SAINTS ET SAINTES : La vénérable Marie de la Ferré
Par Benoit Voyer
21 septembre 2026
Née en 1589 à Roiffé, aux confins du Poitou, la vénérable Marie de La Ferré grandit dans une région marquée par les conflits entre catholiques et protestants. Benjamine d'une famille de quatre enfants, elle reçoit de sa mère une profonde dévotion mariale et un grand respect de l'Eucharistie. Orpheline de mère à onze ans, elle est ensuite confiée à sa tante maternelle, Madame de Goubitz, au manoir de Ruigné, près de La Flèche. La vie mondaine qu'elle y découvre l'éloigne pendant un temps de ses préoccupations religieuses.
Le 22 juillet 1607, à l'âge de 18 ans, Marie vit au cours d'une Eucharistie une expérience spirituelle qui transforme profondément son existence. Elle abandonne progressivement les signes de sa vie mondaine et s'engage dans une recherche intense de Dieu. Elle se met au service de ses proches, de sa paroisse et surtout des pauvres du quartier de Sainte-Colombe à La Flèche. Sa réputation de piété et de charité devient telle qu'on la surnomme en ville « la sainte demoiselle ». Ses directeurs spirituels lui conseillent d'entrer dans la vie religieuse, mais chaque tentative est interrompue par la maladie.
En 1634, une nouvelle expérience spirituelle oriente définitivement sa vocation : après la communion, elle se voit dans une grande salle remplie de lits. Elle en parle à Jérôme Le Royer, qui reconnaît dans cette vision un projet qu'ils sont appelés à réaliser ensemble : l'établissement d'une nouvelle communauté. Le 18 mai 1636, Marie de La Ferré et son amie Anne Foureau rejoignent trois servantes qui travaillent déjà auprès des pauvres de l'Hôtel-Dieu. Cette étape marque le commencement de la communauté des Filles Hospitalières de Saint-Joseph.
Marie de La Ferré et la vénérable Jeanne Mance se connaissent personnellement. Lors de son passage à La Flèche en 1641, avant son départ pour la Nouvelle-France, Jeanne Mance rencontre Marie de La Ferré, alors à la tête de la jeune communauté des Hospitalières de Saint-Joseph. Les deux femmes partagent une même spiritualité tournée vers le service des malades et des pauvres. Cette rencontre crée un lien entre Jeanne Mance et la communauté fondée par Marie de La Ferré, lien qui se prolongera bien au-delà de leur rencontre.
La communauté est officiellement reconnue à La Flèche en 1643. Marie de La Ferré en devient supérieure et exerce cette responsabilité jusqu'en 1650. En 1651, elle participe à la fondation d'une nouvelle communauté à Moulins. C'est dans cette ville qu'elle meurt le 28 juillet 1652, après une existence consacrée à la prière, au service des pauvres et au développement de l’œuvre hospitalière qu’elle avait contribué à fonder avec le vénérable Jérôme Le Royer de la Dauversière.
Marie de la Ferré a été déclarée vénérable le 3 avril 2009.
