DOCUMENT : Mes divins rapports avec Jésus (Réflexion spirituelle d'Eugène Prévost)
Jésus m’appelle, j’accours
Jésus nous aime et c’est pourquoi Il veut se rapprocher de nous. Il nous a devant les yeux depuis le premier moment de notre existence et il ne nous perdra jamais de vue.
Jésus pensait à nous et Il nous appelait déjà du fond de son éternité avant que nous existions [cf. Eph 1, 4-5; Jn 1, 48], en ce sens qu’il mettait en réserve toutes les grâces nécessaires à notre salut et à notre sanctification.
Mais au ciel, dans le sein de son Père, Jésus était trop loin… ses appels divins étaient exposés à se perdre dans l’immensité… c’est pourquoi Il s’est rapproché, Il s’est fait l’un de nous [cf. Jn 1, 14; Ph 2, 7]. Toute sa vie a été un appel constant pour que nous allions à Lui, que nous nous rapprochions de Lui, que nous ne vivions qu’avec Lui et pour Lui [cf. Rm 14, 7-8].
Jésus ne veut pas de distance, il souffre de nous voir dans le lointain. Il a fait toutes les avances possibles et tout, dans sa vie mortelle sur cette terre comme dans sa vie eucharistique au Très Saint Sacrement, nous redit son amour, nous fait entendre ses divins appels. Magister adest et vocat te. Jésus est là et Il nous appelle! [cf. Jn 11, 28]
Jésus m’appelle et je n’irais point à Lui?... Jésus m’appelle et je ne quitterais pas tout pour Lui? [Mc 10, 21] Jésus m’appelle et je ne laisserais pas tout pour courir vers Lui?... Jésus m’appelle et je ne sacrifierais pas tout pour me contenter de Lui?
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Jésus m’appelle de la Crèche
Jésus m’appelle dès le premier moment de son existence ici-bas. Il m’appelle de sa Crèche où, petit enfant, Il se livre à moi dans la candeur, la simplicité, le charme, la sincérité et l’amour de l’enfance.
Je Le trouve à la crèche pauvre, petit, humilié, déshérité. Il m’appelle pour que je Le suive : je dois, dès lors, me détacher des biens de ce monde, m’affranchir de toutes les préoccupations terrestres, de tout orgueil, de toute vanité, de toute ambition [cf. Mt 11, 25-30]. Je ne peux répondre à son appel que si, comme Lui, je me fais petit, humble, pauvre, universellement détaché.
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Jésus m’appelle de Nazareth
Jésus m’appelle de Nazareth où, vivant dans la solitude, le recueillement, le travail, la prière, il n’est préoccupé que des intérêts de son divin Père et pense continuellement à moi. Je L’y trouve ignoré des hommes, méconnu, faisant le silence autour de Lui, cherchant à disparaître, aimant la vie cachée et s’en faisant un ciel.
Je ne puis partager sa vie qu’en faisant aussi le silence autour de moi, le dépouillement universel en moi; que si tous les bruits de la terre se taisent pour moi, si toutes les frivolités du monde s’évanouissent, si toutes les attaches terrestres, quelles qu’elles soient, se dissipent et disparaissent [cf. Lc 14, 33].
Jésus m’appelle sans cesse et chacun de ses appels est un dépouillement nouveau qui me fait me détacher et me rapprocher de lui. Oh! oui, Jésus, je veux Vous suivre, je veux quitter tout ce qui ralentit ma marche, je veux rechercher votre compagnie dans le silence, le recueillement, l’intime de mon âme.
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Jésus m’appelle sur la route du Calvaire
Jésus m’appelle sur la route du Calvaire, tout ensanglanté, tout meurtri, défaillant sous le poids de sa Croix, attaché au gibet de son supplice, abandonné de la terre et du ciel, agonisant et mourant dans l’ignominie [cf. Mc 15, 34]. Toutes ses plaies sont une voix, toutes ses douleurs un appel. Il a besoin de mon cœur pour se consoler, de ma présence et de ma compagnie pour ne pas se voir isolé, de mon amour, pour ne pas se sentir abandonné.
Ce n’est plus le Jésus attrayant de Bethléem, le Jésus plein de charmes de Nazareth, c’est le Jésus délaissé et mourant par amour pour moi! Je ne peux me rapprocher de Lui que si, à son exemple, je mets les pieds dans la trace des siens, si je me laisse ensanglanter aux épines du chemin, si je trouve mon bonheur à souffrir avec Lui toutes les peines et les souffrances de la vie [cf. Lc 9, 23].
Mon bonheur, à la suite de Jésus, doit être de porter ma croix [cf. Ga 6, 14], mon diadème doit être sa couronne d’épines, et tant qu’il me restera une goutte de sang dans les veines, je dois chercher à répondre à l’appel de Jésus qui me demande de me laisser crucifier avec Lui.
Ô appel plein de charmes de mon Jésus Crucifié, j’accours, je ne veux plus chercher de joies sur la terre, puisque Vous êtes plongé, ô mon Maître, dans les tristesses, les douleurs, les angoisses, les abandons… Je ne veux plus vivre que pour mourir à chaque instant avec Vous [cf. Ga 2, 19-20; Ph 3, 10-11].
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Jésus m’appelle du Tabernacle
Jésus m’appelle et, cette fois, ce n’est plus dans le lointain et le passé, c’est dans le présent et tout près de moi. Il m’appelle du fond de son Tabernacle, et cette voix si douce, si suave, se fait entendre à mon âme où que je dirige mes pas, où que je porte mon attention, où que je prête l’oreille, où que je cherche mon Jésus.
J’entends sans cesse sa voix sortir du Tabernacle, m’appeler avec douceur, tendresse, suavité. C’est l’appel constant et suprême de l’amour. Chaque instant de la durée est un appel nouveau que Jésus me fait entendre. Je ne puis apercevoir un clocher, entrer dans une église, regarder un Tabernacle, sans entendre résonner à mes oreilles cette voix de l’amour qui me dit, par tous les temps et tous les lieux, que Jésus m’aime et me veut à Lui!...
J’accours, ô mon Jésus, pour Vous retrouver toujours le même, toujours aimant, toujours souverainement aimable. À vos pieds, je sens le besoin de m’élancer sur votre Cœur [cf. Lc 10, 39] et je Vous trouve, ô Jésus tout de feu consumant, qui ne cherchez qu’à faire disparaître en moi tout ce qui n’est pas Vous, afin de faire notre union plus étroite et plus intime. Oh! oui, je comprends votre langage, ô mon Jésus, et partout où je serai, je veux me laisser charmer par la voix qui sort de votre Tabernacle.
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Jésus m’appelle du ciel
Jésus m’appelle, et c’est au-delà du temps, c’est de son ciel qui doit être le mien, du sein de la gloire éternelle, du milieu des concerts d’amour et de louanges des anges et des élus. Jésus y est encore et constamment préoccupé de mon âme [cf. He 7, 25]. De son trône éternel Il m’appelle encore, Il m’appelle toujours, Il me montre la place que je dois occuper en compagnie des saints, Il me fait pressentir la suavité des joies de la Patrie, Il m’excite sans cesse à marcher dans la voie de la vertu et de la sainteté, pour arriver plus tôt et plus sûrement au bonheur sans fin.
Oh! cette voix de l’Agneau toujours immolé qui se fait entendre sur la terre partout où se dirigent mes pas et qui m’enseigne que la vie du temps passe, que la vraie vie est celle du ciel, comme je veux l’écouter, et comme, pour y répondre, je veux sans cesse aspirer aux choses d’en-haut et mépriser les choses d’ici-bas [cf. Col 3, 1-2].
Le ciel, c’est Jésus; cette voix qui me vient de la Patrie pour me consoler, me guider et me fortifier dans l’exil, c’est encore la voix de ce Jésus enfant, grandissant, souffrant, mourant sur le Calvaire, aimant et anéanti dans la sainte Eucharistie; c’est le voix de ce Jésus que j’ai entendu petit enfant, qui n’a cessé de résonner à mes oreilles, qui m’a préservé de tant de dangers, qui m’a consolé, relevé, fortifié tant de fois, qui m’a charmé dans mes heures de tristesse, ravi dans mes heures de contemplation, qui a fait taire pour moi toutes les mélodies terrestres pour ne faire place qu’à cette divine harmonie des parvis éternels : Jésus!
Ô voix de mon Jésus qui me vient de toutes les collines, qui se répand dans toutes les vallées, se répercute dans toutes les montagnes, qui, de la terre, monte sans cesse vers le ciel, je vous bénis, j’accours à vos divins appels, je veux me laisser bercer par la suavité de vos accents!
Non, non, je ne veux plus me laisser charmer par la voix des créatures et les attraits trompeurs du monde. Il est une autre voix qui résonne mélodieusement à mes oreilles et qui a ravi mon cœur. C’est celle de mon Bien-Aimé que j’ai choisi en partage et auquel je me suis uni par des liens indissolubles [cf. Ct 5, 2].
Quand Il me regarde, je suis fasciné. Quand Il me parle, je suis charmé. Quand Il me dit son amour, je suis ravi. Quand Il me demande de l’aimer, je suis embrasé. Quand ses appels se font plus pressants, je suis éperdu et je voudrais me consumer.
Ô Jésus, appelez-moi sans cesse. Mon bonheur est d’accourir pour Vous écouter, Vous aimer et m’unir à Vous pour le temps et pour l’éternité.
Jésus! Jésus seul!
Eugène Prévost, c.f.s.
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Pour approfondir
Références bibliques : Is 45, 3; Is 50, 2; Os 11,1; Lc 1, 39; Lc 2, 16; Mt 8, 18-22; Mt 11, 28; Ep 4, 1.
Catéchisme de l’Église catholique, au mot appel : nos 1036, 1427, 2012, 2348.
