RÉFLEXION SPIRITUELLE : Sans jamais voir les résultats de ses efforts
Par Benoit Voyer
23 septembre 2026
La puissance de la foi chrétienne ressemble davantage au ruisseau qu’au bulldozer. De même en est-il de l’espérance. Elle fait penser aux framboisiers.
Ces images ne sont pas de moi, mais de Claude Ryan et de Mgr André Gaumond.
En 1999, Monsieur Ryan me racontait que dans les mouvements d’Action catholique, il a appris que le résultat du travail ne se voit pas tout le temps : « J’ai constaté que ceux qui jugeaient des résultats en fonction des choses visibles se nourrissaient d’illusions vaines. Tandis que si vous travaillez en profondeur avec foi, le résultat extérieur n’est pas important. »
Il ajoutait : « Je crois plutôt à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. […] C'est long [mais] cela permet de travailler longtemps sans s'impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. »
Il y a un p’tit quelque chose des textes évangéliques là-dedans. Le disciple part, annonce, guérit, rencontre. Et le résultat ne lui appartient pas. S’il n’est pas accueilli, Jésus ne lui demande pas de convaincre à tout prix : « sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds ». Ainsi, il faut savoir agir et partir, semer et ne pas posséder le résultat.
En 1996, c’est un peu la leçon que me faisait l’archevêque de Sherbrooke, Mgr André Gaumond, en me racontant cette parabole moderne : « Quand on coupe des arbres dans la forêt, ça fait une éclaircie. L’année suivante, des framboisiers apparaissent. Pourquoi? Ce n’est pas un miracle! Il n’y a pas de “génération spontanée” dans la nature. Ça veut dire qu’il y avait des graines de framboisiers avant la coupe des arbres. Elles attendaient les conditions favorables pour éclore. Il semble qu’elles peuvent attendre jusqu’à 75 ans. Ne pas voir le fruit de son travail, ce n’est peut-être pas si anti-naturel ! »
