RÉFLEXION SPIRITUELLE : Marie-Madeleine, Jeanne et Suzanne

Marie-Madeleine, Jeanne et Suzanne

Par Benoit Voyer

18 septembre 2026

Les années de vie publique de Jésus ont grandement été possibles grâce aux femmes qui le suivaient dans son périple dans les régions de la Galilée et de la Judée. Plusieurs d’entre elles avaient des positions financières enviables et ont contribué généreusement avec leurs ressources financières et matérielles. C’est le cas de Marie-Madeleine, Jeanne et Suzanne.

Dans le cercle des femmes disciples qui le suivaient, Marie-Madeleine est considérée par les théologiens comme étant celle qui est à la tête du groupe, au même titre que Pierre l’était dans celui des apôtres masculins. De plus, elle est une figure importante des récits évangéliques. Il est question d’elle plus de douze fois. Cela est bien davantage que pour chacun des disciples masculins.

Jeanne
Il y avait aussi Jeanne (cf. Lc 8, 1-3), la conjointe de Kouza. Elle est l’une des femmes guéries par Jésus d’esprits mauvais et de maladies.

Elle venait d’un milieu relativement aisé puisque son mari était attaché à Hérode Antipas, tétrarque de Galilée. D’ailleurs, le mot grec utilisé pour « Kouza », epitropos, peut désigner un intendant, un administrateur ou un gestionnaire. Ainsi donc, il occupait une fonction importante dans l’entourage d’Hérode.

Un tétrarque, c’est un petit prince ou un souverain local placé sous l’autorité de Rome. Grâce à la tradition chrétienne, on connaît encore de nos jours Hérode Antipas, fils d’Hérode le Grand. Après le décès de son père, vers 4 av. J.-C., le royaume a été scindé entre plusieurs héritiers. Antipas reçut en héritage la Galilée, où se trouvent Nazareth et Capharnaüm, et la Pérée, un territoire situé à l’est du Jourdain. Il gouvernera ces territoires de 4 av. J.-C. à 39 après J.-C., mais son pouvoir dépendait de l’empereur romain.

Cette présence de Jeanne dans l’entourage de Jésus peut surprendre. Cette femme qui soutient Jésus appartient au milieu de la cour d’Hérode, celui-là même qui jouera un rôle dans le récit des dernières heures de Jésus.

En plus d’être du nombre des disciples féminins de Jésus et de soutenir son ministère, elle sera une des trois premières à voir le tombeau vide au matin de Pâques avec Marie-Madeleine et Marie, la mère de Jacques et à rendre témoignage au groupe des disciples masculins (cf. Lc 24, 10).

Suzanne
Pour ce qui est de Suzanne, on sait bien peu de choses à son sujet puisqu’elle n’apparaît qu’une seule fois dans les évangiles canoniques (Lc 8, 1-3).

Cette femme parcourait villes et villages avec les Douze et le groupe des disciples féminins. Il semble qu’elle disposait d’une certaine autonomie matérielle.

Luc, dans son récit au style littéraire évangélique, juge qu’elle est suffisamment importante dans le rôle qu’elle joue dans le ministère itinérant de Jésus pour qu’il garde son prénom dans son récit alors que bien d’autres sont omis.

Place aux femmes
Les femmes sont discrètes dans les récits qui nous ont été transmis sur la vie de Jésus. En revanche, elles ne sont pas secondaires dans l’histoire. Sans leurs contributions humaines et matérielles, la mission itinérante de Jésus aurait été bien différente. Il leur a donné beaucoup. Transformées intérieurement par leur rencontre avec le Maître, elles lui ont probablement redonné au centuple ce qu’elles avaient reçu.

Les spécialistes s’entendent sur le fait que Jésus a apporté aux femmes de son époque une plus grande place qu’elles n’occupaient dans la société juive traditionnelle. Aujourd’hui, quelles places leur accorde-t-on dans nos communautés ?