ville une retraite de quelques jours, où chacun pourra aller se nourrir avec abondance de la parole de Dieu prêchée par une bouche éloquente. De Québec, Mgr de Nancy doit se rendre, dit-on, à Montréal et dans le Haut-Canada, puis au Détroit et à New York, et dans diverses autres parties des États-Unis, semant partout les fruits de son admirable prédication. Il fait espérer une nouvelle visite à Québec dans le cours de l’été prochain. »
La retraite spirituelle débute le 13 septembre. Elle ne devait durer qu’une semaine, mais devant l’affluence, elle sera prolongée. Le 28 septembre, le journal Le Canadien [3] écrit : « Hier s’est terminée la retraite, commencée il y avait deux semaines, à la cathédrale de cette ville, sous la direction de Monseigneur de Nancy. Cette retraite ne devait durer qu’une semaine, mais l’affluence des fidèles auprès des directeurs de leurs consciences a été telle, tant de monde a voulu profiter des avantages spirituels qu’offrait cette retraite, qu’on a dû doubler le temps qu’on lui avait d’abord destiné. Tel est l’effet du cours de prédications de ce prélat distingué ; il en dit plus que tout ce que nous pourrions rapporter, dans le cas où un pareil sujet tomberait dans les attributions du journalisme. Monseigneur de Nancy a prêché deux fois par jour la première semaine, et une fois la seconde, et chacune de ses improvisations durait une heure et demie à peu près. On avait réuni dans cette retraite les fidèles des deux paroisses de Québec et de St-Roch, la matinée pour les femmes, le soir pour les hommes, et chaque fois la cathédrale était encombrée de monde. On a calculé qu’il ne pouvait pas y avoir moins de 5 000 à 6 000 personnes à chaque instruction.
Monseigneur de Nancy a su profiter de l’impulsion qu’il a imprimée à la population catholique de cette ville, pour encourager la formation d'une société de tempérance, sous les auspices des autorités ecclésiastiques, et avec des avantages et exercices spirituels, sur le modèle des sociétés recommandées par les évêques catholiques d’Irlande et des États-Unis. Ainsi le passage de ce prélat serait marqué par l’accomplissement d’une œuvre qui ne peut manquer d’influer beaucoup et d’une manière permanente sur le bien-être social de notre population. […]
Cet après-midi, il a dû être présenté à Monseigneur de Nancy une adresse signée par un grand nombre de notabilités catholiques de cette ville, le remerciant des efforts qu’il a bien voulu faire en faveur des fidèles des deux paroisses. »
Le 30 septembre, l’évêque de Nancy quitte Québec pour Montréal [4], mais la visite est compromise à cause du décès de l’évêque montréalais.
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[1] Prémices des Mélanges religieux, 14 décembre 1840 au 20 janvier 1841, p. 12. Cité dans : Germaine Duval. Par le Chemin du roi une femme est venue, Bellarmin, 1982, p. 111.
[2] Le Canadien, 7 septembre 1840, p. 3 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3455239
[3] Le Canadien, 28 septembre 1840, p. 3 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3455248
[4] Le Canadien, 30 septembre 1840, p. 2 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3455249
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