SEXUALITÉ : La testostérone peut-elle améliorer le désir féminin ?

La testostérone peut-elle améliorer le désir féminin ?

Par Benoit Voyer

26 septembre 2026

La testostérone pourrait améliorer modestement la fonction sexuelle de certaines femmes ménopausées souffrant d’un trouble du désir sexuel hypoactif. C’est ce que nous apprend une synthèse des données scientifiques publiée dans un outil de pratique clinique destiné aux médecins, « Le Médecin de famille canadien » (dossier no 408).

Les études analysées indiquent une augmentation moyenne d’environ 0,85 activité sexuelle satisfaisante de plus par mois chez les femmes traitées comparativement au placebo. Dans certains essais, les participantes utilisant un timbre de testostérone ont rapporté environ 4,6 activités sexuelles satisfaisantes par mois après six mois, comparativement à 3,2 avec un placebo.

Toutefois, les auteurs soulignent que le traitement demeure une intervention ciblée. Il est surtout étudié chez des femmes ménopausées présentant un trouble du désir sexuel hypoactif, et non chez l’ensemble des femmes éprouvant une diminution du désir.

Comme le rappellent les recommandations cliniques, la testostérone ne doit être envisagée qu’après avoir recherché d’autres causes possibles, notamment médicales, psychologiques ou relationnelles.

FRÉDÉRIC JANSSOONE : Pensée


FLASH : Béatrice Martin de nouveau sur scène

Une nouvelle tournée pour Cœur de pirate

Béatrice Martin, connue dans la francophonie, sous le nom de Cœur de pirate, débutera une nouvelle tournée. Cet automne, à compter du 5 octobre, elle roulera sur les routes d’Europe. Elle rendra notamment visite à ses fans à Cologne, Berlin, Le Mans, Nancy, Poitiers, Hazebrouck, Versailles, Saint-Étienne, Aix-en-Provence et Avignon. Au Canada, des spectacles sont annoncés à partir de février à Saguenay, Brossard, Gatineau, Edmundston, Calgary, Edmonton et Vancouver. (Benoit Voyer, 26 septembre 2026)

RÉFLEXION SPIRITUELLE : Le grain qui meurt

Le grain qui meurt

Par Benoit Voyer

26 septembre 2026

On n’a pas à chercher une justification à la souffrance. Elle est un mal qu’il faut combattre et soulager. Au cœur de sa propre souffrance, l’être humain peut encore choisir de se tourner vers l’autre. Olivier Legendre, auteur du livre Le Cri de Dieu, paru en 1996 aux Éditions Anne Sigier, disait : « C’est véritablement un mouvement de l’âme qui fait qu’on va être plus préoccupé par celui qui souffre à côté de nous. À ce moment, on va imposer un peu de silence à sa propre souffrance. »

À ses yeux, il est important de refuser qu’elle nous enferme. Lorsque cet enfermement se brise, une place s’ouvre pour accueillir, servir et aimer.

De son côté, Jésus utilise l’image du grain de blé : « S’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Puis il ajoute : « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive. » (Jn 12, 24-26) Le grain ne meurt pas pour célébrer la mort, mais pour donner la vie.

Suivre Jésus, c’est entrer dans ce mouvement : consentir à perdre quelque chose de soi afin que l’amour puisse porter du fruit dans la vie de l’autre.

SAINTS ET SAINTES : Dieu se cache à Auriesville

Sanctuaire Notre-Dame-des-Martyrs, à Auriesville
Dieu se cache à Auriesville

Par Benoit Voyer

26 septembre 2026

Mystique. Intérieur. Troublant. Voilà les simples sentiments qui m'habitent en marchant sur le petit sentier qui mène au ravin où a été tué sauvagement saint René Goupil, martyr de la Nouvelle-France, le 29 septembre 1642. Un périple touchant qui m'a transpercé l'âme. C’était le 20 juillet 1998. Je m’en souviens comme si c’était hier [1]. Ce jour-là, en ce lieu, j’ai consacré ma vie à la Trinité [2].

Ce lieu naturel, farouchement bien conservé, est situé à quelques mètres du sanctuaire Notre-Dame-des-Martyrs d'Auriesville, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest d'Albany dans l'État américain de New York, soit à un peu moins de 5 heures d'automobile de Montréal, via l'autoroute canadienne 15 qui débouche sur la 87 américaine et l’« interstate » nᵒ 90.

Tekakwitha
Ce sanctuaire consacré aux martyrs d'Amérique a été bâti sur le site du village Mohawk d'Ossernenon, sur les rives de la rivière Mohawk, le même petit hameau où est née la bienheureuse Kateri Tekakwitha, en 1656. A cette époque, les frontières actuelles n’existaient pas. Leur histoire est donc intimement liée à celle de la Nouvelle-France et du Canada.

Ossernenon est le village iroquois où arrivent les prisonniers René Goupil et Isaac Jogues, le 14 août 1642. René Goupil est tué en dehors du village, le 29 septembre 1642, alors qu'il récite le Rosaire avec Isaac Jogues. Alors qu’ils viennent de terminer leur quatrième dizaine de chapelet, leur martyre débute. Le père Jogues parvient à s'échapper et rentre en France, puis il revient travailler dans les missions de la Nouvelle-France en 1644.

En 1646, il retourne à Ossernenon, comme ambassadeur de paix du gouvernement français. Sa première visite est couronnée de succès, mais lors de sa deuxième mission en octobre 1646, il est martyrisé et tué avec son compagnon Jean de la Lande. Jogues meurt le 18 octobre 1646 et de la Lande, le jour suivant.

Le lieu du sanctuaire est rustique, simple et sans prétention. Le touriste qui s'y rend dans le but de découvrir une destination touristique risque d'être bien déçu puisqu'il n'y a pas de superbe basilique à visiter, malgré l'impressionnant « coliseum », un vaste amphithéâtre circulaire construit en rond pouvant accueillir jusqu'à 6000 personnes.

C'est en pèlerinage aux sources de notre histoire et de notre foi en terre canadienne qu'il faut s'y rendre. C’est avant tout un lieu de prière et d’intériorité.

À proximité du lieu, à Fonda, il y a la petite chapelle où a été baptisée sainte Kateri Tekakwitha, quelques mois avant son exil à Kahnawake, jadis établi sur l’actuel territoire de la municipalité de La Prairie, sur le bord du fleuve Saint-Laurent.

Le pèlerinage accompagné d'une démarche d'intériorité procurera un grand bien à l'âme. Je l'affirme, Dieu se cache à Auriesville. Dieu est là, pas très loin du ravin. Il suffit de s'y rendre, de s'intérioriser et de se laisser pénétrer par sa présence.

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[1] Benoit Voyer. « Dieu se cache à Auriesville », Revue Sainte Anne, octobre 1998, page 418. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2025/11/cetait-le-present-du-passe-dieu-se.html
[2] Benoit Voyer. « Ma consécration à la Trinité », Benoit Voyer en liberté, 19 juillet 2026. https://benoitvoyerenliberte.blogspot.com/2026/07/un-peu-de-moi-ma-consecration-la-trinite.html

Lieu du supplice de saint René Goupil

LE PRÉSENT DU PASSÉ : Le toit de Bethléem, la maison du pain

Le toit de Bethléem, la maison du pain

Par Benoit Voyer


« Un jour, un garçon de neuf ans nous confiait qu’avant de venir ici, le midi, il trouvait son repas dans les poubelles d’un bar », racontent Claire et Pierre Hervieux, les fondateurs des Œuvres du Toit de Bethléem de Montréal. Plus besoin de regarder les reportages télévisés sur la famine en Afrique pour voir des enfants affamés. Dans le quartier Côte St-Paul situé tout près de l’autoroute Décarie, 215 jeunes de l’élémentaire et du secondaire fréquentent la soupe populaire.

Le projet « Dîner enfants » est né bien simplement. « Un midi, confie Claire Hervieux, je regardais passer les enfants tout en brassant une sauce à spaghetti. Tout à coup, une voix intérieure me dit : “Nourris mes enfants!” Je demandai dans ma prière un signe au Bon Dieu afin d’être sûre que cette idée venait de Lui. Dix jours plus tard, je recevais un appel téléphonique d’une dame en vacances en Floride. Elle désirait aider les jeunes. Elle trouvait mon histoire bien surprenante car elle avait justement une vieille cantine mobile à donner. »

Depuis ce jour de mai 1991, des bénévoles du Toit visitent plusieurs écoles du voisinage. Ils accueillent aussi au local les jeunes afin de leur donner un repas équilibré. Une quarantaine de bénévoles se répartissent les tâches.

La misère des enfants se lit sur leur visage. La plupart de ces derniers sont issus de familles qui reçoivent les prestations de l’Aide sociale. Des enfants sont aussi victimes de violence familiale et d’agressions sexuelles.

Il faut voir Mélissa. Elle est âgée de onze ans et elle a des difficultés d’apprentissage à l’école. « J’aime pas mon prof! » lance la fillette. Pas très loin d’elle, une autre âgée de six ans est victime de violence familiale et elle est très turbulente. « Dès qu’un homme entre ici, déclare Pierre Hervieux, elle ne pense qu’à le coller et à attirer son attention. Elle s’assoit sur ses genoux. Nous faisons attention pour ne pas nous faire prendre au piège. »

Plusieurs de ces enfants ne mangent pas à leur faim chez eux. Cela amène habituellement de sérieux troubles de comportement tout en provoquant un manque de concentration en classe. Leur passage à la maison le Toit de Bethléem contribue à changer ces comportements.

La mission de l’Œuvre consiste bien plus qu’à donner de la nourriture. « Bien malgré nous, les enfants viennent nous confier des problèmes qu’ils ne disent pas à d’autres personnes. Ils ont besoin, poursuit Pierre Hervieux, de respect, d’attention et de vérité. Il nous faut parfois faire avec eux des démarches qui ne relèvent pas de notre compétence. Nous consultons beaucoup. Les jeunes nous font tellement confiance que nous recevons fréquemment des demandes d’adoption. Dans le fond, ils nous considèrent souvent plus que leurs parents. »

Il n’y a point que des ventres vides à la résidence du quartier Côte St-Paul. Il y a aussi des jeunes qui vivent un autre genre de faim. C’est le cas d’une élève de l’élémentaire qui allait chaque jour dîner au restaurant car ses parents lui donnaient de l’argent. Elle vient au projet « Dîner enfant » et elle a trouvé une oreille attentive et un peu d’affection.

Les jeunes reviennent souvent à la maison lorsque le soir est venu. Ils viennent s’y réfugier. Dans leur spontanéité, pas de gêne, ce toit est devenu leur maison…

Une dure réalité sociale
Dans ce district, l’un des plus misérables de la Communauté urbaine de Montréal, 28.3% des habitants sont considérés comme pauvres. Pas surprenant que sur une population de 32 400 personnes, 3 700 sont en chômage. 2 400 vivent des prestations de l’Aide sociale. Sur le nombre total d’habitants, 4 482 ont plus de 65 ans et 4 800 sont âgés de moins de 14 ans.

Ce n’est pas tout! Un peu plus de 28% des familles sont monoparentales alors que 68% de la population est locataire. Le taux de mortalité infantile est de 5.8%.

Projet nourriture

Le sous-sol de l’église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, rue Monk, abrite une banque alimentaire. Chaque mercredi, dès midi, des nécessiteux en provenance de partout attendent quelques sacs de nourriture. Pourtant, les portes ne s’ouvriront qu’à 18 h 30 pour se refermer vers minuit.

La préparation de cette soirée se fait par 70 bénévoles et elle dure toute la semaine. Ces derniers sont sous la direction de Sylvio Leblanc. Ce jeune homme a laissé son travail à la Bourse de Montréal pour se consacrer aux pauvres.

La collecte des vivres se fait aux quatre coins de Montréal à l’aide d’une petite camionnette. La petitesse du véhicule entraîne une grande perte de temps. L’équipe s’en contente pour le moment. Mais elle espère qu’un jour…

« C’est écœurant ce qui se jette dans les restaurants et supermarchés », raconte avec étonnement Marcel-Guy Bégin. C’est une chance pour la région qu’une telle banque alimentaire existe. Sylvio, comme Marcel, est habité par un intense désir de faire connaître Dieu. « Aujourd’hui, dit-il, si tu veux parler de Jésus, il faut que tu commences par le ventre. Nous devons poser des gestes concrets de charité chrétienne. »

À 18h30, la salle du bingo paroissial se transforme en place publique. En attendant de passer au « projet nourriture », les personnes présentes mangent une soupe. Une équipe fait de l’animation : musique et brève prière sont au menu. De 70 à 80 familles bénéficient de cette aide alimentaire.

L’avenir
Pierre Hervieux est optimiste. « Nous avons une nouvelle maison qui vient d’ouvrir ses portes à Rawdon. Grâce à la générosité des gens, le Toit achètera un bâtiment évalué à 65 000$ afin de remplir une mission semblable. Avec Dieu tout est possible », observe-t-il.

L’équipe des permanents des Œuvres du Toit de Bethléem tire ses forces de la prière quotidienne et de la méditation de l’évangile : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît. » Ils surprennent de ressentir dans toute la communauté une paix et une confiance totale en Dieu car il remplit la maison de pain. Dire que cette nourriture est nécessaire à la croissance de ces jeunes. Notre société doit faire face à des défis importants au milieu de ces années de crise économique.

(Revue Notre-Dame du Cap, juin 1993, pp. 13 et 14)