16 décembre 2024

ICI ET LA: 16 décembre 2024

SANTÉ MENTALE: Un café avec le psychiatre Gilles Chamberland | « Dans notre monde, être perfectionniste, ça n’a pas de bon sens »
lapresse.ca/contexte/2024-12-15/un-cafe-avec-le-psychiatre-gilles-chamberland/dans-notre-monde-etre-perfectionniste-ca-n-a-pas-de-bon-sens.php

PATRIMOINE: Mais comment est-ce que la voiture d’Adolf Hitler a pu atterrir à Ottawa?
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2125563/voiture-adolf-hitler-musee-guerre-ottawa

PLAN NORD: Les premiers ministres du Nord demandent de meilleures infrastructures
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2127041/arctique-defense-infrastructure-investissement

MONIQUE VÉZINA: L’ex-députée et ministre est décédée
ici.radio-canada.ca/nouvelle/1701592/deputee-rimouski-temiscouata-parti-conservateur

CONSEIL DE LA FÉDÉRATION: Un Conseil dans l’ombre de Donald Trump
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2127021/conseil-federation-signe-donald-trump

SUBVENTIONS AUX ENTREPRISES: «Il faudrait réaliser que ça ne fonctionne pas»
journaldemontreal.com/2024/12/14/aide-aux-entreprises-il-faudrait-realiser-que-ca-ne-fonctionne-pas?s=03

MAXIME BERNIER: Rencontre avec Samuel Grenier
x.com/i/broadcasts/1OyJAZYogVwxb

VISION CATHOLIQUE: Le Musée des hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal

A voir! Exposition permanente sur les débuts de Montréal et de la Nouvelle-France

Le bureau de la pharmacienne de l'hôpital, autrefois

Une chambre de malades, autrefois

A voir! Exposition temporaire sur le Mont Royal

Toile représentant la vénérable Marie de la Ferré

Toile représentant le vénérable Jérôme Le Royer de la Dauversière

Bronze représentant la vénérable Jeanne Mance

Crypte ou reposent la vénérable Jeanne Mance et les hospitalières de Saint-Joseph

Crypte ou reposent la vénérable Jeanne Mance et les hospitalières de Saint-Joseph

Fusain représentant la vénérable Jeanne Mance

Toile représentant Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal

Toile représentant les soins aux malades, autrefois

Toile représentant Marie et l'enfant Jésus

Toile représentant Jean-Jacques Olier

Costume d'une religieuse au temps de la Nouvelle-France



Toile représentant la sainte Famille

Sculpture représentant Marie et l'Enfant Jésus

Le Musée des hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal
museedeshospitalieres.qc.ca

PENSÉE: Vous êtes l'âme de mon âme

15 décembre 2024

ICI ET LA: 15 décembre 2024

SANTÉ QUÉBEC: Le périple de 135 km en auto d’une Latuquoise pour être opérée d’urgence
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2126750/voyage-voiture-shawinigan-hopital-operation?utm_source=adestra&utm_campaign=reg.inf.na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.mauricie

SANTÉ QUÉBEC: Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal | Recrudescence des heures supplémentaires obligatoires
lapresse.ca/actualites/sante/2024-12-14/hopital-maisonneuve-rosemont-a-montreal/recrudescence-des-heures-supplementaires-obligatoires.php

NATURE: Au tour de la Cour d’appel de statuer en faveur de la Sépaq dans le dossier du Mont Sainte-Anne
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2126869/appel-sepaq-msa-pourtour-montagne?utm_source=adestra&utm_campaign=reg.inf.na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.quebec

PENSÉE: Se sentir utile

ESCAPADE: Bernard Landry, 28e premier ministre du Québec

Lieu de sépulture de Bernard Landry, 28e premier ministre du Québec, dans le cimetière Saint François-Xavier, a Verchères, en Montérégie

14 décembre 2024

ICI ET LA: 14 décembre 2024

SANTÉ QUÉBEC: Coupes en santé, Québec rappelle à l’ordre les nouveaux gestionnaires du réseau de la santé ici.radio-canada.ca/nouvelle/2126882/coupures-soins-domicile-biron-caq


LE CANADA AMÉRICAIN: Le Canada, 51e État américain? Trump réveille les idées du Parti 51 en Beauce
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2126737/hans-mercier-donald-quebec?utm_source=adestra&utm_campaign=reg.inf.na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.quebec


SANTÉ MENTALE: Les femmes sont 40 % plus susceptibles de vivre une hausse de stress pendant les fêtes
resources.telushealth.com/fr-ca/les-femmes-sont-40-plus-susceptibles-de-vivre-une-hausse-du-stress-pendant-les-fêtes

SAINT-LIN-DES-LAURENTIDES: Au tour de Saint-Lin-Laurentides de dévoiler son budget pour 2025:
monjoliette.com/au-tour-de-saint-lin-laurentides-de-devoiler-son-budget-pour-2025/

PENSÉE: Nous avons surtout besoin de quelqu'un qui croit en nous

13 décembre 2024

ICI ET LA: 13 décembre 2024

CIRCONSCRIPTION DE ROUSSEAU: 251 289$ pour trois projets d’amélioration de cours d’école dans la circonscription de Rousseau
monjoliette.com/251%e2%80%89289-pour-trois-projets-damelioration-de-cours-decole-dans-la-circonscription-de-rousseau/

NATURE: 105 animaux abattus au total - C'est la « Fin de la saga » des cerfs à Longueuil
lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2024-12-12/105-animaux-abattus-au-total/fin-de-la-saga-des-cerfs-a-longueuil.php

EDGAR FRUITIER (1930-2024): Le comédien et animateur n’est plus
lapresse.ca/arts/2024-12-12/edgar-fruitier-1930-2024/le-comedien-et-animateur-n-est-plus.php

SOUDAN: En pleine guerre, l’Église locale continue sa mission
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COURTOISIE: Manque de courtoisie dans les commerces: «Le dicton qui dit que le client a toujours raison, c’est terminé» | TVA Nouvelles
tvanouvelles.ca/2024/12/12/manque-de-courtoisie-dans-les-commerces--le-dicton-qui-dit-que-le-client-a-toujours-raison-cest-termine

POLITIQUE: Christine Normandin, première députée maman solo grâce à la procréation assistée
ici.radio-canada.ca/info/long-format/2125976/enfant-bebe-monoparental-federal-ottawa-saint-jean?s=03


SANTÉ QUÉBEC: Compressions en santé : cible de réduction des heures travaillées de 3,65 % ici.radio-canada.ca/nouvelle/2126294/compression-sante-deficit-caq

SANTÉ QUÉBEC: Québec souhaite davantage de médicaments génériques
lapresse.ca/actualites/sante/2024-12-12/remboursement-des-prescriptions/quebec-souhaite-davantage-de-medicaments-generiques.php

SANTÉ QUÉBEC: Une cible de réduction des heures travaillées irréalisable partout, reconnaît Santé Québec
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2126632/compression-sante-deficit-sante-quebec?utm_source=adestra&utm_campaign=reg.inf.na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.cotenord

HYDRO-QUÉBEC: Un futur énergétique sans nucléaire pour Hydro-Québec, affirme Michael Sabia
tvanouvelles.ca/2024/12/12/un-futur-energetique-sans-nucleaire-pour-hydro-quebec-affirme-michael-sabia

PAPE FRANCOIS: Le 15 décembre, le pape se rendra en Corse. Il concluera le colloque sur la « Religiosité populaire en Méditerranée » à l’invitation du cardinal Bustillo. Pour les Corses, c’est une journée historique, parce que c’est la première fois qu’un Pape visite l’île de Beauté, qui est pourtant située à moins de 300 kilomètres de Rome. Ce sera la 3e visite de François en France, après Marseille et Strasbourg. Programme du jour: 9h : Accueil officiel du pape François à l'aéroport 10h15 : Conclusion du colloque sur la « Religiosité populaire en Méditerranée » au Palais des Congrès 11h20 : Rencontre du Pape avec le clergé et les religieux de Corse à la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption 15h15 : Messe présidée par le pape François sur la place du Casone 17h30 : Rencontre du Pape avec le président de la République Emmanuel Macron à l'aéroport

SANTÉ MENTALE: Les troubles du sommeil nuisent-ils à la santé mentale?
ciusssnordmtl.ca/nouvelles-et-evenements/article/les-troubles-du-sommeil-nuisent-ils-a-la-sante-mentale

UN PEU DE MOI: Les élections canadiennes du 14 décembre 2008

Thomas Mulcair et Jack Layton en 2008
Les élections canadiennes du 14 décembre 2008

Par Benoit Voyer
13 décembre 2024

À l’été 2008, en pleine campagne électorale au Canada, j’arrive difficilement à me situer sur le plan politique et, surtout, à être à l’aise avec les programmes proposés. Le 4 septembre, j’écris dans les pages du quotidien Le Devoir [1]: « Il y a des jours où je doute de mon choix des derniers mois ».

Mon ambivalence dure depuis quelques années. Dans ma réflexion j’avoue qu’« il m'est déjà arrivé de voter pour les conservateurs, les libéraux, le Nouveau Parti démocratique (NPD), le Bloc québécois et le Parti vert (PV) ».

En cette période estivale, je pense que Stéphane Dion ferait le meilleur premier ministre pour le pays, mais ma fidélité reste fragile. « Il n’est pas très charismatique, mais Dion est pour moi un intellectuel de grande valeur » et son « plan vert » est fort intéressant et audacieux.

Durant cette saison estivale, comme bien des Canadiens, l’homme qui trouble mon esprit est le charismatique Jack Layton. Son assurance « me plaît davantage que la timidité de Harper », mais « quelques points du programme de gauche de sa formation politique freinent mon intérêt ».

Depuis des années, le Parti vert du Canada demeure mon second choix de vote. « l'arrivée d'un premier député vert à la Chambre des communes me donne le goût de voter pour la formation dirigée par Elizabeth May. Toutefois, rien n'est acquis ». Comme je dis souvent, tant qu’à voter pour n’importe qui vaut mieux encourager le parti écologique.

Qu’est-ce que je pense du Bloc québécois: Depuis un moment déjà, « je pense qu'une formation souverainiste n'a plus sa place à Ottawa ».

Enfin, à propos de la droite politique canadienne, j’insiste dans ma réflexion « Je ne voterai pas pour le Parti conservateur, car son programme est trop à droite, et ses coupes sauvages dans le domaine de la culture, injustifiées. » Dans quelques années, je comprendrai mieux la pensée libertarienne et je sourirai en relisant cette réflexion publiée dans le quotidien montréalais.

Le 14 décembre 2008, jour des élections canadiennes, je me laisserai finalement charmer par Jack Layton.

____________________

[1] Benoit Voyer. « Pour qui voter à la prochaine élection », Le Devoir, 4 septembre 2008, www.ledevoir.com/opinion/lettres/203858/pour-qui-voter-a-la-prochaine-election

PENSÉE: Le bonheur


VISION CATHOLIQUE: Église Saint-Luc, à Granby

Moment d'intériorisation avant la messe quotidienne de 9h a l'Église catholique Saint-Luc, a Granby.


ESCAPADE: Daniel Johnson, 20e premier ministre du Québec

Lieu de sépulture de Daniel Johnson, 20e premier ministre du Québec, dans le cimetière de Saint-Pie-de-Bagot, en Montérégie



ESCAPADE: Poutine et bière

Finances personnelles


Poutine et bière = 29,05$. Je suis toujours étonné par la forte montée des prix dans la restauration. A ce prix là, je n'ai pas donné de pourboire.

12 décembre 2024

POLITIQUE: Discussion sur les valeurs et principes au PCQ

Discussion sur les valeurs et principes au PCQ

Par Benoit Voyer

12 décembre 2024

Le 11 décembre, de 19 h à 21 h, Chantal Dauphinais, présidente du Parti conservateur du Québec, et Ange-Claude Bigilimana, candidat conservateur pour la prochaine élection complémentaire qui aura lieu très bientôt dans Terrebonne, animaient une soirée sur les valeurs et principes de la formation politique dirigée par Éric Duhaime. Une cinquantaine de personnes ont pris part à la discussion qui avait lieu au Salon de quille Grande Allée, à Terrebonne, dans Lanaudière.

NATURE: Les oies de l'hiver, à Sainte-Julienne


11 décembre 2024

ICI ET LA: 11 décembre 2024

SANTÉ QUÉBEC: Québec prend ses distances de la plateforme Clic santé
lapresse.ca/actualites/sante/2024-12-10/clic-sante/quebec-prend-ses-distances-de-la-plateforme.php

FINANCES PERSONNELLES: Couper votre facture en deux grâce aux épiceries de liquidation
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2125900/epiceries-liquidation-produits-rabais

ISLAMISME: Résister à l'islamisme conquérant | Le Journal de Montréal
journaldemontreal.com/2024/12/11/resister-a-linvasion-islamiste

CATHOLIQUE: François Legault demande aux Québécois de ne pas renier leur héritage catholique
presence-info.ca/article/actualite/politique/francois-legault-demande-aux-quebecois-de-ne-pas-renier-leur-heritage-catholique/

PATRIMOINE: Classement de l’église Saint-George de Montréal
presence-info.ca/article/actualite/patrimoine/classement-de-leglise-saint-george-de-montreal/

AVEC HUMOUR: Donald Trump présente Justin Trudeau comme étant le gouverneur de l’État du Canada. Il écrit sur Truth social qu’il a eu «le plaisir» de rencontrer «le gouverneur Justin Trudeau du grand État du Canada» afin de poursuivre des « discussions approfondies sur les tarifs douaniers et le commerce ». Ce dimanche, sur NBC, il a de nouveau suggéré que le Canada et le Mexique deviennent des États américains.

LE CANADA AMÉRICAIN: Des Canadiens appuient l’idée que le Canada devienne le 51e État américain
lesaffaires.com/secteurs/politique/des-canadiens-appuient-lidee-que-le-canada-devienne-le-51e-etat-americain/

ARCHÉOLOGIE: Nouvelles découvertes archéologiques à la Maison des gouverneurs de Sorel-Tracy
soreltracy.com/nouvelles-decouvertes-archeologiques-a-la-maison-des-gouverneurs-de-sorel-tracy/

LE KAMOURASKA DE MES ANCETRES: Le projet de regroupement entre La Pocatière, Sainte-Anne-de-la-Pocatière et Saint-Onésime-d’Ixworth franchit une étape cruciale. Dès janvier, un décret officiel sera déposé au ministère, ouvrant la voie à la création d’une grande ville nommée La Pocatière, prévue pour voir le jour à l’été 2025
leplacoteux.com/la-pocatiere-grandira-en-2025/

Cette chronique sera de retour le 13 décembre 2024

VISION CATHOLIQUE: Léon-Pierre Éthier, mon ami le “bum”

Ghislain Robert et Léon-Pierre Éthier
Léon-Pierre Éthier, mon ami le “bum”

Par Benoit Voyer

11 décembre 2024

Un certain jour de 1982, nous recevons à la table familiale Léon-Pierre Éthier. Léon est membre de l’équipe de soutien de la maison des Trinaires à laquelle appartiennent mes parents. Il fréquente aussi le groupe R3 de mon frère Clément.

Mon père apprécie cet homme au langage de la rue. Comme lui, il ne fait pas dans la dentelle avec un vocabulaire « politiquement correct ». Il dit tout haut ce qu’il pense avec des expressions de basse-cour.

De plus, notre invité à des opinions franches et bien arrêtées. On ne philosophe pas sur les virgules avec lui.

Il me faudra quelques rencontres pour apprivoiser le style de Léon-Pierre, mais ça viendra. Il deviendra même un ami.

Léon est né à Montréal, le 28 mars 1936. Il est le fils de Marie-Ange Lajeunesse et Éloi Éthier. Sa famille compte treize enfants.

L’enfance du bambin ne sera pas facile. Son père est un homme intransigeant qui a un sérieux problème avec l’alcool. Sa mère pleurera souvent devant ses enfants.

À quinze ans, comme tous les membres de sa famille, il vagabonde dans les rues de Montréal. Pendant trois ans, il mène une vraie vie de clochard, sans domicile fixe.

D’ailleurs, toute sa vie il se définira comme "un bum” : « Je suis un vrai bum ! Bummer est une vocation spéciale ! On a la liberté ! On n’a pas un dollar dans les poches, mais on a tout ! », me disait-il en 1998 en me racontant des bribes de son existence.

Il me disait : « Lorsqu’on bummait, on avait pitié de nous autres : c’est un mendiant, un petit de la rue, c’est un pauvre ! Alors on nous accueillait, on nous gardait dans une petite chambre pour dormir l’hiver. L’été nous couchions dehors. J’aimais bien fouiner d’un bord à l’autre, à me déniaiser… C’est comme ça que j’ai visité une partie de la province de 15 à 18 ans. J’étais un clochard, un bum… Pis j’aimais ça ! J’étais bien dans ça ! »

À 17 ans, il vit sa première peine d’amour. C’était une étudiante en soins infirmiers. Ses parents s’objectent à cette relation. Pour éviter qu’ils se voient « en cachette », ils la placent chez une tante à Québec. Comme dit le dicton, « loin des yeux, loin du cœur ».

Heureusement, le cas de Léon-Pierre n’est pas désespéré. En 1954, il entre en communauté. Il a 18 ans.

Huit ans plus tard, juste avant de prononcer ses vœux, il quitte la congrégation. Il a 26 ans. En apprenant la nouvelle, son père le renie : « En arrivant chez moi, mon père m’a dit : "Tu es défroqué !" Tu es le déshonneur de la famille ! Retourne donc dans la rue ! » Léon-Pierre vagabondera un autre six mois, sans domicile fixe.

Durant ses premières semaines hors de la communauté, pour la deuxième fois de sa vie, il rencontre une femme. Il en est follement amoureux. Son père est avocat. Malheureusement, pour une affaire de classe sociale, Léon-Pierre n’est pas le bienvenu dans le clan familial de l’homme de droit. L’histoire de cœur prend fin. Il n’aura jamais plus de nouvelles de la jeune femme. En 1998, en parlant d’elle avec lui, ses yeux et sa voix s’emplissent d’émotions. Visiblement, sa « blessure d’amour » était encore très vive.

En novembre 1962, une idéation suicidaire le poursuit. Il élabore un plan. Il fixe une date pour l’exécution de celui-ci. Léon-Pierre a fait le choix de mourir.

La providence changera son plan : « J’entre dans une église. Il y avait là un prêtre qui prêchait. Il m’a touché. Après la cérémonie, je suis allé le rencontrer. Il m’a fait entrer dans son groupe religieux. Mais… Je trouvais ça trop riche. Alors il m’a dit : « Je vais t’envoyer dans une communauté qui ramasse n’importe quoi. » Si au moins il m’avait dit… n’importe qui ! J’y suis entré et demeuré pendant 14 ans. C’était une congrégation semi-contemplative. »

Après des années, il finit par la quitter. Cette fois-ci, ce n’est pas par fuite, mais dans le but de devenir diacre permanent. Un évêque désire ses services. Ce dernier l’aide à être relevé de ses vœux perpétuels.

Après quelques mois de formation universitaire, l’évêque décède. Le projet diaconal tombe à l’eau. Néanmoins, il devient agent de pastorale. Pendant huit ans, il s’occupera des clochards, des pauvres de la Saint-Vincent-de-Paul et des jeunes de la rue. Durant ces années, il passe six mois en France, à l’Arche.

En 1980, à la mort de la deuxième épouse de son père (sa mère est décédée en 1974), il décide volontairement de retourner vivre dans la rue. Il se donne douze mois à temps plein pour toucher du doigt les souffrances morales des jeunes de la rue. Mais la vie d’itinérant n’offre plus le même confort ni la même joie de vivre que dans sa jeunesse. Les problèmes sociaux ne sont plus les mêmes.

En 1981, il commence une série d’expériences : trois mois à la Famille Myriam Beth’léem à Baie-Comeau, trois mois à Hauterive au service de la prévention du suicide, trois mois à la Trappe de Mistassini, trois mois à Sutton avec les alcooliques et un séjour un peu plus prolongé à la maison des Trinitaires, à Granby, où il travaille auprès du père Jean-Paul Regimbal.

Finalement, il retournera s’installer à Montréal pour s’occuper des jeunes de la rue, jusqu’au jour où il fonde la Fraternité Éric.

Fraternité Éric
En 1998, Léon-Pierre me raconte : « C’était un soir, il y avait des funérailles pour un sidéen. Les cendres étaient sur la table. Au baiser de paix, il y avait là un bonhomme qui avait l’air d’un cure-dent. Je me suis senti attiré par lui, alors que nous étions plus de 80 ans dans cette grande salle. Au moins 50 étaient porteurs du virus. J’ai été vers lui. Je l’ai pris dans mes bras. Je lui ai souhaité la paix de Jésus. Je l’ai embrassé et j’ai entendu derrière moi : « Attention, tu vas attraper le sida ! » Comme je venais de l’embrasser sur les deux joues – il avait plein d’herpès et de sang sur la figure –, je l’ai embrassé encore une fois sur la joue. Je lui ai dit : « Je t’aime et Jésus t’aime encore plus que moi. » Il m’a fait un beau sourire… Lorsque je suis dans la tristesse, je pense à lui et tout disparait. Ce jour-là, j’ai vu en lui la sainte face de Jésus ». À partir de ce moment, il ne craint plus cette maladie.

Pendant une dizaine d’années, en plein centre-ville de Montréal, il s’occupera de sidéens à l’approche de la mort.

Alors que la recherche médicale commence à s’activer afin de trouver un traitement efficace pour améliorer l’état physique des malades atteints, la maladie n’est pas la principale préoccupation de Léon-Pierre. Il s’intéresse à ce qu’ils sont. La personne d’abord.

A travers les rencontres, il s’adresse à leur âme. Il leur présente « Jésus modèle de la route à suivre » et les accompagne spirituellement de la vie à la mort physique, et, parce qu’il est chrétien, de la mort physique à la vie après la vie, au royaume des bienheureux du ciel.

Durant ses années de dévouement, il accompagnera 610 malades. Une vingtaine d’entre eux meurent dans ses bras. Cela peut sembler héroïque, mais il ne faut pas croire que cela a été facile à vivre.

Daniel, qui a rendu l’âme le 4 décembre 1988, est de ce nombre. Léon-Pierre Éthier se souviendra longtemps de lui. Il hantera ses rêves. Il lui faudra de nombreuses années pour en arriver à avoir la certitude qu’il est en paix sur l’autre rive de la vie.

Il y a eu également Denis. Son histoire est unique. Léon-Pierre me racontait : « Le père de Denis n’acceptait pas que son fils soit homosexuel » [...] « Il est venu le visiter quatre fois avant sa mort. Après son décès, il m’a dit : « Je veux mourir comme mon gars. » « Tu veux mourir comme une tapette !? », lui ai-je demandé. Il m’a répondu : « Oui ! » Cet homme a été rejoint par les attitudes de son fils. Au moment de sa mort, Denis disait : « Je tiens la main de mon chum. Il est tellement beau, mon Jésus… » Lorsque son père venait le voir, il répétait les mêmes paroles : « Tais-toi papa, je tiens la main de mon chum… qu’il est beau !… Qu’il est beau… » Deux semaines avant de mourir, Denis s’est confessé et a assisté à la messe. »

Ghislain Robert a profondément marqué sa vie. Il en parle comme un père parle de son fils : « J’ai vécu avec lui une profondeur spirituelle que je n’ai jamais vécue avec un autre sidéen ».

Je me souviens de lui. Léon-Pierre me l’avait présenté. Nous étions allés le visiter dans son petit logement. Ghislain était un homme doux et tendre. Malheureusement, à 9 ans, il a été la victime d’un pédophile. Comme cela arrive souvent, c’était un ami de la famille. Les abus marqueront à jamais sa vie.

Ghislain a souvent accompagné Léon-Pierre dans ses tournées d’un bout à l’autre du Québec. Il parlait de sa maladie, de sa vie et de la foi en Dieu qui l’habitait.

Dans ses confidences de 1998, Léon-Pierre me disait : « Il faut faire cheminer les âmes vers Dieu. Le Seigneur a mis dans mon cœur que ces malades ont plus besoin de la lumière éternelle que de simples soins du corps. C’est vrai qu’il faut les soigner physiquement, mais le soutien moral est très important pour ces personnes qui bien souvent ont été délaissées, mises de côté à 15-18 ans et qui ont dû cheminer dans une voie qui n’était pas celle qu’ils désiraient pour gagner un repas ou un coucher le soir ».

Et il ajoutait : « À travers tous mes amis, les malades du sida, je découvre Jésus. Je découvre un Jésus à l’agonie quand ils apprennent qu’ils sont porteurs du virus du sida ; je découvre un Jésus crucifié lorsqu’ils avancent dans leur maladie ; et je découvre un Jésus ressuscité au moment de leur départ vers le Père et qu’ils me disent : « Tu sais, j’embrasserai Jésus pour toi ! » Ce qu’ils attendent de nous, c’est un regard de tendresse et d’amour ».

Pour Léon-Pierre, le sida n’est pas seulement l’affaire des homosexuels et des plus pauvres de la société. Toutes les classes sociales sont touchées. Mais les gens ont honte de cette maladie et les décès sont souvent annoncés sous le couvert du cancer ou d’autres maladies.

Pour lui, le condom protège un peu des infections, mais n’empêche pas toujours la contamination des partenaires sexuels. Le latex contient de très petits trous : trop petits pour laisser passer les spermatozoïdes, mais assez grands pour laisser passer le virus du sida.

Léon-Pierre me l’a souvent répété: Le meilleur moyen de ne pas attraper le virus est l’abstinence. Cela est une évidence! « Beaucoup prônent aussi une meilleure éducation sexuelle comme protection, mais on se trompe : ce n’est pas d’une éducation sexuelle que les jeunes ont besoin, mais d’une éducation à l’amour. Aimer, c’est savoir attendre l’autre. Néanmoins, pour les aventures compulsives, deux épaisseurs de latex valent encore mieux que rien ».

Au printemps 1998, à la demande de son médecin, Léon-Pierre Éthier se retire de son implication auprès des sidéens en phase terminale. Lorsqu'il m’a informé de ses problèmes de santé, je n’ai pas tardé à le visiter.

Ce jour-là, malgré la tristesse de devoir se retirer de son implication, il était fier du travail réalisé : « Pendant 3 ans [sur les dix ans de dévouement], j’ai visité 45 000 jeunes dans les écoles secondaires. 4000 m’ont écrit à peu près la même chose : si tu es venu juste pour moi, tu m’as sauvé… Je vais suivre tes conseils ». À regret, à cause de la maladie, il me confiait avoir dû refuser l’invitation de 51 écoles.

Léon-Pierre Éthier décède le 12 décembre 2001, à l’hôpital Saint-Luc, à Montréal. Il sera inhumé dans le lot 04463 (section L) du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.

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Documents consultés :
Benoit Voyer. Les Témoins de l’essentiel, Éditions Logiques, 2005.
Benoit Voyer. Revue Sainte-Anne, 1998

PENSÉE: Une fille de 18 ans

 


10 décembre 2024

ICI ET LA: 10 décembre 2024

HYDRO-QUÉBEC: Une ligne tombée, les centrales Romaine-3 et 4 à l’arrêt
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PARC NATIONAL DU MONT SAINT-BRUNO: En tout, 287 cerfs de Virginie, soit 191 au parc national du Mont-Saint-Bruno et 96 au parc national des Îles-de-Boucherville ont été abattus au cours des derniers jours
lareleve.qc.ca/2024/12/03/287-cerfs-abattus/

RADIO: Les auditeurs délaissent l’écoute en direct
lapresse.ca/arts/2024-12-10/radio/les-auditeurs-delaissent-l-ecoute-en-direct.php


UN PEU DE MOI: Je suis une âme pauvre et mortifiée

Je suis une âme pauvre et mortifiée

Par Benoit Voyer

10 décembre 2024

Pendant quelques années, j’ai entretenu avec le bon Dieu une relation difficile. Je ne priais plus ou très peu. Je suis devenu agnostique, à la limite de l’athéisme. J’ai tellement douté, beaucoup douté, vraiment douté…

À la mi-mai 2023, j’ai pris conscience que ma brouille a pris naissance à travers des blessures intérieures infligées à chaque fois que j’ai travaillé au sein d’institutions de l’Église catholique ou d’organismes associés à celle-ci.

J’ai tant espéré y rencontrer un peu l’Esprit de Dieu, mais en vain. Dans les organisations religieuses, on parle du divin, mais on n’arrive pas à le retenir, parce que, comme Jésus, le Père céleste est un berger nomade toujours à la recherche de la brebis blessée. Il est toujours sur la route, c’est-à-dire parti ailleurs, et se retrouve toujours là où on ne s’attend pas à le rencontrer. Son souffle est comme le vent et ce dernier en met plein les voiles.

Mais à bien y penser, peut-être qu’il y est vraiment présent parce que, comme on dit, quand le bon Dieu est vraiment quelque part, le diable n’est jamais bien loin.

En tout cas…

Il m’a fallu du temps pour pardonner, mais, comme l’écrivait Jean Montbourquette dans son petit traité sur le pardon, pardonner ne veut pas dire oublier. Ainsi donc, je dois recommencer à chaque fois que la douleur revient. J’ai fini par comprendre qu’il y a des blessures qui ne guérissent pas vraiment. Elles laissent toujours des traces en soi.

Je ne m’en cache pas : je suis une âme pauvre et mortifiée. Mais bon ! Il n’est pas question de pleurnicher sur mon sort. Et puis sainte Marguerite Bourgeoys a toujours le tour de me consoler. Elle écrivait : « Mais c’est toujours à des âmes pauvres et mortifiées qu’il prend plaisir à se communiquer. Elles seules sont capables d’attirer sur elles-mêmes et sur les autres les plus abondantes bénédictions du ciel, et de jouir quelquefois des plus intimes communications avec le Seigneur » [1] Quand ça fait mal, ces quelques mots reviennent dans ma tête.

Mais je repense surtout à la parole de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28-30).

À chaque jour, dans mon coin secret, pendant que ma famille pense que je suis en train de simplement me reposer la tête en regardant une chandelle allumée, je prie. Puisqu’à 58 ans ma prière est devenue une simple présence silencieuse, je dis au bon Dieu en m’assoyant : « Salut ! Je suis là ! N’oublie pas que je t’aime… » Il n’y a pas de cérémonie entre lui et moi. Je suis comme je suis. Il est comme il est. Quelquefois, je m’endors devant lui. D’autres fois, j’ai l’impression qu’il dort lui aussi. Il doit me trouver « drabe » et ennuyant… Trêve de plaisanteries. Soyons sérieux un peu.

Lorsque la douleur de la blessure revient en moi – et parfois me fait pleurer –, je lui dis simplement : « Aide-moi à pardonner et à aimer parce que je n’y arriverai pas seul. » Et je sens peu à peu mon fardeau redevenir plus léger. Quand ça fait mal, ces quelques mots reviennent dans ma tête.

Mais je repense surtout à la parole de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28-30).

À chaque jour, dans mon coin secret, pendant que ma famille pense que je suis en train de simplement me reposer la tête en regardant une chandelle allumée, je prie. Puisqu’à 58 ans ma prière est devenue une simple présence silencieuse, je dis au bon Dieu en m’assoyant : « Salut ! Je suis là ! N’oublie pas que je t’aime… » Il n’y a pas de cérémonie entre lui et moi. Je suis comme je suis. Il est comme il est. Quelquefois, je m’endors devant lui. D’autres fois, j’ai l’impression qu’il dort lui aussi. Il doit me trouver « drabe » et ennuyant… Trêve de plaisanteries. Soyons sérieux un peu.

Lorsque la douleur de la blessure revient en moi – et parfois me fait pleurer –, je lui dis simplement : « Aide-moi à pardonner et à aimer parce que je n’y arriverai pas seul. » Et je sens peu à peu mon fardeau redevenir plus léger.

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[1] Marguerite Bourgeoys. Dans « Les écrits de Mère Bourgeoys -autobiographie et testament spirituel », Montréal, 1964, p. 152.