Par Jean Ravary
tiré du livre "J'ose le dire" (1988)
tiré du livre "J'ose le dire" (1988)
Le Renouveau n’est pas une institution ni un mouvement organisé ni un club dont on pourrait dire: «Moi, j’en suis membre» ou «Je n’en suis pas». Ce n’est ni un lieu ni un phénomène qui se laisse facilement mesurer. [...]
Qu’est-ce qui caractérise spécialement le Renouveau dit charismatique? C’est tout simplement qu’il s’accompagne d’une floraison exceptionnelle de charismes. Et les charismes sont des dons gratuits accordés en vue de mieux exercer la charité, c’est-à-dire qu’ils sont donnés pour le bien des autres. [...]
Cela répond vraiment au vœu du Pape Jean XXIII lorsqu’il a lancé le Concile Vatican II. Il avait dit, la veille du Concile: "Ô Esprit-Saint envoyé par le Père au nom de Jésus, Toi qui assistes l’Église de ta présence et la diriges infailliblement, daigne, nous t’en prions, répandre la plénitude de tes dons sur ce Concile et renouveler en notre époque, comme pour une nouvelle Pentecôte, tes merveilles." [...]
La plupart des historiens font débuter le Renouveau charismatique avec l’éclosion du Pentecôtisme. L’événement survint, semble-t-il, dans la nuit du 31 décembre 1900 au 1er janvier 1901, aux États-Unis, au Kansas, où un pasteur méthodiste du nom de Charles Parham avait fondé une école pour étudier la Bible. Lui et ses étudiants étaient particulièrement déçus du contraste qui existait entre le caractère morne et morose de l’Église moderne et le dynamisme tonifiant de l’Église primitive, tel que décrit dans les Actes des Apôtres. Ils ne pouvaient pas croire que les dons du Saint-Esprit, les charismes, aient été distribués seulement à l’occasion de la fondation de l’Église et soient disparus ensuite. «La Bible, nous dit l’abbé René Laurentin, ne présente pas ces dons comme provisoires. L’histoire de l’Église tendrait à démontrer qu’ils resurgissent aux moments de vitalité chrétienne et plus spécialement dans des temps de mutation.» C’est donc dans cet état de questionnement que Parham organisa une veillée de prière. Et là, une de ses étudiantes, Agnès Ozman, «se sentit pressée de demander l’imposition des mains afin de recevoir le don du Saint-Esprit». Le pasteur accepta. Ce fut alors comme si des fleuves d’eau vive jaillissaient du plus profond de son être. Elle se mit à parler un langage inconnu d’elle-même mais qu’un bohémien reconnut pour sa propre langue maternelle. Dans les jours qui suivirent, plusieurs membres du groupe vécurent des expériences analogues.
Cela répondait vraiment à la parole de Jésus: «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui croit en moi.» Et Il ajoute: «[...] de son sein couleront des fleuves d’eau vive».[1] Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en Lui. Cette expérience de l’Esprit-Saint dans le Renouveau fut vécue dans les Églises protestante, anglicane, méthodiste, épiscopalienne, luthérienne, presbytérienne et, enfin, dans l’Église catholique, en 1967. Mais, évidemment, l’accueil de ce phénomène chez les catholiques fut loin d’être spontané, parce qu’on croyait y voir des relents du protestantisme. Mais malgré cette peur, il y avait, dans le cœur des promoteurs du Renouveau, un désir sincère de communiquer l’expérience de Dieu de façon plus chaleureuse et plus dynamique que ce qu’ils avaient vécu jusqu’alors.
Au Congrès des Cursillos, des catholiques venus de l’Université Duquesne de Pittsburgh et qui cherchaient une formule dynamique rencontrèrent Steve Clark et Ralph Martin, deux responsables des étudiants dans la paroisse Saint-John, au Michigan. Steve leur parla alors d’un livre qu’il venait de lire et qui l’avait littéralement bouleversé: La Croix et le poignard, de John Sherill. C’était la biographie d’un pasteur, David Wilkerson, qui avait abandonné sa vie paroissiale routinière et bien rangée pour répondre à une impulsion intérieure et se lancer dans une dangereuse aventure missionnaire à New York parmi les délinquants et les drogués du quartier de Brooklyn.
Le chapitre 21 de cet ouvrage livrait le sens de cette expérience: «Le Saint-Esprit en est la réponse.» Alors, les professeurs de l’Université Duquesne découvrirent ce qu’ils cherchaient et qui manquait aux Cursillos: la Bible, l’Esprit Saint, les charismes. Puis l’un d’entre eux, Ralph Keifer, trouva le moyen de participer à une rencontre charismatique. Un pasteur épiscopalien le mit en contact avec l’une de ses paroissiennes déjà engagée dans ce genre d’expérience et, le 13 janvier 1967, Ralph Keifer, son épouse et deux collègues se retrouvèrent chez une dame presbytérienne qui avait organisé un petit groupe de prière. À la fin de cette réunion, ces catholiques demandèrent à recevoir ce qu’on appelle le «baptême dans l’Esprit». On pria alors sur chacun d’eux en leur imposant les mains. À la suite de ces prières, ils furent subitement envahis de l’Esprit-Saint et se mirent à prier en langues. La semaine suivante, Ralph imposa les mains à des collègues de l’Université Duquesne et ils vécurent cette même expérience d’envahissement intérieur de l’Esprit-Saint. Dès lors, l’expansion fut rapide, comme en témoigne le nombre des participants aux rencontres annuelles tenues à l’Université Notre-Dame d’Indiana: en 1967, 90 participants; en 1968, 100; en 1969, 450; en 1970, 1300; en 1971, 4500; en 1972, 11 000; et en 1973, 25 000. C’était comme un feu qui se répandait et c’était bouleversant de voir comment le Seigneur répondait aux prières de son Peuple pour le renouveler en profondeur.
La pensée des chefs de l’Église sur le Renouveau
Il est important d’avoir clairement à l’esprit la pensée des chefs de l’Église, les papes, parce que le Renouveau a souvent été perçu comme un résidu de protestantisme, ce qui n’était pas très bien vu dans l’Église. Voici ce que Paul VI a dit à l’audience du 16 octobre 1974: "La nécessité de la grâce suppose de la part de l’homme un besoin indispensable, le besoin que le prodige de la Pentecôte se poursuive dans l’histoire de l’Église et du monde. Et cela sous la double forme selon laquelle le don de l’Esprit-Saint est conféré aux hommes: d’abord personnellement et ensuite pour les enrichir de prérogatives spéciales que nous appelons charismes. C’est-à-dire des dons gratuits destinés au bien du prochain et spécialement à la communauté des fidèles."
Paul VI disait aussi, le 9 mai 1975, alors qu’il parlait de la joie chrétienne: "Il faut reconnaître une intuition prophétique chez notre prédécesseur Jean XXIII envisageant comme fruit du Concile une sorte de Pentecôte nouvelle. Nous-même avons voulu nous situer dans la même perspective et dans la même attente. Non que la Pentecôte ait cessé d’être actuelle tout au long de l’histoire de l’Église, mais si grands sont les besoins et les périls de ce siècle, si vastes les horizons d’une humanité portée à la coexistence mondiale et impuissante à réaliser qu’il n’y a de salut pour elle que dans une nouvelle effusion du don de Dieu, que vienne donc l’Esprit créateur renouveler la face de la terre."
Et plus tard, Jean-Paul II parlait aux leaders des groupes de prière à Rome, et voici ce qu’il disait: "Je souhaite vous assurer que votre amour du Christ et votre ouverture à l’Esprit de vérité sont un très important témoignage pour la mission de l’Église dans le monde. Aujourd’hui, il y a une autre chance: celle des groupes de prière qui se sont multipliés dans l’Église catholique comme en d’autres communautés ecclésiales, et cela spontanément, d’une façon imprévue. Avec le discernement qui convient, on peut parler d’une grâce venue à point pour sanctifier l’Église, y renouveler le goût de la prière, faire redécouvrir, avec l’Esprit-Saint, le sens de la gratuité, de la louange joyeuse, de la confiance dans l’intercession, et devenir une nouvelle source d’évangélisation."
Les effets de l’effusion de l’Esprit
On pourrait dire beaucoup de choses sur les effets de l’effusion de l’Esprit. Le premier effet est un accroissement de la vie divine. Les chrétiens se rendent compte tout à coup que Dieu n’est pas une idée mais une personne qui nous aime et entre en relation d’amour avec nous. «Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie: "Abba, Père!"»[2] De plus, en nous rappelant que nous n’avons pas de cité permanente ici-bas mais que nous cherchons celle qui est à venir [3], l’Esprit-Saint nous fait désirer le retour du Christ et rend possible dans nos cœurs ce mot tout simple: «Marana tha!», qui veut dire: «Viens, Seigneur Jésus!»[4]
Le deuxième effet de l’effusion de l’Esprit est un amour fraternel. Il se manifeste dans l’entraide et aussi dans la joie de partager à travers les groupes de prière.
Un troisième effet est la prépondérance de la louange et de l’action de grâce dans ces assemblées fraternelles : on remercie Dieu pour ce qu’Il est Lui-même et on le remercie de ce qu’Il fait pour son Peuple. C’est très important.
Un autre effet : l’amour de la Parole de Dieu, c’est-à-dire la découverte de l’attrait de la Bible et de la Parole de Dieu. Il y a d’ailleurs une fréquentation plus assidue de l’Écriture. On prend conscience que le plus beau et le plus grand cadeau de la résurrection de Jésus est la compréhension des Écritures.
L’effusion de l’Esprit nous fait aussi retrouver l’attachement à l’Église. On essaie de regarder l’Église non pas comme si on n’avait rien à lui dire, mais comme des gens qui cherchent à l’améliorer, comme des gens qui sont capables de justifier le désir de Jésus de voir son Église vivante, et d’investir dans cette Église pour qu’elle devienne dynamique. Je suis certain que le jour où nous serons davantage renouvelés par cette effusion de l’Esprit, nos communautés chrétiennes retrouveront une vigueur nouvelle et cesseront d’être anémiques. Et enfin, une autre conséquence de cet envahissement de l’Esprit-Saint est de faire de nous des témoins comme nous l’a demandé Jésus: témoins de l’Évangile et témoins du Christ mort et ressuscité. C’est facile de dire de belles choses sur Dieu, mais le plus important est d’en vivre.
Ceci amène une autre conséquence: la libération et la délivrance. C’est-à-dire que nous cherchons à nous libérer de ce qui s’oppose à l’alliance de Dieu pour accueillir ce que Dieu veut faire par les charismes, par sa grâce et par sa gratuité.
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[1] La Bible, Évangile selon saint Jean, chapitre 7, versets 37-39.
[2] La Bible, Épître aux Galates, chapitre 4, verset 6.
[3] La Bible, Épître aux Hébreux, chapitre 13, verset 14.
[4] La Bible, Apocalypse, chapitre 22, verset 20.
Qu’est-ce qui caractérise spécialement le Renouveau dit charismatique? C’est tout simplement qu’il s’accompagne d’une floraison exceptionnelle de charismes. Et les charismes sont des dons gratuits accordés en vue de mieux exercer la charité, c’est-à-dire qu’ils sont donnés pour le bien des autres. [...]
Cela répond vraiment au vœu du Pape Jean XXIII lorsqu’il a lancé le Concile Vatican II. Il avait dit, la veille du Concile: "Ô Esprit-Saint envoyé par le Père au nom de Jésus, Toi qui assistes l’Église de ta présence et la diriges infailliblement, daigne, nous t’en prions, répandre la plénitude de tes dons sur ce Concile et renouveler en notre époque, comme pour une nouvelle Pentecôte, tes merveilles." [...]
La plupart des historiens font débuter le Renouveau charismatique avec l’éclosion du Pentecôtisme. L’événement survint, semble-t-il, dans la nuit du 31 décembre 1900 au 1er janvier 1901, aux États-Unis, au Kansas, où un pasteur méthodiste du nom de Charles Parham avait fondé une école pour étudier la Bible. Lui et ses étudiants étaient particulièrement déçus du contraste qui existait entre le caractère morne et morose de l’Église moderne et le dynamisme tonifiant de l’Église primitive, tel que décrit dans les Actes des Apôtres. Ils ne pouvaient pas croire que les dons du Saint-Esprit, les charismes, aient été distribués seulement à l’occasion de la fondation de l’Église et soient disparus ensuite. «La Bible, nous dit l’abbé René Laurentin, ne présente pas ces dons comme provisoires. L’histoire de l’Église tendrait à démontrer qu’ils resurgissent aux moments de vitalité chrétienne et plus spécialement dans des temps de mutation.» C’est donc dans cet état de questionnement que Parham organisa une veillée de prière. Et là, une de ses étudiantes, Agnès Ozman, «se sentit pressée de demander l’imposition des mains afin de recevoir le don du Saint-Esprit». Le pasteur accepta. Ce fut alors comme si des fleuves d’eau vive jaillissaient du plus profond de son être. Elle se mit à parler un langage inconnu d’elle-même mais qu’un bohémien reconnut pour sa propre langue maternelle. Dans les jours qui suivirent, plusieurs membres du groupe vécurent des expériences analogues.
Cela répondait vraiment à la parole de Jésus: «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui croit en moi.» Et Il ajoute: «[...] de son sein couleront des fleuves d’eau vive».[1] Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en Lui. Cette expérience de l’Esprit-Saint dans le Renouveau fut vécue dans les Églises protestante, anglicane, méthodiste, épiscopalienne, luthérienne, presbytérienne et, enfin, dans l’Église catholique, en 1967. Mais, évidemment, l’accueil de ce phénomène chez les catholiques fut loin d’être spontané, parce qu’on croyait y voir des relents du protestantisme. Mais malgré cette peur, il y avait, dans le cœur des promoteurs du Renouveau, un désir sincère de communiquer l’expérience de Dieu de façon plus chaleureuse et plus dynamique que ce qu’ils avaient vécu jusqu’alors.
Au Congrès des Cursillos, des catholiques venus de l’Université Duquesne de Pittsburgh et qui cherchaient une formule dynamique rencontrèrent Steve Clark et Ralph Martin, deux responsables des étudiants dans la paroisse Saint-John, au Michigan. Steve leur parla alors d’un livre qu’il venait de lire et qui l’avait littéralement bouleversé: La Croix et le poignard, de John Sherill. C’était la biographie d’un pasteur, David Wilkerson, qui avait abandonné sa vie paroissiale routinière et bien rangée pour répondre à une impulsion intérieure et se lancer dans une dangereuse aventure missionnaire à New York parmi les délinquants et les drogués du quartier de Brooklyn.
Le chapitre 21 de cet ouvrage livrait le sens de cette expérience: «Le Saint-Esprit en est la réponse.» Alors, les professeurs de l’Université Duquesne découvrirent ce qu’ils cherchaient et qui manquait aux Cursillos: la Bible, l’Esprit Saint, les charismes. Puis l’un d’entre eux, Ralph Keifer, trouva le moyen de participer à une rencontre charismatique. Un pasteur épiscopalien le mit en contact avec l’une de ses paroissiennes déjà engagée dans ce genre d’expérience et, le 13 janvier 1967, Ralph Keifer, son épouse et deux collègues se retrouvèrent chez une dame presbytérienne qui avait organisé un petit groupe de prière. À la fin de cette réunion, ces catholiques demandèrent à recevoir ce qu’on appelle le «baptême dans l’Esprit». On pria alors sur chacun d’eux en leur imposant les mains. À la suite de ces prières, ils furent subitement envahis de l’Esprit-Saint et se mirent à prier en langues. La semaine suivante, Ralph imposa les mains à des collègues de l’Université Duquesne et ils vécurent cette même expérience d’envahissement intérieur de l’Esprit-Saint. Dès lors, l’expansion fut rapide, comme en témoigne le nombre des participants aux rencontres annuelles tenues à l’Université Notre-Dame d’Indiana: en 1967, 90 participants; en 1968, 100; en 1969, 450; en 1970, 1300; en 1971, 4500; en 1972, 11 000; et en 1973, 25 000. C’était comme un feu qui se répandait et c’était bouleversant de voir comment le Seigneur répondait aux prières de son Peuple pour le renouveler en profondeur.
La pensée des chefs de l’Église sur le Renouveau
Il est important d’avoir clairement à l’esprit la pensée des chefs de l’Église, les papes, parce que le Renouveau a souvent été perçu comme un résidu de protestantisme, ce qui n’était pas très bien vu dans l’Église. Voici ce que Paul VI a dit à l’audience du 16 octobre 1974: "La nécessité de la grâce suppose de la part de l’homme un besoin indispensable, le besoin que le prodige de la Pentecôte se poursuive dans l’histoire de l’Église et du monde. Et cela sous la double forme selon laquelle le don de l’Esprit-Saint est conféré aux hommes: d’abord personnellement et ensuite pour les enrichir de prérogatives spéciales que nous appelons charismes. C’est-à-dire des dons gratuits destinés au bien du prochain et spécialement à la communauté des fidèles."
Paul VI disait aussi, le 9 mai 1975, alors qu’il parlait de la joie chrétienne: "Il faut reconnaître une intuition prophétique chez notre prédécesseur Jean XXIII envisageant comme fruit du Concile une sorte de Pentecôte nouvelle. Nous-même avons voulu nous situer dans la même perspective et dans la même attente. Non que la Pentecôte ait cessé d’être actuelle tout au long de l’histoire de l’Église, mais si grands sont les besoins et les périls de ce siècle, si vastes les horizons d’une humanité portée à la coexistence mondiale et impuissante à réaliser qu’il n’y a de salut pour elle que dans une nouvelle effusion du don de Dieu, que vienne donc l’Esprit créateur renouveler la face de la terre."
Et plus tard, Jean-Paul II parlait aux leaders des groupes de prière à Rome, et voici ce qu’il disait: "Je souhaite vous assurer que votre amour du Christ et votre ouverture à l’Esprit de vérité sont un très important témoignage pour la mission de l’Église dans le monde. Aujourd’hui, il y a une autre chance: celle des groupes de prière qui se sont multipliés dans l’Église catholique comme en d’autres communautés ecclésiales, et cela spontanément, d’une façon imprévue. Avec le discernement qui convient, on peut parler d’une grâce venue à point pour sanctifier l’Église, y renouveler le goût de la prière, faire redécouvrir, avec l’Esprit-Saint, le sens de la gratuité, de la louange joyeuse, de la confiance dans l’intercession, et devenir une nouvelle source d’évangélisation."
Les effets de l’effusion de l’Esprit
On pourrait dire beaucoup de choses sur les effets de l’effusion de l’Esprit. Le premier effet est un accroissement de la vie divine. Les chrétiens se rendent compte tout à coup que Dieu n’est pas une idée mais une personne qui nous aime et entre en relation d’amour avec nous. «Et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie: "Abba, Père!"»[2] De plus, en nous rappelant que nous n’avons pas de cité permanente ici-bas mais que nous cherchons celle qui est à venir [3], l’Esprit-Saint nous fait désirer le retour du Christ et rend possible dans nos cœurs ce mot tout simple: «Marana tha!», qui veut dire: «Viens, Seigneur Jésus!»[4]
Le deuxième effet de l’effusion de l’Esprit est un amour fraternel. Il se manifeste dans l’entraide et aussi dans la joie de partager à travers les groupes de prière.
Un troisième effet est la prépondérance de la louange et de l’action de grâce dans ces assemblées fraternelles : on remercie Dieu pour ce qu’Il est Lui-même et on le remercie de ce qu’Il fait pour son Peuple. C’est très important.
Un autre effet : l’amour de la Parole de Dieu, c’est-à-dire la découverte de l’attrait de la Bible et de la Parole de Dieu. Il y a d’ailleurs une fréquentation plus assidue de l’Écriture. On prend conscience que le plus beau et le plus grand cadeau de la résurrection de Jésus est la compréhension des Écritures.
L’effusion de l’Esprit nous fait aussi retrouver l’attachement à l’Église. On essaie de regarder l’Église non pas comme si on n’avait rien à lui dire, mais comme des gens qui cherchent à l’améliorer, comme des gens qui sont capables de justifier le désir de Jésus de voir son Église vivante, et d’investir dans cette Église pour qu’elle devienne dynamique. Je suis certain que le jour où nous serons davantage renouvelés par cette effusion de l’Esprit, nos communautés chrétiennes retrouveront une vigueur nouvelle et cesseront d’être anémiques. Et enfin, une autre conséquence de cet envahissement de l’Esprit-Saint est de faire de nous des témoins comme nous l’a demandé Jésus: témoins de l’Évangile et témoins du Christ mort et ressuscité. C’est facile de dire de belles choses sur Dieu, mais le plus important est d’en vivre.
Ceci amène une autre conséquence: la libération et la délivrance. C’est-à-dire que nous cherchons à nous libérer de ce qui s’oppose à l’alliance de Dieu pour accueillir ce que Dieu veut faire par les charismes, par sa grâce et par sa gratuité.
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[1] La Bible, Évangile selon saint Jean, chapitre 7, versets 37-39.
[2] La Bible, Épître aux Galates, chapitre 4, verset 6.
[3] La Bible, Épître aux Hébreux, chapitre 13, verset 14.
[4] La Bible, Apocalypse, chapitre 22, verset 20.
