JEAN-PAUL REGIMBAL - Pensée


FLASH : Messe à l'église catholique Saint-Paul-l'ermite


Messe du dimanche 20 septembre 2026, à 8 h 30, à l'église catholique Saint-Paul-L'Ermite, à Charlemagne, dans le diocèse de Montréal, présidée par le père Aloysius Ebonine, omv.



RÉFLEXION SPIRITUELLE : Il n'est jamais trop tard


Il n’est jamais trop tard

Par Benoit Voyer

20 septembre 2026

Dieu appelle sans cesse et il promet ce qui est juste. Les ouvriers qui arrivent tôt reçoivent le même salaire que ceux qui arrivent tard (cf. Mt 20, 1-16).

À ses yeux, personne n’est inutile.

Il n’est jamais trop tard pour répondre à son appel.

PLURALISME RELIGIEUX : Un défi pour le christianisme d'aujourd'hui

Un défi pour le christianisme d'aujourd'hui

Par Benoit Voyer

20 septembre 2026

Le pluralisme religieux est une question encore plus difficile que celle de l'athéisme et de l'indifférence religieuse qui a fait couler bien de l'encre, il y a quelques années. Il amène un défi de taille au christianisme. Ce dernier doit veiller à maintenir le privilège de sa singularité comme étant LA vraie religion et trouver une manière de dialoguer avec les autres traditions religieuses dans le respect des visions de l'autre et de la sienne.

Le pluralisme religieux interpelle la théologie chrétienne en plusieurs aspects.

Tout d'abord, il a le défi de concilier simultanément : la permanence de la sécularisation, l'athéisme, l'indifférence religieuse, le retour du religieux et du sacré et un engouement pour des sagesses autres que celles des religions de la Bible, notamment celles de l'Orient. Le travail est imposant parce que les conciliations sont parfois quasi impossibles. L'heure est donc au dialogue.

En second lieu, il interpelle à répondre à une nouvelle question théologique fondamentale : est-ce que d'un pluralisme nous ne sommes pas théologiquement invités à envisager un pluralisme de principe qui relèverait de la volonté de Dieu ? En d'autres mots, est-ce que le pluralisme correspondrait à la volonté de Dieu ? Le théologien Claude Geffré écrit dans son ouvrage « Croire et interpréter - Le tournant herméneutique de la théologie » (Cerf, 2001) que cela est possible, mais que nous n'en savons guère la signification : « On peut penser que [...] les multiples expressions du phénomène religieux tout au long de l'histoire concourent à une meilleure manifestation de la plénitude inépuisable de l'Esprit de Dieu. »

Aussi, sans compromettre le privilège unique du christianisme, nous devons chercher à penser la pluralité insurmontable des voies vers Dieu. C'est un autre beau défi qui demande de concilier l'affirmation fondamentale de la volonté universelle de salut de Dieu avec tous les textes du Deuxième Testament qui, pour leur part, attestent qu'il n'y a pas de salut en dehors de la connaissance explicite de Jésus. Insurmontable ? Claude Geffré spécifie que cela n'est peut-être pas si insurmontable qu'on le croit.

De plus, le pluralisme religieux amène à devoir réinterpréter tous les textes de la Bible et le témoignage de la tradition chrétienne à partir de sa réalité. Le pluralisme est une nouvelle expérience historique.

Enfin, il faut replacer les textes de la longue tradition patristique et théologique dans leur contexte historique. À part le judaïsme, à l'époque des Pères de l'Église, aux premiers siècles de notre ère, on n'était pas très ouvert aux autres religions. Elles formaient des groupes de païens inspirés du diable. On était extrêmement sévère. Les Pères de l'Église avaient une expérience historique très différente de la nôtre. Des religions comme celles de la Mésopotamie, de l'Égypte et de Rome de cette partie de l'histoire sont disparues. De plus, l'islam n'était pas encore né et ils connaissaient vaguement les autres religions d'Orient. Aujourd'hui, nous faisons appel à des systèmes religiologiques nouveaux, pour les plus importants de forme théiste, qui amènent une vision différente des relations interreligieuses.

Malgré leur sévérité, les Pères de l'Église montraient tout de même un jugement fort positif à l'égard de la « Sagesse des Nations » qu'on peut aussi appeler la « sagesse philosophique des Nations ». Ces philosophies sont une théologie des semences du Verbe, car elles parlent de Dieu.

Pour un œcuménisme interreligieux efficace
Trois conditions sont essentielles pour que le dialogue œcuménique interreligieux soit efficace et porteur d'avenir.

Premièrement, il faut respecter l'autre dans son identité propre. Ainsi, il faut commencer par dépasser ses préjugés historiques non critiqués. Il s'agit plutôt de faire un acte d'imagination analogique, c'est-à-dire de déceler la ressemblance dans la différence. Il s'agit d'une attitude herméneutique dans l'esprit du document de la Commission biblique pontificale sur l'interprétation de la Bible dans l'Église. Avant de juger l'autre, il faut vraiment le connaître. Ce n'est qu'en apprenant profondément le langage de la religion de l'autre que cela est possible, mais pour cela il faut du temps et un effort intellectuel.

Deuxièmement, il faut rester fidèle à sa propre identité religieuse. Cela est simple : pour accéder à l'autre, il faut être fidèle à soi, c'est-à-dire à sa propre tradition. Si cette idée n'est pas au rendez-vous, le dialogue est impossible. On se dirige vers le confusionnisme.

Le problème est que, actuellement, il est de plus en plus difficile pour un chrétien de réfléchir à ce qu'est véritablement sa propre identité et de comprendre que toutes les vérités religieuses ne sont pas toutes complémentaires et, parfois même, elles sont inconciliables.

Faire abstraction de sa propre foi n'est pas une véritable attitude d'ouverture à l'autre, car pour s'ouvrir à l'autre le dialogue est nécessaire. Celui-ci implique la divulgation et l'accueil de ses différences mutuelles.

Enfin, pour qu'il y ait un dialogue efficace, il faut qu'il y ait une certaine égalité entre les interlocuteurs. Le dialogue implique donc que chaque personne ait un engagement absolu à sa vérité propre. Dialoguer, c'est s'ouvrir à l'autre sans faire abstraction de soi. Chacun a une vérité qui est différente. L'accueil de l'autre se fait toujours à travers le respect de la différence des idées qui s'affrontent.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Le père Armand Gagné, trinitaire

Le père Armand Gagné, trinitaire


45 années de bonheur au service des autres !

Par Benoit Voyer

collaboration spéciale

GRANBY — Le père Armand Gagné ne pouvait cacher sa chère sensibilité, dimanche soir dernier, à l’occasion d’une fête d’action de grâces soulignant son 45e anniversaire de vie religieuse et son 40e anniversaire de prêtrise. Il en a même versé quelques larmes.

Les 200 personnes réunies ont célébré avec lui toutes ces années de bonheur au service des autres.

Le grand moment de cette soirée a sans aucun doute été l’hommage de sa grande amie, l’auteure à succès Marguerite Lescop. Ils se sont connus à l’époque où le trinitaire était missionnaire au Guatemala.

« Il a le cœur grand comme le monde, mais pas toujours intelligent! », lui a-t-elle dit en boutade. « Il joue avec le monde! Il nous ferait faire n’importe quoi! Au Guatemala, il m’a fait laver les tuiles de la chapelle à quatre pattes pendant une semaine! », lui a-t-elle rappelé en riant.

Pauvre Marguerite! Avant d’aller faire un séjour de quatre mois au Guatemala, elle a généreusement contribué à la mission du père Armand à Champerico. Lors d’une visite, il lui a expliqué que les donateurs de 1 000 $ et plus verraient leurs noms inscrits sur de petites maisonnettes au cœur du village.

Rêvant déjà de voir le sien bien en vue, elle n’a pas hésité à donner un peu de son avoir! Mais lors de son séjour dans la petite cité d’Amérique du Sud, elle n’a jamais trouvé son nom. Cela a échappé au contrôle du père Gagné. En évoquant ce détail, elle l’a taquiné : « Il n’est pas toujours honnête! »

Homme à tout faire, Armand Gagné est né avec une baguette magique. Tout ce qu’il entreprend réussit.

Le père Sylvio Michaud, ministre provincial des Trinitaires du Canada, l’a bien illustré après avoir dit à Mme Lescop qu’il ira bientôt visiter la mission au Guatemala et qu’il pourrait lui aussi, moyennant une généreuse contribution de 1 000 $ ou plus, faire inscrire son nom sur une maisonnette du village. Il n’en fallait pas plus pour faire rire la foule.

Au Guatemala, le frère-prêtre s’est fait ingénieur pour l’installation d’un système d’égout au village. Il a fondé une école, un centre de nutrition et un centre d’accueil pour les personnes âgées, en plus de construire des maisons pour les villageois et de nettoyer les rues.

À Rome, où il a été conseiller général pour sa communauté, il a visité et fait connaître les chrétiens persécutés à cause de leur foi en Jésus.

« À cette époque, il devait presque se cacher pour parler de ce sujet dans la communauté. Aujourd’hui, grâce à lui, l’Ordre des Trinitaires a fait de ce thème sa principale préoccupation renouant ainsi avec la raison première de la mission de la congrégation, il y a 800 ans », a précisé le père Michaud.

L’ordre est même en train de fonder une mission au Soudan pour aider les enfants esclaves et les nombreux chrétiens mal traités dans ce pays qui est en train de passer aux mains des musulmans fondamentalistes.

De retour à Granby depuis 1993, le père Armand a sauvé la maison des retraites spirituelles du boulevard Robert d’une fermeture certaine. Depuis qu’il est ministre du centre de ressourcement intérieur, les usagers ne cessent d’augmenter.

Au service de la libération et de la paix dans les cœurs, il a fait de cet endroit un lieu où il est possible de guérir ses blessures intérieures et de retrouver sa dignité humaine.

Durant l’homélie de la messe d’action de grâces qui a précédé la soirée des festivités, le bon père Armand a surpris tous les gens rassemblés pour lui rendre hommage en disant : « Le cheminement que j’ai suivi n’était pas celui que j’ai choisi. C’était celui que le Seigneur a voulu pour moi. Les missions que j’ai entreprises dans ma vie ont été pour répondre à des demandes de mes supérieurs. »

Souvent submergé par ses émotions, Armand Gagné, qui a prononcé il y a 45 ans ses vœux de pauvreté, de chasteté, d’obéissance et d’humilité, a finalement confessé que cette vie au service des autres l’a vraiment rendu heureux.

(Le Plus de la Voix de l’Est, 25 septembre 1999, p. 4)