Mgr François Lapierre

Mgr François Lapierre

Par Benoit Voyer
19 janvier 2025

François Lapierre nait le 16 juillet 1941 au 1055, chemin Compton, à West Shefford (aujourd’hui Bromont).

Ses parents, René Lapierre et Rachel Jolin (aujourd’hui décédés), se sont connus et mariés dans ce petit village aux précieux paysages. Sa mère est originaire du 6e rang.

Il a cinq ans lorsque la petite famille déménage sur rue Albert, à Granby. C’est dans ce quartier de la petite ville du plus beau jardin zoologique en Amérique du Nord, à quelques rues de la Coopérative agricole de Granby, l’ancêtre du géant Agropur, qu’il grandit.

Il fait ses études primaires à l’école Saint-Eugène, à Granby - dirigée par les Frères du Sacré-Cœur – et ses études secondaires à l’Externat classique Mgr Prince (nom donné en l’honneur de Mgr Jean-Charles Prince, premier évêque de ce diocèse, de 1852 à 1860), à Granby et au Séminaire de Saint-Hyacinthe.

Sa fratrie comprend dix enfants: François, Mance, Hélène, Marthe, Zoé, Jérôme, Guy, Benoit, Louis et Eugène.

Le pape Benoit XVI et Mgr François Lapierre
Son père, René Lapierre, a besogné sur les chantiers de construction et a été propriétaire d’une petite usine d’emballage. Durant son adolescence, François a mis la main à la pâte afin de l’aider.


Bien entendu, , pour reprendre l’expression de Nestor, le personnage incarné par le regretté Claude Blanchard, « les p’tites filles me travaillent ». Il a toujours éprouvé ce besoin de relations et gardé en lui cette attirance naturelle d’un homme pour une femme : « Ma mère n’avait pas souvent le temps d’aller à l’église. Malgré tout, nous avons été éduqués dans une atmosphère chrétienne. Comme dans plusieurs familles, nous disions le chapelet avec le cardinal Léger, qui passait chaque soir à la radio. Nous avions donc une vie de prière à la maison [1]».

Il se sent attiré par la vie religieuse. Sa vocation, il l’attribue à sa grand-mère qui lui donne l’habitude d’aller à l’église, puisque ses parents occupés par la marmaille et l’entreprise ne pouvent pas toujours s’y rendre.

En aout 1961, il entre à la Société des prêtres des missions étrangères et est ordonné prêtre, le 18 décembre 1965, à l’église Saint-Eugène, à Granby, dix jours après la fin du concile Vatican II.

En 1966, après quatre mois d’apprentissage de l’espagnol, au Mexique, il se rend au Pérou pour travailler dans un quartier pauvre d’Ica, une petite municipalité d’environ 10 000 habitants, située au sud du pays, en plein désert. A la demande de l’évêque, il devient aumônier des étudiants à l’université de l’endroit qui regroupe près de 8000 jeunes: « C’est comme ça que j’ai connu Gustavo Gutierrez. Il était responsable du Mouvement des étudiants catholiques du Pérou. Il est devenu mon ami. J’ai beaucoup appris à son contact. Il m’a aidé à revoir ma théologie, ma façon de comprendre la foi et, surtout, à découvrir que celle-ci a une dimension sociale, une dimension collective et pas seulement une dimension personnelle, individuelle. Il m’est devenu important de voir cette dimension sociale de la foi. Je suis demeuré à Ica jusqu’en 1971 ».

Le pape Jean-Paul II et Mgr François Lapierre
En 1998, il m’expliquait: « La théologie de la libération est une façon d’aborder l’expérience chrétienne. Quand on lit la bible, on s’aperçoit que la liberté est au cœur de cette expérience. Qu’est-ce que la liberté? Est-ce que c’est juste de choisir entre dix sortes de shampoings? C’est d'abord la réalité de s’ouvrir à la souffrance de l’autre. Il ne faut pas avoir peur de la liberté et de la libération. Elles font partie de la foi. Nous devons changer nos façons de voir. Nous ne devons pas être des catholiques les pieds posés sur les freins. Nous sommes trop sur la défensive! Il faut avoir le courage d’être ce que nous sommes! »


Et ajoutait: « Mon expérience en Amérique latine m’a amené à voir l’importance d’une option préférentielle pour les pauvres et à voir comment l’Église peut être non seulement au service des pauvres, mais faire que les pauvres soient des acteurs privilégiés dans l’Église. C’est ce que j'ai appris de la mission en Amérique latine. Les gens pauvres, très pauvres, même analphabètes, peuvent être des acteurs importants dans la mission. Ils ne sont pas uniquement des objets ».

De 1971 à 1979, il revient au Canada et est animateur missionnaire pour sa congrégation religieuse. Il met sur pied le Mouvement des étudiants catholiques du Québec.

De 1973 à 1979, il est également membre du conseil central de la Société des prêtres des missions étrangères.

De 1979 à 1980, il est brièvement aumônier du Mouvement international des étudiants catholiques et du Mouvement international des professionnels catholiques à Paris et à Genève.

En 1980, il arrive avec une équipe de prêtres et de laïcs au Guatemala pour y travailler. Le Guatemala vit une guerre civile très importante. L’expérience est très difficile pour les personnes installées dans la région ou il y a un affrontement entre l’armée et la guérilla révolutionnaire qui combat le régime établi.

Mgr François Lapierre

Raoul Léger, un Acadien faisant partie du groupe de Canadiens, y a laissé sa peau: « L’assassinat de mon ami Raoul Léger, avec qui j’ai travaillé au Guatemala, a engendré dans ma vie et dans ma foi une grande période d’obscurité. Ce fut une terrible épreuve pour moi. J’ai douté jusqu’à remettre en question mon apostolat. [...] C’est toujours la question du pourquoi qui hante l’esprit, surtout lorsqu’on a l’impression d’avoir été fidèle à l’appel reçu et qu’on a donné le meilleur de soi-même. J’ai beaucoup questionné Dieu. [...] L’expérience a été pour moi un tournant important. J’ai découvert une réalité nouvelle dans la spiritualité. Elle n’est pas une fuite, mais un au-delà. J’ai découvert une lumière dans ma nuit. C’est difficile à exprimer. C’est une expérience qui s’explique difficilement avec des mots. Si je n’avais pas vécu cet événement, mon cheminement n’aurait pas été le même. Après quelques pas dans la nuit, j’ai vu le soleil se lever. J’ai vécu l’expérience d’une vie nouvelle. La résurrection, c’est le soleil qui se lève après la nuit obscure », me confiera Mgr François Lapierre, en 2003, lors d’une rencontre à la Maison de la Madone, a l’ombre du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, à Trois-Rivières, ou se tenait une plénière des évêques.

Un beau jour, il trouve sous sa porte une lettre au ton impératif: « Si dans les 48 heures vous n’êtes pas sorti du pays, nous devrons vous supprimer ». Sans tarder, il se rend chez l’évêque du lieu pour lui demander conseil.

« Je n’étais pas un homme de grande foi. Je voyais des paysans qui regardaient la mort avec tranquillité... Pas moi... J’avoue que je sentais beaucoup de peur: Je crois qu’on aurait mis cette menace-là a exécution. J’ai bien pensé que j’allais laisser ma vie au Guatemala », me confiait le père François Lapierre dans un entretien en 1998.

Au Guatemala, une quinzaine de prêtres viennent d’être tués. Ce sont les semaines les plus sanglantes de la guerre civile qui sévit au pays.

Mgr François Lapierre et Le pape François
L'évêque n’hésite pas un instant et va lui-même le reconduire à la frontière du Honduras ou François Lapierre restera jusqu’en 1983: « En allant le rencontrer, je me disais: si j’ai des indications claires que je dois rester, je vais rester! »


En 1991, il est élu supérieur général de la Société des prêtres des missions étrangères.

En 1997, il participe, à Rome, au Synode de l’Amérique: « Un soir, j’ai été invité à souper chez le pape [Jean-Paul II]. Avec lui, nous étions huit autour de la table, dont le supérieur des Jésuites. Après le souper, le souverain pontife nous a invités à prier dans sa chapelle. Pour s’y rendre, je marchais juste derrière lui. Il s’est arrêté, m’a pris la main et m’a invité à le soutenir, car il a de la difficulté à se déplacer. Nous avons marché ensemble jusqu’au lieu de prière. J’ai vécu la une expérience très profonde. J’ai senti un homme ayant un très grand poids à porter. J’ai trouvé ça très émouvant. »

Le 7 avril 1998, le père François Lapierre est élu évêque du diocèse catholique de Saint-Hyacinthe. Une semaine avant son sacre, le 16 juin 1998, il quitte son bureau de Laval et déménage à l’évêché de son nouveau diocèse. Son ami, Gustavo Gutierrez, le père de la théologie de la libération, est présent lors de son sacre. Il dirigera le diocèse jusqu’en 2017.

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[1] Propos tirés d’articles que j'ai écrit en septembre 1998 et en avril 2003 dans la Revue Sainte-Anne. Ils ont été republiés dans le livre « Les Témoins de l’essentiel », Éditions Logiques, 2005.

Je me battrai aussi fort pour les droits des anglophones que pour la souveraineté

En ce 18 janvier 2025


SANTÉ MENTALE: Environ 30 postes coupés en santé mentale et services jeunesse en Chaudière-Appalaches
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2133307/compression-emploi-sante-cisss-social?utm_source=adestra&utm_campaign=reg.inf.na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.quebec

Du 19 au 25 janvier a lieu la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

AU FIL DE L’HISTOIRE : Le 18 janvier 1963, à Saint-Georges-de-Beauce, naît Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada.

ALIMENTATION: C’est la fin pour le chocolat Cherry Blossom
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2133472/cherry-blossom-chocolat-usine-sherbrooke

Dans le dossier de Lion électrique, le candidat du PCQ dans Terrebonne est inquiet

Ange-Claude Bigilimana

Par Benoit Voyer
18 janvier 2025

« Pourquoi le gouvernement continue-t-il à mettre de l’argent dans Lion électrique pendant que beaucoup de famille en arrache? », lance Ange-Claude Bigilimana, candidat du Parti conservateur du Québec (PCQ) dans Terrebonne et vice-président pour le Nord-du-Québec, l’Abitibi-Témiscamingue, l’Outaouais, les Laurentides et Lanaudière au bureau national du PCQ, dans un message qu’il a publié hier sur sa chaîne Youtube.

De tout cœur avec les partis d’opposition à l’Assemblée nationale, il réclame une enquête parlementaire. En revanche, cela n’est pas assez à ses yeux : Dans ce dossier, « je souhaite que […] la CAQ me fasse la démonstration qu’ils aident vraiment les familles terrebonniennes et de Saint-Jérôme. Combien de familles bénéficient de cet argent public?»

Pour ce fils de parents rwandais, «les partis de l’opposition a l’Assemblée nationale dorment au gaz et quand ils se réveillent ils essaient de démarrer leur moteur. [Malheureusement], leur moteur est jammé! Le mal est fait! »

Saint-Alexis

La circonscription de Rousseau

Le chemin de la Petite ligne, a Saint-Alexis,
dans la circonscription québécoise de Rousseau,
au cœur de la belle région de Lanaudière.

« Il y a en chaque personne un pouvoir de résurrection »


Par Benoit Voyer

18 janvier 2025

Membre de la congrégation des Sœurs de la Charité, fondée par sainte Marguerite d’Youville, Soeur Nicole Fournier a longtemps été directrice générale de l’Accueil Bonneau, à Montréal. Sous sa direction l’organisme qui veille sur les itinérants est passé de 5 a une trentaine d’employés. Avec les plus pauvres de Montréal, elle a vécu une aventure de foi hors de l’ordinaire.

A l’automne 2002 [1], elle me confiait que la pauvreté a changé le visage qu’elle s’était fait de Dieu, notamment qu’il faut avoir foi en la résurrection : « Dans la lutte à la pauvreté, je pense que si on a si peu de résultats, c’est que souvent on oublie que la personne est plus que ses carences. Elle a aussi une force qui habite dans son intériorité secrète. Je crois que c’est cela le grand message de l’Évangile. Il y a en chaque personne un pouvoir de résurrection que l’Esprit peut réveiller, peut faire grandir. Il ne faut jamais perdre confiance en ce pouvoir de résurrection. Croire en quelqu’un, c’est le rendre capable de grandir. Si je ne crois pas que l’enfant puisse marcher, il ne prendra jamais le risque de se tenir debout et d’avancer ses jambes. Dans la vie, je pense que nous avons surtout besoin, au-delà de nourriture et d’argent, de quelqu’un qui croit en nous. »

Son propos reprend un peu ce que le pape Paul VI écrivait dans son encyclique « L’Évangélisation dans le monde moderne » . Il affirmait que le monde d’aujourd’hui a besoin de personnes qui vivent comme si elles voyaient l’invisible.

Elle me faisait une confidence : « Lorsque je prie, je rappelle à Dieu tous ces gens qui nous fréquentent. Je lui demande la force d’ouvrir en eux des portes et qu’il travaille sur les causes qui peuvent amener toutes ces personnes chez nous. Je lui demande aussi de faire grandir en eux la confiance en ce qu’ils sont. »

Avec les itinérants et les pauvres elle parle peu de spiritualité : Ils « sont peut-être beaucoup plus près de la foi qu’on le pense. Il y a peu de temps, je suis allée rencontrer un homme atteint d’un délire religieux. Il a une déficience intellectuelle et un problème de santé mentale. Il a tellement fréquenté de centres hospitaliers dans ses moments de crise qu’un jour on l’a orienté vers un logement approprié ou sa médication lui est administré de façon très régulière. Aujourd’hui, ses crises sont beaucoup moins grandes. Il vit dans une maison avec une dizaine de personnes éprouvant des problèmes similaires. En dehors du milieu hospitalier, l’Accueil Bonneau est à peu près le seul lieu qui lui apporte autre chose que ce qu’il trouve dans son univers fermé. Il revient souvent à son délire : « Ah! Je ne suis pas aimé de Dieu! Je suis damné! Je m’en vais en enfer… » L’autre jour, je l’ai rencontré avec une autre personne qui, elle aussi, a une déficience psychologique, mais qui n’a pas ce genre de dérapage. Pendant que nous prenions un café dans un centre commercial, mon gars qui délire commence son discours : « Je suis perdu, je m’en vais en enfer… » L’autre lui répond : « Tu ne peux plus y aller en enfer! » Cela a saisi mon bonhomme! L’autre ajoute : « Tu es la pauvreté! Tu ne peux pas y aller en enfer! Dieu est pour les pauvres! » Je pense qu’il ne faut pas servir un discours religieux qui soit comme un devoir ou une réponse à tout. Il faut surtout développer une confiance en Dieu. »

Elle admet que ce n’est pas toujours facile : « En voyant l’autre avec des yeux différents, c’est possible. Ce matin est entré dans mon bureau un sidéen en phase terminale. Pour avoir 10$, il m’a raconté une histoire rocambolesque. Je lui ai répondu : « Si tu veux 10$ pour consommer un peu de drogue, je te comprends. Tu n’as pas besoin de m’inventer une histoire (!) parce que si j’étais dans l’état de souffrance que tu connais, j’aurais peut-être envie de me geler la fraise moi aussi… » A cause de cette terrible maladie, la souffrance de cet homme est tellement rendue grande. Il m’impressionne parce qu’il a encore le courage d’être debout. Actuellement, il vit dans un de nos appartements et je pense qu’on lui permet de finir ses jours dignement. »

Ainsi donc, ce qui semble amoral ne l’est pas toujours!

Avant son implication a l’Accueil Bonneau, sœur Nicole Fournier arrivait du Cameroun, en Afrique, ou elle a été pendant 13 ans professeure de français.

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[1] Cf. Mon article paru dans la Revue Sainte-Anne de janvier 2003. L’article a été republié dans mon livre « Les Témoins de l’Essentiel », Éditions Logiques, 2005.

Soyez comme les abeilles

En ce 17 janvier 2025


MANAWAN: Nouveau règlement pour expulser les trafiquants de drogue:
monjoliette.com/manawan-nouveau-reglement-pour-expulser-les-trafiquants-de-drogue/

SANTÉ QUÉBEC: Compressions en santé - 1000 employés de moins en un mois
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2132860/compression-sante-reseau-quebec-emplois

SANTÉ QUÉBEC: Environ 500 postes seront abolis | TVA Nouvelles
tvanouvelles.ca/2025/01/15/compressions-en-sante-envrion-500-postes-seront-abolis#cxrecs_s

DÉMOCRATIE: Maxime Bernier pourrait être mis à l’écart du débat des élections fédérales
westernstandard.news/news/maxime-bernier-potentially-sidelined-in-upcoming-federal-election-debate/61207

SANTÉ MENTALE: A Port-Cartier, dans la région de la Côte-Nord, un jeune de 23 ans se suicide une journée après son congé de l’hôpital
lenord-cotier.com/2025/01/16/port-cartier-il-se-suicide-une-journee-apres-son-conge-de-lhopital/

Sainte-Julienne

La circonscription de Rousseau

Hôtel-de-ville de Sainte- Julienne,
dans la circonscription québécoise de Rousseau,
au cœur de la belle région de Lanaudière.

Esclave dans les camps de la mort

Tran Lam

Par Benoit Voyer

17 janvier 2025

Le 17 avril 1975, un génocide sans précédent débute au Cambodge. C’est la chute de Phnom Penh. Les sanguinaires Khmers rouges prennent le pouvoir.

Parmi les survivants figure Tran Lam. Pendant quatre ans, de 1975 à 1979, elle vit dans les camps de la mort. Son autobiographie « La Survivante – La guerre des autres »[1] est l’écho des sales atrocités qu’elle a vécues dans son pays.

Tran Lam n’a dix ans. Elle devient esclave. A plusieurs occasions, elle frôlera la mort.

Dans les camps les « camps de la mort », elle est contrainte aux travaux forcés du lever au coucher du soleil et parfois même durant la nuit. Elle vit comme un animal quasi sauvage. La majorité du temps, elle urine dans ses pantalons et se soulage du reste sur le bord de la route des chantiers ou elle doit travailler.

A 15 ans, elle trouve refuge au Canada. Elle doit réapprendre à vivre et à se comporter en société. D’ailleurs, a sa première visite au cabinet d’aisance, elle ne sait même pas où faire ses besoins et comment fonctionne une toilette. Elle doit refaire sa vie et apprend à vivre avec les séquelles des horribles moments vécus.

Dans son pays d’adoption elle se convertie au christianisme. En 2002, lors de notre première rencontre [2], elle me racontait: « Lorsque je suis partie de chez Yanna, parce qu’elle m’a mise à la porte, je suis demeurée en parrainage dans une famille montréalaise. J’ai vécu chez une certaine dame Lacroix, pendant deux ans. J’ai été touchée par sa bonté. Elle allait à la messe et elle m’a appris à prier. C’est en la voyant vivre que j’ai décidé que je voulais mieux connaitre ce Jésus qu’elle aimait. Je lui ai demandé si je pouvais devenir catholique comme elle. J’ai donc demandé le baptême. Durant ma préparation, elle est décédée. Cette initiation au christianisme n’était pas facile pour moi, parce que je ne comprenais pas trop bien le français. Il y avait donc un interprète qui m’aidait.»

Une fois, parce qu’elle était en colère, elle a failli mettre un terme à sa démarche baptismale: « Quand est venu le temps du baptême, plusieurs personnes voulaient que je sois baptisée dans une église ou on n’avait jamais vu un baptême d’adulte. Je n’aimais pas cette façon de faire. C’est pour cela que j’ai failli mettre un terme à ma démarche. De son côté, Monsieur Lacroix voulait que je sois baptisée à l’église Saint-Nom-de-Jésus, à Montréal, parce que les gens de cette paroisse m’ont aidée. Je trouvais qu’on se compliquait un peu trop la vie pour un baptême. Durant cette petite crise, j’ai regardé un film sur la vie de Jésus. Ah! J’étais tellement choquée de l’attitude de Pierre. Il m’a amenée à m’intérioriser. Je me suis dit: “Je ne suis pas mieux que lui. Je suis en train de faire la même chose”. J’ai finalement accepté le baptême. Il a eu lieu à l’église Saint-Nom-de-Jésus, lors de la veillée pascale. »

Elle finit par quitter Montréal afin de s’établir à Waterville, dans la région de Sherbrooke: « Lors de ma formation, j’ai rencontré une sœur des Servantes du Sacré-Cœur-de-Marie. Elle m’a proposé d’aller à l’école. C’est pour cette raison que je suis partie de Montréal. » Son cursus scolaire la conduira jusqu’à l’université ou elle fait des études en psychologie.

La foi chrétienne finit par occuper une place importante dans sa vie. Mais qui est Dieu pour elle? La question lui a demandé un peu d’introspection: « Cela est difficile à décrire. C’est une expérience qui se vit en soi. (Elle cherche ses mots) Peu importe les bêtises que font les humains, il est amour et miséricorde. Il pardonne à qui reconnait ses fautes et retourne à lui. Dieu est tellement grand! Il m’est difficile de dire avec des mots tout ce qu’il est en moi. »

Et qui est Jésus pour elle? « Jésus, à travers ce qu’il fait, est l’expression parfaite du Père. Il est un modèle pour moi. Je veux tenter de suivre son exemple. Toutefois, je rencontre une difficulté à m’expliquer pourquoi Dieu a un fils. Cependant, si Jésus l’appelle père, c’est peut-être juste un nom comme ça. Il aurait peut-être pu l’appeler mère ou Paul. Il a choisi le mot père parce qu’il a une signification pour lui. Ça doit faire plus affectueux, j’imagine! »

Ce qui la touche chez Jésus c’est « sa vérité d’être. Il aide les gens. Même ceux qui le détestent. Cela me dépasse! Il y a aussi son attitude devant Pilate qui me touche. Ce dernier le questionne. Il ne répond pas. Jésus sait qui il est. Il sait qu’il n’a pas besoin de se défendre. Pilate lui demande: “Es-tu le fils de Dieu?” Il répond tout simplement: “C’est toi qui le dis” Quel homme! Il est capable d’être lui-même. Jésus ne craignait pas de se faire traiter de fou en portant la bonne nouvelle que Dieu est proche de son peuple. Il ne craignait pas la controverse et des opinions. »


Étant une ancienne esclave, elle a une conception particulière de la liberté: « Nous ne sommes pas assez libres pour bien utiliser la liberté. Nous sommes les esclaves de ce que l’on est, en soi. […] Je crois que nous n’avons pas assez de liberté intérieure pour bien utiliser celle que Dieu nous donne. Cela a pour résultat que les personnes de notre temps sont esclaves de toutes sortes de choses. Le pire de l’esclavage n’a rien de physique. C’est en soi. Je crois que l’être humain n’est pas ce qu’il est réellement parce que la véritable image de l’humain, c’est Jésus qui la montre. » De quelle manière? « Nous sommes appelés à être bons, heureux et libres. Il me semble que nous sommes « poignés » dans nos propres « bibittes ». Le pire ennemi emprisonné, c’est soi-même. L’esclavage physique est quelque chose d’extérieur a soir. Regardez le monde civilisé : tous sont libres! Cependant, tous semblent être prisonniers de quelque chose. Si tu es libre intérieurement, tu peux faire n’importe quoi à l’extérieur de toi. Tu peux aller n’importe où. » Alors, comment trouver cette liberté intérieure? « A chaque jour, je demande à Dieu de me rendre libre. Ce n’est qu’en Dieu que je peux la trouver, à travers ma prière et en me donnant du temps pour être avec moi-même. Je suis loin d’être pleinement libre parce que, si je l’étais, je pourrais aimer n’importe qui et accepter la différence de chacun. »

Tran Lam figure parmi les plus belles rencontres de ma carrière journalistique. Je me demande bien si un jour j’aurai le plaisir de la recroiser sur ma route.

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[1] Tran Lam. Le Survivante – La guerre des autres, Éditions internationales Alain Stanke, 1982
[2] Cf. Mon article paru dans l’édition de novembre 2002 de la Revue Sainte-Anne. L’article a été republié dans mon livre « Les Témoins de l’essentiel », éditions Logiques, 2005.

De façon a ce que ces gens ne se sentent pas comme dans l'obligation de mourir pour débarrasser la société

En ce 16 janvier 2025


CHRÉTIENS PERSÉCUTÉS : 380 millions de chrétiens persécutés dans le monde en 2024 vaticannews.va/fr/monde/news/2025-01/portes-ouvertes-rapport-chretiens-persecutes-monde-2024.html?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=NewsletterVN-FR

SANTÉ MENTALE : Dans cet hôpital, les résidents qui n’ont plus toute leur tête sont surveillés… grâce à une puce ouest-france.fr/leditiondusoir/2025-01-15/dans-cet-hopital-les-residents-qui-n-ont-plus-toute-leur-tete-sont-surveilles-grace-a-une-puce-caa58feb-6f91-4761-92bd-f8aea1ade513?mgo_eu=d41d8cd98f00b204e9800998ecf8427e&mgo_l=6pmozfiqRemnVuraEYLOYw.21.3&utm_content=20250115&utm_medium=email&utm_term=840015&utm_source=sendinblue_co_newsletter_eds&utm_campaign=co_newsletter_eds&vid=1460878&mediego_euid=1460878

CATHOLIQUE : Quel avenir pour les églises du diocèse de Saint-Hyacinthe? lapensee.qc.ca/quel-avenir-pour-nos-eglises 

RADARS : Encore des millions générés par les radars photo journalsaint-francois.ca/encore-des-millions-generes-par-les-radars-photo?utm_campaign=infolettre-du-mercredi&utm_medium=email&utm_edition=202501151000&utm_source=newsletter

AUTOROUTE 25: Fermeture de nuit du tunnel dans les deux directions lareleve.qc.ca/2025/01/13/fermeture-de-nuit-du-tunnel-dans-les-deux-directions

Du 19 au 25 janvier aura lieu la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

INDUSTRIE DU LIVRE: La SODEC doit sauver Septentrion! ledevoir.com/opinion/idees/833098/idees-sodec-doit-sauver-septentrion

AU FIL DE L’HISTOIRE : Le 16 janvier 1876, Le bienheureux Louis-Zéphirin Moreau est sacré évêque par Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau. Nous sommes de lointains petits-cousins. Gaspar Boucher et Nicole Lemaire (née en 1595), ses 5e arrière-grands-parents sont aussi mes 11e arrière-grands-parents

Saint-Esprit

La circonscription de Rousseau

La Halte jardinière, a Saint-Esprit,
dans la circonscription québécoise de Rousseau,
au cœur de la belle région de Lanaudière

Les souvenirs d’enfance de Dorothée Berryman à Sainte-Anne-de-Beaupré

Dorothée Berryman dans La Muse d'un artiste

Par Benoit Voyer

16 janvier 2025

Le plus sensible des souvenirs d’enfance de la comédienne et chanteuse de jazz Dorothée Berryman est sans nul doute celui de la guérison de son frère Édouard, le benjamin de la famille. Le petit de quelques mois souffrait d’un angiome qui déréglait son système lymphatique. Il a été guéri grâce à la prière d’intercession de la mère de sa mère « à la bonne sainte Anne », la grand-mère de Jésus selon la tradition.

En 2002, elle me disait [1] : « Je vous raconte cela avec mes souvenirs de petite… C’était proche du cerveau et il y avait là une sorte d’excroissance énorme qui poussait tout le temps. On a fait une biopsie. Les médecins ont identifié la maladie et ont dit qu’il n’y avait rien à faire parce que c’était trop proche de certains nerfs du cerveau. A l’époque, c’était dangereux d’opérer dans cette région du corps humain! Il y a plus de 40 ans de cela! ».

Cette époque ou son jeune frère était hospitalisé, elle s’en souvient comme si c’était hier : « Les trois autres enfants chez nous, dont moi, pleuraient. On ne pouvait pas imaginer notre petit frère malade pour toujours. Cela voulait dire qu’ils allaient l’opérer, enlever une partie de l’angiome, que ça allait resurgir et qu’il devrait revenir continuellement à l’hôpital. C’était affreux pour nous! »

Ne pouvant accepter une telle situation, sa grand-mère décide de prier la mère de Marie, la grand-mère du Nazaréen, en promettant, a la guérison du bébé, un abonnement à vie à la Revue Sainte Anne.

Dorothée Berryman
dans Les Invasions barbares

Quelques mois plus tard, de retour à la maison…

« Tout à coup, une nouvelle infection est apparue! Édouard a fait une fièvre monstre! Là on pensait que ça y était, que c’était la fin. En réalité, ça a été la dernière crise! » ajoute-t-elle la voix remplie d’émotions.

Les médecins n’ont jamais pu expliquer ce qui était arrivé. D’après eux, le petit malade a développé des anticorps. Médicalement, ils n’ont guère été capables d’expliquer clairement la soudaine guérison. Pour la famille de Dorothée, ce fut le miracle attendu.

Edouard a été abonné à la Revue Sainte Anne toute sa vie.

La neuvaine à sainte Anne
Lorsqu’elle était fillette, elle allait au Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré en famille à chaque neuvaine. Le 26 juillet, veille de l’anniversaire de sa mère, était une journée familiale sacrée. Elle se souvient surtout des processions aux flambeaux.

Ses souvenirs de gamine restent bien vivants : « Je me rappelle nous, quatre enfant, assis dans la voiture et insistant pour que daddy arrête acheter des patates fruites. Il me semble qu’il attendait toujours le dernier restaurant pour arrêter. Nous désespérions! »

La comédienne

Dorothée Berryman doit sa vocation de comédienne aux religieuses, notamment à sœur Marie-Louise-de-la-Trinité. En 2002, elle me confiait : « Je me trouve privilégiée d’avoir fait mon cours classique chez les Sœurs de la Charité de Saint-Louis et avec la Congrégation Notre-Dame au Collège Bellevue, à Québec, et de certaines rencontres, comme celle de cette religieuse qui a orienté ma vie. J’avais 13 ans à l’époque! Elle a pressenti en moi un talent artistique et m’a guidée vers une école de théâtre ».

Elle n’est pas la seule à avoir inspiré ses rôle de « bonne sœur » au théâtre et a l’écran. Sa tante Gabrielle est membre de la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie et sa tante Jacqueline a donné sa vie au service des Hospitalières. Cette dernière habite Chicoutimi. Sœur Agnès, dans la télésérie Rivière-des-Jérémie, c’était un peu elle.

Dorothée Berryman est actrice et interprète de jazz. Elle participe à l’enrichissement du paysage culturel du Canada francophone, depuis plus d’un demi-siècle. Elle a joué des rôles marquants au cinéma, à la télévision, au théâtre et elle a interprété de grands classiques du jazz sur disque ou sur scène.

Au cinéma, on se souvient de son rôle de Louise dans Le Déclin de l’empire américain (1986) et Les Invasions barbares (2002) de Denys Arcand, de Bibiane Guérin dans Je n’aime que toi (2003) de Claude Fournier et de sa participation dans Chocolat, crème glacée et autres consolations (2001) de Julie Hivon.

C’est en 1971 qu’elle commence sa carrière. Le metteur en scène Paul Hébert lui confie le rôle d’Élise Doolittle dans la pièce Pygmalion de Georges Bernard Shaw. Elle incarnera ensuite plusieurs rôles au théâtre.

A la télévision, on la retrouvera notamment dans Des dames de cœur (Radio-Canada), ainsi que dans les miniséries Bombardier, Réseaux, Cauchemar d’amour, Rivière-des-Jérémies, Tribu.com, The Hunger et Urban Angel.

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[1] Les propos de Dorothée Berryman, sont tirés d’un article de Benoit Voyer paru dans la Revue Sainte Anne en mai 2002 et repris dans le livre « Les Témoins de l’essentiel » (Benoit Voyer, Éditions Logiques, 2005)

Parti conservateur du Québec de la circonscription de Rousseau

Nous avons laissé très longtemps notre administration publique croupir dans l'incurie et la corruption, et notre vie politique entre les mains de hâbleurs et de « rois nègres »

En ce 15 janvier 2025


PATRIMOINE : Une partition originale de Beethoven, volée par les nazis, appartient désormais à la Beethoven-Haus de Bonn
radioclassique.fr/classique/une-partition-originale-de-beethoven-volee-par-les-nazis-appartient-desormais-a-la-beethoven-haus-de-bonn/#xtor=EPR-3056

Saint-Roch-de-l' Achigan

La circonscription de Rousseau

Le rang de la Rivière Sud, à Saint-Roch-de-l' Achigan,
dans la circonscription québécoise québécoise de Rousseau,
dans la belle région de Lanaudière.

La compassion


Par Benoit Voyer

15 janvier 2025

Dans un texte des évangiles (Mc 1, 40-45), on raconte cette petite histoire sur la compassion de Jésus.

Une personne atteinte de la lèpre a une grande confiance en Jésus. A genou, elle l’implore de l’aider : « Si tu veux, tu as le pouvoir de me purifier »[1].

Jésus est remué intérieurement – jusqu’aux entrailles - par la confiance de cet homme. Pris de compassion, il le touche et lui dit : « Je veux, sois purifié ».

Aussitôt, l’homme est guéri.

Et Jésus lui lance : « Regarde. Ne dis rien n’a personne » et conforme toi à ce que la loi a prévu lorsqu’il y a une guérison.

Mais on le voit bien dans ce récit, devant une heureuse nouvelle, l’humain a bien de la difficulté à ne pas la partager. Le lépreux guéri a fait ce que chacun de nous ferait. Notre bonheur ou nos bonnes nouvelles on les partage.

Il n’a pas fallu bien des heures pour que tout le patelin en parle.

Nous aussi sommes invités à faire - comme Jésus - des actes de compassion en visitant ceux qui réclament un peu de notre présence et qui ont besoin d’être touchés.

Et puis, en visitant des personnes malades, nous laisserons-nous émouvoir comme Jésus?

Et nous qui sommes malades, aurons-nous la même confiance en Jésus que ce malade de la lèpre?

Oui, il peut nous purifier. Oui il peut nous guérir. Si ce n’est pas le corps, ça peut être le cœur ou notre manière de voir le monde.

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[1] Frédéric Boyer. Évangiles, Guallimard, 2022


On ne sort pas d’une souffrance en la neutralisant, mais en la vivant


 

En ce 14 janvier 2025


SELON L'ANCIEN PREMIER MINISTRE JEAN CHRÉTIEN: Justin Trudeau « aurait dû démissionner plus vite », estime Jean Chrétien
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2132335/justin-trudeau-demission-jean-chretien

ROUGEOLE: Québec appelle à la vigilance face à la rougeole à la suite du 11e cas déclaré
noovo.info/nouvelle/quebec-appelle-a-la-vigilance-face-a-la-rougeole-a-la-suite-du-11e-cas-declare.html?lid=mukszsrxmzkq

FINANCES PERSONNELLES: Enfiler une p’tite laine en février pour économiser l’énergie
ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/les-malins/segments/rattrapage/1959679/distinction-entre-simplicite-volontaire-et-etre-radin

FINANCES PERSONNELLES: Selon un sondage Ipsos pour le cabinet d’insolvabilité MNP, en décembre, 53% des Québécois ont déclaré qu’ils étaient à 200 $ ou moins de ne plus être en mesure de payer leurs dettes et factures mensuelles. De plus, 54% de Québécois estiment qu’ils ne seront pas en mesure de couvrir tous leurs frais de subsistance au cours des 12 prochains mois sans s’endetter davantage.

NORTHVOLT: Sur X, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a affirmé: « La CAQ [est] incapable de faire preuve d’un minimum de transparence pour justifier le gaspillage de centaines de millions $ de votre argent dans Northvolt. Les péquistes ou les libéraux auraient été aussi pires.»

LE CANADA AMÉRICAIN: Retour du Parti 51? Pas à court terme, dit Hans Mercier
enbeauce.com/actualites/politique/629875/retour-du-parti-51-pas-a-court-terme-dit-hans-mercier

Jésus et la maladie


Par Benoit Voyer

14 janvier 2025

Depuis le début de l’année 2003, je suis un ouvrier du milieu de la santé. Au quotidien, je suis confronté à la maladie. Vous ne pouvez pas savoir combien de fois j’ai entendu la question : « Pourquoi ça m’arrive? » « Pourquoi a lui ou à elle? » Toute expérience de la maladie soulève des questions qui demeurent sans réponse.

Il m’arrive aussi d’entendre : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ça? ». C’est une autre forme de « Pourquoi? » ça!

Ainsi donc, devant la souffrance on cherche un coupable ou tout simplement un sens à donner à la celle-ci.

Normand Provencher explique que « durant son ministère, Jésus n’a pas cherché à expliquer la maladie, mais il s’est fait proche des malades et des infirmes. Il ne se contente pas de quelques paroles de consolation ou de mots pieux. Il va auprès d’eux et il en guérit plusieurs. »[1]

A un autre moment, Jésus va jusqu’à s’identifier au malade : « J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25,36).

La question du sens à donner à la maladie et à la souffrance est légitime. Rodhain Kasuba [2] écrit: « Quiconque a la foi est en droit de se demander comment la souffrance est possible alors que Dieu est débordant d’amour. »

A l’image de la vie d’aujourd’hui, il y a dans les textes anciens que nous lisons régulièrement dans la Bible une place importante pour la plainte, le gémissement et la prière des malades et blessés de toutes conditions.

Il y aussi dans les écrits bibliques des mots et des visions du monde qu’il faut remettre en contexte. Hier on ne voyait pas les choses comme aujourd’hui. Le développement des sciences nous oblige à le faire.

En exemple, dans les textes au style littéraire évangélique, on utilise le mot « démon » pour désigner la maladie: « Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. » (Mc 1, 29-39).

En hébreu on parle de « souffle impur ». L’expression est tirée du culte juif et n’a rien à voir avec la morale. A cette époque, « le prêtre est chargé de protéger la société de ce qui pourrait menacer sa santé. Il va donc lui indiquer les réalités dont elle doit se garder : moisissures ou champignons toxiques sur les murs des maisons, malades dont les symptômes sont contagieux, animaux dont il faut éviter de consommer la chair, etc. Tout cela est « impur » au sens de menaçant, nocif, malsain, antisocial. Le grec a choisi de rendre l’expression « souffle impur » par daimôn, un mot désignant une puissance dangereuse pour les humains; de lui vient, évidemment, notre mot « démon ». Pour ma part, j’ai choisi de traduire l’hébreu par « souffle malfaisant ». Les scribes, auteurs des évangiles et des traditions qui s’y trouvent, utilisent l’un ou l’autre terme sans différence de sens. »[3]

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[1] Normand Provencher. Proche des malades, Prions en église, février 2024, p.51
[2] Rodhain Kasuba. Le mystère de la souffrance, Prions en église, février 2024, p.81
[3] André Myre. « Les démons, ancêtres des virus et des microbes », Interbible, 25 mars 2019 interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2019/comprendre_20190325.html#:~:text=Les%20humains%20ont%20toujours%20eu,où%2C%20n%27importe%20comment

L’important dans une crise


 

En ce 13 janvier 2025


PIERRE POILIEVRE: Il promet d’autoriser les prochains projets de GNL au Québec
ici.radio-canada.ca/nouvelle/2132084/gnl-quebec-parti-conservateur?utm_source=adestra&utm_campaign=reg.inf.na&utm_medium=infolettre&utm_term=region.saglac

CULTURE: Kim Yaroshevskaya, la fin d’une grande histoire
ici.radio-canada.ca/nouvelle/1741825/kim-yaroshevskaya-mort-deces-comedienne

Le Dr Karim Elayoubi a Thetford Mines

Chantal Dauphinais et le Dr. Karim Elayoubi
étaient a Thetford Mines

Par Benoit Voyer

13 janvier 2025

Ce dimanche 12 janvier, en après-midi, le Dr Karim Elayoubi, président de la Commission politique et porte-parole en matière de santé au Parti conservateur du Québec (PCQ), médecin généraliste et urgentologue à l’hôpital de Lachute, était au Club de golf et de curling, à Thetford Mines afin de présenter au public le programme en matière de santé de la formation politique et échanger avec les participants. Il était accompagné de Chantal Dauphinais, présidente du PCQ.

S'il le PCQ est porté au pouvoir et que le Dr Karim Elayoubi est élu dans sa circonscription électorale, ce dernier risque très fortement devenir le futur ministre de la Santé. C’est à lui que la formation dirigée par Éric Duhaime doit l’essentiel de sa plateforme électorale en santé.

Qu’est-ce que le PCQ fera de Santé Québec s’il prend en main les affaires du Québec lors du prochain scrutin? Il se référera a son programme électoral et démantèlera la nouvelle organisation créée par le ministre Christian Dubé afin de décentraliser au maximum le réseau de la santé comme cela est inscrit dans les points adoptés au congrès national de 2003 du PCQ. En effet, il a été résolu qu’on « laisse plus de souplesse et d’autonomie aux différentes régions afin de créer leurs propres instances de coordination (CISSS et CIUSSS) en fonction de divers besoins de chaque région ».

Karim Elayoubi reste prudent. Il veut que le PCQ ne soit pas dogmatique et qu’il offre aux québécois ce qu’il lui semble le mieux parce qu’il veut être « le parti des contribuables » : « On verra si le modèle qu’on tente de mettre en place est bon pour le citoyen, mais on voit de plus en plus que le ministre Dubé et sa nouvelle organisation sont en train de démontrer que le modèle de centration qu’ils mettent en place ne fonctionne vraiment pas », a-t-il dit aux participants.

Saint-Liboire

Ferme touchette et fils, rang Saint-Georges, a Saint-Liboire, en Montérégie

ARTICLE DU JOUR: Expulsé du Soudan par les islamistes

Père Gilles Poirier

Par Benoit Voyer

13 janvier 2025

Le 7 août 1999, tard en soirée, le père Gilles Poirier, 57 ans, missionnaire a la Société des prêtres des missions étrangères, descend de l’avion ou l’a fait monter, quelques heures plus tôt, le gouvernement du Soudan afin de l’expulser de son pays. Dans les couloirs de l’aéroport de Dorval, il est calme malgré la grande souffrance intérieure que viennent de lui infliger les dirigeants soudanais qui cherchent à restreindre toutes actions de l’Église catholique en terre soudanaise passée sous régime islamique. Son seul commentaire en descendant de l’avion est: “C’est dégradant d’être manipulé comme ça, comme un criminel!” [1]

L’ordre de partir arrive le 17 juillet 1999. Pendant trois semaines, il tente tout – avec l’avocat du diocèse où il habite – pour connaître les raisons qui poussent le gouvernement à l’expulser. Il va jusqu’à visiter les ministères un a un, sans jamais officiellement recevoir de réponse.

“Le motif, ils ne me l’ont jamais dit. J’ai été au ministère de l’immigration et ils ont exigé que je quitte le pays. J’ai demandé quelles étaient les raisons de mon expulsion. Ils m’ont dit: “Nous, on est sous des ordres que nous exécutons. Nous ne savons pas les raisons”. J’ai demandé ou je pourrais aller m’informer. Ils m’ont envoyé à la Sécurité d’État du ministère des Affaires sociales qui inclut les affaires religieuses. C’est à ce moment qu’a commencé mon pèlerinage d’un bureau à l’autre. Cela n’a pas donné de résultats”, a-t-il confié.

Le 7 aout, il doit quitter le pays sous peine d’emprisonnement. Comme convenu, il se rend à l’Immigration. Des fonctionnaires soudanais l’escortent à l’aéroport pour s’assurer de son départ. Ce n’est qu’une fois à bord de l’avion qu’ils lui remettent son passeport.

“On ne m’a jamais dit les motifs, sauf que nous savons à la longue! Le gouvernement avait payé un informateur qui vivait dans notre communauté chrétienne. On lui a donné quelques sous en échange de renseignements...”, ajoute le missionnaire.

Dans ce coin du Soudan, les missionnaires catholiques s’occupent de petits projets de développement. Les femmes y tiennent notamment un petit commerce pour apporter un peu de pain à la maison, le salaire des maris ne suffisant pas aux besoins de leurs familles.

Il poursuit: “Un nouveau projet que nous voulions établir voulait être un apport pour l’Église afin de permettre à un prêtre soudanais qui arrive pour nous remplacer d’avoir des possibilités financières pour continuer les œuvres. Nous avions des machines à moudre le grain dans un secteur, des restaurants dans deux secteurs et un petit magasin dans un autre coin. Un des hommes les plus engagés de l’Église locale ne payait pas ses engagements. Il n’apportait rien! Avec le temps, on a dû sévir. Par esprit de vengeance, il m’a dénoncé au gouvernement sous de faux prétextes.”

Les gens du village connaissent cette histoire. C’est d’eux que les vraies raisons sont venues. Habituellement, c’est le silence sur les situations d’expulsion dans ce pays, mais cette fois, ce ne fut pas le cas à cause de la pression de l’Église. Le lendemain du départ de Gilles Poirier, l’affaire faisait la manchette des journaux soudanais, à la surprise du gouvernement. Celui-ci a répondu aux journalistes que le religieux a semé la haine entre les chrétiens et les musulmans, qu’il a fait de la corruption en donnant beaucoup d’argent - surtout aux étudiants afin d’alimenter la haine – et qu’il a été expulsé de plusieurs pays. Rapidement, le gouvernement a nié cette déclaration: “Nous n’avons pas dit cela!”

On finira par lui confirmer, lors d'échanges, qu’il pourrait être réintégré: « Je ne projette pas retourner [...] parce qu’il y a trop de douleurs et de conflits dans la paroisse ou j’étais. Je ne suis pas assuré que mon retour soit une bonne chose ”.

Son expulsion, le 7 aout 1999, restera à jamais gravée dans son âme comme une blessure qui ne guérit pas.

Gilles Poirier est entré dans la Société des prêtres des missions étrangères en 1964 et est devenu prêtre en 1969. Il a travaillé seize ans en Argentine, cinq ans à la formation des jeunes missionnaires de sa communauté et neuf ans au Soudan.

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[1] Une première version de ce récit a été publiée dans l’édition de juillet 2000 de la Revue Sainte Anne et reprise dans le livre « Les Témoins de l’essentiel » (Éditions Logiques, 2005).

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