RÉFLEXION SPIRITUELLE : Une affaire d'images
Par Benoit Voyer
25 septembre 2026
Au Québec, depuis le début de la campagne électorale, nous sommes entourés d’images construites et de « slogans prémâchés ». Les leaders politiques tentent de nous dire qui ils sont. Les journalistes et les commentateurs en parlent. Le public prend parti en perdant tout sens critique sur les réseaux sociaux. Puis, les « sondeurs » mesurent « ce que les foules » pensent.
Nous assistons à une étrange bataille des images. Chacun cherche à définir l’autre et à se définir lui-même : qui est le chef véritable ? Qui est le plus proche du peuple ? Qui est le plus compétent ? Qui mérite notre confiance ?
Les politiciens et les firmes de sondage reprennent, avec des mots différents et bien de notre époque, une vieille question de Jésus à ses disciples : « Au dire des foules, qui suis-je ? » et « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Le récit évangélique nous questionne sur notre présent : jusqu’à quel point jugeons-nous les personnes à partir d’images fabriquées? Puis, encore plus subtilement : faisons-nous la même chose avec Dieu et avec Jésus qui tente de nous révéler une parcelle du divin ?
On peut comprendre les chefs politiques. En questionnant, ils cherchent à savoir si leurs messages sont bien perçus et, surtout, ils veulent connaître l’image que les sondés retiennent d’eux. C’est probablement cela que Jésus tentait également de faire. Évidemment, Jésus n’était pas en campagne électorale. Son propos est d’un autre ordre.
Ce qui étonne chez Jésus est que, malgré ce que les gens disent de lui, il refuse de se laisser enfermer dans un carcan et, surtout, dans le propos glorieux de Pierre : Tu es « le Christ, le Messie de Dieu. » Tout de go, il parle de souffrance à venir, de rejet et de mort. Il ne travaille pas son image. Il la déconstruit.
Un des défis que nous portons tous est cette difficulté à distinguer une personne de l’image que nous construisons d’elle. Ainsi en est-il aussi de Dieu : parfois, l’image que nous nous en faisons finit par nous empêcher de le rencontrer.
