23 septembre 2026


PSYCHOLOGIE : Ce besoin de se confier

Ce besoin de se confier

Par Benoit Voyer

23 septembre 2026

Échanger des confidences est un besoin profondément humain. Parler de ce que nous vivons permet de mieux comprendre nos émotions, de recevoir du soutien et de créer des liens plus forts. Malheureusement, en ces temps qui sont les nôtres, on dirait qu’il y a eu un déplacement dans l’équilibre entre l’intimité partagée et l’exposition de soi.

Dans un article paru dans l’édition du 18 mars 2026 du magazine Psychologies, Dominique Page, docteure en psychologie et psychothérapeute, explique que la confidence remplit plusieurs fonctions essentielles. Elle aide à réguler nos émotions, nous apporte une validation lorsque nous doutons de nos réactions et nous permet de donner un sens à nos expériences.

Dès 1994, des travaux menés par les psychologues Nancy Collins et Lynn Miller de l’Université de Buffalo avaient déjà montré que ceux et celles qui partagent certains éléments intimes de leur vie sont souvent davantage appréciés que ceux et celles qui restent uniquement dans des échanges superficiels.

Un changement culturel semble s’être produit. La pudeur, autrefois associée à la retenue, semble parfois être devenue suspecte. La docteure Page observe que « la transparence est devenue un impératif moral, presque la preuve ultime d’authenticité ». La téléréalité, les réseaux sociaux et la recherche constante de visibilité ont contribué à valoriser l’exposition de soi et la mise en scène de son histoire intime.

Cette évolution a toutefois ses limites. Parler de ses souffrances peut être libérateur, notamment lorsqu’il permet de sortir de l’isolement, mais comme le souligne la psychanalyste Barbara-Ann Hubert dans ce texte de Psychologies, « se raconter sans filtre ne conduit pas nécessairement à un chemin d’évolution ». À force de revenir constamment sur ses blessures, une personne peut finir par se définir uniquement par ce qu’elle a subi.

Cherche-t-on une écoute, un soutien, un conseil ou simplement un soulagement immédiat ? Avant de se confier, il serait utile de s’interroger sur ses motivations. Une confidence importante peut avoir un coût psychologique et relationnel. Elle peut modifier durablement le regard que l’autre porte sur nous.

Bien choisir à qui on se confie est donc important. Une personne capable d’écouter avec bienveillance peut offrir un espace sécurisant. À l’inverse, certaines confidences peuvent être mal reçues, utilisées contre nous ou placer l’autre dans une position qu’il n’est pas capable d’assumer. Une confidence demande une préparation et une attention à l’autre. Il ne s’agit pas de « vider son sac », mais d’entrer dans une véritable relation.

JEAN-PAUL REGIMBAL : Pensée


FLASH : Autoroute 10, à Magog

Autoroute 10, à Magog

 

FLASH : La cathédrale catholique Saint-Michel, à Sherbrooke


La cathédale catholique Saint-Michel, à Sherbrooke, le 22 septembre 2026. En ce lieu repose sainte Marie-Léonie Paradis.

FLASH : L'automne à Wotton, en Estrie

6e rang, Wotton, 22 septembre 2026
Wotton, 22 septembre 2026
6e rang, Wotton, 22 septembre 2026
Chemin Courtemanche, Wotton, 22 septembre 2026
8e rang, Wotton, 22 septembre 2026
8e rang, Wotton, 22 septembre 2026
Chemin Courtemanche, Wotton, 22 septembre 2026
Chemin Courtemanche, Wotton, 22 septembre 2026
6e rang, Wotton, 22 septembre 2026

FLASH : Le 167, rue Jeffrey, à Val-des-sources

Le 167, rue Jeffrey, à Val-des-sources

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Sans jamais voir les résultats de ses efforts

Sans jamais voir les résultats de ses efforts

Par Benoit Voyer

23 septembre 2026

La puissance de la foi chrétienne ressemble davantage au ruisseau qu’au bulldozer. De même en est-il de l’espérance. Elle fait penser aux framboisiers.

Ces images ne sont pas de moi, mais de Claude Ryan et de Mgr André Gaumond.

En 1999, Monsieur Ryan me racontait que dans les mouvements d’Action catholique, il a appris que le résultat du travail ne se voit pas tout le temps : « J’ai constaté que ceux qui jugeaient des résultats en fonction des choses visibles se nourrissaient d’illusions vaines. Tandis que si vous travaillez en profondeur avec foi, le résultat extérieur n’est pas important. »

Il ajoutait : « Je crois plutôt à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. […] C'est long [mais] cela permet de travailler longtemps sans s'impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. »

Il y a un p’tit quelque chose des textes évangéliques là-dedans. Le disciple part, annonce, guérit, rencontre. Et le résultat ne lui appartient pas. S’il n’est pas accueilli, Jésus ne lui demande pas de convaincre à tout prix : « sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds ». Ainsi, il faut savoir agir et partir, semer et ne pas posséder le résultat.

En 1996, c’est un peu la leçon que me faisait l’archevêque de Sherbrooke, Mgr André Gaumond, en me racontant cette parabole moderne : « Quand on coupe des arbres dans la forêt, ça fait une éclaircie. L’année suivante, des framboisiers apparaissent. Pourquoi? Ce n’est pas un miracle! Il n’y a pas de “génération spontanée” dans la nature. Ça veut dire qu’il y avait des graines de framboisiers avant la coupe des arbres. Elles attendaient les conditions favorables pour éclore. Il semble qu’elles peuvent attendre jusqu’à 75 ans. Ne pas voir le fruit de son travail, ce n’est peut-être pas si anti-naturel ! »

SAINTS ET SAINTES : La bienheureuse Émilie Tavernier - Gamelin

La bienheureuse Émilie Tavernier - Gamelin

Par Benoit Voyer

23 septembre 2026

C’est le 19 février 1800, à Montréal, que naît Émilie Tavernier, dit Sanspitié, fille d’Antoine Tavernier et Marie-Josephe Maurice. Elle est leur cinquième enfant.

En 1804, décède celle qui lui a donné la vie. C’est une tante, du côté de son père, qui veillera sur elle. Il la suivra dix ans plus tard.

Le 4 juin 1823, Émilie Tavernier épouse Jean-Baptiste Gamelin. Elle a 23 ans. Lui 50 ans. Son mari qui a jadis été cordonnier, est pomiculteur. Il a la réputation d’homme bon, intègre et généreux. Un jour, en parlant d’eux, Mgr Ignace Bourget dira: « Les coeurs charitables se reconnaissent et s'unissent: on en a la preuve dans le mariage d’Émilie Tavernier à Jean-Baptiste Gamelin. »

Une série de deuils affligera Émilie. En moins de cinq ans, elle perdra son époux et ses enfants. Elle restera seule avec un enfant handicapé mental qu’elle avait adopté avec son mari.

Elle vit des heures difficiles. Pourquoi ? « Que veut de moi le Seigneur ? » Le prêtre qui l’accompagne spirituellement depuis quelques années l’écoute et tente de la consoler.

Elle finit par se consacrer entièrement aux plus pauvres qu’elle rencontre.

À 42 ans, elle fait des vœux privés chasteté perpétuelle, de service des pauvres pour toujours, de vigilance sur ses conversations pour qu'en elle la charité soit toujours grandissante et d'enlever tout luxe et toute parure dans les vêtements qu’elle porte.

Au fait des œuvres de charité d'Émilie Tavernier-Gamelin, Mgr Ignace Bourget veut en assurer la permanence en fondant une communauté religieuse. Ainsi, la Congrégation des Sœurs de la Providence est fondée en 1843. Émilie en deviendra la première religieuse.

Le 23 septembre 1851, Émilie quitte ce monde.

Béatification
Émilie Tavernier-Gamelin est déclarée « bienheureuse » par le Pape Jean-Paul II le 7 octobre 2001, sur la Place Saint-Pierre, à Rome.

Mgr Christian Lépine, le 20 octobre 2024, à cathédrale de Montréal
Vers la canonisation

Le 20 octobre 2024, à 17h, Journée mondiale des missions et jour de la canonisation de Marie-Léonie Paradis, dans la cathédrale Marie-Reine-du Monde, à Montréal, l'archevêque catholique de Montréal, Mgr Christian Lépine, préside une messe spéciale à l'occasion du lancement du procès diocésain en vue de sa canonisation. Un nouveau miracle serait survenu.

Dans son introduction à la célébration, Mgr Lépine lance : « Faire mémoire d’Émilie Tavernier-Gamelin en rappelant la vie et l’œuvre de la bienheureuse nous garde dans l’émerveillement et l’action de grâce. Que notre célébration soit un chant d’amour et de reconnaissance au Dieu Providence pour le don d’Émilie […] et de tous ceux et celles qui, aujourd’hui comme hier, désirent « se faire Providence » pour demain »,

Pour cette célébration multilingue, qui dure près de deux heures, Christian Lépine est bien entouré. Il est notamment possible de reconnaître l’abbé Aleksander Dudik, vice-chancelier et président de l’enquête diocésaine; Chantal Labrèche, chancelier au diocèse montréalais; le père Alain Vaillancourt, curé de la cathédrale, Lorena Otero, celle qui raconte quotidiennement et avec passion l’histoire de la « sainte » aux visiteurs qui se présentent au musée du Centre Émilie-Gamelin depuis près de 20 ans; et, presque toutes les Sœurs de la Providence capables d’être présentes.

La célébration débute avec une quinzaine de minutes de retard. Un problème de circulation retarde l'arrivée de deux autobus de religieuses, les principales intéressées par cet événement rendant hommage à leur fondatrice.

En entendant la première lecture de l’eucharistie, tirée du livre biblique des Proverbes, il est impossible d’oublier la mémoire de Jean-Baptiste Gamelin, l’époux d’Émilie, mort beaucoup trop jeune et qu’on oublie bien souvent lorsqu’on fait mémoire de celle qu’il aimait de tout son cœur : « Une femme parfaite, qui la trouvera? Elle est précieuse plus que les perles! Son mari peut lui faire confiance : il ne manquera pas de ressources. Elle sait choisir la laine et le lin, et ses mains travaillent volontiers. Elle est debout quand il fait encore nuit pour préparer les repas de sa maison. […] Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. »

Dans son homélie, l’archevêque est, comme à son habitude, bref et simple. Il souligne qu’Émilie Gamelin a « su percevoir la dignité éminente de chaque être humain » et que « la sainteté ne réside pas juste dans les choses extraordinaires, mais dans les gestes simples du quotidien ». Il insiste sur le fait qu’à la suite d’Émilie Tavernier, « chacun est appelé à devenir un instrument pour défendre les plus pauvres et la justice sociale ». Enfin, il souhaite qu’avec le procès diocésain en vue de sa canonisation, le diocèse de Montréal trouve des pistes d’inspiration pour l’avenir de sa grande communauté de foi.

Dans l'introduction du livret de la célébration, on indique qu'en ce moment, il reste « encore trois étapes à franchir pour qu'une personne béatifiée puisse être canonisée et déclarée sainte. Tout d'abord, le présumé miracle doit être jugé légitime par un tribunal diocésain composé de juges, après que ceux-ci ont entendu des témoignages et examiné des documents. Deuxièmement, la recommandation et la documentation sont envoyées au Vatican pour une enquête complémentaire. Enfin, si les conclusions de l’enquête sont positives, la recommandation de canonisation est transmise au pape […] pour qu’il prenne les mesures nécessaires ». Ainsi donc, il faudra, le chemin vers une éventuelle canonisation pourrait long.

Le 24 septembre de chaque année a lieu la mémoire liturgique de la bienheureuse Émilie Tavernier – Gamelin.

Lieu de sépulture de la bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin, chez les Soeurs de la Providence, à Montréal


REPERE GÉNÉALOGIQUE : Émilie Tavernier-Gamelin et moi

Émilie Tavernier-Gamelin et moi

Par Benoit Voyer

23 septembre 2026

Pour faire une histoire courte, je suis un très lointain cousin d’Émilie Tavernier. Notre lien commun est Jean Côté (1603-1661), mon 9e arrière-grand-père. Par la suite, il faut des chemins croisés pour établir le lien entre elle et moi. J’avoue que c’est un peu difficile de s’y retrouver.

Pour faire une histoire plus courte, Claude Maurice et Madeleine Dumouchel, les arrière-arrière-grands parents d’Émilie Tavernier sont les 6e arrière-grands parents d’Annie Maurice, ma belle-sœur. Elle est mariée à mon frère Clément depuis 1986.

La mère d’Amélie est Marie-Joseph Maurice. Son grand-père : François. Son arrière-grand-père : Joseph. Et, son 2e arrière-grand-père : Claude Maurice.

Du côté de ma belle-sœur Anne… Son père est Gaston Maurice. Son grand-père : Arthur. Son arrière-grand-père : Louis-Octave. Ses 2e et 3e arrière : Paul et Paul. Son 4e : Joseph. Son 5e : Maurice Maurice. Et son 6e arrière-grand-père : Claude Maurice.

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les Trinitaires dénoncent la persécution des chrétiens

Les Trinitaires dénoncent la persécution des chrétiens

Pour nous, Québécois, la persécution religieuse demeure une réalité lointaine et peu concrète. Elle existe pourtant dans plusieurs pays. Le père Armand Gagné du monastère des Trinitaires de Granby s’est rendu en Espagne en décembre dernier pour assister au congrès sur l’apostolat des Trinitaires et souligner l’inauguration des fêtes du 800e anniversaire de l’approbation de la communauté. La libération des captifs étant l’une des grandes missions des Trinitaires, on a beaucoup parlé, lors de ce congrès, de la situation des chrétiens persécutés à travers le monde.

« Il faut que les gens soient au courant! Des centaines de milliers de personnes sont emprisonnées ou maltraitées en raison de leur foi », rapporte le père Armand, qui a déjà visité d’innombrables pays pour défendre cette cause. Il mentionne notamment le cas de huit Trinitaires prisonniers d’un camp de réfugiés au Congo depuis un an.

Le Soudan est un autre exemple de cas de persécution. « Là-bas, l’Église n’est pas reconnue. Des milliers de chrétiens sont chassés dans le désert par les intégristes. Nous envoyons de l’argent pour aider des enfants qui sont vendus dans la rue. Ces jeunes sont souvent rééduqués pour devenir intégristes et tuer les chrétiens! Nous les rachetons pour les libérer ou les rendre à leur famille », confie-t-il.

Le Vietnam, l’Algérie, le Liban, l’Israël sont d’autres endroits où la liberté religieuse est de plus en plus limitée. « Des chrétiens y risquent leur vie chaque jour… », de terminer le père Armand.

(Samedi Express, 16 janvier 1999, p. 10)