C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Les cathos et les nouveaux rites funéraires
L'Église indique qu'il est toujours préférable, au moment de la mort et des derniers hommages, d'inhumer le corps de la personne qui a trépassé, dans un cimetière ou un lieu sacré. Pourquoi le Saint-Siège se préoccupe-t-il des nouveaux rites funéraires ? La réponse est simple et complexe à la fois.
Dans une « Instruction de la Congrégation pour la Doctrine de la foi sur la sépulture », publiée ce 25 octobre 2016, l'Église indique qu'il est toujours préférable, au moment de la mort et des derniers hommages, d'inhumer le corps de la personne qui a trépassé, dans un cimetière ou un lieu sacré : « Suivant la tradition chrétienne immémoriale, l'Église recommande avec insistance que les corps des défunts soient ensevelis dans un cimetière ou en un lieu sacré ».
Elle ajoute : « En ensevelissant les corps des fidèles, l'Église confirme la foi en la résurrection de la chair et veut mettre l'accent sur la grande dignité du corps humain, en tant que partie intégrante de la personne, dont le corps partage l'histoire. Elle ne peut donc tolérer des attitudes et des rites impliquant des conceptions erronées de la mort, considérée soit comme l'anéantissement définitif de la personne, soit comme un moment de sa fusion avec la mère Nature ou avec l'univers, soit comme une étape dans le processus de réincarnation, ou encore comme la libération définitive de la "prison" du corps. »
Aussi, même si elle ne préfère pas cette option, l'instance qui aide le pape François en matière morale et éthique, ne dit pas non à l'incinération et à l’aquamation. Elle ajoute : « Là où des raisons de type hygiénique, économique ou social poussent à choisir l'incinération [...] l'Église ne voit pas de raisons doctrinales pour prohiber cette pratique ».
Le texte signé par le cardinal Gerhard Müller, préfet du dicastère au Vatican - l'équivalent d'un ministère au gouvernement du Canada -, et par Mgr Luis F. Ladaria, son secrétaire, implore les cathos à ne pas garder d'urne à la maison ou les restes d'un être cher à l'intérieur de souvenirs, bijoux ou autres objets. Et les invite sérieusement à ne guère disperser de cendres aux quatre vents, « dans l'air, sur terre, dans l'eau ou de toute autre manière ».
Pourquoi le Saint-Siège se préoccupe-t-il des nouveaux rites funéraires ? La réponse est simple et complexe à la fois.
Si on tente de simplifier, disons que ces dernières années sont apparues en Occident de nouvelles pratiques de type panthéiste, naturiste et nihiliste qui ne cadrent pas avec la tradition chrétienne. Celles-ci sont en contradiction avec la foi en la résurrection du Christ et de celle espérée par les chrétiens depuis 21 siècles.
Le sujet n'est donc pas d'un grand intérêt pour la personne qui n'est pas de confession chrétienne, mais il est au sommet des priorités pour le chrétien de tradition catholique ou autre qui désire avoir harmonie ou concordance entre ce qu'il croit et l'intégration concrète de cette croyance dans sa vie de chaque jour.
Si on veut mieux comprendre, il faut retourner aux sources de la chrétienté.
Le fondement du christianisme est la résurrection du Christ. Tout le second testament de la bible converge vers cette vérité de foi.
Dès sa première phrase, l'instruction « Ad resurgendum cum Christo » sur la sépulture des défunts et la conservation des cendres en cas d'incinération, on affirme haut la main cette idée maîtresse en citant une lettre de l'Apôtre Paul : pour ressusciter avec le Christ, il faut mourir avec le Christ, il faut « quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur » (2 Co 5, 8).
Le document rappelle : « La résurrection de Jésus est la vérité suprême de la foi chrétienne, prêchée comme une partie essentielle du mystère pascal depuis les origines du christianisme : « Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, et qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze » (1 Co 15, 3-4).
Et puis, on cite de nombreux autres passages des premiers écrits du christianisme contenus dans le la bible, la bibliothèque commune des chrétiens et, pour ce qui a trait à la majeure partie du premier testament, du judaïsme.
Enfin, on résume : « Grâce au Christ, la mort chrétienne a un sens positif. Dans la liturgie, l'Église prie ainsi : pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n'est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux. Par la mort, l'âme est séparée du corps, mais, dans la résurrection, Dieu rendra la vie incorruptible à notre corps transformé, en le réunissant à notre âme. Même de nos jours, l'Église est appelée à proclamer la foi en la résurrection » Et on cite Tertullien : « La foi des chrétiens, c'est la résurrection des morts : y croire, c'est ressusciter ».
Dans une entrevue publiée dans « Les Témoins de l'Essentiel » (Éditions Logique, 2005) Mgr François Lapierre, évêque catholique de Saint-Hyacinthe, avouait que la résurrection est difficile à comprendre sur le plan rationnel : « C’est une réalité qui dépasse notre entendement. La résurrection n'est pas simplement comme dans le cas de Lazare un retour à la vie antérieure. Lazare a été réanimé. La résurrection est une nouvelle création. C'est une réalité nouvelle qui dépasse notre raisonnement humain. [...] C'est un phénomène mystique. Ce n'était plus le corps de chair du Seigneur. C'était son corps transformé, ressuscité. Sans vouloir amenuiser l'importance de la nécessité d'une compréhension rationnelle de ce phénomène, je pense que c'est une réalité qui se comprend surtout avec le cœur. [...] La résurrection, c'est le soleil qui se lève après la nuit obscure. »
Tiré de : Benoit Voyer. « Les cathos et les nouveaux rites funéraires », Huffington Post, 5 novembre 2016 https://www.huffpost.com/archive/qc/entry/les-cathos-et-les-nouveaux-rites-funeraires_b_12753464
SANTÉ MENTALE: La démence
Par Benoit Voyer
16 novembre 2025
Autrefois, lorsqu’une personne prenait de l’âge, on disait qu’elle devenait « sénile ». Aujourd’hui, on parle de démence. Ainsi donc la démence ou la « sénilité », est surtout un trouble qui affecte les plus de 65 ans.
Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la démence “est l’une des causes principales de handicap et de dépendance parmi les personnes âgées dans le monde”. Et ajoute qu’“elle n’est pas une composante normale du vieillissement”.
Les symptômes de la démence varient d’une personne à l’autre. Une seule constance : le syndrome est habituellement évolutif et affecte la dimension cognitive.
Au début, l’entourage ne percevra probablement pas les premiers signes, mais ils sont là et s’intensifient peu à peu. A terme, la démence provoquera une perte totale de l’autonomie.
Les premiers signes sont des pertes de mémoire, de la désorientation, même dans des endroits familiers, et la perte de la notion de temps.
Et puis apparaitront peu à peu : a) Des pertes de mémoires sévères : difficulté à se souvenir du nom des gens ou d’événements récents; b) De la difficulté à effectuer des tâches de la vie quotidienne comme manger, se laver ou aller aux toilettes; c) Des problèmes dans l’utilisation du langage; d) Une importante désorientation.
Et puis, finalement : a) Une perte totale d’autonomie; b) Un changement de personnalités; c) De l’agressivité; d) Des difficultés à se mouvoir; e) Une perte de la notion de temps et de lieu; f) Et, une impossibilité à se souvenir des proches et événements passés.
Il y a diverses formes de démences [1].
Habituellement, avec l’âge qui avance, on observe surtout la démence dégénérative.
La démence fronto-temporale se caractérise par une modification de la personnalité, une négligence physique, un comportement inapproprié et un désintérêt pour les proches. Elle peut conduire à l’amnésie, c’est-à-dire a l’impossibilité d’apprendre de nouvelles informations ou de se souvenir du passé.
Et puis, tous connaissent la maladie d’Alzheimer. Elle se caractérise par des pertes de mémoire, une désorientation, un changement de comportement et des difficultés dans l’expression orale et écrite.
Enfin, la moins fréquente est la démence à corps de Lewy. Celle-ci provoque notamment des hallucinations, des troubles moteurs, des troubles de l’humeur et du comportement. Elle est souvent associée à l’alcoolisme.
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[1] Camille Moreau. Démence : reconnaître les premiers signes www.passeportsante.net/fr/psychologie/Fiche.aspx?doc=demence-reconnaitre-premiers-signes
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Dieu se cache à Auriesville
Mystique. Intérieur. Troublant. Voilà les simples sentiments qui m'habitent en marchant sur le petit sentier qui mène au ravin où a été tué sauvagement saint René Goupil, martyr de la Nouvelle-France, le 29 septembre 1642. Un périple touchant qui m'a transpercé l'âme.
Ce lieu naturel, farouchement bien conservé, est situé à quelques mètres du Sanctuaire Notre-Dame-des-Martyrs d'Auriesville, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest d'Albany dans l'État américain de New York, soit à un peu moins de 5 heures d'automobile de Montréal, via l'autoroute canadienne 15 qui débouche sur la 87 américaine et l’« interstate » no 90.
Ce sanctuaire consacré aux martyrs d'Amérique a été bâti sur le site du village Mohawk d'Ossernenon, sur les rives de la rivière Mohawk, le même petit hameau où est née la bienheureuse Kateri Tekakwitha, en 1656. Avant la guerre de l'Indépendance américaine (1776 - 1782) ce territoire appartenait à notre pays. Ces martyrs sont donc ceux du Canada.
Ossernenon est le village iroquois où arrivent les prisonniers René Goupil et Isaac Jogues, le 14 août 1642. René Goupil est tué en dehors du village, le 29 septembre 1642, alors qu'il récite le Rosaire avec Isaac Jogues. Le martyr débute alors qu'ils viennent de terminer leur 4e dizaine. Le père Jogues parvient à s'échapper et rentre en France, puis il revient travailler dans les missions de la Nouvelle-France en 1644.
En 1646, il retourne à Ossernenon, comme ambassadeur de paix du gouvernement français. Sa première visite est couronnée de succès, mais lors de sa deuxième mission en octobre 1646, il est martyrisé et tué avec son compagnon Jean de la Lande. Jogues meurt le 18 octobre 1646 et de la Lande, le jour suivant
Le lieu du sanctuaire est rustique, simple et sans prétention. Le touriste qui s'y rend dans le but de découvrir une destination touristique risque d'être bien déçu puisqu'il n'y a pas de superbe basilique à visiter, malgré l'impressionnant « coliseum » construit en rond pouvant contenir jusqu'à 6000 personnes.
C'est en pèlerinage aux sources de notre histoire et de notre foi en terre canadienne qu'il faut s'y rendre. C'est avant tout un lieu de prière. D'ailleurs, le site comprend même un centre de retraites spirituelles basé sur les exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Ce détail n'est pas surprenant puisque le site appartient aux Jésuites.
Peu de gens parlent français dans cette région, cependant le sympathique père Paret, qui demeure sur le site, accueille les francophones avec plaisir. Cet Américain parle et comprend bien notre langue.
À proximité du lieu, à Fonda, il y a la petite chapelle où a été baptisée la bienheureuse Kateri Tekakwitha, quelques mois avant son exil dans la région de Montréal, à Kanawake. Le détour vaut vraiment le déplacement.
Le pèlerinage accompagné d'une démarche d'intériorité procurera un grand bien à l'âme. Je l'affirme, Dieu se cache à Auriesville. Dieu est là, pas très loin du ravin. Il suffit de s'y rendre, de s'intérioriser et de se laisser pénétrer par sa présence.
(Père Paret, Sanctuaire Notre-Dame-des-Martyrs d'Auriesville : tél. : (518) 863- 4496 ; télécopieur : (518) 853-3051)
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, octobre 1998, page 418)
RÉFLEXION: Nous sommes de plus en plus dirigés par des analphabètes
Par Benoit Voyer
15 novembre 2025
Étienne-Alexandre Beauregard, 24 ans, est un « conservateur identitaire » dont il faut surveiller de près la montée. Son troisième livre, « Anti-civilisation », préfacé par Mathieu Bock-Côté, vient de paraître. Je le lirai très bientôt. L’intellectuel a été rédacteur des discours du Premier ministre François Legault.
Ces jours-ci, le jeune Beauregard se promène sur les plateaux de télévision et multiplie les entrevues dans les médias du Canada et de la France afin de pousser les ventes de ce nouvel ouvrage.
Il y a quelques jours, il était à « Tout peut arriver ». une table ronde animée par Marie-Louis Arsenault, à Radio-Canada. En peu de temps, il a cloué le bac du panel « progressiste » qui l’entourait.
On a constaté durant l’échange que « la bienpensance de gauche » qu’on avait invitée livrait des « arguments sans substance » commandés par leur pauvre indignation émotionnelle et leurs intérêts personnels qui ne semblent pas beaucoup se préoccuper du bien commun. Encore une fois, le focus était mis sur la « marge » sans trop considérer la majorité silencieuse.
Je le dis souvent : l’anti-intellectualisme québécois a conduit l’élite médiatique à ne plus offrir de contenu de haut niveau dans son discours. Les références issues de la lecture d’auteurs sérieux et de l’histoire sont évacuées de leur réflexion. Je suis triste de le dire : nous sommes de plus en plus dirigés par des analphabètes.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Les évêques se préoccupent de l'environnement
Suite aux déclarations de plusieurs épiscopats du monde, la commission des Affaires sociales de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) vient de publier le document « Crise de l'environnement et représentations de la place de l'être humain dans le cosmos ».
La CECC a fait appel à André Beauchamp, un théologien versé dans tout ce qui touche à l'environnement et qui possède une grande expérience dans le domaine de l'éducation puisqu'il a été, notamment, responsable de l'éducation de la foi des adultes à l'Office de la catéchèse du Québec et spécialiste en science de l'éducation au ministère de l'Environnement du Québec.
« J'ai déconseillé aux évêques canadiens la publication d'une lettre pastorale sur la question de l'environnement parce que c'est un travail gigantesque. Ils ne voulaient pas dire que des généralités, raconte l'abbé Beauchamp. Ils ont renoncé, pour l'instant, à faire ceci et ont opté pour quelques fiches, destinées aux gens dans le milieu de l'éducation, pour identifier quelques concepts clés et démontrer qu'il y a un problème de représentation de l'être humain dans l'univers et que cela remet en question les visions traditionnelles que nous avons. »
Ce document veut permettre aux lecteurs de comprendre le langage et les images qui sont véhiculés dans le milieu écologique, afin de dénouer certaines confusions du discours. La CECC n'a pas décidé de prendre le chemin de la technique.
Le prêtre, rencontré à son bureau de la rue Jarry à Montréal, explique que l'écologie est une science et que l'écologisme est un courant philosophique et social qui veut un changement radical de notre manière de nous insérer dans l'environnement, de concevoir le développement et les rapports sociaux. Au fond, c'est de la philosophie mêlée de mysticisme et de politique.
Le principal intervenant de la rédaction de ce document se considère comme un environnementaliste, c'est-à-dire qu'il est moins radical que les écologistes. Il préfère parler de transformation et d'adaptation.
« Je pense qu'on doit se sortir de l'idéal scientifique et technologique bête et méchant qui pense qu'on peut faire n'importe quoi et de n'importe quelle manière du moment que nous avons l'argent et la technologie. Cela ne tient plus. Le développement pour le développement, c'est de la bêtise », rétorque l'homme à la barbe poivre et sel.
Par cette publication, les évêques se situent dans le courant de « l'appartenance communionelle ». Sans abandonner l'idée d'une rupture radicale entre l'être humain et l'animal, il n'est pas question de réduire l'homme et la femme à être de simples animaux comme les autres. Ils ont une destinée. Sans avoir honte d'y intervenir, l'individu doit prendre conscience de manière profonde de son lien à la nature et de la comprendre comme un prolongement de sa vie et se sentir uni à une « communauté créationelle ». En détruisant son environnement, l'humain se détruit lui-même
« Il y a une véritable crise de l'environnement. Toutefois, une partie de celle-ci est fantasmée. Les gens mêlent les choses. Dire que la nature va mourir, c'est faux ! Elle va reconstruire d'autres équilibres. Le danger c'est plutôt de nous tuer nous- mêmes ! On ne tuera jamais la nature ! Il y a des possibilités que notre espèce contracte des maladies nouvelles à cause de la pollution. Cela pourrait mener à une diminution remarquable de la démographie. Il n'y a qu'une guerre nucléaire qui pourrait faire disparaître l'humanité »
Il conclut : « Tu ne fais pas avancer les choses en faisant peur aux gens ». Il faut plutôt entrer en dialogue et se renseigner.
Commission épiscopale des affaires sociales de la Conférence des évêques catholiques du Canada, « Crise de l'environnement et représentation de la place de l'être humain dans le cosmos », Concacan, 1995, 5$
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, mars 1996, page 102)
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Les évêques en retraite
CAP-DE-LA-MADELEINE - Les évêques du Québec se sont rassemblés à la Maison de la Madone, située à l'ombre du Sanctuaire-Notre-Dame-du-Cap, du 2 au 6 janvier, pour leur retraite annuelle. Le Père Denis Gagnon, un prédicateur, dominicain, a profité de l'occasion pour amener les pasteurs diocésains sur les pas du bienheureux François de Laval, premier évêque de la Nouvelle-France.
« Je crois à l'actualité de Mgr de Laval à cause de ses intuitions pastorales et de son sens de la mission, expliquait le Père Gagnon en interview. Il voulait vraiment être missionnaire. Quand il a été demandé pour venir ici afin d'occuper le poste de vicaire apostolique, il n'a pas hésité à répondre positivement. »
Selon le religieux, François de Laval a répandu la Bonne Nouvelle par sa présence auprès du peuple, particulièrement des autochtones. Il a mis en application les droits de la personne avant la création de ce concept. Denis Gagnon donnait l'exemple de la querelle qu'il y a eu à propos de l'eau-de-vie. Le bienheureux s'est opposé parce qu'il voulait protéger les gens.
En plus de cette dimension, les évêques ont pu découvrir le côté contemplatif du saint homme qui priait à chaque matin de 3 à 9 heures et qui ne manquait jamais une célébration à la cathédrale.
« C'était une personne d'ascèse, profondément ascétique, peut-être de façon exagérée pour nos contemporains. Il voulait si passionnément faire la volonté de Dieu qu'il en devenait intransigeant et "cassant " quand il considérait qu'elle était en jeu. C'était un homme de l'absolu, un passionné », disait le Dominicain.
Ce choix de réflexion correspond aussi au thème de l'année proposé par l'Organisation des nations unies (ONU) pour 1996 « éliminer la pauvreté ». Mgr de Laval a cherché, en ce temps de la colonisation, à faire sa part
« C'était le bonhomme qui allait régulièrement à l'Hôtel-Dieu. Il veillait les malades, changeait leurs lits et les aidait à manger. Souvent, le soir, il arrivait et disait à l'infirmière : " Vous pouvez aller dormir, je vais veiller ... ". Et puis, quand il a pris sa retraite, il s'est consacré à aider les pauvres. À bout d'argent, il allait en demander au Séminaire de Québec. Un jour, ils ont commencé à refuser.
Le Père Denis Gagnon connaît bien son sujet. À l'époque où il était président de la Corporation du tourisme religieux de Québec, il a travaillé à médiatiser et vulgariser l'œuvre de François de Laval. Il a même besogné à mettre en place un centre d'animation pour le public.
En plus des deux prédications quotidiennes, les évêques ont profité de l'occasion pour prier ensemble, prendre du temps de solitude et discuter entre eux.
Cette période de l'année a été choisie parce que les bergers diocésains ont moins d'activités.
« C'était la première fois que je prêchais à des évêques. Cela m'importe peu le poste qu'ils occupent. C'était de rencontrer des frères dans la foi qui m'intéressait. Je n'avais pas de message particulier à passer. J'ai donné un bagage et l'Esprit saint fera le reste. J'ai apporté une réflexion et ils en font ce qu'ils veulent. Au fond, j'ai été un déclencheur. Mon but était de faire connaître Jésus Christ par l'intermédiaire de François de Laval afin de les aider à aller plus loin dans leur spiritualité personnelle », concluait Denis Gagnon.
Benoît Voyer
(Revue Sainte Anne, février 1996, page 57)
EN BREF
MON HISTOIRE: Refaire l’histoire d’une photographie
Par Benoit
Voyer
13 novembre 2025
Hier, j’écrivais un souvenir
vécu dans ma classe de 3ᵉ année à l’école élémentaire Sainte-Marie, à Granby,
devenue le pavillon Sainte-Marie de l’école Phoenix.
Pour illustrer ce billet, j’ai
fouillé dans mes archives personnelles et j’ai retrouvé ma photo de classe. Que
de souvenirs !
Sous la photographie, j’ai
ajouté : « Si tu te reconnais, écris-moi ! ». Je n’ai pas encore
eu de réponses, mais j’ai décidé d’en faire un bout par moi-même, à l’aide de
ma mémoire qui est encore pas mal bonne.
Je me lance et je serais
heureux qu’on m’aide un peu… Je peux me tromper un peu et il se peut que les
connexions dans mon esprit ne se fassent pas toutes du premier jet.
1-
2- ? Lacasse
3- Daniel Tétreault
4- Pierre Imbeault
5- Steeve Caron
6-
7- Sylvain
Patenaude
8- Guy Robert
9- François
Forand
10-
11-
12- Maryse
Gagnon
13-
14-
15-
16-
17- Nathalie
Laforest
18- France Carrière
19-Solange
Lemoyne
20- Lucille
Beaudry, enseignante
21- Benoit
Voyer
22-
23- Annie
Rodrigue
24- Joel
Desmarais
25- Isabelle
Duquette
26- Richard
Lamoureux
27- Jean Breton
28- William
Sabatier
29- Gérard
Allard, directeur
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Le père Gagné lutte contre l'esclavage
De Granby, le père Gagné lutte contre l'esclavage
Karim Benessaieh
Voix de l’Est
«L’ esclavage, c'est le scandale du XXe siècle… mais ce n'est pas un sujet à la mode.»
Difficile de contredire le père trinitaire Armand Gagné. L'organisme humanitaire au sein duquel milite le Granbyen a libéré 1050 esclaves au Soudan la semaine dernière. Tout ce qu'on a pu en lire, c'est une brève nouvelle dans quelques quotidiens.
«Ça semble inconcevable en 1999, poursuit le père trinitaire. Mais c'est par notre silence que ces choses-là sont encore possibles. Plus notre silence est grand, plus ça continue.»
Pour libérer ces esclaves, l'organisme Solidarité chrétienne internationale a versé l'équivalent de 76 $ canadiens par personne. Une partie des fonds provenaient de la section canadienne, dont le père Gagné est le vice-président.
Les esclaves étaient surtout des femmes et des enfants chrétiens et animistes dont on a détruit le village dans le sud du Soudan, puis qui ont été revendus dans le nord du pays.
Le père Gagné a récemment rencontré en Espagne les responsables de cette «Opération Liberté». Il ne s'agissait pas de la première du genre, SCI affirmant avoir racheté puis libéré plus de 5000 esclaves depuis 1996.
Tortures
Les témoignages recueillis auprès des esclaves font frémir: tous ont subi des tortures physiques ou psychologiques, certains ont été violés, mutilés, d'autres ont été filmés pour l'industrie pornographique.
Tout cela dans le cadre d'une guerre religieuse, le Nord intégriste tentant, d'islamiser le Sud. «C'est clairement de la persécution religieuse, précise le père Gagné. On va même jusqu'à endoctriner les enfants dans le Nord, qui retournent ensuite combattre leur propre peuple dans le Sud.»
Huit siècles
La persécution religieuse, c'est justement ce qui a amené la fondation de la congrégation des Pères trinitaires, il y a 800 ans. Et c'est ce qui fait encore voyager le père Armand Gagné, 67 ans, tout autour du globe.
Il a rencontré des chrétiens persécutés au Liban, en Chine et au Viêt-Nam. Il a aussi contribué à mettre sur pied une petite fabrique au Guatemala. «J'ai demandé à aller au Soudan mais le pays est maintenant fermé, avec la dernière action de SCI ... », dit-il.
Après des années à côtoyer l'exploitation et la persécution, le père trinitaire ne fait guère un bilan réjouissant: «C'est pire, affirme-t-il. Ceux qui ont la liberté et le pouvoir exploitent encore plus les autres. Les inégalités grandissent, même ici. Le manque de liberté, de respect, la pauvreté qui augmente…tout ça en 1999 »
Les seules armes dont disposent petite section québécoise de SCI, c'est l'information et la collecte de fonds. «Dès que tu fais connaître une situation ça peut aider », estime le père Gagné. Des laïcs ont créé la Fondation du Père Armand Gagné qui produit un petit dépliant et reçoit les dons pour libérer les esclaves – On peut la joindre au 514-695-3864. L’argent peut être également acheminé à SCI-Canada (418-656-0917).
Les fonds récoltés sont maigres, de l’ordre de quelques dizaines de milliers de dollars chaque année. « On en fait très peu au Québec », déplore le Père Gagné.
« Mais on a des petites joies, poursuit-il. Dans les pays où je suis allé, j’ai pu amener un peu de réconfort, leur dire qu’on était avec eux. Ces petites joies… jamais je n’oublierai ça. »
(La Voix de l’Est, 8 février 1999)
MON HISTOIRE: L’intériorisation d’un garçon de 9 ans
Par Benoit Voyer
12 novembre 2025
Le 22 novembre 1975, on fête mon 9e anniversaire de naissance. Je suis en 3ᵉ année. Je fréquente l’école élémentaire Sainte-Marie, à Granby. Ce lieu est devenu le pavillon Sainte-Marie de l’école Phoenix.
Durant l’année scolaire, Lucille Beaudry, ma jeune enseignante, réalise avec nous une activité.
D’abord, une intériorisation. Puis, par le biais de notre imagination, elle nous fait nous transporter dans notre vie d’adulte afin de visualiser notre métier d’avenir. Enfin, dans notre cahier d’exercices, elle nous fait dessiner celui-ci.
Le petit gars de 9 ans était bien embêté. Dans ma tête, je voyais double. Alors, Lucille me dit de séparer ma feuille en deux et de faire deux dessins. Ben oui ! J’aurais dû y penser.
D’un côté, je dessine un écrivain. De l’autre, le chœur de l’église catholique que je fréquente à chaque dimanche : l’église Saint-Eugène. Je me voyais devenir écrivain et prêtre catholique. Bien entendu, je ne deviendrai ni l'un ni l’autre, mais pas loin…
À 57 ans, lorsque je débuterai ma relecture de vie, ce sera le premier grand souvenir qui surgira de ma mémoire. Je prends alors conscience que toute ma vie j’ai été préoccupé par les choses spirituelles et que mon principal moyen pour m’exprimer et bien résumer mes idées l’acte d’écrire a toujours été d’une importance capitale. À partir de ce moment, il devenait clair que pour retrouver mes racines afin de mieux aller de l’avant et être en harmonie avec ma ligne de vie, je devrais inévitablement passer par l’écriture et me réconcilier avec ma foi chrétienne de tradition catholique.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Mon ami Jean-Claude
«La mort n'est qu'un passage. Elle n'est pas la fin de la vie. C'est une étape vers une autre dimension qui s'appelle l'espace, l'endroit où nous étions avant notre passage sur la terre et où nous irons après celle-ci. Ce n'est pas compliqué : à la mort, nous retournerons à la maison. Mon ami Jean-Claude prépare ses bagages afin de retrouver son vrai pays. Le chanceux! À la fontaine, près de la gouve, il redécouvrira ce qu'il a perdu en acceptant de venir jouer au grand jeu de l’existence humaine.
Par Benoît Voyer, journaliste
GRANBY - Bip! « Vous avez un nouveau message », dit la chaleureuse voix féminine du service téléphonique auquel je suis abonné. Quel contraste avec le message glacial qui m'attend ...
« Bonjour Benoit, c’est le père Bruno. Rappelle-moi rapidement! C’est important! Tu te souviens de Jean-Claude Synette? Il a un cancer. Il n'y a plus rien à faire pour lui. Il est condamné par la médecine. Il lui reste entre trois mois et trois ans à vivre. Avant de mourir, il désire se marier avec sa Josée. Il m'a demandé de présider la célébration, le 9 mars, et il souhaite que tu chantes quelques-unes des chansons que tu as écrites (...) », dit le père Bruno Godin, qui n'a même pas 40 ans, curé de la paroisse Très-Sainte-Trinité-de-Montplaisant de Granby et membre de l'Ordre des Trinitaires, en ce matin de février. Je retiens mon souffle. Je suis bouche bée.
La mort, une bombe
Cette nouvelle est une bombe qui tombe sur ma vie. Mon Israël intérieur est ravagé par une attaque palestinienne. Mon Word Trade Center est touché par al Quaïda. Un missile s'attaque à ce qu'il y a de plus vulnérable en moi. Mon vieil ami arrive au bout du sentier, il va passer de vie à trépas. Des larmes de douleur envahissent mes yeux. Mes joues deviennent des lacs d'eau salée.
L'écho du désastre émotif résonne en moi.
La main sur la poitrine, je sens que la vie est toujours présente, même si mon cœur et mon esprit chantent à l'unisson « Mort-Mort. Mort-Mort. Mort-Mort.» Je prends conscience que la mort existe parce qu'il y a la vie et que la vie existe parce qu'il y a la mort. Vie et mort sont des cousins.
La mort n'est qu'un passage. Elle n'est pas la fin de la vie. C'est une étape vers une autre dimension qui s'appelle l'espace, l'endroit où nous étions avant notre passage sur la terre et où nous irons après celle-ci. Ce n'est pas compliqué : à la
mort, nous retournerons à la maison. Mon ami Jean-Claude prépare ses bagages afin de retrouver son vrai pays. Le chanceux! À la fontaine, près de la gouve, il redécouvrira ce qu'il a perdu en acceptant de venir jouer au grand jeu de l'existence humaine.
Un chercheur de justice
Dans mes souvenirs, Jean-Claude ne sera jamais mort. À chaque jour, je me rappellerai de son combat pour la justice et de plusieurs de ses petits secrets.
Il ne lésine pas au chapitre des droits et des devoirs. Il y a quelques années, insatisfait de la protection syndicale au sein de l'usine de meubles où il travaille sur le boulevard Industriel granbyen, il prend en main le dossier syndical, en catimini, sans se laisser décourager par ses collègues de travail. Il rencontre une autre centrale syndicale, lui procure son accréditation et réussit à convaincre les employés de changer d'association. Depuis ce temps, il veille aux droits des 92 employés de l'entreprise. Même dans sa maladie, il reste en poste.
Peu de temps après son entrée en fonction, il démarre une longue négociation avec l'employeur. Il fait grimper considérablement les salaires et fait augmenter les droits des travailleurs.
À l'image de Michel Chartrand, un homme pour qui il a une profonde admiration, rien ne l'arrête. Lorsque ses patrons font acte d'injustice, il monte le ton et fait de saintes colères. Il les regarde droit dans les yeux et les confronte. Il perd rarement ses causes et les griefs qu'il dépose coûtent cher à l'employeur. Il est dur avec eux. Pas question d'abus.
Cependant, il ne fait pas que gueuler. Il gronde parfois certains collègues qui ne respectent pas les objectifs minimals qu'exigent le travail.
En février, lorsque Jean-Claude a appris son triste sort, il se préparait à faire le saut au service permanent de sa centrale syndicale.
Toxicomanie et itinérance
Sa vie n'a pas toujours été facile. De 13 à 33 ans, il vit une existence de bohémien. Il devient toxicomane et itinérant au centre-ville de Montréal. Il s'engouffre. Il n'est pas heureux ...
Né au sein d'une famille de six enfants, son père alcoolique quitte tôt le domicile familial, incapable d'en assumer les responsabilités. Assistée sociale avec une marmaille à s'occuper, sa mère doit se battre pour joindre les deux bouts. « Je pense même que maman faisait de petits extras ... Il y avait souvent des hommes à toutes heures du jour et du soir à la maison », m'a-t-il déjà lancé, en parlant de cette femme pour qui il a un profond respect.
À l'école, il fait partie des groupes en cheminement particulier. Il éprouve de sérieux problèmes d'apprentissage. Il laisse le monde scolaire au début de l'adolescence.
Il y a quelques mois, il m'a confié : « Un jour de mes seize ans, je suis arrivé à la maison et mes bagages étaient dans des sacs verts sur le trottoir. Ma mère ma mis dehors. Elle disait souvent : Toi, tu ressembles à ton père! Et ton père, c'est un pourri! »
C'est sa sœur qui lui ouvre sa porte. Il va habiter chez elle. Il se trouve quelques petits boulots, mais « la coke et l'alcool coûtaient cher! »
À 19 ans, débute sa vie d'itinérance sur la rue Saint-Laurent.
Le frère Roger de Montréal
À 33 ans, il rencontre le frère Roger Harvey, un travailleur de milieu membre de l'Ordre des Trinitaires qui dirige la Piaule, un petit organisme qui s'occupe des jeunes de la rue et, surtout, des prostituées du centre-ville montréalais.
Ce bonhomme à la barbe longue, qui ressemblait à un gitan et, comme il le décrivait en 1992 à des toxicomanes au Café chrétien de Sherbrooke, dirigé par sœur Marielle Lemire, « qui avait toujours une jupe sur le dos » (une longue veste), l'intrigue.
Le frère Roger fréquente de jour en jour un restaurant au coin des rues Sainte- Catherine et Saint-Laurent. Il boit et boit du café en bavardant avec les gens, surtout des femmes faciles.
« Un soir, j'entre dans le restaurant et je m'arrête devant lui et je lui dis : Qu'est- ce que tu fais ici? Vous êtes pas comme les autres personnes qui viennent ici! Il m'explique son travail et me parle de sa maison où les gens vont se ressourcer », me dit Jean-Claude.
Peu de temps après cette rencontre du frère Roger qui travaille maintenant dans la région de Québec, il visite la Piaule pour la première fois. Il se sent bien en ce lieu. Il découvre le petit oratoire du religieux. Il ne tarde pas à s'y réfugier.
Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie
Plusieurs fois, il m'a raconté cette anecdote : « Une journée, je m'écrase au pied de l'autel de la chapelle et je commence à revoir ma vie. Je n'en peux plus. Pendant trois semaines, je reviens à cet endroit de jour en jour. Je cherche une lumière, une idée d'avenir pour me sortir de cette situation ... Je me sens tellement bien dans cette chapelle ... »
À chaque fois qu'il parle de cette aventure intérieure, ses yeux s'emplissent de larmes. Il est ému. Pour lui, c'est Dieu qui était présent à cet endroit. En Dieu, il a trouvé un père d'adoption.
Son expérience spirituelle, il arrive difficilement à y mettre des mots. De toute toute manière, cela n’est pas nécessaire. À chaque fois qu'il essaie d'en parler, il suffit de le voir s’essuyer les yeux pour comprendre qu’il a vécu une expérience très particulière.
Il finit par demander au frère Roger de l'aider. Celui-ci l'envoie habiter et travailler à la Maison du Père. Quelques mois plus tard, il demande à un autre Trinitaire de l’amener travailler et habiter à leur maison de Granby afin de lui permettte de changer de milieu de vie. Rester à Montréal aurait contribué à une rechute dans l'univers de la drogue. Partir voulait dire « le début d'une nouvelle vie ».
Sans tarder, il commence à fréquenter le Café d'accueil chrétien sur la rue Saint- Antoine à Granby. Un soir, je l'ai accueilli. En bavardant avec lui, j'ai décidé d’en faire mon ami. Il y a près de 20 ans que nos chemins se croisent.
Bip! Après le timbre sonore, veuillez enregistrer votre message : « Père Bruno, ici Benoît. J'ai bien reçu ton message. Je serai présent le 9 mars si tel est le désir de Jean-Claude. Cependant, j'aimerais que tu me téléphones avant de l'appeler ... » lui dis-je encore troublé par l'annonce du départ de mon ami.
Les battements du cœur humain finissent par s'arrêter, mais l'âme vit éternellement. Un jour, comme Jean-Claude, je traverserai l'arc-en-ciel qui conduit à l'espace. À Édenville, nous habiterons sur la même rue. Jusqu'à ce jour, il sera toujours présent dans mes meilleurs souvenirs.
(Revue sainte Anne, juin 2002, pages 249 et 254)
EN BREF
PANNES ÉLECTRIQUES : À 22 h 30, près de 100 000 abonnés d'Hydro-Québec étaient sans électricité. Ils seront dans la pénombre pour une 2e nuit consécutive avec des températures autour de zéro degré. Je suis de tout cœur avec vous.
MASCULINITÉ: Les besoins affectifs des hommes
Par Benoit Voyer
11 novembre 2025
Tous les humains ont des besoins affectifs. En revanche, ceux-ci diffèrent quelque peu selon qu’il est ou qu’elle est un homme ou une femme. Deux verbes pourraient caractériser chacun des genres. « Être » pour la gent féminine et « faire » pour son vis-à-vis masculin.
Pour se sentir aimée, la femme a notamment besoin de conversations, d’écoute, de temps pris ensemble et de petites attentions. Elle conjugue les temps du verbe « être ».
Puisque l’homme décline le verbe “faire”, sa compétence a besoin d’être reconnue.
Ainsi donc, il a besoin de se sentir admiré, salué au passage, complimenté, admiré pour ce qu’il est et respecté dans ses valeurs profondes. En lui, le respect est associé à un haut niveau de compétence et de reconnaissance de la part de l’autre.
Puis, en couple, il a besoin de sentir qu’il a sa place au sein de la relation. Il aime être inclus dans tous les aspects de sa vie à deux et être présenté aux autres. Il déteste se sentir comme étant un filet de sécurité matériel pour sa partenaire.
Sur le plan physique, il a un grand besoin d’être touché. Il sent l’amour à travers l’affection physique. À travers ses relations sexuelles, il comble son besoin d’être en connexion émotive et de se sentir désiré. Et s’il satisfait sa partenaire, cela augmentera son besoin d’être compétent.
Enfin, l’homme apprécie l’honnêteté et se sentir soutenu dans ce qu’il fait et réalise.
Et, bien entendu, comme la femme, il aime beaucoup les moments de qualité en tête-à-tête.
C'ÉTAIT LE PRÉSENT DU PASSÉ: Un Noël plus heureux pour Benoît, Danielle et Jean-Pascal
GRANBY
Françoise Boutin
Toc toc toc! "En voilà une surprise," s'exclame Benoit en ouvrant la porte. Danielle, déjà cachée derrière son mari, s'efface rapidement pour laisser passer les quatre pères Noël en civil. Jean-Pascal, heureux dans son innocence, se laisse porter par sa curiosité d'enfant. Son regard est attiré par les deux paniers de provisions déposés sur la table.
Une visite éclair mais combien appréciée. L’émotion se lit sur le visage de Benoit Voyer et de Danielle Gingras. Ils font partie des 150 familles visitées par les Chevaliers de Colomb de Granby, dimanche après-midi. Jean-Pascal, petit bout de chou âge de 16 mois, n'a qu'une préоccupation, se faufiler jusqu'aux paniers de Noël, un terrain de jeu en puissance.
"L'an passé, nous avions présenté une demande écrite. On nous avait répondu par l'affirmative. Cette année, la boite de Noël est un cadeau surprise.
Danielle, plus expressive, se demande pourquoi ils ont été choisis. "Un grand sentiment de joie nous envahit, explique-t-elle. Benoît s'extériorise moins, il cache un peu plus ses émotions. A 21 ans, l'expérience a remplacé l'innocence.
Le choc passé, les langues se délient. "Ça fait plaisir, c'est un cadeau du ciel. Toutes les fois qu'on a dû affronter une baisse financière, une aide nous est tombée du ciel. On a un bon Dieu pour nous," expliquent Danielle et Benoit tout en déballant et en plaçant fébrilement les provisions dans les armoires et le réfrigérateur.
Pendant ce temps, Jean-Pascal, prend ses aises. Il s'installe confortablement dans un des paniers. Les délicieux baisers d'enfant qu'il distribuait à profusion sont devenus de juteux baisers. Pommes, yaourts, petits gâteaux, bonbons, tout l'attire.
"Noël est pour nous une fête spirituelle, une fête pour les enfants, la magie de Noel." Jean Pascal, complice, approuve doucement. Il croque à pleines dents dans une pomme, se fruit qu'il adore, mais qu'il n'a pas l'occasion de savourer souvent.
Pas d'argent pour s'offrir des cadeaux cette année. Malgré tout, Noël sera plus heureux, plus facile. C'est que la boite de Noël comble certains besoins primaires. Elle leur permettra de cuisiner plusieurs petits plats, et de recevoir quelques amis, "puisque l'homme est un être social, qui a besoin de communiquer, commente Benoit.
Modeste, très propre, l'appartement où vit le jeune couple ne reflète pas le Noël commercial véhiculé par les magasins. Seulement quelques lumières entourent la fenêtre du sous-sol et scintillent dans la nuit. Pas de sapin de Noel. Pourtant, ils sont heureux, c'est évident.
Finalement, Noel est mal placée. Les fins de mois sont dures. Les 200$ prévus dans le budget mensuel pour l'achat de la nourriture ne sont pas suffisants. "Toutes les personnes qui reçoivent des paniers de Noel en ont besoin," souligne Danielle.
Jean-Pascal joue, se promène, essaie de communiquer. Il s'approche très près des visiteurs. "Nous remontons la pente," relate Benoit. L'an passé, il est tombé gravement malade. Alité à la suite d'une mononucléose infectieuse, dégénérée en paralysie faciale du côté gauche, il a dû subir deux opérations, dont une de sept heures. Sa convalescence a duré plusieurs mois.
"Un passage, de dire Benoit. Leurs difficultés financières découlent d'une trop grande accumulation d'événements, mariage, naissance d'un enfant, surmenage, maladie.
Toutes les familles visées par les Chevaliers de Colomb vivent sous le seuil de la pauvreté. Leur salaire, c'est l’aide sociale. Les paniers de Noël contribuent temporairement à alléger le poids d'un Noel s'annonçant parfois trop creux. "Le courant de notre société serait peut-être différent si les privilégiés étaient un peu plus confrontés à la pauvreté", conclut Benoit Voyer.
(Voix de l’Est, 24 décembre 1987, p. 3)
MES POEMES ET MOTS D'AMOUR: Une petite fiction érotique
Par Benoit Voyer
10 novembre 2025
Il y a longtemps qu’ils attendent de se voir. Ils clavardent régulièrement ensemble, mais il n’y a pas encore eu de rencontres dans le quotidien de la vie réelle. Ces derniers jours, ils ont convenu de quitter le monde virtuel et de passer à la vie réelle.
Ils ne savent guère comment évoluera leur relation, mais ils sont conscients qu’ils devront passer par quelques étapes avant qu’elle s’enracine. Une amitié entre une femme et un homme peut parfois comporter une part de séduction et d’érotisme. Aujourd’hui, ils sautent dans le vide.
Tel que convenu, ils se sont donné rendez-vous dans un café pas très loin de chez elle. Dès qu’ils se sont vus, la chimie qui opère en virtuel s’est installée. Ils se plaisent mutuellement. Entre eux, il y a une force tranquille comme on en retrouve chez les adultes d’âge mûr.
— Ce n’est pas très confortable ici, lui dit-elle. Qu’est-ce que tu dirais de me rejoindre chez moi dans une dizaine de minutes ? Je n’habite pas très loin. Chez moi, on pourra bavarder et, du même coup, tu pourras m’aider pour un truc.
Il ne s’attendait pas à une telle invitation. Après avoir accepté, elle lui laisse son adresse, boit sa dernière gorgée de café et quitte le sourire aux lèvres.
***
En arrivant chez elle, il remarque sur son visage un air inquiet.
— Comment ça va ?
Elle le regarde droit dans les yeux…
— Je ne voulais pas en parler au café, mais je ne suis pas à mon meilleur en ce moment.
— Qu'est-ce qu’il y a ?
Elle rougit. Elle est gênée. Après une brève hésitation, elle ose lui en parler. Elle a confiance en lui.
— Je suis dans la phase de mon cycle menstruel où j’ai mal dans le bas du corps. Ça ne me lâche pas depuis quelques jours.
— Tu penses consulter ton médecin ?
— Je ne veux pas le déranger juste pour ça… Mais, peut-être que toi tu peux m’aider.
— Tu penses ?
— Nous ne sommes plus des enfants du lycée. Tu as vu neiger toi aussi.
— Effectivement.
— Je suis un peu pudique. C’est dans mon intimité. J’espère que tu le seras moins que moi.
— Tu m’inquiètes… J’espère que ce n’est pas trop grave.
Elle lui fait signe de le suivre. Elle le conduit jusque dans sa chambre, en silence.
— Je peux avoir confiance en toi ?
D’un geste de la tête, il répond affirmativement.
En le regardant dans les yeux, elle enlève son pantalon et son sous-vêtement. Elle s’étend sur son lit.
— Avance ! Viens…
Il s’assoit sur le bord de son lit.
Elle insiste.
— C'est entre mes jambes. Tu me diras si tu constates quelque chose d’anormal.
Intrigué, il ne dit rien. Il fait ce qu’elle demande.
Elle ouvre pudiquement les jambes, lui montre sa vulve et lui indique où regarder.
— C'est là. Il va falloir que tu approches ta tête, je pense.
Il la scrute. Sa respiration s’accélère. Il sait qu’il ne peut plus faire marche arrière.
Elle met doucement ses mains sur sa tête et fait une pression pour le forcer à mettre sa bouche et sa langue sur son sexe.
-C’est la! Juste là ! Aide-moi, je t’en prie ! Il n’y a que toi qui puisse le faire…









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