VISION CATHOLIQUE : Notre-Dame d’Ottawa
Par Benoit Voyer
12 mai 2026
OTTAWA – Impressionnant ! Magnifique ! Entrer dans la Basilique-Cathédrale Notre-Dame d'Ottawa, c'est entrer au cœur d'une aventure intérieure insoupçonnée.[1] Dès qu'on y pénètre, on se sent envahi par une présence christique pacifiante. Le lieu sacré invite au recueillement. Notre-Dame d'Ottawa offre vraiment le charme des cathédrales d'Europe au cœur de la capitale canadienne.
Sa construction débute en 1841. Le 25 octobre de cette année-là, la pierre angulaire est bénite par Mgr Charles de Forbin-Janson, de Nancy, en France, alors en visite au Canada.[2]
Tout d'abord, on est impressionné par la noblesse du temple et par les magnifiques vitraux installés par Harwood en 1879, surtout celui du jubé de l'orgue. Il y a aussi les magnifiques vitraux historifiés de l'artiste Guido Ninchiri (1956-1961) qui charment l'œil. Ninchiri est le véritable Michel-Ange du Canada.
Ici, le nombre de pièces artistiques qui méritent l'attention du visiteur est assez grand.
Le maître-autel est constitué de trois arches avec bas-reliefs polychromes qui représentent la nativité, Jésus enseignant et la résurrection.
Le tabernacle est en bronze. La porte est sculptée avec finesse.
Au deuxième étage figure une splendide statue du Christ-Roi entourée des symboles des quatre évangélistes et, aussi, des statues de Marie, Joseph et Jean-Baptiste.
Au troisième niveau, c'est la voûte évangélique. On y retrouve les neuf chœurs des anges : séraphins, chérubins, trônes, dominations, vertus, pouvoirs, principautés, archanges et anges.
Dans le chœur, on retrouve des oeuvres des sculpteurs canadiens Louis-Philippe Hébert, Flavien Rochon et Philippe Parizeau. Aussi, trente grandes statues qui représentent les patriarches, les prophètes, les apôtres, les évangélistes et Pierre et Paul. De plus, on y voit seize pères et docteurs de l'Église, seize fondateurs d'ordres religieux et cinquante anges.
Il y a aussi le trône de l'évêque qui mérite l'attention. Il date de 1874. Il a été construit en acajou. Au-dessus de celui-ci est aménagé un baldaquin de huit mètres.
Et ce n'est pas tout! Il faut aussi voir les stalles, l'autel du Sacré-Cœur (1879), l'autel de l'Immaculée-Conception (1885), les voûtes et l'orgue.
Les visiteurs les plus audacieux demandent une visite de la sacristie. La grande pièce de 24 m x 11 m est de style gothique. Les belles armoires en chêne sont un délice pour l'œil.
À l'extérieur, autour de la cathédrale, on peut voir des monuments qui ont été érigés à la mémoire de Mgr Eugène Bruno Guigues, premier évêque de Bytown (1847-1874) et de Mgr Joseph Thomas Duhamel, deuxième évêque de Bytown et premier archevêque d'Ottawa (1874-1909).
Cependant, ce qui est indéniable en visitant ce temple, c'est prendre le temps de s'asseoir pour prier et méditer. L'endroit inspire la sainteté de l'âme et du corps.
La Basilique-Cathédrale Notre-Dame d'Ottawa, consacrée à l'Immaculée-Conception, est un véritable petit bijou du patrimoine religieux d'Ottawa qu'il est aussi possible de visiter virtuellement - sans en vivre l'émotion qu'offre une visite réelle - grâce au site Internet du diocèse d'Ottawa.
Elle est située aux coins des rues Sussex et Saint-Patrick, juste en face du musée des beaux-arts du Canada et à quelques minutes de marche du Parlement canadien.
https://fr.notredameottawa.com/
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[1] Ce texte est une mise à jour de : Benoit Voyer. “Notre-Dame d’Ottawa », Revue Sainte-Anne, juillet-août 2005, p. 298.
[2] Cf. Historique de la cathédrale d’Ottawa. https://fr.notredameottawa.com/historique
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous
Benoît Voyer
Il est possible de collaborer aux « Nouvelles de chez nous » en faisant parvenir quelques notes ou un communiqué ou en nous abonnant à vos publications à : fildepresse@benoitvoyer.com
Les Jésuites s'opposent à la construction d'un Wal-Mart
GUELPH – Les Jésuites de Guelph, en Ontario, s'opposent au projet de construction d'un nouveau Wal-Mart. La grande surface deviendrait la voisine de leur congrégation religieuse implantée dans cette ville depuis 150 ans. Le centre jésuite Ignacius en est un de spiritualité et de recueillement qui attire les visiteurs de partout sur la planète. Selon les Jésuites, la sérénité des lieux est déjà perturbée par des développements commerciaux à proximité. La venue de Wal-Mart ne ferait qu'aggraver la situation.
100ᵉ anniversaire de l'Oratoire
MONTRÉAL – Le 17 octobre, en après-midi, dans le cadre du début des activités de son 100ᵉ anniversaire de fondation, le cardinal Jean-Claude Turcotte a présidé la célébration de consécration de l'Oratoire Saint-Joseph. Plusieurs évêques étaient présents. Les festivités du centenaire se termineront en octobre 2005. Il est également à souligner que, à l'occasion du temps de l'Avent, le musée des crèches, qui regroupe 300 crèches de 103 pays, est ouvert chaque jour de 10 heures à 17 heures.
Finis les cantiques de Noël à l'école
QUÉBEC – Selon une directive du ministère de l'Éducation du Québec (MEQ), il n'est plus permis, depuis l'adoption de la Loi 118 sur la déconfessionnalisation des écoles, en 2000, de chanter des chansons religieuses dans les écoles publiques de la province. Cette nouvelle réalité fait naître des difficultés à plusieurs directions scolaires lors des festivités de Noël. Le fait d'entonner Les Anges dans nos campagnes, Ça bergers et Il est né le divin enfant amène une problématique selon l'interprétation faite à la législation. La nouvelle loi a apporté un durcissement idéologique.
Le sens de la fête de Noël
OTTAWA – Il y a lieu de se questionner sur le sens de la fête de Noël. Cette célébration religieuse revêt des couleurs de plus en plus païennes. Pour plusieurs, Noël est devenu la fête de l'hiver, du père Noël et du soleil qui renaît. Pourtant, Noël avait remplacé au 7ᵉ siècle la fête païenne du soleil victorieux. « À cause de l'histoire de la naissance de Jésus qui habite encore la mémoire des gens, on fait aujourd'hui de Noël une fête des enfants et de la famille, mais en oubliant le sens de la naissance du Fils de Dieu dans notre monde. [...] Avec le personnage du père Noël, le bon vieillard qui vient saturer nos désirs et nous infantiliser, nous sommes loin de l'Enfant de Bethléem, un enfant pauvre qui nous invite à devenir responsables de son avenir et du nôtre », écrit Normand Provencher dans son livre « Trop tard ? L'avenir de l'Église d'ici » paru chez Novalis.
Jardin des lumières
TROIS-RIVIÈRES – Du 7 décembre au 7 janvier, le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, situé dans le secteur de Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières, présente sa féerie du temps des fêtes dans le cadre « Des jardins en lumières ». L'événement a lieu dans le parc du Pont des Chapelets, situé en face du vieux sanctuaire où la Vierge aurait ouvert les yeux à trois hommes, dont le bienheureux Frédéric Janssoone.
Vœux de Noël au pape
OTTAWA – À l'occasion de la fête de Noël, les Canadiens peuvent transmettre leurs vœux au pape par courriel. Pour lui écrire, l'adresse est : jean_paul_ii@vatican.va
Le renouveau charismatique au Canada
OTTAWA – Au Canada francophone, il y aurait actuellement 535 groupes de prière du renouveau charismatique catholique, chacun regroupant de 12 à 120 participants. Depuis 1968, environ un million de personnes auraient été rejointes par ce courant spirituel. C'est ce que révèlent les dernières statistiques du Conseil canadien du renouveau charismatique. L'évêque francophone responsable des charismatiques catholiques est Mgr Vital Massé, évêque de Mont-Laurier, au Québec. Parmi les initiateurs de ce courant spirituel au Canada figure le père Jean-Paul Regimbal, que plusieurs aimeraient voir élevé au titre de vénérable et de bienheureux de l'Église catholique, qui aurait vécu une expérience spirituelle à Phoenix en Arizona, lors d'un séjour aux États-Unis. C'est grâce à lui que le renouveau charismatique serait apparu dans la francophonie canadienne.
Nouvel évêque à Chicoutimi
CHICOUTIMI – Le 17 septembre, en la cathédrale Saint-François-Xavier de Chicoutimi, Mgr André Rivest a présidé une célébration eucharistique à l'occasion de l'inauguration de son ministère épiscopal du diocèse de Chicoutimi. Étaient présents : Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique au Canada, le cardinal Marc Ouellet, le cardinal Jean-Claude Turcotte, Mgr Jean-Guy Couture, son prédécesseur, et plusieurs prêtres et diocésains.
Mgr Richard Gagnon prend la charge d'un diocèse
VICTORIA – Mgr Richard Gagnon a pris la direction du diocèse de Victoria en Colombie-Britannique. Lors de son intronisation, la cathédrale St. Andrew's était pleine à craquer. Plusieurs évêques et amis étaient présents. Dans une lettre, le pape Jean-Paul II a invité le nouveau prélat diocésain à trouver sa force dans l'eucharistie. Le texte publié dans le journal diocésain The B.C. Catholic Newspaper encourage Mgr Gagnon à être un véritable témoin du Christ : « we invite you to support the bread of the word of God and the Eucharistic bread, the faithful who are confided to you, and above all, to encourage in them a living witness to Christ through a life of faith and charity. » La célébration a été présidée par Mgr Raymond Roussin, archevêque de Vancouver.
Nouvel évêque à Amos
AMOS – Mgr Eugène Tremblay a inauguré son ministère épiscopal, le 6 août, à l'occasion d'une messe célébrée au complexe sportif d'Amos. Auprès de lui figuraient le cardinal Marc Ouellet, primat de l'Église canadienne et archevêque de Québec, Mgr Roger Ébacher, archevêque de Gatineau-Hull, Mgr Gérard Drainville, son prédécesseur, et Mgr Andres Carrascasa, délégué du nonce apostolique au Canada. D'autres évêques de l'Ontario et du Québec étaient également présents.
Guide canonique
MONTRÉAL – L'Assemblée des évêques du Québec (AÉQ) vient d'éditer la mise à jour du Guide canonique et pastoral au service des paroisses. Initialement paru en 1991, la refonte tient compte des nouvelles législations canoniques et civiles. Il a été préparé par l'Assemblée des chanceliers du Québec.
Décès de Mgr Cimichella
MONTRÉAL – Mgr André Cimichella, évêque auxiliaire émérite à Montréal, est décédé à l'âge de 83 ans. En 1964, il est nommé supérieur provincial des Servites de Marie puis, moins d'un mois plus tard, le Saint-Père le nomme évêque auxiliaire à Montréal et collaborateur immédiat du cardinal Paul-Émile Léger, alors archevêque de ce diocèse. Mgr Cimichella a aussi été, pendant de nombreuses années, vicaire épiscopal pour la cause des saints. À ce titre, il a d'ailleurs publié plus de 150 brochures sur la vie de personnages importants de l'histoire religieuse.
Les franciscains de l'Emmanuel s'établissent au Cameroun
MONTRÉAL – À la demande de Mgr Dieudonné Watio, évêque de Nkongsamba, les franciscains de l'Emmanuel ont commencé à ériger des fraternités franciscaines au Cameroun. Depuis quatre ans, 58 membres externes et une centaine d'amis associés, tous camerounais, ont joint la fraternité. Dans ce groupe, une dizaine de jeunes hommes désirent se consacrer à Dieu par des vœux. Ils veulent servir l'Église du Cameroun en étant frères franciscains de l'Emmanuel. Les fraternités donnent à leurs membres une solide formation humaine, chrétienne et franciscaine et s'engagent à changer la situation de misère dans leur pays.
« Je constate de plus en plus que la fraternité, bien qu'encore en formation, a un réel impact tant au niveau social qu'éclésial, car ses membres s'engagent concrètement auprès des jeunes et des plus démunis », écrit Mgr Watio dans une lettre. L'évêque exprime le souhait que cette mission franciscaine devienne « un lieu de formation et de ressourcement pour tous mes diocésains qui en ont besoin. Le diocèse de Nkongsamba éprouve un manque important à ce niveau, car n'ayant aucun lieu de formation et d'accueil de ce type ».
Pour les petits franciscains, l'heure est venue d'établir une maison religieuse dans ce diocèse et, surtout, un noviciat. L'évêque Watio a légué aux franciscains de l'Emmanuel un ancien couvent et sa chapelle. Malheureusement, ils sont dans un état lamentable. Des travaux évalués à 150 000$ sont nécessaires pour la restauration du site. Les franciscains de l'Emmanuel du Canada, dont la maison est située au 4155, rue Wellington, dans l'arrondissement Verdun à Montréal, sont présentement en campagne de financement afin de trouver les dollars qui manquent pour cet important projet indispensable pour le développement de la foi et social au Cameroun.
Collecte pour l'Église au Canada
OTTAWA – La collecte annuelle pour les besoins de l'Église au Canada a eu lieu le 26 septembre dans les paroisses catholiques d'un océan à l'autre. La Collecte pour les besoins de l'Église au Canada assure que la voix des évêques soit entendue partout au pays sur des sujets comme la justice et la paix, le mariage, la famille, l'environnement, le racisme et la vie humaine. « Bien que chaque diocèse soit autonome, les évêques ont la possibilité de collaborer entre eux par l'intermédiaire de leur conférence afin de se donner une voix commune et de développer au besoin des projets nationaux. Les travaux de la CECC permettent à l'épiscopat canadien de mettre sur pied des programmes d'éducation chrétienne, de publier des textes liturgiques, favoriser le dialogue interreligieux et œcuménique, promouvoir la justice sociale au Canada et ailleurs dans le monde. La CECC maintient aussi des liens et travaille étroitement avec plusieurs organisations catholiques nationales comme Développement et Paix, la Conférence religieuse canadienne, les Chevaliers de Colomb, la Catholic Women's League, l'Association catholique canadienne de la santé et l'Organisme catholique pour la vie et la famille », explique Mgr Brendan M. O'Brien, archevêque de St. John's et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC).
Décès de Mgr Légaré, o.m.i.
MCLENNAN – Mgr Henri Légaré, o.m.i., évêque émérite du diocèse de Grouard-McLennan, en Alberta, est décédé à l'âge de 86 ans. Il avait occupé ce siège épiscopal pendant près de 24 ans, de 1972 jusqu'à sa retraite en 1996. Il a déjà été professeur de sociologie aux universités Laval et d'Ottawa, professeur aux grands séminaires de Saint-Norbert et Saint-Boniface, au Manitoba. Il a aussi occupé successivement les postes de doyen de la faculté des sciences sociales, de vice-recteur et recteur de l'université d'Ottawa. Nommé provincial des Oblats du Manitoba en 1966, l'année suivante, le Saint-Père lui confiait le siège épiscopal du diocèse de Labrador City-Schefferville, tâche dont il s'acquitta jusqu'à sa nomination comme archevêque de Grouard-McLennan, en 1972.
Congrès marial
MONTRÉAL – À l'occasion du 150ᵉ anniversaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée-Conception, le 55ᵉ congrès marial a eu lieu au sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs, à Montréal, les 9, 10 et 11 octobre. L'événement, sous la présidence de Mgr Jude Saint-Antoine, évêque auxiliaire à Montréal, est régulièrement organisé par la Légion de Marie en collaboration avec l'Apostolat mondial de Fatima.
Opposition au projet de bouclier antimissile
MONTRÉAL – Développement et paix demande au premier ministre Paul Martin de rejeter le système de défense antimissile des États-Unis et d'utiliser l'argent ainsi épargné pour atteindre les Objectifs de développement du millénaire (ODM) qui entendent réduire de moitié la pauvreté mondiale d'ici 2015. Cette demande fait partie d'une série de recommandations présentées au gouvernement libéral dans le cadre de la révision de la politique internationale du Canada. Développement et paix, agence de solidarité internationale de l'Église catholique canadienne, demande au gouvernement fédéral d'apporter des modifications à sa politique étrangère de façon à mieux servir les populations pauvres du monde.
La fête des tentes
ÎLE D'ORLÉANS – La Fête des tentes, un rassemblement pour les 18 à 35 ans, a eu lieu les 3, 4 et 5 septembre, sur l'île d'Orléans, près de la ville de Québec. Ils ont partagé ensemble leur foi en Jésus et appris à connaître la spiritualité franciscaine.
Festival des films du monde
MONTRÉAL – Sur le jury œcuménique du Festival des films du monde qui a eu lieu à Montréal du 26 août au 6 septembre ne figuraient que deux Canadiens, soit l'abbé Gilles Leblanc, prêtre du diocèse de Trois-Rivières et directeur de la revue Parabole, et Victoria-L. Obedkoff. Ce prix est remis à un film qui se distingue non seulement par ses qualités artistiques, mais aussi par son apport au progrès humain et à la reconnaissance de valeurs éthiques, sociales et spirituelles.
75e des Carmélites
TROIS-RIVIÈRES- Les 21 et 22 août, les Carmélites de la région trifluvienne ont souligné le 75ᵉ anniversaire de leur arrivée dans le diocèse de Trois-Rivières. Pour l'occasion, Mgr Martin Veillette a présidé une célébration d'action de grâces.
Place Mgr-Charbonneau
MONTRÉAL – La Société immobilière Trans-Québec rénovera la Place Monseigneur-Charbonneau, située sur la rue University, en face de la Place Ville-Marie, à Montréal. Le projet est évalué à 850 000 s. Ce lieu a été nommé en l'honneur de Mgr Joseph Charbonneau (1892-1959), 6ᵉ évêque et 4ᵉ archevêque de Montréal (1940-1950) à l'origine de la création de 25 paroisses et d'une école. Il est l'auteur d'un document majeur sur l'Action catholique où il exprime sa confiance en la jeunesse et aux laïcs. C'est lors de la célèbre grève de l'amiante (1949) qu'il manifeste le mieux son attachement pour les travailleurs. Sa démission surprise demandée par le Vatican en 1950 met fin prématurément à son épiscopat.
30 ans en prison
GATINEAU – De confession baptiste, le révérend Pierre Allard a reçu le prestigieux prix de l'organisme Volunteers of America pour son travail d'aumônier dans plusieurs pénitenciers du Canada. En plus de cette profession, Pierre Allard est également chargé de cours sur la justice réparatrice à l'université Queen's, à Kingston, en Ontario.
Des réfugiés dans les églises
MONTRÉAL – La Ligue des droits et libertés, l'Église Unie du Canada, et des groupes de défense des droits demandent aux gouvernements fédéral et provinciaux de trouver une solution humanitaire au problème des réfugiés qui trouvent asile dans des églises parce qu'ils font l'objet d'un avis de déportation. Ils réagissent ainsi aux propos de la ministre canadienne de l'Immigration, Judy Sgro, qui a demandé, il y a quelque temps, aux Églises du pays de cesser de donner asile aux immigrants menacés de déportation. Dans un commentaire publié le 16 août dans le Journal de Montréal, le commentateur Jean Cournoyer appuie les Églises : « Pour leurs gestes charitables, elles devraient même recevoir des octrois de la part d'un gouvernement qui n'a pas encore trouvé le moyen de raffiner sa façon de traiter des êtres humains. »
Thèse doctorale
Regard anthropologique sur les exorcismes
MONTRÉAL – Dans le cadre de ses études doctorales en histoire à l'université de Montréal, Aurélie Goudal a choisi d'analyser des récits d'exorcisme de l'époque byzantine, c'est-à-dire du quatrième au septième siècle, et de les mettre en rapport avec les récits modernes. Dans sa thèse en rédaction, elle analyse une quarantaine de textes hagiographiques datant de cette période. Ces documents d'analyse, qui font de 20 à 200 pages, sont écrits en grec ou traduits. La connaissance du grec ancien l'a grandement aidée à plonger dans les textes originaux, mais, à cause de l'ampleur du travail à réaliser, elle a consulté aussi de nombreuses versions traduites.
La dette de la province effacée
EDMONTON – Il y a dix ans, la dette de la province de l'Alberta s'élevait à 23 milliards de dollars. La presque totalité de celle-ci a été contractée entre 1982 et 1992 après la chute des cours du pétrole. Il y a quelques semaines, le gouvernement albertain a annoncé que le montant a entièrement été remboursé et que la province ne doit plus rien.
On vit plus longtemps à Vancouver
VANCOUVER – Au Canada, c'est à Vancouver que l'espérance de vie est la plus longue au pays. Elle a 81 ans. C'est ce qu'indiquent les dernières données de Statistique Canada. Après, ce sont les citoyens de Toronto, suivis de ceux de Victoria, Calgary, Edmonton et Québec. Au bas de l'échelle figurent Saint-Jean, Terre-Neuve avec 77,4 ans, et Sudbury avec 76,7 ans. L'usage du tabac, la consommation abusive d'alcool, l'obésité et l'hypertension artérielle sont parmi les facteurs qui abrègent l'espérance de vie. Le fait de détenir un diplôme d'études postsecondaires, un revenu plus élevé et d'être un des nouveaux immigrés au pays allonge son espérance de vie.
Les jeunes écoutent moins la radio
TORONTO – Les jeunes du Canada écoutent moins la radio. Selon Statistique Canada, ceux entre 12 et 17 ans consacraient 3 heures d'écoute de moins, l'an dernier, qu'il y a quatre ans. Ce temps est passé de 11 heures par semaine, en 1999, à 8,5 heures en 2003. On observe la même tendance à la baisse du temps d'écoute de la télévision chez les adolescents. Dans l'ensemble de la population, les Canadiens ont écouté la radio en moyenne 19,5 heures par semaine, soit une heure de moins qu'en 1999. Les anglophones du Québec ont consacré le même temps à l'écoute de la radio qu'en 2002, ce qui fait [manque un mot] plus grands amateurs de radio au Canada.
Plus de filles dans les universités
MONTRÉAL – Il y a davantage de filles que de garçons dans les universités canadiennes. Statistique Canada indique que 10 000 jeunes femmes font présentement des études postsecondaires, en comparaison de 377 000 jeunes hommes.
Le français au Nunavut
IQALUIT – Dans la capitale du Nunavut, un peu plus de 10 % de la population est francophone. La réalité française est en progression grâce au dynamisme d'une association francophone. Le premier ministre du Nunavut, Paul Okalik, lui-même francophile, estime que la langue de Molière est importante. « Si la langue inuktitut demeure encore très forte au Nunavut, il faut également que nous nous assurions que nos institutions dispensent des services en français. La communauté francophone a été très utile ici », a-t-il dit au quotidien La Presse.
Prévenir les maladies du cœur
MONTRÉAL – Une étude internationale dirigée par des chercheurs canadiens en arrive à la conclusion qu'il est possible de prévenir la majorité des crises cardiaques prématurées. Ils ont mis en évidence neuf facteurs à l'origine de 90 % des crises. Les deux plus importants sont le tabagisme et un faible taux de bon cholestérol dans le sang. L'hypertension, le diabète, l'obésité, le stress, une mauvaise alimentation et l'absence d'exercice sont aussi des facteurs de risque. L'étude a été menée sur plus de 29 000 personnes dans 52 pays sur tous les continents.
(Revue Sainte-Anne, novembre 2004, pp. 444 à 446)
TOURISME ESTIVAL : L'espace Alfred-Pellan
Par Benoit Voyer
11 mai 2026
Depuis le 6 juin 2025, la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, à Granby, est l’hôte de l’Espace Alfred-Pellan, une installation muséale qui a pour but de mettre en valeur les murales mosaïques que l’artiste a réalisées en sol granbyen.
Il est possible d’y découvrir ses origines, ses raisons d’être et le processus de création de ses œuvres de Saint-Patrick et de l'Immaculée-Conception, à l’aide de panneaux explicatifs, de photographies et de maquettes originales.
La mosaïque du saint patron des Irlandais, qui était jadis sur le bâtiment de la Commission scolaire régionale Meilleur, a été réaménagée à l'intérieur de la Société d'histoire. Elle est splendide! Celle de l'Immaculée-Conception est sur un mur extérieur du Cégep de Granby.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Nouvelles de chez nous
Par Benoît Voyer
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Sainte Marguerite Bourgeoys déménage
MONTRÉAL - La chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, située au cœur du Vieux-Montréal, sera la nouvelle résidence de sainte Marguerite Bourgeoys et de Jeanne Leber, une prospecte à la canonisation dont le dossier est à l'étude. La sainte déménagera le 24 avril et son amie la suivra le 12 mai. Depuis le 19 janvier, le cœur de sainte Marguerite Bourgeoys occupe une place de choix à Bonsecours. Ce déménagement des dépouilles permettra un plus grand accès des pèlerins aux célèbres personnages et était devenu une option incontournable pour la Congrégation Notre-Dame.
La fête du Frère André
MONTRÉAL - Le 6 janvier, une tempête de neige a empêché les pèlerins de se rendre en grand nombre participer à la célébration spéciale organisée à l'occasion de la fête liturgique du bienheureux Alfred Bessette, alias le Frère André, préparée dans le cadre des festivités du centenaire de l'Oratoire Saint-Joseph. La basilique était remplie à peine au dixième de sa capacité d'accueil. Visiblement, cette messe, présidée par l'abbé Gabriel Villemure, représentant de la zone pastorale Côte-des-Neiges, a été préparée minutieusement. Comme l'a constaté la Revue Sainte Anne, présente à l'événement.
Saints, bienheureux et vénérables d'avril
OTTAWA - Une belle manière de prolonger le temps pascal est de visiter un saint, un bienheureux ou un vénérable de chez nous. En avril, l'Église canadienne se souvient de plusieurs personnages à la foi exemplaire. Voici leurs noms, les dates de leurs anniversaires de décès ou celles inscrites au calendrier liturgique et les adresses où reposent leurs sépultures. Le 5 avril : Rosalie Cadron-Jetté (12435, avenue de la Miséricorde, Montréal. Cause à l'étude) et Élisabeth Bruyère (7, rue Bruyère, Ottawa. Cause à l'étude); le 9 avril : Marcelle Mallet (2655, rue Le Pelletier, Beauport. Cause à l'étude) .; le 17 avril: la bienheureuse Kateri Tekakwitha (Sanctuaire Kateri-Tekakwitha, Kanawake); le 18 avril: la bienheureuse Marie-Anne Blondin (1950, rue Provost, Montréal, arrondissement Lachine) ; le 29 avril : la vénérable Élisabeth Bergeron (805 rue Raymond, Saint-Hyacinthe); et le 30 avril : la bienheureuse Marie de l'Incarnation (10, rue Donnacona, Québec)
Pour hommes seulement
MONTRÉAL - Chaque deuxième mercredi du mois, la paroisse Saint-Ambroise, 1815, rue Beaubien est (près de la rue Saint-Denis), à Montréal, présente une soirée de ressourcement destinée uniquement aux hommes. Habituellement, le curé de la paroisse, l'abbé Denis Saint-Maurice, y présente deux causeries de trente minutes sur la foi. De plus, la majorité des hommes présents profitent de l'occasion pour vivre une démarche au sacrement du pardon et ils se retirent dans une salle du presbytère pendant environ 20 minutes pour une troisième causerie donnée par un laïc. L'intériorité est au rendez-vous. « La soirée est ouverte à tous les hommes et il n'y a pas de quête et de prix d'admission » (www.stambroise.org).
Radio-Notre-Dame au Canada, en direct de Paris
TORONTO - Les Canadiens francophones peuvent écouter Radio-Notre-Dame, une radio catholique de haute qualité qui diffuse à partir de Paris, en France, en direct sur Internet Pour les citoyens de Toronto, de Vancouver, de Regina, de Montréal, de Moncton et d'Iqaluit, la distance n'a plus d'importance. Pour syntoniser la station, il suffit de posséder le logiciel audio Real Player. Le lien audio est: http://www.radionotredame.com/sons/live.ram Il est aussi possible de consulter le site de la station qui contient une liasse de renseignements intéressants : www.radionotredame.com
Fin des tarifs préférentiels d'électricité
MONTRÉAL - En avril 2006, Hydro-Québec abolira son tarif biénergie. Ce qui veut dire que plus de 4000 églises, écoles et petites entreprises ne bénéficieront plus de rabais consentis par Hydro-Québec depuis 20 ans sur leur coût d'achat d'électricité.
Menace pour les églises
QUÉBEC - « Nos églises vont se trouver en danger », a dit l'ex-ministre de la culture du Québec, Agnès Maltais, en interview à Radio-Canada. La députée de Taschereau croit que les églises patrimoniales risquent de considérablement souffrir de la hausse des coûts du chauffage qu'apportera l'abolition du tarif préférentiel d'Hydro-Québec. Pour elle, la fermeture temporaire d'églises en hiver ne serait pas une solution : « C'est sous l'angle du patrimoine que je suis très inquiète. Les églises qui sont fermées en hiver sont des églises qui vont se dégrader. » Au Québec, ce sont 200 à 300 temples qui sont menacés, dont une vingtaine dans le seul diocèse de Sherbrooke.
Tourisme religieux dans les Cantons-de-l'Est
SHERBROOKE - D'avril à octobre, le Centre d'interprétation de l'histoire de Sherbrooke accompagne les visiteurs dans un circuit touristique religieux hors de l'ordinaire qui permet de découvrir l'église Plymouth Trinity, un temple de l'Église Unie construit en 1855 et classé bien culturel en 1989, l'église anglicane St. Peter's édifiée en 1902, la cathédrale catholique Saint-Michel, la chapelle de l'archevêché de Sherbrooke, lieu de piété où se retrouvent des œuvres d'Ozias Leduc classées bien culturel en 1993, et la chapelle anglicane St. Mark's de l'université Bishop's. Le périple est réservé aux groupes de 20 personnes ou plus. Inf.: (819) 821-5406 (www.shs.ville.sherbrooke.qc.ca)
Les jardins de la Maison Saint-Gabriel
MONTRÉAL - Située autrefois en pleine campagne, la ferme tricentenaire de la Maison Saint-Gabriel, à Montréal, possédait jadis un potager et un jardin d'herbes médicinales et aromatiques assez complet. Ce jardin de Nouvelle-France a été en grande partie recréé et il met en valeur les espèces importées d'Europe et des espèces indigènes dont les vertus sont reconnues depuis fort longtemps par les Amérindiens. Les visiteurs peuvent admirer ces plantes, mieux les connaître et souvent y goûter en visitant cette maison, un petit bijou souvent oublié des touristes (www.maisonsaint-gabriel.qc.ca).
Le Jour du Seigneur
MONTRÉAL - André Raymond a laissé sa place au journaliste Normand Latour à l'animation de l'émission télévisée Jour du Seigneur, présentée à la Société Radio-Canada. Recherchiste et réalisateur-coordinateur d’André Raymond avait pris la place de l’abbé Roland Leclerc suite à son décès accidentel. Normand Latour est animateur et reporter au bulletin « L'Outaouais » dans une station régionale de la société d'État.
Mission Brésil : 50 ans
NICOLET - Une délégation de 13 personnes du diocèse de Nicolet, dont Mgr Raymond Saint-Gelais, est allée au Brésil, en janvier, pour souligner le 50e anniversaire de leur mission, fondée le 5 juin 1955. Le périple des Canadiens a duré trois semaines. Le diocèse de Nicolet est le premier au monde à avoir envoyé des prêtres diocésains en Amérique du Sud. Plusieurs prêtres du diocèse de Nicolet ont œuvré dans le nord-est du pays. Actuellement, quatre prêtres y travaillent, dont trois en paroisse. De plus, des Sœurs de l'Assomption de la Sainte Vierge et des Sœurs Grises de Montréal œuvrent au Brésil, communautés qui comptent maintenant plusieurs membres parmi les Brésiliennes.
Congrès des étudiants en théologie
TORONTO - Du 12 au 18 février a eu lieu à Toronto le 51e Congrès canadien des étudiants en théologie. Le thème de la semaine était « La foi vivante: base théologique d'une existence incarnée ».
Mariage de conjoints de même sexe
TIMMINS - Tout comme le diocèse de Vancouver et la majorité des diocèses canadiens, le diocèse de Timmins est présentement en campagne afin de s'opposer au mariage de conjoints de même sexe. Mgr Paul Marchand a envoyé une lettre aux catholiques de son territoire. L'évêque estime que « le changement de définition du mariage pour y inclure les partenaires du même sexe [ ... ] ne peut pas favoriser à long terme l'ensemble de nos sociétés. ».
Le cardinal de Toronto écrit à Paul Martin
TORONTO - En anglais, le cardinal Aloysius Ambrozic, archevêque de Toronto, a écrit au premier ministre canadien, Paul Martin, afin de s'opposer aux mariages entre personnes de même sexe.
Un appel à la mobilisation
CALGARY - Mgr Frederick Henry, évêque de Calgary, demande à ses fidèles de tout faire pour empêcher la légalisation des mariages entre conjoints de même sexe. Dans une lettre envoyée à ses fidèles, il compare l'homosexualité à l'adultère, à la prostitution et à la pornographie. Selon lui, ces quatre pratiques menacent les valeurs familiales, fondements de notre société.
Fusion de paroisses
VICTORIAVILLE - Mgr Raymond Saint-Gelais, évêque de Nicolet, a émis un décret qui supprime les paroisses Saints-Martyrs-Canadiens et Saint-Gabriel-Lalemant et modifie les limites et le nom de la paroisse Sainte-Victoire à Victoriaville. La nouvelle entité portera le vocable de paroisse Sainte-Trinité.
Rimouski consulte ses diocésains
RIMOUSKI - Le diocèse de Rimouski consulte les fidèles des sept paroisses de la ville au sujet des services pastoraux, car des réaménagements majeurs sont nécessaires. En 2008, le diocèse comptera 17 prêtres de moins de 65 ans pour 117 paroisses. Des églises pourraient se regrouper et d'autres fermer.
Le Canada manque de héros
MONTRÉAL - « Le Canada manque cruellement de héros » estime Louise Vigneault, professeure au département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques de l'Université de Montréal. Dans ses travaux de recherche, elle étudie les constructions culturelles, de l'imaginaire collectif et des mythes fondateurs. Sa réflexion porte surtout sur les figures représentatives de l'identité canadienne. Ses conclusions ne sont pas très encourageantes.
Atteindre l'équilibre budgétaire sans mise à pied
CHICOUTIMI - Les finances du diocèse de Chicoutimi ne s'améliorent guère. Le budget est tellement serré qu'en décembre, l'évêque, Mgr André Rivest, a arrêté l'expansion des effectifs. « J'ai demandé qu'il n'y ait plus de nouveaux employés affectés aux services diocésains. Ils sont présentement 85 qui assument des charges variables (plusieurs ne travaillent pas à temps complet), et mon rêve est de ne procéder à aucun renvoi [ ... s] Nous procédons à des réaffectations. Notre objectif consiste à atteindre l'équilibre budgétaire en 2008 et en attendant, il ne faut pas paniquer. Nous avons des réserves et au niveau des paroisses, les charges sont moins élevées depuis que nous avons réduit de huit à deux le nombre de zones pastorales », a-t-il confié au journal le Quotidien.
Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem
CHICOUTIMI - Implanté à Chicoutimi, l'Ordre équestre du Sépulcre de Jérusalem prend de plus en plus de place dans le paysage régional. Il est implanté dans ce diocèse depuis déjà deux ans. C'est un ordre semblable aux Chevaliers de Colomb et aux Chevaliers de Malte. Il est voué à la sauvegarde des lieux saints à Jérusalem, de même qu'en Palestine.
Le métro donne des leçons d'histoire religieuse
MONTRÉAL - Les stations de métro de Montréal permettent aux voyageurs de se familiariser avec des personnages religieux. D'ailleurs, le citoyen montréalais ignore la plupart du temps pourquoi telle station du métro porte tel nom. Ainsi, la Station Fabre a été nommée à la mémoire de Mgr Fabre, troisième évêque de Montréal. Quant à la Station Vanier, elle évoque le souvenir de Georges Vanier, gouverneur général du Canada de 1959 à 1967 dont la cause est présentement à l'étude afin de voir si elle peut être présentée à la Congrégation des Saints, à Rome.
Bonjour la vie
ROUYN - Chaque samedi, 11 h 30, Paulette Côté anime à la télévision « Bonjour la vie » sur les ondes de CKRN-TV à Rouyn. L'émission hebdomadaire a pour but de montrer le dynamisme de l'Église diocésaine de Rouyn-Noranda
Les évêques en Terre-Sainte
ST.JOHN'S - Du 8 au 13 janvier, Mgr Brendan M. O'Brien, archevêque de St. John's et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), s'est rendu à Jérusalem et Bethléem, avec une délégation, afin de participer à une rencontre pour discuter de l'avenir de la Terre Sainte et des nombreux problèmes auxquels sont confrontés les chrétiens de cette partie du monde.
(Revue Sainte Anne, avril 2005, pp. 156 et 157)
TOURISME ESTIVAL : Le Manoir Mauvide-Genest
Par Benoit Voyer
10 mai 2026
L'époque des seigneuries et celle qui l'a précédée m'intéressent beaucoup. De plus, j'adore les vieilles maisons coloniales. Le 23 juillet 2025, de passage sur l'île d'Orléans dans le cadre d'un premier survol du lieu où ont vécu mes ancêtres Dupont, à Sainte-Famille, j'ai visité le Manoir Mauvide-Genest, à Saint-Jean.
C'est en lisant le livre "Par le chemin du Roi, une femme est venue", consacré à la vie de la bienheureuse Marie-Rose Durocher (1768-1830), que j'ai découvert ce site historique tout à fait exceptionnel. C'est ici que sa mère, Geneviève Durocher, a passé son enfance, bénéficiant de l'éducation que lui offrait sa tante Anne Mauvide (1736-1799), la seigneuresse du lieu et épouse de René-Amable Durocher (1737-1786). L'actuel nom du manoir fait référence aux parents de sa tante, Jean Mauvide (1701-1782) et Marie-Anne Genest dit Labarre (1707-1781). En plus d'être seigneur de la partie sud-ouest de l'île de 1752 à 1779, Jean Mauvide était chirurgien du roi et marchand.
C'est dans cette maison que le contrat de mariage entre Geneviève Durocher et Olivier Durocher (1771-1859) a été signé. Ils se marieront le 20 janvier 1794, dans l'église catholique du patelin qu'il est également possible de visiter.
Ainsi donc, le Manoir Mauvide-Genest est un ancien manoir seigneurial situé à Saint-Jean, sur l'Île-d 'Orléans. Il a été construit en 1734 par Jean Mauvide et agrandi en 1738 et avant 1755. La chapelle date de 1929. Il s'agit d'un des plus vieux manoirs seigneuriaux qui existent au Québec. Il a été classé immeuble patrimonial en 1971 et désigné lieu historique national du Canada en 1993.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Mgr Joseph-Aurèle Plourde
Archevêque émérite d'Ottawa
« Sur mon testament, j'ai demandé qu'on chante à mes funérailles l'Ave Maris Stella, l'hymne national des Acadiens, pour qu'on sache que je suis Acadien jusque dans la mort. » « C'est Mon Fils! Il est formidable »
OTTAWA — Il est bon de rencontrer un aîné heureux et serein. Le visage de Mgr Joseph-Aurèle Plourde, archevêque émérite d'Ottawa, est rempli de bonté. Il rayonne. Ses yeux sont magnifiques. Ils ont du regard. Il n'a vraiment pas l'air de son âge. Pourtant, il a passé le cap des 90 ans. Il marche droit et fier. Et, surtout, il a l'esprit vif. Il est à la retraite depuis maintenant 15 ans.
Il arrive sans retard à notre rendez-vous. Il s'avance dans le couloir du troisième étage du Centre diocésain d'Ottawa à pas lents et avec élégance. Pour l'occasion, il a mis son col romain et sa croix épiscopale. Il me sert chaleureusement la main et me regarde droit dans les yeux.
« Vous êtes originaire de quel endroit? » Il n'en faut pas plus pour lancer la conversation. « Je suis Acadien! » Rapidement, il clarifie ses origines : « Je dis que je suis Acadien, mais je ne suis pas un descendant des déportés. Mes grands-parents venaient de Rivière-Ouelle, au Québec. »
Dans ma mémoire, l'évocation de ce village me ramène plusieurs années en arrière. Lorsque j'étais enfant, je me rendais souvent au Foyer Martin pour aller y visiter ma grand-mère paternelle, Alice Chenard, veuve d'Edgar Voyer.
Je lui confie mon souvenir : « Il y a beaucoup de Plourde dans le comté de Kamouraska ! Je me souviens de ceux de Mont-Carmel... »
Il répond sans tarder : « C'étaient probablement des parents éloignés parce que tous les Plourde d'ici ont la même souche. Ils sont les descendants des deux mêmes frères. »
Malgré tout, son cœur est acadien : « Un jour, je prêchais une retraite à des prêtres de Moncton. J'ai confié : sur mon testament, j'ai demandé qu'on chante à mes funérailles l'Ave Maris Stella, l'hymne national des Acadiens, pour qu'on sache que je suis Acadien jusque dans la mort. J'ai eu droit à de chaleureux applaudissements ! » (rires)
Une vie au crépuscule
Il y a de ces questions difficiles, même pour un journaliste: « Mgr Plourde, je sais que c'est délicat, mais c'est une réalité de la vie : vous avez 90 ans. Vous en êtes au crépuscule de votre vie... Éventuellement, le Seigneur vous fera rentrer au bercail. Il vous arrive de penser à la mort ? »
Il sourit : « Et ça ne m'énerve pas du tout! Je trouve cela normal. Et cela vous paraîtra peut-être étrange, mais j'ai presque hâte de mourir. Je me dis : je vais rencontrer beaucoup plus de monde que j'aime. Ils sont déjà rendus où j'irai! Si je vais au ciel, comme je l'espère, je vais être beaucoup plus heureux que je le suis ici. Alors pourquoi rester ? Je n'ai plus de famille! J'avais cinq frères et cinq sœurs. Il ne me reste plus qu'une sœur et elle a la maladie d'Alzheimer. Il n'y a donc plus aucune communication possible avec elle quand je lui téléphone. Alors, je n'ai plus de famille. De plus, les amis que j'avais au collège sont aussi partis. Il ne me reste plus rien ici ! »
Je rétorque en douceur : « On dirait que le Seigneur vous a oublié... » Il trouve la réflexion bien drôle : « Oui! Peut-être! » Il me confie ne pas avoir peur de la mort et qu'il sera content de l'arrivée de ce moment. Honnête, il admet cependant que la manière du départ l'inquiète beaucoup. Il craint la maladie et la souffrance.
Seul au monde ?
Il dit être seul au monde, mais il finit par confier un secret: « Vous vous souvenez des boat people, en 1975, au Cambodge ? »
Cette année-là, le gouvernement avait demandé aux évêques du Canada de promouvoir le parrainage. L'état s'engageait à doubler le montant financier de l'aide. L'archevêque d'Ottawa, alors en fonction, avait accepté d'en parler.
Un jour, il est invité à souper chez l'ambassadeur américain qu'il connaît assez bien puisqu'il est catholique. Il y avait autour de la table le commissaire aux réfugiés des Nations unies et quelques personnes.
« Ils m'ont dit: « Vous, les évêques, faites la promotion du parrainage d'enfants, mais, comme cʼest souvent le cas, vous ne ferez concrètement rien! Pourquoi ne parrainez-vous pas personnellement quelqu'un ? » J'ai été surpris de la remarque et de la question. J'ai répondu: « Mon milieu est beaucoup trop clérical et il y a très peu de catholiques au Cambodge... », relate l'archevêque émérite de la région ottavienne.
Après son départ, il réfléchit sérieusement à la proposition. Il décide de retourner rencontrer l'ambassadeur pour en reparler plus longuement. La femme de celui-ci partait justement en Thaïlande afin de visiter un camp de réfugiés dans lequel sa fille travaillait.
Mgr Plourde lui dit : « Si vous trouvez un orphelin, puisque je ne peux pas prendre la charge d'une famille, je pense que je le parrainerais. »
Là-bas, elle parle de l'intérêt du prélat. La réponse vint instantanément. Un jeune était pointé : Huot Tee.
De retour au Canada, l'affaire est conclue. « Comment va-t-il vous appeler, Monseigneur ? » « Qu'il m'appelle père et il décidera d'y mettre le sens qu'il voudra. »
Peu de temps après, les Chevaliers de l'Ordre de Malte demandent à Mgr Joseph-Aurèle Plourde de visiter des camps de réfugiés en Thaïlande. Il accepte.
Joseph-Aurèle Plourde se souvient : « À Bangkok, où je passais, on a fait venir le jeune que je parrainerais. Je pensais qu'il m'appellerait père, comme nous avions convenu. En me voyant, il s'élance vers moi en disant : « Ah ! Papa ! Pour lui, c'était définitif : j'étais son père ! »
Le jeune de 17 ans a finalement émigré au Canada et l'archevêque a réalisé auprès de lui son contrat d'une année tel que convenu.
Ses yeux s'allument et il raconte avec émotion : « Je lui ai finalement trouvé une famille formidable. Le couple avait sept enfants. Je croyais que c'était un milieu bien mieux pour lui. Je lui ai finalement communiqué ma décision. Il était furieux! Il m'a dit: « Non !!! Vous êtes mon père et je reste avec mon père! » J'ai donc accepté de le garder. Je pensais que cela allait être beaucoup de préoccupations pour moi, mais ce ne fut pas le cas… Aujourd'hui, Huot Tee a 42 ans, il travaille pour Postes Canada et il est marié. Vous savez, il vient me voir deux ou trois fois par semaine. Il m'appelle toujours avant sa visite pour me demander si j'ai besoin de quelque chose. Le dimanche il vient avec sa famille, à la messe, dans l'église qui est située en face du Centre diocésain où je demeure et ils viennent dîner avec moi. C'est mon fils ! Il est formidable ! »
Il ne cache pas qu'on s'est beaucoup questionné sur la présence de ce jeune dans sa vie. On craignait que l'exemple se répande trop. Même le Vatican a fait sa petite enquête suite à une visite chez le Saint-Père avec « son fils »
Un mot pour l'histoire
L'histoire se souviendra inévitablement de son action dans l'archidiocèse d'Ottawa. Je ne peux m'empêcher de lui lancer ma traditionnelle question piège: « Qu'est-ce que vous aimeriez que je retienne de vous ? »
Il répond sans tarder: « Cela m'est égal! On dira ce qu'on voudra de moi... Vous savez, lorsqu'on arrive à un certain âge, comme le mien, on se demande beaucoup plus ce que Dieu pense de soi que ce que les autres peuvent bien penser. C'est ma rencontre avec Dieu qui est importante, le reste m'importe peu. »
La romancière Amélie Nothomb a tellement raison quand elle questionne et répond, dans son ouvrage « Métaphysique des tubes » : « Quelle est la différence entre les yeux qui ont un regard et les yeux qui n'en ont pas ? Cette différence a un nom : c'est la vie. La vie commence là où commence le regard ». Tout est affaire de vision des choses. Et quand elle a la couleur du ciel, comme le bleu des yeux de Mgr Joseph-Aurèle Plourde, il nous fait inévitablement affirmer que la vie commence à la veille de la mort C'est le secret de la sérénité.
Mgr Joseph-Aurèle Plourde,
Archevêque émérite d'Ottawa
Centre diocésain
1247, Place Kilborn
Ottawa, Ontario, Canada
K1H 6K9
Par Benoît Voyer
(Revue Sainte-Anne, janvier 2005, p. 9)
SANTÉ MENTALE : Recréer des liens afin de contrer la solitude
Par Benoit Voyer
9 mai 2026
À l’occasion de la Semaine de la santé mentale, qui se terminera demain, le 10 mai, on lance un appel à se rassembler et à recréer des liens humains afin de briser le sentiment de solitude, le « défi majeur de notre époque » selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les spécialistes conviennent de plus en plus que la solitude est devenue une source de nombreuses problématiques en santé mentale.
L’humain est un être de relations. Cela fait partie de son ADN. Afin d’avoir une vie en équilibre, il est important qu’il soit en dialogue avec d’autres personnes qui vivent son humanité. Si les Québécois et les Québécoises sont dans le top du palmarès mondial de la consommation d’antidépresseurs, l’isolement d’un grand nombre pourrait-il en être une des causes ?
Cependant, être en dialogue avec une autre personne ce n’est pas toujours facile. Je l’ai déjà écrit : une chose que la vie m'a apprise, c'est que pour se comprendre, il faut écouter avec le cœur. C'est ce qu'on appelle l'empathie. Il y a maintenant longtemps, le 21 septembre 2014, j’abordais pour la première fois le sujet de l’art du dialogue empathique dans la défunte version québécoise du Huffington Post [1].
J’écrivais que pour y parvenir, une ouverture réciproque sans peur de l'autre est nécessaire parce que la peur est l'ennemi de l'ouverture. « Lorsque j'ai peur, une part de moi se referme. C'est un mécanisme normal de défense. »
J’ajoutais : « Savoir écouter, ce n'est pas seulement entendre ce que l'autre me dit. C'est surtout savoir saisir ce qu'il tente d'exprimer avec toute sa personne. C'est ce qu'on appelle le langage non verbal. On dit qu'à peine 7% [à 12%] de la communication humaine se fait avec des mots. Il y a tant de choses dont on ne trouve jamais le verbe pour l'exprimer. Au-delà des paroles et des actions, qu'est-ce que le cœur de la personne devant qui je me retrouve veut exprimer ? Qu'est-ce que les attitudes et le langage de son corps disent ? J'aime l'idée que le corps placote autant que les syllabes en bouche. La rencontre de cultures différentes - tout comme le dialogue intergénérationnel - se passe de la même manière qu'entre deux personnes qui tentent de se comprendre. »
Il y a quelques jours, dans l’édition du 11 février 2026 du magazine français Psychologies, je lisais les propos fort intéressants de la psychopraticienne Violaine Gelly [2].
Elle écrit : « Comprendre l’autre, ce n’est pas forcer les mystères de son être, c’est plutôt apprendre son langage. […] Comprendre l’autre, ce n’est pas toujours parler sa langue, c’est lui demander de nous la traduire. C’est dire : « Je ne sais pas exactement ce que tu vis, mais j’ai envie de comprendre comment tu le vis. » [...] La compréhension n’est pas un savoir définitif mais un mouvement. Un élan. Une manière de poser un regard vivant sur l’autre, qui permet au désir de circuler là où la routine voudrait s’installer. Cette curiosité n’est pas naïve : elle voit les failles, les ombres, les agacements. Elle ne maquille rien. Mais elle donne du souffle. Elle crée un espace où l’autre peut se dire sans crainte. Et nous, elle nous permet de prendre le temps de confronter nos interprétations à la réalité. »
Elle écrit aussi : « On apprend à lire l’histoire de l’autre comme un texte dont certaines pages manquent, ou sont raturées, ou encore écrites dans une langue inconnue. Il s’agit moins de percer un secret que de suivre une intrigue. »
Pour appuyer son propos, Violaine Gelly s’appuie avec brio sur le philosophe Paul Ricoeur qui rappelait que nos vies sont des récits que nous réécrivons sans cesse : « Comprendre quelqu’un, revient à comprendre le récit que cette personne fait d’elle-même et que parfois elle n’arrive pas encore à formuler. » C’est accepter que l’autre se transforme, que ses motivations évoluent, que ses certitudes se fissurent, que le livre soit en cours permanent d’écriture. On ne comprend jamais quelqu’un une fois pour toutes. On le comprend à cet instant-là, avec ce qu’il vit, dans ce cycle, cette fatigue, cette réminiscence du passé. Comprendre, c’est entrer dans le récit de l’autre, dans ses zones de tension, ses incohérences, ses ellipses. L’amour devient une compréhension partagée : « Une manière d’interpréter l’autre sans jamais refermer son sens », pour Ricoeur. […] Aimer, finalement, c’est accepter que l’autre reste en partie inconnu – et choisir malgré tout de marcher vers lui. »
Être soi
Enfin, disons-le honnêtement, le point de départ d'un bon dialogue, c'est l'identité individuelle. Ainsi donc, ce sont deux « moi » – ou personnes – qui s'ouvrent l'un à l'autre ou, pour reprendre les termes de la série jeunesse « Passe-Partout », « deux fesses qui se connaissent ».
C'est un vieil adage : Il est impossible de bien connaître l'autre qui est devant moi, si je ne me connais pas moi-même. Et puis, je ne peux guère accueillir sa différence, si je suis incapable d'affirmer la mienne. Ainsi, pour apprécier une autre culture différente de la mienne, il faut avant tout aimer celle qui a fait de moi ce que je suis. Pour apprécier le pays d'autrui, il est préférable d'avoir visité le sien. L'autre n'est pas moi.
Ce que j’avançais dans le Huffington Post reste d’actualité : « Lorsqu'on veut véritablement comprendre culturellement l'autre, il est important de mettre de côté les réponses faciles, les propos superficiels et les idées préconçues. Et puis, éviter de se comporter en conquérants ou en « personne qui fait pitié ». Enfin, la rencontre avec une autre culture n'est possible qu'en restant humble ».
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[1] Benoit Voyer. « Apprendre à dialoguer avec les Premières Nations afin de sortir des préjugés», Huffington Post Québec, 21 septembre 2014 (page consultée le 29 juillet 2024) www.huffpost.com/archive/qc/entry/apprendre-a-dialoguer-avec-les-premieres-nations-afin-de-sortir_b_5844076
[2] Violaine Gelly. « COUPLE : faut-il se comprendre pour S’AIMER ? » Psychologies (France), 11 février 2026, pp. 84-86.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Alain Massé
gestionnaire, homme de désir et témoin de la lumière
Benoît Voyer
GRANBY – Alain Massé ne peut plus se taire. Il a rencontré, dans une expérience christique, voire mystique, Jésus, le fils de Marie. Détenteur d'un baccalauréat en administration des affaires, option comptabilité, de l'Université de Sherbrooke, d'un baccalauréat multidisciplinaire en animation pastorale, en toxicomanie et en santé mentale et d'une maîtrise en comptabilité presque entièrement complétée, il est actuellement gestionnaire-comptable de l'usine d'une multinationale de l'industrie de la confiserie. Son expérience spirituelle intense est bien plus que du bonbon !
Alain Massé, avant de le rencontrer, qui était Jésus pour vous ?
Jésus était pour moi une personne importante et intéressante à cause de ce qu'il est et ce qu'il a fait.
Cependant, dans les circonstances difficiles que je vivais, je ne désirais rien de moins que le rencontrer. Je voulais vivre une expérience surnaturelle...
Je me questionnais sur la manière d'entrer en communication avec lui. Est-ce que c'est possible? Se transmet-on cela de génération en génération ?
Je savais, à l'intérieur de moi, qu'il devait bien y avoir un fond de réalité, car sans pouvoir le définir et le décrire j'avais toujours eu un attrait pour Lui.
Je me souviens de mes jeunes années, lorsque j'allais à l'église, je sentais, sans pouvoir la définir, une certaine présence dans ce lieu.
Je cherchais ... Je le désirais ! Je voulais voir Jésus ! Je voulais le connaître intimement.
C'était en 1988
Avez-vous trouvé ce que vous espériez tant?
Oui! En décidant d'aller plus loin !
Je me souviens d'une expérience que j'ai vécue à la maison des Trinitaires de Granby, un centre de retraites spirituelles qu'on appelle maintenant le Centre Jean-Paul-Regimbal. En entrant dans ce lieu, j'ai goûté à nouveau à la fameuse présence que je sentais à l'église durant mon enfance, une présence qui se décrit difficilement avec des mots, mais qui est tellement pacifiante.
Qu'est-ce qui s'est passé durant cette retraite spirituelle?
Durant la fin de semaine, il y a eu l'adoration du Saint-Sacrement. Un prêtre est arrivé dans notre salle de causeries avec un ostensoir. Il y avait une hostie blanche au milieu. Il disait: « Attention ! Laissez passer Jésus ! »
Intellectuellement, je ne comprenais pas trop ce qu'il voulait bien dire. Cependant, dans la foi, j'ai dit: « Seigneur, je ne sais vraiment pas si tu es présent là-dedans, mais si toutefois tu l'es, je suis prêt à t'accueillir tel que tu es ! »
Rien ne s'est passé pour moi à ce moment...
Alors, vous l'avez rencontré comment?
J'y arrive ...
Lors d'une autre soirée, il y a eu, encore une fois, la présentation du Saint-Sacrement.
Le prêtre se promène avec la présence réelle dans l'assistance. Lorsqu'il arrive à ma hauteur, une émotion indescriptible et une grande paix m'envahissent. J'en perds presque l'équilibre (!). Je m'assois ... C'est intense ! C'est extraordinaire !
Le phénomène se vit en moi et il est bien difficile à décrire. C'est verbalement quasi impossible.
Ce que je sais, c'est que je me sens bien. Je me sens comme un enfant emmitouflé au chaud dans une grosse doudou ! Ça ressemble vraiment à cette sensation, mais de l'intérieur...
Cette journée-là, en regardant l'hostie dans l'ostensoir, je vois comme une lumière vive jaillir d'elle. Après quelques instants, je ne suis plus capable de garder mes yeux ouverts. Je pleure... C'est plus fort que moi! Le Jésus que je désirais tant est là !
Pour moi, cette expérience a été la démonstration que Jésus est vraiment présent dans l'eucharistie.
À regarder vos yeux, il est clair que vous avez été touché par quelque chose ou quelqu'un qui transcende notre finitude…
L'expérience m'anime encore! Elle me motive à continuer à prendre des temps de relation avec Jésus.
Ces temps avec le Christ me font un bien inimaginable ! Souvent, lorsque je suis très fatigué physiquement ou intérieurement, je m'arrête et je demande à la Trinité la permission d'entrer en relation avec elle.
À chaque fois, je me sens tellement visité et comblé. Ma fatigue finit toujours par s'en aller. Ainsi, ma relation avec la Trinité devient comme un tremplin pour mieux replonger dans la vie active.
Vous êtes un gestionnaire d'entreprise. Vous administrez l'usine d'une multinationale de la confiserie. Qu'est-ce que Jésus change dans votre travail d'administrateur?
Cela me conduit à un plus grand accueil de l'expérience de l'autre et à un plus grand respect de ce qu'il est.
De plus, il m'inculque des valeurs de dépassement, d'honnêteté et de sagesse.
Lorsqu'on vous demande de faire des déclarations ou des transactions financières douteuses, comment réagissez-vous?
Ça m'est arrivé, il y a quelques années. J'avais refusé de me joindre à certains exercices financiers, car la situation entraînait de fausses déclarations. Je ne voulais pas participer à cela parce que des personnes auraient été brimées à cause de ce geste. Ma conscience chrétienne m’empêchait d'agir ainsi.
Que ce soit au travail ou à la maison ou entre amis, je me dis que les valeurs que j'ai me sont inspirées de l'Évangile. Mais celui-ci vient d’où ? Du Verbe qui s'est fait chair (!). C'est donc Dieu qui s'est incarné, qui est venu nous apprendre à mieux nous connaître et nous donner le défi de nous dépasser dans l'amour.
(Revue Sainte Anne, juin 2004, p. 249)
TOURISME ESTIVAL : La plage de l’Aboiteau
Par Benoit Voyer
8 mai 2025
La plage de l’Aboiteau est une plage exceptionnelle où il faut se rendre lors d’une visite au Nouveau-Brunswick. On y retrouve les eaux les plus chaudes au nord de l’État de la Virginie.
En plus d’être un site certifié écoresponsable et d'être très propre, la plage offre 5 kilomètres de sable doré, des vagues salées qui font du bien à la peau et des dunes remarquables qui protègent les berges contre l’érosion lors des tempêtes sur la mer.
Au pavillon, on retrouve le Restaurant de la Dune ou on offre aux visiteurs des repas simples et, surtout, des produits de la mer pêchés dans la région. Jusque à côté, la microbrasserie Cavok de Dieppe offre un centre de dégustation de ses bières locales. De plus, sur la terrasse, on présente régulièrement des spectacles et des ateliers populaires de zumba et de yoga. Bien entendu, on y retrouve des toilettes et des douches.
Sur le site, un sentier de marche est aménagé afin de découvrir la faune du secteur des dunes.
La plage de l'Aboiteau est un endroit idéal pour des journées de vacances en famille.
J’ai découvert cet endroit en 1977. J’étais un jeune homme de 10 ans. C’était à l’occasion d’une visite à mon oncle et ma tante, André Méthé et Denise Jean. J’y suis retourné 48 ans plus tard, les 23 et 25 juin 2025. De nos jours, ce n’est plus l’endroit sauvage de jadis, mais les efforts pour la préservation du site me touchent vraiment. Mes passages à la plage de l’Aboiteau, à Cap-Pelé, figurent parmi les plus mémorables moments de ma vie.
www.plageaboiteau.ca/fr
LE PRÉSENT DU PASSÉ: Claude Ryan est mort comme il a vécu
Claude Ryan nous a quittés. Son ange est venu le chercher pour le conduire au royaume des bienheureux, ce grand univers de bonheur éternel auquel il croyait de toute son âme. Il n'est plus là, mais il est encore vivant. C'est bien le mot : vivant ! Son œuvre et sa pensée passeront, mais sa contribution à l'avancement de notre société, le petit pas de plus qu'il lui a fait réaliser, le gardera toujours uni à notre présent collectif.
Dans une interview journalistique qu'il m'accordait en 1999, pour la Revue Sainte Anne (diffusée dans l’édition de janvier), il me confiait : "La mort… j'y pense presque tous les jours. Vous savez, à mon âge, on sait que ça viendra. J'aimerais avoir la grâce de mourir comme j'ai vécu, sans tricherie. » Et ce qu'il a souhaité est arrivé.
Son départ est une lourde perte pour le Canada et le Québec. Il l'est aussi pour moi. Parmi tous ces personnages qui ont marqué notre époque, il était celui qui m'inspirait le plus. Bien que je n'aie pas toujours été en accord avec lui, sa capacité de donner au service des autres et de ne pas se laisser envahir par la médiocrité m'a toujours impressionné. De plus, son élan culturel et cultuel est une grande source d'inspiration pour ma vie.
Je retiendrai toujours ce qu'il me disait de lui : « Je ne suis pas l'homme pour engager une révolution qui va casser les choses, qui va renverser les murailles. Je crois plutôt à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. C'est long, je sais. Cela permet de travailler longtemps sans s'impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. De plus, toute ma vie, j'ai accompli mes devoirs sans effort. Je n'étais pas obligé de me « crinquer » le matin en me disant : aujourd'hui, il faut que tu fasses ton devoir. J'ai été heureux comme ça. Enfin, j'ai toujours aimé les valeurs qu'incarne à mes yeux le christianisme. J'ai essayé d'y demeurer fidèle à travers les engagements que j'ai connus. Je n'ai pas de mérite à avoir agi de la sorte. »
Là où son ange est allé le conduire, il voit maintenant tout le bon grain qu'il a semé. En revoyant sa vie, il doit assurément dire : « C'est le doigt de Dieu ! » (Ex 8, 15).
Benoît Voyer
(Revue Sainte-Anne, avril 2004, p. 156)
VISION CATHOLIQUE : Le pluralisme religieux : un défi pour le christianisme d'aujourd'hui
Par Benoit Voyer
7 mai 2026
Le pluralisme religieux est une question encore plus difficile que celle de l'athéisme et de l'indifférence religieuse qui a fait couler bien de l'encre, il y a quelques années. Il amène un challenge de taille au christianisme. Ce dernier doit veiller à maintenir le privilège de sa singularité comme étant LA vraie religion et trouver une manière de dialoguer avec les autres traditions religieuses dans le respect des visions de l'autre et de la sienne.
Le pluralisme religieux interpelle la théologie chrétienne en plusieurs aspects.
Tout d'abord, il a le défi de concilier simultanément : la permanence de la sécularisation, l'athéisme, l'indifférence religieuse, le retour du religieux et du sacré et un engouement pour des sagesses autres que celles des religions de la Bible, notamment celles de l'Orient. Le travail est imposant parce que les conciliations sont parfois quasi impossibles. L'heure est donc au dialogue.
En second lieu, il interpelle à répondre à une nouvelle question théologique fondamentale: Est-ce que d'un pluralisme nous ne sommes pas théologiquement invités à envisager un pluralisme de principe qui relèverait de la volonté de Dieu ? En d'autres mots, est-ce que le pluralisme correspondrait à la volonté de Dieu ? Le théologien Claude Geffré écrit dans son ouvrage « Croire et interpréter - Le tournant herméneutique de la théologie » (Cerf, 2001) que cela est possible, mais que nous n'en savons guère la signification : « On peut penser que [ ... ] les multiples expressions du phénomène religieux tout au long de l'histoire concourent à une meilleure manifestation de la plénitude inépuisable de l'Esprit de Dieu. »
Aussi, sans compromettre le privilège unique du christianisme, nous devons chercher à penser la pluralité insurmontable des voies vers Dieu. C'est un autre beau défi qui demande de concilier l'affirmation fondamentale de la volonté universelle de salut de Dieu avec tous les textes du deuxième testament qui, pour leur part, attestent qu'il n'y a pas de salut en dehors de la connaissance explicite de Jésus. Insurmontable? Claude Geffré spécifie que cela n'est peut-être pas si insurmontable qu'on le croit.
De plus, le pluralisme religieux amène à devoir réinterpréter tous les textes de la Bible et le témoignage de la tradition chrétienne à partir de sa réalité. Le pluralisme est une nouvelle expérience historique.
Enfin, il faut replacer les textes de la longue tradition patristique et théologique dans leur contexte historique. À part le judaïsme, à l'époque des Pères de l'Église, aux premiers siècles de notre ère, on n'était pas très ouvert aux autres religions. Elles formaient des groupes de païens inspirés du diable. On était extrêmement sévère. Les Pères de l'Eglise avaient une expérience historique très différente de la nôtre. Des religions comme celles de la Mésopotamie, de l'Égypte et de Rome de cette partie de l'histoire sont disparues. De plus, l'Islam n'était pas encore né et ils connaissent vaguement les autres religions d'Orient. Aujourd'hui, nous faisons appel à des systèmes religiologiques nouveaux, pour les plus importants de forme théiste, qui amènent une vision différente des relations interreligieuses.
Malgré leur sévérité, les Pères de l'Église montraient tout de même jugement fort positif à l'égard de la « Sagesse des Nations » qu'on peut aussi appeler la « sagesse philosophique des Nations ». Ces philosophies sont une théologie des semences du verbe, car elles parlent de Dieu.
Pour un œcuménisme interreligieux efficace
Trois conditions sont essentielles pour que le dialogue œcuménique interreligieux soit efficace et porteur d'avenir.
Premièrement, il faut respecter l'autre dans son identité propre. Ainsi, il faut commencer par dépasser ses préjugés historiques non critiqués. Il s'agit plutôt de faire un acte d'imagination analogique, c'est-à-dire de déceler la ressemblance dans la différence. Il s'agit d'une attitude herméneutique dans l'esprit du document de la Commission biblique pontificale sur l'interprétation de la Bible dans l'Église. Avant de juger l'autre, il faut vraiment le connaître. Ce n'est qu'en apprenant profondément le langage de la religion de l'autre que cela est possible, mais pour cela il faut du temps et un effort intellectuel.
Deuxièmement, il faut rester fidèle à sa propre identité religieuse. Cela est simple : pour accéder à l'autre, il faut être fidèle à soi, c'est-à-dire à sa propre tradition. Si cette idée n'est pas au rendez-vous, le dialogue est impossible. On se dirige vers le confusionnisme.
Le problème est que, actuellement, il est de plus en plus difficile pour un chrétien de réfléchir à ce qu'est véritablement sa propre identité et de comprendre que toutes les vérités religieuses ne sont pas toutes complémentaires et, parfois même, elles sont inconciliables.
Faire abstraction de sa propre foi n'est pas une véritable attitude d'ouverture à l'autre, car pour s'ouvrir à l'autre le dialogue est nécessaire. Celui-ci implique la divulgation et l'accueil de ses différences mutuelles.
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Les catholiques doivent prendre la parole
OTTAWA – Les médias forment et informent. Pour une grande partie de la population, il s'agit de la seule source de formation et d'informations accessible immédiatement.
Le monde des communications médiatiques joue donc un impact considérable sur les mentalités. Il peut faire un bien énorme ! Il peut bâtir comme il peut détruire l'être humain. Il peut présenter une vision très belle et constructive de ce qu'il est et, d'un autre côté, lui offrir une vision qui ne respecte pas sa dignité humaine.
C'est pour cette raison que Michèle Boulva, co-directrice de l'Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) et ex-journaliste, lance, dans une interview qu'elle a accordée à la Revue Sainte-Anne, de passage dans la capitale canadienne, une invitation formelle, surtout à ceux qui ont choisi de suivre Jésus à travers la voie du catholicisme : « Il est important que monsieur et madame « Tout-le-Monde » qui lisent les journaux, qui voient une publicité sur un abribus, qui regardent la télévision ou qui visualisent des émissions sens dessus dessous prennent la parole. Écrire une lettre ouverte, ce n'est pas long ! Quatre ou cinq lignes suffisent ! Ce sont souvent les plus courtes qui sont publiées. »
Pour elle, il faut absolument apprendre à utiliser les médias pour faire valoir ce qu'on a à dire, surtout lorsqu'il s'agit de valeurs éthiques que proposent les textes des premier et deuxième testaments et aussi, la longue et riche tradition de l'Église.
Benoît Voyer
(Revue Sainte-Anne, mai 2005, p. 209)
VISION CATHOLIQUE: La vie spirituelle
Par Benoit Voyer
6 mai 2026
Au fil des ans, ma vision de Dieu et de Jésus a considérablement changé. Pour y parvenir, j’ai dû traverser plusieurs crises de vie et de foi. Tout comme ma compréhension de la vie en général et de celle de ceux qui m’ont donné naissance dans cette humanité, ma conception des choses divines a changé.
Durant les étapes que j’ai traversées, il m’est arrivé de dire : « Je suis agnostique » ou « Je suis chrétien à la limite de l’agnosticisme ». Il est bon de rappeler que l’agnostique n’est pas un athée. L’athéisme nie l’existence de Dieu. L’agnostique se questionne sur son existence. C’est quelqu’un qui doute. Il pose des questions. On ne lui fera pas gober n’importe quoi.
Depuis 2023, je dis : « Je suis chrétien… Je suis un chrétien de tradition catholique. Oui, je crois ! Mais pas en n’importe quoi ! ».
Ainsi donc, à presque 60 ans, l’image que j’ai de Dieu et de Jésus n’est plus celle de mon enfance, de mon adolescence et de celle que mes parents m’ont transmise. Au fil des ans, il m’a fallu à quelques occasions abandonner Dieu pour mieux le trouver ou le retrouver.
Et je sais déjà que lorsque je serai un centenaire, mes certitudes actuelles n’auront plus la même saveur qu’aujourd’hui.
Si je me fie à plusieurs grands psychologues, comme Erik Erikson, mon cheminement spirituel et religieux est normal et sain. Ils nous enseignent que l’homme et la femme passent par des étapes de développement à mesure qu’ils mûrissent. D’ailleurs, les grands mystiques catholiques ont enseigné la même chose pendant des siècles. C’est ce qui a conduit à des concepts comme les voies purgative, contemplative et unitive. De plus, plus près de nous, des auteurs spirituels comme James Fowler ont utilisé la psychologie moderne pour enrichir notre compréhension du développement spirituel.
Si on simplifie les choses à leur plus simple expression, le développement spirituel comporte trois grandes étapes : 1– Le détournement de nos mauvais penchants ou de nos péchés ; 2– La pratique de la vertu ; 3– Se sentir embrassé par l’amour divin. Ces étapes ne sont pas fermes, mais plutôt des périodes d’accentuation. Il y a une fluidité entre les trois. Selon les étapes de notre existence, nous serons plus ou moins dans l'une ou l’autre.
Malheureusement, bien des gens s’attardent à la première étape. On doit rapidement en venir à se focaliser sur la pratique de la vertu. Il faut passer du négatif au positif. On doit passer de « Comment puis-je arrêter de pécher ? » à « Comment puis-je être un meilleur chrétien ? »
Lorsqu’on prie et on lit les Évangiles, on ne se concentre pas sur le péché, mais sur Jésus comme la personne qu’on veut suivre et imiter : « Que puis-je faire pour plaire à Dieu ? » « Comment puis-je être meilleur ? »
La majorité des chrétiens passent la plus grande partie de leur vie dans cette étape du développement spirituel. Je ne suis pas un grand pécheur, mais pas non plus quelqu’un de parfait. Je tente d’être meilleur, même si j’échoue souvent. On fait ce qu’on peut.
Dans la troisième étape du développement, on ne se concentre pas sur soi, mais sur Dieu. En regardant Jésus dans les Évangiles, on verra une personne qui ne se contente pas de dire aux gens d’arrêter de pécher et de le suivre. On découvre plutôt quelqu’un de merveilleux qui nous parle de son Père, qui est aimant et compatissant. À cette étape du développement, on regarde les textes anciens pour constater à quel point Dieu est impressionnant et merveilleux : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. » (Jn 9, 5-11)
Rendu là, l’acte de foi le plus difficile à faire est de croire que Dieu nous aime inconditionnellement et qu’il est un Dieu bienveillant :
Un auteur dont je ne me souviens plus du nom disait qu’à chaque étape du développement spirituel, notre vie de prière est différente. Dans la première étape, c’est surtout la contrition (je suis désolé), dans la deuxième étape, c’est surtout la supplication (aide-moi) et dans la troisième étape, c’est surtout l’action de grâce et l’adoration (Tu es incroyable, mon Dieu).
Dans la dernière étape du développement spirituel, on tombe véritablement amoureux et on s’engage. En vieillissant, mon dialogue avec le bon Dieu se résume de plus en plus à l’essentiel : « Salut ! Je suis là ! Merci d’être là, toi aussi ! Je t’aime, tu le sais bien… »
LE PRÉSENT DU PASSÉ : Un SPA spirituel pour sa beauté intérieure
Un SPA spirituel pour sa beauté intérieure
Par Benoît Voyer
Sur le bord du lac Saint-François, une grande étendue d'eau du Saint-Laurent, à Côteau-du-Lac, situé à quelques kilomètres du pont Monseigneur Langlois, qui permet un accès à la rive nord du fleuve aux citoyens de la grande ville de Valleyfield, se cache un vieux manoir de pierres. Il s'agit de l'ancienne maison du maître de la Seigneurie de Soulanges. Anne, ma cousine éloignée, dirige la maisonnée.
Le Manoir de Beaujeu devient, en 1968, un centre de villégiature pour les catholiques, dirigé par un organisme sans but lucratif, Gestion hôtelière Soulanges. On y donne des retraites spirituelles et des séminaires de perfectionnement humain. L'accueil et les opérations sont sous la responsabilité d'une équipe de laïcs, mais des prêtres de l'Opus Dei y assurent les causeries sur la foi et y donnent de la direction spirituelle.
Le site est unique en son genre. Il suffit de s'asseoir confortablement sur une chaise du grand balcon, situé à l'arrière de la maison ancestrale pour être ébloui par un paysage époustouflant digne d'une carte postale. Le point d'observation offre vue unique sur la flore du fleuve Saint-Laurent et du Lac Saint-François, nom donné en l'honneur de Jean-François Régis, Jésuite français canonisé en 1737.
Cette étendue d'eau a été fort fréquentée jusqu'à l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent, en 1959. Le canal de Soulages était un raccourci marin pour naviguer rapidement de Montréal jusqu'aux Grands Lacs. La voie navigable de Coteau-du-Lac a été construite entre 1892 et 1899. Pas très loin du manoir. Le Lieu historique du Canada de Côteau-du-Lac, propriété de Parcs Canada, témoigne de cette époque pas très lointaine.
La grande propriété du manoir regorge aussi d'une nature généreuse riche de grands conifères et de feuillus de taille respectable. Une excursion pédestre permet de respirer une bouffée d'air frais.
Il n'y a pas que l'écosystème qui impressionne ici.
À l'intérieur de la luxueuse résidence, qui est couronnée d'un toit à la Mansard avec deux cheminées, se cache un décor qui transporte le visiteur au cœur d'un autre siècle. Malgré le dépaysement, tout est rassurant. En ces murs, l'aménagement, tout comme le style de vie, respire l'ordre.
Lors de ma visite, je me suis exclamé à la vieille cousine en question, Anne Lousignant, la gérante du manoir : « On dirait une espèce de SPA... spirituel, c'est-à-dire un centre de beauté pour l'âme ! ». Il n'en fallait pas plus pour qu'elle s'amuse de l'idée, mais qui, admet-elle, résume efficacement et en mots simples la mission particulière de la résidence d'époque.
Dès que s'ouvre la porte, l'accueil désarme. En quelques minutes, on se croit en visite chez une bonne vieille cousine toujours heureuse de nous revoir. L'ambiance familiale est une vertu dominante au Manoir de Beaujeu. Et la bonne vieille cousine veille sur tout. De l'accueil jusqu'à la cuisine. Il suffit de se laisser guider et gâter.
Justement, il est impossible de passer sous silence cette gastronomie digne des meilleures auberges champêtres.
«Ici, rien n'est laissé au hasard. Tout est soigneusement pensé et servi avec adresse et délicatesse. Tout débute par la présentation de la table. Le repas n'est pas commencé que, déjà, nous voulons délecter les papilles gustatives de nos invités par l'intermédiaire des yeux et de l'odorat», me raconte ma chère cousine Anne qui ne semble pas avoir plus de quarante ans. Vous devez voir son élégance.
Dans une maison de retraites fermées il doit bien y avoir une chapelle ? Il suffit d'en parler pour qu'une porte s'ouvre près de l'entrée. C'est là que se cache le petit oratoire décoré de riches boiseries, comme celles que j'aimerais avoir chez moi. Ce lieu sacré peut accueillir 24 personnes. C'est ici que les retraitants se recueillent deux à trois fois par jour pour entendre des causeries spirituelles de 20 à 30 minutes qui se donnent devant le Saint-Sacrement. La pièce rayonne d'ondes christiques.
Ce qui étonne au manoir de Beaujeu est que les activités se donnent presque toujours à guichet fermé. La clientèle est très stable et elle revient habituellement d'une année à l'autre. Ce qui étonne aussi est que les activités ne sont pas mixtes. Une fin de semaine, elles sont destinées aux femmes. L'autre, aux hommes. La mode unisexe n'a pas franchi les lucarnes de ce château du Québec.
Le manoir de Beaujeu offre aussi diverses activités de formation : Il y a des séminaires de formation professionnelle, des sessions sur le leadership, des fins de semaine pour les étudiants, des ateliers sur la famille, des cours de philosophie et de théologie, etc. Le but est toujours l'approfondissement de la foi chrétienne et de donner des outils afin que chaque retraitant devienne un meilleur chrétien au cœur du monde. Il s'agit donc d'un lieu de transformation intérieure.
Les retraites fermées et les sessions durent trois jours, habituellement du jeudi soir au dimanche après-midi. En plus des causeries, il y a la célébration des sacrements de l'eucharistie et de la réconciliation, le chapelet et le chemin de croix. Toutefois, chacun est libre de participer ou pas aux activités proposées.
«La retraite spirituelle a habituellement pour objectif de se remettre en orbite, dans sa vie de chaque jour et dans sa vie chrétienne, explique Isabelle Saint-Maurice qui fréquente ce lieu depuis qu'elle a une dizaine d'années. Durant ces journées, les grandes questions se posent: Quelles sont mes origines ? (d'où viens-je ?) Quel est le but de la vie chrétienne? (où vais-je ?). Le prêtre qui anime la retraite aborde aussi des thèmes comme : les valeurs humaines et chrétiennes, le sens de l'existence, la vie avec le Christ, l'importance des sacrements dans la vie de foi, etc. Il fait donc un survol des aspects fondamentaux de la foi.»
L'histoire du manoir de Beaujeu débute en 1826. Cette année-là, le Britannique John Simpson, receveur des douanes et inspecteur des écluses à Côteau-du-Lac, un poste important entre le Haut-Canada et le Bas-Canada, se fait construire un manoir. Celui-ci devient donc le plus ancien bâtiment de l'actuelle municipalité de Côteau-du-Lac. Le 2 août 1831, le comte Jacques-Philippe Saveuse de Beaujeu, quatrième seigneur de Soulanges, en devient le propriétaire.
Ce lieu de villégiature catholique de haut niveau est ouvert à tous. Le forfait du jeudi soir au dimanche midi, comprenant les 3 repas du vendredi, les 3 autres du samedi et les deux du dimanche; les collations du soir; les causeries; les messes; la direction spirituelle; et, l'accès à la nature du site, est offert pour 355 $. Les étudiants bénéficient de tarifs spéciaux. On parle d'environ le tiers du prix.
Pour en savoir davantage sur les prochaines retraites ou pour en savoir plus, il suffit de téléphoner à Anne Lousignant. Si vous lui parlez avant moi, dites-lui un beau bonjour de la part de son vieux cousin !
Le Manoir de Beaujeu
Côteau-du-Lac
(450) 763-5507
(Revue Sainte Anne, juillet-août 2004, pp. 309 et 310)
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