Presse Canadienne
QUÉBEC
Le père Émilien Tardif, membre des Missionnaires du Sacré-Cœur et précurseur au Québec du mouvement du Renouveau charismatique, est décédé subitement à l’âge de 71 ans, mardi matin, à Cordoba en Argentine.
Personnage controversé, il avait défrayé la manchette à plusieurs reprises en raison notamment de ses présumés talents de guérisseur.
Installé depuis 1956 à Santo-Domingo, en République Dominicaine, il avait été invité en Argentine pour participer à une retraite où étaient réunis 300 prêtres. Inquiets de son absence au déjeuner, des confrères se sont rendus à sa chambre et l’ont retrouvé sans vie.
Il serait décédé d’un infarctus.
« C’était un homme d’une grande humilité et d’une grande bonté. Même ceux qui l’ont critiqué lui vouaient un très grand respect », a déclaré le père Claude Déry, qui l’a côtoyé depuis son cours classique et durant plusieurs années en République Dominicaine.
Né à Saint-Zacharie de Beauce le 6 juin 1928, Émilien Tardif, septième d’une famille de 12 enfants, a grandi en Abitibi. Il a été ordonné prêtre à Amos en 1955, prenant la direction de la République Dominicaine en tant que Missionnaire du Sacré-Cœur à peine un an plus tard.
C’est en 1973 qu’il aurait découvert ses dons de guérisseur, affirmant avoir été lui-même guéri de la tuberculose par deux religieuses canadiennes. Depuis ce temps, il a parcouru plus de 70 pays, prenant souvent la parole devant des milliers de personnes.
Le corps du père Émilien Tardif sera inhumé à Santiago de Los Caballeros, en République Dominicaine, dimanche.
(La Presse, Montréal, samedi 12 juin 1999, p. A22)
