En ce 13 mai 2025


Benoit Voyer au Parc national des Monts-Valin, le 17 janvier 2017

Histoire des maisons des Trinitaires au Canada


Histoire des maisons des Trinitaires au Canada

Le presbytère Saint-Jean-de-Matha restera toujours dans la mémoire et dans le cœur des Trinitaires canadiens, le berceau de l’Ordre au Canada. Mais à mesure que l’enfant grandit, les cadres du berceau deviennent de plus en plus étroits au point de devenir même un danger pour sa croissance.

COUVENTS DE LA TRES-SAINTE-TRINITÉ

Rue Saint-Antoine :
C’est donc tout-à-fait normal de voir une première migration s’opérer en 1936 de la rue Allard a la rue Saint-Antoine. La jeune communauté y acquiert un couvent ayant appartenu jusque-là aux religieuses de la Congrégation de Notre-Dame. Ceux qui ont connu les heures héroïques de la rue Saint-Antoine ne peuvent s’en ressouvenir qu’avec une certaine nostalgie : tous y ont vécu des heures de joie, de douce intimité quoique les sacrifices y aient été nombreux et pénibles.

Avenue des Pins :
Mais, en 1944, les supérieurs doivent faire face à un problème épineux : il faut à tout prix quitter le local de la rue Saint-Antoine qui présente de graves dangers du point de vue sanitaire, et est devenu en outre trop exigu. La divine providence intervient a point pour secourir la jeune communauté en détresse.

Comme par miracle, du sans doute à l’intervention du bon saint Joseph, la communauté devient en mesure d’acquérir une vaste propriété avec jardins pour promenades et terrains de jeux, sur l’avenue des Pins au flanc du Mont-Royal. Peu a peu, cette maison se transforme en véritable maison d’observance.

Ce toit abrite maintenant plusieurs œuvres. Outre la maison provinciale et la procure des missions, le scolasticat Très-Sainte-Trinité y tient ses quartiers. C’est de la que sort régulièrement l’équipe de jeunes prêtres qui alimentent toutes les nouvelles fondations réalisées depuis une quinzaine d’années. C’est de la aussi que devront sortir les missionnaires, les prédicateurs, tous apôtres de demain.

COLLEGE TRES-SAINTE-TRINITÉ

Commencé bien modestement dans le quartier Saint-Antoine, le Collège Très-Sainte-Trinité suit le scolasticat dans sa migration vers les hauteurs du Mont-Royal. Depuis 1944, le collège progresse si bien qu’une construction s’impose pour loger nos soixante-dix élèves entrés en 1956.

Cette solution, tout excellente qu’elle soit, ne sera que provisoire. En effet, le projet de bâtir un vaste collège à Saint-Bruno de Chamblay est présentement à l’étude au vénérable définitoire provincial depuis un an déjà. On juge le Mont Saint-Bruno un site idéal pour l’érection d’un collège capable de loger cent cinquante étudiants aspirant à la vie sacerdotale et religieuse.

Quoi qu’il en soit des projets futurs, le collège compte déjà ses premiers véritables succès. Il compte cette année, pour la première fois, son premier conventum de finissants. Six jeunes gens terminent ce mois-ci leur classe de rhétorique après avoir suivi leurs cours dans notre institution depuis six ans. Quatre se destinent à la vie religieuse et deux a des professions civiles. C’est un résultat bien consolant pour ceux qui ont édifié cette œuvre au prix de leur personne, de leurs sacrifices et de leurs sueurs.

LA TRINITÉ-DU-MONT

En 1940, avec l’approbation de Monseigneur Forget, évêque de Saint-Jean-de-Québec, les pères deviennent propriétaires d’un vaste domaine situé sur la pente du Mont Saint-Bruno. Le verger qu’ils y exploitent est destiné à subvenir aux besoins multiples de la communauté.

Comme les débuts modestes sont la garantie de solides fondations, les Trinitaires commencent leur vie religieuse à Saint-Bruno dans un couvent de bois dont la plus grande partie sert à l’entreposage des pommes recueillies sur leur domaine. Neuf années durant, ils y mènent avec beaucoup de courage, à travers les épreuves et les difficultés de toutes sortes, une vie de sacrifice et de labeur.

Cependant leur persévérance est couronnée de succès. En 1948, les supérieurs de l’Ordre autorisent la construction d’un couvent ou les religieux pourront plus facilement suivre les exercices de la vie commune tout en assurant l’entretien de la ferme. Grace a une mécanisation moderne, les frères quoique peu nombreux, parviennent à suffire aux multiples taches de leur vie agricole. Pour endiguer les aléas inévitables de la pomiculture, la construction d’un entrepôt frigorifique s’impose. Allant de progrès en progrès, le couvent de la Trinité-du-Mont est appelé à jouer dans l’avenir de l’Ordre au Canada un rôle de la plus haute importance.

L’AUMONERIE DE LA PRISON DE MONTRÉAL

L’acte constituant en corporation civile l’Ordre trinitaire dans la province de Québec, acte préparé par le révérend père Xavier de l’Immaculée-Conception et sanctionné par la législature le 4 avril 1929, porte la clause suivante : “La mission” de cet Ordre est de s’occuper du rachat des captifs, d’œuvres de charité, d’aide et de secours aux immigrants, de s’intéresser au sort et de vaquer à la moralisation des captifs et des prisonniers...”

Par-là, les Trinitaires canadiens rejoignent une tradition séculaire de l’Ordre dans son ministère auprès des malheureux captifs. En réponse à la demande de son éminence le cardinal Paul-Émile Léger, ils acceptent au mois d’aout 1954, en la personne de leur supérieur majeur, d’assumer le service religieux à la Prison de Montréal (Bordeaux).

Le révérend père aumônier, actuellement le R. P. Yves de Saint-Bernard, exerce auprès des détenus de droit commun et des condamnés, son ministère de miséricorde et de charité, continuant ainsi la lignée déjà célèbre des Trinitaires-Rédempteurs.

L’HOTELLERIE REGINA MUNDI

Un important projet de fondation prend naissance au cours de l’été 1954. Le très révérend père Pierre de la nativité, vicaire provincial, appuyé par le vénérable définitoire de la vice-province du Sacré-Cœur (érigé canoniquement au mois de juin 1953) annonce l’acquisition d’une nouvelle propriété et l’établissement imminent d’une autre maison de l’Ordre aux limites de la ville de Granby dans le diocèse de Saint-Hyacinthe.

Grace a la bienveillance de son excellence Mgr Arthur Douville, évêque de Saint-Hyacinthe, et au patronage de la compagnie Avery et Robert limitées de Granby, P.P. un couvent trinitaire très moderne s’élève actuellement au centre du développement modèle connu sous le nom de Mont plaisant.

Cet édifice aux proportions impressionnantes abrite à la fois :

1- Le noviciat de la vice-province du Sacré-Cœur, ou se forment des jeunes gens qui se destinent à la vie cléricale ou encore à la vie des frères convers ;

2- Une paroisse dédiée à la Très Sainte-Trinité qui compte actuellement cent vingt familles ;

3- Une hôtellerie qui porte le nom de “Regina Mundi” en souvenir de l’année mariale au cours de laquelle ce projet fut élaboré. Cette hôtellerie est ouverte à la fois aux prêtres et aux laïcs qui désireraient faire une halte occasionnelle de prière et de repos dans une vie si pleine d’activité. Une aile entière est consacrée aux vieux prêtres qui aimeraient à terminer leurs jours dans une atmosphère sacerdotale et toute familiale en compagnie des religieux de la très sainte Trinité.

Fidèlement a une tradition plusieurs fois centenaires, les Trinitaires canadiens désirent faire de cette maison :

A-   Un centre de recueillement ou jeunes et vieux pourront dans l’intimité d’une retraite occasionnelle, prendre un contact plus intime avec la vie de l’adorable Trinité qui habite en eux ;

B-   Un centre de rayonnement trinitaire : selon la parole du révérendissime père Ignace du Très saint sacrement : “Chaque couvent doit être une station de diffusion et de transmission toujours en opération pour tout ce qui peut favoriser le culte, la dévotion et l’amour envers la très sainte Trinité”.

C-   Un centre de vie liturgique et de vie sacerdotale par les offices qui se récitent en commun selon le cérémonial prescrit par la sainte Église ;

D-   Et, enfin, un centre d’orientation spirituelles, un centre de rédemption par la puissance libératrice de la foi et de la charité.

Jean-Paul Regimbal

Tiré de: « L’histoire d’une province », Trinitas - revue du tiers-ordre et de l’archiconfrérie de la très sainte Trinité, 5e année, No. 2, Juin et juillet 1959, pp. 24 à 28, Revue conservée chez Bibliothèque et archives nationales du Québec, a Montréal (SHHY – Fonds P049).

En ce 12 mai 2025


Benoit Voyer a vélo sur la piste Le Petit train du Nord, à Saint-Faustin-du-Lac-Carré, le 27 septembre 2014

Satan, rien d’autre qu’un symbole mythologique…



Satan, rien d’autre qu’un symbole mythologique…

Par Benoit Voyer
Collaboration spéciale

GRANBY – Dès qu’un groupe de militants brûlent le drapeau du Québec ou du Canada, la colère monte dans l’opinion publique. « Pourtant, ce n’est qu’un bout de guenille. C’est la force symbolique qui fait qu’un objet est important. Il en est de même pour Satan. Il n’est qu’un symbole mythologique », dit Richard Bergeron, auteur du livre « Damné Satan! », publié chez Fides.

Le fondateur du Centre d’informations sur les nouvelles religions abordera justement le thème de la panique satanique. Qui prend, semble-t-il, des proportions plus grandes au sein des nouveaux groupes religieux, lors d’une soirée-conférence ce mercredi 16 octobre. La rencontre aura lieu au monastère des Trinitaires.

Pour ce Franciscain, Satan n’est qu’une image mythologique. Dans le monde biblique, il a pour but d’éprouver la foi des fidèles. Il n’est pas possible de prouver qu’il est un ange déchu qui veut dominer la terre. De plus, il n’est guère un être cornu et horrible, comme le transmet un certain héritage chrétien.

« Il s’agit d’une croyance générale dans l’Église mais ce n’est pas une vérité dogmatique. Cela n’a jamais été défini dans un concile. Ce que nous savons vient de l’enseignement traditionnel. Les catholiques sont donc libres d’y croire ou non », explique le professeur émérite de l’Université de Montréal.

Les fondamentalistes
De nombreux groupes fondamentalistes – comme ceux de type évangélique ou pentecôtistes et des associations catholiques de la droite – prétendent qu’il existe dans le monde une conspiration satanique. Ils imputent à Satan ce qui va mal dans l’univers. Ils vont même jusqu’à dire que les institutions, les banques et les partis politiques sont corrompus par Satan.

« Je crois que dans le monde, il y a toutes sortes de forces du mal antérieures a la liberté humaine, dit le père Bergeron. Ce n’est pas en accusant Satan qu’on va trouver une réponse satisfaisante a la réalité du mal. Ce n’est façon de voir le problème ».

Selon lui, il faut faire nettement la distinction entre satanisme et force occulte. Cette dernière est une recherche du pouvoir en mettant en œuvre des lois inconnues par une certaine pratique qui va déclencher des effets scientifiquement inexplicables.

Comme le drapeau canadien n’est qu’un bout de guenille, Richard Bergeron croit que Satan n’est qu’un symbole mythologique. Il essaiera de le démontrer cette semaine dans sa conférence.

(Le Plus de La Voix de l’Est, 13 octobre 1996, p. 5)

En ce 11 mai 2025


Benoit Voyer devant la tombe de Louis Jean (1901-1974) et Claire Beaulieu (1912-2000) dans le cimetière de Mont-Carmel, Kamouraska, le 29 mai 2013

De la psycho-spiritualité au service de la personne


De la psycho-spiritualité au service de la personne

Par Benoit Voyer

(Collaboration spéciale)

GRANBY - L'Agapethérapie n'est pas une nouvelle thérapie ou une médecine alternative. Il s'agit d'un complément à la psychologie et à la science de la santé. Il prend sa racine dans la spiritualité catholique.

"Agape est un mot grec qui veut dire amour, explique le père Michel Vigneau. L'Agapethérapie, je crois que c'est bien dit, mais ne rend pas vraiment ce qu'est cette expérience."

Pour lui, il s'agit d'un moment de rencontre avec le Christ ressuscité, libérateur et rédempteur. "Au fond, c'est Jésus qui vient dire que dans ce que tu vis, ce que tu es, tes souffrances, tes échecs... qu'il est avec toi", ajoute le religieux.

L'Agapethérapie c'est d'abord une expérimentation où la personne donne l'opportunité au Fils de Dieu de lui dire qu'il est toujours avec lui.

Dans ses sessions. M. Vigneau met beaucoup plus l'accent sur l'Agape que sur la thérapie. Il ne se fait pas d'illusions que dans 4 1/2 jours une personne ne règle pas toute sa vie.

Les ressourcements ne sont pas donnés et accompagnés par des thérapeutes. Ils sont proposés par des religieux et de "sages laïques".

"Ce qu'on offre, c'est vraiment une session où je regarde ma vie, poursuit l'homme de prière. Pendant la semaine, je reprends les étapes de celles-ci : pas seulement les blessures, les beaux moments aussi."

Il poursuit : "Au fond, je revois mon existence sous le regard d'amour de Jésus Christ. Je me laisse regarder par Jésus qui vient me libérer, c'est-à-dire qu'il vient d'abord me dire qu'il m'aime dans ce que je suis et qui vient m'enlever beaucoup de culpabilité."

La deuxième dimension de cette rencontre est centrée sur le pardon. Le père Vigneau croit que pardonner, c'est aimer et délier l'autre et son propre intérieur du poids de la culpabilité.

"Par la grâce de l'Esprit, je peux me déculpabiliser de се poids que je porte et qui est souvent plus lourd que ce que je devrais porter. Nous prenons souvent plus de responsabilités que nous devrions en prendre, car il y a des fardeaux que nous portons dont nous ne sommes point responsables", dit-il.

L'Agapethérapie c'est un temps qu'une personne se donne pour se laisser dire par ses accompagnateurs - car le Christ passe par les autres, que dans ce qu'il a vécu, ce qu'il est, qu'il est un enfant de Dieu qui a le privilège d'avoir part à l'amour.

Michel Vigneau insiste au long de l'Agapethérapie sur la conception qu'un individu peut avoir de Dieu parce que les Québécois ont souvent été éduqués avec la notion que Dieu juge, qu'ils ont des comptes à lui rendre, qu'il est un père préfet de discipline, etc. Son désir est de montrer une autre image de Dieu et de l'être humain.

L'Agapethérapie c'est un peu de la psycho-spiritualité. "Je veux être clair: Nous ne sommes pas des psychologues, des thérapeutes et nous ne voulons absolument pas prendre cette place... D'ailleurs, les gens qui participent et qui ont des thérapies avec des spécialistes, je veux qu'ils continuent leur accompagnement", conclut le Trinitaire.

Rendez-vous
Les prochaines sessions à l'horaire du Monastère des Trinitaires se tiendront du 15 au 20 septembre et du 17 au 22 novembre. Il faut s'inscrire au moins un mois à l'avance auprès de sœur Marie-Ella Vaillant au 372-5125.

(Le Plus de la Voix de l’Est, 23 juin 1996, p. 4)

Gloire a toi - Anamnène

En ce 10 mai 2025


Jean-Pascal Voyer, mon fils aîné, ne compte pas les heures pour venir en aide a la Fondation Charles Bruneau.  Participez a sa campagne financement. Merci de donner un p'tit quelque chose.  www.tourccb.ca/cycliste-participant/12987-Jean-Pascal-Voyer?fbclid=IwY2xjawKMdZNleHRuA2FlbQIxMQABHsEwXYwNMywZb6OIQFYkwSKE4_mjaEnB4cLHhWOUn3oDZ_DkR6piOor_fcO6_aem_A9kvbfBC7AIDQnjKmZio9w&sfnsn=mo

ESCAPADE: Le Parc nature Saint-Jacques, à Sainte-Julienne


En fin d'après-midi de ce 10 mai 2025 je suis allé marcher au Parc nature Saint-Jacques, a Sainte-Julienne.














Inquiétudes a l'Hôpital Pierre Le Gardeur, a terrebonne


Les employés de l'Hôpital Pierre Le gardeur, ou je travaille, sont inquiets suite a l'annonce de l'abolition de 150 postes d'ici le 6 juin sur le territoire du CISSS de Lanaudière. Qui sera victime de ces coupes en santé mentale? La nuit en psychiatrie nous fonctionnons depuis des années avec une équipe réduite. La sécurité des patients et des membre de notre équipe spécialisée aurait un impact majeur advenant des coupures dans notre service. https://monjoliette.com/cisss-de-lanaudiere-abolition-de-150-postes-le-6-juin/

Dans mes souvenirs


Benoit Voyer en 1967, a Granby

Action de grâces pour l'élection du pape


En ce vendredi 9 mai, à 16h30, a l'église catholique de Sainte-Julienne, dans la région de Lanaudière, l'abbé André Chevalier a présidé une messe en action de grâces pour l'élection du pape Léon XIV. Il a débuté la liturgie en chantant l'hymne a la paix de saint François d'Assise: "Que ton règne vienne".

"J’aimerais mourir comme j’ai vécu...” - Claude Ryan


"J’aimerais mourir comme j’ai vécu...”
                                                                           - Claude Ryan

“La mort... J’y pense presque à tous les jours. Vous savez à mon âge, on sait que ça viendra. J’aimerais avoir la grâce de mourir comme j’ai vécu, sans tricherie”, dit sur le ton de la confidence Claude Ryan, qui fêtera son 74e anniversaire de naissance, le 25 janvier *il est né en 1925).

L’ex-secrétaire général de l’Action catholique (1945-1962), l’ex-directeur du quotidien Le Devoir (1964-1978) et l’ex-politicien (1978-1994) continue, malgré les années qui avancent à grands pas, à vivre sa vie le plus intensément possible, sans angoisse. Aujourd’hui comme hier, il dit vivre son quotidien guidé par la “main de Dieu”.

Cette fameuse “main de Dieu” lui a valu la risée de bien des humoristes. Le chrétien soucieux de vivre de la Parole de Dieu sait qu’il s’agit de la volonté du Père éternel qui s’exprime par les événements, les invitations reçues, les paroles des personnes rencontrées (particulièrement celles des proches), l’expérience du quotidien, livrée à la lumière de la tradition biblique et de la vie de l’Église. L’Esprit de Dieu souffle où et quand il veut. Cette volonté peut se traduire par le mot “Providence”. Le monde biblique parle de la “main de Dieu”. Cet esprit est un fondement du catholicisme. “Je crois que Dieu nous parle continuellement”, insiste Claude Ryan.

Avoir été ridiculisé pour cela ne le dérange pas trop. Il a eu à traverser des épreuves bien plus difficiles... “Ça me fait de la peine pour la religion”, renchérit-t-il en pensant au mal causé a la réputation de l’Église.

Foi et raison
Foi et raison ou foi et intelligence ne sont pas en opposition: l’une s’intègre à l’autre et chacune a son propre champ d’action.

Cette complémentarité est très bien exprimée par le pape Jean-Paul II dans son encyclique Fides et Ratio, paru le 15 octobre 1998, a l’occasion de son 20e anniversaire à la tête de l’Église.

Foi et raison caractérisent Claude Ryan. Quand il parle du cardinal John Henry Newman, à qui il voue une grande admiration, il est possible de saisir des particularités de son âme et de son esprit.

“Le message fondamental de Newman est le suivant: premièrement, on a une vie extérieure (vêtu de telle manière, porte tel nom, telle profession, telle adresse) et en même temps on vit dans un univers spirituel invisible qui est l’univers de Dieu qui nous enveloppe, qui est présent dans notre intériorité. Dans cet univers intérieur, la présence de Dieu est fondamentale. “

Il ajoute: “Un deuxième point, c’est que l’expérience religieuse doit s’appuyer sur un solide développement intellectuel. Si vous laissez l’expérience religieuse purement consister en des rites, des habitudes ou des choses reçues, sans faire un effort d’approfondissement personnel, vous risquez de devenir une sorte de répétiteur, de vous enfermer dans la routine et de voir votre vie religieuse s’étioler graduellement. »

Enfance
Claude Ryan est né dans la paroisse Saint-Jean-de-la-Croix, à Montréal, près du marché Jean-Talon, un quartier fortement italien. Il est le deuxième d’une famille de trois enfants. Sa famille a beaucoup voyagé. Alors que Claude est encore enfant, le clan Ryan s’installe au Saguenay-Lac-Saint-Jean pendant quelques années.

Blandine Ryan, sa mère, est une Canadienne française, et son père est un Irlandais. C’est en 1926 que la famille quitte la métropole du Québec pour s’établir à Port-Alfred ou son père exerce le métier de commis de bureau à l’International Paper. Peu de temps après, ils déménagent de nouveau, cette fois à Dolbeau.

Après la naissance de Yves, vers 1928, le paternel quitte le nid familial. Blandine Ryan se retrouve seule pour affronter les difficultés financières quotidiennes. En 1931, elle revient à Montréal avec ses trois bambins. Ils trouvent domicile boulevard Monk, dans la paroisse Saint-Jean-de-Matha dirigée par les Trinitaires, communauté arrivée au Canada en août 1924 de qui Claude Ryan garde d’excellents souvenirs. Des lors, elle transmet à ses enfants tous les principes religieux, en plus de leur inculquer le sens du devoir, du respect d’autrui et des responsabilités. Elle est une femme dévouée et cultivée qui s’est sacrifiée pour sa marmaille.

Ce n’est pas l’extrême pauvreté, mais la famille a de la difficulté à boucler les fins de mois. Heureusement, la force de caractère de Blandine Ryan et son attachement aux valeurs morales donneront à ses enfants une base solide pour traverser les épreuves de la vie.

A l’école, Claude apprend très rapidement. Il assimile tout à une vitesse surprenante. Plus rapide que les autres, il saute des années scolaires. En 1935, il se retrouve dans la même classe que Gérard, son frère ainé. En 1937, ils entrent ensemble à l’Externat classique de Sainte-Croix. Les deux adolescents suivent les mêmes cours.

Il s’inscrit donc à l’École de service social et de relation industrielles de l’Université de Montréal. A 20 ans (en 1945), après deux ans d’études supérieures, il devient secrétaire général de l’Action catholique, un mouvement institué par les évêques canadiens.

« J’ai renouvelé mon engagement année après année pendant 17 ans. En même temps, je me suis engagé dans le mouvement a titre personnel, particulièrement dans la Jeunesse indépendante catholique comme militant et comme président a différents niveau », se souvient-il.

Un catholique en action
Claude Ryan trouve à l’Action catholique une liberté d’action ou il exprime sa pensée en toute franchise, ou il est écouté et peut transmettre un message spirituel. Cela lui plaît.

En août 1948, il participe, à Rome, au Congrès international de l’Action catholique. Il en profite pour se faire de nouveaux contacts. En 1950, il y retourne pour le Congrès de l’apostolat laïque. Il décide d’y séjourner un peu plus d’une année pour étudier et approfondir l’histoire des Pères de l’Église, à la célèbre Université Grégorienne.

Durant ce temps, il travaille sans relâche en se cloitrant dans une discipline d’études quasi monastique : durant ces mois, il sortira deux ou trois fois pour visiter l’Italie et se divertir. Tout son temps est consacré à l’apprentissage.

A son retour au Québec, il s’implique plus que jamais. Un soir de janvier 1958, dans un petit restaurant, il demande spontanément à Madeleine Guay, une jeune militante de l’Action catholique, si elle est intéressée à le fréquenter. En juillet 1958, ils se marient. Ils auront cinq enfants.

Le jeune père décide de se réorienter et ambitionne de quitter l’Action catholique, après 17 ans a sa barre. A la demande de Gérard Filion, le directeur général du journal Le Devoir, il entre dans le milieu journalistique à titre d’éditorialiste.

« En 1961, il n’y avait pas très longtemps que j’étais à la Commission Parent et que ce poste prenait de plus en plus de mon temps et me détachait du Devoir, j’ai rencontré Claude Ryan. Je lui ai proposé de venir au Devoir en lui expliquant qu’il ne pouvait passer sa vie dans le secrétariat de l’Action catholique. Ce sont des genres d’emplois qu’on occupe pendant un certain nombre d’années, mais ensuite, il faut en sortir », racontait monsieur Filion, il y a plusieurs années.

Il ajoutait : « Puis en 1962, je l’ai revu de nouveau en lui laissant entendre que moi, je ne finirais pas mes jours au Devoir et que j’aimerais bien le mettre à l’essai pour savoir s’il était capable de prendre ma succession, sans toutefois lui faire aucune promesse. Le 5 juin 1962, Claude Ryan signait son premier éditorial.

« Dans les mouvements d’Action catholique, j’ai appris que le résultat du travail ne se voit pas tout le temps. J’ai constaté que ceux qui jugeaient des résultats en fonction des choses visibles, se nourrissaient d’illusions vaines. Tandis que si vous travaillez en profondeur avec foi, le résultat extérieur n’est pas important », explique Claude Ryan qui habite la rue McNyder, à Outremont.

Homme des profondeurs
« Je ne suis pas l’homme pour engager une révolution qui va casser les choses, qui va renverser les murailles. Je crois plutôt à la puissance du ruisseau qui, chaque jour, perce le rocher petit à petit. C’est long, je sais. Cela permet de travailler longtemps sans s’impatienter, sans devenir amer, sans condamner qui que ce soit. De plus, toute ma vie j’ai accompli mes devoirs sans effort. Je n’étais pas obligé de me « crinquer » le matin en me disant : aujourd’hui, il faut que tu fasses ton devoir. J’ai été heureux comme ça. Enfin, j’ai toujours aimé les valeurs qu’incarne à mes yeux le christianisme. J’ai essayé d’y demeurer fidèle à travers les engagements que j’ai connus. Je n’ai pas de mérite à avoir agi de la sorte », relate-t-il bien humblement.

A l’aube de son passage de vie à trépas et de la mort a la vie au royaume des bienheureux du ciel, Claude Ryan vit une retraite heureuse, rue McNyder, à Outremont, en demeurant au service des autres. Alors que sa sagesse est consultée par les plus hauts dirigeants de notre société, il songe au testament spirituel qu’il laissera.

Au-delà de ses options politiques, Claude Ryan est un homme des profondeurs. Il n’a pas engagé de révolution, mais sa seule présence dit que la seule révolution qui compte est celle de l’âme. La conversion personnelle a des valeurs qui traversent le temps n’est-elle pas la plus grande révolution à opérer?

Benoit Voyer

(Revue Sainte Anne, janvier 1999, pages 7 et 12)

En ce 9 mai 2025


Le 9 mai 1641, la vénérable Jeanne Mance quitte la France en direction de la Nouvelle-France afin de consacrer le reste de sa vie aux soins des malades. La photo est une oeuvre représentant Jeanne Mance au Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu-de-Montréal.

MAURICIE: Il y a 60 ans, Duplessis devenait premier ministre


Il y a 60 ans, Duplessis devenait premier ministre

Le 14 aout 1936, l’Union nationale terminait sa campagne électorale dans un stade de Montréal ou étaient rassemblées plus de 30 000 partisans. Maurice Duplessis parlait en dernier après 12 candidats. Ses propos étaient un échange de questions et de réponses avec la foule survoltée, concernant particulièrement des dénonciations du Parti Libéral et de la vision de l’UN. Naturellement, les plaisanteries étaient au rendez-vous.


Benoit Voyer

Duplessis ne tardait pas à retourner à Trois-Rivières, car il n’y avait pas mis les pieds durant la campagne. En chemin, c’était la tournée des paroisses en compagnie de Olier Renaud et d’autres amis. Il se faisait conduire en voiture ouverte précédée de la fanfare du village. Il s’arrêtait dans les municipalités de Berthier jusqu’à Pointe-du-Lac.

A Trois-Rivières, il n’était pas de « Monsieur Duplessis », mais simplement de « Maurice ». Les électeurs du comté étaient fiers de lui. De plus, il y avait si longtemps que la région souffrait de l’aristocratie de la ville de Québec et de la monstruosité commerciale et de l’angoisse montréalaise. Maurice Duplessis était le héros…

Élection
Cette journée du 17 aout 1936 était bien chaude. Le ciel du Québec était bleu. Il n’est pas question ici de jeu de mots, car il n’y avait vraiment pas de nuages à l’horizon.

La photographie de « Maurice » était dans de nombreuses vitrines de la ville et les électeurs venaient en grand nombres aux urnes.

En cette belle journée d’été, le futur premier ministre attendait les résultats chez sa sœur qui habitait près de la Cathédrale de l’Assomption. Rapidement, ils étaient connus : 76 candidats pour l’UN et 14 pour les libéraux. C’était un échec monumental pour Godbout qui n’était même pas réélu dans sa circonscription de l’Islet. L’UN avait 57,5% du vote populaire et les rouge 41%.

Ici, l’UN obtenait 3113 votes de plus que Philippe Bigué. Pourtant, en 1931, Duplessis devenait député avec seulement 41 votes de plus que lui. La joie était sur toutes les lèvres. Le nouveau leader de la province ne tardait pas a exiger qu’on appose un scellé aux documents du Trésor public afin d’empêcher les libéraux de les détruire. Une enquête publique était demandée.

(L’Hebdo journal, 21 juillet 1996, p. 3)

En ce 8 mai 2025

Le Pape Léon XIV

Premier message du pape Léon XIV

Pape Léon XIV
Premier message du pape Léon XIV

Le jeudi 8 mai 2025

Que la paix soit avec vous tous ! Chers frères et sœurs, ceci est le premier salut du Christ ressuscité, Bon Pasteur qui a donné sa vie pour le troupeau de Dieu. Moi aussi, je voudrais que ce salut de paix entre dans vos cœurs, qu’il atteigne vos familles, tous les hommes, où qu’ils soient, tous les peuples, toute la terre. Que la paix soit avec vous ! C’est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et une paix désarmante, humble et persévérante. Cela vient de Dieu, Dieu qui nous aime tous inconditionnellement. Nous gardons encore à l’oreille cette voix faible mais toujours courageuse du pape François qui a béni Rome !

Le Pape qui a béni Rome a donné sa bénédiction au monde, au monde entier, ce matin du jour de Pâques. Permettez-moi de poursuivre sur cette même bénédiction : Dieu nous aime, Dieu vous aime tous, et le mal ne prévaudra pas ! Nous sommes tous entre les mains de Dieu. C’est pourquoi, sans crainte, unis main dans la main avec Dieu et entre nous, nous allons de l’avant. Nous sommes disciples du Christ. Le Christ nous précède. Le monde a besoin de sa lumière. L’humanité a besoin de lui comme pont vers lequel Dieu et son amour peuvent rejoindre. Aidez-nous aussi, puis aidez-vous les uns les autres à construire des ponts, par le dialogue, par la rencontre, en nous unissant tous pour être un seul peuple toujours en paix. Merci au pape François !

Je désire aussi remercier tous mes frères cardinaux qui m’ont choisi pour être le Successeur de Pierre et pour marcher avec vous, comme une Église unie, toujours à la recherche de la paix et de la justice, cherchant toujours à travailler en hommes et en femmes fidèles à Jésus-Christ, sans peur, pour annoncer l’Évangile, pour être missionnaires. Je suis un fils de saint Augustin, un augustin, qui a dit : « Avec toi, je suis chrétien et pour toi évêque ». En ce sens, nous pouvons tous marcher ensemble vers cette patrie que Dieu a préparée pour nous.

Un salut particulier à l’Église de Rome ! [applaudissements] Nous devons chercher ensemble comment être une Église missionnaire, une Église qui construit des ponts, un dialogue, toujours ouverte pour recevoir comme cette place à bras ouverts. Tous, tous ceux qui ont besoin de notre charité, de notre présence, du dialogue et de l’amour.

Et si vous me le permettez aussi, un mot, un salut à tous ceux-là et en particulier à mon bien-aimé diocèse de Chiclayo, au Pérou, où un peuple fidèle a accompagné son évêque, a partagé sa foi et a tant donné, tant pour continuer à être l’Église fidèle de Jésus-Christ.

Et si vous me permettez de dire un mot, un salut à vous tous, et d’une manière particulière à mon cher diocèse de Chiclayo, au Pérou, où un peuple fidèle a accompagné son évêque, a partagé sa foi et a tant donné, tant pour continuer à être l’Église fidèle de Jésus-Christ.

À vous tous, frères et sœurs de Rome, d’Italie, du monde entier, nous voulons être une Église synodale, une Église qui marche, une Église qui cherche toujours la paix, qui cherche toujours la charité, qui cherche toujours à être proche surtout de ceux qui souffrent.

Aujourd’hui, c’est le jour de la supplication à Notre-Dame de Pompéi. Notre Mère Marie veut toujours marcher avec nous, être proche, nous aider de son intercession et de son amour.

C’est pourquoi je voudrais prier avec vous. Prions ensemble pour cette nouvelle mission, pour toute l’Église, pour la paix dans le monde et demandons cette grâce spéciale à Marie, notre Mère.

Parc récréotouristique de Saint-Lin-des-Laurentides

En ce 8 mai 2025, au lever du jour, vers 5h30, j'ai marché dans les sentiers du Parc récréotouristique de Saint-Lin-des-Laurentides. Je me suis attardé au sentier du marais et a une partie de celui de la sapinière. Je vous partage mes photos.